Une autre education
POUR UN AUTRE MONDE
COMMENT
ENSEMBLE
CONSTRUIRE UN PROJET ALTERNATIF
De tous temps des penseurs ont insisté sur le rôle
fondamental de l’éducation.
Les acteurs politiques, malheureusement, ont le plus
souvent
traduit cette conviction en termes
d’enseignement et de conditionnement.
Devant l’urgence, le projet de changer le monde risque
de remettre à plus tard
le projet de changer l’école et l’éducation,
alors que les deux projets sont étroitement
interdépendants.
Le texte qui suit est le fruit paradoxal d’une longue
suite d’échecs.
Les efforts des pédagogues engagés n’ont, en effet,
jamais abouti
à véritablement changer les conceptions dominantes,
notamment celles des « progressistes »..
Il s’efforce d’en analyser la cause, et surtout,
il propose de prendre le problème d’une toute autre
manière en invitant
celles et ceux qui oeuvrent d’une manière ou d’une
autre aux changements indispensables,
d’exprimer leurs préoccupations éducatives
et de prendre une part active à l’élaboration d’un
projet alternatif
pour l’éducation tout au long de l’existence et pour
l’école.
CONSTAT
Le
sociologue Alain Accardo,
lorsqu’il « invite les
progressistes à s’interroger sur la part qu’ils prennent à la
reproduction de cet ordre qu’en principe ils combattent », exprime
avec talent et précision un constat qui a toujours consterné les
« militants de l’éducation ».
Ces quelques citations d’un de ses ouvrages (« Le petit-bourgeois
gentilhomme ») vont nous permettre
d’examiner concrètement ce problème , d’en souligner des aspects ignorés ou
passés sous silence, et d’examiner les constituants « de notre
servitude involontaire » (autre titre du même auteur).
1/ « …ce qui frappe
l’observateur de la réalité d’aujourd’hui, du moins dans nos sociétés « développées » c’est
l’acceptation en masse et en profondeur du monde tel qu’il va par des
populations tellement habituées à l’état présent des choses et au cours des
évènements qu’elles n’arrivent même pas à imaginer qu’il puisse en aller autrement
– peut-être parce qu’elles ne souhaitent pas vraiment qu’il en aille autrement. »
2 /
« …la solidité du consensus tient en fait beaucoup plus au
caractère implicite et inconscient de l’adhésion à l’ordre établi qu’à
sa part intentionnelle et explicite. En d’autres
termes, un aspect de l’organisation sociale qui échappe à toute contestation est, selon toute probabilité, un aspect dont
l’arbitraire n’a pas encore fait l’objet d’une prise de conscience
claire et approfondie.
3/ « …tandis que la
contestation implique toujours la prise de conscience d’un aspect de la réalité
qui a cessé d’être évident(…) le consensus est au contraire le rapport impensé
qu’on conserve avec tout le reste , rapport pratique qui sera peut-être davantage
conscientisé réflexivement un jour prochain par les individus concernés … »
4/ « …il n’y a pas
d’émancipation possible sans la prise de conscience explicite de ce par quoi on est asservi, et plus fondamentalement
sans la conscience même de l’asservissement, jusque-là étouffée,
anesthésiée par les habitudes et le poids des conformismes. »
Un
problème, extérieur à notre propos, qui nous implique toutes et tous comme
membres des « populations » (principalement occidentales),
nous permettra d’illustrer un « aspect de l’organisation
sociale dont l’arbitraire»
ne nous aurait « pas
encore » sauté aux yeux, ou se serait trouvé d’une manière ou d’une
autre « anesthésié ».
Ainsi,
concernant l’avenir de la planète, n’y a-t-il pas lieu d’observer que la
nécessaire prise de conscience écologique se heurte à une pensée depuis
longtemps dominante, celle qui, avec Descartes, institue l’homme
« maître et possesseur » de la nature, celle qui, depuis Les Lumières, nous donne foi absolue dans
le progrès apporté par la science et les
techniques.
« Anesthésiés » par le souvenir des « trente glorieuses »
nous cultivons encore les rêves : aller sur Mars, maîtriser la fusion nucléaire, maîtriser le vivant, et…
continuer de rouler en voiture individuelle (l’hydrogène comme solution
miracle). Les scientifiques nous inquiètent bien un peu avec l’effet de serre,
mais les prévisions concernent le futur et d’ici-là la science devrait comme
toujours trouver une solution …
N’y
a-t-il rien de tout cela qui subsiste
dans nos têtes ? Souhaitons-nous tous « vraiment qu’il en aille
autrement » ?
