ARGUMENT 11 INRP
… CNI…
DONNEES POUR UNE STATEGIE POLITIQUE.. ( NOVEMBRE 2000)
Grâce à la messagerie électronique, beaucoup ont pris
connaissance de différents écrits récents de Ph. Meirieu , de diverses réaction
(Véronique Decker). Le déclencheur actuel est Madelin… Cet "argument"
travaillé par R et R Millot et Georges Hervé s'efforce de poser le problème
politique sur lequel il faut se faire entendre.
ECOLES INNOVANTES, EXPERIMENTALES, PILOTES, EN RUPTURE,
ALTERNATIVES etc…
1 PREAMBULE
Les militants et associations qui actuellement unissent
leurs forces, se fédèrent pour certaines, et vont se rencontrer
notamment le 16 décembre 2000 à l'Ile Saint-Denis, récusent toute
assimilation de leurs projets et objectifs au libéralisme économique et
politique.
Ils agissent dans le cadre de l'Education Nationale et
cherchent les moyens d'engager concrètement des réformes qui paraissent
indispensables à beaucoup mais qu'il n'est pas possible d'imposer par voie
d'Instructions Officielles. Ils n'entendent pas "remédier" à certains
dysfonctionnements locaux mais
transformer l'ensemble de l'Ecole, même s'ils approuvent certaines
actions d'urgence. Leurs projets ou réalisations cherchent à réaliser
véritablement la mixité sociale dans des "écoles créatrices
d'humanité" et visent à faire de l'éducation "l'affaire de tous"
( les "initiatives citoyennes", tout comme les écoles
"ouvertes" traduisent une des applications de cette idée).
2 LA SITUATION
2.1
les militants des
divers mouvements pédagogiques réalisent depuis longtemps tout ou partie de ces
objectifs, le plus souvent dans l'isolement au sein d'établissements parfois
hostiles, sans possibilité d'évaluation, de validation et donc de
généralisation.
2.2
Des écoles , collèges expérimentaux ou "chargés
d'expérimentation" ont pu fonctionner dans le cadre, notamment, de l'INRP.
Mais cet organisme n'a jamais obtenu les moyens d'assurer, d'une
manière durable, acceptée par l'administration, les conditions optimales
de fonctionnement, de suivi, d'accompagnement, d'évaluation pour ces
établissements.
2.3
La nomination de Philippe Meirieu à la tête de l'NRP et les
ambitions réformatrices du ministère Allègre ont pu donner l'espoir de voir
corrigés les incohérence et le déficit de la recherche et de
l'innovation.
2.4
La démission de Ph.Meirieu a coupé court à cet espoir.
L'hostilité témoignée par certaines voix syndicales, les campagnes haineuses comme celles de Finkielkraut, l'arrivée
de J. Lang, n'auraient peut-être pas provoqué sa démission s'il avait été
soutenu par l'institution INRP. Ce qui n'a pas été le cas comme le montre sa
lettre au personnel que beaucoup d'entre nous connaissent.
2.5
Dans cette
situation, les militants associatifs souhaitent traduire concrètement le
besoin de changement qui s'est amplement manifesté (non sans confusions et
contradictions, y compris dans les syndicats enseignants, les fédérations de
parents). Ils ont reporté leurs espoirs sur le Conseil National de
l'Innovation, sans illusion, mais avec le sentiment de pouvoir arracher des
mesures significatives par l'établissement d'un rapport de force (nous y
travaillons obstinément).
2.6
les objectifs affichés du CNI mettant l'innovation au service "de la réussite
scolaire" sont apparus particulièrement restrictifs et sans rapport avec
nos ambitions, mais nous avons gardé espoir, bien que nous n'ayons obtenu aucune
réponse à nos lettres portant sur le "statut de l'innovation", la
défense du Centre de Lecture de Grenoble, etc…
2.7
les récentes déclarations d'Anne-Marie Vaillé à l'AEF, son
impuissance avouée à faire aboutir des opérations comme le
projet DECLIC 93, la
transformation d'un collège au Mans (en laissant entendre que la responsabilité de l'échec
revient "aux associations") deviennent cette fois franchement
inquiétantes. Elles tendent à donner raison aux analyses de Philippe
Meirieu d'une part, de Jean Foucambert (AFL/INRP) de l'autre, qui
voient dans le CNI un alibi masquant un immobilisme sans doute dû
moins à un manque d'idées qu'à des enjeux électoraux… (malheureusement,
on est toujours plus ou moins en période électorale !)
3. STRATEGIE
S'il faut continuer à construire le rapport de force, il
devient nécessaire d'en arriver à l'interpellation politique. C'est ce qu'a
fait Meirieu en démissionnant de la Direction de l'INRP, (à mon avis en
coupant les ponts d'une manière individualiste lorsqu'il établit l'équation
Lang = Bayrou) , ce qu'il réitère aujourd'hui dans son article au titre provocateur
"Vive Madelin" (Ce
"vive" exprime évidemment non une approbation mais le
souhait que les prises de position de Madelin forceront peut-être à poser politiquement le problème et les
choix nécessaires).
Il faut que les personnalités comme Meirieu,
Foucambert, qui nous critiquent parfois tout en approuvant la plupart de
nos objectifs, que toutes celles qui soutiennent REVEIL, le Manifeste, DECLIC 38 (qui vont
se fédérer dans "CHANGEONS L'ECOLE"), que les différents
mouvements pédagogiques et d'éducation populaire, que les groupes de réflexion
(Groupe des 14 où l'on trouve aussi les
fédérations de parents) se fassent publiquement entendre pour réclamer, outre
des réformes généralisables , la possibilité d'explorer tous les champs
du possible, du souhaitable, du réalisable, dans le cadre d'un puissant
organisme de recherche-action impliquant ce qui est sauvable (?) à l'INRP, dans les IUFM, les Instituts de
Sciences de l'Education etc…Cet organisme serait chargé de suivre et de
promouvoir par contrat des projets
"d'initiatives citoyennes" des "sites pilotes" ayant des
objectifs ambitieux (équipes, projets éducatifs, ouverture, transdisciplinarité
etc…) .