ECOLE DE PLEIN AIR DU C

ÉCOLE DE PLEIN AIR

DU COTEAU                                                                                                                                             Chemin d’Amance

54130 St Max

03 83 21 35 92

ce.0541695z@ac-nancy-metz.fr

 

Directeur administratif : Sébastien FLECK mais organisation en direction collégiale.

Ecole publique ‘spécialisée’ accueillant des enfants non déficients ayant des difficultés scolaires ou étant en rupture.

Cycle scolaire : élémentaire, enfants de 6/7 ans à 12 ans

Effectif : 38

Demi-pension non obligatoire

Courant pédagogique : Freinet et pédagogie institutionnelle

 

Des enfants en souffrance

 

Si chaque enfant a son histoire et sa problématique, tous ont vécu une rupture avec le système éducatif ordinaire et certains souffrent d’un véritable traumatisme scolaire.

Ces enfants sont-ils incapables ou est-ce le système qui n’a su s’adapter à leurs spécificités ?

Quand les enfants ne s’adaptent pas, les lois d’orientation de 1975 et de 1989 qui font référence actuellement en matière d’intégration, poussent l’école à s’adapter aux enfants. Il est donc du ressort de l’institution scolaire d’inventer de nouvelles dispositions pour aider les enfants à sortir de cette spirale de l’échec et de permettre, dans les plus brefs délais, leur (ré)intégration scolaire et sociale.

 

Une école protégée et ouverte sur le monde

 

Nous faisons de l’Ecole du C.O.T.E.AU. un lieu privilégié de l’Adaptation et de l’Intégration Scolaire, un lieu de vie agréable et ouvert où le travail pédagogique, éducatif et thérapeutique est en prise directe avec le monde environnant.

Nous sommes attachés à créer un climat tout à la fois apaisant et dynamique, visant à améliorer les rapports entre les enfants, leur cadre de vie et les adultes, soucieux de créer ainsi un milieu éminemment éducatif et humain.

 

                                  

Viv(r)e la citoyenneté

 

Les enfants en échec scolaire subissent la scolarité comme ils subissent la loi. A l’inverse, l’enfant qui élabore la loi ne se contente pas d’apprendre la citoyenneté, il investit aussi plus facilement sa scolarité. En vivant collectivement et démocratiquement la citoyenneté, l’enfant victime de l’échec réalise qu’il a le pouvoir d’agir sur sa vie et que l’adulte n’a l’exclusivité ni de la parole, ni du pouvoir.

A l’école, les enfants n’élisent pas leurs enseignants et n’ont ni le droit de grève, ni celui de manifestation. Si l’adulte est, de plus, l’unique garant de la loi et des règles de vie, l’apprentissage de la « citoyenneté active » est un vain mot !

Nous sommes convaincus que les enseignants ont un véritable rôle à jouer dans ce défi qui est celui de vouloir peser dans l’élaboration d’une transformation de notre démocratie actuelle qui s’essouffle, en une démocratie participative.

Une fois la certitude acquise que le droit à la parole n’est pas usurpé et qu’ils sont détenteurs d’un réel pouvoir décisionnel, les enfants prouvent leur investissement, leur sérieux et leur efficacité au cours des conseils coopératifs.

Ces conseils d’enfants ont deux fonctions : l’organisation et la régulation.

 

·       Le conseil d’organisation du lundi matin, prépare la semaine à venir et a pour objectif d’organiser la vie coopérative de l’école en y planifiant en temps et en lieu les moments collectifs de tous les enfants (conseils, présentation d’exposés, sorties pédagogiques, rencontres, spectacles…), les groupes restreints (ateliers, entraides et petites leçons) et en élaborant enfin leur contrat de travail individuel. Les enfants se partagent les responsabilités et gèrent également les budgets.

 

·       Le conseil de régulation a pour objectifs de gérer les conflits de la semaine en les décalant dans le temps, de verbaliser les violences, de débattre, d’argumenter, de voter et d’ajuster les règles de vie de l’école. Lieu de médiation entre pairs, le conseil devient alors un puissant outil de réflexion et d’accession à la citoyenneté. De plus, le conseil de régulation offre la possibilité aux enfants de verbaliser leurs difficultés d’apprentissage. C’est l’occasion de prôner l’entraide. Lorsqu’un enfant sollicite l’aide de l’un de ses pairs, c’est que celle-ci lui sera plus profitable qu’une remédiation de l’enseignant. L’hétérogénéité du groupe devient alors un atout, une richesse. La compétition cède ainsi la place à la coopération.

