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GFEN 38
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Eduquer
et former : deux pôles qui sont les racines et préparent l’avenir de toute
société. Le GFEN, dans la genèse d’une longue filiation historique de
l’éducation nouvelle, n’a cessé de s’interroger sur ce qui en constituent
incertitudes et impasses. Non pour se satisfaire de constats ou prescriptions
mais pour que toute analyse ne tienne la crédibilité des éléments critiques qui
l’accompagnent que dans la recherche et l’impulsion d’alternatives positives
dans l’interaction entre théorie et pratique, entre contenus et méthodes, entre
savoirs et sujets impliqués.
Le
GFEN, dès ses débuts, n’a cessé de s’opposer aux inégalités et exclusions, et
surtout à leur acceptation, sous toutes ses formes. Car, dès l’école, si tous
les enfants y entrent – en droit – tous égaux, c’est inégaux – en fait – qu’ils
en sortent. Il y a contradiction entre une affirmation d’égalité politique et
une réalité d’inégalités sociales qui, sur les lieux de l’apprendre, se
transforment en inégalités scolaires et de formation. D’où la nécessité, dans
le refus de tels constats, d’une autre exigence démocratique se traduisant par
des alternatives multiples.
Tous
capables
Depuis
longtemps, dans la mise en cause de l’idéologie des “ dons ”, puis de
celle des “ handicaps socioculturels ” apportant des réponses
élitistes à la question de l’échec scolaire ségrégatif, le GFEN a posé le pari
philosophique du “ Tous
capables ” en affirmant que tous les hommes, tous les enfants des hommes,
comme tous les peuples, ont des potentialités immenses, plus souvent
insoupçonnées et sacrifiées que reconnues et développées. Potentialités à
exercer leur pouvoir de penser, de décider et d’agir, potentialités à se
construire savoirs, compétences et projets, si toutefois les situations qu’ils
vivent le rendent possible. C’est là où les pratiques d’éducation et de
formation, dans l’insu ou le délibéré, prennent une grande responsabilité. Car
il s’agit moins de compter sur le déjà-là de motivations qui devraient aller de
soi que de mobiliser et mettre en effervescence, dans des situations qui les
rendent possibles, ces potentialités qui s’ignorent ou se refusent.
Aujourd’hui le malaise est grand, au
regard d’une société cloisonnée et face à un avenir incertain : enfants,
jeunes, adultes, et jusqu’aux enseignants et formateurs sont touchés par une
fragilisation identitaire, alors même que se vivent et s’expriment des
aspirations à penser et agir autrement.
Restituer
aux savoirs leurs dimensions culturelles et émancipatrices
Face
à une forme de déculturation, de chosification auxquels les savoirs du
patrimoine scientifique et culturel sont trop souvent soumis, quand ils
deviennent savoirs-scolaires ou de formation, parce que transmis comme
produits finis, dépouillés des interrogations et contre-évidences dont ils sont
nés, des défis à l’ignorance et aux fatalités qu’ils ont surmontés, le GFEN
cherche à restituer aux savoirs leurs dimensions culturelles et émancipatrices.
Il s’agit en effet que se construise du sens dans les savoirs appris en
retrouvant ce qui, pour eux-mêmes, les ont construits. C’est pourquoi, c’est en
interrogeant les concepts fondamentaux qui constituent tous savoirs, dans
l’aventure créatrice dont ils sont issus, que l’acte d’apprendre peut devenir
rencontre où entrent en interaction la portée émancipatrice – constitutivement
civilisatrice – des savoirs avec les potentialités créatrices et structurantes
(en émergence et développement) de l’apprenant. Moins dans un apprendre à
apprendre que dans un apprendre à comprendre, à partir de situations où les
impasses qui se présentent appellent à la fois la mobilisation d’acquis et
schèmes antérieurs en même temps que l’invention “ in situ ” de
conduites nouvelles par un sujet qui y est de multiples façons impliqué .
Devenir citoyen dans le savoir
Face au formalisme d’une transmission de
principes prescrits de citoyenneté et de démocratie, notamment par des
heures-ajoutées, hors les pratiques d’enseignement et le fonctionnement réel de
la vie scolaire, le GFEN a conçu, tant sur le plan des savoirs et compétences
que sur celui de l’élaboration et la réalisation des projets, une pratique de démarche
d’auto-socio-construction des savoirs, ainsi que des
projets, où sont en interaction recherche individuelle et confrontation
avec les autres. Ainsi s’exerce
(autrement qu’en terme de pédagogies différenciées ou individualisées) la prise
en compte des différences, suscitant une décentration par rapport à soi,
bénéfique aussi bien pour l’imaginaire que pour l’objectivation rendue ainsi
d’autant plus nécessaire. Ainsi se vit et s’exerce en même temps, dans l’écoute
et l’argumentation mutuelle, un apprentissage effectif à la résolution
non-violente des conflits, à la vie coopérative, au cœur de la mise en débat et
en partage avec les autres.
L’enjeu
n’est plus seulement de devenir citoyen devant le savoir, au niveau des
droits comme à celui d’une “ égalité des chances ” fort ambigüe quand
elle s’accompagne de compétition et de bonne conscience à l’endroit des laissés
pour compte.
