LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L. N°10 BIS - octobre 2001
Sommaire
q La
question de l’éducation nouvelle, une urgence de civilisation,
une contribution du GFEN à la
rencontre de Porto Alegre (octobre 2001)
q DECLIC 38 propose les lignes directrices d'un projet de Collège
pionnier
q Une synthèse de divers projets de Collèges pionniers élaborée par Rolande MILLOT
q Les conclusions d'un travail sur l'apprentissage d'un
métier
par le groupe REVEIL de Strasbourg, suivi d'une lettre aux décideurs.
q
Deux sites Internet amis qui
attendent vos visites
***
Cette LETTRE 10bis
est justifiée par la réception de textes qu'il nous a semblé important de
diffuser sans attendre la LETTRE de Novembre. Comme toujours, nous
attendons vos réactions…
***
Dans un monde où sévissent
inégalités et injustices, la question de l’éducation n’est pas seconde, face à
des préalables économiques et à des impératifs politiques mais elle se pose
comme urgence de civilisation. Une urgence de civilisation que concerne
pourtant toute responsabilité immédiate et locale. Parce que l’homme ne naît ni
soumis ni émancipé, il le devient. Parce qu’il ne naît ni fanatique ni citoyen,
il le devient. Et c’est dans ce devenir que s’inscrivent les situations vécues,
éducatrices ou aliénantes, fondant pour chacun son rapport au monde et aux
autres.
L’accès pour tous à l’instruction est primordial. Mais
que serait l’accès au droit d’apprendre sans le pouvoir de comprendre ?
Face à une conception marchande des savoirs, à leur instrumentalisation et leur
accumulation, il s’agit de développer une intelligence capable de penser
autrement le monde. Face à la reproduction de savoirs-transmis comme
produits-finis, comme vérités indiscutables, il s’agit de faire émerger une
pensée créative et audacieuse. Mais comment éduquer à l’esprit critique en
exigeant une soumission appliquée à des règlements, dès l’école, quand ils sont
seulement élaborés par d’autres ? Comment éduquer à la solidarité face à
l’exclusion et à la compétition individuelle dans les apprentissages ?
Toute pratique, qu’elle soit d’enseignement ou de
formation, n’est ni neutre ni innocente. Dans les faits, elle transmet, dans le
cours même de l’acte qu’elle pose, des valeurs, des comportements mentaux et
des modes de penser qui s’ajoutent aux contenus prescrits des savoirs et les
traversent.
Or, c’est par rapport à la pratique de transmission
des savoirs, fonction première de l’école, que l’éducation nouvelle pose un
renversement décisif, et cela dès les premiers apprentissages du
lire-écrire-compter et tout au long du cursus scolaire et de formation.
C’est dans la notion et la pratique de démarche d’auto-socio-construction du savoir
que, prenant appui sur des situations incitatrices de départ, sont impulsés
des processus constructifs qui sollicitent les forces inventives, créatrices de
chacun pour que, dans une interaction entre soi et les autres, se travaillent
questionnements, contradictions et conflits. Là, dans un va et vient entre
l’acte et la pensée, entre hypothèses et conscientisation, entre schèmes
balbutiants et formulations, se construit une pensée opératoire, une pensée
réinvestissable ailleurs. Là s’exerce la prise en compte créatrice des
divergences, dans la pluralité et la diversité, et se développe l’exercice du
débat constructif, démocratique, condition pour des apprentissages solidaires
en même temps que conceptualisés.
L’enjeu est de devenir citoyen dans le savoir et dans les
apprentissages.
C’est dans de tels processus que ne doivent pas être
évacués les questions, contre-évidences et débats dont les savoirs sont issus,
alors qu’ils sont nés d’audaces et qu’ils furent, dans leur genèse, combats
contre l’ignorance, les interdits et les fatalités. C’est dans de tels
processus que chaque enfant, chaque apprenant, peut mobiliser ses propres
capacités à penser, à créer, à agir et les mettre en synergie avec celles de
ceux qui, bien avant lui et autour de lui, les ont déjà exercées. Il découvre
ainsi dans l’acte de savoir la force d’une fraternité humaine.
