Institut à France
Académie des Sciences Morales et Politiques
23, quai de
Conti 75006 Paris
Présentation de la Fondation
L'éducation au sens large est considérée depuis très
longtemps comme un sujet important, voire capital. Mais à certains moments, il
acquiert une acuité particulière. L'immédiat après-guerre a été l'un de ceux-là.
On a compté sur l'éducation des jeunes pour éviter le retour de conflits
fratricides et inciter à la tolérance. Le premier Salon de l'Enfance, en 1949,
a réuni une floraison d'initiatives généreuses et a été une véritable
inspiration pour beaucoup.
Notre époque d"intenses mutations est un autre de ces
moments. Aussi les tentatives de réformes structurelles se multiplient‑elles,
avec plus ou moins de succès. Le public, toutefois, y semble peu associé, alors
qu'il est le premier intéressé.
C'est pourquoi une Fondation a été créée afin de fournir, en
contre‑point des efforts officiels, un lieu de réflexion, un centre de
ressources, des aides éventuelles enfin. Elle est placée sous l'égide de
l'Académie des Sciences morales et politiques et a pour vocation de réunir,
autour des problèmes de l'éducation ‑ en particulier de l'enseignement ‑
en France aujourd’hui, compétences et bonnes volontés. Son rôle est de confronter
et populariser des idées et des expériences susceptibles de concourir à un
progrès dans le domaine de l'éducation,
Le mot « progrès » a été choisi vague à dessein, pour ne pas
être liés à une mouvance éducative particulière. Les solutions peuvent, et sans
doute doivent, être diverses. Ce qui compte c'est que le résultat, pour nos
jeunes, soit meilleur aujourd'hui qu'hier. On diffère souvent sur la marche à
suivre, mais on est généralement d'accord pour constater ce qui fonctionne de
manière satisfaisante. « Selon quelles priorités ? » demandera‑t‑on.
« Le savoir ? Son étendue ou son assimilation réelle? Son adaptation à l'emploi
? La socialisation des jeunes ? Leur bonheur d'apprendre, maintenant ou plus
tard ? », faire avancer la réponse sur ces points, peut constituer un des
objectifs de la Fondation.
Pourquoi une fondation, au lieu d'une association comme il en
existe tant actuellement? La démarche est peu différente, même si les buts
convergent. Les deux veulent donner un cadre légal à un ensemble de personnes
oeuvrant en commun sans but lucratif Mais une Fondation vise le long terme.
Elle a pour elle la durée. Cette pérennité est assurée par les moyens dont elle
a été dotée et par la solidité de l'organisme qui nécessairement, l’abrite. A
cet égard, que pouvait‑on rêver de mieux que l'Institut de France ?
***
Leurs objectifs étant supposés similaires ou proches, quelle
synergie est‑elle possible et comment l'organiser ? Comment passer d'une
coopération ponctuelle et en partie due au hasard, comme c'est le cas
actuellement, à une collaboration régulière et bien définie ?
La réponse paraît être qu'il faut insérer ces associations
dans le fonctionnement normal de la Fondation.
La Fondation est administrée par deux organismes internes :
Ø un Conseil
d'Administration qui gère ses fonds et prend les décisions impliquant des
financements,
Ø un Conseil
Scientifique qui propose des utilisations grâce à sa connaissance des milieux
éducatifs. Ce Conseil peut être renforcé. Cependant sa taille reste
nécessairement limitée.
Un troisième cercle est donc nécessaire, composé d'éléments
(groupes ou personnes indépendantes) qui sont à la fois au courant des possibilités
qu'offre la Fondation et désireux de voir notre éducation améliorée. Ils
pensent donc à l'une pour conforter l'autre, et communiquent dans ce but avec
le Conseil Scientifique.
Ce cercle existe niais il est pour l'instant informel. Il
résulte des relations qui se sont créées avec la Fondation et autour d'elle, au
cours de ses cinq ans d'existence. Il serait bon que ses membres se connaissent
pour mieux agir ensemble. Une mise en forme plus claire de ce cercle est
souhaitable également, pour une plus grande efficacité.
Cet aspect institutionnel doit être complété par un autre,
portant sur le fond : les objectifs et leur plus ou moins grande similitude.
Leur convergence est souvent affirmée en termes généraux et abstraits, marquant
certes une tendance commune; mais afin d'éviter les ambiguïtés, elle devrait
aussi se traduire en accords sur les applications concrètes dans
l'enseignement, si l'on veut former un réseau.
Dans ce cas, pour assurer cette cohérence il semble
nécessaire et réaliste de procéder aux constats suivants :
Juillet
2002
Sylvaine
MARANDON,
Présidente
de la Fondation.