LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L. N°10.2 Octobre 2002
Sommaire
Extraits
de la Charte éthique :
D'une
culture de la violence..
...
vers une culture de non-violence et de paix
L'éducation
à la non-violence dans l'enseignement : objectifs de la coordination.
Transformation
personnelle/transformation sociale : Interactions.
L'origine et le développement du
projet
La revue Transversales
science/culture
Charte
du réseau des écoles de citoyens (extraits)
Contre
la destruction des écoles à taille humaine :
Quelles
réponses à la délinquance des mineurs ?
***
L'éducation
a été la grande absente durant les dernières campagnes électorales, ce qui
démontre que les questions qui s'y rapportent n'avaient pas été jugées
électoralement "payantes" par les conseillers en communication,
modernes éminences grises de la classe politique.
Si
la presse, la radio et la télévision ont en général assez largement évoqué le
forum social qui s'est tenu à Porto Alegre en février dernier, les échos du
forum mondial sur l'éducation, qui s'était tenu dans la même ville quelques
mois auparavant, ont été plutôt rares.
En
cette veille de Toussaint c'est dans l'indifférence générale que le C.N.I.R.S.[1]
est vidé du peu de substance qui lui
avait été concédée – à contre cœur -
par la Haute Administration…
Pourtant, quelques récentes initiatives qui sont
rapportées ci-dessous, nous amènent à ne pas désespérer totalement pour
l'avenir. Ceux qui ont participé au tout début des années 60 aux premières
tentatives visant à poser, sur la place publique, les questions touchant
l'école, peuvent même se prendre à espérer qu'un vrai mouvement de fond est
entrain de se chercher sinon de prendre forme. Alors qu'il y a une quarantaine
d'années, les initiatives partaient presque uniquement d'enseignants, militants
de mouvements pédagogiques, et portaient essentiellement sur les pratiques
pédagogiques, la prise de conscience s'étend maintenant bien au-delà de ces cercles[2]
; conscience qu'aucune solution durable aux graves menaces auxquelles nous, nos
sociétés, notre planète, sommes confrontés ne sera viable si elle ne repose
d'abord sur de nouvelles formes d'éducation. Ce qui amène certains
acteurs de la "société civile", intermédiaire entre les
citoyens-électeurs et les politiques-décideurs, à poser des questions de fond
d'ordre éthique et politique.
La violence omniprésente, sous toutes ses formes, nous
oblige – ou devrait nous obliger – à poser ce type de questions. Dans une
précédente Lettre de REVEIL[3],
un ami de l'A.F.L. soulignait l'imprégnation de nos esprits par le
"paradigme de la domination", fondement de la relation
dominant/dominé[4] marquée par
la violence faite ou subie. Volonté de dominer, violence, sont-elles des
composantes incontournables de la "nature
humaine"[5]
ou ne sont-elles pas plutôt des composantes culturelles transmises par
certaines formes d'éducation ? Est-il possible de promouvoir une culture de la
non-violence et de la paix ? Faisant suite à un appel lancé en 1998 par les
prix Nobel de la Paix, une coordination internationale, relayée dans notre pays
par une coordination française milite dans ce sens. Ci-dessous, nous présentons
de larges extraits de sa Charte éthique ainsi qu'un résumé des objectifs
proposés en matière d'éducation.
Faut-il "changer la société pour changer
l'école" ou "changer l'école pour changer la société" ? Les
Cahiers pédagogiques ont choisi depuis des décennies de militer pour mener de
front les deux alternatives. Mais peut-on vouloir des transformations sociales
sans se transformer soi-même ? A l'initiative du réseau Transversales
Science/culture, une nouvelle association, Interactions regroupe des associations et des
personnalités dans un projet visant à "développer une spirale entre
développement personnel et développement social ou collectif". L'éducation
occupe naturellement une place importante dans ce projet. La présentation que
nous en faisons ci-dessous s'inspire d'une plaquette de présentation de
l'association INTERACTIONS TP/TS et d'un article d'Annie Battle paru dans LE
MONDE-INITIATIVES d'octobre 2002.