Dans une telle approche de la connaissance, comme dans
la vie coopérative, dans la conception et la réalisation de projets, dans les
situations multiples d’écriture où se construisent des pouvoirs de penser et de
créer, la mise en pratique de tels principes ne peut se faire sans le pari
philosophique exprimé dans le
« Tous capables ». Il s’agit de mobiliser et développer les
potentialités immenses de chaque enfant, chaque adulte, chaque peuple,
potentialités trop souvent insoupçonnées ou massacrées, niées ou écartées.
Apprendre à penser dans la complexité, apprendre à
affronter l’imprévu, à se nourrir de l’altérité et de la diversité des
cultures, à sortir des cadres établis, apprendre à faire avec les
contradictions, c’est apprendre à refuser l’esprit de fatalité et à surmonter
les conflits, entre hommes libres et responsables.
Porto Alegre, Octobre 2001
Vous pourrez trouver deux autres textes émanant du
GFEN sur le site Internet de REVEIL :
·
une
présentation des grandes lignes de la réflexion et de l'action du Groupe
Français d'Education Nouvelle
·
un
texte élaboré collectivement sous une forme poétique par les participants à une
rencontre organisée par le GFEN 38 le 26 octobre dernier.
Vous trouverez aussi l'annonce d'une Université Internationale pour juillet 2002 à Bordeaux dont le thème général sera UNE FORMATION POUR UN DEVELOPPEMENT HUMAIN DURABLE.
GFEN (Groupe Français
d’Education Nouvelle) 6 avenue, Spinoza 94200 Ivry
France gfen@worldonline.fr
***
Aux enseignants, aux parents, aux militants associatifs
à celles et ceux qui souhaitent
la création d'un collège "pionnier"
Un
tel projet s'avère possible dans l'esprit du CNIRS (Conseil National de l'Innovation
et de la Réussite Scolaire) et suite à de nombreuses rencontres avec des
enseignants, parents, mouvements pédagogiques et d'éducation populaire, élus….
DECLIC 38 (association pour le Développement d'Ecoles, de
Collèges, de Lycées d'Initiative Citoyenne) vous propose de participer à son
élaboration, si les axes de réflexion brièvement décrits ci-dessous vous
paraissent essentiels :
Pour créer les
bases d'un collège pour tous :
-Développer une culture commune pour
tout le cycle (rôle de l'enseignement obligatoire) préalablement à la
préparation au lycée
-"Equiper" tous les enfants des savoirs de base ( particulièrement :
maîtrise de la langue orale et écrite, nouvelles techniques de communication)
et des comportements de base (socialisation).
-Rendre l'élève acteur de son propre
développement et de son émancipation.
Pour rendre les
apprentissages accessibles à toutes et à tous :
-Pratiquer le dialogue : avec les élèves (
professeur-tuteur) et avec les familles (rencontres régulières, prise en compte
des cultures diverses, instauration de la coéducation).
-Effectuer les devoirs au collège : aide
individualisée et entraide entre pairs.
-Donner du sens aux apprentissages en
réalisant des projets collectifs ou individuels et en développant la curiosité,
les méthodes de recherche, les capacités de distanciation, d'abstraction, et
d'autonomie…
-Diversifier les situations et valoriser les
modes d'apprentissage.
Pour développer
le respect mutuel, le civisme et les pratiques démocratiques :
-Etablir les relations de coopération entre tous (adultes/enfants)
: par le travail en équipe, la communication non-violente (empathie, écoute,
médiation), par la convivialité.
-Promouvoir l'entraide, encourager l'émulation et la solidarité
dans la réalisation de projets de groupe.
-Construire les règles et la loi par un
fonctionnement coopératif, la cogestion de la vie scolaire avec les parents, le
personnel, et les élèves, base vécue d'un véritable civisme.
