L’ordinateur, langue d’Ésope de notre temps.

Lorsque les microprocesseurs ont fait leur apparition et permis d’envisager un usage démocratisé de l’informatique, j’ai été de ceux qui ont immédiatement envisagé l’intérêt pédagogique que pouvait présenter ce nouvel outil qu’est le micro-ordinateur. A l’époque, bien sûr, nous étions loin de soupçonner l’incroyable rapidité des progrès qui allaient nous conduire en une vingtaine d’années du ZX81 (1 ko de RAM, extensible à 16 ko  ) aux machines multimédias actuelles, aux CD-Rom et à l’Internet à bas prix.

La première application pédagogique à laquelle, comme de nombreux enseignants, j’ai pensé, fut celle de proposer des   immédiatement autocorrectives et autrement attrayantes que les traditionnels exercices papier-crayon. Les programmes étant, à l’époque, rarissimes, j’ai appris, comme beaucoup d’enseignants, des rudiments de programmation en langage basic pour pouvoir fabriquer quelques modestes outils et les expérimenter sans tarder. J’ai pu ainsi constater que des enfants rebutés par des exercices traditionnels, se passionnaient dès qu’il s’agissait de s’entraîner sur un ordinateur (le plan informatique pour tous, qui allait s’avérer scandaleux par ailleurs, avait équipé les écoles de ville de nano-réseaux permettant ces premières expériences sur un matériel limité mais bien adapté aux enfants).

J’avais vécu, au début des années 60, la vogue (très relative) de ’enseignement programmé  . Freinet, toujours à l’affût de nouveaux outils, s’en était inspiré pour lancer ses enseignantes  , version améliorée, pensait-il des fiches-guides de travail individuel… Le matériel était rudimentaire (bandes de papier enfermées dans un boîtier pourvu d’une fenêtre de lecture), ce qui limita le succès de cet outil. Dans un certain sens, il pouvait paraître paradoxal que Freinet, qui prônait le tâtonnement expérimental, et donc une certaine liberté de choix dans les voies de recherches, trouvât un intérêt à une méthode d’enseignement qui, venue du courant béhavioriste américain, tenait plus du conditionnement sinon du dressage systématisé que de la pédagogie active. Cela venait évidemment du fait que Freinet ne voyait qu’un outil qu’il souhaitait adapter et non d’une méthode d’enseignement qui, dans l’esprit et le discours de ses promoteurs allait remplacer les cours par des à enseigner  les enseignants par des énieurs didacticiens  . A les entendre, ceux-ci ne devaient d’ailleurs être qu’une poignée de spécialistes, leur rôle étant d’analyser les connaissances à transmettre en fines séquences progressives (programmables) pour permettre la mise au point des enseignantes  alimentant les machines. La technologie de l’époque était mécanographique et non encore informatique  ce seul fait ruina les espoirs des tenants de ce nouvel outil d’enseignement  ; lourdes, (très) chères, ces machines n’existèrent guère, à ma connaissance, que dans quelques laboratoires américains.

Au début des années 80, ce fut sans doute les souvenirs de Freinet et de quelques travaux auxquels j’avais participé à Vence avec mon ami Beaugrand, qui m’amenèrent à imaginer une application dans l’enseignement des mathématiques aux enfants d’âge primaire (au niveau cours moyen, en particulier). Vingt ans avant, nous cherchions des moyens d’apprendre à nos élèves à lire un problème (question toujours très actuelle). Nous avions choisi de ne plus donner d’énoncés de problèmes faits  , mais de faire réfléchir nos élèves à partir de ées chiffrées  recueillies dans l’environnement des enfants (en fait, les enfants apportaient des chiffrées  comme ils apportaient des textes éraires  - les textes libres -). Par petits groupes, ils recherchaient qu’ils pouvaient calculer  à partir de ces matériaux bruts mais aussi ce qu’ils auraient pu calculer s’ils avaient eu tels renseignements complémentaires. Nous vivions des moments passionnants dans nos classes et une remarque de Bertrand SCHWARTZ, à l’époque Directeur de l’École des Mines de Nancy, nous encouragea à persévérer dans cette voie. B. SCHWARTZ disait avoir banni les problèmes tout faits dans sa prestigieuse École      dans la vie, disait-il, les problèmes ne sont jamais posés. Tout l’art consiste précisément à savoir les poser correctement. 

