LA LETTRE DE R

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.  N° 10 - 5          – octobre 2005

 

Sommaire

L’EEDD ? c’est quoi au juste ?

Environnement, d’abord.

Education à l’environnement : de soi au monde

POUR, la revue trimestrielle du GREP, n°187, Septembre 2005

A propos de l'école aujourd'hui, Jean-Paul BRIGHELLI a écrit "La fabrique à crétins"…

Quelques données sur l’illettrisme en France

Informations diverses

Droits de l’enfant

Transmettre

la lettre de Prisme

« Apprendre à vivre ensemble, c’est tout un programme ! L’éducation à la non-violence et à la paix à l’école. »

Les identités sociales des lycéens marseillais

Ecrire en atelier, animer des ateliers d’écriture : le sens d’un engagement.

Une politique de l'enfance, du patronage au centre de loisirs,

Quelques rappels…

***

L’EEDD ? c’est quoi au juste ?

Dans la lettre de rentrée, je reprenais le thème de la circulaire ministérielle [1] de juillet 2004, qui rend obligatoire au même titre que d’autres « éducations » (civique, morale, routière, etc.) non constituées en disciplines scolaires traditionnelles, celle qui porte sur l’environnement. J’y avançais l’idée que l’éducation (en général) ne pouvait s’imaginer en dehors de tout environnement réel, dans un contexte abstrait en somme, et que cet environnement jouait un rôle déterminant dans l’éducation des enfants et adolescents (éduquer par l’environnement) tout en étant aussi l’objet de l’éducation (éduquer à l’environnement). Mieux que des raisonnements théoriques, il me semble que des témoignages vécus, des « tranches de vie de classe » (par exemple), pourront éclairer les interrelations qui jouent entre éducation et environnement. Je m’attendais à être submergé de témoignages… mais c’était compter sans les avalanches d’occupations et de préoccupations qui marquent chaque nouvelle rentrée. Je ne perds donc pas espoir. Mais peut-être n’est-il pas inutile de préciser ce que l’on peut entendre par …

 

Eduquer à l’environnement pour un développement durable :

Cette expression contient 4 mots dont il vaut mieux convenir du sens avant de décider s’il y a là une nécessité, une opportunité, une utopie ou … un piège. Un consensus apparent peut en effet conduire à de grandes désillusions et permettre toutes les déviations et détournements si fréquents en matière d’instructions pédagogiques, mais pas seulement ! Ci après, quelques éléments pour ouvrir une réflexion qui gagnerait à être collective…

Environnement, d’abord.

Ce nom ne figure pas dans le grand Robert, édition de 1970[2]. Si l’on recherche (sur Google, par exemple), les sites dans lesquels il figure, on ne trouve pas moins de 34 300 000 pages rien qu’en français ! Dont une encyclopédie[3] consacrée à l’EEDD (www.dictionnaire-environnement.com/ ) qui propose la définition suivante :

 

 

Environnement : Ensemble des conditions naturelles ou artificielles (physiques, chimiques et biologiques) et culturelles (sociologiques) dans lesquelles les organismes vivants se développent (dont l'homme, les espèces animales et végétales). Le mot anglais environment signifie milieu. Il n'existe pas une définition unique de l'environnement, mais plusieurs conceptions ou représentations en fonction des individus et de l’environnement dans lequel ils évoluent : 4
- Les géologues appréhendent l’environnement par l'étude des sols.

- Les écologues le font par la dynamique des êtres vivants.
- Les géographes par l’occupation du territoire, la gestion du territoire.
- Les ingénieurs et techniciens en fonction de leurs domaines d’expertise : eau, air, sol, énergie, etc.
- Les économistes par la gestion des ressources naturelles.
- Les juristes sous l’angle des contraintes réglementaires.
- Les philosophes par la morale et l’éthique, etc.


Les liens et/ou échanges entre ces différentes disciplines sont souvent difficiles, sujets à discussion, ce qui pénalise les apports de chacun au débat général.[4]

Définition proposée par la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale & la Loi sur l’assainissement de l’environnement : désigne l’ensemble des conditions et des éléments naturels de la terre, notamment :
a) le sol, l’eau et l’air, y compris toutes les couches de l’atmosphère ;
b) toutes les matières organiques et inorganiques ainsi que les êtres vivants, la vie végétale et animale, y compris la vie humaine ;
c) les conditions sociales, économiques, culturelles et esthétiques qui influent sur la vie de l’homme ou d’une collectivité dans la mesure où elles se rattachent aux matières énumérées aux alinéas a) et b) ;
d) les systèmes naturels en interaction qui comprennent les éléments visés aux alinéas précédents a) et b).

