LA LETTRE DE R

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.  N°12 – décembre 2001

 

Sommaire

 

Ø       Appel à tous les mouvements, fédérations, associations

Ø       Peut-on encore espérer "changer l'École" ?

Ø       Les itinéraires de découverte au collège : une opportunité ? par Raymond Millot

Ø       Nouvelle rubrique : comptes-rendus de lecture, par Sylvaine Marandon

Ø       Enfants surdoués, sous-doués ou moyennement doué… même combat !

Ø       Le Quotient Intellectuel (Q.I.) c'est quoi, au juste ?

Ø       Quelques rappels…

 

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Appel à tous les groupes amis, mouvements, fédérations, associations …

 

Notre site Internet est de plus en plus visité (plus de 50 visiteurs par jour, actuellement). J'aimerais y consacrer un dossier à la présentation de tous les groupes amis, mentionnant notamment leurs coordonnées (postales et par/sur Internet) et leurs objectifs. Certaines associations m'ont déjà fait parvenir ces renseignements les concernant : je souhaiterais que celles qui ne l'ont pas encore fait me contactent aussi rapidement que possible : le site R.E.V.E.I.L. ayant passablement "grossi", une réorganisation s'avère nécessaire, tâche à laquelle je vais me consacrer dans les semaines à venir.

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" Tradition et conformisme d'une part, refus intuitif et recherche pragmatique d'autre part, expliquent la plupart du temps le choix d'une méthode [pédagogique]. Il serait pourtant faux de dire que l'idéologie n'a aucune part dans ces choix. Tout d'abord parce qu'une pratique intuitive implique souvent une idéologie, même si celui qui l'exerce la méprise ou la refuse. Le propre du philosophe – et le théoricien est toujours philosophe en éducation – est d'exprimer clairement ce que d'autres vivent obscurément…"

Louis Legrand (L'enseignement du français à l'école élémentaire ; Delachaux et Niestlé,1966

 

Peut-on encore espérer changer l'École ?…

 (Le texte est trop long (19 pages) pour figurer intégralement dans une LETTRE : il figure intégralement sur le site de R.E.V.E.I.L.  Il peut aussi être envoyé sur simple demande  en document joint, de préférence zippé ou au format pdf. En voici un extrait.)

 

…………………… Les finalités de l'école découlent d'un projet de société

Le manifeste de Marie Danielle PIERRELEE insiste à juste titre sur la nécessité de redéfinir les finalités de l'éducation. Le pourquoi doit, logiquement, précéder le comment.

Redéfinir les finalités de l'école suppose qu'on ait préalablement défini le type de société que l'on souhaite voire s'instaurer. L'École est fille de la société qui l'instaure : en ce sens, son rôle est d'abord d'assurer la continuité de cette société, sa reproduction. Mais l'École est aussi mère de la société de demain : en ce sens, elle peut être le creuset où s'élabore une société nouvelle. Autrement dit, les finalités de l'École sont liées à un projet de société, politique au sens premier du terme.

Les régimes dictatoriaux imposent leur projet : l'École et, d'une façon générale, tous les organismes qui concourent à l'éducation sont mobilisés pour le faire aboutir. Les exemples abondent dans le passé récent et dans le présent. En démocratie, le projet de société à faire émerger relève du choix du peuple. La clarification du projet politique et des finalités de l'éducation devrait déboucher sur un contrat social élaboré par tous, ou du moins compris, intégré, adopté par le plus grand nombre. On voit tout de suite quel devrait être le rôle de ceux qui prétendent diriger le pays au nom du peuple et qui constituent la classe politique : le pouvoir est du domaine de l'action, du comment. Souhaiter le pouvoir n'est légitime que si un objectif a été clairement proposé, explicité – et non pour la seule satisfaction de l'exercer, ou d'en avoir l'illusion… Mais ils sont rares, les politiques qui considèrent leur rôle comme étant d'abord "pédagogique", comme le définissait Pierre Mendès France. En démocratie, le rôle premier des politiques serait pourtant bien de proposer un projet de société plus juste, plus fraternel, plus humain, à leurs concitoyens. 

Tous les éducateurs se réfèrent à un projet de société auquel ils adhèrent plus ou moins consciemment. Ce projet peut se déduire de leur conception de l'éducation qui elle même se traduit dans des pratiques. Ainsi, par exemple, une pédagogie qui se fonde sur des pratiques de coopération, d'entraide et d'échanges se réfère à des valeurs de solidarité, de fraternité qui caractérisent un projet de société démocratique. A l'inverse, une pédagogie fondée sur la suprématie de la parole du maître, l'obéissance absolue à ses ordres, le conditionnement, qui se réfère à des valeurs d'ordre imposé, de domination hiérarchique caractérise un projet de société autocratique, voire totalitaire.

Du comment au pourquoi

Étonner[1] par des pratiques non habituelles est une voie pour conduire au questionnement puis à la réflexion sur les finalités sous-jacentes : aller du comment au pourquoi.