L’enjeu
n’est même pas de devenir citoyen par le savoir, quand les pratiques
de transmission, conduisant à “ suivre ” et “ appliquer ”
définitions et explications apportées trop souvent comme évidences a priori,
transmettent en fait qu’apprendre ne se peut qu’en déléguant à d’autres son
pouvoir de penser. C’est pourquoi, c’est sur la base d’un autre pari et d’un
travail de mise en cohérence entre un autre rapport au savoir, et un autre
rapport à la pratique de ce savoir, que le GFEN pose la possibilité de devenir citoyen dans le savoir. Car, c’est en construisant son savoir,
face à des situations-problèmes qui font sens, parce que délibérément globales
et complexes, que chacun, confronté à la fois à lui-même et aux autres, peut,
ce faisant, se construire dans sa pleine dimension de sujet, à la fois
singulier et social.
Former ou transformer ?
Question majeure pour notre temps quand l’accélération et la démultiplication des savoirs et compétences rendent nécessaire plus que jamais d’apprendre à penser, analyser et comprendre pour décider et agir, quand une pensée unique galopante envahit les modes d’approche du rapport aux hommes et au monde. La notion même de “ former ” (qui est donner forme) interroge et inquiète quand il s’agit de s’apprendre à faire face autrement aux savoirs, aux choses et aux hommes ; quand toute formation véhicule au cœur même de ses pratiques, des valeurs et contenus latents qui, quels que soient les contenus manifestes annoncés, sont intériorisés comme tels pour être plus tard reproduits. C’est face à une telle incohérence entre les contenus prescrits de formation et les pratiques réelles, que le GFEN a élaboré des situations de formation des adultes où les formés vivent pour eux-mêmes des processus qui les impliquent. Processus dont l’analyse et les théorisations dont ils sont porteurs conduisent chacun, en les exerçant, à élaborer le sens et la problématique d’auto-socio-construction des savoirs, compétences et projets. Car il s’agit de lever le malaise non élucidé, notamment pour les futurs enseignants et formateurs, quand ils se retrouvent en contact avec enfants, jeunes ou adultes, de ne pouvoir faire ce qu’on leur a dit qu’il était bien de faire alors que, pour eux-mêmes, ils n’ont pu vivre qu’il était bien de le faire !
En définitive, que ce soit dans et hors l’école, en
tous lieux où se jouent éducation et formation et tout au long de la vie, le
GFEN n’a de cesse de porter des analyses et d’élaborer des pratiques et
théorisations qui cherchent, non point seulement à faire que chacun échappe aux
inégalités et injustices, mais bien plus qu’il puisse s’apprendre à construire
et transformer, avec les autres, comme sujet autonome et solidaire, dans une
perspective de démocratie coopérative, ce monde en devenir.
revue DIALOGUE
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§ Savoir et citoyenneté en banlieue (n°83 et 84) |
§ “ Je t’aide, moi non plus ” (n° 91) |
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§
Singulières
résistances
(n°85) |
§ Evaluation (n° 92) |
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§
Au cœur des
pratiques, le travail (n°86) |
§ Devoir de mémoire, devoir d’histoire (n° 93) |
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§
Cultures,
singulier, pluriel.
(n°87) |
§ Mais où sont passés les savoirs ? (n° 94) |
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§
Formation à la
démocratie (n°88) §
Quoi de neuf
du côté de l’écriture (n° 89 et 90) |
§ Penser l’action, l’engagement, le projet (n°95) § Pratiques de savoir en banlieue (n°96 et 97) |
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REVUES
DE SECTEURS / BROCHURES :
·
Cahier de poèmes (Secteur Ecriture-Poésie)
·
“ pratiques de la philosophie ” (Secteur
philosophie)
·
GRAFFITE
(Secteur Arts plastiques, recherche, création)
·
Bulletins :
Grammaire, Lecture, Ecriture, Orthographe, Géométrie, Sciences, Technique,
Violence et loi, Du sens de l’école, Un projet : apprendre, …
·
DIALANGUE
(Secteur Langues)
livres récents :
v
Le sens de l’expérience
scolaire, Jean-Yves
Rochex, PUF, 1995
v
Construire ses
savoirs, construire sa citoyenneté, de l’école à la cité (coll. GFEN), Chronique
sociale, 1996
v Comment les enfants entrent dans la culture
écrite, Jacques
BERNARDIN, éditions RETZ, 1997
v
Se construire
dans le savoir, à l’école, en formation d’adultes, Odette
BASSIS, ESF éditeur, 1998
v
Réussir en
langues, collectif
du secteur Langues GFEN, Chronique Sociale, 1999
v Apprendre en projets, La pédagogie du
projet-élèves, Michel HUBER, Chronique Sociale, 1999
v Les chemins des savoirs en maternelle,
M. Libratti / Ch. Passerieux, Chronique Sociale, 2000
v (Se) former par les situations-problèmes, M.
Huber / A. Dallongeville, Chronique Sociale, 2000
v L’écriture, ça émancipe, collectif du secteur Ecriture gfen, Ed. Cahiers de Poèmes, 2000