 

Cette définition montre bien la complexité du concept d’environnement, complexité qui est à l’origine des difficultés à faire dialoguer ensemble les différentes disciplines concernées. Difficulté qui vont se retrouver dans nos écoles traditionnellement organisées en un ensemble de disciplines qui, le plus souvent cohabitent en s’ignorant mutuellement... quand elles ne sont pas en concurrence entre elles ! Mais complexité incontournable qui invite à une approche systémique privilégiant précisément les interrelations entre les approches disciplinaires, les inter-rétroactions entre les éléments qui constituent les différents domaines.

 

Dans un récent article écrit pour la revue de Psychologie de la Motivation [5], j’ai proposé d’introduire un quatrième élément, la planète Terre, dans le schéma des inter-rétroactions trinitaire présenté par Edgar Morin dans son ouvrage « les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur ».[6]  Ce schéma pourrait exprimer les inter-rétroactions qui relient les quatre éléments de ce  qui forme un système, mais aussi les pôles d’un « réseau intégré ».

Fig. 1

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L’une des caractéristiques d’un tel réseau est d’être polycentrique : chaque pôle peut être considéré comme central sans qu’aucune hiérarchie ne vienne s’immiscer dans le système. On peut donc en déduire les 4 schémas suivants :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Tandis que la figure 1 présente le réseau-système « général », chacune des 4 autres figures suggère une approche spécifique de ce système, centrée sur un pôle particulier dans toutes ses dimensions interactives mais aussi considéré dans ses inter-rétroactions avec les 3 autres.

 

Chacun de ces 4 pôles doit en effet être pris dans toutes ses dimensions. Ainsi pour l’individu, il s’agit de prendre en compte ses particularités physiques, psychiques, biologiques, etc. mais aussi leurs interactions, leur caractère évolutif, etc., bref ce qui fait de chaque individu une personne en devenir constant vivant à une époque donnée, dans divers groupes d’une société réelle, appartenant à l'espèce humaine, sur une planète « finie »[7]. S’agissant de la société, on doit entendre tout groupe humain dans lequel la personne est appelée à vivre[8], mais aussi tout autre groupe humain proche ou lointain dans le temps et dans l’espace, chacun de ces groupes étant considéré dans toutes ses dimensions, notamment culturelles, économiques, politiques, morales, éthiques, etc. La planète Terre doit être envisagée dans ses caractéristiques globales, cosmologiques, géologiques, géographiques, historiques, biologiques, mais aussi dans ses particularités locales, notamment celles qui constituent l’environnement au sens commun du mot. L’espèce, enfin, c’est à la fois l’espèce humaine dans le temps et l’espace, l’espèce humaine dans ses inter-relations avec les autres espèces, végétales et animales, les origines de notre espèce et les questions touchant son devenir. C’est dire que la « connaissance » du système quaternaire proposé couvre l’ensemble des savoirs, savoir-faire, croyances, mythes, craintes et espoirs, mais aussi interrogations, intuitions, replacés dans leur historicité.

 

Une telle connaissance exhaustive dépasse évidemment les capacités de tout individu et pourtant chaque connaissance particulière, chaque action, chaque pensée ne prend tout son sens que replacée dans ce contexte général. C’est en ce sens que l’on peut entendre l’affirmation d’Albert Jacquard lorsqu’il déclare que toutes les sciences convergent dans une même recherche : celle d’éléments de réponses aux questions existentielles que les hommes se posent depuis les origines : qui suis-je ? où suis-je ? pourquoi et pour quoi suis-je ?[9]

 

L’éducation première, celle qui devrait être commune à tous[10] et former les fondements de celle qui se prolongera tout au long de la vie de chaque personne, devrait donc s’inspirer du schéma centré sur l’individu (figure 2) en ce sens qu’elle devrait partir des questions que les enfants et les adolescents se posent dès le plus jeune âge, mais aussi parce qu’elle assure les conditions  qui permettront à tous les futurs adultes de se comprendre entre eux, de se référer à une « culture commune », d’utiliser le langage commun au nécessaire dialogue sans lequel il est malhonnête de parler de démocratie.

