Argumentaire -2- octobre2000

ARGUMENT -2-      (octobre2000)

Etablissements pionniers…

 

CRITIQUE - Reconstitution de filières et/ou d'écoles à plusieurs vitesses…

L'attachement "républicain" au mythe de "l'égalitarisme" nie la réalité :

     1/ les filières existent bel et bien et se développent dans le système traditionnel  :

- du fait de la conception tayloriste. Recherche de l'homogénéité des "compétences" scolaires et constitution de classes "faibles", de classes "fortes", d'orientation vers les classes spéciales 

 Résistance à l'esprit et à la lettre des cycles.  Ce sont " les programmes au centre" (opposés à "l'enfant au centre") qui engendrent ces ségrégations.

- du fait des accomodements qui permettent aux familles informées de trouver des établissements performants ou/et  peuplés d'élèves policés (astuces basées sur le choix des langues et des complicités institutionnelles)

     2/ la réalité c'est aussi les enfants qui échouent, qui "s'ennuient", qui "décrochent"

Les REP (ZEP) constituent une tentative de réponse quand cette réalité est massive. Quand les enseignants s'y disent heureux, ils décrivent toujours un travail en équipe, souvent des relations nouvelles avec les parents et des pratiques proches de celles que nous défendons.

     3/  quand il y a une réelle mixité sociale  ( la répartition de l'habitat s'y oppose très souvent) ou bien c'est le programme qui prédomine et il y a objectivement plusieurs vitesses, dans une course d'obstacles durant laquelle  beaucoup échouent (c'est le cas le plus fréquent) ou bien c'est "l'éducation" , incluant l'accès au savoir pour tous et par des voies nouvelles , de manière fonctionnelle et différenciée, et le problème disparaît pour une large part (sans pour autant gommer les différences individuelles et le poids de l'inégalité sociale et culturelle)

CRITIQUES  les risques de constituer deux types de ghettos:

1/ si l'on crée un lieu spécial pour les "décrocheurs", l'institution  s'en trouvera encouragée à ne pas se réformer, le problème étant gommé 

Du point de vue des enfants concernés qui reprennent pied, c'est une alternative indispensable. Du point de vue institutionnel les expériences sont si rares que cette crainte n'est que théorique (ou réthorique). Si elles étaient nombreuses l'effet d'attraction poserait sans doute des problèmes aux établissements traditionnels et questionnerait l'opinion ( et les grands élèves eux-mêmes). Les rares Lycées alternaifs existants proposent d'aider les élèves, qui le désirent, à reprendre le cursus normal. Même objectif pour le tout nouveau "CLEPT" qui s'installe à Grenoble (rattaché au Lycée Mounier).

2/ l'offre d'une école alternative ne peut concerner qu'une catégorie socio-culturelle particulière, qui cessera de faire pression sur l'évolution du système  

On peut en effet imaginer une, peu probable, "initiative citoyenne" d'une minorité d'intellectuels et de membres des classes supérieures souhaitant trouver dans le public les services parfois recherchés dans le privé. Cette minorité existe mais ses options politiques la prédisposent ,théoriquement, à souhaiter la mixité sociale.

 C'est la recherche de cette mixité sociale qui constitue la réponse aux deux objections.

Problème complexe car on ne peut préjuger des lieux d'implantation. Le vrai problème est de mettre en œuvre nos projets dans un milieu où est réalisée la mixité sociale

CRITIQUE la constitution d'équipes porteuses de projet se situe dans la logique du privé

et prive les établissements ordinaires des éléments favorables aux changements

Il faut en effet constituer des établissements publics qui peuvent mener des projets comme cela est possible dans le privé ! Le regroupement de mini équipes au sein d'un établissement en accord avec la direction est une voie possible. La dispersion des novateurs est désespérante et inefficace. Faire "tache d'huile" est l'objectif des "établissements pionniers"…pari optimiste qui ne sera gagné que si le "grand débat sur l'école " que demande MD Pierrelée et qui commencera dans les forums en Mars débouche sur une volonté d'évolution en profondeur.

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