Un débat public sur l'école : pourquoi et pour quoi ?
Aujourd'hui les questions qui
concernent l'école et l'éducation sont la plupart du temps, confisquées par
l'Education Nationale. L'école, son projet, ses programmes... tiennent une
place fort réduite dans les débats publics et les choix politiques.
==> L'école doit trouver sa place au sein du débat public.
==> Tous les citoyens sont concernés par ce débat.
Pour susciter le débat, soutenir la réflexion, les auteurs du Manifeste pour un
débat public sur l'école (éditions La découverte), enseignants, chercheurs,
parents d'élèves, militants de mouvements pédagogiques, syndicalistes, font un
certain nombre de constats et de propositions, posent des questions.
Un nouveau projet pour l'école du XXIème siècle
Au début de la IIIième République, le projet de l'école était porté par l'idéal d'une
laïcité militante et d'une école émancipatrice dans un système scolaire
cloisonné, organisé de façon différente en fonction de l'origine sociale des
élèves.
Si depuis sa création, " l'école de la République ", a, de façon tout
à fait satisfaisante, rempli sa mission d'élévation du niveau d'instruction
général, elle reste globalement, au travers de ses dispositifs d'enseignement,
d'évaluation, d'orientation, une machine à sélectionner et à reproduire la
stratification sociale. Or en un peu plus d'un siècle, la société a changé, les
attentes à l'égard de l'école également et la question de la " scolarité
obligatoire " ne se pose plus dans les mêmes termes .
==> Il faut aujourd'hui définir un nouveau projet pour l'école du XXIème
siècle.
==> Il faut rendre plus lisible la portée politique de la mission de
l'enseignant, en articulant les compétences nécessaires et le projet politique
et social qui fonde ce métier, dans un contrat clair entre l'Etat et les
enseignants.
Quelques éléments, support de débat, d'un nouveau projet pour l'école.
Education à
la paix et à la démocratie
Il ne s'agit pas seulement durant la scolarité obligatoire, de donner une
formation minimale à tous les petits Français, et de construire une culture
commune, mais aussi concrètement d'amener les citoyens de demain à résister aux
menaces qui pèsent sur la démocratie, de lutter contre les dangers de
l'exclusion sociale et culturelle, de contribuer à faire vivre ensemble des
personnes d'origine sociale ou culturelle différente, dans un espace
géographique de plus en plus étendu
==>
L'école doit se définir comme le lieu de construction de la solidarité humaine,
d'apprentissage de la démocratie et mettre en cohérence les principes dont elle
se réclame, les valeurs auxquelles elle se réfère, son fonctionnement global et
les pratiques des enseignants.
==> La solidarité, l'entraide, la coopération, doivent
se trouver au cœur de la vie des classes, au cœur des situations
d'apprentissage, de la maternelle à l'Université.
Transmission
d'un socle culturel commun, valorisation des potentialités individuelles,
et développement de l'interdisciplinarité
Face à l'accroissement exponentiel des connaissances, des nouveaux domaines ou
missions qui lui sont confiés (maîtrise des nouvelles technologies, éducation
juridique, éducation à la santé, apprentissage des langues à l'école
primaire...) l'école ne sait pas définir ce qu'il est essentiel d'enseigner
aujourd'hui durant la durée de la scolarité obligatoire pour les citoyens de
demain.
L'école survalorise au travers de ses dispositifs d'évaluation et
d'orientation, un nombre restreint de connaissances et de compétences vides de
sens pour un grand nombre d'élèves.
Or, l'humanité pour se construire, s'est de tous temps, appuyée sur des
talents, des connaissances, des savoir faire divers. La société de demain aura
toujours besoin de cette diversité et encore plus qu'hier, de l' adaptabilité
de ses citoyens.
Affirmer que l'école s'intéresse au développement de " ces diverses
intelligences ", que toutes les disciplines sont importantes et que tous
les savoirs, toutes les compétences se valent ou jouissent d'une égale dignité,
sont, dans la logique actuelle du fonctionnement de l'école des déclarations
d'une profonde hypocrisie.(cf par exemple à l'élémentaire les évaluations
CE2/6ème qui n'évaluent que le Français et les maths à l'écrit, ou les épreuves
d'admissibilité du concours d'entrée à l'IUFM qui ne reposent que sur une
épreuve de culture générale écrite et un devoir de maths écrit... ou encore la
technologie qui est considérée comme un enseignement de remédiation pour les
élèves en échec scolaire...)