Pour donner
plus de sens aux programmes :
-Relier les disciplines entre elles (cf. les
propositions du rapport Joutard : regroupement en domaines croisés
"création technique, histoire et société", "la matière, le
vivant et le corps", "les humanités et les arts", "langues
et cultures du monde") et en se référant à l'expérience des élèves.
Pour adopter
une évaluation formative :
-admettre l'erreur comme source d'apprentissage
et de transformation des conceptions,
-valoriser les
réussites (ex. : utilisation
des " arbres de connaissances")
-organiser
l'auto-évaluation.
La création
d'un établissement pionnier ("qui ouvre la voie") suppose l'existence
d'un projet bien structuré, réaliste et concret, émanant d'une initiative
citoyenne, comme en témoignent les projets déjà réalisés, ou en voie de l'être,
dans le cadre de la Fédération ENSEMBLE CHANGEONS L'ECOLE. Elle est à notre portée si,
parents, enseignants, militants associatifs, sommes nombreux à la vouloir.
Si vous souhaitez : soit participer à
l'élaboration d'un tel projet, soit rejoindre l'équipe éducative en
constitution et envisager votre
affectation dans un tel établissement
(en tant que professeur titulaire) soit être tenu au courant de l'avancement du
projet faites-le
savoir par courriel ou courrier postal (en indiquant vos coordonnées) à :
DECLIC 38, 45 rue des Alliés 38 100
Grenoble - Gregg.West@ac-grenoble.fr 04 76 09 75 05
Parlez de ce
projet autour de vous, participez à la
prochaine séance de travail :
vendredi 16 novembre 2001 à
20 H.
Maison des Associations : rue Berthe de Boissieux. 38000 Grenoble
***
COLLEGES-LYCEES "PIONNIERS" …..Synthèse de quelques
projets (nov .01) par Rolande MILLOT
Cette
synthèse sera complétée dans les semaines à venir, mais dès à présent, elle est
parlante et peut rendre des services ne serait-ce qu'en mettant en évidence le
'noyau commun' qui pourrait être le nôtre….
__________________________________________________________________________________________
Textes
de référence : Projets de DECLIC 93,
Grenoble, Le Mans, Lille, Miremont de Guyenne, Nantes, Orange, St Martin
Valmeroux
Tous les projets mettent
l'accent sur la nécessité de :
-développer chez les élèves
la curiosité, l'appétence culturelle, le plaisir de la connaissance et de la
création, la confiance en soi, le goût de la communication
-développer les capacités
d'expression sous toutes ses formes et l'usage des différents médias -
développer le
bilinguisme
-développer la capacité de
distanciation, l'esprit critique, les capacités de synthèse, l'esprit
scientifique
-prendre en compte leurs
savoirs antérieurs, leur questionnement
-faire des élèves les acteurs
de leur formation
-faire de l'école un lieu
ouvert sur la vie, le monde, la ville,
et lui conférer un rôle de rayonnement culturel…
Tous les projets optent pour :
-des groupes multi-âges
qu'ils soient de référence, d'apprentissage ou de projets
-une pédagogie du projet
impliquant la transdisciplinarité
-le tutorat et les entretiens
individuels permettant l'intégration, la médiation, l'accompagnement
personnalisé
Tous les projets accordent
une grande importance à la "vie
citoyenne" et prévoient :
-des conseils à divers
niveaux où sont représentés élèves, parents, enseignants, autres professionnels
ou intervenants
-érigent en principe la
coopération, la solidarité, l'égalité et la fraternité
Tous les projets affirment la
nécessité de :
-de la co-éducation (équipe
éducative)
-d'une équipe pédagogique
collectivement responsable du projet et de sa mise en œuvre
-de la concertation régulière
(hebdomadaire) et de la recherche-action
__________________________________________________________________________________________
A - LES GROUPES, STRUCTURES DE BASE…
I/ Groupe d'ancrage, d'appartenance, de référence
-
constitué de 10 à 14
élèves pour 1 an au minimum
-