Autrement dit, s'il est difficile de mobiliser nos concitoyens en leur proposant d'emblée une réflexion sur les finalités de l'éducation, - ce qui serait le rôle des politiques - il sera plus aisé de susciter un questionnement à propos de pratiques "différentes" : pourquoi cette pédagogie ? pourquoi ces pratiques que nous n'avons pas connues dans le passé ?

 

Il s'agit de refonder l'École en l'intégrant dans un système éducatif global. Jadis, l'éducation scolaire initiale se prolongeait pour beaucoup dans une "éducation populaire". De nombreux mouvements d'éducation populaire sont nés et ont œuvré très activement dans la première moitié du 20ième siècle. Depuis deux ou trois décennies, l'évolution de la société les a quelque peu marginalisés[2].

Or de nos jours, il est nécessaire de définir l'éducation comme permanente, organisée en deux grands moments :

-          la période d'éducation première, durant laquelle l'éducation est l'activité principale organisée dans et par une Institution nationale d'éducation, en liaison avec le "milieu local" notamment associatif[3]

-          suivie de la période où l'activité principale se situe dans un "travail social" et où l'éducation continuée reposera essentiellement sur les associations locales assistées par l'Institution nationale d'éducation[4].

 

Dans cette perspective, les associations d'éducation populaire devraient être les premiers partenaires impliqués aussi bien durant la période de l'éducation première aux côtés de l'École, que durant celle de l'éducation continuée, assistés par l'École. Il est donc indispensable que les mouvements et associations d'éducation populaire, les associations culturelles, les associations tournées vers les "sport-loisir, sport-plaisir, sport-santé" apportent leur pierre au débat sur la refondation de l'École.

 

Des forums locaux ou régionaux peuvent être l'occasion pour tous ces partenaires de s'associer aux mouvements pédagogiques pour se présenter, faire connaître leurs objectifs, leurs projets, leurs réalisations au grand public[5]. Ces forums devraient favoriser des rencontres et des échanges, aider à la constitution de réseaux locaux d'où pourront émerger des "projets d'initiative citoyenne" s'appuyant sur des bases assez larges pour avoir des chances de se réaliser. Si, en outre, des exposés-débats ouverts au grand public sont organisés à l'occasion de ces forums, il sera possible d'aborder, à partir de faits d'actualité ou de certaines pratiques présentées, par exemple, des thèmes qui conduiront à poser des questions touchant les finalités de l'École ou même du système éducatif dans son ensemble.

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                                                                                    (G. HERVE – décembre 2001)

 

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Les itinéraires de découverte au collège : une opportunité ?

 

"NOUVELLES ORIENTATIONS SUR LE COLLEGE" : Les avancées que nous pouvons y trouver :

LA PHILOSOPHIE :  au nom de la  "démocratisation de la réussite" et "pour parvenir à un collège pour tous qui soit en même temps un collège pour chacun" qui proposera au collégien "un véritable parcours de formation qui concilie les exigences pour tous et la pluralité des itinéraires pour les atteindre". (J.Lang)

LES PRINCIPES : "cheminements personnalisés  (…) pas seulement pour mieux faire adhérer l'élève au travail qu'on lui demande, c'est d'abord et surtout lui permettre de solliciter et d'expérimenter les différentes facettes de son intelligence et de ses talents."

UNE OBLIGATION  "Ces itinéraires de découvertes ne constituent ni une option, ni une discipline nouvelle mais une démarche originale d'enseignement, référée aux programmes en cours dans les différentes disciplines.

LES CONTENUS ET METHODES : "sur l'ensemble de cycle central (4ème 5ème ) les élèves devront réaliser quatre itinéraires, choisis dans au moins deux domaines, en fonction de leurs goûts et leurs talents"

les domaines  : "-la nature et le corps humain - les arts et les humanités - les langues et les civilisations - la création et les techniques".

LA PEDAGOGIE :  "engager les élèves à une prise de responsabilité dans leur propre formation…expression de préférence (qui) oblige aussi à en assumer les conséquences. …stimuler le plaisir d'apprendre et l'intérêt pour le travail scolaire …La démarche de projet…conduit les élèves à travailler seuls ou en petits groupes…les professeurs ont un rôle essentiel …pour les guider dans leur cheminement fait de tâtonnements et d'erreurs, de critiques et de remises en cause…première appropriation des méthodes de recherche documentaire".

"Les itinéraires de découverte donneront lieu à une production réalisée individuellement ou collectivement"

LES CONTRAINTES :  …"impliquent en amont un travail entre professeurs de disciplines différentes "…

LES AVANTAGES : …"espace de liberté et d'initiative pour les équipes pédagogiques auxquelles revient l'élaboration des sujets d'étude et l'organisation des itinéraires de découverte…Les 72 heures attribuées par division permettront de dégager du temps (20 heures) que les enseignants utiliseront pour assurer collectivement préparation, régulation et évaluation du dispositif"

EVALUATION : "portera sur le produit final mais aussi et surtout sur la démarche  de l'élève, sa capacité d'initiative et de création, son investissement, son implication dans un travail collectif…sur les progrès  dans les domaines : appropriation des savoirs ... de savoir faire… aptitudes au travail collectif …apprentissage de l'autonomie "

 

Comment pourrions nous bouder ces avancées  dans lesquelles les mots soulignés renvoient aux idées que nous développons et qui ont été depuis longtemps expérimentées ?