==> L'Assemblée Nationale doit définir, après une large consultation
nationale, les éléments du socle culturel de base que tous les élèves devront
avoir acquis à l'issue de la scolarité obligatoire ;
==> L'école doit s'affirmer également comme un lieu d'identification et de
valorisation des diverses formes d'intelligences. Les procédures d'évaluation
mises en place tout au long de la scolarité obligatoire doivent être en
cohérence avec ce socle culturel de base et prendre en compte l'ensemble des
éléments définis dans les programmes ;
==> L'interdisciplinarité doit être développée depuis la formation initiale
des enseignants jusqu'aux examens. Les travaux personnels associant plusieurs
disciplines devront être développés durant toute la scolarité ;
==> L'enseignement de la technologie doit être développé au collège et
repensé en utilisant les pédagogies actives.
Les
pratiques pédagogiques ne sont pas neutres
Tous les enseignants de la maternelle au lycée manifestent
le désir évident de former des citoyens instruits, autonomes, solidaires,
responsables, conscients de leurs droits et respectueux de leurs devoirs.
Pour les détracteurs de la pédagogie, l'efficacité de l'enseignement dépendrait
quasi exclusivement du niveau de maîtrise disciplinaire de l'enseignant. La
pédagogie ne serait qu'une affaire de talent personnel de l'enseignant, un don
secondaire qu'il exercerait au nom de la " liberté " pédagogique
comme bon lui semble.
Sans nier bien entendu l'importance tout à fait essentielle de la connaissance
de la discipline enseignée et sans vouloir remettre en cause la liberté de
l'enseignant il est quand même indispensable de souligner que les travaux en
didactique des disciplines, comme les recherches en psychologie cognitive,
réalisés ces dernières décennies, démontrent très clairement que la façon dont
les savoirs se transmettent est aussi importante que les savoirs eux mêmes .
L'attitude de l'enseignant, le regard qu'il porte sur ses élèves, les
encouragements qu'il prodigue, le soutien qu'il leur apporte, les
responsabilités qu'il leur laisse assumer, le statut qu'il donne à leur parole,
les temps d'échange, de confrontation, de questionnement qu'il met en place...
sont tout autant important que la façon dont il aura articulé les savoirs
présentés.
==> La " réflexion pédagogique " doit être affirmée comme élément
constitutif de l'enseignement et de l'éducation. La formation (initiale et
continue) des enseignants doit accorder autant de place à la formation
professionnelle qu'à la formation disciplinaire.
==> Les mouvements pédagogiques et d'éducation populaire, qui bénéficient
d'une riche et longue expérience dans ce domaine doivent être associés aux
diverses formations.
Droits de
l'enfant et statut d'apprenant
De nombreux de textes nationaux et internationaux (la Convention Internationale
des Droits de l'Enfant en particulier) définissent les droits qui doivent être
reconnus aux mineurs.
Or, force est de constater que le statut d'apprenant, dans l'école française
semble conférer un statut d'irresponsabilité quel que soit l'âge et nombre de
dispositifs, de circulaires, permettant l'exercice des droits des mineurs
(droit d'expression, droit d'information, droit d'association, droit de
participation...) ne sont pas mis en œuvre.
Or la question des " droits de l'enfant " n'est en fait qu'un élément
de la problématique générale des droits de l'homme.
==> L'école française, doit placer la problématique des " droits de
l'enfant " au cœur de ses programmes et des projets d'établissement.
==> Les élèves doivent pouvoir bénéficier, dès la maternelle, d'un réel
apprentissage actif, à l'exercice de la liberté et de la responsabilité.
"...Ainsi par la
discipline autoritaire d'une part, par le système de compétition d'autre part,
sont emprisonnés les rapports naturels qui devraient exister entre les élèves comme
entre eux et les maîtres… Il ne peut y avoir aucune solidarité acceptée dans
une école où le maître n'est qu'un caporal; il ne peut y avoir aucune
coopération possible dans une école où les élèves pratiquent quotidiennement le
"chacun pour soi"."