L'éducation populaire, qui s'est développée au cours
de la première moitié du 20ième siècle, a connu un certain déclin du
fait des transformations sociologiques qui ont marqué les quarante dernières
années. C'est pourtant sur elle que repose "l'éducation continuée"
qui, avec "l'éducation première" dispensée par l'école, constituera
l'éducation permanente qui s'impose de plus en plus comme le grand-œuvre du
présent siècle. Le Réseau des Ecoles de Citoyens (RECIT), créé en juin 2002
s'est donné comme objectif de créer une éducation populaire pour le 21ième
siècle. Nous présentons de larges extraits de sa Charte.
A travers ces trois initiatives récentes (il en est
sans doute bien d'autres qu'il nous reste à découvrir), ce sont bien les
questions des finalités de l'éducation qui sont abordées. C'est à leur lumière
qu'il faut repenser les structures : et d'abord revenir à des structures de
taille humaine. L'association ÉCOLE et TERRITOIRE milite activement contre la
fermeture des écoles et collèges ruraux. Son action se situe évidemment dans le
contexte global de la lutte contre une gestion purement comptable des services
publics et, finalement, de la société dans son ensemble.
Éduquer ou instruire ? c'est le thème d'un
échange présenté dans le numéro 2 de la nouvelle série de Transversales.
Éduquer afin d'instruire : ce sera le thème d'un colloque organisé
conjointement par deux associations de notre réseau, la Fondation pour le
progrès en éducation et l'Association pour un éveil à la responsabilité à
l'école (Aéré), en janvier prochain.
"Quelles réponses apporter à la délinquance des
mineurs ?" : ce thème de la journée d'études organisée par DEI-France le
16 novembre prochain aborde un problème d'une actualité brûlante. Pour le
traiter, nul doute que les différents intervenants se situeront dans les
perspectives des actions évoquées dans cette Lettre.
***
« Aujourd'hui dans
chaque pays du monde, de nombreux enfants souffrent des effets de la violence;
beaucoup vivent une ''culture de la violence".
Nous croyons que
chaque enfant peut découvrir que la violence n'est pas une fatalité. Nous
pouvons offrir de l'espoir en commençant à créer une nouvelle « Culture de la
non‑violence ».
Ensemble, nous
pouvons bâtir une culture de la non‑violence pour l'être humain, qui
donnera de l'espérance à l'humanité toute entière et surtout aux enfants de
notre monde. »
(Extraits
de l'Appel des lauréats du Prix Nobel de la Paix Pour les Enfants du Monde ‑
1er juillet 1997)
La culture de la
violence justifie et valorise le recours à la violence dans les différents
domaines de la vie, de façon courante ou exceptionnelle. Cette culture, qui ne
permet pas une paix véritable, a été prédominante dans l'histoire de l'humanité
jusqu'à aujourd'hui, même si bien des tentatives pour s'en échapper ont marqué
l'histoire humaine et si de nombreuses règles ont été posées pour limiter cette
violence.
Dans une telle
culture, les valeurs sont centrées sur la satisfaction immédiate des besoins et
la recherche du profit pour quelques-uns au détriment des conditions de vie du
plus grand nombre, ainsi que de l'intérêt des générations futures. L'emploi de
la violence vise à dominer et à exploiter l'autre, à blesser et à détruire ce
qui fait la dignité humaine, à savoir la liberté, l'intégrité de chacun, la
justice, la paix et jusqu'à la vie elle-même. Cette dynamique de domination au
niveau international, qui se traduit par une compétition économique exacerbée
et un surarmement, engendre un développement des conflits.
Dans une culture de
violence, les Droits humains et les règles démocratiques sont méprisés, les
biens et les ressources sont inégalement répartis, l'information n'est ni libre
ni objective, les consciences doivent souvent subir la pression d'une idéologie
dominante, l'environnement est détruit.