Les réserves et les doutes que nous pouvons exprimer définissent  les objectifs que nous devons poursuivre, avec un sentiment encourageant d'avoir enfin été entendus.
Il est fondé d'apprécier la méthode pédagogique du ministère , politique de petits pas  : les itinéraires de découverte sont définis "comme un temps d'enseignement …à raison de deux heures hebdomadaires" …et ce au cours de deux périodes  de 12 à 13 semaines" (au total 72 H par an). L'espoir est de faire découvrir à des professeurs - souvent arc-boutés sur leur discipline, leur didactique, leur indépendance -  les avantages du travail en équipe, l'intérêt de la transversalité des savoirs, la possibilité de rapports gratifiants avec les élèves. Mais, comme nous l'avons souligné dans l'Argument N° 31[6], la coexistence d'un îlot de vraie pédagogie et de la violence institutionnelle (notes, classements, humiliations, compétition, individualisme, non fonctionnalité) le reste du temps,  risque de compromettre ces avancées et notamment de créer le doute et le trouble dans l'esprit des élèves.

Le réalisme de ce texte réside dans  une PRECISION ESSENTIELLE qui complète la notion d'obligation : "cette composante personnalisée du  parcours du collégien (devra être) prise en compte dans le futur brevet d'études fondamentales".  Il ne devrait pas ainsi y avoir d'échappatoire. Sauf que les lobbies pourront agir sur le futur gouvernement pour faire échouer cette mesure (comme pour les TPE  dans le Bac) qui ne pourra prendre effet qu'à partir de 2003…

Une phrase pourra servir de prétexte aux oppositions , comme des "projets" ou des "productions" visant à transformer le cadre de vie (dans  l'établissement, le quartier dans un esprit d'ouverture sur le monde)  :"éviter toute dérive vers des activités qui n'auraient pas pour finalité explicite des apprentissages scolaires".

La nécessité d'aller plus loin dans la cohérence, d'explorer des modes d'organisation (tutorat, cogestion des projets et de la vie scolaire, ouverture aux parents et aux autres partenaires etc…nous incite à maintenir l'exigence d'établissements "pionniers"(ouvrant la voie ) dans un dispositif expérimental, sérieusement organisé, pour que les nouvelles avancées se diffusent.

                                                                                    Rolande et Raymond MILLOT (DECLIC38)

(ARGUMENT N° 32 [7]  décembre 01)

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La Lettre de REVEIL se dote d'une rubrique "Comptes rendus de lecture", que j'assumerai pour commencer. C'est, en soi, une chose courante dans les publications. Mais en outre, il n'y a jamais eu, assurément, autant de livres sur l'éducation offerts au grand public dans les librairies générales. Les parutions des trois ou quatre dernières années occupent des rayons entiers, tandis que celle de l'année couvre des tables où l'on peut feuilleter. Il ne s'agit pas que d'ouvrages pédagogiques proprement dits, mais aussi d'essais sur de multiples aspects de notre système scolaire, écrits avec conviction, voire passion, dans un esprit descriptif et prospectif. Nul ne peut les connaître tous. Mais il serait dommage de les ignorer. Un livre est beaucoup plus synthétique qu'un article et donne matière à plus de réflexion.          

Sylvaine MARANDON    

 

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L'Hypocrisie scolaire par François Dubet et Marie Duru-Bellat – éd. du Seuil, septembre 2000 – 225 pages, 6 pages de bibliographie – sous titre : "Pour un collège enfin démocratique".

Les auteurs sont sociologues de l'éducation et universitaires. François Dubet a été chargé par Ségolène Royal du rapport sur les collèges et, disciple d'Alain Touraine, il a publié 19 ouvrages avant celui-ci (parfois en collaboration). Madame Duru-Bellat a publié quatre analyses sur l'éducation, notamment du point de vue des filles.

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Deux parties ("Les tensions du Collège" et "Que fait le Collège ?") développent les difficultés et les échecs, sans indulgence. La troisième partie, ("Une politique pour le Collège") apporte des correctifs, des nuances, des propositions qui, parfois, modifient sensiblement la tonalité du livre.

Les auteurs ne renient pas leur idéologie éducative à prédominance sociale, maintenant l'exigence du "tout mélangé" dans les classes, de la carte scolaire, etc. Et le Collège unique a été construit sur ce credo. Pourtant cela ne marche pas. Il s'agit donc de traquer les dérives qui ont dévié le cours prévu vers le progrès. Quel progrès ? Il ne consistera pas, cette école de pensée l'admet, à dégager des élites et les pousser vers l'excellence, ni chercher, pour les élèves moins doués, les structures les plus favorables pour leur développement intellectuel : ce n'est pas leur point de vue ; et elles sont trouvées. La socialisation est l'objectif, la "culture commune" le moyen.

