Rolande et Raymond ont présenté l’exposition sur les Histoires de vie et fait circuler les livres réalisés

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.  Hors Série – septembre 2002

 

RENCONTRE DE PERRIER

9 au 12 juillet 2002

Éducation Permanente

Sommaire

MARDI 09-07-02

MERCREDI 10-07-02

1 – Bio-ressources et communication

2 – P.I.S.A.

3 – L’écrit

Les Histoires de vie

L’ACTE LEXIQUE

4 – Echanges réciproques de savoirs

JEUDI 11- 07 – 02

1 – les établissements pionniers.

2 – Le débat public.

3 – L’évaluation

4 – 3 ateliers ont abordé les thèmes des blocages de l’EN, de la formation des enseignants et du débat public.

5 -  Texte de référence “ noyau central ”

VENDREDI 12 – 07 – 02

Assemblée générale de R.E.V.E.I.L.

Bilan de ces trois journées :

QUELQUES INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES

Concernant le Collège Anne Franck :

Un nouveau Collège-Lycée expérimental à Bordeaux :

10 ans d’expériences de groupes de niveaux au Collège de Vittel (1968-1978) :

***

Ce Compte-rendu  a été rédigé par Rolande Millot à partir  des notes de Marie Bretté, Martine Bideau et R. et R. Millot et de différentes contributions des participants. Il fait référence à des textes trop « copieux » pour figurer dans une Lettre. Ils sont présentés dans un dossier spécial « journées de Perrier 2002 » du site Internet de REVEIL et peuvent être envoyés par courrier postal aux personnes ne disposant pas d’Internet. (Contacter G. HERVE à ce sujet en précisant le ou les textes souhaités).

 

MARDI 09-07-02

Accueil des participants. Au total, avec des arrivées échelonnées, 30 personnes, venues de différentes régions de France, ont assisté en partie ou en totalité à ces journées. Mise au point du programme des journées. Échanges autour de la notion d’éducation permanente. La soirée a permis des échanges libres et informels autour d’un buffet froid.

 

MERCREDI 10-07-02

Journée consacrée à l’exposé de pratiques.

Pour quelques uns des sujets, des textes ont été distribués. Vous pourrez les retrouver sur le site de REVEIL. (voir ci-dessus)

1 – Bio-ressources et communication

présentées par Eliane Desmares de l’Association “ Les enfants d’abord ”, engagée dans une recherche-action à partir des travaux du Docteur Fradin.

Résumé de son intervention :

Ces travaux se situent dans le prolongement de ceux de Henri Laborit et de ceux de Mac Lean, qui distinguent trois niveaux dans le cerveau humain : le reptilien, le limbique et le néocortical (essentiellement préfrontal). Si le premier concerne tous les comportements instinctifs assurant la survie de l’individu et de l’espèce, les deux autres gouvernent l’essentiel de nos comportements. Le limbique intervient essentiellement dans les situations simples ou/et connues ; le néo-cortex intervient lorsque ces situations sont complexes ou/et inconnues. Ils déterminent deux façons d’apprendre et de fonctionner :

Le limbique est le cerveau de la mémorisation, des habitudes, des conduites automatiques ; il est celui des croyances, de l’irrationnel, de l’empirisme, des préjugés… ; rigide, il est peu propice au changement, à la personnalisation. Il est générateur de stress qui se manifeste principalement par trois types de comportements : la fuite, la lutte et l’inhibition.

Le néocortex est, au contraire, souple et adaptatif ; son fonctionnement est logique, intelligent, nuancé ; il permet une bonne adaptation aux situations inhabituelles grâce à la possibilité qu’il offre de prendre du recul. Il permet de faire baisser le stress.

Ces deux modes de fonctionnement ont leur utilité ; le basculement de l’un à l’autre se fait automatiquement selon les situations auxquelles nous sommes confrontés. Mais divers conditionnements peuvent empêcher le recours au néocortex et entraîner des comportements inadaptés et générateurs de stress.

