AVANT PROJET
NB. Le programme prévoit trois séries d’ateliers, et nous disposons de 10 salles, ce qui conduit à trois séries de 10 ateliers.
Il s’agit d’une première proposition, à compléter par chacun des participants le 13 septembre. Les personnes mentionnées pour chaque atelier peuvent être rejointes par d’autres pour constituer l’amorce d’un groupe de préparation.
Chacun est donc faire des propositions complémentaires et amender les questions proposées. Il y a parfois un surcroît d’ateliers, mais cela n’empêche pas d’en proposer d’autres. Certains pourront ne pas se réaliser, pourront être regroupés. Le collectif de préparation devra valider, faire des choix, proposer de nouveaux thèmes.
L’homme se définit par la
relation, et le dialogue est l’expression essentielle de cette relation. Ce qui
éduque, c’est plus le type de relation qu’on établit que les contenus. Pour
autant, il est essentiel de répondre à la demande de savoirs nouveaux quand
cela correspond à une étape du dialogue et de l’émancipation
A quelles illusions,
attitudes de domination, d’instruction, de pratique de la division, de
manipulation s’oppose la reconnaissance du dialogue ? Quelles sont les
conditions du dialogue, en termes d’attention à la compréhension du monde, aux
valeurs et aux comportements des personnes formées ? Sur quel rapport au
réel, aux situations vécues, à l’expérience, sur quelle culture vivante repose
le dialogue éducateur éduqué ? Sur quels thèmes peuvent-ils construire
ensemble des contenus répondant aux savoirs et aux questions
posées ?
Expérience de la Maison
Robinson, qui témoigne de l'avance et du lent travail de la parole, du contact
et de la relation, dans une expérience locale, ouverte à la libre participation
des citoyens.
Face aux enjeux, l'éducation
tout au long de la vie n’est pas une éducation de l’élite, façon collège de
jésuites, mais une éducation pour tous, y compris ceux qui ne s'expriment pas
dans les formes qu’on leur propose. Pour certains de ces 50% de citoyens qu’on
dit passifs, la non expression est un moyen d’exprimer leur mécontentement, ou
leur indécision. La non participation traduit bien souvent, de fait, l’inadaptation
de méthodes normatives qu’une soif
Quelles sont les causes de
l’abstention ? Que refusent les non participants ? Quelles actions
permettent à certains de retrouver une qualité de sujet libre, de se sentir
partie prenante ? Avec quelles méthodes, quels codes peuvent-ils
agir ? Comment favorise-t-on une libération des personnes par rapport à
leurs conditionnements, permet-on à chacun d’agir solidairement ?
Contre quels conditionnements
l’éducation doit-elle se battre ? . Comment réapprendre à conjuguer le
« je » et le « nous » ? Comment désaliéner les pauvres
et les riches, c’est à dire d’abord nous désaliéner nous-mêmes ? Par
quelles démarches apprendre chacun à se libérer d'attitudes de dominant ou de
dominé ? (pour certains cela veut dire reconnaître ses propres capacités,
oser penser par soi-même. Pour d'autres, cela veut dire apprendre à écouter, à
respecter les autres et à ne pas se croire porteur de la connaissance ou du
salut du monde)
L'apprentissage d'une
conscience critique est un combat, comme la formation de l'esprit scientifique,
contre la tendance de chacun à généraliser trop vite, à privilégier le
pittoresque, le sensationnel, à raisonner de façon analogique Les médias et
l’école poussent en permanence à adopter ce regard superficiel (cf. la
formation à l’ENA).
Comment développer la
conscience critique en développant la pratique du débat sur la signification
des événements, l'articulation des idées, à partir de ce que perçoit
chacun ? Comment combattre le mythe du spécialiste qui juge pour nous,
« bien mieux que nous » Comment tempérer le pessimisme des analyses
et développer un regard optimiste par le recours à l'expérience, aux actions
porteuses d'humanité ?
L’expérience de la Maison du
temps de Belfort. (Luc Gwiadzdinski, espéré sous réserve)
Tout citoyen actif sait bien
qu'il est difficile de trouver le temps et le recul nécessaires pour
sauvegarder l'essentiel. La société incite chacun une perpétuelle fuite en
avant, génératrice d'angoisse et de nomadisme.
Comment apprendre à gérer le
temps comme un choix de vie ? Comment apprendre à prendre du temps
pour prendre du recul, se reposer, voir les choses autrement,...? Comment
valoriser la continuité, le respect de la parole donnée, la possibilité d'un
engagement dans la durée, au regard d'un projet de transformation collective
qui s'inscrit lui même dans la durée ?
Un philosophe, Michael
SCHLOESING (EEUdF) (espéré sous réserve)
Aujourd'hui, alors que le
sentiment d'insécurité va grandissant, le réflexe entretenu par la société est
de s'assurer contre le risque. Le refus de la mort et de toute forme de risques
paralyse progressivement les société développées. Ce refus empêche les
expériences et les erreurs (et même les sorties scolaires) alors qu’il est mis
en avant par le libéralisme pour justifier la rupture des sécurités et le recul
des droits
Comment bâtir par
l’éducation une alternative à la peur.