Pour eux, le premier défaut relève de la conception même du collège qui resterait implicitement l'antichambre du Lycée (généraliste), alors qu'il devrait être une "école moyenne", constituant avec le primaire, une base solide, nécessaire socialement et professionnellement. Grâce à un cadre éducatif unique, tout une classe d'âge peut avoir des références communes : valeurs, règles de vie, langage même. Il est vrai que les familles pratiquent parfois des "manœuvres d'évitement", que cette "culture commune" a été dénoncée comme un SMIC culturel, autrement dit au rabais, sans ambition suffisante : le livre fait remarquer qu'il vaut mieux enseigner moins et mieux, et que, ce qu'il faut, c'est un noyau dur, garanti à tous et sur lequel on ne transige pas. "Accepter avec tranquillité que tant d'élèves soient dépassés par les programmes est une conception aristocratique qui ne peut plus être défendue". (Cela doit en effet arriver si l'on mélange toutes les aptitudes – Voir plus loin).

Qui définira les contours de ce noyau dur ? La réponse est catégorique : nous tous. C'est le contrôle normal d'une société sur les dispositifs qu'elle instaure. Ce n'est pas à ceux qui en vivent de les définir, ou du moins d'en avoir le monopole.

Le livre est un réquisitoire sur ce point : tant d'échecs, après tant de dépenses, signifient que les objectifs étaient irréalistes. Il fallait se contenter de savoirs et de compétences généraux permettant des évolutions ultérieures, tout en admettant  que, certes, ces acquis doivent dépasser le directement utile et susciter la curiosité, ainsi que la capacité de les développer tout au long de la vie.

Le chapitre des violences est relativement peu traité. Citons les remarques selon lesquelles les incivilités seraient moindres si les élèves se sentaient concernés et si l'on incluait des disciplines plus quotidiennes comme les sciences humaines, la technologie pour tous, les religions du monde. Il faudrait aussi aller d'une mosaïque de disciplines à un ensemble cohérent.

 

Si l'on passe au "comment", voici que le livre accepte de la souplesse et même certaines formes de différenciation. Car, reconnaît-on, l'uniformité n'amène pas forcément l'égalité des chances dans la réalité des faits. Il faut affronter l'hétérogénéité – qui reste le dogme – avec pragmatisme. Car "l'indifférence aux différences" favorise ceux qui sont déjà favorisés ; l'absence de pédagogie conduit à l'élitisme. On ne doit donc pas rejeter les filières a priori ; parfois elles permettent le progrès – mais à condition qu'elles ne soient pas des culs-de-sac, et que leurs résultats soient évalués.

Les auteurs savent qu’ils marchent là sur un terrain délicat, entre les " potentialités ségrégatives " et le " souci des élèves en chair et en os ". Il y a tension entre le principe d'unité et la diversification inévitable des modalités d'apprentissage. C'est à l'État de la gérer, de même que d'accepter qu'on diversifie quelque peu cette culture commune. On peut reconnaître aux élèves un élément de liberté, un talent particulier, "on ne saurait refuser de voir leur diversité".

Lorsqu'il arrive que la culture ou la religion des autres sont dénoncées comme des "différences" , c'est une naïveté ethnocentrique qui se drape dans les apparences vertueuses de la laïcité. Mais on ne peut pas non plus se réfugier dans une position défensive sous couvert de respect des consciences. On doit montrer pourquoi certaines conceptions sont non seulement rejetées dans notre culture, mais pourraient l'être dans toutes (racisme, sexisme…)

Il importe de varier les parcours vers une société complexe, mais naturellement sans orientation trop tôt, verrouillée, ni voies trop hiérarchisées. Il s'ensuit une nécessaire diversification des formes de l'excellence.

Il y a, actuellement, un gaspillage de talents, par éliminations successives à l'aune d'un modèle unique, et sans que les échecs à l'école puissent suffisamment être rattrapés. Il s'agit d'une incidence sociale exorbitante des verdicts scolaires. Allonger la scolarisation ne peut être la seule politique : ceci arbitre, en fait, en faveur de l'enseignement supérieur, alors que la totalité d'une classe d'âge peine à atteindre un niveau minimum à l'issue du collège. C'est une "redistribution à l'envers".

 

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En termes plus concrets, il ne doit pas y avoir de coupure entre instruction et éducation : le service des enseignants devrait donc augmenter les heures de présence et diminuer les heures de cours ; les établissements devraient jouir de plus d'autonomie, mais permettre une meilleure connaissance de leurs résultats (audits), en y incluant le climat qui y règne, la capacité de vivre ensemble, etc. (indicateurs sociaux).

On constate aussi dans un chapitre sans ambiguïté qu'en France, réformer est quasiment impossible - et on dit pourquoi. Il faut donc bricoler des adaptations. Les réformes sont dérisoires ou détournées. Et l'ouvrage rend en conséquence hommage à l'ingéniosité, la générosité, les convictions que les enseignants engagent dans l'école, d'autant que rien ne les y oblige. L'administration a choisi de ne pas sanctionner négativement les fautes et guère positivement les mérites. Au total le changement est peu maîtrisé, dans un système enchevêtré et complexe.

Enfin, à qui appartient l'école (publique) ? A la nation, par ses élus. Et non à un consentement négocié des personnels. La régulation doit se faire "en externe" (la voie politique). Mais c'est devenu trop dangereux. Même la voie directe (enquêtes) n'accouchera pas d'une réforme, sauf si elle est réduite au "recevable".

