LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L. N° 11-2 – novembre 2002
Sommaire
UNE AUTRE ÉCOLE POUR NOS ENFANTS ?
Collège : le temps de la contre‑réforme
Le billet de décembre de Bernard
DEFRANCE :
Savoir, c’est pouvoir
transférer ?
ECHANGES RECIPROQUES DE SAVOIRS
***
Par André GIORDAN – éditions
Delagrave, 2002.
L'auteur prévient d'emblée
: "Ce livre n'est… pas une proposition de programme pour l'école… Il
est seulement une contribution au débat national, voire européen, dont on ne
peut plus faire l'économie sur l'avenir de l'école."
Et
quelle contribution ! Elle s'ouvre par quatre lettres adressées par l'auteur,
respectivement et dans l'ordre, à un parent d'enfant scolarisé, à un
enseignant, au Ministre de l'Éducation et à un jeune, "principaux
partenaires de l'école d'aujourd'hui" à qui incombe d'alimenter ce
débat national sans lequel, "forteresse immobile au milieu d'un monde
qui évolue de plus en plus rapidement, l'école ne bougera pas spontanément de
l'intérieur."
Contrairement aux essais
habituels, construits, dans le meilleur des cas, autour de deux ou trois
idées-forces, cet ouvrage est un véritable foisonnement d'idées, toutes
essentielles pour le débat nécessaire. Impossible donc de le résumer en un
texte de présentation. Limitons nous donc à l'un des passages forts de
l'ouvrage : celui où André GIORDAN, partant d'un événement récent, "la
crise de la vache folle", montre les limites de l'analyse cartésienne dans
la compréhension d'une réalité complexe.
Pour comprendre cette
crise, "… de quel savoirs s'agit-il ? D'emblée, les démarches
d'investigation paraissent capitales. L'analyse dite cartésienne qui consiste à
découper une situation problématique en éléments simples pour les étudier
séparément ne suffit plus pour comprendre ; en cherchant à isoler les facteurs
déterminants, elle gomme les liens. Ce n'est que lorsqu'on relie les économies des
pays, que l'on suit les chaînes professionnelles ou qu'on confronte le
scientifique, le technologique, l'économique et le politique que l'on commence
à comprendre. Sinon le sens se perd au cours de l'analyse. Face à la complexité
des questions à traiter, il devient important d'organiser les connaissances
autrement. Cette démarche, que l'on nomme systémique[1]
est à l'origine d'un changement profond dans l'approche des questions
complexes. Complémentaire de la démarche analytique et rendant la recherche
d'informations indispensable, elle devient un passage obligé de
l'apprendre. Très proche de la pensée du jeune enfant, cette approche offre un
autre regard sur le monde, un regard qui relie au lieu de séparer… Une telle
approche demande que l'on soit curieux, que l'on ait envie de chercher, et,
surtout que l'on possède un bon sens critique. Mais … critiquer
nécessite une assez grande confiance en soi, en même temps qu'une certaine
imagination… Démarches, concepts organisateurs, attitudes, voilà des savoirs
de base qui peuvent être mis en avant à l'école. Le sont-ils suffisamment ?
On peut en douter…"
S'agissant des savoirs, dès
la première page, André GIORDAN précise, dans une note, qu'il ne s'agit pas des
"connaissances scolaires"[2],
simples "savoirs anecdotiques ou notions", mais que les savoirs
doivent comprendre "des savoir-être (attitudes, comportements), des
savoir-faire (démarches, méthodes), des savoirs au sens strict (concepts
organisateurs), mais aussi des savoir-vivre et des savoirs sur le savoir
(métacognition, réflexion sur)". Ces "savoirs" ainsi
entendus, joints aux paradigmes et aux valeurs, constituent "la
connaissance".
Cette démarche systémique,
André GIORDAN l'applique pour traiter de la crise actuelle de l'école. Il ouvre
ainsi des perspectives nouvelles au GRAND DEBAT (bandeau de l'éditeur) qu'il
est urgent d'initier, dépassant – en les englobant dans une vision globale –
les points de vue particuliers – qui se veulent trop souvent exclusifs, entraînant
incompréhensions, divisions et inefficacité : approches pédagogiques,
psychologiques, sociologiques, historiques, politiques, économiques, etc.