Comment développer pour cela la curiosité, de la découverte, de la création, de
la fraternité, de la fête ? Quelle doit être la place du risque, du
tâtonnement, du droit à l’erreur dans le processus éducatif et dans nos
sociétés ? Quelle dialectique risque -sécurité ?
Les différences ne sont pas
destinées à la compétition et à l'exploitation, mais à la complémentarité, à la
coopération, au bien commun. L'autre n'est pas un objet mais un sujet. Il ne
s'agit donc pas seulement d’éduquer à la tolérance ou la cohabitation. Ce qui
est en jeu dans l'ouverture, c'est la reconnaissance de la diversité comme
patrimoine de l'humanité, dans sa richesse culturelle, historique,
ethnologique, philosophique, religieuse.
Comment apprendre à reconnaître cette richesse pour apprendre à vivre ensemble, à aimer les différences de l'autre en tant qu'autre ? Quel équilibre entre identité et sang neuf, entre clôture et ouverture au sein de la classe, du groupe, de nous mêmes ?
Nous ne sommes pas seulement
des êtres de raison mais aussi de cœur. Toutes les spiritualités, tous les
systèmes philosophiques montrent que donner et recevoir est nécessaire à une
vie pleinement humaine. En particulier, la fraternité dans les difficultés
partagées est une des premières sources de l'engagement pour un monde plus
humain, de même que la compassion pour ceux qui sont dans la peine et
l'injustice. Comment l’éducation peut ouvrir la sensibilité du cœur, la
légitimer, lui donner une assise sui se conjugue avec la raison ? De
quelle manière le vécu du temps pédagogique intègre le pardon et la paix pour effacer les effets des conflits et des
insultes. Quel apprentissage aux gestes et aux
symboles qui permettent les réconciliations, en conciliant le nécessaire
devoir de mémoire et le non moins nécessaire devoir d'oubli et de régénération ?
Olivier Stora, Anne Minot et
le groupe de travail de RECIT sur ce thème
Élisabeth Bourgain :
l’auto école à Saint Denis , ou le collège Anne Franck au Mans ?
Sylvain Hannebique, Bernard
Collot Présentation des expériences Freinet de Mons en Bareuil, en milieu
urbain, et Sancerre, en milieu rural
Jean Le Gal (ICEM- pédagogie
Freinet)
Réseau Girondin petite
enfance, famille, culture et lien social
Comment la reconnaissance des
droits de l’enfant dans la classe et dans l’école contribue à sa propre
éducation ( par la libre circulation, le droit à la parole, à l’élaboration des
outils pédagogiques…)
Observatoire de la réussite
scolaire de Stains (Francis Morin, adjoint au maire de Stains)
Ce qu’apporte un dialogue
enseignants, élus, associations pour une meilleure insertion de l »’école
dans son territoire et pour une éducation citoyenne
Les organismes d’éducation
populaire sont poussés par un système qui méconnaît leur vocation à devenir des
entreprises. Comment résister ? Comment retrouver l’inspiration d’origine
en l’adaptant au monde d’aujourd’hui
(former les citoyens d’un monde solidaire) ?Comment réinventer une
éducation populaire dans un contexte hostile (rupture des financements publics,
réglementation décalée)
Avec ATD Quart Monde, MRJC,
ATTAC, MDS ? ETC…(tour de table)°
La diversité des formes
d’action qui contribuent à l’éducation des citoyens montre que l’éducation
populaire a en partie changé de lieux, d’acteurs et de codes. Comment faire le
lien entre l’éducation populaire historique et la nouvelle ? Sommes nous
tous des éducateurs populaires ?
Michel Montagne et Yasmine
Cometa, espérés (Francas de Midi Pyrénées)
Les projet éducatifs locaux
permettent de mettre autour de la table l’ensemble des acteurs éducatifs locaux
A quelles conditions ces projets éducatifs locaux permettent-ils de définir une
politique éducative globale sur des territoires de proximité et de mettre en synergie
les efforts ? En quoi cette démarche permet de renouveler l’éducation
populaire ?
Comités de quartier, conseils
de développement, démarches participatives : qui participe, qui
s’exprime ? Comment avec quelles méthodes quels sujets, quels codes peut
on élargir le cercle des participants ? Quels apprentissages, quelles
expériences pédagogiques, quelle culture sont-ils nécessaires pour permettre
aux citoyens de participer d’une manière efficace aux démarches
participatives ?.Quels enjeux de démocratie participative au sein des
associations et du travail éducatif lui même ?
Didier Bardy et Catherine
Mitjana (Librairie tartinerie de Sarrant)
Comment la librairie
tartinerie de Sarrant (restaurant + librairie + salle de spectacles + les
d’échanges + bistrot du village) est devenue le lieu d’animation d’un village
et de la vie intellectuelle d’un territoire rural de proximité à partir d’un
lieu convivial, avec quel rôle éducatif ?
