LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L. N°10 - octobre 2001
Sommaire
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De l’abolition des
privilèges , un texte de Christophe Martin, professeur de Lycée.
q
Une éducation morale
est-elle encore possible à l'école aujourd'hui ?
q
Échangeons nos
savoirs : un nouvel ouvrage de Claire Héber Suffrin
q
Rappel : une journée
d'étude organisée par DEI-France le 17 novembre prochain.
q
De l'éducation compétitive au projet coopératif d'éducation, par
Jean-François Vincent.
q
Et toujours :
·
Si vous voulez
soutenir notre action…
·
Dernières
nouvelles du site Internet de R.E.V.E.I.L.
***
« De
l’abolition des privilèges »
-
Tut, tut ! On
laisse passer.
- Oh, M’sieur, c’est pas juste !
-
T’en fais pas. Quand
tu seras grand, tu pourras faire la même chose.
La scène se passe à la
cantine du lycée. Comme d’habitude, les élèves se font passer devant par les
profs. Pourtant, ils sortent d’un cours sur la citoyenneté, où on leur parlé
des Droits de l’homme et de l’égalité des droits. Le fait semble insignifiant,
mais une fois de plus les jeunes se rendent compte, sans pouvoir l’exprimer
réellement, du fossé entre les discours et les faits. Une fois de plus, on leur
demande d’accepter le système comme il est. Une fois de plus on leur fait
comprendre que pour l’instant ils sont en position de faiblesse mais que plus
tard ils pourront dominer plus faibles qu’eux.
Je demande le respect à mes élèves. Or comment exiger d’eux ce que je ne fais pas moi-même ? Je décidais donc de faire la queue au réfectoire. Quand je confiais mon intention à un collègue celui-ci essaya de m’en dissuader, affirmant que si un prof se montrait volontairement l’égal de ses élèves, il perdrait son autorité et ne pourrait plus faire cours. La suite prouva qu’il avait tort. Au début les profs s’étonnèrent de ma démarche. J’expliquais en quoi le système qu’ils perpétuaient était fondamentalement injuste. Ils me répondirent qu’ils n’étaient pas d’accord et l’une d’entre eux me soutint qu’elle faisait cela «pour les élèves ». Elle devait être au meilleur de sa forme pour ses cours de l’après-midi et, la cantine étant très bruyante, elle ne devait pas y passer plus de temps que nécessaire afin de vite rejoindre la salle des profs et son calme reposant[1].
Quel est l’avantage pour
les profs en regard de ce qu’ils perdent ? En faisant la queue avec les
élèves, je me suis acquis leur considération. Je suis
plus apprécié d’eux et mon autorité est mieux acceptée. Une fois l’effet de
surprise passé, un dialogue s’est instauré rapidement et, en classe, les
sourires et les «bonjours » sont beaucoup plus sincères. Bref, on éduque
surtout par l’exemple que l’on donne.
A méditer si l’on veut
vraiment former des hommes responsables…
Christophe Martin
(texte paru dans le courrier de l'Aéré)
***
Une éducation
morale est-elle encore possible aujourd'hui ?
La transmission
des savoirs est-elle possible hors de toute éducation morale ?
Il est beaucoup question,
ces temps-ci, de solidarité internationale, de coopération sans
faille entre les États occidentaux (notamment) pour faire face au terrorisme
"islamiste". L'idée de coopération est-elle univoque ?
Les partisans qui
soutiennent la cause islamiste, appellent également à l'union, à la
coopération, à l'entraide dans un djihad, une guerre sainte contre les
"infidèles".
Les mots employés par le
Président des U.S.A. sont aussi lourds de sens, lorsqu'il parle de lutte du Bien
contre le Mal, allant jusqu'à évoquer une nouvelle croisade…
Mais une croisade n'est-elle pas aussi une guerre sainte ? c'est à dire une
guerre sans merci menée par un parti pour imposer sa Loi à d'autres
partis, voire au reste du monde, une guerre où les religions ne sont finalement
que des prétextes pour imposer la domination de quelques-uns sur le plus
grand nombre ? Les notions de Bien et de Mal peuvent-elles avoir un sens
dans la perspective – considérée par beaucoup comme "naturelle" –
d'une humanité composée de dominants et de dominés ?
