Un débat public sur l'école : pourquoi et pour quoi

Un débat public sur l'école : pourquoi et pour quoi ?

Par Jean François VINCENT

 

Aujourd'hui les questions qui concernent l'école et l'éducation sont la plupart du temps, confisquées par l'Education Nationale. L'école, son projet, ses programmes... tiennent une place fort réduite dans les débats publics et les choix politiques.
==> L'école doit trouver sa place au sein du débat public.
==> Tous les citoyens sont concernés par ce débat.
Pour susciter le débat, soutenir la réflexion, les auteurs du Manifeste pour un débat public sur l'école (éditions La découverte), enseignants, chercheurs, parents d'élèves, militants de mouvements pédagogiques, syndicalistes, font un certain nombre de constats et de propositions, posent des questions.

Un nouveau projet pour l'école du XXIème siècle


Au début de la IIIième  République, le projet de l'école était porté par l'idéal d'une laïcité militante et d'une école émancipatrice dans un système scolaire cloisonné, organisé de façon différente en fonction de l'origine sociale des élèves.
Si depuis sa création, " l'école de la République ", a, de façon tout à fait satisfaisante, rempli sa mission d'élévation du niveau d'instruction général, elle reste globalement, au travers de ses dispositifs d'enseignement, d'évaluation, d'orientation, une machine à sélectionner et à reproduire la stratification sociale. Or en un peu plus d'un siècle, la société a changé, les attentes à l'égard de l'école également et la question de la " scolarité obligatoire " ne se pose plus dans les mêmes termes .
==> Il faut aujourd'hui définir un nouveau projet pour l'école du XXIème siècle.
==> Il faut rendre plus lisible la portée politique de la mission de l'enseignant, en articulant les compétences nécessaires et le projet politique et social qui fonde ce métier, dans un contrat clair entre l'Etat et les enseignants.

Quelques éléments, support de débat, d'un nouveau projet pour l'école.

Education à la paix et à la démocratie

Il ne s'agit pas seulement durant la scolarité obligatoire, de donner une formation minimale à tous les petits Français, et de construire une culture commune, mais aussi concrètement d'amener les citoyens de demain à résister aux menaces qui pèsent sur la démocratie, de lutter contre les dangers de l'exclusion sociale et culturelle, de contribuer à faire vivre ensemble des personnes d'origine sociale ou culturelle différente, dans un espace géographique de plus en plus étendu
==> L'école doit se définir comme le lieu de construction de la solidarité humaine, d'apprentissage de la démocratie et mettre en cohérence les principes dont elle se réclame, les valeurs auxquelles elle se réfère, son fonctionnement global et les pratiques des enseignants.
==> La solidarité, l'entraide, la coopération, doivent se trouver au cœur de la vie des classes, au cœur des situations d'apprentissage, de la maternelle à l'Université.

Transmission d'un socle culturel commun, valorisation des potentialités individuelles,
et développement de l'interdisciplinarité

Face à l'accroissement exponentiel des connaissances, des nouveaux domaines ou missions qui lui sont confiés (maîtrise des nouvelles technologies, éducation juridique, éducation à la santé, apprentissage des langues à l'école primaire...) l'école ne sait pas définir ce qu'il est essentiel d'enseigner aujourd'hui durant la durée de la scolarité obligatoire pour les citoyens de demain.
L'école survalorise au travers de ses dispositifs d'évaluation et d'orientation, un nombre restreint de connaissances et de compétences vides de sens pour un grand nombre d'élèves.
Or, l'humanité pour se construire, s'est de tous temps, appuyée sur des talents, des connaissances, des savoir faire divers. La société de demain aura toujours besoin de cette diversité et encore plus qu'hier, de l' adaptabilité de ses citoyens.
Affirmer que l'école s'intéresse au développement de " ces diverses intelligences ", que toutes les disciplines sont importantes et que tous les savoirs, toutes les compétences se valent ou jouissent d'une égale dignité, sont, dans la logique actuelle du fonctionnement de l'école des déclarations d'une profonde hypocrisie.(cf par exemple à l'élémentaire les évaluations CE2/6ème qui n'évaluent que le Français et les maths à l'écrit, ou les épreuves d'admissibilité du concours d'entrée à l'IUFM qui ne reposent que sur une épreuve de culture générale écrite et un devoir de maths écrit... ou encore la technologie qui est considérée comme un enseignement de remédiation pour les élèves en échec scolaire...)
==> L'Assemblée Nationale doit définir, après une large consultation nationale, les éléments du socle culturel de base que tous les élèves devront avoir acquis à l'issue de la scolarité obligatoire ;
==> L'école doit s'affirmer également comme un lieu d'identification et de valorisation des diverses formes d'intelligences. Les procédures d'évaluation mises en place tout au long de la scolarité obligatoire doivent être en cohérence avec ce socle culturel de base et prendre en compte l'ensemble des éléments définis dans les programmes ;
==> L'interdisciplinarité doit être développée depuis la formation initiale des enseignants jusqu'aux examens. Les travaux personnels associant plusieurs disciplines devront être développés durant toute la scolarité ;
==> L'enseignement de la technologie doit être développé au collège et repensé en utilisant les pédagogies actives.