Le docteur Fradin a développé un ensemble de techniques qui permettent notamment de mieux contrôler ses comportements en passant du mode mental automatique au mode mental préfrontal (néocortical).

 

L’exposé d’Eliane Desmares a été suivi de « travaux pratiques » sous forme de jeux de rôles auxquels se sont surtout prêtés Marie-Danielle PIERRELEE et Cyrille RAYNARD.

2 – P.I.S.A.

LE PROGRAMME INTERNATIONAL POUR LE SUIVI DES ELEVES (P.I.S.A.)

présenté par Sylvaine Marandon de la Fondation pour le Progrès en Éducation et de REVEIL.

 

« A la récente Biennale de l’éducation, à Paris, une séance a été consacrée à ce programme que peu de gens connaissaient. Elle était intitulée « Quelles leçons tirer de PISA pour le système éducatif français ? » Je la mentionne ici parmi les 7 séances que j’ai suivies, faisant partie elles-mêmes des 15 conférences-débats et 15 ateliers de la Biennale, parce que l’un de nos sujets « la maîtrise de l’écrit » est concerné.

D’abord, qu’est-ce que PISA ? C’est une évaluation organisée tous les trois ans par l’OCDE et les représentants de 32 pays, portant sur les compétences d’élèves de 15 ans volontaires. Il ne s’agit pas de savoirs proprement dits, mais plutôt d’aptitudes fonctionnelles, de capacités à exécuter certaines tâches, de ce qui a été acquis et peut être utilisé dans la vie. Mis en œuvre par un consortium international d’institutions de recherches en éducation, PISA porte sur la compréhension de l’écrit , la culture mathématique, la culture scientifique. Chaque thème comporte plusieurs épreuves, dont la moitié en QCM, l’autre moitié en texte rédigé.

Résultats globaux : les pays suivants sont « meilleurs » que nous : Finlande, Suède, Japon, Corée, Australie, Canada, Nouvelle Zélande, Royaume Uni. La définition de « meilleur » est : mieux dans un domaine au moins, moins bon dans aucun.

Pour l’écrit, la France est entre le 11ième et le 16ième rang ; pour les mathématiques,, entre le 10ième et le 15ième rang, pour les sciences, entre le 13ième et le 18ième rang.

Pour l’écrit, les capacités attendues étaient : savoir s’informer, interpréter, réagir. Pour les deux premiers, nos élèves ont dépassé la moyenne mais ils sont faibles pour la réactivité, c’est à dire l’établissement d’une relation entre le texte et soi On en conclut que ce doit être un exercice peu fréquent au Collège. Les jeunes Britanniques, par exemple, égaux à nous pour les deux premières capacités, sont très bons pour les réactions personnelles. (Je l’avais constaté moi-même au détriment de l’analyse objective).

Ce point avait frappé la presse lorsqu’elle en avait rendu compte au printemps, de même qu’un autre point : nos élèves seraient faibles en réponses rédigées. Et ils ne répondent pas lorsqu’ils ne sont pas sûrs d’eux. Cela tiendrait au statut de l’erreur, dans notre enseignement, où elle serait surévaluée.

Pour donner un aperçu du débat qui a suivi :

  1. problème hétérogénéité-filières, quelle influence ? On sait que l’Allemagne est le pays où l’orientation a lieu le plus tôt et est le plus rigide. Or ses résultats à PISA sont mauvais, et elle s’interroge : les filières en seraient-elles la cause ? D’où une certaine controverse qui a l’allure d’un séisme.
  2. En France, on évalue plus les contenus que les compétences.
  3. On y accompagne moins les élèves (les enseignants).