 

A l’école du Coteau, chaque demi journée commence par un regroupement. En dehors des conseils, les ‘quoi de neuf ?’, la présentation d’objets et d’articles, ont pour objectifs d’inciter les enfants aux échanges interculturels et à l’expression orale (confiance en soi, présentation, synthèse, argumentation…). Toujours animé par un enfant, ces rituels fédèrent le groupe et fondent la culture de l’école. De la mise en commun de ces histoires personnelles, naissent naturellement nombre de projets, d’exposés et de textes. De l’écoute et du respect de la parole, de la tolérance et de l’ouverture culturelle, dépend le bon déroulement de ces séances.

 

On ne vantera jamais assez l’importance de la responsabilisation d’enfants qui ont une triste image d’eux-mêmes : « De toute façon, je suis nul et je le resterai, sinon je ne serais pas ici ! »

Il ne suffit pas de leur asséner le contraire, il faut, d’une part, leur donner les moyens pédagogiques de reprendre confiance en leur capacités scolaires, et, d’autre part, leur faire prendre conscience qu’ils ont un rôle à jouer dans l’école, dans leur famille et dans la société.

C’est par les métiers et les responsabilités que les enfants découvrent le fonctionnement coopératif de l’école. La répartition des responsabilités se faisant sur le principe du volontariat.

Les enseignants veillent à l’équité dans la vie coopérative, au partage équilibré des tâches et des pouvoirs et sont garants du projet pédago-éducatif de l’école et de chaque enfant.

 

Des apprentissages individualisés dans une perspective coopérative

 

Le travail individualisé n’a de sens que s’il est intégré à la vie sociale coopérative. Celestin Freinet                   

La  prise en compte des disparités scolaires n’est pas suffisante, nous devons permettre aux enfants d’effectuer des choix, à la fois de méthodes, de durées et de rythmes en harmonie avec leur personnalité. Le projet pédagogique de l’école du COTEAU cherche à répondre de façon pratique et concrète à ce besoin de différenciation.

Le contrat de travail hebdomadaire est voué à l’organisation des travaux individualisés.

En fonction du temps de T.I (Travail Individualisé), de ses besoins (plan de travail) et de ses envies (projets, ateliers…), chaque enfant prévoit, en accord avec l’enseignant, la quantité et le contenu du travail à accomplir pour la semaine. Cette gestion du temps et de l’espace s’apprend en tâtonnant.

Un bon contrat est un contrat rempli !

C’est lorsque le verbe ‘remplir’ prend le sens de ‘tenir’ dans l’esprit des enfants que le contrat prouve ses vertus pédago-éducatives.

 

 

 

Le fonctionnement triptyque

 

La classe traditionnelle éprouve de grandes difficultés à individualiser le travail et à différencier sa pédagogie. Sa longue tradition uniformisante est mise à rude épreuve par la loi d’orientation de 1989 : les cycles doivent souvent s’accommoder d’une rigidité institutionnelle et les expériences de décloisonnement sont encore trop rares ou trop artificielles. L’école de plein air du COTEAU possède trois salles à l’étage. Nous avons choisi d’abandonner le traditionnel cloisonnement en structure classe au profit d’un ‘fonctionnement triptyque’ plus adapté à notre volonté d’individualiser le travail dans une perspective coopérative. Nous nous sommes efforcés à attribuer à chaque salle une spécificité.

 

·     La salle Téi : Elle est équipée de tables individuelles et non nominatives, pouvant être déplacées pour les besoins de la coopération. En application de la Loi d’orientation de 1989, il est nécessaire de mettre en place le lent processus qui vise à éduquer l’enfant à la responsabilité et à l’autonomie. L’enfant ne doit pas être un consommateur, mais un véritable acteur de ses apprentissages. L’enseignement traditionnel a tendance à penser, que pour s’exprimer valablement, il faut d’abord maîtriser les règles de l’expression. Or, les enfants de l’école du Coteau n’ont, pour la plupart, jamais réussi à surmonter ce qui, pour eux, constitue un obstacle à l’expression. Doit-on, pour autant, priver ces enfants de ce droit fondamental de dire, d’écrire ou de dessiner leurs émotions, leurs sentiments ou leur Histoire ?