Si nos élèves montraient une certaine virtuosité à établir des relations entre les données chiffrées brutes, ce qui, à nos yeux, était déjà un grand progrès par rapport à la tendance généralement répandue qui fait que les enfants se précipitent sur les nombres pour les combiner en opérations sans savoir ce qu’ils cherchent à connaître, nous pensions qu’il serait bon de compléter ces recherches en petits groupes (avec discussions au niveau de la classe) par des travaux individuels  ; nous souhaitions élaborer des   énoncés progressifs  . Notre idée était de concevoir ces énoncés comme des histoires   à tiroirs  , comprenant des épisodes successifs  ; après avoir lu un épisode, l’enfant devait répondre à une question (sans qu’il ait à faire de calcul). Selon sa réponse, il passait soit à l’épisode suivant, si sa réponse était correcte, soit à une autre question découlant de sa réponse. L’idée était de l’amener à découvrir ainsi son erreur et la cause de cette erreur. Il pouvait être nécessaire d’enchaîner ainsi un certain nombre de questions successives du type penses que, donc… Alors nouvelle question.  . A un moment donné, l’enfant aboutissaient à une contradiction ou à une absurdité évidente, d’où retour à la case départ. Pratiquement, nous utilisions des questions à choix multiples (Q.C.M.) élaborées à partir de réponses fréquemment rencontrées dans nos classes. Les bandes enseignantes de Freinet nous limitaientleur caractère linéaire dans le développement de ces idées. Vingt ans plus tard, avec les micro-ordinateurs, j’entrevoyais enfin la solution. Malheureusement, mes connaissances en programmation ne me permirent jamais de dépasser une esquisse de programme et de réaliser ne fut-ce qu’un prototype. Je crois cependant toujours qu’il y a là une voie à explorer en matière d’enseignement assisté par ordinateur (E.A.O.).

Je m’étais aussi beaucoup intéressé, dans les années 70, à la lecture rapide. Il existait plusieurs éthodes  prétendant entraîner à améliorer sa vitesse de lecture. L’une d’elle au moins, utilisait une sorte de réglette qui se déplaçait à vitesse progressive sur le texte. Ces procédés me paraissaient rudimentaires. Là encore, l’ordinateur me parut capable d’apporter une solution au problème. Il s’agissait d’élaborer un ensemble de programmes permettant un entraînement progressif dans divers domaines comme l’élargissement du champ d’appréhension visuelle, la rapidité et l’exactitude de la de vue  (notamment la différenciation de formes graphiques voisines), la rapidité et l’exactitude de d’indices  à partir d’un matériel partiellement occulté, etc., en mettant aussi l’accent sur le sens. J’ai réalisé, à l’époque, deux séries de programmes à deux niveaux (élémentaire et moyen) conçus un peu comme des entraînements sportifs, que j’ai pu expérimenter sur des classes primaires pendant trois années. Les enfants aimaient ces séances (20 à 30 minutes) et les résultats se sont avérés intéressants. Malheureusement, le temps me manquait pour poursuivre le développement de ces premiers essais réalisés pour des ordinateurs de la gamme Thomson. Puis arrivèrent les P.C. et il aurait fallu réécrire les programmes… Je reste aussi persuadé qu’il y a là une voie à explorer.

Ces quelques essais ne sont évidemment pas limitatifs. La télévision passe parfois (trop rarement et à des heures peu commodes) des documentaires très bien faits sur des sujets variés. Certains enseignants enregistrent parfois quelques uns d’entre eux et les utilisent dans leur classe comme source d’informations vivantes, point de départ à des échanges, à des réflexions, à des discussions. Les mêmes documentaires présentés sous formes de CD-Rom présenteraient bien des avantages, notamment la possibilité de se rendre directement sur une séquence donnée pour un nouveau visionnement… Sans compter la simplification des manipulations et la qualité constante des images et du son.

Bref, l’outil informatique, dès maintenant, me paraît ouvrir des voies d’une extrême richesse dans de nombreux domaines de l’enseignement. Mais comme les langues d’Esope, il me paraît être à la fois la meilleure et la pire des choses 

Certains y voient aujourd’hui la voie d’avenir de toutes les formes d’enseignement et de formation. Leur vision n’est pas sans rappeler celle des promoteurs des à enseigner  des années 60. Ils prédisent déjà la fin de l’école et l’avènement d’un enseignement à distance généralisé, chacun pouvant enfin apprendre à son rythme, tout au long de son existence, selon ses propres choix, de façon attrayante, en développant une certaine activité devant un outil de plus en plus interactif par opposition à la passivité de l’élève   un cours dans les Sorbonnes  déjà dénoncées par Alain. Et cette fois, le matériel est de plus en plus performant, son coût de plus en plus abordable. Alors, l’idéal  une école chez soi, sur mesure, à la carte 