Des concepts comme celui de Loi, de Bien, de Mal, conduisent à celui de Morale.
Jadis, la morale avait sa place dans notre école primaire, mais aussi, de façon peut-être plus diffuse, dans les établissements secondaires. Dans la précédente lettre (n°9), nous avons proposé un florilège de citations concernant une certaine morale qui fut enseignée (?) dans l'École de Jules Ferry.[2] Claude Allègre avait annoncé son intention de rétablir la morale à l'École. Jack Lang vient de lancer une campagne pour bannir la violence sexiste entre élèves dans les établissements scolaires. En Belgique et au Canada, il existe des professeurs (certifiés) de morale dans les établissements secondaires. La morale a-t-elle encore sa place dans l'Ecole française du 21ième siècle ? Pour de nombreux enseignants, l'éducation morale regarde les familles au même titre que l'éducation religieuse (ou son absence). Ils sont "entrés dans la carrière" pour enseigner, pour transmettre des savoirs qui les ont (parfois) enthousiasmés. Mais un savoir peut-il être transmis en dehors de tout "projet moral" ?
***
Partant des deux questions qui font le titre de ce papier, nous souhaiterions ouvrir aujourd'hui un chantier de réflexion sur l'éducation morale en général et à l'École en particulier, pensant qu'il peut s'agir d'une façon vivante et concrète pour aborder la question essentielle des finalités de l'École.
Éduquer c'est agir et réfléchir, réfléchir et agir : il doit y avoir un rapport dialectique entre l'action et la réflexion. Si la réflexion, dans ce domaine au moins, n'est utile que dans la mesure où elle débouche sur une action, l'action fournit matière à réflexion et permet de l'approfondir. Ce "chantier" fera donc appel à vos réflexions personnelles sur l'éducation morale appuyée sur des faits concrets, sur des notions comme celle de Loi, de Bien et de Mal, de sanction, de coopération, d'autorité[3], etc. aussi bien qu'à des expériences vécues dans des classes ou en dehors de l'École pouvant alimenter une réflexion et souvent conduire à reformuler les questions de façons plus précises, à préciser le sens de certains mots.
Ce "chantier", très largement ouvert, devrait nous permettre d'amasser un grand nombre de matériaux qui pourront servir à la préparation des indispensables forums régionaux pour refonder l'École initialement projetés pour le printemps 2000, mais qui peinent à voir le jour. L'année 2002 sera marquée par des élections importantes en France : les questions fondamentales de l'éducation ne semblent pas être prioritaires dans les préoccupations de la classe politique. En unissant nos efforts, pourrions-nous influer sur les discours politiques des mois à venir pour que l'éducation y trouve sa place ?
R.E.V.E.I.L. ayant été conçu notamment pour être un lieu de rencontre et d'échanges entre toutes les personnes sensibles à l'importance de l'éducation, nous ouvrirons un dossier spécial sur notre site Internet où vos témoignages et réflexions diffusées pour être accessibles au plus grand nombre.
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En prolongement des quelques phrases de l'introduction, voici quelques notules en vrac pour "amorcer la pompe"…
Dans leur ouvrage "L'Enfant et ses rythmes : pourquoi il faut changer l'école", François Testu et Roger Fontaine, font état de la distinction proposée par le psychologue américain Lawrence Kohlberg entre une démarche pré-conventionnelle et une démarche conventionnelle : dans le premier cas, l'interdit est respecté par crainte de la punition. C'est la peur du gendarme qui guide la conduite. Dans le second, l'interdit est en quelque sorte "intériorisé" : le sujet y voit une règle nécessaire à la vie collective. Selon ce psychologue, l'enfant passerait normalement par le premier stade ; c'est l'éducation qui le ferait passer de comportements pré-conventionnels à des comportements conventionnels. Mais ces deux types de comportements existent aussi chez les adultes : ainsi l'automobiliste peut-il réduire sa vitesse si certains signes (appels de phares, par exemple) lui font penser qu'il s'approche qu'un radar de la gendarmerie – ou au contraire parce qu'il considère qu'une vitesse excessive peut mettre la vie des autres et la sienne en danger.
