LA LETTRE DE R

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.  N°11 – novembre 2001

 

Sommaire

 

Ø       Idées reçues

Ø       Des forums pour refonder l'école

Ø       Appel à l'action commune (E.C.E.)

Ø       Regards sur 3 collèges "différents"

Ø       Pour une École sans racisme

Ø       Retour de la journée DEI-France

 

Ø       Et toujours :

Ø       Si vous voulez soutenir notre action…

Ø       Si vous n'êtes plus intéressé par cette Lettre…

Ø       Dernières nouvelles du site Internet de R.E.V.E.I.L. : bientôt un nouveau dossier : une "boîte à outils"

 

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Idées reçues

 

Nous fonctionnons tous sur un certain nombre d'idées préconçues dont nous n'avons souvent pas conscience. Notre système scolaire est construit sur des schémas qui sont d'autant moins soumis à la critique qu'ils nous semblent aller de soi. Ils s'appuient sur des notions qui, elles-mêmes, ont toutes les apparences d'une évidente clarté alors qu'elles ne tiennent souvent que de la force de l'habitude et s'apparentent bien plus à une rumeur générale ambiante qu'à la connaissance réfléchie. Elles ont la force des croyances et de l'habitude (réunies) et échappent de ce fait à notre réflexion critique. Ainsi en est-il de notions comme celles d'aptitudes, de dons, d'intérêts,  d'effort, d'intelligence, de formes d'intelligence, de culture générale, d'orientation, de spécialisation, etc.

 

Notre système scolaire est essentiellement fondé sur quelques "croyances" comme celles-ci :

-          Les dons sont innés : on est doué ou non pour les math (on a la bosse des math ou pas), le dessin, la musique, la poésie, la mécanique, etc. Il y a des degrés dans les dons : on peut être plus ou moins doué – sur ou sous-doué.

-          L'orientation doit se faire selon les aptitudes de chacun : une aptitude est une sorte de don qui se révèle à l'usage. Elle peut être mesurée (la psycho-technique a développé des centaines de tests à cet effet au cours du siècle passé). Chaque profession, chaque métier, chaque poste de travail peut être décrit en terme de "profil" d'aptitudes. Une bonne orientation devrait faire correspondre aussi précisément que possible le profil des aptitudes de l'individu à orienter et le profil d'aptitudes exigé par un poste de travail, un métier ou une profession.

-          La notion d'aptitude a un versant négatif : c'est l'inaptitude. La sélection consiste à prendre en compte les aptitudes et les inaptitudes d'une personne donnée : en fait, les inaptitudes sont souvent prépondérantes dans les choix de l'orientation ; on entend souvent dire d'un jeune qu'il est inapte à entreprendre des études générales ou qu'il est inapte à tel apprentissage. Sans que cela soit très clairement exprimé, on considère généralement que les aptitudes sont en partie innées, en partie "cultivées" par un travail personnel qui les révèlent à l'observateur extérieur.

-          Certaines inaptitudes peuvent être socialement valorisées : ainsi est-il de bon ton, dans certains milieux "intellectuels" de se dire incapable de planter un clou. Il n'est pas mal venu non plus de se dire "nul en math", particulièrement lorsqu'on a acquis une certaine notoriété.

-          A la fois considérée comme un don et comme une aptitude, l'intelligence occupe une place centrale dans les idées reçues. L'intelligence et l'inintelligence (débilité)  apparaissent souvent comme évidentes chez certains individus, notamment lorsqu'ils sont élèves. Mais elles peuvent aussi être mesurées[1]. Chacun connaît le Q.I. : mais qui sait vraiment ce qu'il signifie ?

-          Il est le plus souvent admis que la réussite scolaire est un bon critère d'appréciation de l'intelligence, l'échec étant dû à une intelligence insuffisante[2]. Si un élève en échec scolaire obtient de bons résultats aux "tests d'intelligence", c'est qu'il est paresseux ou de mauvaise volonté ("pourrait mieux faire" , mais…). Au mieux, on recherchera l'explication dans des "handicaps socio-culturels" ou dans des "troubles affectifs", c'est à dire chez le sujet lui-même : jamais dans l'institution Ecole !