 

Par la suite, chacun pourra choisir de prolonger sa quête de savoir, son désir de comprendre, en se centrant sur la planète ( approches du géographe, du géologue, du physicien, du chimiste, du cosmologiste, du naturaliste, etc.), l’espèce (approches de l’anthropologue, du paléontologue, du biologiste, etc.), de la société (approches du sociologue, de l’économiste, de l’historien, du moraliste, etc.) ou en approfondissant l’approche sur la personne individuelle (biologie, psychologie, création artistique, etc.) tout en s’efforçant à tout moment de situer ses connaissances dans le macro système global (figure 1). Du reste, il est de plus en plus évident que les différentes « branches du savoir » évoquées ci-dessus se recoupent souvent et que c’est dans ces plages interdisciplinaires, ces « intersections », comme disent les mathématiciens, que les avancées les plus fécondes sont les plus nombreuses.

 

Mais l’éducation ne porte-t-elle que sur l’acquisition de connaissances ? Et d’abord « pourquoi et pour quoi connaître ? ». C’est ce qui sera abordé le mois prochain… sauf avalanches de réactions à ce qui est écrit ci-dessus.

GH octobre 05                       

***

Education à l’environnement : de soi au monde

POUR, la revue trimestrielle du GREP, n°187, Septembre 2005

Éducation relative à l’environnement (ERE), éducation à l’environnement vers ou pour un développement durable (EEDD), éducation au développement durable. Les actions de l’ERE se réfèrent à une terminologie déroutante pour le profane. Pour les auteurs de ce dossier, elle est une dimension essentielle de l’éducation, à travers une réalité quotidienne et au cœur d’un projet de développement humain qui vise à reconstruire le rapport au monde. Éducation écologique et économique, l’ERE favorise l’art de la pensée critique et contribue au développement de sociétés responsables. Et cela concerne tous ceux qui ont une conscience aiguë qu’il y a à se comporter en « citoyen de la terre ».

 

Le GREP est né il y a 40 ans. Ses fondateurs, Edgar Pisani et Paul Harvois lui ont donné pour mission d’accompagner voire d’initier les mutations du monde rural et agricole par l’éducation permanente et la prospective.
Depuis 1965 la revue POUR se veut un outil à l’usage des formateurs et des praticiens, permettant la mise en commun d’expériences et de réflexions qui concernent des champs divers : formation permanente, production agricole et alimentaire, monde rural et environnement, développement local, sociologie des organisations, citoyenneté… http://
www.grep.fr

***

A propos de l'école aujourd'hui, Jean-Paul BRIGHELLI a écrit "La fabrique à crétins"…

Mais qui sont les crétins?

Le débat entre Philippe MEIRIEU et Jean-Paul BRIGHELLI, publié dans le Figaro le 29 septembre, ne manque pas d'intérêt et il a fallu beaucoup de courage au premier pour dialoguer avec l'auteur d'un écrit aussi "dégénérescent", aussi insultant pour les enseignants, aussi stigmatisant pour les élèves. Mais, profitant de l'air du temps, d'une opinion publique conditionnée par des médias dominés par les conservateurs et prompte à glorifier l'école de grand-papa même quand on en a été victime, il se vend bien et, comme ces enseignants obtus qui prônent le retour aux bonnes vieilles méthodes qui ont fait leurs preuves sur des élites, il est sur tous les plateaux.

 

Jean-Paul BRIGHELLI s'oppose à l'évolution de l'école et à la pédagogie. Comme beaucoup d'intellectuels contemporains, hélas, il est convaincu, intimement c'est sûr, authentiquement peut-être, qu'il n'y a aucune raison que ce qui a réussi pour lui et ses semblables hier et avant-hier, ne réussisse pas pour les autres aujourd'hui et demain. Comme si rien n'avait changé, ni la société, ni les savoirs, ni les enfants et les jeunes, ni les gens. Comme si tous ceux qui ont, avec les grands penseurs de notre temps, avec les chercheurs, avec les porteurs d'innovation, de la fin des années 60 à 2002, avec les responsables politiques de droite jusqu'en 81, de gauche et de droite alternativement ensuite, tenté de changer l'école, de l'ouvrir, de donner du sens aux apprentissages, d'inscrire les finalités nouvelles de l'école dans une perspective démocratique, généreuse, porteuse d'espoir, étaient des imbéciles. Certes le combat pour changer l'école, pour améliorer la réussite scolaire, pour développer un enseignement de masse et passer de la démocratisation quantitative indispensable à l'évolution de notre société à une démocratisation qualitative indispensable à la formation d'un humanisme pour le 21ème siècle, n'a pas été facile. Il est plus facile de conserver que de réformer. 