Éducation morale, éducation civique, éducation de la civilité… Trois versants d'une même action ou trois actions spécifiques ?
La télévision a présenté, voici quelques semaines, un reportage sur les "tournantes", filmé dans une banlieue urbaine. La conversation avec les jeunes garçons a mis en évidence qu'ils ne s'étaient jamais posé la question de savoir si cette pratique était bien ou mal. Les notions mêmes de bien ou de mal semblaient leur être totalement étrangères. L'inexistence d'une éducation familiale est-elle seule en cause dans ce fait ?
A la une du journal, un dimanche " Montferrand a subi la loi de Brives". Il ne s'agissait que de rugby, Parmi les expressions couramment rencontrées dans les pages dites sportives des journaux : telle équipe a "humilié" ses adversaires, leur a imposé sa loi... La défaite va de la simple "déculottée" au véritable "massacre". Outrances de journalistes ou fait de société ?
Au temps de ma jeunesse, les deux idéologies alors dominantes étaient ainsi résumées : "le capitalisme, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme ; le communisme, c'est l'inverse". Sous ses aspects de plaisanterie amère, cette définition soulignait un mal absolu : la volonté de certains humains de dominer leurs semblables. Certains justifient cette volonté en disant qu' "elle est dans la nature humaine". Et de faire remarquer que toutes les espèces animales sont organisées en dominants et en dominés.
Sartre, pour sa part, écrivit un jour "la nature de l'homme, c'est de ne pas en avoir".
Jadis, le programme de philosophie des classes de philosophie comprenait essentiellement trois grandes parties : la Psychologie, la Morale et la Logique. Ces programmes ont souvent été changés au cours des trente dernières années, pourtant la réflexion morale a (ou devrait avoir) conservé une place importante dans cet enseignement. La France est, nous a-t-on souvent dit, le seul pays qui ait placé un enseignement de la philosophie dans son enseignement secondaire. Une éducation morale bien comprise à l'École ne conduirait-elle pas à aborder des questions comme celles des rapports inter-humains plus tôt, peut-être dès le Collège ou même avant, de façon "philosophique" ? Il existe, semble-t-il des expériences dans ce domaine : pourrait-on les faire connaître ?
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Ces notules, maladroites sans doute, sont loin de faire le tour de la question. Elles ne sont là, rappelons-le, que pour vous inciter à nous écrire vos réflexions et/ou à nous exposer vos expériences personnelles dans ce vaste domaine de l'éducation morale aux multiples facettes. Ceci est un appel pressant à la coopération du plus grand nombre d'entre vous. Seul, chacun de nous ne peut que déplorer. Ensemble, nous pourrons influer sur le cours des choses.
Le livre présenté ci-dessous n'est pas étranger à ce thème : voir la phrase soulignée par nous dans sa notice bibliographique.
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Claire Héber-Suffrin
Les réseaux d’échanges réciproques de savoirs sont nés dans une école d’Orly, au début des années soixante-dix. Aujourd’hui, ils essaiment partout dans le monde : il existe quelque 700 réseaux regroupant quelque 100 000 personnes, d’Europe en Amérique, et jusque dans un camp de réfugiés rwandais au Burundi ! L’idée peut paraître simple : je t’apprends à greffer des arbres et tu m’apprends à écouter Schubert, nous échangeons nos savoirs…
Mais pour saisir toute la richesse subversive du
processus, il faut lire Claire Héber-Suffrin raconter son cheminement, celui
d’une femme courageuse dans l’aventure pédagogique, mais aussi sociale. Pour
elle, apprendre, c’est chercher des réponses aux questions qu’on se pose (en ce
sens, tous les enfants sont des “ chercheurs de savoirs ”) et aider à
apprendre ce que l’on sait c’est, mettre au jour ses propres ignorances.