-          L'intelligence est très liée aux études scolaires et universitaires, aux diplômes obtenus. Un menuisier très adroit me disait un jour : "oh, moi je ne suis pas intelligent, je n'ai pas fait d'études". Un agrégé, un polytechnicien, par exemple, ne peuvent être que "très intelligents" par définition.

-          Classiquement, notre système scolaire reconnaît pourtant l'existence de deux grandes formes d'intelligence : celle des littéraires et celle des scientifiques. Jusqu'à une époque relativement récente, la première était plus valorisée que la seconde. Aujourd'hui, ce serait plutôt l'inverse.

-          Une troisième forme d'intelligence commence à être évoquée aujourd'hui : l'intelligence pratique. Mais ce concept reste flou et peu pris en compte de toutes façons dans les cycles d'enseignement général. La forme d'intelligence la plus valorisée – la seule à l'être vraiment d'ailleurs – est l'intelligence hypothético-déductive dite aussi inductive-déductive ou logico-mathématique.

-          L'intérêt est apprécié lorsqu'il est présent ; on déplore le manque d'intérêt pour telle activité – ou le manque d'intérêts en général. L'intérêt apparaît comme une disposition d'esprit spontanée dont on déplore de plus en plus l'absence chez de nombreux jeunes d'aujourd'hui.

-          L'effort est associé au travail (ce dernier étant issu de la malédiction divine "tu gagneras ta vie à la sueur de ton front !" : cf. la Genèse). Il faut faire l'effort d'écouter la parole du maître (contrairement à ce que fait le cancre de Prévert), de comprendre ses explications, de bien s'appliquer dans ses devoirs, d'apprendre ses leçons, etc. L'effort est d'autant plus méritoire qu'il est plus pénible. Tout comme le travail, d'ailleurs : un travail qui procure du plaisir est souvent suspect. L'effort est lié à la volonté : on veut ou ne veut pas faire effort. Ce qui est surtout valorisé, c'est le goût de l'effort pour l'effort …mais les efforts déployés pour "être le meilleur" sont aussi appréciés.

-          Il est communément admis que l'école primaire doit "donner les bases" aux jeunes enfants (lire-écrire-compter) ; l'enseignement secondaire devant apporter un ensemble de connaissances variées, "générales" en référence à la "culture générale" au sens couramment admis, (cf. les Lettres précédentes), avant que l'enseignement supérieur ne dispense un enseignement de plus en plus spécialisé à mesure que le niveau des études s'élève.

-          Orienter un jeune, c'est lui faire quitter l'enseignement "général" pour le conduire vers des filières où il va – progressivement – se spécialiser c'est à dire s'éloigner de la culture commune à tous. Jadis, cette orientation se faisait brusquement, à la fin de l'école primaire, pour l'immense majorité des jeunes. C'était soit l'entrée dans un cycle d'enseignement complémentaire, soit dans un apprentissage professionnel, soit directement dans la vie active. Pour les autres, qui entraient au Lycée, une certaine spécialisation était introduite dès la classe de 6ième. Elle se précisait  en gros tous les deux ans au cours des études secondaires.

-          Aujourd'hui, l'Ecole est, en principe, la même pour tous les jeunes au moins jusqu'à l'âge de 16 ans. Tandis que nous attachons l'expression d' "Ecole unique" (qu'il s'agisse du primaire ou du secondaire) à l'idée d'un enseignement général obligatoire et commun à tous, l'orientation évoque l'idée de "séparation", d'entrée dans des filières divergentes. Toutes les "réformes" conduisant à l'existence de filières reconnues ont toujours été assorties en théorie de "passerelles" dont le rôle était de permettre le changement de filière en cours d'études.

