|
T |
out
a commencé au printemps 1996 par la rencontre avec un vieil habitant de Perrier
qui me raconta l’histoire d’une petite catastrophe locale évitée de
justesse : il avait arrêté, au dernier moment, une entreprise venue
creuser une tranchée dans une rue du village, en lui apprenant que la
pelleteuse était sur le point de détruire un ancien souterrain qui, construit
il y a plusieurs siècles, drainait les eaux d’un ravin. Le vieil homme, heureux
d’avoir trouvé une oreille attentive, me parla alors des nombreux souterrains
qui couraient sous le village et des légendes qui s’y rattachaient. Me revint
alors en mémoire la phrase « à chaque fois qu’une vieille personne s’éteint,
c’est une bibliothèque qui disparaît ».
À l’époque, le Centre de Loisirs culturels de
Perrier s’était lancé, en collaboration avec l’École primaire du village, dans
une expérience d’aménagement du temps de l’enfant dont la finalité réelle était
de créer une synergie entre les activités scolaires et les activités péri et
post-scolaires dans la perspective de préparer les jeunes à souhaiter, plus
tard, poursuivre leur éducation de façon permanente dans des domaines variés.
La découverte de l’environnement, géographique, historique, naturel était l’un
des pivots de cet aménagement. Perrier avait été agréé à cet effet par le
Ministre de la Jeunesse et des Sports comme l’un des deux sites pilotes du Puy
De Dôme. (les pages Internet à l’adresse http://perso.wanadoo.fr/georges.herve3
évoquent notamment cette action)
Le lancement du groupe « CONNAÎTRE PERRIER
D’HIER ET D’AUJOURD’HUI » dans le cadre du Centre de Loisirs culturels
venait s’inscrire comme un enrichissement de cette expérience : il devait
être le départ d’activités culturelles menées coopérativement par des adultes
dans la perspective de l’éducation permanente ; de plus, être l’occasion
de rencontres entre les générations ; permettre également de recueillir
une documentation aussi riche que possible sur le village et ses environs,
documentation qui pourrait éveiller l’intérêt des enfants et des jeunes du
village, alimenter leurs propres recherches…
Perrier, enfin, trop proche de la ville d’Issoire,
était en passe de devenir un simple village dortoir : en se penchant sur
son passé, ses habitants lui rendraient sa mémoire et, partant, son identité.
Un groupe d’une douzaine de
Perriérois se lança donc à la recherche de documents concernant le passé de
Perrier : la récolte fut suffisamment fructueuse pour qu’une première
exposition pût être organisée dès les 9, 10 et 11 novembre 1996 sur le thème PERRIER, 1850 - 1950, cent ans d’histoire
locale. Cet essai fut
concluant : les documents anciens affluèrent, ce qui permit d’organiser
deux nouvelles expositions sur Perrier au cours des deux années qui suivirent.
C’est
à l’occasion de l’une de ces expositions que le curé du village nous parla
d’archives paroissiales que lui avait transmises son prédécesseur. Il nous
confia ces archives en 2000, après son départ en retraite : plus de 500
pièces. La plus ancienne est le registre paroissial des baptêmes dont le
premier acte remonte à avril 1586. Ces archives donnent des aperçus
irremplaçables sur la vie de la paroisse de Perrier au cours des 17ième,
18ième et 19ième siècle. Il faut se remémorer que, jusqu’à la révolution de 1789, l’entité
« commune » se confondait avec la paroisse, dans bien des villages.
La vie paroissiale tend donc à se confondre avec la vie quotidienne des gens de
cette époque.
La
lisibilité de ces archives est très inégale ; l’encre n’a pas toujours
résisté au temps, l’orthographe était loin d’être fixée ; la plupart des
pièces sont d’origine juridique et la langue utilisée est loin d’avoir la
clarté de celle de Molière ou Racine. Une petite équipe de cinq personnes en
dressa d’abord un inventaire puis s’attela à la transcription et à
l’informatisation de ces pièces.
Faut-il
ajouter que nous avons été de découverte en découverte au cours de ces
années : ce village dont plusieurs d’entre nous ne connaissaient
pratiquement rien s’est révélé d’une richesse patrimoniale tout à fait
exceptionnelle, tant au plan géologique que géographique, paléontologique,
historique, environnemental, sociologique… La mise en évidence de cette
richesse a conduit à la fondation d’une association qui se consacre depuis 6
ans à la sauvegarde de ce patrimoine, et d’abord à celle du village des Roches,
très ancien site d’habitation troglodytique qui était entrain de disparaître
sous les effets conjugués de l’érosion et de l’invasion de la végétation.
Quatre personnes consacrent leurs samedis et souvent bien plus à la
réhabilitation du site des grottes de Perrier : travail gigantesque qui a
été reconnu notamment par l’attribution, en 2001, du premier prix d’un concours
régional portant sur la préservation du patrimoine local et sa mise en valeur.
Cet
ouvrage est le premier d’une série qui devrait nous conduire, à terme, jusqu’à
nos jours. Il tente de faire revivre
PERRIER, UNE PAROISSE DE BASSE AUVERGNE AU 17ième SIÈCLE.
***
Il
comporte trois parties essentielles dont les deux premières composent une brochure imprimée de 91 pages au format A4, disponible au Centre de
loisirs culturels de 63500 PERRIER, au prix de 12 € (+ 2,65 € de frais de port)
– chèque à l’ordre du Centre de Loisirs de Perrier.
Ces
trois parties sont :
·
un exposé de la vie de la paroisse au cours du 17ième
siècle à partir de quelques faits notables reconstitués grâce aux archives
paroissiales ;
·
un glossaire détaillé qui permet de mieux comprendre
à la fois certains termes employés à l’époque et d’éclairer certains points de
la vie au 17ième siècle ;
·
la transcription intégrale de toutes les pièces qui
nous ont servi à rédiger cet exposé ; elles forment les annexes qui,
compte tenu de leur volume ne seront accessibles que sur un site Internet dont
l’adresse sera communiquée par la suite. Ces archives intéresseront surtout les
étudiants et les chercheurs.
Le
seul document iconographique ancien concernant PERRIER que nous ayons retrouvé
est le dessin de la maison forte de Siorac, réalisé par Revel vers 1450 pour
l’armorial d’Auvergne, du Bourbonnais et du Forez, à la demande de Charles Ier,
duc de Bourbon et comte d’Auvergne. On peut également considérer un écu taillé
dans l’une des faces d’une pierre d’un bâtiment qui devait être situé en
bordure de la propriété des seigneurs de la Bâtisse, comme un document
iconographique. Cet écu représente les armes de la famille de la Volpilière à
qui appartint le fief de la Bâtisse au 16ième siècle ( son dernier
représentant mourut au début du 17ième siècle). Ces deux documents
illustrent cet ouvrage.
Pour
agrémenter le texte, nous avons ajouté, en hors textes, quelques vues des
grottes de Perrier (dont la plus ancienne est une gravure remontant
vraisemblablement au 18ième siècle) et quelques reproductions de
gravures d’époque qui pourront supporter l’imagination des lecteurs.