Les pratiques pédagogiques ne sont pas neutres

Tous les enseignants de la maternelle au lycée manifestent le désir évident de former des citoyens instruits, autonomes, solidaires, responsables, conscients de leurs droits et respectueux de leurs devoirs.
Pour les détracteurs de la pédagogie, l'efficacité de l'enseignement dépendrait quasi exclusivement du niveau de maîtrise disciplinaire de l'enseignant. La pédagogie ne serait qu'une affaire de talent personnel de l'enseignant, un don secondaire qu'il exercerait au nom de la " liberté " pédagogique comme bon lui semble.
Sans nier bien entendu l'importance tout à fait essentielle de la connaissance de la discipline enseignée et sans vouloir remettre en cause la liberté de l'enseignant il est quand même indispensable de souligner que les travaux en didactique des disciplines, comme les recherches en psychologie cognitive, réalisés ces dernières décennies, démontrent très clairement que la façon dont les savoirs se transmettent est aussi importante que les savoirs eux mêmes .
L'attitude de l'enseignant, le regard qu'il porte sur ses élèves, les encouragements qu'il prodigue, le soutien qu'il leur apporte, les responsabilités qu'il leur laisse assumer, le statut qu'il donne à leur parole, les temps d'échange, de confrontation, de questionnement qu'il met en place... sont tout autant important que la façon dont il aura articulé les savoirs présentés.
==> La " réflexion pédagogique " doit être affirmée comme élément constitutif de l'enseignement et de l'éducation. La formation (initiale et continue) des enseignants doit accorder autant de place à la formation professionnelle qu'à la formation disciplinaire.
==> Les mouvements pédagogiques et d'éducation populaire, qui bénéficient d'une riche et longue expérience dans ce domaine doivent être associés aux diverses formations.

Droits de l'enfant et statut d'apprenant

De nombreux de textes nationaux et internationaux (la Convention Internationale des Droits de l'Enfant en particulier) définissent les droits qui doivent être reconnus aux mineurs.
Or, force est de constater que le statut d'apprenant, dans l'école française semble conférer un statut d'irresponsabilité quel que soit l'âge et nombre de dispositifs, de circulaires, permettant l'exercice des droits des mineurs (droit d'expression, droit d'information, droit d'association, droit de participation...) ne sont pas mis en œuvre.
Or la question des " droits de l'enfant " n'est en fait qu'un élément de la problématique générale des droits de l'homme.
==> L'école française, doit placer la problématique des " droits de l'enfant " au cœur de ses programmes et des projets d'établissement.
==> Les élèves doivent pouvoir bénéficier, dès la maternelle, d'un réel apprentissage actif, à l'exercice de la liberté et de la responsabilité.

 

 

"...Ainsi par la discipline autoritaire d'une part, par le système de compétition d'autre part, sont emprisonnés les rapports naturels qui devraient exister entre les élèves comme entre eux et les maîtres… Il ne peut y avoir aucune solidarité acceptée dans une école où le maître n'est qu'un caporal; il ne peut y avoir aucune coopération possible dans une école où les élèves pratiquent quotidiennement le "chacun pour soi"."