 

Il feint d'ignorer qu'en réalité, les réformes, souvent édulcorées et atténuées par les pressions  des conservateurs et par les contraintes de l'électoralisme à court terme, n'ont pas franchi plus de 10 à 20 % des murs des classes, et que faire le procès des réformes sans savoir, comme en atteste THELOT lui-même, ce qui se passe réellement dans les classes, est une escroquerie intellectuelle. Attribuer les raisons des difficultés du système à des réformes qui n'ont été que faiblement mises en œuvre, c'est dissimuler l'ampleur de la résistance au changement et justifier à bon compte un retour à des pratiques qui n'ont pas ou qui ont peu changé fondamentalement. Dénoncer des réformes qui n'ont pas été appliquées (voir la loi de 89) pour justifier le confort de la stagnation peut atteindre les sommets de l'hypocrisie et de la mauvaise foi. Alors, tout est bon: présenter un exemple comme une preuve, généraliser abusivement, affirmer les contre vérités les plus flagrantes, jouer de la nostalgie, flirter avec le cynisme…

 

Mais ce qui me semble plus grave encore, c'est le mépris. Prendre les élèves pour des crétins alors que l'on sait aujourd'hui que leurs capacités intellectuelles sont gravement sous estimées et sous exploitées par une école encore prisonnière de ses sacro saintes disciplines émiettées cloisonnées, juxtaposées, sédimentées, transmises sans être comprises, accumulées sans être mises en relation entre elles-mêmes et avec la vie, avec le réel, avec le monde tel qu'il est. Il faudrait revenir au passé  figé dépassé alors que les savoirs s'accroissent chaque jour de manière exponentielle, que les moyens de communication et de diffusion les présentent au grand public à qui l'école n'a pas donné les outils de pensée, les compétences transversales nécessaires à leur compréhension.

 

Si l'école fabrique aujourd'hui des crétins, on est en droit de s'interroger. Où sont et qui sont les pires crétins? Les élèves qui veulent comprendre et agir, ou ceux qui, accrochés à leurs vieilles certitudes, les empêchent de grandir et font tout pour que cela persiste en s'opposant à toutes les réformes?  

Pierre FRACKOWIAK le 3/10/2005

 

Pierre Franckowiak nous a envoyé le texte de sa contribution à l’Assemblée générale de l’Association française des psychologues scolaires qui s’est tenue à Lille le 16 septembre dernier. Cette contribution portait sur le statut de l’élève selon les pratiques pédagogiques. Elle est présentée sur le site de REVEIL http://assoreveil.org/fracko_statut-eleve.html

***

Quelques données sur l’illettrisme en France

« De mon temps… » … l’Ecole de Jules Ferry… l’Ecole d’aujourd’hui fabrique des illettrés … Rengaines diffusées par des « spécialistes » auto décrétés et complaisamment reprises par de nombreux médias. Il faut revenir aux bonnes vieilles méthodes qui ont fait leurs preuves !

Eh bien, parlons-en ! Le Canard Enchaîné[11] rapporte les résultats d’une récente étude sur l’illettrisme menée par un chercheur de l’INSEE auprès de 10 000 personnes âgées de 18 à 65 ans. Or les faits sont là : plus les Français sont âgés, plus ils sont nombreux à rencontrer des « difficultés graves et assez fortes en lecture ! »

S’ils sont 7% parmi les 18/29 ans, ils sont 10% chez les 30/39 ans, 12% chez les 40/49 ans, 18% chez les 50/59 ans et 22% chez les 60/65 ans !

***

Informations diverses

Droits de l’enfant

Depuis le 1er octobre, Jean-Pierre Rosenczweig propose une lettre mensuelle diffusée par Internet. Dans le 1er numéro, diverses informations et un article de JPR paru dans Libération le 19 août dernier sur « Justice   pour les enfants après Angers ».