Bien
d’autres problèmes mériteraient une telle remise en question… Il s’agira ici de
se préoccuper des conditions à réunir pour un « changement véritablement démocratique »,
en accord avec Alain Accardo pour qui
le combat « doit se livrer,
aujourd’hui comme hier, sur le terrain de la formation et de l’information ».
Avant
d’envisager une stratégie pour ce combat, nous nous interrogerons sur la
réalité de ce « consentement massif à l’ordre établi »
qu’il dénonce et examinerons dans notre secteur de compétence « la part prise à ce phénomène par ces deux formidables
dispositifs de production symbolique que sont l’Ecole et les médias
d’information ».
Les
médias d’information n’entrent pas dans notre champ de réflexion. Observons que
l’analyse sociologique et la critique politique qui les concernent n’ont pas de
mal à se faire entendre.
Ce
n’est pas le cas lorsqu’il s’agit de cet autre « formidable
dispositif de production symbolique », qui sera notre
sujet : l’école.
ETAT DES LIEUX
L’école,
un sujet qui dérange et où, dans les milieux « progressistes »,
on ne s’aventure que prudemment, de peur d’indisposer, de faire fuir de
précieux militants, de perdre des électeurs influents.
Il
se trouve qu’elle concerne rigoureusement et « obligatoirement » tout
le monde, toutes les classes sociales, tous les âges.
On
l’a vécue, on va la vivre, on la fait, on la subit, on la regrette, on la
déteste, on l’analyse, on s’y résigne, on la critique, on la rêve, on la
transforme, on la réforme, on la défend, on l’accuse, on l’encense, on en
attend tout, on lui demande l’impossible sans en exiger le possible…
Pour
toutes ces raisons contradictoires, l’institution école se comporte comme une
forteresse assiégée.
Son
armée, les enseignants, contient fermement les parents devant les remparts. Ses
nombreux éclopés l’embarrassent et elle exige de l’intendance toujours plus de
soignants, de médecins d’hôpitaux, de prothèses.
Face
aux « réformes » de toutes natures, elle fait le gros dos, lance des
grèves perçues par l’opinion comme des
rituels périodiques, et souvent résiste victorieusement : les Ministres
qui croyaient en leur pouvoir d’élu de
la Nation battent régulièrement en retraite.
Elle
subit plus qu’elle ne combat les maux qui minent ses murailles (l’échec
scolaire, l’échec éducatif, son rôle dans l’accroissement des inégalités
sociales, les fuites vers le privé, les complicités avec les couches sociales
favorisées – cet « entre nous »
plus ou moins conscient que constate Eric Maurin). En revanche ses avant-gardes
(syndicales) n’hésitent pas à s’engager dans des combats planétaires (contre la
marchandisation du savoir, la privatisation du « service »
éducatif, etc.).
Dans
l’exercice même de leur profession, les attitudes des enseignants sont très
diverses. Certains se sentent piégés, quelques uns développent des contre modèles (dans un système manifestement
immunisé), beaucoup font pour le mieux dans leur classe et se bouchent les yeux
sur le reste, certains se tournent vers un passé mythique, presque tous
subordonnent toute évolution à de nouveaux moyens et font de l’école leur pré
carré.
Nombre de ceux qui
administrent diffusent des circulaires auxquelles ils ne croient pas et qui ne
seront pas respectées, font régner un ordre hiérarchique impressionnant et
dérisoire, encouragent l’immobilisme, découragent et neutralisent l’innovation.
Les vassaux se soumettent, quand ils ne composent dans les « commissions
paritaires », sachant assurée la protection de leur statut et le maintien
des règles centenaires de leur fonction.
Ce
tableau pourrait facilement être développé, illustré de multiples exemples. Il
nous est apparu nécessaire de le tracer, pour mémoire, car il explique en
partie la « crise » dans laquelle se trouve l’école et les
difficultés que rencontre toute réforme.
Mais
l’essentiel nous semble ailleurs et
tout particulièrement dans un « aspect (du système) qui échappe à toute
contestation et dont l’arbitraire n’a pas encore fait l’objet d’une prise de conscience approfondie » par
la grande majorité de l’opinion, militants et analystes politiques
compris.