Il n’y a donc plus de rapport de dominant (celui qui sait) à dominé (celui qui ne sait pas), mais un mouvement incessant de moi à l’autre, inventif, qui fait tomber les barrières sociales. De l’utopie, oui, mais vécue. On imagine les retombées d’un tel discours dans des domaines telles que l’école, la formation permanente dévoyée en formation continue, etc. C’est affirmer que les savoirs ne peuvent être “ marchandisés ”, ni confisqués par une poignée de “ savants ” se gardant bien de dévoiler leur(s) façon(s) d’apprendre justement.
Violences et insécurité, pauvreté et exclusion ? Action humanitaire, échanges nord-sud et métissage interculturel ? Échec scolaire, citoyenneté ? Sur toutes ces questions qui font débat et surtout qui font mal dans nos sociétés, on sera étonné de voir à quel point la réflexion et l’action engagées par les réseaux est féconde.
Editions Syris -
“ Hors Collection ”
192 pages, 98F40 (15
€)
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RAPPEL : DEI-France organise une journée d'étude autour de 3 grandes questions sur les perspectives pour l'École au cours des trente ans à venir, le samedi 17 novembre 2001 au Palais du Luxembourg à Paris. Les travaux seront ouverts par Jean-Pierre Rosenczveig ; Philippe Meirieu, Nico Hirtt et Jean Foucambert interviendront dans les trois groupes de réflexion ; Bernard Defrance en tirera les conclusions et évoquera les perspectives. Le programme est disponible sur le site http://www.bernard-defrance.net/Fichiers_html/Programme.htm
Merci de diffuser l'information autour de vous et de venir nombreux participer à cette rencontre.
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Le colloque du 3 octobre à Bordeaux sur
« L’indiscipline ambiante à l’école »
Organisé par la Fondation pour le Progrès en Éducation, organisme indépendant créé en l997 et placé sous l’égide de l’Académie des Sciences Morales et Politiques . La Fondation a un triple but : réunir une documentation, organiser des journées d’études, octroyer des aides financières. Le rôle que la Fondation s’est donné est de confronter et populariser des idées et des expériences susceptibles de concourir à un progrès dans le domaine éducatif. C’est pourquoi on souhaite que l’accent soit mis sur ce qui est positif.
S'agissant du problème général de la violence à l’école, les faits sont connus et focalisent de plus en plus l’attention du public. Ils n’avaient donc pas à être rappelés. Le colloque en outre avait choisi de restreindre le sujet aux phénomènes moins graves, mais perturbants pour les classe et inquiétants pour les individus, de l’inconduite au quotidien.
L’indiscipline est un comportement montrant la méconnaissance ou le mépris des règles en vigueur dans un lieu donné. Elle ne s’accompagne pas toujours d’actes agressifs mais témoigne au moins d’un individualisme asocial. Cette « micro violence » s’exerce surtout hors des cours, mais les enquêtes révèlent qu’elle se produit actuellement pour un tiers dans les classes.
x x x
Afin de rendre clair pour les participants le type de comportements dont il allait être question, je me suis servie dans ma présentation, de deux livres : « Classes difficiles » de J.F Blin, IUFM de Toulouse (2001) dont l’auteur m’avait autorisée à reproduire une page[4] et « Pourvu qu’ils m’écoutent » IUFM de Créteil (1997) dont j’ai lu quelques expériences de jeunes enseignants.
Pour l’objet du colloque ainsi défini, les « remèdes » comme les causes sont nombreux. Trois avaient été retenus, pour cette journée, chacun étant décliné en divers aspects. Seuls ont été traités ceux de ces aspects qui étaient couverts par les intervenants ; les autres ont fait l’objet de quelques débats entre nous, et le feront surtout à d’autres occasions, en d’autres lieux. C’est dans cet esprit d’interactivité que le terme de « Table Ronde » a été employé.