hétérogène :
multi-âge, brassage social et culturel, différents niveaux de scolarité
-
animé par un adulte
(enseignant ou non) appelé tuteur ou référent (accompagnement
individualisé-aide personnalisée-aide aux devoirs mais aussi vie du groupe,
projets…)
-
rôle de ce groupe :
intégration-vie citoyenne-médiation-orientation, donner du sens à la formation,
construire un projet, découvrir des voies professionnelles, des cursus
scolaires-solidarité et coopération-exercice des droits, pouvoir de décision et
de gestion-coordination de la vie scolaire
-
périodicité et durée
: de 3 à 8 H/semaine - le groupe dispose d'une salle fixe
·
un des projets
associe le regroupement pédagogique (6ème -5ème 4ème : acquisitions de base et 3ème -2ème
: détermination et 1ère et terminale : préparation aux examens)
d'environ 24 élèves et les groupes de référence (12 élèves)
II/ Groupe de projet ou de production
-
effectif et durée
variable
-
transdisciplinarité
-
destinataires du
projet : internes ou externes
-
partenariat (autres
professionnels, parents…)
-
5 à 7 H/semaine
(moyenne sur l'année), avec un temps
fort de 20H sur 2 semaines pour un des projets
-
choix des projets :
initiative individuelle ou de groupe - thèmes proposés (liste renouvelée toutes
les 6 à 7 semaines)
-
mise en place :
collectivement en début d'année pour les projets long terme (journal, voyage,
spectacle, roman, film…) - dossier de présentation pour accord à l'équipe
éducative comprenant la description du sujet, les sources de documentation, les
lieux et les personnes-ressource - obligation à chaque élève de travailler à n
projets (nombre variable) dans l'année
-
évaluation de la
production consignée dans le dossier de l'élève - constitution d'une Banque
avec les réalisations (chef-d'œuvre individuel ou production collective)
III/ Groupe d'apprentissage
-
l'âge n'est pas le
critère du regroupement. Les élèves sont testés dans les différentes
disciplines (tests
scolaires , arbre des connaissances…)
-
24 élèves en général
-
16H/semaine ; parfois
découpées en 10H + 6H de travail autonome
-
ateliers-cours pour
la remédiation, le soutien, l'entraînement, l'approfondissement
-
le tutorat permet un suivi individualisé
-
évaluation du niveau
des élèves individuelle et anonyme (tests, brevets, carnet de bord, arbre des
connaissances) chacun connaît son niveau et le niveau minimum pour intégrer le
groupe suivant
-
entraide entre
élèves, éventuellement soutenue par un adulte : réseau d'aide, d'échange de
savoirs - banque de ressources - tutorat entre élèves.
__________________________________________________________________________________________
B - ORGANISATION ANNUELLE
un seul projet y consacre
un chapitre
-
5 périodes de 6 à 8
semaines. Les derniers après-midi sont consacrés à l'évaluation et la
préparation de la
période suivante
-
séquence de 2
semaines (20H) pour les projets à court terme permettant d'aboutir rapidement
-
semaines spéciales :
- 1 semaine pour l'accueil et l'intégration des élèves
- 2 semaines/an, production
interdisciplinaire sur un thème commun
-
toutes les 6 semaines, chaque élève définit
avec son tuteur, un contrat (cours, projet, charges…), élabore l'emploi du
temps de la période qui est communiqué à la famille (donc emploi du temps
variable d'un élève à l'autre et d'une période à l'autre)
__________________________________________________________________________________________
C - EVALUATION
-
auto-évaluation avec l'aide éventuelle du tuteur
-
outils :
carnet de bord ou de route - brevets - mémoires - chefs-d'œuvre - cahier
d'évolution - livret de compétences - réseau d'entraide - réseau d'échange de
savoirs - arbre des connaissances - outils informatiques
-
co-évaluation et socio-évaluation des projets et productions (important pour
constituer la banque de ressources)
-