Chacune de ces approches ne donne accès qu'à une facette du système éducatif :
ce qui importe ce sont les interactions qui les relient. Ce livre est à placer
parmi les quelques ouvrages essentiels qu'il faut avoir lu et médité si l'on
veut comprendre non seulement l'école, mais aussi la société contemporaine.
L'ouvrage s'articule, de
façon très logique, en trois grandes parties : Pourquoi apprendre ? Quoi
apprendre ? Comment apprendre ? Les notes de bas de page, particulièrement
nombreuses, éclairent la complexité des thèmes traités. Écrit dans une langue
claire, partant fréquemment de situations concrètes, ce livre ne s'adresse pas
qu'aux seuls spécialistes, mais à l'ensemble des partenaires de l'école,
parents, enseignants et jeunes auxquels il apporte une abondante matière à
réfléchir.
Professeur de didactique et
d'épistémologie des sciences à l'Université de Genève, André GIORDAN se place
dans ce courant genevois qui, de Rousseau à Piaget en passant par Claparède, a
tant apporté à la réflexion sur l'éducation. Il a écrit notamment "
Formation scientifique et travail autonome", "les origines du
savoir", "une éducation à l'environnement", "évaluer pour
innover", "apprendre !", "des idées pour apprendre",
"l'enseignement scientifique à l'école maternelle", etc.
G.H.
***
Dans une lettre datée du 29 novembre, adressée au
Ministre, Luc Ferry, 17 membres du Conseil National de l'Innovation pour la
Réussite Scolaire – soit la majorité – ont annoncé leur démission collective,
un mois après la démission de la Présidente de ce Conseil, Anne-Marie Vaillé.
Ce Conseil, dont les
membres démissionnaires écrivent qu'il " avait suscité beaucoup d'espoirs ; qu'il visait à favoriser la réussite
de tous en libérant la créativité", avait été mis en place par Jack Lang
peu après son arrivée au Ministère de l'Éducation nationale. L'ICEM (pédagogie
Freinet), qui avait largement coopéré à l'action du CNIRS, avait cependant
commencé à émettre des doutes sur son efficacité avant même le changement de
gouvernement. Dans une lettre ouverte au Ministre, Joël Blanchard, Président de
l'ICEM, écrivait, en avril 2002 :
"-
Le Ministère de l’Éducation Nationale a-t-il la véritable volonté politique de
soutenir l’innovation, en promouvant notamment des structures fonctionnant sur
des bases coopératives dans tous les domaines, développant la personnalisation
des apprentissages et valorisant les approches transdisciplinaires ?
-
Ne cherche-t-on pas à circonscrire l’innovation à des mesurettes portées au
pinacle ou à quelques structures expérimentales «ghetto» comme le sont devenus
les lycées créés par le Ministère Savary en 1981 ?
-
Souhaite-t-on vraiment, tel que l’annonçait le CNIRS dans ses prémisses,
soutenir la mise en réseau des équipes innovantes et ouvrir ce réseau
horizontal à toute équipe volontaire, dans un esprit de co-formation, en visant
réellement la diffusion de pratiques émancipatrices pour une rénovation en
profondeur du service public d’éducation ?
-
Le Ministère de l’Éducation Nationale désire-t-il valoriser le travail et le
capital d’expériences des mouvements pédagogiques regroupés au sein du CLIMOPE,
en leur accordant une place conséquente dans le système de formation ?
Au
vu des réalisations du chantier, après un an de fonctionnement du CNIRS, il est
sérieusement permis d’en douter."
L'annonce, dès juillet dernier, de la suppression probable du CNIRS par le directeur de cabinet du Ministre, suivie d'un démenti de Luc Ferry qui plaçait cependant ce Conseil sous la coupe de la Direction des Enseignements Scolaires (DESCO) laissait augurer qu'il serait réduit à un simple rôle de figuration.
Cette démission de la majorité de ses membres entraîne
la suppression de fait du CNIRS et, peut-être, la fin d'une illusion.
Reste maintenant à donner corps à l'utopie selon laquelle "un autre
monde est possible, une autre école est indispensable"[3]
pour le construire. Cela passe sans doute par l'initiation d'un vrai débat
national sur l'École et le soutien obstiné à ceux qui, sur le terrain,
continuent, malgré tous les obstacles, à ouvrir des voies pour l'école de
demain. Cela passe aussi par la rencontre dans un esprit d'ouverture et de
compréhension mutuelle de tous ceux qui veulent "Changer l'École".
Nouvelle rentrée scolaire accompagnée des mêmes
discours et vains débats sur l'illettrisme.