………
Les jeunes subissent
aussi l'influence des modèles socioculturels qui véhiculent une idéologie de la
violence, notamment à travers l'éducation, les médias et les jeux.
Cette culture de la
violence conduit bon nombre de ces jeunes soit à la soumission et au désespoir,
soit à la révolte qui les pousse à la haine et à de nouvelles violences,
parfois meurtrières et souvent suicidaires. Or, si la violence est parfois pour
un individu ou un peuple un moyen de s'exprimer, de revendiquer ses droits
quand il n'a pu faire autrement et que sa parole n'a pas été entendue, elle
est, comme acte de révolte, de rébellion face aux injustices, vouée à l'échec
car elle n'apporte aucune solution durable au conflit et porte en elle les
germes d'autres violences. Ceci doit nous inviter à rechercher avec toujours
plus d'énergie des alternatives efficaces.
Il est donc de notre
devoir de créer les conditions qui permettront aux jeunes du monde entier de
trouver la force qui nous a manqué pour transformer cette culture en une
culture de vie.
Chaque être humain
porte en lui la violence qui lui est transmise par cette histoire et cette
culture de l'humanité. Mais ce n'est pas une fatalité. Si l'être humain est
capable de violence, il est aussi capable de non-violence. Cela suppose que
tous se mettent à l'œuvre. Ce travail déjà commencé doit être développé pour
que la non-violence devienne le fondement de notre culture.
La culture de
non-violence est fondée sur le respect de la vie et de la dignité de chaque
être humain, sans exception. Ses valeurs sont la vérité, la justice, la
compassion, le pardon et l'amour. Dans une telle culture, la violence sous
toutes ses formes (physique, sexuelle, psychologique, économique et sociale)
est combattue par la lutte contre les injustices et la recherche de solution
aux conflits qui permettent de sortir de la spirale de la violence et de créer
les conditions d'une réconciliation et de relations nouvelles, basées sur la
justice et la solidarité. Il ne s'agit pas de fuir ou de nier les conflits mais
de les gérer d'une autre façon.
Le développement d'une
telle culture suppose l'éducation des consciences en faveur d'un engagement
libre et généreux pour une vie en dignité et en paix. Cela implique que les
individus et les groupes découvrent la force de la non-violence et se forment à
ses méthodes. Pour cela, il est nécessaire que la régulation non-violente des
conflits et le respect des Droits humains soient enseignés et mis en pratique
dès le plus jeune âge, dans les familles, dans les écoles et dans tous les
établissements d'enseignement et de formation."
"La « Décennie internationale de la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde » est l'occasion de généraliser l'intégration de l'éducation à la non-violence dans les programmes scolaires et les pratiques pédagogiques.
Pour cela, nous voulons :
-
évaluer l'attente des
jeunes et des différents acteurs de l'éducation vis à vis des problèmes de
violence et en matière de formation à la paix et à la non-violence ;
-
susciter une réflexion
sur des pratiques pédagogiques s'inspirant des principes de la non-violence ;
-
mettre en place des
modules spécifiques à la gestion non-violente des conflits et à la médiation
dans les programmes scolaires, dans les programmes de formation des enseignants
(IUFM ou sciences de l'éducation) et dans la formation de l'ensemble des
personnels des établissements scolaires ;
-
élaborer des outils à
l'usage des enseignants, des élèves et des parents d'élèves et diffuser ceux
qui existent déjà ;
-
faire naître des projets
qui permettent aux jeunes et aux différents intervenants de la communauté
éducative de devenir des acteurs locaux de la Décennie ;
-
faire adopter une «
journée de la non-violence à l'école » une fois par an et une « année de
l'éducation à la résolution non-violente des conflits » ;
- obtenir la création d'un institut de recherches universitaire sur la non-violence et la paix."
