Contrairement à ce que laissent entendre les médias, l'autoritarisme de Christian NIQUE, recteur de l'académie de MONTPELLIER,
REACTION DES IEN DEVANT L'AUTORITARISME DE CERTAINS ADMINISTRATEURS

Contrairement à ce que laissent entendre les médias, l'autoritarisme de Christian NIQUE, recteur de l'académie de MONTPELLIER, relayant précipitamment celui du ministre, n'a pas laissé les inspecteurs indifférents et serviles.

 

Voir ci-dessous le communiqué du SIEN des Pyrénées Orientales qui m'a été communiqué par Jean-Pol ROCQUET, IEN.

 

Cadres loyaux du système éducatif, les inspecteurs sont, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, en difficulté pour deux raisons majeures:

1° les injonctions du ministre créent un trouble important chez une majorité d'enseignants de CP qui font depuis de nombreuses années des efforts considérables pour améliorer les performances des élèves en lecture/écriture. Ils s'estiment méprisés, voire humiliés. Beaucoup d'entre eux envisagent de prendre une autre classe dès qu'ils en auront l'opportunité. Les IEN au contact quotidien du terrain ont à gérer ces états d'âme fortement déstabilisants, nuisibles à la mobilisation et à l'enthousiasme nécessaires à la pratique intelligente de leur métier.

2° les injonctions du ministre et des recteurs les plus zélés mettent en porte à faux les inspecteurs qui ont impulsé, soutenu, accompagné la rénovation pédagogique depuis la fin des années 60. Faudra-t-il qu'ils avouent s'être trompés, comme se seraient trompés tous les ministres successifs de droite et de gauche et les inspecteurs généraux depuis les années 70 et qu'ils expient?

 

Les hautes autorités, très éloignées des réalités du terrain, ne mesurent pas, à l'évidence, la gravité du découragement produit.

 

Le zèle des hiérarques, à l'exemple de Christian NIQUE, risque de se répandre et d'aggraver la crise. Ainsi dans le Pas-de-Calais, une inspectrice d'académie adjointe, critique et sanctionne une enseignante qui ne s'est pas encore mise au b-a ba. Elle impose, outrepassant ses attributions (elle n'est pas supérieure hiérarchique des IEN), à l'IEN d'envoyer la conseillère pédagogique pour apprendre à cette institutrice à appliquer la méthode d'avant-guerre... Refus des enseignants de l'école (un enseignant titulaire ne peut recevoir la visite d'une conseillère pédagogique que s'il la demande)... Le climat de l'école et la mobilisation des enseignants se détériorent... au préjudice évident des élèves.

 

Pierre FRACKOWIAK

 

SIEN-UNSA

Pyrénées Orientales

Académie de MONTPELLIER                   

 

 

 

Mise au point

suite aux injonctions du recteur

pour l'apprentissage de la lecture

 

 

 

         A la suite du communiqué de presse de l’AFEF, les IEN-CCPD des Pyrénées Orientales, syndiqués au SIEN-UNSA, tiennent à préciser qu’ils n’ont jamais « évoqué les ouvrages à recommander et ceux dont l’usage est à interdire ». Ils n’ont jamais soutenu « qu’il n’y a pas de réticence sur la mise en œuvre de la circulaire ».

         Ils ont entendu les injonctions du recteur qui a commandé aux IEN-CCPD de prendre contact avec les élus, pour interdire les manuels tels « Ratus » ou « Gafi ».

 

         Nous ne pouvons laisser écrire, sans réagir, les propos qui nous sont prêtés. Ils font passer les IEN-CCPD pour des censeurs, des contrôleurs chargés de faire appliquer des directives en les interprétant de manière restrictive et coercitive.

         Les IEN-CCPD ont une haute conscience de leur métier. S’ils sont chargés de l’application des programmes, ils acceptent de mettre en œuvre les directives ministérielles et rectorales autant qu’elles ne sont pas en contradiction avec les programmes, autant qu’elles ne suscitent pas le désarroi chez les enseignants.

         Les IEN-CCPD ont été étonnés du ton comminatoire employé par le recteur. S’ils ont eu la parole, c’est dans un premier temps ; par la suite, le recteur ne leur a pas donné l’occasion  de s’exprimer sur son propos. Ils se sont donc tus, ce qui ne vaut pas approbation.

         Il n’est pas tolérable que la presse puisse comprendre que ce sont les IEN-CCPD qui confortent les décisions du recteur, alors qu’il n’a pas sollicité leur avis.

 

         Nous ne pouvons être loyaux qu’à la condition que nos silences ne soient pas interprétés.

 

retour à la page d'accueil