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Ce qui suit est un aperçu, par anticipation, des propositions faites au cours de cette journée, dont les Actes, à paraître prochainement, fourniront l’essentiel.
1ère Table Ronde : « la détente corporelle ». Les deux exposés ont porté sur les diverses techniques de détente physique et mentale. Il est vrai de dire que l’Education Nationale a une tradition de mépris du corps, fort atténuée certes par rapport au passé, mais qui existe encore. On se soucie beaucoup de la préparation intellectuelle des futurs communicateurs, mais trop peu, nous a t-on dit, de leur préparation physique : la voix, la maîtrise de soi, le calme... Et pas du tout de l’état de réceptivité (ou le contraire) de ceux à qui ils dispensent leur manne. Les deux intervenants ont eu là dessus des considérations qu’il faudra absolument tenter de faire prendre en compte, comme base indispensable des améliorations à développer dans l’avenir.
La 2ème Table Ronde, « L’acte ou la parole » visait évidemment à faire préférer la parole. Elle a été illustrée par trois communications montrant trois sortes d’avantages : faire participer tous de manière ordonnée à certaines décisions ; l’aménagement, parfois, de plages de réflexion silencieuse calmant et amenant au jour, à propos de situations délicates, des ressources profondes et inattendues ( la parole intérieure) ; enfin le théâtre à l’école, comme il est couramment pratiqué dans certains pays étrangers et les bénéfices ainsi obtenus.
Calmer les conflits, éviter les brimades, aider les enseignants en butte aux difficultés évoquées plus haut : la troisième Table Ronde a montré que ce n’était pas seulement l’affaire des adultes. « Génération Médiateurs » forme des volontaires à connaître les mécanismes des conflits, y compris en soi, et pour certains à s’offrir comme médiateurs, pour essayer de les désamorcer entre leurs pairs. D’un autre côté, le « Théâtre interactif » obtient, par la technique d’Augusto Boal (Théâtre de l’Opprimé ), la participation des jeunes spectateurs pour trouver des solutions aux situations d’abus de pouvoir.
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La journée a été marquée par la très grande attention du public, les échanges ayant continué même après la fin. La conclusion que nous en avons tous tiré a été : c’est un type de rencontre utile. Les raisons sont diverses : l’importance (hélas) de la question étudiée ; le mélange enseignants-public général qui a été apprécié ; enfin le manque d’occasions de discussion, nous a t-on dit. (Ce serait vrai aussi des autres grands problèmes du moment)
Donc il y aura sûrement un suivi, dont il est trop tôt pour savoir quelle forme il prendra.
S.Marandon, Présidente de la Fondation
***
LISTE DES COMMUNICATIONS
Mme Sylvaine Marandon,
Professeur Honoraire à l'Université de Bordeaux III, Présidente de la
Fondation: présentation et conclusion du colloque.
1 ‑ M Joël Givelet,
kinésithérapeute (thérapie respiratoire) « A corps des accords ».
2‑ Mme Anne‑Marie
Faurel, enseignante honoraire de psychomotricité : « La relaxation en
classe ».
3‑ Mme Marie‑Claire
Rouyer, professeur émérite à l'Université de Bordeaux III ‑ « Le
théâtre à l'école, quelques perspectives ».
4‑ M Michel Portal,
formateur honoraire (1 er degré) : « Le débat organisé ».
5‑ M Philippe Lobstein,
inspecteur primaire honoraire, fondateur de l'Association pour l'Éveil à la
Responsabilité à l'Ecole (A.E.R.E) : « Pédagogie du silence ».
6‑ M Bernard Nadaud
: présentation de « Génération Médiateurs » (avec vidéo).