Contact :
Coordination
française pour la Décennie internationale de la promotion d'une culture de la
non-violence et de la paix au profit des enfants du monde (2001-2010)
27 bd St Michel
75005 PARIS
***
Pour
prétendre à gouverner la cité, il faut apprendre à se gouverner soi-même.
Socrate
Nous sommes nombreux à souhaiter que notre monde évolue vers plus de justice et d'humanité, dans le respect des différences culturelles qui font sa richesse. Mais nous pouvons constater, qu'à ce jour, la grande majorité des projets de réforme ont buté sur le fait :
- soit qu'ils se fondaient sur le pari du changement des sociétés par la seule vertu de structures nouvelles, et souvent en les imposant de façon autoritaire aux individus pour leur plus grand bien présumé,
- soit qu'ils visaient la seule transformation individuelle sans tenir compte de la dimension collective et sociétale,
- soit que les comportements individuels, notamment ceux des "visionnaires" et "missionnaires", n'étaient pas cohérents avec ce qu'ils prônaient pour les autres.
Sur la base de ce constat,
nous considérons qu'il est indispensable de:
-
favoriser les
interactions transformatrices positives entre les personnes et les sociétés,
-
faire l'effort de nous
transformer individuellement en traduisant ces transformations dans nos actes,
-
y être encouragés par
l'organisation et le fonctionnement des collectifs et des sociétés dans
lesquelles nous intervenons et vivons.
Ce souhait, ce constat et
cette hypothèse ont donné naissance au projet Interactions.
Le projet Interactions
cherche à explorer, expérimenter et promouvoir des modes d'organisation, de
régulation, de formation, de coopération, et de partage susceptibles d'agir
conjointement pour le développement des sociétés et l'épanouissement des
personnes.
Il a pour objectif de
faire, dans cette perspective, des propositions d'ordre culturel, social,
Institutionnel, politique, et économique. Il veut favoriser l'introduction de
ces propositions dans le débat public, citoyen et démocratique.
Ses quatre axes
d'intervention sont :
-
la production de
réflexions, études et analyses, nourries par des pratiques, et donnant lieu à
des publications et à d'autres actions de médiatisation,
-
la mise en réseaux, au niveau national et international, d'associations,
de collectifs et de personnes, militants ou citoyens actifs, qui souhaitent
s'exprimer à travers des formes nouvelles d'organisation et d'échange,
-
l'organisation ou la
participation à des événements et manifestations pour confronter les points de
vue, et enrichir les réflexions et actions,
-
l'aide à la mise en
place de groupes d'échanges et d'expérimentation au niveau local.
Le projet Interactions
est né au cours de l'année 2001 dans le réseau de Transversales
Science/Culture, revue transdisciplinaire de réflexions et de propositions sur
les mutations contemporaines économiques, techniques,
sociales et culturelles,
au service de la construction d'un monde solidaire et respectueux des
différences, porteur d'une autre civilisation.
Transversales
Science/Culture poursuit le travail réalisé par le Groupe des Dix qui
réunissait autour de Jacques Robin, dans les années 19681976, Edgar Morin,
Robert Buron, René Passet, Henri Laborit, Joël de Rosnay, ... et avait comme
objectif de développer de nouveaux modes de pensée susceptibles de mieux
appréhender la complexité, en reliant les savoirs.