-          Mais avec les filières apparaît une autre notion : celle de hiérarchie. Toutes les filières ne sont pas également valorisées (et valorisantes) : or l'expérience a abondamment montré que les passerelles, lorsqu'elles existaient, fonctionnaient surtout dans le sens "descendant", d'une filière noble à une moins noble, mais très exceptionnellement dans le sens ascendant.

-          Aujourd'hui, l'idée la plus communément admise est qu'il faut retarder le plus possible toute orientation. En principe, tous les enfants doivent acquérir un certain niveau de "connaissances générales" et donc suivre le même enseignement (en gros jusqu'à la classe de seconde indifférenciée)  avant de pouvoir amorcer une spécialisation relative au cours des deux dernières années de Lycée.

 

La liste des "idées reçues" concernant l'École n'est pas close mais ce premier inventaire devrait permettre à chacun de les soumettre à la critique ne serait-ce que pour voir si certaines d'entre elles pouvaient être retenues, telles qu'elles ou de façon nuancée.

 

Si vous avez des réflexions critiques au sujet d'une ou de plusieurs de ces "idées reçues" – ou d'autres idées reçues non mentionnées ici, - je serais heureux de les diffuser dans les prochaines lettres.

 

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Vers l'organisation de forums locaux et régionaux sur l'éducation.

 

Un de nos amis, résidant au Canada, nous a envoyé deux documents[3] sur la réforme de l'école en cours dans ce pays. Cette réforme "a ceci d'extraordinaire qu'elle reflète l'avis de la population"[4]. Le gouvernement du Québec a, en effet, organisé des États Généraux de l'éducation en 1996 avant de mettre en place les mesures qui constituent cette réforme. "En procédant de la sorte, le gouvernement a signifié que le système d'éducation n'appartient pas à l'État mais bien aux citoyens. Cet exercice s'est donc révélé des plus démocratiques."2

 

Le Manifeste pour une école créatrice d'humanité lancé voici environ 18 mois par Marie-Danielle PIERRELEE et que nombre d'entre nous ont signé ou au moins approuvé, prévoyait en numéro 1, l'organisation d'un grand "débat citoyen" sur l'École en vue de redéfinir ses finalités, c'est à dire de la refonder au sens propre, "renouveler ses fondations". L'idée était la même que chez nos amis canadiens : amener nos concitoyens à s'approprier leur système d'éducation car "L'école intéresse tout le monde, puisqu'elle a pour mission de former aussi des citoyens"2

 

L'un de nos responsables politiques avait inscrit, dans son programme électoral, l'organisation d'un référendum sur l'éducation. Mais peut-on raisonnablement penser que les problèmes posés aujourd'hui par l'adaptation de notre système éducatif aux besoins des personnes et de la société, présente et à venir, puissent être réglés par un choix entre deux alternatives[5] ? Évidemment, non. Peut-on alors imaginer qu'une vaste enquête d'opinion permettrait de dégager les grandes lignes de forces d'une réforme de l'École ? La réponse ne peut toujours être que négative, les opinions étant toujours subjectives et le plus souvent peu réfléchies [6]. Ni une somme d'opinions, ni une moyenne ne peuvent conduire à bâtir un ensemble cohérent.

 

Des États Généraux ? Oui, peut-être, à condition qu'il ne s'agisse pas d'une "grand'messe" confisquée par des groupes constitués en lobbies qui l'utiliseront uniquement comme tribune, mais de l'aboutissement de larges échanges et débats menés sans hâte, à la base, localement, régionalement, dans et à partir de "forums locaux sur l'éducation" largement ouvert à tous.

 

Ces forums ne pourront être que "d'initiative citoyenne locale" : ils devront permettre à la fois de sensibiliser, d'informer et de questionner, bref d'initier "le grand débat citoyen" auquel les femmes et hommes politiques, dont la vocation est de représenter le peuple souverain, seront invités à s'associer.