"Par la coopérative scolaire, l'école jusque là une simple réunion
d'individualités, que dressaient les unes contre les autres, la contrainte et
la sujétion excessive d'une part et d'autre part la compétition et la jalousie,
est devenue une association d'enfants se disciplinant eux-mêmes pour prendre à
charge l'amélioration de leurs conditions de vie et le progrès général de la
classe tant au point de vue matériel qu'au point de vue moral..."
Barthélémy Profit L'éducation mutuelle à l'école 1936
Valeurs
de préférence et valeurs de référence du système éducatif .
Si d'une façon générale, la fraternité, la solidarité, la coopération, ont
toujours été déclarées à l'école comme de hautes vertus morales et civiques, il
a toujours été difficile d'observer leur mise en œuvre effective dans les
classes. (1)
A l'entrée du XXIème siècle elles continuent à être affirmées comme
des valeurs essentielles dans l'Ecole mais elles ne sont toujours pas plus
intégrées dans le fonctionnement général du système éducatif que dans les
pratiques pédagogiques des enseignants.
Bien au contraire, depuis la création de l'Ecole, de la maternelle à
l'Université, l'individualisme, la compétition, la sélection, renvoient la
réussite ou l'échec de chaque apprenant à sa seule volonté, à sa propre
responsabilité et reproduisent, grâce aux judicieux dispositifs d'orientation,
la stratification sociale.
Les valeurs " de référence " du système éducatif, (celles qui sont
caractéristiques de son fonctionnement réel) se trouvent ainsi en totale
cohérence avec celles d'une société de plus en plus caractérisée par la
focalisation sur l'exercice des libertés individuelles, la compétition entre
les individus et par l'obsolescence d'un certain nombre d'idéaux qui avaient
pour noms: mutualité, syndicalisme, coopération, militantisme.
Ces idéaux et principes coopératifs et mutualistes, font place aujourd'hui à la
charité instituée en système de régulation des inégalités et passeport des
bonnes consciences, à l'individualisme nouvel élément clé de l'exercice de la
liberté, ou bien encore à l'assurance système individuel de protection .
" A chacun en fonction de son mérite et de ses moyens ..." est devenu
le nouveau credo social.
L'écart entre les valeurs déclarées unanimement essentielles, celles que l'on
affirme vouloir construire, (les valeurs " préférées "), et la
réalité quotidienne se référant à des principes qui les bafouent, traduit la
schizophrénie dans laquelle se trouvent l'Ecole et la société en général.
De l'éducation compétitive...
Depuis les instructions officielles de 1923, jusque dans les années
soixante-dix, l'Education Nationale, tout en valorisant le travail individuel,
l'émulation par la compétition, le classement en fonction des mérites
personnels... défendait avec conviction dans ses programmes d'éducation civique
et dans ses circulaires, les valeurs de l'idéal coopératif et l'intérêt
éducatif des coopératives scolaires.
A partir des années 1970, les attentes à l'égard de l'Ecole vont devenir de
plus en plus importantes et l'élève va, petit à petit, être défini comme
l'élément central du système éducatif.
Parallèlement, les références à la coopération, aux coopératives scolaires, à
la solidarité vont progressivement disparaître pour laisser la place dans les
programmes et les circulaires à d'autres références: autonomie, pédagogie
différenciée, éducation à la liberté, égalité, travaux personnels...
Cette centration sur l'individu va progressivement ces dernières années, amener
nombre d'enseignants à penser que leurs efforts professionnels devaient les
amener à devenir les précepteurs de chaque élève.
Cette logique de l'individualisation de l'enseignement est critiquable pour au
moins deux raisons
Tout d'abord, elle est pédagogiquement aberrante et les enseignants qui restent
dans cette conception ne peuvent entrevoir de secours que dans la diminution du
nombre d'élèves de leur classe ou dans la recherche d'une hypothétique
homogénéité de niveau de classe ou de besoin des élèves.
L'individualisation érigée en logique d'enseignement, induit donc de fait, la
sélection, la création de filières et une surenchère perpétuelle sur
l'augmentation " des moyens " : plus d'enseignants par école ou moins
d'élèves par classe.
Elle témoigne d'une vision de l'apprentissage qui se construirait
individuellement, dans la seule relation maître-élève, comme si l'apprentissage
était un processus dans lequel l'enseignant emplirait plus ou moins vite, de
portions d'un savoir achevé, les esprits vides de ses élèves.
