ARGUMENT N° 28 octobre 2001
QUELS SAVOIRS 1
Les "programmes"
constituent ( prétexte ET réalité) un
des obstacles au changement tel que nous le souhaitons. Il est intéressant et
encourageant de savoir comment le problème est examiné à un haut niveau de
compétences.
"Au mois de juin
2001, un important colloque a réuni des spécialistes autour d'une question qui
émerge de plus en plus dans la recherche en éducation : que peut enseigner
l'école aujourd'hui ?"
rapporte Martine Fournier dans le N° 120 de Sciences Humaines ,octobre 2001
(Colloque organisé par l'Institut des Sciences et Pratiques d'Éducation et de
Formation.)
-"Le philosophe Alain
Kerlan …(oppose) le savoir comme instrument de mise en ordre du monde, au
savoir comme outil d'émancipation du sujet" .
-" la naissance des disciplines scolaires
(au XIX ème siècle) est une forme de mise en ordre du monde à laquelle doivent
se soumettre les individus…" alors que Condorcet souhaitait, avec
Rousseau, un savoir "libératoire"
qui puisse rendre "le sujet
souverain".
-"Les conceptions
dominantes sur le savoir seraient celles de "savoirs sacrés, révélés,
intouchables"…dont nous aurions hérité (Platon, Auguste Comte, Émile
Durkeim…)
-J.L.Martineau , spécialiste
de la didactique a montré que celle-ci ne prenaient en compte que les savoirs
discursifs. Quid de la valorisation de ce qui ne se met pas en mots?
-Quid de la diversité du
rapport au savoir et du rapport au monde selon les individus (demandent
Y.Rocheix et P. Rayou)?
-J.L. Derouet "a
souligné l'intérêt d'adopter un point de vue constructiviste, qui prenne à la
fois en compte l'expérience subjective des élèves et le questionnement sur ce
qui est enseigné et appris. "C'est là , selon lui le travail des
enseignant"
-…nous ne sommes plus à l'ère
des certitudes et du rationalisme triomphant(…) les exigences des formés
s'accroissent (on refuse l'inculcation obligatoire, on revendique ses propres
manières d'apprendre) selon J. Beillerot.
-Pour J.P Astolfi (théoricien
du constructivisme) "les savoirs sont morts et mortifères"
(aussi) "l"enseignement devrait s'attacher à "rendre les
savoirs engageants" en suscitant la curiosité et l'activité des élèves, en
rendant à la connaissance sa dimension jubilatoire".
Martine Fournier regrette que
ces spécialistes n'aient pas évoqué la formation des enseignants (qui
aurait bien besoin de s'imprégner de ces conceptions NDLR) et termine sur cette
remarque :
"Tiens, tiens, n'est-ce
pas ce que prônaient bien des pédagogues de l'éducation nouvelle ? Mais
pourquoi l'institution scolaire finit-elle régulièrement par perdre cet
objectif émancipateur dont toute action éducative devrait être porteuse ?"
Comme quoi, nous sommes moins seul(e)s que nous le pensons et que des
alliés objectifs existent, et non des moindres. Nous pourrions leur suggérer le concept de "savoirs
durables"..