Citons enfin les variables qui ont été dégagées des très sérieuses études comparatives autour de PISA :

-          le succès dépend :

a.       du caractère plus ou moins centralisé de 4 éléments : programmes, examens (plus est bon), gestion des personnels (régionalisation est bonne), choix des manuels (par professeurs est bon).

b.       Le soutien des parents, l’environnement familial (+ ou – cultivé), le temps passé à la maison à travailler, les ressources éducatives du milieu sont évidemment des facteurs favorables.

c.       Les élèves : + ou – de propension à l’indiscipline, + ou – d’engagement, d’encouragement, de bonnes relations avec l’établissement.

Tout ceci vient de mes notes. Le rapport de l’OCDE est en vente en librairie avec tous les détails. »

3 – L’écrit

Les Histoires de vie

présentées par Rolande et Raymond Millot (de la Fédération  Ensemble changeons l’école, DECLIC 38 et l’Association Française pour la Lecture).

Documents : exposition  et  livres réalisés.

L’origine de l’action présentée sous la forme de panneaux d’exposition, se situe dans le cadre des Vacances Lecture organisées par la Ville d’Echirolles en faveur d’enfants ayant des difficultés avec l’écrit, signalés par les écoles. Sur le modèle des classes transplantées, les enfants sont accueillis en internat pendant les petites vacances. Des activités de loisirs attractives leur sont proposées et par ailleurs ils sont invités à  prendre connaissance d’un lot d’albums choisis pour les thèmes qui y sont traités, à rédiger puis lire un journal quotidien (dit en circuit-court) , à pratiquer des exercices d’entraînement à la lecture sur ordinateur (logiciel l’AFL) .Activités mises au point dans les classes lecture (comme celle qui existe à Brioude  cf.  Pierre Badiou).

 Sur contrat, les parents viennent passer la dernière journée des vacances avec les enfants qui leur présentent leurs réalisations et leurs réflexions issues de leurs lectures. Ils sont valorisés aux yeux de leurs parents . Il a pu être proposé à ceux-ci d’écrire leur Histoire de Vie pour que leurs enfants puissent prendre connaissance de leur passé, leur culture, leur pays d’origine (ils sont en grande majorité d’origine maghrébine ou turque). L’opération a eu pour effet : de donner aux enfants un écrit chargé affectivement, de créer un dialogue dans les familles sur des sujets rarement abordés, mais plus encore de transformer le statut social des parents qui se considèrent reconnus, estimés, valorisés. Nous avons pu percevoir un effet émancipateur du travail de distanciation que ces personnes ont ainsi eu l’occasion d’opérer.(statut de la femme, refus de la reproduction des conditions du mariage etc…).

La municipalité a fait appel à des graphistes qui ont entraîné parents et enfants dans de magnifiques illustrations. Différentes manifestations ont rassemblé ces familles autour de l’exposition, et à l’occasion de lectures publiques. Un “ lien social ” s’est ainsi tressé.

Un autre objectif majeur qui a été atteint – mais qui demanderait une suite, notamment dans les écoles, ce qui n’est pas acquis !-  est de modifier la représentation que se font ces personnes , parfois analphabètes, du rôle de l’écrit . Celui-ci n’avait jusque là qu’une raison d’être purement scolaire. Les parents ont réalisé qu’il avait une autre fonction, au service de la réflexion sur l’existence et sur le monde. Nous pensons qu’ainsi l’attente concernant le travail scolaire de leurs enfants  s’en trouve transformée et l’on sait que c’est un facteur déterminant.

L’ACTE LEXIQUE

projection de diapos (révélant ce que fait le lecteur expert),  discussion.

LE MONTAGE DIAPOS VA PERMETTRE DE CONSTATER QUE:

L’œil se déplace dans la phrase, le paragraphe en percevant distinctement des groupes de mots, des EMPANS ( une vingtaine de signes). Ce qu'il perçoit de la périphérie contribue à l’ANTICIPATION de ce qui suit.

L’œil perçoit certains INDICES remarquables qui permettent au cerveau d'IDENTIFIER les mots et au besoin de les DISCRIMINER en se référant au contexte. Les INDICES se situent dans la partie supérieure des mots, les accents, la SILHOUETTE des mots.