Au delà de la décharge émotionnelle, l’enfant s’exprime pour communiquer. La socialisation des productions n’est pas uniquement une source de motivation et de valorisation, elle donne du sens aux apprentissages scolaires ( du travail sur les fichiers aux petites leçons ). L’enfant souhaite que sa production figure dans le prochain journal de l’école ou, que son correspondant réponde à son courrier. Il prend alors conscience de la nécessité d’un travail sur la forme. De l’expression libre naît le besoin de s’approprier des règles jadis inhibantes. Ce n’est souvent qu’à cette condition que l’enfant accepte un travail plus formel de la part de l’enseignant qui l’oriente vers un fichier, un outil d’appropriation de la règle en jeu ou vers un groupe de besoin et une petite leçon.

 

·       La salle CO : L’éducation spécialisée se méprend lorsqu’elle se limite au rattrapage en français et en mathématique et qu’elle néglige pour cela ‘l’éveil’ et la culture générale. Nous pensons, au contraire, que la découverte du monde et l’ouverture culturelle a un double intérêt  :

-         rétablir l’égalité des chances (démocratiser l’accès à la culture) et ;

-         proposer une entrée différente dans les apprentissages des matières dites fondamentales.

La curiosité, propre à l’enfance, est souvent en léthargie chez ces enfants désillusionnés ; il faut donc, par tous les moyens, la réveiller ! Cette salle est le lieu du travail en commun, de la Coopération et de l’Ouverture.

Par le biais de la recherche documentaire et des exposés, du journal et de la correspondance scolaire, de la musique, des supports audio-visuels et des arts plastiques, les enfants apprennent à travailler en coopération et en autonomie, à se responsabiliser et aller au bout de leurs projets.

 

·       La salle LabAU : Equipée d’espaces consacrés aux élevages, aux cultures, à l’observation, à l’expérimentation et à la fabrication d’objets technologiques, cette salle incite les enfants par un itinéraire original et personnalisé, à secréter du savoir (par enchaînements, associations, combinaisons rétroactives d’expériences tâtonnées), mais aussi à avoir recours à du savoir (intervention de l’adulte par exemple). A l’école, nos enfants doivent pouvoir tâtonner librement, sans crainte d’être jugé, sans peur de l’erreur. A cette dernière, nous attribuons donc un véritable statut et une place à part entière dans le processus d’apprentissage. A l’école du C.O.T.E.AU., nous cherchons entre autres, à travers différentes activités, à construire progressivement chez les enfants, le concept d’environnement en ajoutant à la vision écologiste du terme, sa dimension humaine.

 

 

Hors les salles

 

Le parc : Le reboisement, la création de jardins expérimentaux fleuris et potagers, la construction d’une mare et d’un amphithéâtre sont les actes inauguraux d’une pédagogie active, fédératrice et coopérative.

En dehors des temps collectifs obligatoires (Conseils, petites leçons, exposés…), le parc accueille les enfants lors des temps libres (récréations). Certains les consacrent aux travaux, aux recherches et aux observations de plein-air mais également sur les temps de T.I. en fonction des projets et d’envies plus ponctuelles.

L’EPS : Les activités à l’école sont bien sûr choisies dans les différents domaines d’action définis dans les I.O. de 95(activités athlétiques, gymniques, d’expression, d’opposition, collectives, de pleine nature et de natation). Pour ces 7 domaines, nous envisageons l’Education Physique et Sportive sous forme de jeux excluant toute forme de compétition lorsque celle-ci s’avère dégradante pour nos enfants. Qu’ils soient traditionnels ou plus sportifs, ces jeux que nous organisons avec les enfants développent pour la plupart la coopération. Une place est faite également à tous ces sports qui font partie des pratiques culturelles de notre société (pétanque, fléchettes, billard, échecs, dames…) ainsi qu’à l’expression corporelle et verbale (théâtre, mime, danse, marionnettes…).