REVEIL peut transmettre cette lettre aux personnes intéressées qui peuvent aussi la demander à jean-pierre@rosenczweig.com ou aller sur le site de l’auteur : http://www.rosenczweig.com

***

Transmettre

-"Transmettre: Illusion, défi ou acte d'espérance?" par Marie-Françoise Bonicel

 -"La question des pratiques pédagogiques à transmettre": extrait d'un mémoire de maîtrise de Nicole Bertrand

-Transmettre la mémoire de la Shoah par le livre de dessins  du sculpteur et dessinateur juif, Shelomo Selinger, survivant des camps de concentration.

sur le site:

"Les facteurs humains dans l'enseignement et la formation d'adultes"

http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier

***

la lettre de Prisme

Jean Roucou, animateur de l’association PRISME signale la parution de la lettre mensuelle n°31 présentée sur le site de l’association :

http://www.prisme-asso.org/article.php3?id_article=291&var_recherche=la+lettre+31

***

« Apprendre à vivre ensemble, c’est tout un programme ! L’éducation à la non-violence et à la paix à l’école. »

Forum organisé par la Coordination française pour la Décennie le vendredi 18 novembre 2005 de 9h00 à 17h30 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Inscriptions obligatoires avant le 15 novembre : le tract et le bulletin d'inscription sur le site www.decennie.org

***

Les identités sociales des lycéens marseillais

Françoise Lorcerie, chargée de recherches au CNRS, a présenté, aux « Journées des militants » d’Education & Devenir, le 30 septembre, son enquête « sur les identités sociales des lycéens marseillais », enquête portant sur quatre Lycées et trois LP publics. La spécificité de Marseille, ce port de longue date lieu de brassage cosmopolite, ne permet pas des extrapolations trop hasardeuses. Ce travail remet cependant en cause des idées reçues.

Ainsi, l’idéal dans la vie pourrait être qualifié péjorativement de "petit bourgeois" mais les contempteurs des "sauvageons" devrait le découvrir avec attendrissement : avoir une famille, du travail, de l’argent, une bonne santé, des enfants… Et les objectifs que les lycéen(ne)s assignent aux hommes politiques ne peuvent surprendre, puisqu’en tête viennent la lutte contre le chômage et la pauvreté ; cependant la paix dans le monde vient en 3e position et l’aide aux pays pauvres en 5e. Leur conception de la sanction scolaire n’est pas dépourvue de bon sens : il faut qu’elle soit justifiée, proportionnée, utile et bien appliquée ; le fort pourcentage d’avis négatifs semblerait montrer que ces conditions ne sont pas toujours réunies (à leurs yeux).

Marseillais ! “que l’on étudie dans une classe de Foch chauffée pour Prépa ou dans une section menuiserie de Montaigne, que l’on soit fils de cadre né à Londres ou immigré comorien, on s’identifie au territoire local, à la communauté marseillaise”. Et si les élèves des quartiers Nord, les quartiers populaires, sont les plus réticents à l’idée de pluralités de communautés à Marseille, et cela bien qu’ils reconnaissent l’existence du racisme et qu’ils s’en disent plus souvent victimes, c’est sans doute qu’ils redoutent l’accusation de communautarisme et la mise en cause de cette identification marseillaise.

Politiquement "nos lycéen(ne)s sont favorables à un « nationalisme cosmopolite, libéral et socialiste ». Ils/elles veulent à la fois les libertés du libéralisme, les protections de l’Etat-providence, et un nationalisme cosmopolite, qui fasse sa place au souci du Sud. Cette orientation n’est pas pour eux/elles une question d’ascèse morale, c’est une question de ressenti, de mémoire familiale pour une bonne moitié d’entre eux/elles et, pour tou(te)s, une question de vécu quotidien."

 

Un grand merci à Françoise Lorcerie qui nous a autorisé à mettre en ligne le résumé de cette enquête scientifique, comme texte de réflexion pour préparer notre Colloque 2006 : http://education.devenir.free.fr/colloque2006.htm

***

Ecrire en atelier, animer des ateliers d’écriture : le sens d’un engagement.

Stage de 3 jours (30, 31 octobre et 1er novembre) précédé d’une journée de pré-stage, le 29 octobre.