Nous
venons d’évoquer ces « combats planétaires » dans lesquels s’engagent
un certain nombre d’enseignants. A ce titre, la présence considérable de la FSU
au sein d’ATTAC est symbolique. Notons
aussi que l’engagement de ce syndicat majoritaire en faveur du Non au
référendum reposait en grande partie sur « le refus du
libéralisme ».
Un
tel engagement peut étonner, dans la
mesure où il coexiste avec un «
consensus qui tient en fait beaucoup plus au caractère implicite et
inconscient de l’adhésion à l’ordre établi qu’à sa part intentionnelle
et explicite ».
Affirmation
qui forcément fâche et qu’il faut
maintenant étayer.
L’ordre établi
A
droite comme à gauche, tout le monde entend œuvrer pour « l’égalité des
chances ». Jules Ferry en premier lieu qui mettait sur la ligne de
départ, au Cours Préparatoire, des enfants du même âge, en blouse grise
pour gommer les origines, recevant à la même heure les mêmes leçons de morale
et d’instruction civique, subissant les mêmes programmes selon les mêmes
progressions. Tout au long de l’année, les compositions, les classements, les
récompenses et punitions triaient le bon grain de l’ivraie et la course était
couronnée par la distribution des prix d’honneur, d’excellence , passeports
permettant de monter dans « l’ascenseur social ». Les
heureux bénéficiaires avaient à peu
près l’assurance de trouver une place dans une hiérarchie sociale préétablie,
(les enfants des classes dirigeantes, eux, bénéficiaient et de la situation
matérielle et culturelle de leurs parents et d’un système éducatif
privilégié : le lycée dès les « petites classes »). Les « méritants »
issus du peuple, s’efforçaient parfois de rester solidaire de celui-ci, et le
plus souvent devenaient transfuges de classe (Claude Duneton décrit avec talent
le processus dans « Je suis comme une truie qui doute »).. Et
ne pas oublier ce fait d’Histoire rapporté par Antoine Prost : 50% seulement des enfants étaient présentés au
fameux certificat d’étude…
La
massification de l’enseignement, rendue
nécessaire par le développement technique, n’a pratiquement rien changé à ces
données. Les statistiques montrent même qu’aujourd’hui, la « reproduction »
de la hiérarchie sociale décrite par Bourdieu et Passeron est toujours assurée
par le système, les enfants des « dominants » ou des initiés ont des
parcours scolaires privilégiés (les parents connaissent les codes, les langues
qu’il faut choisir, les lycées réputés et les astuces permettant d’y entrer).
Les statistiques révèlent même, la diminution du pourcentage d’enfants
d’ouvriers dans les grandes écoles…
De
plus, les enseignants se rendent, et parfois consciemment, complices (pratique
du redoublement, imposition des devoirs à la maison, constitution de classes
fortes et faibles, désertion des quartiers sensibles, réticences ou hostilité face aux mesures
« inégalitaires » comme une baisse drastique des effectifs dans les
zones prioritaires, qui aurait comme conséquence une augmentation notable de
ceux des quartiers privilégiés...).
De toute évidence : « l’égalité »
des enfants de 6 ans, au CP, tout comme
celle des enfants de 11 ans entrant en 6ème n’existe pas ; quant aux « chances »
elles sont réservées de toutes manières très majoritairement aux
« héritiers ». Dans ces conditions, continuer de se référer à
« l’égalité des chances », revient déjà à « adhérer
à l’ordre établi » et à admettre que l’éducation peut se
réduire à une compétition sportive.
Cette
prise de conscience est rendue
difficile par le fait que tout le monde ayant été soumis au système, il
n’est pas étonnant que « les populations tellement
habituées à l’état présent des choses(…) n’arrivent pas à imaginer qu’il puisse
en être autrement ». Il n’est pas rare d’entendre des militants
politiques ou syndicaux qui ont été sélectionnés par le système (surtout quand
ils sont issus des milieux populaires) défendre cette école-à-qui-ils-doivent-tout et qui, preuve suprême de neutralité,
les a rendus capables de contester la société !
Mais, la critique doit être poussée plus loin du point de vue politique.