Le projet est coordonné par
Laurence Baranski, conseil en conduite du changement auprès des entreprises,
organisations, et institutions. En France, il se développe en relation avec:
-
Le GRIT (Groupe de
Recherche Inter et Transdisciplinaire) dans une logique d'échanges
intellectuels, animé par Marine Remond‑Gouilloud
-
L'appel de Bled pour la
création d'un collège mondial éthique, politique et scientifique animé par
Sacha Goldmann
-
L'APC, Association pour
la Pensée Complexe, créée par Edgar Morin,
-
L'association et revue
Psychologie de la motivation dirigée par Armen Tarpinian,
-
Mains d'Oeuvres,
association animée par Fazette Bordage,
-
Place Publique, dirigée
notamment par Philippe Merlant, également directeur de Transversales
Science/Culture,
-
L'association PUSS, Pour
Une Société Solidaire, animée par Didier Minot,
-
Le CEDAL, Centre
d'Etude du Développement avec l'Amérique Latine, animé par Henryane de Chaponay
et Célina Whitaker,
-
Place publique, site
d'information et de débat citoyen animé par Anne Dhoquois,
-
L'association européenne
d'écologie humaine animée par Philippe Lefèvre Wittier,
-
Des associations visant
à promouvoir une éducation personnalisante et socialisante, dans la famille et
à l'école,
-
Des entreprises
préoccupées par leur responsabilité vis à vis de la société,
-
Des associations et des
clubs de réflexion sur les évolutions de l'entreprise.
Des synergies sont mises en
place avec le Québec et le Brésil.
ont été formés à ce jour :
Le groupe «
éducation », piloté par Armen
Tarpinian, spécialiste des questions de comportements et de formation,
directeur de la revue Psychologie de la motivation[6],
rassemble des psychologues, des sociologues, des philosophes et des
enseignants. Trois angles d'approche ont été choisis :
-
l'école en tant
qu'institution démocratique ;
-
la formation des
formateurs ;
-
le développement des
capacités relationnelles chez les enfants et élèves, de la maternelle à
l'université.
« L'objectif est de produire un modèle de
fonctionnement dynamisé par TP/TS ».
Le groupe "entreprise" a placé ses travaux sous l'enseigne de l'"organisation apprenante", organisation qui s'efforce d'assurer son développement socialement et écologiquement pérenne en favorisant l'apprentissage individuel.
Le groupe "mouvements
civiques", piloté par Patrick Viveret et Philippe Merlant, se nourrit
de l'expérience accumulée par les membres de Transversales, responsables et
acteurs d'actions citoyennes ou acteurs déçus par le fonctionnement des
organisations militantes.
Sous la responsabilité
de Jacques Robin, enfin, une équipe de scientifiques dresse un état des
lieux des connaissances fondamentales susceptibles d'éclairer les mécanismes
d'imprégnation successifs de l'environnement sur les comportements.
Compte tenu du développement rapide du projet global, il s'incarne désormais dans une association loi de 1901, "Interactions". L'association assure la coordination des groupes et la promotion des contenus (un site Web sera prochainement accessible), le développement du réseau, l'organisation d'événements et la participation à des actions convergentes des collectifs, ainsi que l'évaluation des pratiques. Dans une volonté d'ouverture internationale, deux ateliers TP/TS ont été organisés au second Forum social mondial de Porto Alegre et à l'Université populaire de Montréal."
Au sommaire du
numéro 002 de la nouvelle série :
Refonder la démocratie - de Monterrey à Johannesbourg : quel développement ? –
la violence chez les jeunes – l'école : instruire ou éduquer ?
Contact :
Transversales
science/culture, 21, bd de Grenelle,
75015 Paris (tél.: 01 40 5813 50) transversales@globenet.org
***
Le
réseau des écoles de citoyens (RÉCIT) a
été créé en juin 2002 par un groupe de formateurs et de lieux ou réseaux
d'éducation citoyenne qui souhaitent contribuer à répondre, en termes
d'éducation, aux graves enjeux de l'humanité et de la planète. La révolution de
l'information et la mondialisation libérale se traduisent par des risques
importants de régression et de barbarie, des menaces sur l'écologie de la
planète et l'espèce humaine, et pour la majeure partie des peuples de
l'humanité un accroissement de la pauvreté et des inégalités. Une idéologie
libérale, violente, individualiste, tend à imposer une lutte de tous contre
tous et à restreindre l'homme à son seul intérêt individuel.