Voilà des décennies que fusent les sempiternelles
lamentations : " ils " ne savent pas lire... " ils " ne
savent plus lire... Voilà des décennies que continuent les mêmes pratiques
d'apprentissage inspirées par les mêmes conceptions de l'écrit "
transcription de l'oral " : pa pe pi po pu... la pipe à papa
pue.
Échecs répétés dont on s'obstine à cacher les raisons
en criant haro sur " l'innovation ", sur les pratiques pédagogiques
" nouvelles ", celles, pourtant ultra‑minoritaires, de Célestin
Freinet ou de l'AFL, par exemple. Et la fameuse " globale ", qui n'a
jamais été réellement utilisée, s'avère un excellent bouc émissaire pour berner
des parents désorientés.
Ainsi se protègent les dominants soucieux que l'on ne
remette pas en cause des conceptions idéologiques et des pratiques sociales qui
confortent leur pouvoir. Que " la France d'en bas " reste à sa place.
Qu'elle besogne sagement, obéissant aux " règles " établies, sans
faire preuve de trop de " créativité " (dixit Luc Ferry), ni
d'autonomie, ce qui pourrait l'inciter à porter un regard lucide et critique
sur notre monde.
Des changements ? Point. La même continuité : une
apparente diversité politique cache mal le règne immuable (?) et désastreux de
l'orthodoxie.
Pierre Badiou
Pierre
Badiou est à l'origine de l'association BRIOUDE, VILLE LECTURE. Le texte
ci-dessus est l'éditorial du bulletin INTERLIGNES n° 127 diffusé par cette
association. On trouvera d'autres textes de Pierre BADIOU sur le site de
REVEIL, notamment "Aspects idéologiques de l'École" à l'adresse http://assoreveil.org/p_badiou_1.html
Brioude-Ville-Lecture présente ses actions sur son
site Internet : http://www.brioude-internet.fr/bvl
***
Luc Ferry et Xavier Darcos ne croient plus au collège
unique, la droite la plus dure veut sa peau depuis longtemps et les professeurs
consultés par sondages n'en veulent plus depuis des années. Les jours du
collège unique sont donc comptés et pour la première fois depuis trente ans on
va réinstaller une sélection précoce avant même le terme de la scolarité
obligatoire. Non seulement dans les faits, mais aussi dans le droit, nous
allons revenir au temps supposé heureux où l'école séparait rapidement le bon
grain de l'ivraie, au temps où les bons et les moins bons élèves c'est à dire
souvent les classes moyennes et les autres ne se fréquentaient pas longtemps
sur les bancs de l'école. Sans espoir aucun, mais par simple conviction, je
crois cependant qu'il faut discuter les arguments et les logiques d'une contre-réforme
qui est moins un projet d'école qu'un renoncement.
1) Les classes de collège sont trop hétérogènes, et
bien des élèves y perdent leur temps. Sans doute. Mais cette hétérogénéité,
inévitable au collège ouvert à tous, est formidablement accentuée par le fait
que le collège unique créé par René Haby n'a jamais été conçu autrement que
comme le premier cycle du lycée d'enseignement général[4]. Il n'a
jamais été véritablement construit par le projet d'une culture commune, et tous
les élèves, qui n'en pouvaient mais, n'y ont pas trouvé leur place. De ce point
de vue, la France n'a jamais choisi pédagogiquement le collège unique, elle a
créé l'assemblage monstrueux du lycée de l'élite et de l'école de tous.
Attachés à l'image de l'excellence académique définie par les concours de
recrutement, les professeurs ont souffert le martyre ; et plutôt que de
réformer le collège pour en faire une école pour tous, on choisit d'en sortir
par le bas, au plus simple, en sortant les plus faibles. Prenons garde
cependant : pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Pourquoi ne pas faire des
classes fortes et faibles à l'école élémentaire et en grande section maternelle
? Beaucoup en rêvent, encore silencieusement, mais pas pour longtemps. A quand
l'examen d'entrée en sixième ?