 

Ces forums devront d'abord être des lieux où ceux qui, depuis près d'un siècle parfois, ont agi dans les domaines de l'éducation : les groupes, associations et mouvements pédagogiques et/ou d'éducation populaire. Ils pourront présenter à la fois leurs idées, leurs réalisations passées, en cours ou en projet, exposer leurs difficultés… Des lieux où le public pourra faire l'indispensable "retour sur le passé…  répertorier ce qui avait été mis en place… pour déterminer ce qui n'avait pas marché"2, mais aussi "ce qui a marché" . Ils devront aussi être des lieux de réflexion collective sur les réalités de notre époque, sur le rôle de l'éducation dans une société post industrielle où les médias omniprésents ont tendance à pénétrer de plus en plus profondément l'intimité des personnes pour les conditionner à un mode de pensée et de comportement standardisés. Des lieux de démocratie où les citoyens pourront retrouver la maîtrise de leur avenir individuel et de l'avenir de leur société.

 

Et, puisqu'il faut bien commencer un jour, quelque part, nous nous proposons d'organiser un tel forum régional en Auvergne, si possible au printemps 2002 ; il pourrait avoir lieu à Clermont Ferrand ou dans sa banlieue et comporter deux volets principaux se déroulant simultanément : des ateliers centrés sur des associations à vocation éducative (expositions, présentations…) et des ateliers centrés sur des questions précises (informations et débats). Ce forum devrait se tenir sur un week end entier, voire sur 3 jours et être largement ouvert au public qui pourra y participer en fonction des disponibilités de chacun et du programme annoncé.

 

Dans la lettre d'octobre, nous avons proposé une réflexion sur l'éducation morale à l'école, pensant que cela pouvait consister un thème suffisamment ouvert pour initier un débat sur les finalités de l'école. Nous renouvelons notre appel : envoyez-nous vos réflexions personnelles pour constituer un fonds de départ. Nous aurons aussi besoin de l'aide de ceux d'entre vous qui pourront participer à ces journées pour animer un ou plusieurs ateliers : commencez à y songer.

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APPEL A L'ACTION COMMUNE

POUR LE CHANGEMENT EN EDUCATION

 

destinataires : "Groupe des 14" , FCPE, CSF, PEEP,Ecole des Parents, Union Féminine Civique et sociale, CSCV,  Ligue de l'Enseignement, FOL, OCCE, Peuple et Culture, Culture et Liberté, CEMEA, FRANCAS, ICEM, GFEN, MRERS…

 

Tous les destinataires de cet appel, mouvements d'éducation "nouvelle", "moderne", "populaire",  parents d'élèves, etc.  attachés aux missions d'une école "libératrice"  "émancipée", "créatrice d'humanité", ont en commun de penser que l'éducation constitue un moyen essentiel pour faire face à un avenir plus que jamais menaçant.

 

Ils savent que les pratiques de "l'Éducation Nouvelle" ne relèvent pas de l'utopie, et qu'elles croisent les aspirations, informulées des enfants, celles affirmées des adolescents, et celles croissantes des familles. Mais aussi qu'elles se heurtent aux contradictions du système éducatif , aux pesanteurs administratives, au désarroi des enseignants, aux incohérences politiques et aux effets d'une pensée individualiste dominante.

 

Ils savent que la "révolution informationnelle", la durée croissante du temps de vie, la place nouvelle du travail, des loisirs, des médias, des temps de formation dans la vie moderne, le consumérisme, le délitement du lien social et de la conscience civique constituent de nouveaux facteurs qui imposent aussi de repenser des objectifs éducatifs et des pratiques pédagogiques encore marqués par le XIX siècle, d'ajuster nos propres propositions et de les faire entendre.