évaluation "experte" donc sommative, organisée et conduite par les
enseignants, individuelle et anonyme, en référence au cahier des charges et en conformité avec les programmes
nationaux
-
Évaluation du projet de l'équipe éducative : auto-évaluation - regard universitaire dans le cadre
de la recherche-action - échanges de savoirs, d'expérience avec d'autres
équipes et d'autres professionnels - inspection
__________________________________________________________________________________________
D - GESTION DEMOCRATIQUE - VIE CITOYENNE
en exergue, la Convention
internationale des Droits de l'Enfant
-
Conseil d'établissement, constitué de
représentants des groupes de base (regroupement
pédagogique, groupe d'ancrage ou de référence), des
enseignants, des différents professionnels ou
intervenants, de parents. Le Conseil gère la vie de l'école
-
Conseil de coopérative qui peut être propre à un groupe et qui gère la vie
du groupe
-
Groupe de gestion qui prend en charge, pour une période donnée (2
semaines ou plus selon la tâche), l'organisation pratique des tâches
(fonctionnement du Foyer coopératif, entretien du local de restauration sous la
responsabilité d'un ATOSS, fonctionnement du CDI…). Le temps nécessaire à cette
gestion n'est pas pris sur l'emploi du temps normal, il s'y ajoute.
-
Conseil d'arbitrage ou structure de médiation, constitué d'élèves élus,
d'enseignants, de parents, d'autres professionnels. Il règle les conflits au
niveau de l'établissement. Il peut organiser la formation d'élèves-
Médiateurs
E - EQUIPE EDUCATIVE
-
L'équipe a la responsabilité
du projet éducatif, de sa mise en œuvre et de son évaluation. Elle rend
compte de son évolution dans le cadre de recherches-actions
en liaison avec les lieux de recherche et de
formation (Universités-INRP-IUFM-CNRS…)
-
Elle rassemble
l'ensemble des éducateurs engagés dans le projet et/ou chargés des mêmes élèves
(par
ex. les 96 élèves des 3 cycles ou "moments", 6-5ème
/ 4-3-2ème /1-term)
- La réunion de concertation hebdomadaire (en général 3H/semaine) rassemble l'ensemble de
l'équipe.
Dans certains cas, d'autres structures transversales
complètent le travail de la concertation hebdomadaire
(réunion de "cycle", par discipline, par projet…)
***
Après un an d'enquête et
d'entretiens débouchant en décembre 2000 sur
la parution de la Lettre N°18
d'Espaces Dialogues, "Regards sur notre système éducatif", le groupe R.E.V.E.I.L. d'Espaces Dialogues
(Strasbourg) s'est trouvé confronté au problème de l'apprentissage.
Une autre année de rencontres avec des acteurs concernés l'amène à
mettre sur la place publique deux interrogations et deux propositions étayées
les unes et les autres par un constat unanime.
Deux interrogations :
- comment diriger vers les métiers manuels des garçons et des filles
sans repères et indécis devant leurs propres goûts ?
- comment lier cet apprentissage aux savoirs indispensables quand ces
mêmes garçons et filles refusent les formules scolaires classiques ?
- inverser la pédagogie : partir du chantier pour démontrer la nécessité
des savoirs.
Cette démarche pourrait se faire au cours d'une année - au moins - de
prise de conscience et de mise à niveau.
- pour ce faire, inventer un
lieu qui soit autre chose qu'une école : entreprise-école, chantier-école ?
La première proposition suppose l'accord d'enseignants et de leur
hiérarchie, sauf à se lancer dans ce genre d'expérimentation en dehors des structures
de l'Éducation Nationale.
La deuxième ne peut s'envisager qu'avec l'accord des milieux patronaux,
et un travail de collaboration entre eux et l'Éducation Nationale.
- le législateur doit revoir les
lois sur la scolarité obligatoire :
rien ne peut se faire avec des jeunes gens de 16 ans exclus par l'école
où ils ont traîné deux ans de trop, et révoltés parce qu'ils ne comprennent pas
ce que la société leur reproche.