2) On nous dit que le collège avait mis en oeuvre une
sélection négative, une sélection par l'échec vers l'enseignement
professionnel. Là encore, le constat est vrai, mais au lieu de combattre cette
logique, on l'entérine. Pour sortir de cette situation scandaleuse et injuste,
il fallait renforcer l'enseignement professionnel. Au lieu de cela, on accroît
cette forme de sélection en ouvrant des filières pré professionnelles dès la
classe de quatrième. On admet donc que les ouvriers et les employés de demain
seront d'abord définis par leur échec scolaire et par l'humiliation qu'il
implique, puisqu'il n'est pas question de changer l'école obligatoire afin
qu'elle accueille ensemble tous les élèves, la sélection ne s'opérant pas après
que l'école républicaine a fait son travail. Et comme on estimera toujours
qu'un tiers environ des élèves sont trop faibles, les filières spéciales ne
cesseront de se remplir.
3) Le collège est envahi par les problèmes sociaux, la violence et l'incivilité. C'est souvent vrai. Mais l'école n'est elle pas elle‑même violente ? et elle le sera plus encore en se débarrassant de ceux qui en dérangent l'ordre. Au lieu d'affirmer que le collège doit renforcer son rôle éducatif, on en appelle à un retour sur les savoirs, ce que personne ne contesterait si cela ne signifiait pas aussi que l'éducation ne saurait être l'affaire de l'école. Or, si ce n'est pas l'affaire de l'école, c'est l'affaire de qui ? L'absentéisme scolaire ne découle pas seulement de la «démission des familles», mais aussi du fait que bien des élèves ne pensent plus que l'école les aide à s'instruire, à préparer leur avenir, à se former. La violence scolaire n'est pas qu'une affaire de petits voyous, elle est aussi la conduite d'élèves perdus et qui ont le sentiment que l'école les traite mal, qu'elle se «ghettoïse» et qu'elle ne sélectionne que par l'échec et la sanction des incapacités. On continuera d'accuser les familles les moins favorisées et l'on confondra les problèmes de sécurité avec ceux de l'éducation. En fait, cette politique développera la violence, et d'abord la violence sociale puisqu'il ne faut pas être bien savant en sociologie pour savoir comment se répartiront les catégories sociales de chaque côté de la barrière : école des pauvres et des enfants de migrants d'un côté, école des classes moyennes et des Français de souche de l'autre. Vive la République !
4) Qui s'occupera des mauvais élèves ? On imagine sans
mal que tous les professeurs qui souhaitent se défaire des mauvais élèves, pour
leur bien naturellement, imaginent que ceux‑ci ne leur seront pas confiés
puisqu'ils réclament le fait de n'avoir que les élèves auxquels ils ont droit.
Pourtant, il faudra bien que quelques-uns accompagnent ces cancres et ces cas
sociaux. Une motion syndicale avait d'ailleurs trouvé la solution : ce sera
l'affaire des «professeurs volontaires», car ce ne peut être une tâche normale
que de s'occuper de ces élèves, pas plus que ce ne pourrait être une tâche normale
des médecins que de prendre en charge les «sales maladies», la vieillesse et
toutes ces choses qui n'appellent aucun exploit scientifique, mais seulement un
peu d'humanité.
5) Rien en face. Cette contre‑réforme n'est pas
un événement mineur, car elle revient sur plusieurs décennies d'histoire
scolaire, et les idéologues de la droite ont raison de se féliciter de cette
«révolution copernicienne» et de l'abandon de quelques chimères comme
l'égalité. Que la droite pense et fasse ainsi, c'est son travail. Mais que la
gauche se taise et que les syndicats d'enseignants, si prompts à défendre
l'universalité républicaine quand elle colle à leurs intérêts, soient aussi
silencieux et gênés parce que c'est leur propre base qui parle ainsi en dit
long sur leur décomposition. Après tout, nos deux ministres ne font que mettre
leurs pas dans ceux de Jean-luc Mélenchon. Bien sûr, disent les sondages, les
parents et les élèves restent majoritairement favorables au collège unique.
Mais qui s'en soucie puisqu'il semble définitivement acquis que l'école
appartient à ceux qui en vivent ?
6) La France d'en bas contre la France d'en dessous.
Du point de vue social, l'abandon du collège unique, le matraquage obstiné sur
la violence scolaire aux dépens de thèmes tout aussi importants comme le
désintérêt scolaire ne sont qu'une manière de stigmatiser et d'exclure tous
ceux qui n'ont pas le bon goût et les moyens de participer au monde si lisse et
si vertueux de la France d'en bas : les jeunes des banlieues, les habitants des
quartiers difficiles, les étrangers venus du Sud et de l'Est, les gens du
voyage, les chômeurs obstinés et... les mauvais élèves. D'ailleurs, on sait
tous que les enfants, surtout ceux des autres, sont dangereux et violents.