 

La fédération Ensemble Changeons l'École s'est constituée dans cet esprit, et face aux urgences, avec la volonté d'associer à ses efforts tous les partenaires concernés. Elle n'entre en concurrence ni avec les mouvements historiques, ni avec les lieux de réflexion existants (groupe des 14, CLIMOPE, etc.…) .Tout au contraire, elle recherche les bases d'une unité d'action permettant de remobiliser les énergies et à cet effet propose d'examiner les trois objectifs suivants :

1            Contribuer au débat national en vue d'une redéfinition des objectifs du système éducatif.

Tous les partis politiques soulignent cette nécessité. Quelles que soient notre histoire, notre ancienneté, nous partageons incontestablement des valeurs essentielles, et notre expérience se recoupe ou est complémentaire. Rien ne s'oppose donc à organiser et réaliser en commun cette contribution. Cet acte permettrait d'obliger les politiques à sortir de l'ambiguïté et des formules ("égalité des chances"..) et de prendre conscience des processus de sélection prématurée, d'exclusion, de violence institutionnelle, etc.…

2            Multiplier, d'une manière significative, les lieux chargés d'explorer les      modes d'organisation, la pédagogie, les objectifs, correspondant aux  nouveaux besoins en éducation et en formation .

Les différents mouvements pédagogiques ont fréquemment tenté de concrétiser ce projet et ont rencontré de nombreux obstacles, principalement administratifs.

Rares sont leurs réalisations qui ont tenu dans la durée. Quand elles existent, elles constituent une référence précieuse qui confortent les militants, qui parle aux parents et qui convainc les enseignants de l'intérêt professionnel et personnel d'une autre conception de leur mission.

3            Redéfinir les objectifs et les moyens de l'évaluation

Il est évident qu'une évaluation uniquement sommative dans le cadre fermé de l'institution ne peut répondre au besoin d'ajustement du système éducatif aux réalités du monde moderne et aux objectifs éducatifs d'une société réellement démocratique.

Une éducation  et un enseignement ayant des effets durables nécessite une évaluation formative tout au long du cursus et sommative à  moyen et long terme. La fédération ECE a déjà entrepris l'examen du problème et s'attache à y associer des experts.

 

Fédération ENSEMBLE CHANGEONS L'ECOLE 

"PHARE"   6 rue Arnold Géraux 93450 L'ILE SAINT DENIS

Courriel : federation.ece@changeonslecole.org

Site (en construction) : http://www.changeonslecole.org

 

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REGARDS SUR 3 COLLEGES "DIFFERENTS" OUVERTS EN SEPTEMBRE 2001.

 

Nous avons eu des informations sur 3 collèges "différents"[7] ouverts depuis la rentrée de septembre dernier : ceux du Mans, de Brest et de St Martin Valmeroux (Cantal). Il n'est évidemment pas question de tirer un quelconque bilan de ces trois expériences après seulement deux mois de fonctionnement. Mais on peut tout de même dégager deux ou trois enseignements qui donnent à réfléchir.

 

Dans les trois cas, les conditions matérielles de ces ouvertures ont été difficiles, les crédits promis n'arrivant que bien après la rentrée (vers le 15 novembre dans le Cantal). Ceci n'est pas nouveau, hélas, dans notre système scolaire.  "L'environnement administratif" ne fait rien pour faciliter le fonctionnement de ces expériences, bien au contraire.

 

Les enseignants, tous volontaires, ont accepté un horaire hebdomadaire de 24 heures, dont environ 12 heures de cours et 12 heures de tutorat, suivis de projets, concertation, etc. Ils sont en position de détachement pour un an, dans l'ensemble. Ils font tous preuve d'un grand enthousiasme et ne ménagent ni leur temps ni leurs efforts.

 

Et de l'enthousiasme il en faut pour assumer les conditions de travail imposées par une hétérogénéité exceptionnellement élevée des élèves ; non sectorisés, ces établissements "différents" reçoivent en gros trois types de jeunes :

 

La vocation première des "collèges pionniers" est de s'adresser à "tout public", en réalisant la mixité sociale, pour montrer qu'une pédagogie active est profitable à toutes les catégories d'enfants ; mais leur rareté et les conditions de leur ouverture les contraignent à apparaître plus comme des structures de remédiation que comme des écoles "ordinaires".