Ces 6èmes rencontres ont lieu pour la première fois en Isère et à Échirolles ; elles poursuivent celles qui ont eu lieu depuis 1998 à Toulouse à l’initiative des Ateliers Toulousains et du Secteur Ecriture du GFEN.

Renseignements et Inscriptions  auprès de yvbeal@wanadoo.fr

***

Une politique de l'enfance, du patronage au centre de loisirs,

Francis Lebon, Paris, L'Harmattan, 2005, 265 p. (Logiques sociales).

Comment, en France, l'animation des loisirs enfantins s'est fait une place à côté du service social et de l'éducation spécialisée ? Inspirée du principe selon lequel c'est dans le passé (des patronages) que l'on trouve les éléments dont est formé le présent (des centres de loisirs sans hébergement), la socialisation par les loisirs est envisagée à travers une institution polymorphe représentée par les trois termes successifs de "patronages", "centres aérés" puis "centres de loisirs". En présentant les organisations concernées, il s'agit de fixer les repères chronologiques essentiels pour comprendre la genèse du métier d'animateur. Avec des préoccupations liées à l'hygiène et à la surveillance, le patronage incarne l'institution qui, du 19e siècle aux années 1970, propose des activités récréatives aux enfants tout en participant de la construction sociale de l'école, de la religion et de la politique. Si la métaphore guerrière fixe les bornes des discours "laïques" et "catholiques", un consensus pédagogique définit la nature primordiale de l'enfant par le jeu.

Francis Lebon, sociologue, est docteur de l'école des hautes études en sciences sociales (EHESS).

***

Quelques rappels…

à cotisation (non obligatoire) et autres !!!

Si vous voulez soutenir notre action.

R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux personnes et  aux associations adhérant à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,  Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN. Son Président d’Honneur est le Docteur Guy VERMEIL.

La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 10 €, mais elle est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.

Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion pour 2005) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. adressé à REVEIL, Centre culturel, 63500 PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont renouvelé leurs encouragements et leur soutien en 2004.

 

La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de signaler votre adresse électronique à assoreveil@wanadoo.fr

Si vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en informer par mail ou courrier postal.

 

***

Prochaine lettre vers la fin novembre 2005.

Entre temps, quelques flash possibles selon l'actualité.

Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos questions, vos suggestions…

Contact : assoreveil@wanadoo.fr

Georges HERVE, adresse postale :  rue du Château 63500 PERRIER

 

 

 

 

 

 



[1] encore qu’elle n’a pas été signée par le Ministre, mais par le Directeur des Enseignements scolaires, « appelé à d’autres fonctions depuis », contrairement à celle de 1977 qu’elle remplace, signée , elle par le Ministre de l’époque René Haby.. Yannick BRUXELLE compare les deux circulaires dans un texte daté de septembre 2004 présenté sur le site de REVEIL : http://assoreveil.org/eedd_yb-1.html

[2] Celle que j’ai. Merci à celles et ceux qui ont une édition récente de me communiquer la définition qui en est donnée.

[3] encyclopédie électronique consultable gratuitement, éditée par Recyconsult, société lyonnaise « exempte de toute affiliation à un quelconque mouvement ou groupe industriel, politique, idéologique ou religieux ».

[4] souligné par REVEIL.

[5] N° 39, regards sur la santé. Titre de l’article : vers une écologie de la santé.  Voir sommaire dans la lettre de septembre.

[6] Editions du Seuil, 2000.

[7] Albert Jacquard, Voici le temps du monde fini, éd. du Seuil, 1991.

[8] A commencer par sa famille.

[9] Eduquer un petit d’homme, c’est d’abord le mettre dans les conditions qui lui permettent de se poser ces questions : c’est dire que l’éducation commence par l’assurance de la sécurité du lendemain. « Ventre affamé n’a pas d’oreilles » dit la sagesse populaire : la première aliénation est celle qui vient de la misère, de la tension quotidienne pour trouver les moyens de survivre.

[10] Nous considérons que cette « éducation première » comprend au moins l’ensemble de la période préscolaire et l’ensemble de la période de scolarité obligatoire qui, en France va jusqu’au 16e anniversaire des jeunes. On trouvera divers textes sur ce thème sur le site Internet de REVEIL.

[11] Du 12 octobre 2005

retour à la page précédente.