Le lecteur ANTICIPE en permanence:

selon ce qu'il perçoit à la périphérie des mots, il mobilise un champ particulier de ses connaissances, il s'attend à un certain type d'information

s'il est pressé, il EXPLORE l'écrit en recherchant le mot qu'il adopte comme REPERE pour parvenir à l'information souhaitée ‑ dans une lecture LINEAIRE, il ANTICIPE d'autant plus aisément l'EMPAN suivant que le sujet lui est familier, au plan du SENS, du STYLE , de l'ORGANISATION GRAPHIQUE

Cette possibilité d'anticipation permet de mesurer la LISIBILITE d'un texte. Pour un lecteur donné, le texte ne présente pas de difficulté s'il peut être compris alors qu'on supprime systématiquement (CLOSURE) un mot sur cinq. On peut traduire ce constat en disant qu'il faut posséder 80% du lexique et du sens d'un texte pour le comprendre. On peut alors ATTRIBUER DU SENS aux mots inconnus (sens que des expériences suivantes permettront de confirmer ou d'infirmer).

CONSEQUENCES PEDAGOGIQUES

Il faut

FAIRE POUR APPRENDRE CE Q’ON VEUT APPRENDRE A FAIRE".

donner besoin ou envie d'informations

encourager la curiosité , les activités, qui développent les 80 %

procéder aux entraînements technique de l’œil et des comportements constituant de "l'acte lexique (cf. les logiciels ELMO, ELSA)

et aussi

‑ considérer la LECTURE A HAUTE VOIX comme une activité spécifique( destinée à une communication), exceptionnelle, requerrant les compétences préalables de la lecture silencieuse. (Ne pas confondre avec "l’oralisation", émission de sons considérée par certains comme le préalable à la compréhension ... mot à mot)

4 textes sur les enjeux de la lecture véritable, rédigés par Pierre Badiou, qui est à l’origine de « Brioude Ville Lecture », sont présentés sur le site Internet de REVEIL, ainsi que des informations sur les activités proposées au Centre International d’Études et de Loisirs de cette ville d’Auvergne (notamment des stages de « classes lecture »)

4 – Echanges réciproques de savoirs

Bernadette Arnaud du M.R.E.R.S., est venue spécialement de Tours pour présenter les échanges réciproques de savoirs. Après un rapide historique de ce mouvement créé par Claire Héber Suffrin en 1984, elle évoque son expérience personnelle et explique en quoi consistent ces échanges en réseaux :

ces réseaux reposent sur 3 principes :

·         chacun a des savoirs intéressants

·         chacun est capable de recevoir des savoirs

·         chacun est capable de transmettre des savoirs.

 Par « savoirs », il faut entendre des savoirs très divers, des savoir-faire, des expériences de vie… L’idée centrale est de valoriser des savoirs qu’on ne considère pas souvent comme des savoirs.

Les réseaux sont fondés sur la réciprocité : chacun est à la fois offreur et demandeur. Les échanges sont ouverts, pas forcément binaires. Il n’y a aucun classement hiérarchique entre les divers savoirs. C’est la parité qui caractérise les relations qui ne sont jamais des relations de maître à élève. Ce qui différencie fondamentalement les échanges de savoirs des pratiques des SEL est que, dans ceux-ci, on va poser le papier pain chez une personne, alors que dans un réseau d’échanges de savoirs, on lui apprend à le poser ce qui lui permettra à son tour de diffuser ce savoir.

Les échanges de savoirs peuvent se pratiquer au sein d’une classe, au sein d’une école, d’un quartier, d’un village. En ville, lorsqu’il existe plusieurs réseaux de quartier, ceux-ci s’unissent en un inter-réseau qui permet d’élargir les échanges.

Un texte plus détaillé comportant notamment la Charte du M.R.E.R.S et des adresses et renseignements utiles est proposé sur le site Internet de REVEIL.

 

JEUDI 11- 07 – 02

Journée consacrée à une réflexion sur les stratégies d’action.

