Au nom de la liberté et de
la démocratie?
La pensée totalitaire progresse avec la manipulation
méthodique de l'opinion publique. L'autoritarisme se développe. Voici venu le
temps de la pédagogie officielle, unique, imposée!
Après le karcher dans les banlieues,
le karcher dans l'école du 21ème siècle?
A l'Ecole Supérieure de l'Education Nationale
(établissement de formation des cadres de l'Education Nationale à POITIERS),
l'intervention de R.GOIGOUX prévue la semaine prochaine a été supprimée par le
ministre au motif que "son discours est non pertinent". Deux
jours de stage sont supprimés et seront remplacés par un "séminaire
officiel".
Les recteurs, inspecteurs d'académie, directeurs
d'IUFM sont convoqués à un séminaire national le 9 mars pour entendre la
"bonne parole sur le b-a ba", avec de "bons scientifiques",
et des instructions à répercuter sur le terrain: séminaires académiques pour
les inspecteurs et conseillers pédagogiques, stages à la rentrée pour tous les
maîtres de CP. Une seule méthode: au premier trimestre, les lettres et les
sons; au second trimestre, des phrases; au troisième des petits textes.
Ainsi tout le monde saura ânonner en fin de CP. Pour savoir lire et pour le
sens... on verra plus tard... pour ceux qui ont la chance de lire beaucoup
et bien hors de l'école. Tout le monde au garde à vous!
Les corps d'inspection sont rappelés
fermement au "devoir d'obéissance"... On ne leur avait jamais
rappelé depuis la seconde guerre mondiale, pas même pour faire appliquer la loi
d'orientation de 1989.
Les services académiques sont sommés d'autoriser les
journalistes à visiter les "bonnes classes", celle de
Madame BOUTONNET, célèbre tenante de la pédagogie de nos grands parents et
prétendue victime de mauvais inspecteurs, celle de son amie Mme CANDELIER,
distinguée pourvoyeuse de clients pour les orthophonistes. Une conférence de
BRIGHELLI ("la fabrique du crétin") à LILLE bénéficie d'une grande
publicité dans toutes les écoles de la région... et dans Télérama.
Voici venu le temps de la pensée unique, avec
un grand coup de gomme sur le constat d'échec de l'école de J. FERRY dans les
années 60, avec un profond mépris pour le travail des enseignants engagés dans
la construction d'une école à la mesure des nouveaux enjeux de la société en mouvement,
avec une volonté intraitable de nier la place de l'intelligence dans les
apprentissages.
L'échec scolaire massif, la ségrégation sociale,
la destruction de l'école publique justifiant son abandon au profit
d'un système ultra libéral, la crise de la société sont à
l'horizon... "L'école ou la guerre civile", ce titre d'un livre
de Philippe MEIRIEU serait malheureusement prémonitoire. Si seulement les
citoyens, les parents, les consultés des sondages étaient honnêtement informés...
Pierre FRACKOWIAK
26/01/2006