Maintenant, la suite relève
d'autres forces que les nôtres : organisations patronales, Éducation Nationale,
et surtout opinion publique. Faute d'apprentis des métiers sont en train de
mourir sous nos yeux ; faute d'une réorganisation scolaire toute simple des
enfants sont en train de couler, sous nos yeux. Pourquoi n'y aurait-il pas un
réveil du public sur ces questions auxquelles il est confronté chaque jour ?
Liliane
AMOUDRUZ,
Présidente
de l'association ESPACES DIALOGUES
***
Madame, Monsieur,
Vous trouverez ci-joint le compte-rendu succinct de recherches
entreprises par un de nos groupes de travail. Nous savons que les problèmes
abordés préoccupent les pouvoirs publics et que de multiples solutions sont
proposées, peut-être parce que ces problèmes ont de multiples facettes.
Nos propositions sont nées d'un débat avec des interlocuteurs multiples,
dont des représentants d'artisans, et il nous a paru intéressant - et urgent -
d'en porter les résultats à la connaissance d'un maximum de décideurs.
Nous ne vous apprendrons rien sur l'échec de pans entiers d'un système
scolaire né au XIXe siècle pour répondre à la mise en place de la société
industrielle. Ce que nous avons entendu au cours de nos rencontres nous a
confirmé l'existence d'une jeunesse sans repères, en voie de constituer une
véritable classe sociale. Et là, le problème devient politique, c'est-à-dire
qu'il concerne la cité. C'est pourquoi nous nous adressons à vous.
Veuillez recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations les meilleures
Liliane
AMOUDRUZ
Présidente
PJ
* Le document "Travail sur
l'apprentissage"
* La Lettre N° 18 d'Espaces Dialogues (le texte de l'enquête publié
dans cette lettre figure sur le site Internet de REVEIL).
***
Un message reçu :
A propos d'échanges de savoirs vous serait-il
possible de communiquer aux internautes avec qui vous correspondez cette
adresse qui permet l'accès à des informations sur des savoirs peu
scolaires?adresse: www.savoirsdeterroirs.com
L'association publie un livret-jeu en partenariat
avec le collège de la Ségalière à Largentière (Ardèche) sur le sentier
d'interprétation du patrimoine largentiérois. Le jeu basé sur une intrigue
policière est valablequel que soit le lieu d'habitation. Les textes ont été
écrits par de élèves de 5ème, l'intrigue est aussi des élèves. Avis aux
intéressés.
Autre site à visiter : celui
de nos amis de l'Office central de la coopération à l'école (O.C.C.E.) http://www.occe.net
***
Si vous voulez soutenir notre action.
R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux
personnes et aux associations adhérant
à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à
l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy
AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,
Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN.
La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique
: à partir de 50 F, mais elle est
indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.
Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action
et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L.
(ou en renouvelant leur adhésion pour 2001) de bien vouloir se signaler
(chèques au nom de R.E.V.E.I.L. à PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles
qui nous ont déjà renouvelé leurs encouragements et leur soutien.
Merci enfin à ceux d'entre vous qui voudront bien
donner leur avis sur l'organisation de l'A.G. statutaire de R.E.V.E.I.L. pour
2001…
La version électronique de
la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion
à l'association.
***
Je vous rappelle l'adresse de notre site
Internet :
http://www.multimania.com/assoreveil
Si vous avez la version électronique
de cette lettre, cette adresse vous est présentée en couleur et soulignée : il
vous suffit de cliquer dessus lorsque le pointeur de votre souris est une main
pour entrer sur le site.
***
Prochaine lettre vers la fin novembre
Entre temps, quelques flash possibles selon
l'actualité.
Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos
questions, vos suggestions…
Contact : reveil.perrier@wanadoo.fr
Georges HERVE, adresse postale : rue du Château 63500 PERRIER