8 mots-clés, proposés par Sylvaine Marandon, points d’appui de nos actions, caractérisent et déterminent nos stratégies :

Démocratie  : comment et quand la développer ?

Attentes du public : s’efforcer de les connaître et les faire évoluer

Maîtrise de l’écrit : permettre de se décentrer de l’événement, créer un outil de la pensée.

Ecole : l’ouvrir

Institution ; comment surmonter les problèmes que posent sa lourdeur, son inertie, son conservatisme, ses freinages…

Enfants : connaître leurs compétences, les consulter…

Progresser : s’appuyer sur les innovateurs, les projets réalisés…

Synergie : se fédérer.

3 objectifs d’action par rapport aux projets pionniers, au débat national et à l’évaluation.

2 avancées indispensables : mieux former les enseignants et améliorer la relation avec les parents.

1 texte de référence “ noyau central ” à rédiger. Ce texte doit être la pierre angulaire des partenariats que nous devons développer (cf. plus bas, point 5)

1 – les établissements pionniers.

État des lieux (projets dans lesquels des participants sont engagés):

Grenoble : aux dernières nouvelles, après la fermeture “ autoritaire ” du Centre Lecture et la récupération par l’I.A., des postes dégagés ultérieurement pour sa réouverture par le Ministère, le CNIRS a obtenu 2 nouveaux postes. Un espoir revient : à suivre !

Le projet collège, bien accueilli par les élus, les conseillers généraux, plutôt bien reçu par l’inspecteur adjoint à l’IA, doit être présenté à la recteure en septembre 2002.

Le Mans (collège Anne Franck), ouvert grâce au débat public. Conditions d’ouverture inacceptables.

Cependant, malgré une évaluation conduite par des inspecteurs plutôt hostiles, l’idée qu’une “ autre école est possible ”, progresse. Les demandes d’inscription augmentent considérablement, très au-delà des possibilités d’accueil. (un reportage sur le collège Anne Franck sera diffusé sur FR3 en septembre : cf. Informations, plus bas).

DECLIC 93 : fait nouveau et important, la réunion de travail sur la Veille Éducative entre le CNIRS et la DIV (Délégation Interministérielle à la Ville). Un partenariat s’instaure. Dans l’Essonne, un établissement virtuel collège-lycée, démarrera avec une 6ème et une 3ème au collège de Grigny et une seconde à Evry.

L’effectif de 15 à 20 élèves dans chaque lieu se limitera au départ à des primo-arrivants francophones.

L’équipe de 15 profs (5 chevronnés et 10 jeunes) aura pour mission de diffuser la pédagogie innovante auprès d’un maximum d’élèves de tout l’établissement.

Le Trégor : projet caractérisé par la liaison cycle 3-collège (6ème-5ème-4ème) Malgré un avis favorable du CNIRS, un tir de barrage des profs avant même le CA du collège. De nouveaux parents du secteur se mobilisent. Nouvelle démarche, recherche d’appuis des élus pour obtenir des locaux. Fin de non recevoir du rectorat qui renvoie vers l’IA.

Garges : projet conçu et présenté à l’occasion de la création d’un nouveau collège. Avis favorable du CNIRS. Travail avec parents (FCPE), syndicat SGEN. Mais discours contradictoire de l’IA selon le lieu ou les interlocuteurs d’où refus au niveau local des syndicats. Puis nomination par l’IA d’un principal pas intéressé par le projet. Malgré une bonne fréquentation des réunions publiques, ECE 95 n’est pas assez implantée pour créer une force de pression.