 

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En conclusion, l'école, notamment le collège, a connu une révolution au cours des trente dernières années. L'idéal de l'égalité des chances fait de la réussite de chacun une "obligation". Mais la nature du nouveau collège qui la porte n'a pas été définie : ceci reste à faire. La conclusion, dense et grave, est : "il faut choisir le collège" pour des raisons surtout civiques.

Ce livre riche et sincère, même si ses présupposés peuvent être discutés, contestés, mérite largement l'étude et le débat.

                                                                                    Sylvaine MARANDON – Bordeaux.

 

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Enfants surdoués, sous-doués ou moyennement doués…

 même combat !

 

Un article paru dans l'édition dominicale de la Montagne-Centre France du 16 décembre, évoque, une fois encore le cas des "enfants précoces" – qui, dans l'article, deviennent "surdoués"[8] – dont la moitié environ rencontrerait des difficultés d'intégration scolaire. "Parmi les 400 000 petits Français précoces, la moitié rencontre des difficultés d'intégration scolaire et un tiers sont carrément en échec", est-il précisé.

C'est sans doute ce qui a amené Jack Lang à "constituer un groupe de travail afin de réfléchir à la meilleure manière d'intégrer ces enfants à fort potentiel. Il est probable que l'on s'acheminera vers un enseignement à part à l'instar des sportifs de haut niveau". Quand on connaît les méthodes "éducatives" utilisées pour fabriquer des champions, cette phrase a de quoi inquiéter. Vers la fin de l'article, il est cependant précisé qu'"entre le ghetto de structures trop spécialisées où les enfants précoces seraient entre eux et le système classique, il y a une troisième voie à inventer devant permettre de développer leurs potentialités."

Tout le problème étant de savoir ce que sera cette troisième voie ! Et si c'était enfin une École unique pour tous et pour chacun, où tous les enfants, quel que soit leur rythme de développement, puissent vivre ensemble, mais suffisamment souple dans son organisation et ses pratiques pédagogiques pour que chaque enfant puisse effectivement progresser à son rythme et selon ses voies propres ? Une école "lieue de vie" avant tout ; une école qui aurait renoncé à la fallacieuse illusion de l'homogénéité des classes mais qui s'appuierait sur les différences pour faire exister un milieu riche et stimulant pour tous ; une école qui ne chercherait pas à évincer les enfants qui ne répondent pas à un "modèle d'élève" pré-établi, qu'ils soient dits "normaux" ou sur- ou sous-doués ?

Cette école existe ; elle a existé durant des décennies dans bien des villages : c'est même cette école qui a permis les plus belles avancées pédagogiques par l'expérience vécue au quotidien. La pédagogie issue des "techniques Freinet" n'est pas sortie toute armée du cerveau d'un génie : c'est essentiellement dans de petites écoles à classe unique ou à deux classes de nos campagnes qu'elle a été élaborée[9]. Le génie de Freinet a d'abord consisté à mettre des milliers d'Instituteurs en relation les uns avec les autres, à leur donner l'occasion de coopérer malgré leur isolement à une œuvre commune, à les mettre en réseau à une époque où Internet n'était même pas concevable…

Cette école a existé et tend à disparaître sous les assauts de la "pensée unique contemporaine" qui prétend tout rationaliser pour assurer une rentabilité maximale : cette pensée unique qui a ravagé nos bocages pour "remembrer" les terres agricoles ; qui, après avoir ravalé ces terres au simple rang de "supports" des cultures gavés d'engrais chimiques et de pesticides, couronne son œuvre aujourd'hui en se passant d'elles avec l'élevage et la culture hors sol ! Cette pensée unique qui après avoir inventé les flux tendus en matière de production industrielle, prétend redéployer cette production sur l'ensemble de la planète en fonction des coûts locaux de production, ce qui conduit à une inflation vertigineuse des transports sur les routes, les océans et dans les airs. Cette pensée unique qui a fermé des milliers de petites écoles[10], qui s'attaque maintenant aux petits collèges cantonaux, ce qui a pour effet immédiat de trimbaler les enfants sur les routes, d'allonger leurs journées, et, accessoirement d'accélérer la désertification d'une partie de plus en plus grande de notre pays. Cette pensée unique qui réduit de plus en plus l'éducation à une accumulation de connaissances sans liens entre elles, souvent fugaces mais "mesurables" par contrôles et examens[11], avant de les réduire à des compétences qui donneront lieu à des évaluations automatisées inscrites sur des "cartes d'accréditation" ; cette pensée unique qui a persuadé la majorité de nos contemporains que les classes où se côtoient des enfants d'âges différents ne sont pas favorables à la transmission de ces connaissances et qu'il faut donc regrouper ces enfants par années d'âge pour constituer des classes prétendument homogènes – d'où la multiplication des Regroupements pédagogiques (?) intercommunaux (R.P.I.) qui étendent leurs "bienfaits" aux enfants des écoles rurales ayant échappé à la fermeture en les jetant à leur tour sur les routes !  En attendant de regrouper ces classes encore dispersées dans des écoles intercommunales puis, un jour, dans des "écoles de pays" par souci de rationalité et de rentabilité financière…

Les effets de cette pensée unique éclatent de façon souvent dramatiques. Surtout, et c'est peut-être le plus grave, nous avons été persuadés que c'était là un "progrès" inéluctable, qu'il était vain et même coupable de vouloir s'y opposer ; et nous avons renoncé collectivement à inventer d'autres formes de production, de développement, d'éducation ; pourtant nous n'aurions pas à tout recréer : dans tous les domaines, des précurseurs ont ouvert des voies riches de promesses. Il suffirait de faire l'effort d'aller, déconditionnés, libres, ensemble, à leur redécouverte.

