Argument
N° 31 décembre 01
élaboré
par le Ministère délégué à la Ville (Claude Bartolone) constitue un outil dont
pourraient s'emparer des équipes municipales dynamiques . Il est en effet
affirmé que "le maire est le porteur et le garant de la démarche
de la veille éducative"
Les
associations, et plus encore si elles constituaient, en se fédérant, une force
de proposition, pourraient en faire une lecture à la fois positive et critique.
(CF "L'appel à se fédérer " lancé par la fédération
ENSEMBLE CHANGEONS L'ECOLE"
Voici une première lecture proposée comme base de proposition.
1/ Nous devons
saluer une évolution des élites qui nous gouvernent. Parfois issues de milieux
modestes et sur la base de leur parcours personnel, elles fermaient les yeux
sur les réalités ainsi décrites :
(dans)Les
quartiers populaires(…)les jeunes y sont plus souvent en échec qu'ailleurs (…)
ils sortent trop nombreux sans aucune qualification ou le quittent avant même
les 16 ans obligatoires. Cette situation éducative installe une injustice et
une inégalité de traitement des jeunes. Elle est une cause de dépréciation de
soi, d'un sentiment d'échec et d'exclusion, et donc de souffrance. Elle
provoque aussi la violence".
Nous
sommes loin des déclarations réactionnaires et imbéciles stigmatisant les
"sauvageons".
2/ Il est normal que, dans un premier temps, cette
évolution favorise l'idée de remédiation : Auto-Ecole est citée par le
ministre, nous pensons aussi au CLEPT
de Grenoble, aux classes relais. Il s'agit "d'organiser une
réponse simple, efficace et rapide pour donner, à tous les jeunes, malgré
les échecs scolaires, les moyens de continuer leur parcours éducatif
par d'autres voies"… "De nombreux dispositifs visant à améliorer
l'offre éducative, à lutter contre l'échec et le décrochage scolaire
ont été mis en place. Pour autant, il convient, au plan territorial, de les
compléter"
3/ à la page suivante, le
second temps est quand même évoqué : "la veille éducative consiste à
concevoir la prévention, au sens propre du terme, et à refuser
la stratégie du remède et de l'après- coup. C'est une forme nouvelle de
travail collégial qui permet de croiser les logiques institutionnelles et professionnelles".
Nous
noterons que cette idée collégiale présidait au projet de la Villeneuve de
Grenoble…dès 1970 sous le vocable "équipements intégrés". Ce qui nous conduit à demander que, pour une
fois, on tire les enseignements de cette "expérience" et que
localement, l'équipe municipale, héritière du projet élaboré par l'équipe
Dubedout, se préoccupe sérieusement de sauvegarder et faire fructifier les
acquis qui subsistent encore au bout de 30 ans.
Certaines
administrations, parties essentielles du travail collégial, vont avoir besoin
d'être bousculées et de se débarrasser des maniaques usant du règlement pour
"normaliser" toute innovation. Le politique doit primer sur
l'économique. Il doit aussi primer sur l'administration quand il en va du sort
de l'éducation et donc de l'avenir.
4/
quand il s'agit de définir les "FONCTIONS des cellules de veille
éducative" la priorité semble être de
"repérer les jeunes en rupture ou en voie de rupture
scolaire" "création de structures éducatives complémentaires. L'appel
à projet se fera alors sous l'égide du CNIRS" (Nous récusons le fait que le Conseil de
l'Innovation soit cantonné dans cette fonction.) Mais il est aussi noté : "préparer
les décisions et les moyens nécessaires pour prévenir ces ruptures"
5/ Nos associations ont des
propositions et une longue expérience en matière de prévention, avant
qu'on soit dans la nécessité d'inventer de nouvelles structures. Nous estimons que les nouvelles instructions
pour l'école et orientations pour le collège contiennent des éléments
extrêmement positifs et qu'elles peuvent servir de base à l'évolution d'un
corps enseignant désorienté, crispé
devant les nécessaires changements. Mais il faut qu'un vaste mouvement
de prise de conscience de la réalité d'un facteur d'échec majeur :
l'existence de la violence institutionnelle (depuis longtemps
décrite par les sociologues, de Bourdieu-Passeron à Dubet).
Quelle
confiance aura un jeune à qui l'on proposera un "itinéraire de
découverte" formateur et valorisant, 2 heures par semaine comme
il est prévu, et le reste du temps on continuera de pratiquer une évaluation
"sommative" à base de notes, de classements, d'humiliation, de refuser le dialogue personnel et
collectif (tutorat), une participation à la gestion de l'établissement, des ses
projets (vie coopérative), des pratiques de groupes ,d'entraide,
("échanges de savoirs"), une évaluation formative ("arbres de
connaissances ").
NOTRE
FEDERATION ECE et ses associations locales, en Isère DECLIC 38, se proposent comme partenaires pour
contribuer à la réussite de cette vaste
ambition. Elles apporteront ses
propositions d'analyse, ses actions de
diffusion dans le corps social. Et puisqu'il est question "d'aide
financière" pour "moyens complémentaires,
" à utiliser "pour
favoriser le développement d'outils d'information et de programmes de formation
indispensables à la totale efficacité des dispositifs existants" nous avons aussi des propositions d'outils :
ceux mis au point par l'AFL (logiciels de lecture et d'écriture) et Centres de
Classes lecture.
Rappelons que nous attendons toujours, à Grenoble la réouverture du
CENTRE LECTURE, au service de l'agglomération et dont l'utilité a été
largement saluée et qui correspond particulièrement aux nouvelles instructions
concernant la maîtrise de la langue écrite à l'école et dans les premières
classes du collège. Objectif majeur dans la lutte contre l'échec et dont les
auteurs de la Veille éducative ont pleinement conscience.