Cantal : un an d’existence, expérience riche, épuisante mais satisfaction de la majorité des parents, des profs et des élèves. Jusqu’en décembre aucun moyen. Visite de 5 inspecteurs (IPR). Problème pour la rentrée : le recteur semble orchestrer la fermeture de l’établissement en pratiquant la désinformation (réaction vives des enfants et des parents). Finalement le collège se maintient en 2002/2003 mais au prix du départ d’Anne Raynard et de la nomination arbitraire du principal adjoint du Collège de tutelle de Mauriac comme chef de projet alors qu’il ne s’y est jamais impliqué. Deux recours ont été déposés au Tribunal administratif de Clermont Ferrand par le maire de St Martin Valmeroux et des parents d’élèves  pour différentes irrégularités graves commises par le recteur et l’I.A. dans la conduite de ce dossier. Le Tribunal administratif a émis un premier jugement favorable aux plaignants, affirmant notamment que “ l’Éducation Nationale se croyait trop au-dessus des lois ”. A propos de la décision de fermeture de Saint-Martin Valmeroux pour l’année scolaire 2000/2001 prise par le Recteur, le Commissaire du Gouvernement a remarqué : « cette pratique, qui consiste en fait à débrancher le malade pour pouvoir ensuite affirmer sans risque de contestation qu’il est mort, nous paraît caricaturale d’un détournement de pouvoir, bien que le moyen ne soit pas articulé par les requérants. »

Le deuxième jugement est attendu pour septembre : il concerne la décision d’ôter son statut d’établissement public (EPLE) au Collège et d’en faire une simple annexe du Collège de Mauriac, situé à 20 km de St Martin.

Une piste à suivre et, éventuellement, à développer.

Association “ Les enfants d’abord ” qui permet à des parents de prendre en charge la scolarité de leurs         enfants à domicile. Une cellule juridique soutient la démarche de familles. Des contrôles “ hallucinants ”, des tracasseries , un abus de pouvoir de la part de l’EN, ont conduit des familles à déposer une plainte au Tribunal Administratif qui a donné raison aux plaignants. La seule réelle difficulté est la socialisation qu’il faut résoudre en permettant aux enfants de se rencontrer, notamment dans des activités extra-scolaires.

Réactions et commentaires.

Il est indispensable de se dégager de l’emprise de l’E.N. C’est pourquoi nous devons établir le dialogue avec nos différents partenaires, réagir aux incohérences de l’administration qui ne respecte pas ses propres règlements (par ex. déposer une plainte devant le Tribunal Administratif, s’appuyer sur les textes et la loi tels que « on ne peut pas imposer un fonctionnement à un projet dérogatoire »)

Il peut être utile de s’appuyer sur un partenariat régional interministériel, sur les Contrats Éducatifs Locaux (CEL) mais également sur des maires, des groupes de parents.

Être prudent devant les exigences de l’administration, par exemple l’illusion de l’efficacité de l’essaimage de nos idées auprès des collègues et des élèves qui risque de faire l’objet de reproches ensuite.

La diffusion des projets auprès des enseignants et personnels administratifs, reste difficile. Il faut pouvoir obtenir (exiger ?) qu’elle soit assurée par les services de l’E.N.

La mise en œuvre d’un projet est mangeuse de temps. Nous devons obtenir que ce facteur soit pris en compte, en particulier lors d’inspections.

Dans la diffusion d’infos sur les projets mis en œuvre, insister sur les circonstances favorables et les réussites.

Dans certains cas, démarrer par la constitution de mini-collège au sein d’un établissement existant.

L’engagement d’un principal dans le projet est favorable. On peut prendre contact avec l’association des chefs d’établissements “ Éducation et devenir ”

2 – Le débat public.

Il aura d’autant plus d’écho qu’il sera précédé, accompagné de multiples réunions locales, d’interpellations        d’élus, d’articles, dossiers dans la presse. On peut s’appuyer sur le texte rédigé à Porto Allegre (voir Appel        “ Un autre monde est possible, une autre école est indispensable ”) et impliquer les différents acteurs.

faire circuler l’information au niveau local en sachant que “ ce qui mobilise, ce n’est pas l’information mais l’indignation ”. A partir des situations et/ou d’initiatives locales, spécifiques, organiser des rencontres chez des particuliers (type rencontre « tupperware »), dans des associations, des quartiers, avec des équipes éducatives en choisissant des thèmes positifs près du concret, du terrain (ex. les devoirs à la maison) = démarches de nature à favoriser la prise en main par les citoyens du problème de l ‘école.