Il ne devrait pas être possible de contester le « libéralisme »
sans prendre conscience du fait que le système dit éducatif, en est
partie prenante et organise précisément en son sein une « concurrence » généralisée
et si peu « faussée » par des dispositifs comme les ZEP ( Zone
ou Réseau d’Education Prioritaire) ou par des
discriminations positives (cf. : l’accès à Sciences Po).
Tout
se passe comme si les enfants étaient une matière première brute qu’on
travaille en référence à un élève type,
et en envoyant au rebut ou en recyclage ceux qui sont hors modèle. La loi de 89
(loi Jospin), qui a invité
l’institution et les enseignants à « mettre l’élève au centre »
et non plus les programmes, jusqu’alors
préoccupation première, constituait une rupture réelle avec la logique du système aussi a-t-elle été
immédiatement brocardée, caricaturée, dénaturée, dénoncée comme attentatoire au
savoir, par une majorité d’enseignants qui y on décelé une volonté perverse de transformer les
professeurs en « animateurs », par les gardiens auto-proclamés de la
Culture, ignorée délibérément par la hiérarchie et par tous ceux qui « ne
souhaitent pas vraiment qu’il en aille autrement » et qui en fait « adhèrent
implicitement et inconsciemment à l’ordre établi ».
AUTREMENT ?
Les historiens de l’éducation ont montré que
de tous temps, des
« pédagogues » humanistes ont tenté ou souhaité faire de l’école autre
chose qu’un lieu de dressage. Ils trouvaient leur inspiration chez Montaigne, Rousseau, Pestalozzi …
Après
la Commune, les militants les plus clairvoyants du mouvement ouvrier étaient
conscients du projet de formatage en
terme de savoir et de conduite sociale et politique porté par l’école de
Jules Ferry (cf. »L’école
de Jules Ferry de Jean Foucambert). Leur
projet éducatif alternatif, idéaliste et dépourvu de moyens, ne pouvait évidemment
concurrencer une école rendue gratuite, et obligatoire.
Au
cours des années 1920, l’horreur de la guerre a donné vigueur à un projet
d’Education Nouvelle dont Freinet a été l’initiateur le plus créatif, le plus
connu. Et immédiatement marginalisé par l’institution.
La
Libération a engendré le Plan Langevin Wallon, vite enterré pour de multiples
raisons.
Plus
près de notre époque, les mouvements pédagogiques, les innovations collectives
et individuelles ont continué à explorer les voies d’une école « autrement »
sans pourtant les voir prises en compte
au cours des périodes d’effervescence sociale (1968, 1981).
Durant cette longue période, et encore aujourd’hui, les militants
pédagogiques ont accompli un travail considérable qui sera précieux, s’il
s’agit un jour de reconstruire le système, éducatif, dans la mesure où il
constitue une alternative à l’idéologie individualiste, où il allie promotion
collective et développement optimum des potentiels de chacun.
Mais il leur faut rompre avec l’illusion que leurs réalisations,
les preuves qu’ils accumulent sur les possibilités d’une autre éducation,
finiront par avoir effet d’entraînement, que tel ou tel gouvernement
bienveillant pourrait un jour les reconnaître et les donner pour modèle aux
conservateurs, que l’évidence de son intérêt civilisationnel pourrait générer un nouveau consensus faisant l’économie d’un conflit politique
avec le système social actuel
L’EDUCATION, UN PROJET POLITIQUE
L’expérience
du passé nous enseigne donc qu’il est vain
de concevoir l’éducation « autrement » sans avoir pleinement
conscience qu’il s’agit d’un projet
politique, qu’il s’agit, aujourd’hui, de rattacher au mouvement social
renaissant.
Celui-ci
commence à dessiner les contours d’une nouvelle utopie mobilisatrice, l’idée
qu’un autre monde est possible.
Il
est fondé cependant de croire que son
principal moteur ne sera plus une foi
naïve dans le progrès mais la nécessité impérieuse de faire face à des défis
majeurs. Défi écologique (réchauffement de la planète, atteintes à la bio
diversité, pénuries diverses, mise en question du
« développement » de la
croissance, du consumérisme, etc.), défi social (précarisation, chômage,
régression sociale alors qu’augmente la richesse, grande pauvreté, famines,
etc.), défi démocratique (dépolitisation, désyndicalisation, défauts des
systèmes représentatifs, développement de la démocratie participative etc.),
défi géopolitique (fossé qui se creuse entre le Nord et le Sud, croissance
démographique, vieillissement de certaines populations, gestion de l’eau,
émigration, frustrations, intégrismes, terrorisme, etc.), défi scientifique
(science et conscience, principes de précaution, transdisciplinarité, choix des
priorités etc.).