Françoise Brochet (ACEPP)
(espérée), Laurent OTT, Fabienne Messica (AITEC)
Dans les territoires urbains
et périurbains : horaires impossibles, abandon des enfants à eux
mêmes : comment réinvestir le temps extrascolaire pour l’éducation ?
Avec ou sans les parents ?
Place de l’entraide et des
autres adultes ? Quel accompagnement des familles ?
Véronique Gallais (action
consomation), Estelle Vulliez et le groupe ad hoc de RECIT
Il n'y a pas de solution
économique et culturelle aux disparités du monde et du pays sans un partage des
richesses, sans une certaine frugalité doit être recherchée par chacun dans son
niveau de vie. Nous pouvons exercer notre pouvoir de consommateurs pour obliger
à les entreprises de distribution et les gouvernements à faire d'autres choix
Comment prendre conscience de
enjeux portés par notre consommation, en termes d’échanges équitables,
d’environnement ? Quelles sont les racines de notre désir de consommer ?
Comment se libérer de l'emprise des publicités consuméristes sur nos images
intérieures ? Quelle éducation est nécessaire pour aller vers des échanges
équitables ?
Quelle éducation donnent les
spots publicitaires et les émissions que regarde chaque année un jeune ?
Quelle éducation pourrait apporter les médias, à quelles conditions ?
Face aux objectifs de la
publicité, comment se libérer de l'emprise des publicitaires sur nos
représentations intérieures ? Comment construire un imaginaire source de
liberté et de solidarité ? Comment lutter contre l’invasion de l’espace
éducatif par le commerce et l’idéologie libérale ?
Quelle éducation, quelles
méthodes, quels outils pour changer la perception de la richesse ?
Patrick Viveret (sous
réserve)
Laurent Assathiany (collectif
richesses)
Claire Chevallier et
Dominique Larue (UNCPIE), Roland Gérard (École et Nature)
Comment l’éducation à
l’environnement peut elle être une découverte des relations sociales et des
communautés humaines sur un territoire ? Quelle éducation à la
responsabilité collective vis à vis du patrimoine ?
Antoine Rolland (EEUdF) (sous
réserve) et Gilles Guillaud (PROCOOP) (sous réserve)
Comment des actions de
coopération peuvent aider des jeunes à comprendre le monde, acquérir des
comportements de réciprocité, cultiver des valeurs de solidarité
Exemple de l’Oeil du monde à
Lagny Loïc Lorenzini : comment une fête organisée par de jeunes change le climat d’une ville et
permet sans violence d’éduquer les communautés, les jeunes…et la police à vivre
ensemble
Quel apprentissage de la
coopération à l’école ? Quelle éducation transmet le travail
coopératif ?
A quelles conditions le
projet est-il une école de citoyenneté et de participation ?
En quoi un projet d’éducation
citoyenne est différent d’un projet de management libéral, en termes de
valeurs, de solidarité entre tous, ou de sélection des meilleurs, d’écoute et
de démocratie interne ?
La gestion des conflits a
plusieurs sens : trouver un compromis entre des positions opposées, dépasser
les points de vues en cherchant à expliciter les raisons du désaccord
(intérêts, besoins, désirs), construire un ailleurs (on a parlé dans ce cas de
désaccords féconds), un projet commun. Mais il faut parfois accepter le conflit
comme nécessaire, voire le considérer comme facteur d’éducation. Le conflit
fait partie du débat public. Le conflit n'est pas la violence
Comment dans les conflits
apprendre à dire sa différence, son point de vue sans blesser l’autre, sans le
juger ? Comment dominer les situations de conflits, objectiver,
relativiser, prendre du recul ? Quelles
attitudes (d'écoute, de médiation, de respect des différences) sont nécessaires
pour que le conflit soit positif, c'est à dire fasse avancer dans le sens d'une
libération et de la paix véritable ?
Comment
apprendre à gérer son émotion et
maîtriser ses propres pulsions pour pouvoir accompagner les autres ?.
Comment cesser d'être "au dessus" ou "à l'intérieur" comme
des étrangers, pour être "avec" ? Quelle peut être l’attitude de
ceux qui atteignent un autre univers pour découvrir l’autre et non pour
l’enseigner, pour découvrir les différences et s’appuyer sur elles, pour créer
ensemble une culture nouvelle sans aucune imposition de part ou d’autre,
arriver à une sorte de métissage ou de synthèse culturelle ?. Comment
lutter contre la tendance de tout militant, de tout éducateur au terrorisme
intellectuel, à la manipulation, au savoir descendant, mais aussi à la
séduction ou à l’affectif
Travail sur la charte de
principes
Quels principes communs aux
différentes approches de l’éducation citoyenne
Propositions de mise en
réseau et d'un programme de travail (accompagnement des expériences d'approche
globale, projets éducatifs locaux, forums sociaux locaux, etc...)
Amorce d’un travail sur la méthodes
à promouvoir pour l’organisation des forums sociaux locaux, à partir du
document déjà produit et des expériences des participants. Comment agir pour
que les forums sociaux locaux soient des temps d’éducation citoyenne ?