Au moment où le collège unique va disparaÎtre, il ne
faut pas lui attribuer les vertus qu'il n'a jamais eues. Mais il s'est enfoncé
dans cette crise parce que jamais les gouvernements successifs n'ont eu le
courage et la capacité de le choisir vraiment et de reformer notre école. Pour
ne déplaire à personne, ils se sont obstinés à croire que l'on pouvait, à la
fois, ouvrir le collège à tous et en garder les formes, le style et les
objectifs du temps où ce collège n'était réservé qu'aux meilleurs.[5] Tout se paie
ou, plus exactement, tout se fait payer aux plus faibles. Pourtant, il n'y
avait pas de fatalité, y compris à droite. A plus d'un siècle d'intervalle,
Victor Duruy et René Haby n'avaient pas été des ministres de l'Enseignement
réactionnaires. Il est vrai, si l'on en croit les sondages, que nos ministres
du jour ne le sont pas plus que la majorité des troupes dont ils sont
responsables.
François DUBET
Ce texte est reproduit ici avec l'autorisation de son
auteur. Il est paru dans la rubrique REBONDS du 21 novembre 2002 du journal
LIBÉRATION. François Dubet est sociologue. Dernier ouvrage
paru, «le Déclin de l'institution», Paris, Seuil, 2002.
***
Une
JOURNEE D’ETUDE est organisée par la Fondation pour le
Progrès en Education et l’Association
pour l’Eveil à la Responsabilité
à l’Ecole (AERE) sur le thème :
Se former
aux attitudes éducatives
Elle aura lieu le mercredi 8 Janvier 2003, au siège de l’ Académie, 23 Quai de Conti, Paris (6ième)
entre 10h et
18h.
# #
#
Le but de la
Fondation est de rassembler témoignages et propositions de progrès et de
permettre qu’ils soient discutés et diffusés.
Ce colloque
visera à mettre en lumière les activités éducatives en milieu scolaire, à la
fois telles qu’elles existent déjà et telles qu’elles pourraient et
devraient être étendues.
La méthode privilégiera
le débat, c’est-à-dire les apports de tous les participants. Chaque point sera introduit par de brèves
interventions relatant des expériences ou des propositions le concernant,
jusqu'à l’exploration aussi complète
que possible des divers aspects, afin d’atteindre clarté et efficacité.
Le titre distingue à
dessein les deux termes pour marquer leur différence, relativement occultée par
l’emploi généralisé du premier. Mais leur liaison est aussi fortement
soulignée. Les scénarios du futurs (OCDE) envisagent comme développement
positif la combinaison de l’éducation et du savoir. L’objet propre de la
journée du 8 janvier est, dans un contexte d’urgence accrue, d’examiner
l’implication de l’école dans l’éducation, étant entendu que son rôle
spécifique reste la transmission de savoirs. D’autres rencontres de ce type
devront certainement poursuivre l’étude.
Le
programme : le matin auront lieu des échanges entre le
public et les adhérents de l’AERE sur leurs pratiques en vue du développement
de la responsabilité, par la discussion ouverte et ordonnée des problèmes,
suivie éventuellement de moments de réflexion silencieuse.
L’après-midi,
on mentionnera, en première partie, le travail éducatif accompli par l’école,
en dissociant ce qui sert directement l’instruction de ce qui, plus largement,
favorise les compétences sociales et l’affirmation de valeurs.
Ce qui
pourrait et devrait exister en outre sera ensuite évoqué et discuté : une
conscience plus claire du devoir d’éducation ainsi qu’une définition
suffisamment nette des objectifs et des personnes en ayant la charge.
# #
#
Toute
éducation, quelle qu’elle soit, demande du temps, une intention personnalisée,
l’art et le désir de communiquer. Elle doit être intériorisée, avec adhésion
des intéressés. L’incitatif et le répressif y ont part tour à tour. Ces deux
volets complémentaires peuvent-ils être mis en œuvre dans le cadre scolaire, et
par qui ? Cette question devrait déboucher, dans les circonstances
actuelles, sur un constat d’insuffisance. Nous avancerons une
proposition : la création d’un corps d’éducateurs qualifiés, avec formation
pluridisciplinaire et statut reconnu.