…………
Face
à ces enjeux, l'éducation tout au long de la vie est une réponse essentielle.
De multiples lieux d'éducation citoyenne
cherchent aujourd'hui, dans un contexte de plus en plus difficile, à
inventer une éducation populaire pour le XXIème siècle.
Ces
expériences montrent qu'une citoyenneté active repose aujourd'hui sur quatre
éléments :
• une compréhension des grands enjeux du monde
d'aujourd'hui, du mondial au local,
• une capacité d'action collective. Celle-ci repose
sur des valeurs communes (laïcité, dignité, réciprocité, unité et diversité,
souci du long terme, démocratie participative, etc...), au delà des raisons
d'agir de chacun,
• des comportements (lucidité, écoute, respect des
différences, réciprocité,...) en accord avec ces valeurs, afin de pouvoir
entrer en relation, construire et participer.
• des méthodes et savoir faire (s'informer, animer,
monter un projet, communiquer,...).
…………
Les
membres du réseau s'appuient sur un certain nombre de valeurs communes :
•
Respecter les droits de l'homme et la dignité humaine, en dépassant l'égalité
formelle pour aller vers une égalité effective dans les conditions d'accès à
l'éducation, aux services, à la santé, à la culture.
•
Assurer à tous, hommes et femmes, une liberté effective dans leur vie
personnelle et collective.
•
Promouvoir des logiques de coopération et de fraternité, et non de compétition
et d'individualisme, estimant que l'égalité et la liberté ne trouvent leur sens
que dans un contexte de fraternité.
• Concevoir la solidarité comme une réciprocité et une co-responsabilité de chacun envers tous, du niveau interpersonnel à une solidarité mondiale.
•
Préserver les biens communs de l'humanité nécessaires aux générations actuelles
et futures, assurer les conditions de poursuite de l'aventure humaine.
•
Répondre aux besoins des hommes et des femmes d'aujourd'hui en matière de
sécurité, de revenus, de services, d'habitat, d'éducation.
•
Permettre à chacun de développer et d'épanouir ses potentialités, en
particulier ses capacités de don, de réciprocité, de non violence et de
substituer la promotion collective à la promotion individuelle
•
Favoriser la pratique de la démocratie participative par l'écoute, la relation
et la réciprocité, permettre à chacun d'épanouir ses potentialités, et ce dès
l'école.
•
Chercher une cohérence entre l'action et le sens donné par chacun à son
existence, dans la diversité des options et des histoires personnelles, avec un
équilibre entre identité et ouverture, entre culture propre et métissage.
Contact :
Réseau d'écoles de
citoyens (RECIT)
15 ave Robert Fleury
78 220 VIROFLAY 01 30 24 07 73
ecole.des.citoyens@wanadoo.fr
***
Une JOURNEE
D’ÉTUDE est organisée par la
Fondation pour le Progrès en Éducation et l’Association pour l’Éveil à la Responsabilité à l’École (AERE) sur le thème :
Elle aura lieu le mercredi
8 Janvier 2003, au siège de l’
Académie, 23 quai de Conti, 75006 PARIS
# # #
Le
but de la Fondation est de rassembler témoignages et propositions de progrès et
de permettre qu’ils soient discutés et diffusés.
Ce
colloque visera à mettre en lumière les activités éducatives en milieu scolaire
- leur nécessité étant admise au départ
- à la fois telles qu’elles existent déjà et telles qu’elles pourraient et
devraient être étendues.
Le programme
comprendra :
1.
De 9 h. à 10 h 30 : Assemblée générale de
l’AERE.
2.
De l0 h 45 à 12 h 30 : Échanges entre les adhérents et le public sur les applications de
la méthode élaborée par l’association : recherche de ce qui est juste par
réflexion silencieuse en commun, après
débat.
3.