"Par la coopérative scolaire, l'école jusque là une simple réunion d'individualités, que dressaient les unes contre les autres, la contrainte et la sujétion excessive d'une part et d'autre part la compétition et la jalousie, est devenue une association d'enfants se disciplinant eux-mêmes pour prendre à charge l'amélioration de leurs conditions de vie et le progrès général de la classe tant au point de vue matériel qu'au point de vue moral..."

Barthélémy Profit L'éducation mutuelle à l'école 1936

Valeurs de préférence et valeurs de référence du système éducatif .


Si d'une façon générale, la fraternité, la solidarité, la coopération, ont toujours été déclarées à l'école comme de hautes vertus morales et civiques, il a toujours été difficile d'observer leur mise en œuvre effective dans les classes. (1)
A l'entrée du XXIème siècle elles continuent à être affirmées comme des valeurs essentielles dans l'Ecole mais elles ne sont toujours pas plus intégrées dans le fonctionnement général du système éducatif que dans les pratiques pédagogiques des enseignants.
Bien au contraire, depuis la création de l'Ecole, de la maternelle à l'Université, l'individualisme, la compétition, la sélection, renvoient la réussite ou l'échec de chaque apprenant à sa seule volonté, à sa propre responsabilité et reproduisent, grâce aux judicieux dispositifs d'orientation, la stratification sociale.

Les valeurs " de référence " du système éducatif, (celles qui sont caractéristiques de son fonctionnement réel) se trouvent ainsi en totale cohérence avec celles d'une société de plus en plus caractérisée par la focalisation sur l'exercice des libertés individuelles, la compétition entre les individus et par l'obsolescence d'un certain nombre d'idéaux qui avaient pour noms: mutualité, syndicalisme, coopération, militantisme.
Ces idéaux et principes coopératifs et mutualistes, font place aujourd'hui à la charité instituée en système de régulation des inégalités et passeport des bonnes consciences, à l'individualisme nouvel élément clé de l'exercice de la liberté, ou bien encore à l'assurance système individuel de protection .
" A chacun en fonction de son mérite et de ses moyens ..." est devenu le nouveau credo social.
L'écart entre les valeurs déclarées unanimement essentielles, celles que l'on affirme vouloir construire, (les valeurs " préférées "), et la réalité quotidienne se référant à des principes qui les bafouent, traduit la schizophrénie dans laquelle se trouvent l'Ecole et la société en général.

De l'éducation compétitive...

Depuis les instructions officielles de 1923, jusque dans les années soixante-dix, l'Education Nationale, tout en valorisant le travail individuel, l'émulation par la compétition, le classement en fonction des mérites personnels... défendait avec conviction dans ses programmes d'éducation civique et dans ses circulaires, les valeurs de l'idéal coopératif et l'intérêt éducatif des coopératives scolaires.
A partir des années 1970, les attentes à l'égard de l'Ecole vont devenir de plus en plus importantes et l'élève va, petit à petit, être défini comme l'élément central du système éducatif.
Parallèlement, les références à la coopération, aux coopératives scolaires, à la solidarité vont progressivement disparaître pour laisser la place dans les programmes et les circulaires à d'autres références: autonomie, pédagogie différenciée, éducation à la liberté, égalité, travaux personnels...

Cette centration sur l'individu va progressivement ces dernières années, amener nombre d'enseignants à penser que leurs efforts professionnels devaient les amener à devenir les précepteurs de chaque élève.
Cette logique de l'individualisation de l'enseignement est critiquable pour au moins deux raisons
Tout d'abord, elle est pédagogiquement aberrante et les enseignants qui restent dans cette conception ne peuvent entrevoir de secours que dans la diminution du nombre d'élèves de leur classe ou dans la recherche d'une hypothétique homogénéité de niveau de classe ou de besoin des élèves.
L'individualisation érigée en logique d'enseignement, induit donc de fait, la sélection, la création de filières et une surenchère perpétuelle sur l'augmentation " des moyens " : plus d'enseignants par école ou moins d'élèves par classe.
Elle témoigne d'une vision de l'apprentissage qui se construirait individuellement, dans la seule relation maître-élève, comme si l'apprentissage était un processus dans lequel l'enseignant emplirait plus ou moins vite, de portions d'un savoir achevé, les esprits vides de ses élèves.
Dans cette logique, tout échec dans l'apprentissage devient une injure à la compétence professionnelle de l'enseignant et ne peut être le fait que d'une trop faible attention de l'apprenant. " Ne bouge pas, écoute, sois sage, regarde la tableau, ne parle pas à ton voisin...le maître remplit ton cerveau… Si tu bouges il va en mettre à côté et tu n'apprendras pas… "
Cette conception archaïque de l'apprentissage ignore les travaux de psychologie cognitive qui depuis plusieurs décennies ont clairement mis en évidence le rôle des "interactions sociales " (échanges, confrontations, justifications) dans les apprentissages.
Certes chaque élève apprend tout seul, mais il apprend grâce aux autres, avec les autres et même des autres. Il apprend d'autant mieux qu'il se trouve dans un groupe hétérogène et qu'il doit résoudre avec les autres des problèmes complexes.