# #
#
Pour
participer à la journée du 8 janvier : l’inscription est gratuite, mais il
sera bon de faire connaître son intention à l’avance, les places étant
limitées. C’est indispensable pour les intervenants, aussitôt que possible :
· en écrivant à l’AERE, 5 Place Saint-Sauveur, 56400
AURAY.
· en téléphonant à la présidente de la Fondation au 05
56 92 25 78.
· en consultant le site Internet de la Fondation : http://www.asmp.fr/progreduc/accueil.html
Des remboursements de frais de déplacement peuvent
être assurés par la Fondation aux intervenants.
***
La journée du 16 novembre de DEI-France sur les réponses à la
délinquance des mineurs, à l’Assemblée Nationale, a été dense et
fructueuse ! ces réflexions vont nourrir le rapport annuel sur l’année
2002 ; je commence à écrire le chapitre sur l’École : si vous souhaitez voir aborder certaines questions dans ce chapitre,
n´hésitez pas à me le faire savoir et m´envoyer toutes vos suggestions. Merci d´avance ! Prochain rendez-vous de DEI-France, l’assemblée
générale du 25 janvier 2003 ;
Sur mon site, dans Actualités,
un texte de protestation contre la censure par le Conseil Régional Rhône-Alpes
de l’affiche du festival de jazz de Vienne (et dès que possible
l’affiche elle-même), divers appels à la manifestation des organisations de
l’Éducation Nationale le dimanche 8 décembre, le communiqué de Ban
Public à propos du refus par la Cour d’Appel de Bourges de mise en
liberté d’un malade du sida (n’est pas Papon n’importe qui n’est-ce
pas ?), un appel d’élèves et enseignants de l’École Nationale des Arts
& Métiers contre l’usinage (voir aussi dans Mes articles le
billet publié par les Cahiers Pédagogiques en 1989), le texte du
jugement gagné par Gilbert Molinier qui avait protesté contre les
jeux boursiers organisés dans son lycée par une banque privée ; dans Textes
et documents reçus : quelques chiffres instructifs sur le
« village mondial » et une remarquable lettre de l’archevêque de
Boston au président Bush.
Toujours sur le site, dans les Demandes
d’emploi : mon cher webmaster, Bruno Defrance, cherche !
voir son cv ; voir aussi, dès la page d’accueil, un appel d’un de mes
anciens élèves, Patrick Law-Pois, qui vit à La Réunion.
Alerte sur le collège unique ! ou comment se débarrasser des
« mauvais » élèves… Rappel : « L’École fonctionne comme
un hôpital qui soignerait les bien portants et éliminerait les malades. »
Lettre à une maîtresse d’école, par les enfants de Barbiana, Mercure de
France, 1972, ce qui ne nous rajeunit pas vraiment…
http://www.bernard-defrance.net
***
C'est le titre et l'objet du dossier pédagogique
publié dans le NOUVEL EDUCATEUR n°142 d'octobre 2002.
Dans le
même numéro, on trouvera des échos du Congrès 2002 de l'ICEM à TALLENCE, un
article sur le journal mural en maternelle, une relation du RIDEF 2002 en
Bulgarie, la deuxième partie d'un texte "pour une didactique des Arts et
Créations", une relation du Premier forum social européen de Florence, un
billet d'humeur de Laurent Ott, enseignant et éducateur à Longjumeau,
"Stop les dévaluations" ainsi que la préface du Manifeste pour les
pédagogues par Michel Fabre, Daniel Hameline, Jean Houssaye et Michel Soëtard,
à paraître prochainement chez ESF.
Le Nouvel
éducateur, édité par PEMF, 06376 MOUANS SARTOUX CEDEX
Site
Internet : http://www.pemf.fr
***
Pour savoir, est-il possible d’apprendre sans se
transporter d’une situation à une autre, d’un problème à un autre ?
- Le « transfert » est-il une notion
pertinente ?
- Si « transfert » il y a, comment
s’opère-t-il ?
- Peut-on apprendre sans transférer ?
- Peut-on apprendre à transférer ?
Ce dossier tente donc d’interroger la réalité
scientifique du concept. Par la voix notamment de Jean-Pierre Astolfi, Jacques
Tardif, Françoise Cros, Philippe Perrenoud et Jean-Pierre Boutinet, il passe en
revue les aspects didactiques, pédagogiques, épistémologiques, philosophiques
et psychologiques concernant le transfert des apprentissages.
Puis il donne la parole à des enseignants afin de proposer des éléments pratiques qui rendent la notion, cette fois, directement mobilisable.