Ce déséquilibre dans la composition de la population scolaire des établissements pionniers peut entraîner deux interprétations aussi perverses l'une que l'autre :

 

Il semble donc important d'obtenir que les établissements pionniers soient :

  1. nettement plus nombreux
  2. sectorisés

 

C'est pourquoi le manifeste à la base de la création de R.E.V.E.I.L. demandait la création de "sites pilotes de l'éducation nationale" – c'est à dire  la transformation (au besoin progressive) de sites scolaires existant comprenant si possible plusieurs écoles primaires et au moins un collège. Mais, pour cela, il faudrait qu'existe dans le pays, et donc chez nos gouvernants, au moins un début de conscience de la nécessité de faire évoluer le système éducatif… Ce qui nous ramène à la nécessité d'un vrai débat national sur l'éducation.

 

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POUR UNE ECOLE SANS RACISME

 

REVEIL a reçu le message suivant :

École Sans Racisme est un projet original pour lutter contre le racisme par le biais des écoles.

Quand la grande majorité de la population de l'école signe l'appel pour une École Sans Racisme, l'école reçoit le label École Sans Racisme. En devenant École Sans Racisme l'école s'engage à

  1. Donner des informations scientifiquement correctes sur le racisme, les immigrés et l'immigration.

2. Rejeter et interdire les discriminations et la propagande racistes.

3. Prendre des initiatives antiracistes.

4. Organiser des rencontres pour favoriser l'antiracisme.

Le secrétariat d'École Sans Racisme soutient les Écoles Sans Racisme.  Elle offre des outils pédagogiques, des formations, de l'informations. Le projet École Sans Racisme permet de garder le contact avec et d'encadrer des groupes de jeunes et de professeurs qui se lancent dans un travail antiraciste dans leur école. Cette année la Commission Européenne nous offre la possibilité de mettre sur pied un projet avec plusieurs partenaires européens. Nous voulons organiser un colloque début février. Ce colloque aura deux volets. Dans le premier volet nous voulons traiter la question des armes législatives contre la discrimination dans l'enseignement et en particulier on veut nous poser la question du rôle d'une petite organisation dans les procédures contre les discriminations. Dans le deuxième volet, nous nous concentrerions sur les moyens de combattre le racisme dans les écoles. Comment répondre aux préjugés? Quel contenu pour les cours antiracistes? Comment stimuler les professeurs à respecter et valoriser les différences? Nous sommes en train de développer un plan de travail antiraciste à long terme. Les professeurs nous disent que des actions ponctuelles ont très peu d'impact. Ils veulent un projet de plusieurs années. En France, École Sans Racisme collabore avec la Fasti (Fédération du Soutien aux Travailleurs Immigrés). Si vous êtes intéressés à participer à ce projet ou si vous connaissez des experts qui peuvent intervenir durant le colloque, n'hésitez pas à nous contacter.


Christophe Callewaert                Ecole Sans Racisme    rue des Alexiens 37       1000 Bruxelles

Tel.: 02/511.16.36 - Fax: 02/503.37.40

E-mail : info@ecolesansracisme.be

http://www.ecolesansracisme.be

N'hésitez pas à contacter cette association si vous vous sentez concerné(e) par ce projet.

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RETOUR DE LA JOURNEE DEI-France

Du 17 novembre dernier.

 

Impossible de résumer en quelques lignes le riche contenu de cette journée : les actes (enregistrement intégral des interventions) devraient paraître en janvier 2002. Il manquera sans doute toute l'émotion qui émanait des poèmes lus par les jeunes d'un collège de Normandie, de la pièce de théâtre écrite par une jeune fille de ce collège et jouée par ses camarades et elle-même, des deux chansons originales interprétée par ces jeunes sous la direction d'un auteur-compositeur-interprète  (professeur de surcroît dans ce collège ?) Toutes les interventions de ces jeunes filles et garçons reflétant leur révolte devant la négation des droits souvent élémentaires des enfants dans de trop nombreux pays de notre monde.

