Ce texte répond à une question formulée à la fin de la Rencontre de 1999. Une première version m'a permis de recevoir quelques remarques et critiques, que j'engrange et dont cette seconde version profite. Mais il ne s'agit pas ici d'une histoire du CRAP ou des Cahiers pédagogiques, seulement d'un regard sur leurs origines. On peut contester le terme de "filiations", s'il évoque une hérédité qui s'impose ; chaque personne ou organisation tient de ses parents ou fondateurs, mais aussi, parfois davantage, de ses contemporains et des circonstances dans lesquelles sa personnalité s'est formée et affirmée, et elle peut toujours prendre les virages qui lui semblent nécessaires. Cela s'est vu au CRAP. Une métaphore hydrologique serait plus pertinente : le cours d'eau tient de sa source, mais autant de ses affluents, de ses rives et des contrées qu'elle bordent, et du temps qu'il fait. Mais l'histoire de l'enseignement depuis plus de cinquante ans, de toutes les questions qui y sont liées et des courants de pensée qui s'affrontent, dépasse le propos de ces pages ; il faudra rechercher les courants qui ont influencé l'évolution du CRAP et des Cahiers, les uns de façon éphémère, les autres en s'incorporant durablement au mouvement, et il n'y a pas lieu d'en donner ici simplement une liste qui ne pourrait faire cette distinction. Dans un autre texte, à la suite des journées d'automne 1992, j'ai proposé un inventaire des valeurs qui soustendent l'action des Cahiers : il en reste peut-être quelques exemplaires.