C’est un peu ce que semblent annoncer certains producteurs de   . J’ai sous les yeux un article paru dans un grand quotidien de province qui présente à la fois un CD-Rom et une maison d’édition qui s’est spécialisée dans la production de CD-Rom d’enseignement  CéDécours-Multimédia. Le titre présenté est bases des mathématiques volume 1  . Domaines d’applicationés sur la pochette : COLLEGE, Formation continue, enseignement technologique et professionnel. Commentaire du journal    Tout en respectant l’approche rigoureuse nécessaire aux matières scientifiques, CéDécours met les mathématiques à la portée de tous en expliquant cette matière par des animations pédagogiques originales et inédites…  Je suis curieux de voir s’il tient ce qu’il promet, aussi vais-je me procurer ce disque dès que possible. Il est sans doute, dès maintenant, en vente dans l’hypermarché local. Il va sûrement avoir beaucoup de succès auprès des familles, de plus en plus angoissées par l’insuccès scolaire possible de leurs enfants et donc sans cesse à la recherche de cours particuliers…

Jusqu’ici, ces matériels sont présentés comme des appoints à l’enseignement dispensé dans les écoles. Mais les projets de l’E.R.T. vont beaucoup plus loin. La lecture des extraits de rapports produits au cours des années passées par cet organisme ou par des organismes voisins, est très édifiante  pour eux, l’école actuelle est totalement inadaptée aux besoins du monde moderne  qui peut dire le contraire  )  ; elle a largement montré son incapacité à se transformer (qui peut dire le contraire  )  ; il est trop tard, le temps presse, on ne peut plus attendre, (ce qui est encore vrai  ), alors ils misent sur les nouvelles technologies de l’information (N.T.I.) pour remplacer le système scolaire obsolète. Les examens, nationaux, dépassés eux aussi, doivent être remplacés par des contrôles objectifs, analytiques, précis, des compétences acquises  la carte d’accréditation les remplacera avantageusement. Élucubrations de doux rêveurs  Les extraits cités montrent bien que non  on y parle d’un marché mondial ouvert aux investisseurs, de concurrence déjà vive, de retours sur investissements… Certains évoquent un marché de 1000, voire même de 2000 milliards de dollarsan 

Notre actuel Ministre annonce sa parade  le C.N.E.D. a une bonne avance dans le domaine de l’enseignement à distance, dit-il  ; il faut qu’il l’accentue. Un syndicat d’enseignants, le seul qui semble avoir pris au sérieux les projets de l’E.R.T. appelle à la résistance. Les autres fédérations, qu’il s’agisse d’enseignants ou de parents d’élèves, sont très discrètes dans leurs commentaires ou semblent même vouloir ignorer ces projets.

Faut-il craindre la   de l’enseignement projetée par l’E.R.T.  Jusqu’ici, l’enseignement est considéré comme un service public (qu’il soit donné dans des établissements publics ou privés, d’ailleurs), c’est à dire comme un service dû par l’État à chaque citoyen. Mais peut-on reprocher à des sociétés privées de prendre ce service à leur compte si les prestations fournies sont de meilleure qualité  A une époque où, de toutes part, on entend dire qu’il faut réduire la pression fiscale, les projets de l’E.R.T. risquent de rencontrer bien des oreilles accueillantes.

Bon, il y a la question du coût  normalement, nous admettons, en France, que l’enseignement doit être gratuit pour tous. Jusqu’à quel point  Peut-on soutenir que la scolarisation des collégiens ou des lycéens dans les établissements publics n’entraîne pas des frais souvent conséquents pour les familles  Et ne parlons pas des cours particuliers… Quant aux études supérieures, c’est une tromperie que de dire qu’elles sont gratuites, surtout lorsque les familles ne résident pas tout près des Facultés. Les stages de formation professionnelle continue sont financièrement hors de portée d’un grand nombre de sans-emplois lorsqu’aucun organisme ne les prend en charge. Les formations dans le domaine de l’animation (B.E.A.T.E.P., par exemple) ou de l’éducation sportive (B.E.E.S.) coûtent plusieurs dizaines de milliers de francs rien qu’en frais pédagogiques. Il est tout à fait probable que l’achat d’un ordinateur, d’une collection de CD-Rom et d’une connexion à Internet seront d’un prix nettement plus abordable. Et si, en plus, la carte d’accréditation s’avère plus efficace pour trouver un emploi que des diplômes ronflants  … Ou, comme le disait Jacques Attali dans un documentaire sur l’E.R.T, si un étudiant de Bordeaux a le choix entre aller suivre des cours à la Faculté de la ville ou suivre ceux de Harward sur Internet (pour un prix très modique) et si, de surcroît, il a la possibilité, à l’issue de ses études d’être diplômé de l’illustre université américaine, il n’hésitera pas 

