RETOUR DU CONGRES DE LA GGG A COLOGNE

RETOUR DU CONGRES DE LA GGG A COLOGNE


Je suis revenu de mon voyage à Cologne très satisfait du déroulement de ces journées.


Le Gesamtschulverband GGG( http://www.ggg-bund.de  ) est une grande et ancienne fédération qui regroupe les associations créées autour des Gesamtschulen  (Collèges intégrés) de tous les «Länder».

Le congrès a eu lieu dans les vastes locaux de l'École Européenne de Cologne (une Gesamtschule un peu spéciale). Environ 150 à 200 personnes venues de toutes les régions d'Allemagne étaient présentes dans une ambiance particulièrement conviviale.
La veille en avant-première j'ai rencontré d'une manière informelle et conviviale une grande partie du bureau autour d'un buffet.  L'actuelle présidente m'a présenté et j'ai exposé brièvement l'essentiel concernant ECE et la situation en France. Plusieurs  anciens président(e)s (la Fédération a 25 années d'existence) étaient également sur place. L'idée de nous regrouper sur le plan européen fera son chemin.
L'une des anciennes Présidentes , la charmante Ursula HELMKE , Enseignante en retraite , m'a aimablement guidé  pendant ces trois jours. Nous avons beaucoup discuté ; leurs problèmes diffèrent sur certains points des nôtres, mais nos objectifs sont très proches. Ils n'attendent rien des gouvernements de droite, mais déplorent le manque de soutien de nombreux responsables de gauche en place. Ils ont aussi – hélas - leurs «Chevènement» et leurs «Finkelkraut» : là-bas Keuchel-Pedagog correspond à Pédagogo. Certaines diatribes volent également très bas. Sous la pression des classes moyennes,  certaines Gesamtschulen  ont  dérivé  vers des regroupements d'élèves  plus homogènes alors que la fédération GGG proclame  l'hétérogénéité comme une valeur positive.


Les moments forts de ces journées furent :

L'ouverture solennelle du congrès

La présentation de systèmes d'éducation modèle (finnois, suédois, anglais, canadien)

La Conférence PISA de Andreas SCHLEICHER expert de l'OCDE pour PISA

Les Ateliers de travail (5 principaux)


L'ouverture solennelle du congrès culminait avec le discours engagé de la Présidente  fixant l'orientation :

Rejet de la sélection précoce, refus du système dominant à trois branches dans des lieux distincts dès l'âge de 11/12 ans . Pédagogie différenciée , individualisation, bref tout un programme ECE


La présentation de systèmes modèles d'éducation

Ø      Finlande     (par une enseignante de ce pays)

Ø      Suède        ( idem)

Ø      Angleterre   (idem)

Ø      Canada anglophone (par une universitaire allemande en mission au Canada)

J'ai suivi l'exposé très passionnant de l'enseignante finlandaise, système généralisé à l'ensemble du pays et qui correspond intégralement à l'école de nos rêves


La Conférence PISA de Andreas SCHLEICHER, expert de l'OCDE pour PISA

Deux heures passionnantes !

Il est difficile d'imaginer en France l'importance accordé en Allemagne au résultats de ces tests ; là-bas ils suivent ces résultats un peu comme nous ceux du tour de France cycliste... Mais cet intérêt a une histoire : l'Allemagne est très mal classée dans ces tests (en dessous de la moyenne des Etats de l'OCDE) L'explication dominante était alors toute trouvée: c'est la faute des Gesamtschulen. Finalement pour en finir avec cette polémique , les experts de PISA-OCDE ont publié séparément les résultats des deux systèmes (sous les rubriques «sélection précoce» (le système majoritaire à trois branches) et «selection repoussée après la scolarité obligatoire» (les Gesamtschulen).


Grande surprise, les Gesamtschulen étaient dans l'ensemble bien mieux classées.

La conclusion générale de PISA-OCDE pour l'ensemble des pays considérés indique que tous les pays qui refusent la sélection précoce diminuent en même temps l'incidence  de l'origine sociale des élèves sur les résultats ; c'est la Finlande qui arrive significativement en tête dans cette analyse à la fois pour les résultats en performance et en équité sociale.


Les Ateliers de travail

J'ai participé à l'un des 5 ateliers ; il était animé par deux membres de l'équipe éducative (une enseignante et une psychologue scolaire)  de la «Offene Schule Kassel-Waldau» adresse internet http://www.osw-online.de

C'est une école qui fonctionne comme le Collège Anne-Frank au Mans. Ultérieurement je ferai un rapport plus complet ; ce qui m'a marqué : deux tuteurs par groupe de 24 élèves multi-âge, visite du tuteur en début d'année au domicile de la famille de chaque élève. Fiche de synthèse  exhaustive pour chaque élève (quel travail ! j'ai ramené un exemplaire) originalité du système d'évaluation ; auto évaluation, autodidaxie.


NB  PISA (OECD Programme on International Student Assessment)

http://www.oecd.org/pdf/M00022000/M00022680.pdf  
http://www.pisa.oecd.org
Mes interlocuteurs étaient étonnés du peu d'intérêt pour PISA en France et en Angleterre....



Notes complémentaires :


Toutes les Gesamtschulen évoluent dans le système public (y compris la Europaschule de Cologne) ; toutes affichent avec fierté leur engagement pour plus d'équité sociale face au système dominant à trois branches séparées physiquement et intellectuellement ;  elles sont soumise à une supervision non pas nationale mais régionale (il y a un  ministère de l'éducation dans chacun des seize Länder, mais les enseignants sont de plus en plus sous contrat payé par la commune (entité plus grande que chez nous) ; cela ne leur pose pas trop de problèmes ou plutôt ils sont résignés à vivre sans le statut de fonctionnaire.


L'un des militants que j'ai rencontré était précédemment Ministre (social-démocrate) de l'éducation de Hesse.  Ursula Helmke, ma guide, a terminé sa carrière comme  inspectrice (Oberschulrat) des Gesamtschulen à Bremen. Ingrid Wenzler , la Présidente de GGG, est encore actuellement Dezentin  : elle dirige et inspecte un secteur de l'administration scolaire, mais pour le moment je ne dispose pas d'autres informations.
La possibilité de créer des  Gesamtschulen est inscrite dans la loi de chaque Land ; la décision est prise au niveau local d'où l'importance d'une pression locale à travers le mouvement associatif.


Pour l'élève, il n'y a pas de rupture brutale entre le primaire et le secondaire parce que les enseignants ne sont pas formés comme spécialistes d'une discipline mais comme spécialiste de l'enseignement (deux ou davantage de matières en principe sans rapport entre elles) Ainsi, la troisième matière enseignée par Ursula était la musique.

 
PS Une fois de plus j'ai pu constater combien les allemands adorent rencontrer des français domicilié à proximité de Paris et parlant leur langue. J'ajoute que j'ai plaint le sympathique anglais, polyglotte, qui est resté très isolé.


Henri CHARPENTIER






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