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 groupe français d’éducation nouvelle            

 mouvement de recherche et de formation en éducation

  agréé par les ministères de l’Education Nationale et de la Jeunesse et des Sports

                   6, av. Spinoza  94200  IVRY        tel: 01 46 72 53 17     fax: 01 46 71 63 38

 

GFEN 38

Le Moyroud, 38690 St Didier de Bizonnes

04 74 92 36 47 ou 04 74 94 49 87 ou 04 74 43 24 12

gfen38@wanadoo.fr

 

Eduquer et former : deux pôles qui sont les racines et préparent l’avenir de toute société. Le GFEN, dans la genèse d’une longue filiation historique de l’éducation nouvelle, n’a cessé de s’interroger sur ce qui en constituent incertitudes et impasses. Non pour se satisfaire de constats ou prescriptions mais pour que toute analyse ne tienne la crédibilité des éléments critiques qui l’accompagnent que dans la recherche et l’impulsion d’alternatives positives dans l’interaction entre théorie et pratique, entre contenus et méthodes, entre savoirs et sujets impliqués.

Le GFEN, dès ses débuts, n’a cessé de s’opposer aux inégalités et exclusions, et surtout à leur acceptation, sous toutes ses formes. Car, dès l’école, si tous les enfants y entrent – en droit – tous égaux, c’est inégaux – en fait – qu’ils en sortent. Il y a contradiction entre une affirmation d’égalité politique et une réalité d’inégalités sociales qui, sur les lieux de l’apprendre, se transforment en inégalités scolaires et de formation. D’où la nécessité, dans le refus de tels constats, d’une autre exigence démocratique se traduisant par des alternatives multiples.

Tous capables 

Depuis longtemps, dans la mise en cause de l’idéologie des “ dons ”, puis de celle des “ handicaps socioculturels ” apportant des réponses élitistes à la question de l’échec scolaire ségrégatif, le GFEN a posé le pari philosophique du “ Tous capables ” en affirmant que tous les hommes, tous les enfants des hommes, comme tous les peuples, ont des potentialités immenses, plus souvent insoupçonnées et sacrifiées que reconnues et développées. Potentialités à exercer leur pouvoir de penser, de décider et d’agir, potentialités à se construire savoirs, compétences et projets, si toutefois les situations qu’ils vivent le rendent possible. C’est là où les pratiques d’éducation et de formation, dans l’insu ou le délibéré, prennent une grande responsabilité. Car il s’agit moins de compter sur le déjà-là de motivations qui devraient aller de soi que de mobiliser et mettre en effervescence, dans des situations qui les rendent possibles, ces potentialités qui s’ignorent ou se refusent. Aujourd’hui  le malaise est grand, au regard d’une société cloisonnée et face à un avenir incertain : enfants, jeunes, adultes, et jusqu’aux enseignants et formateurs sont touchés par une fragilisation identitaire, alors même que se vivent et s’expriment des aspirations à penser et agir autrement.

Restituer aux savoirs leurs dimensions culturelles et émancipatrices 

Face à une forme de déculturation, de chosification auxquels les savoirs du patrimoine scientifique et culturel sont trop souvent soumis, quand ils deviennent savoirs-scolaires ou de formation, parce que transmis comme produits finis, dépouillés des interrogations et contre-évidences dont ils sont nés, des défis à l’ignorance et aux fatalités qu’ils ont surmontés, le GFEN cherche à restituer aux savoirs leurs dimensions culturelles et émancipatrices. Il s’agit en effet que se construise du sens dans les savoirs appris en retrouvant ce qui, pour eux-mêmes, les ont construits. C’est pourquoi, c’est en interrogeant les concepts fondamentaux qui constituent tous savoirs, dans l’aventure créatrice dont ils sont issus, que l’acte d’apprendre peut devenir rencontre où entrent en interaction la portée émancipatrice – constitutivement civilisatrice – des savoirs avec les potentialités créatrices et structurantes (en émergence et développement) de l’apprenant. Moins dans un apprendre à apprendre que dans un apprendre à comprendre, à partir de situations où les impasses qui se présentent appellent à la fois la mobilisation d’acquis et schèmes antérieurs en même temps que l’invention “ in situ ” de conduites nouvelles par un sujet qui y est de multiples façons impliqué .

Devenir citoyen dans le savoir 

Face au formalisme d’une transmission de principes prescrits de citoyenneté et de démocratie, notamment par des heures-ajoutées, hors les pratiques d’enseignement et le fonctionnement réel de la vie scolaire, le GFEN a conçu, tant sur le plan des savoirs et compétences que sur celui de l’élaboration et la réalisation des projets, une pratique de démarche d’auto-socio-construction des savoirs, ainsi que des projets, où sont en interaction recherche individuelle et confrontation avec les autres.  Ainsi s’exerce (autrement qu’en terme de pédagogies différenciées ou individualisées) la prise en compte des différences, suscitant une décentration par rapport à soi, bénéfique aussi bien pour l’imaginaire que pour l’objectivation rendue ainsi d’autant plus nécessaire. Ainsi se vit et s’exerce en même temps, dans l’écoute et l’argumentation mutuelle, un apprentissage effectif à la résolution non-violente des conflits, à la vie coopérative, au cœur de la mise en débat et en partage avec les autres.

