Claire Héber-Suffrin

 

Avec la collaboration de Sophie Bolo

Échangeons nos savoirs !

 

Les réseaux d’échanges réciproques de savoirs sont nés dans une école d’Orly, au début des années soixante-dix. Aujourd’hui, ils essaiment partout dans le monde : il existe quelque 700 réseaux regroupant quelque 100 000 personnes, d’Europe en Amérique, et jusque dans un camp de réfugiés rwandais au Burundi ! L’idée peut paraître simple : je t’apprends à greffer des arbres et tu m’apprends à écouter Schubert, nous échangeons nos savoirs…

Mais pour saisir toute la richesse subversive du processus, il faut lire Claire Héber-Suffrin raconter son cheminement, celui d’une femme courageuse dans l’aventure pédagogique, mais aussi sociale. Pour elle, apprendre, c’est chercher des réponses aux questions qu’on se pose (en ce sens, tous les enfants sont des “ chercheurs de savoirs ”) et aider à apprendre ce que l’on sait c’est, mettre au jour ses propres ignorances.

 

Il n’y a donc plus de rapport de dominant (celui qui sait) à dominé (celui qui ne sait pas), mais un mouvement incessant de moi à l’autre, inventif, qui fait tomber les barrières sociales. De l’utopie, oui, mais vécue. On imagine les retombées d’un tel discours dans des domaines telles que l’école, la formation permanente dévoyée en formation continue, etc. C’est affirmer que les savoirs ne peuvent être “ marchandisés ”, ni confisqués par une poignée de “ savants ” se gardant bien de dévoiler leur(s) façon(s) d’apprendre justement.

Violences et insécurité, pauvreté et exclusion ? Action humanitaire, échanges nord-sud et métissage interculturel ? Échec scolaire, citoyenneté ? Sur toutes ces questions qui font débat et surtout qui font mal dans nos sociétés, on sera étonné de voir à quel point la réflexion et l’action engagées par les réseaux est féconde.

Editions Syris - “ Hors Collection ”

192 pages, 98F40 (15 €)

 

 

                                                                       

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