7‑ Mlles
Fabienne Cossin et Stéphanie Rubi, de l'Observatoire de la
violence à l'école (Université de Bordeaux II) : «Théâtre interactif: les
violences entre élèves, construction de stratégies pour les victimes ».
8‑ Mme Geneviève
Glunk, psychopédagogue, formateur d'adultes, Docteur en Sciences de
l'Éducation : « De l'art d'enseigner à l'art d'être enseignant: une double
approche aux relations interpersonnelles proposées en formation‑terrain
».
Conclusion : A
suivre... Après ces « quelques remèdes » aux problèmes de comportement à
l'école, il conviendra que soient rassemblées et discutées les autres voies
pratiquées en ce domaine .
***
D'après J.F. BLIN - Classes
difficiles - Delagrave 2001
|
décrites par les
personnels chez les élèves |
décrites par les
élèves chez les personnels |
|
Violences symboliques : -
absentéisme
occasionnel, sélectif ou régulier ; -
arriver en retard,
sortir avant la sonnerie ; -
passivité, indifférence
à l'enseignement ; -
manque d'attention,
difficulté de concentration ; -
dormir en classe,
bâillements, soupirs... -
bruits, bavardages,
agitation, chahut ; -
faire autre chose que
le travail demandé ; -
refuser de faire un
travail; quitter la classe sans demander l'autorisation ; -
copier, tricher ; -
consumérisme scolaire
(exigence sur les contenus) ; -
mise en cause de la
compétence des enseignants. |
Violences symboliques : -
absence de prise en
compte de la parole des élèves ; -
diffusion d'informations personnelles ; -
méfiance, doute,
indifférence, déni ; -
attitude de rejet
(regard) ; -
appréciation
dévalorisante ; -
chantage à l'examen ou
au conseil de classe ; -
sanctions répétitives (colles, lignes... )
non justifiées ; -
renvoi de la classe,
convocation chez le CPE ou le proviseur ; -
convocation des parents ; -
exclusion temporaire. |
|
Incivilités, violences verbales et délits : -
interrompre
l'intervention du prof ou d'un élève; -
contestation des
notes, du travail, des contenus; -
moquerie, insolence,
attitude de défi; -
baladeur, fumer, boire, manger en classe; -
indécence; -
vol; grossièreté,
injure spécifique, agressivité; -
chantage, menace
verbale; -
propos sexiste à
l'encontre de l'enseignant(e); -
racisme ou chantage au
racisme; -
harcèlement sexuel; -
trafic de stupéfiants,
port d'arme; -
intrusion d'une
personne étrangère dans la classe. |
Incivilités, violences verbales et délits: -
autoritarisme dans la
relation pédagogique; -
ignorance volontaire
(élève ‑transparent»); ‑ -
attitude
irrespectueuse; -
moquerie, surnom
humiliant; -
stigmatisation
(fainéant, nul, voleur, tricheur... -
propos méprisants; -
humiliation; -
injure spécifique
concernant un trait physique ou moral; -
insultes,
grossièretés; -
propos racistes à
l'encontre d'élèves; -
sexisme; -
incivilités à l'égard
de parents. |
|
Violences physiques : -
dégradation des
locaux, détérioration du matériel; -
détérioration de biens
du personnel; -
bagarre entre élèves; -
bizutage; -
racket sur les
devoirs, sur les biens ;caïdat dans la classe, l'établissement; -
violence sexuelle
entre élèves; -
violence physique sur
un membre du personnel; -
violences
intériorisées: conduites addictives (alcool, tabac, stupéfiants),
automutilation, anorexie, suicide. |
Violences physiques : -
violence
institutionnelle (emploi du temps déséquilibré, classe surchargée, programme
inadapté); -
lycée « boite à
sardines » et locaux vétustes; -
hurlements; -
envoi de craie, gifle,
coup de pied...; -
atteinte à l'intimité
(visite des chambres sans frapper, fouille des casiers ... ) ; -
conduites addictives
des personnels: alcool, tabac, anxiolytique, antidépresseur... & |