Dossier coordonné par Jean-François Tressol et une
équipe d’enseignants de la région de Clermont-Ferrand.
On trouvera en outre dans ce numéro 408 des CAHIERS
PEDAGOGIQUES :
- Une interview de Claude Azema, rapporteur de la
section sociale du Conseil économique et social.
- Un retour sur l’innovation et les établissements
pionniers avec, notamment, une contribution forte des animateurs de la Bouture
(Grenoble) qui réagissent à l’orientation sécuritaire du nouveau gouvernement.
Possibilité de consulter le sommaire sur notre site internet : www.cahiers-pedagogiques.com
Ø Pour commander ce numéro, adresser votre demande à
notre service de vente au n° :
Cahiers pédagogiques, BP 72402,
44324 Nantes cedex 3. Tél : 02 40 52 36 93
Le numéro 8,80 € port compris
***
Pour ceux qui ont rencontré Bernadette Arnaud au cours des journées de Perrier en juillet dernier, et pour tous ceux qui s'intéressent aux effets des échanges réciproques de savoirs, son mémoire de DESS est maintenant en ligne : http://membres.lycos.fr/rezo37/dess/Couverture_Merci.htm
***
Partant de
l'actualité et de la polémique qui oppose notamment les partisans de la
répression à ceux de la prévention, Jacques Nimier élève le débat en étudiant
le rôle essentiel de la Loi dans toute société humaine. C'est à ce thème qu'il
consacre l'éditorial de décembre de son site Internet, http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier que nous avons déjà présenté dans la Lettre de REVEIL
du mois dernier. Ce site, très riche, propose de multiples pistes de réflexion
sur des sujets en rapport avec l'école et l'éducation. Un site à visiter !
***
à cotisation
(non obligatoire) et autres !!!
Si vous voulez
soutenir notre action.
R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux
personnes et aux associations adhérant
à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à
l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy
AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,
Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN.
La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique
: à partir de 10 €, mais elle
est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.
Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action
et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L.
(ou en renouvelant leur adhésion pour 2002) de bien vouloir se signaler
(chèques au nom de R.E.V.E.I.L. à PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles
qui nous ont renouvelé leurs encouragements et leur soutien en 2002.
La version électronique
de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation
d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des
personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de
signaler votre adresse électronique à assoreveil@wanadoo.fr
Si
vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en informer par
mail ou courrier postal.
TOUS
LES TEXTES CITES PEUVENT ETRE OBTENUS SUR PAPIER SUR SIMPLE DEMANDE PAR LES
PERSONNES NE DISPOSANT PAS D'INTERNET – ou en documents joints pour celles qui
sont peu familières d'Internet.
Visitez régulièrement le site Internet de REVEIL sur http://assoreveil.org
Un effort est fait pour le tenir à jour aussi
régulièrement que possible. Proposez vos apports pour l'enrichir.
***
Prochaine lettre vers la fin décembre 2002.
Entre temps, quelques flash possibles selon
l'actualité.
Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos
questions, vos suggestions…
Contact : assoreveil@wanadoo.fr
Georges HERVE, adresse postale : rue du Château 63500 PERRIER
[1] Voir notamment "le macroscope" par Joël de ROSNAY, le Seuil1975.
[2] Dans un bref historique, André GIORDAN, rappelle que le choix des disciplines "académiques" fut déterminé par les "chaires supérieures" existant à l'Université, les universitaires, porteurs de ces savoirs, y ayant trouvé un intérêt majeur : un débouché pour leurs études. Si l'école telle qu'elle existe encore aujourd'hui, dans sa construction et son organisation, est un pur produit du XIXième siècle, les disciplines sont une création de l'école de cette époque pour elle-même. (chapitre 2)
[3] cf. l'appel de R. et R. Millot sur http://assoreveil.org/un_autre_monde.html
[4] Dans une préface écrite en 1981, Albert JACQUARD
dénonçait déjà ce fait lorsqu'il écrivait :" En une première phase on
a, avec une authentique sincérité et une apparente générosité, ouvert les
portes de l'enseignement prolongé aux enfants du "peuple". Mais le
style, les techniques, le langage sont restés ce qu'ils étaient ; le résultat a
été ce qui était prévisible : catastrophique." On peut lire le texte de
cette préface à l'adresse http://assoreveil.org/jacquard_1
[5] souligné par nous.