Dans cette logique, tout échec dans l'apprentissage devient une injure à la
compétence professionnelle de l'enseignant et ne peut être le fait que d'une
trop faible attention de l'apprenant. " Ne bouge pas, écoute, sois sage,
regarde la tableau, ne parle pas à ton voisin...le maître remplit ton cerveau…
Si tu bouges il va en mettre à côté et tu n'apprendras pas… "
Cette conception archaïque de l'apprentissage ignore les travaux de psychologie
cognitive qui depuis plusieurs décennies ont clairement mis en évidence le rôle
des "interactions sociales " (échanges, confrontations,
justifications) dans les apprentissages.
Certes chaque élève apprend tout seul, mais il apprend grâce aux autres, avec
les autres et même des autres. Il apprend d'autant mieux qu'il se trouve dans
un groupe hétérogène et qu'il doit résoudre avec les autres des problèmes
complexes.
Cette logique de l'individualisation est ensuite éducativement désastreuse.
Quel peut être en effet l'impact éducatif d'une organisation de classe, de
dispositifs d'évaluation mettant chaque élève en situation de compétition
individuelle. Seul à côté des autres. Seul responsable de sa réussite comme de
son échec.
Quel peut être cet impact quand cette réalité amène à sélectionner, à exclure
les élèves les plus faibles? Seul contre les autres.
Quel enseignant avouera aujourd'hui qu'il cherche à former des élèves
obéissants, soumis à la hiérarchie et en compétition frontale les uns contre
les autres pour obtenir le meilleur diplôme, la meilleure place? Ce discours
serait intenable et pourtant...
La pression " évaluatrice ", les " classements ", les
systèmes souvent invisibles de " distinction " (entre sections nobles
et " inférieures "...autant de façons d'alimenter et de renforcer ces
valeurs négatives que, pourtant, les enseignants rejettent.
… à la Coopération à l'Ecole alternative pour une autre société.
La création dans les premières années du XXème siècle de l'Office Central de la
Coopération à l'Ecole est le fruit de la volonté acharnée de quelques membres
de l'Education Nationale et de militants de la Coopération adulte convaincus de
la double nécessité de mettre en place dès l'école primaire, une éducation à la
Coopération envisagée comme un programme de reconstruction sociale (2) et de
fédérer les coopératives scolaires, structures associatives dont l'objectif
était de se procurer les ressources nécessaires pour améliorer le
fonctionnement matériel de l'Ecole et rendre l'enseignement plus actif.
De part ses origines et grâce aux apports de différents pédagogues qui sont
venus par la suite enrichir et faire évoluer sa doctrine, aujourd'hui encore,
l'OCCE milite pour l'enseignement des valeurs et des principes mutualistes et
coopératifs portés par les acteurs de l'économie sociale (coopératives,
mutuelles, associations…)
Ancré dans la vie des écoles, son projet vise la formation de citoyens
autonomes, solidaires et responsables et la construction d'une société plus
humaine, plus fraternelle.
Plus de soixante-dix ans après sa création l'OCCE continue à affirmer que la coopération
représente, sur un plan éducatif, économique ou social une réelle alternative à
la compétition entre les hommes à l'exclusion et à la violence sociale,
éléments caractéristiques du libéralisme et du mondialisme qui imprègnent
insidieusement, le système éducatif dans toutes ses composantes.
Comme l'écrivait il y a près d'un siècle le Docteur Fauquet, grand nom de la
Coopération économique: La fin première de l'institution coopérative est de
relever la situation économique de ses membres, mais par les moyens qu'elle met
en œuvre, par les qualités qu'elle demande à ses membres et qu'elle développe
en eux, elle vise et atteint plus haut: le but de la Coopération est alors de
faire des hommes, des hommes responsables et solidaires pour que chacun d'eux
s'élève à une pleine vie personnelle et tous ensemble à une pleine vie sociale.
(3)
Mais les valeurs pour se construire ne peuvent se satisfaire de discours
moralisateurs et d'injonctions. Elles exigent une pratique active et réfléchie.
Pour se traduire en actes dans l'Ecole, elles doivent être " instituées
", présentées comme caractéristiques du projet de la vie de la classe ou
de l'établissement et faire l'objet d'apprentissages spécifiques.
La
Coopération à l'Ecole alternative pour une autre Ecole.