Les résultats de ces échanges et réflexions peuvent être transmis aux instances régionales, instances de décision politique, sous forme de Projets Éducatifs Locaux en s’appuyant sur les Contrats Éducatifs Locaux.

Faire connaître nos objectifs et nos revendications au plan national. La Fédération “ Ensemble changeons l’école ” doit devenir plus visible et pourra être le vecteur de nos idées et nos projets. Par exemple les “ doléances ” recueillies au cours des diverses rencontres peuvent être rassemblées en cahiers et présentés aux députés, élus municipaux, généraux, régionaux.

Le CNIRS étant aux dernières nouvelles (vraisemblablement) maintenu doit être un destinataire privilégié de nos actions et projets, en espérant qu’il aura les moyens d’être également un partenaire.

Étudier les formes, les règles d’un débat non excluant tant dans le vocabulaire que dans les modalités, prendre en compte les attentes, utiliser des techniques sortant des pratiques du discours ( théâtre-forum par ex.) afin de rendre les gens acteurs, de dépasser la situation passive d’auditeurs et d’instaurer une dynamique de “ promotion collective ”.

3 – L’évaluation

ce thème n’a pas été véritablement abordé. Il mérite qu’on lui consacre un temps de réflexion assez long. A remettre. Une rencontre, à Grenoble, avec un expert (Charles Hadji) s’est révélée décevante…

4 – 3 ateliers ont abordé les thèmes des blocages de l’EN, de la formation des enseignants et du débat public.

Blocages de l’EN : plusieurs points sont déjà consignés dans le paragraphe “ état des lieux ”. Des questions reviennent régulièrement sur le tapis : le non-respect des règlements par l’administration, l’inertie de l’administration, l’impuissance du ministère devant le pouvoir abusif de l’administration  locale…

Pour débloquer la situation, sur quoi, sur qui pouvons-nous nous appuyer ? – interpeller les politiques, les syndicats… – interpeller la presse – faire des “ coups médiatiques ” - publier des ouvrages (témoignages, analyses, études de cas…) - négocier de nouvelles conventions voire des contrats territoriaux permettant de s’émanciper de la tutelle de l’E.N. ( statut d’établissement public territorial) – inclure dans le projet une dimension “ laboratoire ”, de recherche liée à l’INRP - utiliser la loi de 89 concernant l’élaboration collective d’un projet éducatif d’établissement – établir des liens avec la cellule innovation des rectorats et le CNIRS.

Les associations et la Fédération constituent des plates-formes d’action et les agents de diffusion. Du fait de leur existence légale, elles peuvent se prévaloir de leur représentation et se poser en force de pression. Ceci est d’autant plus indispensable que la politique du gouvernement Raffarin semble vouloir accentuer une régionalisation qui peut conduire à un éparpillement préjudiciable au pouvoir de décision.

Formation des enseignants : le document rédigé par cette commission sera diffusé par la suite.

Débat public : voir ci-dessus.

5 -  Texte de référence “ noyau central ”

Le souhait de Sylvaine de rédiger un texte commun rejoint les préoccupations de la Fédération “ Ensemble changeons l’école ”. Ce texte devra s’inspirer des textes élaborés par ECE (Charte éthique et charte pédagogique) en éliminant ce qui risquerait de ne pas faire consensus. Par ailleurs des textes ont été proposés à la suite des rencontres initiées par l’ICEM (Pédagogie Freinet-P.I.) S’il est indispensable d’avoir un texte de référence commun, en revanche il faudrait peut-être procéder à une synthèse des textes existant avec nos divers partenaires ce qui a été amorcé à Perrier à partir des textes ECE. Un document de travail est proposé par Martine BIDEAU (DECLIC) : il se réfère notamment aux dix points de la première partie de la Charte pédagogique de la fédération ECE. Ces documents sont rassemblés sur le site Internet de REVEIL dans le dossier « journées de Perrier 2002 » .