Les sorties : De par sa localisation, l’école du coteau offre une grande variété de sorties pédagogiques accessibles à pied ou en transport urbain : la nature en amont, la ville en aval. Ainsi, ces visites sont, tour à tour, déclencheurs et illustratrices des recherches des enfants. C’est parce qu’elles font écho à un travail au sein de l’école, que ces sorties peuvent être considérées comme pédagogiques. Quelque soit sa dominante (historique, culturelle ou écologique), chacune d’entre elles est l’occasion d’observer, d’analyser et de comprendre les interactions entre les différents éléments du milieu.

Les séjours à nuitées : Dans les écoles expérimentales telles que La Neuville ou Summerhill, la vie quotidienne de l’internat participe beaucoup à la cohérence d’une éducation coopérative et égalitaire. En ce qui nous concerne, les enfants qui fréquentent  l’école regagnent chaque jour leur foyer (familial ou social) et seuls les séjours pédagogiques à nuitées offrent la possibilité de partager une autre forme de quotidien et de prolonger celui de l’école. L’éloignement temporaire a une vertu thérapeutique et éducative. Ces expériences de vie en collectivité ont également pour effet de fédérer le groupe.

 

Les ateliers 

 

Nous n’insisterons jamais assez sur l’importance de valoriser des enfants que les difficultés scolaires ont déprécié. Une telle stigmatisation a souvent pour effet d’enterrer un don ou une originalité mise à l’index par la hiérarchisation des disciplines.

En choisissant de proposer un atelier, l’enfant met en valeur une compétence personnelle au profit de ses pairs. C’est aussi l’occasion d’amener à l’école un jeu ou une activité issu de son milieu familial. Les enfants ne sont pas seuls à proposer et à animer des ateliers. Enseignants, éducateurs et parents sont à l’initiative d’activités pédagogiques et éducatives, reflets de leurs passions et de leurs compétences.

 

La place des parents

 

Les parents, et plus largement le milieu familial, sont conviés à assister aux différents conseils et ainsi à comprendre et à prendre part à l’organisation et à la régulation du fonctionnement de l’école. C’est en effet en participant à ces instances, notamment le samedi matin, que les parents prendront conscience de leurs réelles possibilités d’intervention et de la richesse de celle-ci. Du traditionnel accompagnement à la piscine à l’animation d’un atelier en passant par la visite de leur lieu de travail, les ressources des familles sont nombreuses. En partant principalement de leurs propositions nous les faisons entrer à l’école par la porte qu’ils auront choisi.

 

 

Le travail d’équipe

 

A l’école du Coteau, le conseil des maîtres, instance décisionnelle et garante du bon fonctionnement permet un travail efficace de réflexion et de coopération. Les responsabilités habituellement assumées par le seul directeur, sont ici partagées au sein d’une direction que l’on veut collégiale.

L’équipe pédagogique composée de trois enseignants travaille en partenariat avec l’ensemble des personnels des dispositifs d’accompagnement, de soins et de rééducation des enfants de l’école (éducateurs, psychologues, orthophonistes, psychomotriciens, médecin scolaire, assistants sociaux…)

 

En conclusion

 

Démotivés et fatigués par des histoires personnelles parfois douloureuses, ou par une inadaptation du système éducatif à leurs difficultés, ces enfants ne doivent plus payer le lourd tribut de cette vie chaotique. Pour eux plus encore, l’école doit reprendre du sens. En retrouvant le goût d’apprendre, les enfants investissent leur scolarité et redonnent un but à leur existence.

Ces objectifs, qui sont ceux de l’Education Nationale et a fortiori ceux de l’éducation spécialisée, ne peuvent être atteints sans bousculer les principes de la pédagogie traditionnelle. Aussi, à l’école du Coteau, en réponse aux besoins différents de ces enfants, nous optons pour le choix d’une différenciation pédagogique au sein d’un fonctionnement innovant en décloisonnement total. Les apprentissages sont ainsi individualisés mais sans perdre de leur dimension coopérative dans une école ouverte sur la vie.

Bénéficiant d’un soutien du Conseil National de l’Innovation pour la Réussite Scolaire et participant à un Programme Académique de Recherche en Innovation, le projet de l’école de plein- air du Coteau institue une philosophie, une pédagogie, des objectifs et un dispositif qui sont éprouvés par la quarantaine d’enfants de l’école.

 

 

 

 

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