La Coopération à l'Ecole est donc une organisation pédagogique, visant à mettre
en au cœur de la classe, au cœur de l'apprentissage les principes et les
valeurs de l'organisation coopérative.
Elle définit un certain nombre de postulats concernant l'Ecole.
L'Ecole n'a pas pour seule fonction d'enseigner des connaissances.
Elle est aussi un lieu de socialisation, l'occasion d'un apprentissage de la
démocratie dans la façon dont se construisent les savoirs dans la vie de la
classe et dans celle de l'établissement.
C'est la raison pour laquelle nous pensons qu'on ne peut dissocier, et encore
moins opposer contenus enseignés et méthodes pédagogiques.
Bien au contraire nous souhaitons affirmer qu'à l'Ecole, la façon dont les
savoirs se construisent est aussi importante que les savoirs eux mêmes.
Si comme dit Einstein, " on est intelligent qu'à plusieurs ", il est
indispensable qu'à l'Ecole on apprenne enfin, comment on peut travailler
efficacement et intelligemment ensemble, en utilisant les connaissances et
compétences de tous.
L'Ecole doit se définir comme le lieu de construction de la solidarité humaine
et mettre en cohérence les principes dont elle se réclame, les valeurs
auxquelles elle se réfère, son fonctionnement global et les des pratiques des enseignants.
L'individualisme, et la compétition, valeurs de référence de la société,
caractérisent le fonctionnement actuel du système scolaire dans son ensemble
faisant de l'Ecole une formidable machine à sélectionner.
Pour éduquer à une citoyenneté solidaire, la coopération, l'entraide, doivent
être les valeurs de référence d'une Ecole dans laquelle, la réussite de
quelques uns ne s'effectue pas au détriment des autres, mais contribue à la
promotion de tous.
L'Ecole n'a pas pour fonction d'assurer la " sélection sociale " .
Au delà de la " démocratisation quantitative " et de l'allongement de
la scolarité obligatoire, l'Ecole doit être un lieu de " démocratisation
qualitative " capable d'identifier, de valoriser et de prendre en compte
les identités, expressions et potentialités de tous les élèves.
Or actuellement en survalorisant un nombre restreint de connaissances
disciplinaires, en transmettant des contenus souvent vides de sens pour les
élèves, sans appropriation active et créatrice, l'enseignement, l'évaluation et
les procédures d'orientation, n'ont comme seule fonction que d'assurer la
sélection sociale.
Les pratiques pédagogiques ne sont pas neutres.
Les pratiques pédagogiques ne sont pas éducativement neutres ou semblables.
Elles impliquent, que l'enseignant en ait conscience ou pas, une réflexion
concernant le statut de l'apprenant, de l'enseignant, du savoir et des
relations que ces trois éléments entretiennent entre eux.
Faire un choix de pratique pédagogique c'est envisager des objectifs éducatifs
spécifiques.
Faire le choix de la Coopération à l'Ecole, ancrer la vie de la classe autour
des principes et des valeurs de la Coopération c'est nécessairement enseigner à
la Coopération, c'est à dire à une autre façon d'envisager le statut et les
relations entre les individus.
Faire le choix de la Coopération à l'Ecole c'est envisager une finalité à la
fois éducative, sociale, et économique.
C'est rêver une autre société …Une société plus humaine, plus solidaire.
Rêver une autre société, tel est le projet qui a amené la création de l'OCCE.
Tel est toujours celui qui anime ses militants..
Jean-François
VINCENT
Président de la fédération nationale de l’OCCE
(1) Dans les années 1930 Barthélémy Profit dénonçait une école où les élèves
pratiquent quotidiennement le " chacun pour soi .
Cousinet quarante ans plus tard écrivait encore: Tu dois aider ton prochain,
excepté dans cette école où nous ne cessons de t'interdire de l'aider.
(2) GIDE (Charles) Manifeste des intellectuel et universitaires Revue des
Etudes Coopératives N°1 1921
Charles Gide 1847- 1932 Professeur à la faculté de Droit de Paris et au Collège
de France, dirigeant historique du mouvement coopératif français et théoricien
de l'Economie sociale au début du XXème siècle
(3) Dr G.Fauquet cité par Maurice Colombain dans la préface de les coopératives
et l'éducation de base UNESCO 1950