Le
sentiment de la complexité du monde accompagne la naissance du
mouvement. Il constitue à la fois un frein et une protection contre les
illusions de solutions faciles.
Il
ne sera plus possible, par exemple, de concevoir une société idéale, « une
religion du salut terrestre », de fonder l’avenir sur un progrès technique
illimité, il ne sera plus imaginable de
vouloir donner naissance à « l’homme nouveau », objectif que le
système éducatif transforme dans les faits en conditionnement.
La
complexité impose d’adopter « une pensée systémique », de considérer l’ensemble des interactions,
des rétroactions (comme le montre inlassablement toute l’œuvre d’Edgar Morin).
Il serait à ce titre impensable que le projet éducatif ne soit pas
considéré comme un des facteurs de cette complexité. Facteur essentiel pour
aborder aussi bien les problèmes d’aujourd’hui et de demain qu’il s’agisse de
l’éducation initiale, l’Education Populaire, l’éducation « tout au
long de la vie ».
La nécessité de rompre avec un système
économique dévastateur et la volonté de faire face aux défis devraient conduire
à une redéfinition ambitieuse des objectifs de l’éducation, des moyens et modalités pour les atteindre.
Il
ne s’agirait plus de s’en remettre à
d’éminentes personnalités pour rédiger un « plan » (comme ce fut le
cas avec Langevin et Wallon) mais de faire appel à l’intelligence collective
dont sont porteurs les acteurs du nouveau mouvement social. Ceux-ci se
trouvent engagés dans des luttes extrêmement diverses, face aux défis cités
(écologiques, sociaux, démocratiques, géopolitiques, scientifiques, etc.). Ils
y construisent des compétences leur permettant de comprendre ou de contester le
discours des « experts ». Ils ont des idées, parfois très précises,
sur ce qui devrait figurer aussi bien dans les bases d’une culture
émancipatrice commune à tous les
citoyens du XXIème siècle, que dans les orientations prioritaires d’une
recherche animée par une
« conscience », celle des enjeux matériels et sociaux d’une planète
en danger.
La
liste des associations, nombreuses, et des personnalités à contacter est à établir.(1)
Une fois collectées, ces propositions pourraient être
confrontées aux pratiques des militants pédagogiques et d’éducation populaire,
tous mouvements confondus.
Resteront à définir, dans
cette perspective, les contenus, les savoirs à construire et à transmettre
(cf « Les sept
savoirs nécessaires à l’éducation du futur » d’Edgar Morin), la mise en synergie de tous les lieux et temps
d’éducation et de formation, les étapes, inévitables, de spécialisation et de
sélection.
Le collectif
« alter-éducation » (2), avec son site actuellement en sommeil (www.alter-education.org ) pourrait
dans un premier temps servir de base à ce projet.
Raymond Millot, octobre 2005
(1)
à titre d’exemples, concernant : l’émancipation féminine (Ni putes ni soumises, les Pénélopes,
planning familial etc.) l’antiracisme ( MRAP , LICRA, SOS Racisme, etc.)
l’écologie (Amis de la terre, Green Peace , Confédération paysanne , etc.) la solidarité nationale (ATD quart Monde, Emmaus,
etc.) la solidarité internationale (Terre des hommes , Fian, Amnesty International, etc.), les Droits
Humains (Ligue des Droits de l’Homme, Défense des Enfants international, Comité
contre l’esclavage moderne, etc.) la
consommation (Casseurs de pub - Que Choisir etc.), et aussi d’autres secteurs, santé physique et mentale, syndicalisme, sciences, économie, etc.
(2)
ce collectif, s’est constitué dans le
prolongement du colloque national « collège unique : outil de la
promotion collective ». Il a tenté d’engager, en coopération avec les
différents militants du monde éducatif, une réflexion sur le nécessaire
« changement de paradigme » (Bruno Mattéi). Il a échoué après deux
années d’efforts assidus. Le présent texte est le fruit de l’analyse de cet échec.