 

                                                                                    (G. HERVE – décembre 2001)

 

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Pour démythifier et démystifier …

 

Le Quotient Intellectuel (Q.I.), c'est quoi, au juste ?

Un brin d'histoire d'abord.

Au début du vingtième siècle, les classes (à un seul cours) des écoles urbaines comptaient souvent 40 élèves et plus. De grands gaillards (et moins souvent de grandes filles) assis en général au fond des "petites classes" (CP et CE) semblaient avoir pour occupation principale de regarder les mouches voler[12].  On les disait "arriérés". Animé des meilleures intentions du monde, un Ministre de l'Instruction publique d'alors, conçut le projet d'organiser un enseignement spécialement adapté à leurs "possibilités intellectuelles". Le Docteur Alfred Binet qui avait publié un important ouvrage intitulé "Étude expérimentale de l'intelligence" en 1903, fut chargé  de la mise au point d'une méthode objective permettant de définir le degré d'arriération mentale de ces enfants. Aidé du docteur Théodore Simon, il posa un grand nombre de questions variées à tous les enfants d'une école de Belleville et sélectionna celles qui lui parurent les plus aptes à caractériser le développement "normal" des enfants de chaque âge. Dès 1905, Binet et Simon purent ainsi présenter une série de 30 épreuves de difficultés croissantes qui devaient permettre de caractériser le degré de développement intellectuel de chaque enfant[13]. Remanié en 1908 puis en 1911, ce test est le prototype de tous les tests dits "d'intelligence" qui ont été produits par la suite.

 

Le principe qui guida la construction de ce test fut de ne retenir que des questions (ou items) auxquels la majorité des enfants d'un âge donné (par exemple 6 ans) donnaient de bonnes réponses tandis que la majorité des enfants de l'âge précédent (5 ans dans ce cas)  en étaient incapables. Autrement dit, des épreuves paraissant être caractéristiques d'un âge (mental) donné. Partant de là, Binet et Simon définirent une échelle d' "âge mentaux" qui devait permettre de caractériser le retard d'un sujet donné par rapport à son âge réel (ou chronologique). Ainsi, un enfant âgé de 9 ans réussissant les épreuves de la 6ième année mais échouant à celle de la 7ième était crédité d'un âge mental de 6 ans[14]; il présentait donc un retard de développement de 3 ans. Ce test fut "validé" par la comparaison avec les résultats scolaires des enfants examinés.  Autrement dit, sa capacité de "mesurer" le développement intellectuel des enfants fut considérée comme attestée par la concordance des résultats obtenus au test et de leur degré d'adaptation à l'enseignement donné à l'école… ce qui relevait un peu de la tautologie.

Le quotient intellectuel, un artifice arithmétique

Mais un retard de 3 années chez un enfant de 7 ans n'a pas la même signification que ce même retard chez un enfant de 11 ans. Ce fut le psychologue américain William Stern qui imagina de calculer le rapport entre l'âge mental déterminé par le test et l'âge réel de l'enfant : ce quotient d'âges calculé à un moment donné de la vie d'un enfant fut baptisé abusivement quotient intellectuel ou Q.I. et considéré comme une caractéristique permanente attachée à chaque individu (ce qui n'était en rien démontré !). Pour la commodité, on multiplia le quotient d'âge calculé par 100, ce qui lui donnait des allures de pourcentage : un Q.I. de 100 signifierait qu'on est "intelligent à 100%" , un Q.I. de 75 qu'on n'est intelligent qu'à 75% et un quotient de 130 qu'on est intelligent à 130% !!! Ainsi s'ancra l'idée que l'intelligence pouvait être exprimée par un nombre unique et invariable pour un individu donné.

 

Au début du 20ième siècle, l'obligation scolaire s'arrêtait après l'âge de douze ans. Pour apprécier l'avance de certains enfants, Binet et Simon avaient ajouté des épreuves pour des âges "supérieurs à 12 ans". Ce test fut plusieurs fois remanié et adapté, notamment par le psychologue américain Terman (en 1918 puis en 1938) et par le psychologue français René Zazzo et son équipe, en 1949 mais surtout en 1966, date à laquelle fut publiée la "Nouvelle échelle métrique de l'Intelligence". Zazzo ajoutait 25 nouveaux items, dont 17 pour les niveaux "supérieurs à 14 ans".