 

VENDREDI 12 – 07 – 02 

Assemblée générale de R.E.V.E.I.L.

 Le Compte-Rendu est diffusé aux adhérents de l’association et consultable sur le site Internet de REVEIL.

quelques réactions et propositions évoquées pour l’action de R.E.V.E.I.L.

REVEIL pourrait se spécialiser dans une action d’évaluation des structures pionnières et constituerait des couples d’intervenants parent/professionnel.

Il ne s’agit pas d’un rapport de type inspection mais de participer à l’analyse et à la théorisation de l’action en travaillant sur thème.

Constituer des groupes de recherche-action en recherchant la collaboration de l’INRP, de l’Université, autre.

Approfondir la notion d’Observatoire des écoles ( à l’instar de l’Observatoire des prisons) dont le projet avait été avancé lors de la 1ère A.G. en juillet 99.

Réfléchir à l’écart entre le succès de la communication et le peu d’engagement militant.

Malgré le maintien du CNIRS, s’adresser directement à Luc Ferry concernant le pérennité de nos projets et le statut de l’innovation que nous souhaitons.

Enfin, poursuivre la réflexion sur le thème de l’éducation permanente.

Bilan de ces trois journées :

Elles ont été considérées comme positives par tous les participants, surtout dans la mesure où elles ont permis des rencontres prolongées, personnelles, dans une atmosphère détendue et amicale ; certains ont souhaité qu’elles soient reprises d’année en année. Il a été suggéré que les formes d’échanges soient variées : petits groupes, jeux de rôle, moments de réflexions, interventions ordonnées… Également que ces rencontres se déroulent sur 4 journées, une journée centrale étant consacrée à une découverte de la région. Les conditions matérielles ont été satisfaisantes grâce à la proximité des lieux d’hébergements (chambres d’hôtes et camping avec possibilité de location de « mobil home ») et du lieu de la rencontre (2 salles municipales, 1 grande pour les réunions et une plus petite pour les repas qui ont pu être  pris en commun sur place, ce qui a contribué à faciliter les contacts entre les participants).

***

QUELQUES INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES

Concernant le Collège Anne Franck :

Marie-Danielle Pierrelée, principale de ce Collège, nous signale :

« Dans le cadre des projets, un groupe d'élèves va faire vivre un site Internet du collège. Il est en ligne à l'adresse : www.college-anne-frank.org . Je vais attacher beaucoup d'importance à ce qu'il s'actualise chaque semaine pour que ceux que cela intéresse puisse voir la progression du travail des élèves.

D’autre part, nous avons pu assister hier à l'avant première du film sur notre collège. Il est centré sur le travail des enseignants et la recherche de solutions pour répondre aux problèmes qui se posent. Nos détracteurs y trouveront de quoi se gausser; nos amis pourront réfléchir avec nous et contribuer à son amélioration. Le documentaire titré "Comment changer l'école ?" (2 films de 52 mn) va être diffusé les 14 et 21 septembre d'abord sur le réseau de France 3 Ouest. A une date ultérieure sur le réseau national. »

Un nouveau Collège-Lycée expérimental à Bordeaux :

Vient d’ouvrir à la récente rentrée. Il est présenté sur le site Internet : http://www.clisthene.fr.fm/ en tous points remarquable.

10 ans d’expériences de groupes de niveaux au Collège de Vittel (1968-1978) :

Ce Compte-rendu, rédigé par Jean Petitcolas, qui fut la cheville ouvrière de cette organisation, est consultable sur le site Internet de REVEIL : http://assoreveil.org

 

Rappels des coordonnées de REVEIL :

Contact : reveil.perrier@wanadoo.fr

Site Internet : http://assoreveil.org

Georges HERVE, adresse postale :  rue du Château 63500 PERRIER

 

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