 

La journée a été marquée par les trois interventions majeures (dans l'ordre) de Philippe MEIRIEU, Nico HIRTT et Jean FOUCAMBERT. Le textes des interventions des deux premiers sont dores et déjà lisibles sur le site de Bernard DEFRANCE, bd@bernard-defrance.net. Malheureusement, le temps réservé aux débats était trop court pour permettre de vrais échanges : une journée passe trop vite ! Mais peut-on envisager des colloques se tenant sur plusieurs jours ?

 

Cette journée d'études se tenait dans une salle du Sénat : les organisateurs avaient invité tous les responsables de groupes parlementaires à participer à ces travaux : ils avaient prévu qu'une table ronde clôturerait la soirée pour leur permettre d'exprimer leurs idées sur les thèmes débattus. En définitive, aucun politique n'a jugé utile de se déplacer : ce qui laisse deviner l'intérêt qu'ils portent aux questions de l'éducation et présager de la place que ces questions occuperont dans les prochaines campagnes électorales… si nous (au sens le plus large) ne les interpellons pas d'une façon ou d'une autre.

 

Les personnes souhaitant ajouter leur contribution aux quelques 40 parvenues à DEI-France, peuvent encore les envoyer à Bernard DEFRANCE, par mail de préférence (texte joint au format rtf de préférence) ou par courrier, enregistré sur une disquette si possible.

 

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Si vous voulez soutenir notre action.

R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux personnes et  aux associations adhérant à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,  Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN.

La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 50 F, mais elle est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.

Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion pour 2001) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. à PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont déjà renouvelé leurs encouragements et leur soutien.

Merci enfin à ceux d'entre vous qui voudront bien donner leur avis sur l'organisation de l'A.G. statutaire de R.E.V.E.I.L. pour 2001…

 

La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association.

Si vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en informer par mail ou courrier postal.

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Je vous rappelle l'adresse de notre site Internet :

http://www.multimania.com/assoreveil

Si vous avez la version électronique de cette lettre, cette adresse vous est présentée en couleur et soulignée : il vous suffit de cliquer dessus lorsque le pointeur de votre souris est une main pour entrer sur le site.

Sur une idée de nos amis du Cantal, dans quelques jours, un nouveau dossier figurera sur ce site :

LA BOÏTE A OUTILS.

Il s'agira principalement d'outils pédagogiques mis au point par certains et qui seront mis gratuitement à la disposition  de tous. Cette boîte à outils s'enrichira des apports de tous : elle sera une manifestation concrète et tangible de l'esprit de coopération et d'entraide qui nous anime.

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Prochaine lettre vers la fin décembre.

Entre temps, quelques flash possibles selon l'actualité.

Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos questions, vos suggestions…

Contact : reveil.perrier@wanadoo.fr

Georges HERVE, adresse postale :  rue du Château 63500 PERRIER



[1] Alfred Binet à qui on demandait un jour ce qu'était l'intelligence, aurait répondu "c'est ce que mesure mes tests !"

[2] Pour valider un "test d'intelligence" on n'a rien trouvé de mieux jusqu'ici que de calculer le degré de corrélation entre les résultats à ce test et les résultats obtenus à l'école…

[3] Qui seront consultables sur notre site dès qu'ils auront pu être scannés et mis en forme à cet effet.

[4] Extraits d'une interview de Paul INCHAUSPÉ qui fut notamment "commissaire des Etats Généraux sur l'éducation.

[5] Un référendum ne comporte en effet que deux réponses possibles à une question : oui ou non.

[6] Cf. le texte "idées reçues".

[7] Ces informations figureront bientôt sur notre site Internet.

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