Cette logique de l'individualisation est ensuite éducativement désastreuse.
Quel peut être en effet l'impact éducatif d'une organisation de classe, de dispositifs d'évaluation mettant chaque élève en situation de compétition individuelle. Seul à côté des autres. Seul responsable de sa réussite comme de son échec.
Quel peut être cet impact quand cette réalité amène à sélectionner, à exclure les élèves les plus faibles? Seul contre les autres.
Quel enseignant avouera aujourd'hui qu'il cherche à former des élèves obéissants, soumis à la hiérarchie et en compétition frontale les uns contre les autres pour obtenir le meilleur diplôme, la meilleure place? Ce discours serait intenable et pourtant...
La pression " évaluatrice ", les " classements ", les systèmes souvent invisibles de " distinction " (entre sections nobles et " inférieures "...autant de façons d'alimenter et de renforcer ces valeurs négatives que, pourtant, les enseignants rejettent.

… à la Coopération à l'Ecole  alternative pour une autre société.

La création dans les premières années du XXème siècle de l'Office Central de la Coopération à l'Ecole est le fruit de la volonté acharnée de quelques membres de l'Education Nationale et de militants de la Coopération adulte convaincus de la double nécessité de mettre en place dès l'école primaire, une éducation à la Coopération envisagée comme un programme de reconstruction sociale (2) et de fédérer les coopératives scolaires, structures associatives dont l'objectif était de se procurer les ressources nécessaires pour améliorer le fonctionnement matériel de l'Ecole et rendre l'enseignement plus actif.

De part ses origines et grâce aux apports de différents pédagogues qui sont venus par la suite enrichir et faire évoluer sa doctrine, aujourd'hui encore, l'OCCE milite pour l'enseignement des valeurs et des principes mutualistes et coopératifs portés par les acteurs de l'économie sociale (coopératives, mutuelles, associations…)
Ancré dans la vie des écoles, son projet vise la formation de citoyens autonomes, solidaires et responsables et la construction d'une société plus humaine, plus fraternelle.

Plus de soixante-dix ans après sa création l'OCCE continue à affirmer que la coopération représente, sur un plan éducatif, économique ou social une réelle alternative à la compétition entre les hommes à l'exclusion et à la violence sociale, éléments caractéristiques du libéralisme et du mondialisme qui imprègnent insidieusement, le système éducatif dans toutes ses composantes.
Comme l'écrivait il y a près d'un siècle le Docteur Fauquet, grand nom de la Coopération économique: La fin première de l'institution coopérative est de relever la situation économique de ses membres, mais par les moyens qu'elle met en œuvre, par les qualités qu'elle demande à ses membres et qu'elle développe en eux, elle vise et atteint plus haut: le but de la Coopération est alors de faire des hommes, des hommes responsables et solidaires pour que chacun d'eux s'élève à une pleine vie personnelle et tous ensemble à une pleine vie sociale. (3)

Mais les valeurs pour se construire ne peuvent se satisfaire de discours moralisateurs et d'injonctions. Elles exigent une pratique active et réfléchie.
Pour se traduire en actes dans l'Ecole, elles doivent être " instituées ", présentées comme caractéristiques du projet de la vie de la classe ou de l'établissement et faire l'objet d'apprentissages spécifiques.