Deux méthodes très différentes de traitement statistique d'une série de notes

Dans cette nouvelle mouture, l'âge mental théorique maximum est de 14 ans (57 épreuves réussies sur les 74 proposées). Mais le traitement statistique des résultats obtenus par la population d'étalonnage a amené Zazzo à proposer d'abandonner la notion d'âge mental pour les enfants âgés de 12 ans à 14 ans et à utiliser une échelle "transversale" : au lieu de comparer les résultats obtenus par un sujet donné à ceux obtenus par des sujets d'âges différents supposés "moyens", on va comparer ses résultats aux résultats moyens des sujets de son âge. 

 

Pour bien saisir la différence fondamentale des deux démarches, il faut se rappeler que les résultats obtenus à un test sont toujours interprétés à partir des résultats obtenus par un échantillon supposé représentatif, traités de façon statistique.  Or toute statistique est caractérisée par deux indices : celui qui indique la tendance centrale (en général, la moyenne) et celui qui précise la dispersion autour de cette moyenne (l'écart type par exemple) Par exemple, si dans une classe, la moyenne des notes obtenues par les élèves à un devoir est de 12 et que la quasi totalité de ces notes se situent entre 11,5 et 12,5, on dira que la dispersion est faible. On pourra donc considérer que 12 est une note très significative pour ce devoir et pour cette classe qui apparaît homogène. Si, par contre, la moyenne est de 12 mais que les notes s'étagent de 4 à 18, cette moyenne caractérise bien moins cette classe que l'importante dispersion des résultats. Alors que Binet et Simon ne s'étaient intéressés qu'aux moyennes, éliminant même les questions qui auraient entraîné une dispersion trop grande des résultats, Zazzo, ayant traité les résultats de façon plus fine, s'est aperçu que, si, à la rigueur, la notion d'âge mental permettait de situer les enfants sur une échelle continue de développement global jusqu'à vers 11/12 ans, à partir de 12 ans la dispersion des résultats devenait si importante que la notion même de développement global perdait tout sens : ce qui apparaissait, c'était surtout une grande différenciation des formes de développement.

Tout se passait comme si jusque vers 11/12 ans, les enfants se développaient de la même manière, serrés le long d'un même axe linéaire gradué alors qu'à partir de 12 ans, ils allaient s'éloigner les uns des autres autour de cet axe et que les caractéristiques de leur développement ne se poursuivrait plus de façon croissante et continue mais de façon de plus en plus différenciée.

Dès les années 40, un psychologue américain, Wechsler, avait construit un test "d'intelligence" sur des bases assez différentes (qu'il serait trop long d'expliciter ici). Ce qu'il est important de savoir, c'est qu'il avait complètement abandonné la notion d'âge mental pour utiliser un étalonnage du second type mentionné ci-dessus, c'est à dire que les résultats de chaque sujet sont toujours comparés à la moyenne des résultats de son groupe d'âge. Fondée sur l'hypothèse de la normalité gaussienne de ces résultats, ce traitement statistique amène à attribuer la note 100 à des résultats moyens et à faire en sorte qu'un peu plus des 2/3 des résultats se situent théoriquement entre 85 et 115, 4 % au dessus de 126 et 4% en dessous de 74, tandis que 2,3% des résultats seront supérieurs à 130 et 2,3% inférieurs à 70. Pour ne pas dépayser les utilisateurs de son test, Wechsler a conservé abusivement l'expression Quotient Intellectuel pour nommer des "classements" déterminés par son test – ce qui a renforcé la confusion générale autour de cette expression.  Son test, construit pour évaluer un éventail d'aptitudes variées sensées représenter "l'intelligence", met l'accent sur les différences non seulement dans les rythmes de développement mais surtout sur la variété des formes de ce développement Il peut apporter des éléments d'informations intéressants pour le psychologue : l'erreur est de le réduire à une note unique affublée du nom de quotient, ce qu'il n'est en aucune façon.

Quelques conclusions parmi d'autres

Il y a quelque chose de comique et d'affligeant tout à la fois à entendre des adultes se prétendant "surdoués" (regroupés dans une association internationale, la Mensa) afficher des Q.I. de 150 et plus ! Sauf à prétendre que l'intelligence croît régulièrement tout au long de la vie (ce qui justifierait la gérontocratie !), l'âge réel, lui, croissant inexorablement, nos Q.I. seraient donc en baisse constante ! Pauvres de nous, gens du 3ième âge !!!

 

Une affirmation comme celle qui fixe la proportion d'enfants précoces à 4% de la population générale[15] est également fallacieuse : on pourrait adopter n'importe quel autre pourcentage ! Pour les personnes ayant des notions de statistiques, ce taux de 4% correspond à la fréquence des résultats situés au-delà et en-deça de 1,75 écart-type de la moyenne dans une distribution "normale" (au sens statistique du terme). Si l'on avait choisi 1 écart type, ce taux passerait à 15,9% et pour 2 écarts-types on tomberait à 2,3%. Ces choix sont donc purement arbitraires et ne reposent sur aucune réalité. Reste évidemment à savoir ce que ces tests mesurent et à démontrer que leurs résultats se répartissent bien de façon gaussienne !