L’enjeu n’est plus seulement de devenir citoyen devant le savoir, au niveau des droits comme à celui d’une “ égalité des chances ” fort ambigüe quand elle s’accompagne de compétition et de bonne conscience à l’endroit des laissés pour compte.

L’enjeu n’est même pas de devenir citoyen par le savoir, quand les pratiques de transmission, conduisant à “ suivre ” et “ appliquer ” définitions et explications apportées trop souvent comme évidences a priori, transmettent en fait qu’apprendre ne se peut qu’en déléguant à d’autres son pouvoir de penser. C’est pourquoi, c’est sur la base d’un autre pari et d’un travail de mise en cohérence entre un autre rapport au savoir, et un autre rapport à la pratique de ce savoir, que le GFEN pose la possibilité de devenir citoyen dans le savoir. Car, c’est en construisant son savoir, face à des situations-problèmes qui font sens, parce que délibérément globales et complexes, que chacun, confronté à la fois à lui-même et aux autres, peut, ce faisant, se construire dans sa pleine dimension de sujet, à la fois singulier et social.

Former ou transformer ?

Question majeure pour notre temps quand l’accélération et la démultiplication des savoirs et compétences rendent nécessaire plus que jamais d’apprendre à penser, analyser et comprendre pour décider et agir, quand une pensée unique galopante envahit les modes d’approche du rapport aux hommes et au monde. La notion même de “ former ” (qui est donner forme) interroge et inquiète quand il s’agit de s’apprendre à faire face autrement aux savoirs, aux choses et aux hommes ; quand toute formation véhicule au cœur même de ses pratiques, des valeurs et contenus latents qui, quels que soient les contenus manifestes annoncés, sont intériorisés comme tels pour être plus tard reproduits. C’est face à une telle incohérence entre les contenus prescrits de formation et les pratiques réelles, que le GFEN a élaboré des situations de formation des adultes où les formés vivent pour eux-mêmes des processus qui les impliquent. Processus dont l’analyse et les théorisations dont ils sont porteurs conduisent chacun, en les exerçant, à élaborer le sens et la problématique d’auto-socio-construction des savoirs, compétences et projets. Car il s’agit de lever le malaise non élucidé, notamment pour les futurs enseignants et formateurs, quand ils se retrouvent en contact avec enfants, jeunes ou adultes, de ne pouvoir faire ce qu’on leur a dit qu’il était bien de faire alors que, pour eux-mêmes, ils n’ont  pu vivre qu’il était bien de le faire !

 

En définitive, que ce soit dans et hors l’école, en tous lieux où se jouent éducation et formation et tout au long de la vie, le GFEN n’a de cesse de porter des analyses et d’élaborer des pratiques et théorisations qui cherchent, non point seulement à faire que chacun échappe aux inégalités et injustices, mais bien plus qu’il puisse s’apprendre à construire et transformer, avec les autres, comme sujet autonome et solidaire, dans une perspective de démocratie coopérative, ce monde en devenir.

 

Les productions RECENTES du gfen

revue DIALOGUE     

§         Savoir et citoyenneté en banlieue (n°83 et 84)       

§         “ Je t’aide, moi non plus ”                    (n° 91)

 

§         Singulières résistances                   (n°85)

§         Evaluation                                              (n° 92)

 

§         Au cœur des pratiques, le travail  (n°86)

§         Devoir de mémoire, devoir d’histoire  (n° 93)

 

§         Cultures, singulier, pluriel.            (n°87)

§         Mais où sont passés les savoirs ?          (n° 94)

 

§         Formation à la démocratie             (n°88)

§         Quoi de neuf du côté de l’écriture (n° 89 et 90)

§         Penser l’action, l’engagement, le projet   (n°95)

§         Pratiques de savoir en banlieue (n°96 et 97)

 

 

§         Dialogue.com : de liens en réseaux (n°98 décembre 2000)

§         Formation (n°99 février 2001)

REVUES DE SECTEURS / BROCHURES :

·          Cahier de poèmes (Secteur Ecriture-Poésie)

·          “ pratiques de la philosophie ” (Secteur philosophie)

·          GRAFFITE (Secteur Arts plastiques, recherche, création)

·          Bulletins : Grammaire, Lecture, Ecriture, Orthographe, Géométrie, Sciences, Technique, Violence et loi, Du sens de l’école, Un projet : apprendre, …

·          DIALANGUE (Secteur Langues)

 

livres  récents :

v       Le sens de l’expérience scolaire, Jean-Yves Rochex, PUF, 1995

v       Construire ses savoirs, construire sa citoyenneté, de l’école à la cité (coll. GFEN), Chronique sociale, 1996

v      Comment les enfants entrent dans la culture écrite, Jacques BERNARDIN, éditions RETZ, 1997

v       Se construire dans le savoir,  à l’école, en formation d’adultes, Odette BASSIS, ESF éditeur, 1998

v       Réussir en langues, collectif du secteur Langues GFEN, Chronique Sociale, 1999

v      Apprendre en projets, La pédagogie du projet-élèves, Michel HUBER, Chronique Sociale, 1999

v      Les chemins des savoirs en maternelle, M. Libratti / Ch. Passerieux, Chronique Sociale, 2000

v      (Se) former par les situations-problèmes, M. Huber / A. Dallongeville, Chronique Sociale, 2000

v      L’écriture, ça émancipe, collectif du secteur Ecriture gfen, Ed. Cahiers de Poèmes, 2000

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