N’avons-nous le choix qu’entre la résistance, la résignation ou l’acceptation enthousiaste 

L’enseignement à distance a une utilité incontestable depuis longtemps. Il permet à des gens qui travaillent de continuer de se former pour améliorer leur situation (mais pas seulement). L’E.R.T. part d’ailleurs de là  : sans cacher que cela permettra de suivre une formation continue sans s’absenter de son emploi et donc à moindre coût pour son employeur. Le CNED a préparé des milliers d’ouvriers à l’entrée en formation au Conservatoire National des Arts et Métiers (C.N.A.M.). L’Ecole Universelle, les cours Berlitz et d’autres, ont eu leurs heures de gloire. L’enseignement à distance a permis et permet encore a des jeunes infirmes, malades ou personnes trop éloignées des écoles de recevoir une instruction qui, autrement leur était inaccessible. Mais, de là à en faire la panacée…

Si j’ai commencé par évoquer des souvenirs personnels, ce n’est pas par narcissisme. C’est pour bien souligner que l’outil informatique peut être un formidable auxiliaire dans une classe pour l’enseignant qui l’utilise. Par exemple, pour ce qui est des exercices d’entraînement en mathématiques, en orthographe, en lecture (rapide) , etc.

Il peut aussi, toujours en classe, à condition de disposer des logiciels convenables, prolonger le travail fait en groupe en guidant chaque élève dans une réflexion personnelle. Or si ces logiciels ne peuvent être réalisés que par des informaticiens qualifiés, ils ne peuvent être conçus que par des pédagogues ayant une pratique quotidienne des enfants, des jeunes. Ces logiciels ne seront jamais définitivement  opérationnels : ils doivent évoluer pour s’adapter toujours mieux aux besoins détectés par des enseignants attentifs, au cours de leur pratique quotidienne. Il ne s’agit pas d’ingénierie, de didactique, mais bien de pédagogie.