A partir de 14 h 00 : discussion autour du rôle
éducatif de l’école, en trois étapes :
n
Rappel et suite du
colloque d’octobre 2001 à Bordeaux, sur
« Quelques remèdes à l’indiscipline ambiante à l’école ».
n
Autres moyens de
former les attitudes éducatives favorables à la transmission des savoirs.
n
Les acteurs :
enseignants, service de la vie scolaire, éducateurs qualifiés (corps à créer).
# # #
Les
personnes intéressées peuvent obtenir plus de détails :
·
en écrivant à l’AERE,
5 Place Saint-Sauveur, 56400 AURAY.
·
en téléphonant au 05
56 92 25 78.
·
en consultant le site
Internet de la Fondation : http://www.asmp.fr/progreduc
***
Alphonse
Allais voulait envoyer les villes à la campagne : la gestion tatchérienne des
services publics s'emploie au contraire à vider chaque jour un peu plus les
campagnes.
L'association "ÉCOLE et TERRITOIRE" milite activement contre la suppression programmée depuis plusieurs années des petites structures scolaires (écoles et collèges ruraux), condamnées au prétexte qu'elles ne sont pas financièrement "rentables", comme toutes les petites structures en général, qu'il s'agisse des bureaux de poste de nombreux villages, des hôpitaux, maternités, perceptions des bourgs et des petites villes. Mais aussi des petits commerces, des petits artisans, des petits paysans. Bien entendu, les raisons souvent peu avouables sont enrobées dans des considérations d'efficacité qui serait améliorée par ces concentrations, ce qui est parfaitement faux.
Contact :
http://assoc.wanadoo.fr/ecole.et.territoire
***
La
section française de DEI organise le 16 novembre prochain, à l’Assemblée
Nationale, la deuxième de ses journées d’études annuelles, consacrée cette
année aux réponses à apporter à la délinquance des mineurs, en
collaboration avec l’Association Française des Magistrats de la Jeunesse.
Inutile de souligner l’importance de cette question aujourd’hui, l’actualité
nous en fournit tous les jours des motifs suffisants d’inquiétude.
Parmi
les intervenants sollicités : outre les présidents de DEI-France,
Jean-Pierre Rosenczveig, et de l’AFMJ, Thierry Baranger, nous comptons sur les
apports de Laurent Mucchielli, Hugues Lagrange, Philippe Chaillou, Manuel
Palacio, Bernard Defrance, Laurent Ott, Thierry Maleville, Jean-Pierre Sueur,
Claire Brisset, Charles Rojzman, Bernard Bobillot…
Cette journée est préparée
par des contributions écrites (il est encore temps d’envoyer la vôtre)
consultables sur le site www.rosenczveig.com
.
Bulletins d’inscription et
programme sur les sites de DEI ( www.globenet.org/enfant
; www.rosenczveig.com ; www.bernard-defrance.net )
***
R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux
personnes et aux associations adhérant
à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à
l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy
AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,
Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN.
La version électronique
de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation
d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des
personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de
signaler votre adresse électronique à assoreveil@wanadoo.fr
Si
vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en informer par
mail ou courrier postal.
Prochaine
lettre vers la fin novembre 2002.
Entre
temps, quelques flash possibles selon l'actualité.
[1] Conseil National pour l'Innovation et la Réussite Scolaire, mis en place par Jack Lang, peu après son arrivée au Ministère de l'E.N.
[2] restés trop longtemps isolés les uns des autres…
[3] Lettre 7-2 – juillet 2002, "Aspects idéologiques de l'école", par Pierre Badiou.
[4] La volonté de dominer déborde d'ailleurs les relations inter-humaines lorsqu'elle conduit à l'appropriation pour son profit immédiat et exclusif de la planète – et même des planètes proches de la Terre, qui nous seront peut-être accessibles un jour ; à n'y voir que des "objets" à dominer, à exploiter.
[5] L'homme étant, dans cette expression réduit à sa composante masculine…
[6] Voir Lettre de Réveil n°4-2 avril 2002