ARGUMENTS N° 27 septembre 2001
EVALUATION - 2 (nos besoins -
quelques pistes concrètes, un
chantier à ouvrir)
L'évaluation formative est évidemment une de nos préoccupations. Charles
Hadji la décrit précisément : "elle présente trois caractères
principaux. Elle s'inscrit dans la durée d'une action pédagogique (intégration
au processus). Elle se met délibérément au service de la fin poursuivie dans le
contexte de mise en œuvre (subordination à l'action éducative et de formation).
Elle se propose moins de dire la réalité telle qu'elle est que de l'aider à
devenir ce qu'elle pourrait être (visée transformatrice)."
- On a fait l'hypothèse que
les "itinéraires de découverte" et les "travaux
personnels encadrés" constituent des avancées dans le sens d'une évaluation
formative (cf Argument 26).
En prenant au sérieux ces innovations, en leur donnant les
dimensions qu'elles méritent ,les collèges et lycées "pionniers"
devraient vérifier cette hypothèse
- Charles Pépinster a impulsé
en Belgique le "chef-d'œuvre pédagogique". Quelques écoles en
font un examen de substitution ( (formatif) au "certificat d'étude"
traditionnel (sommatif) toujours en cours en fin d'études primaires. Brièvement
: l'enfant choisit le sujet de son choix. Il recueille toutes les informations
possibles auprès de la famille, des amis, les conseils des maîtres , des
bibliothécaires, des spécialistes etc…Il doit présenter son chef-d'œuvre, qui
comporte obligatoirement un exposé oral, un document écrit, et doit témoigner
de sa capacité d'utiliser les mathématiques, les moyens modernes de
communication, son imagination et son goût artistique etc… devant un jury
composé de ses camarades de classe, d'enseignants, de parents. Les perspectives
d'avenir sont prometteuses puisque tout le secteur alphabétisation des adultes,
formation des détenus ont adopté le chef-d'œuvre ainsi que l'Institut Supérieur
de Pédagogie pour la certification des étudiants. Les établissements pionniers
devraient s'en inspirer. Un stage national de la fédé ECE pourrait être
organisé, la participation de Charles Pépinster est acquise à l'avance.
- L'auto-évaluation (pour les apprenants) la recherche-action (pour
les enseignants), qu'il importe de développer, ouvrent des perpectives
importantes à l'évaluation formative.
Comme le répète avec
insistance Georges Hervé, il importe de sortir du cadre étroit et castrateur de
l'institution et de situer notre démarche dans un processus d'éducation
permanente.
- La préoccupation concernant
les effets à long terme de l'action éducative initiale peut s'inscrire
dans cette perspective. Cette évaluation demande des dispositifs dont les
établissements pionniers, les
militants pédagogiques, ont besoin pour ne pas voir leur action éducative
réduite à ses dimensions académiques. Ce deviennent les enfants qui ont
bénéficié, d'une manière significative, d'une éducation ouverte sur le monde,
socialisante, responsabilisante, où les savoirs se construisent et se produisent est en effet une question essentielle !
- Les "établissements
pionniers" regroupés dans ECE font de l'évaluation une de leurs 3 priorités (cf statuts) . Cette
"évaluation indépendante" (de l'institution) est à concevoir. DECLIC
38 est bien placée pour ouvrir le
chantier puisque Charles Hadji professeur d'université spécialiste de
l'évaluation (cf citations ci-dessus) est grenoblois et nous est vivement
recommandé par Philippe Meirieu.
Donc, A SUIVRE…