 

Une autre conséquence fâcheuse de l'utilisation abusive d'un indice très relatif consiste à assimiler un enfant dont "l'âge mental" ainsi déterminé[16] à un moment donné est, par exemple, de 6 ans ½, à un enfant de 6 ans ½ quel que soit son âge réel alors que, à bien des égards, ses caractéristiques physiologiques et psychologiques, ses goûts, ses intérêts, etc. sont très différents de ceux des enfants de cet âge. En terme mathématiques, une personne peut être considérée comme un "ensemble" très complexe de "traits" variés en interaction les uns avec les autres, formant un système dynamique. La réduire à un seul de ces traits, dans une perspective unidimensionnelle est une aberration. Surtout lorsqu'il s'agit d'un trait aussi mal défini que l'intelligence, qui, elle-même, ne peut être appréhendée que comme un ensemble complexe, un système dynamique en évolution constante…

 

G.H. décembre 2001

 

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La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 50 F, mais elle est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.

Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion pour 2002) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. à PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont renouvelé leurs encouragements et leur soutien en 2001.

 

La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association.

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LA BOÏTE A OUTILS.

est ouverte sur le site de R.E.V.E.I.L.

Y figurent pour l'instant quelques fiches de travail individuel pour entraîner les enfants à mesurer des longueurs, quelques fiches pouvant orienter des expérimentations scientifiques et un 'truc' pour aider aux bons réflexes orthographiques.

Cette boîte à outils s'enrichira des apports de tous : elle sera une manifestation concrète et tangible de l'esprit de coopération et d'entraide qui nous anime.

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Prochaine lettre vers la fin janvier 2002.

Entre temps, quelques flash possibles selon l'actualité.

Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos questions, vos suggestions…

Contact : reveil.perrier@wanadoo.fr

Georges HERVE, adresse postale :  rue du Château 63500 PERRIER

 

Bonne année 2002 à tous !



[1] Cf. le livre déjà ancien mais toujours d'actualité, de Louis Legrand "Pour une pédagogie de l'étonnement" éd. Delachaux et Niestlé

[2] J'ai essayé de cerner les principales raisons de ce recul dans une contribution à la Biennale 2000. Ce texte est consultable sur le site Internet de REVEIL. (De l'éducation populaire à l'éducation permanente)

[3] ".... Pour sortir de son attitude frileuse, l’école doit faire une plus grande place à l’approche du local, intégrer d’autres structures culturelles (musées, clubs, médiathèques, bibliothèques, groupes d’échanges de savoirs ... " (André Giordan) – cf. aussi le chapitre "éducation populaire" dans le Plan Langevin Wallon.

[4] Ainsi pourra-t-on éviter de réduire l'éducation continuée à la seule formation professionnelle continue.

[5] qu'il s'agit d'étonner pour l'amener à s'interroger sur les finalités de l'Ecole

[6] Consultable sur le site Internet de R.E.V.E.I.L.

[7] Tous les "arguments" de RR.Millot sont placés sur le site de R.E.V.E.I.L.

[8] L'article précise ainsi que " la précocité constatée chez 4% des enfants environ, s'évalue d'abord grâce au fameux Q.I." Et plus loin : "Sera considéré comme surdoué l'enfant qui grimpera (sic) avec ces tests à 130." Cela fait des années que je m'insurge contre l'utilisation à tout propos de ce pseudo-concept de Q.I.  Il faudrait bien savoir de quoi on parle. Je fais donc suivre ce texte d'une notice aussi concise que possible pour tenter de faire comprendre ce dont il s'agit en réalité, c'est à dire d'un rapport entre deux grandeurs dont une au moins est très contestable.

[9] Qu'on ne voie pas dans ce rappel le parti pris d'un adepte d'une "chapelle pédagogique". Des centaines, peut-être des milliers d'Instituteurs se réclamant d'autres courant (GFEN, Associations Decroly ou Montessori, etc.) ou sans attaches particulières ont également fait avancer la pédagogie "active et coopérative" : leurs classes ont également constitué d'abord des lieux de vie, d'expression, d'échanges, d'entraide. Simplement, je ne peux vraiment parler que de ce que j'ai connu "de l'intérieur".

[10] Et qui ferme d'une manière générale tous les services publics hors des grandes villes : bureaux de poste des petites communes, perception dans les bourgs, hôpitaux dans les petites villes…

[11] Passés les contrôles et examens, on peut tout oublier : une note, un diplôme attestent qu'un jour on a bien répondu!

[12] Ou de rêver d'envol : cf. le Cancre, de Jacques Prévert.

[13] Ce test servit rapidement à orienter les enfants vers un enseignement spécial ("classes pour arriérés" devenues par la suite "classes de perfectionnement' (sic)).

[14] En réalité, il était rare qu'un enfant échouât à toutes les épreuves d'un âge donné et réussît à toutes celles de l'âge précédent. Il fallait alors recourir à un subterfuge  qui ne sera pas exposé ici pour ne pas alourdir l'exposé.

[15] Et donc, symétriquement, à 4% la fréquence des enfants "débiles"…

[16] si tant est que cette mesure exprime quelque chose de défini

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