La Coopération à l'Ecole alternative pour une autre Ecole.
La Coopération à l'Ecole est donc une organisation pédagogique, visant à mettre en au cœur de la classe, au cœur de l'apprentissage les principes et les valeurs de l'organisation coopérative.
Elle définit un certain nombre de postulats concernant l'Ecole.

L'Ecole n'a pas pour seule fonction d'enseigner des connaissances.
Elle est aussi un lieu de socialisation, l'occasion d'un apprentissage de la démocratie dans la façon dont se construisent les savoirs dans la vie de la classe et dans celle de l'établissement.
C'est la raison pour laquelle nous pensons qu'on ne peut dissocier, et encore moins opposer contenus enseignés et méthodes pédagogiques.
Bien au contraire nous souhaitons affirmer qu'à l'Ecole, la façon dont les savoirs se construisent est aussi importante que les savoirs eux mêmes.
Si comme dit Einstein, " on est intelligent qu'à plusieurs ", il est indispensable qu'à l'Ecole on apprenne enfin, comment on peut travailler efficacement et intelligemment ensemble, en utilisant les connaissances et compétences de tous.

L'Ecole doit se définir comme le lieu de construction de la solidarité humaine et mettre en cohérence les principes dont elle se réclame, les valeurs auxquelles elle se réfère, son fonctionnement global et les des pratiques des enseignants.
L'individualisme, et la compétition, valeurs de référence de la société, caractérisent le fonctionnement actuel du système scolaire dans son ensemble faisant de l'Ecole une formidable machine à sélectionner.
Pour éduquer à une citoyenneté solidaire, la coopération, l'entraide, doivent être les valeurs de référence d'une Ecole dans laquelle, la réussite de quelques uns ne s'effectue pas au détriment des autres, mais contribue à la promotion de tous.

L'Ecole n'a pas pour fonction d'assurer la " sélection sociale " .
Au delà de la " démocratisation quantitative " et de l'allongement de la scolarité obligatoire, l'Ecole doit être un lieu de " démocratisation qualitative " capable d'identifier, de valoriser et de prendre en compte les identités, expressions et potentialités de tous les élèves.
Or actuellement en survalorisant un nombre restreint de connaissances disciplinaires, en transmettant des contenus souvent vides de sens pour les élèves, sans appropriation active et créatrice, l'enseignement, l'évaluation et les procédures d'orientation, n'ont comme seule fonction que d'assurer la sélection sociale.

Les pratiques pédagogiques ne sont pas neutres.
Les pratiques pédagogiques ne sont pas éducativement neutres ou semblables.
Elles impliquent, que l'enseignant en ait conscience ou pas, une réflexion concernant le statut de l'apprenant, de l'enseignant, du savoir et des relations que ces trois éléments entretiennent entre eux.
Faire un choix de pratique pédagogique c'est envisager des objectifs éducatifs spécifiques.

Faire le choix de la Coopération à l'Ecole, ancrer la vie de la classe autour des principes et des valeurs de la Coopération c'est nécessairement enseigner à la Coopération, c'est à dire à une autre façon d'envisager le statut et les relations entre les individus.
Faire le choix de la Coopération à l'Ecole c'est envisager une finalité à la fois éducative, sociale, et économique.
C'est rêver une autre société …Une société plus humaine, plus solidaire.

Rêver une autre société, tel est le projet qui a amené la création de l'OCCE.
Tel est toujours celui qui anime ses militants..


Jean-François VINCENT

Président de la fédération nationale de l’OCCE

(1) Dans les années 1930 Barthélémy Profit dénonçait une école où les élèves pratiquent quotidiennement le " chacun pour soi .
Cousinet quarante ans plus tard écrivait encore: Tu dois aider ton prochain, excepté dans cette école où nous ne cessons de t'interdire de l'aider.
(2) GIDE (Charles) Manifeste des intellectuel et universitaires Revue des Etudes Coopératives N°1 1921
Charles Gide 1847- 1932 Professeur à la faculté de Droit de Paris et au Collège de France, dirigeant historique du mouvement coopératif français et théoricien de l'Economie sociale au début du XXème siècle
(3) Dr G.Fauquet cité par Maurice Colombain dans la préface de les coopératives et l'éducation de base UNESCO 1950

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