ARGUMENT 17 février 2001

ARGUMENT 17             février 2001

 

  " HETEROGENEITE"," MIXITE SOCIALE"     conditions nécessaires

 

LE MONDE  9 Février "Le débat sur le collège unique….."

(…) grèves…pour dénoncer des conditions de travail difficiles face à" des élèves ingérables" (…) les enseignants réclament bien souvent le rétablissement des filières d'orientation pour débarrasser le collège unique de "ses éléments les plus perturbateurs".

(…) Jack Lang…est pris entre deux feux …il ne peut confirmer le choix du collège unique sans l'amender ;  mais s'il veut rester fidèle à un "idéal de gauche" il ne peut entériner l'éviction précoce d'un certain nombre de jeunes…" ce n'est pas la gauche qui enterrera le collège unique" résume un  membre du cabinet.

Les décideurs  qui estiment  "il faut s'occuper des jeunes qui sont en échec" sont néanmoins conscients des mécanismes institutionnels : "Dès que l'on crée une structure, on la remplit et on la ghettoïse".

 

Nos militants savent qu'on continue, dans l'illégalité, et parfois dès le CP,  de faire des classes faibles , et des classes fortes ; que les parents les plus avertis choisissent un collège bien fréquenté,  ou ayant un fort taux de réussite, demandent l'allemand en première langue etc… Que la classe homogène constitue un rêve pour la majorité des enseignants .Savent-ils que Philippe Meirieu a fait l'expérience de constituer dans le même lycée 4 classes de première (de très faible à très forte ) et a constaté que dans chacune des classes ("homogènes") y compris dans la très forte, les élèves se répartissaient de nouveau en bons, moyens et  mauvais ?

Dans l'Argument n°12 (école et organisation du travail) on a vu que des analystes ont rapproché le fonctionnement de l'école du taylorisme et du fordisme qui visait le rendement par la division du travail. (les travailleurs étaient sensés "déposer leur cerveau au vestiaire").

Quel meilleur rendement pour la réception d'une leçon à l'école, d'un cours au collège , qu'un auditoire parfaitement adapté , d'un niveau "homogène", ayant bien retenu la leçon précédente, bien disposé pour écouter la nouvelle et faire les exercices d'application , et de préférence ayant les aides familiales nécessaires pour faire des devoirs à la maison réussis ?

Savent-ils que Philippe Meirieu a fait l'expérience de constituer dans le même lycée 4 classes de première (de très faible à très forte ) et a constaté que dans chacune des classes y compris dans la très forte, les élèves se répartissaient de nouveau en bons, moyens et  mauvais  ?

 

Nous ne pouvons qu'être d'accord avec "les tenants du collège pour tous (qui estiment) la sélection n'est légitime qu'à partir du moment ou une génération a reçu une culture commune de base".  Le problème réside dans la définition de cette culture de base et dans la façon de la faire acquérir. Sur le premier point, vaste programme, il nous faut au minimum répéter que la maîtrise de la langue écrite  devrait être la priorité des priorités dès l'école maternelle et tout au long de la scolarité obligatoire (cf Argument n°9). Le second  fait l'objet de l'engagement de DECLIC 38.

Dans ce débat sur le "Collège unique", il est peut-être utile de rappeler les propositions de Marie-Danielle Pierrelée ("Pourquoi vos enfants s'ennuient à l'école"). Les profs  s'organisent pour : - assurer le tutorat d'un groupe hétérogène d'élèves qui sont ainsi connus, suivis, conseillés, encouragés à s'entraider  - assurer la conduite de projets ( prenant une part significative de l'emploi du temps ) en groupes hétérogènes ; ces projets  (culturels, sociaux, environnementaux etc…)  constituent des situations fonctionnelles (et donc favorisant l'engagement de tous les membres du groupe quelles que soient les différences culturelles) situations génératrices  d'apprentissages - assurer l'accompagnement de ces apprentissages, (théorisation, systématisation), du renforcement des connaissances instrumentales, en "groupes de niveaux ". Des groupes de niveaux qui perdent dans ce contexte leur caractère ségrégatif et sont perçus par les élèves comme des aides efficaces adaptées à leurs besoins, et dépourvues de jugements.

Dans ces conditions les objectifs de mixité sociale et d'hétérogénéité du collège unique peuvent se réaliser. Ils sont évidemment inaccessibles dans un fonctionnement fondamentalement inchangé.

 

 

 

 

 

 

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