ARGUMENT N° 39
janvier 03 DENOMINATEURS COMMUNS…
Dans
cette période de crise de l’éducation et cette année qui va connaître diverses
rencontres, locales et nationales visant à décloisonner les problèmes, il peut
être utile de ressortir ce document élaboré en 96 à Grenoble. ( il se trouve
aussi en annexe de la brochure “ EMANCIPATION, AVENIR D’UNE
UTOPIE ” édition Voies Livres 13
quai Jaÿr 69 009 Lyon)
Des militants de diverses professions éducatives et
culturelles (enseignants, formateurs d’adultes, éducateurs, bibliothécaires)
s’adressant à des publics de nature et d’âges très différents, et pensant
concourir au projet d’émancipation individuelle et collective, ont pu se
reconnaître dans cette liste de “ DENOMINATEURS COMMUNS ”
.
1 – L’IDENTITE- Nous nous efforçons de favoriser la
constitution, l’existence, la préservation de l’identité de chaque individu
(dans le cadre de la vie du groupe et de sa loi). Ce qui implique respect,
attente positive, et pratique d’une pédagogie de la réussite qui valorise
ce qui est acquis, qui sait éventuellement différer un apprentissage et faire
les détours nécessaires.
2 - LES STATUTS - Nous pensons qu’une prise de conscience par chacun de la nature de son statut, de la possibilité ou la nécessité de son évolution, que la volonté d’affirmer son droit au respect, de s’émanciper des aliénations, des préjugés, constituent un moteur puissant pour la réussite des actions entreprises.
3 – LES DIFFERENCES - Nous prenons en compte, sans les figer, les différences individuelles en terme de développement, de rythmes, et considérons simultanément que l’hétérogénéité des groupes est un facteur indispensable à la stimulation, l’évolution, l’échange et l’entraide, la résolution collective des conflits.
4 – LES CULTURES - Nous reconnaissons et respectons les différences culturelles tout en donnant la priorité à la construction d’une culture commune par l’autogestion de la vie collective du groupe, l’élaboration, la conduite, et l’analyse de projets communs générateurs de promotion collective.
5 – LA CITOYENNETE - Nous fondons sur l’autogestion de la vie collective - dans ses différents aspects- et des projets - dans leur élaboration et leur réalisation- l’apprentissage de la démocratie participative, base d’une authentique citoyenneté.
6 – L’EXPERIENCE INDIVIDUELLE - Nous nous efforçons de
prendre appui sur les savoirs, les compétences, l’expérience, que possède
chaque apprenant, quel que soit son âge et son état, pour développer les
apprentissages souhaités.
7 – LA COOPERATION ET LA COMPETITION - Nous fondons la
satisfaction du besoin (ambivalent généralement réduit à la compétition) de se valoriser,
de se mesurer aux autres, sur les pratiques coopératives, l’entraide,
l’enseignement mutuel, les échanges de savoirs, la contribution aux projets
collectifs.
8 – LES PROJETS - Nous constatons que les enfants et les
jeunes issus de milieux populaires ont, plus que les autres, du mal à concevoir
le bien fondé d’enseignements dont l’effet est à la fois opaque et différé.
D’où des attitudes de rejet conduisant à l’échec scolaire, à la stérilité des
formations.
Ces publics éprouvent le besoin éminemment naturel , de comprendre l’intérêt
immédiat, de ressentir la fonctionnalité des actions qui leur sont
proposées. Attitude qui persiste chez les adultes en formation. C’est pourquoi,
nous estimons qu’il est indispensable de les engager dans des projets dont les caractéristiques de production
(matérielle, sociale, culturelle, etc…) révèle l’intérêt et la nécessité
d’acquérir, ou de mieux maîtriser tel ou tel savoir. L’enseignement de celui-ci
cesse alors d’être ressenti arbitraire et l’accès à l’abstraction devient
possible.
Cette démarche, qui fonde la “ pédagogie du projet ” est tout
naturellement bénéfique à l’ensemble des apprenants, y compris ceux dont le
milieu social favorise la capacité d’anticiper.