Il peut surtout amener une profonde rénovation du rôle du professeur de Collège et de Lycée, par exemple : libéré des tâches consistant à apporter des connaissances, (et donc du cours   ), ainsi que de nombreuses tâches fastidieuses comme la correction des exercices d’entraînement, il devrait être beaucoup plus disponible pour conseiller, guider, animer des discussions, suggérer des recherches, pousser à approfondir tel sujet, etc. Dès maintenant, les moyens techniques permettent de projeter sur un écran les images d’un moniteur d’ordinateur de façon à ce qu’elles puissent être vues par un groupe de personnes. Au concept rigide de classe, il faudra substituer celui de d’étude  , groupes de niveau ou groupes rassemblés autour d’un projet, (comprenant 12 à 15 élèves au plus) réunis sur des thèmes disciplinaires ou interdisciplinaires autour d’un professeur, ces groupes pouvant éclater en équipes de recherches travaillant indépendamment, mais pouvant faire appel à un professeur qui pourrait avoir la charge de 3 ou 4 équipes, ou au contraire se réunir à 4 ou 5 groupes (selon l’importance des effectifs des équipes) pour des synthèses. A certains moments, les élèves se consacreraient individuellement à des travaux personnels d’entraînement, d’approfondissement, supervisés par un professeur disponible pour le coup de pouce éventuel… Bien sûr, cette organisation nécessitera des locaux adaptés  quelques salles pouvant accueillir une centaine de personnes, des salles plus petites pour les groupes de travail (avec 1 ordinateur par local), des   équipés d’ordinateurs individuels, offrant un cadre adapté au travail personnel de 3 ou 4 élèves et aux recherches en équipes restreintes. Dans un tel contexte, l’ordinateur s’intègre à une démarche véritablement éducative où l’adulte prend toute sa place et établit de vrais dialogues avec ses élèves, où ceux-ci coopèrent, échangent, confrontent leurs idées…
L’ordinateur est un outil qui peut rendre de nouveaux service à l’éducation, mais qui, en aucun cas ne doit amener à abandonner les   plus anciens. Je pense tout particulièrement aux expérimentations scientifiques réelles, utilisant de vrais matériels, conduisant à imaginer et à réaliser de vrais montages, mais aussi à toutes les activités manuelles, ou plutôt   trop souvent négligées dans nos classes actuelles où les travaux manuels ont cédé la place devant la technologie, d’abord, puis, maintenant devant les N.T.I.  Un ami déplorait naguère que les enfants n’allaient bientôt plus savoir que cliquer sur leur souris pour amener un marteau virtuel à enfoncer un clou virtuel dans une planche virtuelle… J’ai trop pu apprécier l’intérêt éducatif de ’imprimerie à l’école  pour ne pas m’inquiéter devant son abandon, de nos jours, dans les classes se réclamant de la pédagogie Freinet, au profit exclusif de l’imprimante à jet d’encre, de la photocopieuse et du courrier électronique. L’argument du gain de temps n’est pas défendable en matière d’éducation  Et ne parlons pas des jeux de construction (en bois, en métal ou en plastique…) qui tendent trop souvent à disparaître au profit des jeux de destruction (destroy games) électronique 
On est, évidemment très loin de l’utilisation solitaire des N.T.I. tel qu’il est envisagé par les tenants de l’E.R.T.  l’enseignement à distance qu’ils préconisent conduirait, selon moi, à un renforcement de l’individualisme déjà exacerbé par notre système fondé sur la compétition qui, par définition, fait au moins autant de perdants que de gagnants. Mais, dans l’état actuel des choses, la ésistance  est une attitude vaine qui trahi surtout le conservatisme même lorsqu’il s’agit de groupes se prétendant gauche    l’outil existe, il va se développer grâce notamment aux investissements de groupes privés  et après  Si les produits sont bons, il faut se les approprier, s’en servir. S’ils sont médiocres, pourquoi ne pas prendre une part active à leur amélioration  Les   renonceront à leurs projets de main mise totale sur l’enseignement et la formation si l’école sait se régénérer  ; et ceci d’autant plus facilement qu’ils trouveront en face d’eux non des adversaires rétrogrades mais des partenaires lucides et décidés  à leur projet réducteur, il faut opposer une action résolue, dynamique et novatrice.

                                                                G.H. mai 2000

NOTES
1 Il y eut quelques essais non dénués d’intérêt, cependant. L’Institut Viette avait publié quelques ouvrages d’enseignement technique inspirés de l’enseignement programmé  ; le cours était écrit double    sur une page, le cours     ; sur la page en vis-à-vis, une version plus détaillée, comprenant des explications complémentaires. L’élève pouvait donc, lorsque le   entre deux notions successives était trop important pour lui, trouver des   plus proches les uns des autres sur la page voisine. Par contre, j’ai eu en main un soi-disant cours de médecine américain qui faisait plutôt penser à un cours de catéchisme.
2 Qui, déjà, voyaient la fin de l’école…
3 Georges CHARPAK annonçait, naguère, qu’on trouverait bientôt des ordinateurs pour moins de 1000 F  Quant aux CD-Rom, une publicité parue récemment propose pour 89 F un CD permettant de réviser les 8 principales matières du Bac avec 1500 fiches de cours, 500 exercices corrigés et une centaine d’annales interactives.  Je l’ai acquis et visionné  c’est un peu de l’arnaque, puisqu’il s’agit simplement d’une sorte de manuel   proposant des fiches de cours, des exercices et des sujets tirés d’annales ceux-ci étant autocorrectifs. Mais il n’y a aucune interactivité, le sujet devant résoudre les problèmes ou répondre aux questions sur une feuille et comparer ensuite au corrigé fourni. Une sorte de fichier autocorrectif plutôt maigre puisqu’il veut traiter de 8 disciplines en un seul disque.
4 ou Table Ronde Européenne des Entrepreneurs, organisme qui regroupe près de 50 entreprises de taille au moins européenne et souvent mondiale. Le Président de la Commission éducation est le PDG de Pétrofina.
Centre National d’Enseignement à Distance
5 SUD-éducation
6 cartable de Big Brother 
7 la didactique est d’abord fondée sur l’étude attentive de la discipline à enseigner et accessoirement sur une idée d’élève théorique de tel âge. La pédagogie est centrée sur l’enfant, la personne singulière, sur son observation sympathique et minutieuse, sur la recherche de la façon dont il   dans l’étude d’une discipline donnée, sur l’essai constant de comprendre ses difficultés parfois éloignées de la discipline enseignée…

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