LA LETTRE DE R

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.  N°2- 3 février 2003

 

Sommaire

Une école « sur-mesure » pour tous ?

Dénominateurs communs…

Coopération et coopératives…

Publications récentes

L’art d’aider (1)

La Revue Éducation et francophonie

1° Pour une pleine réalisation du potentiel humain : la pédagogie actualisante.

2° L’unicité de l’apprenant et la pédagogie actualisante

3° Pour une pédagogie de l’accueil et de l’appartenance : interprétation des savoirs et des pratiques.

La fraternité, est-ce possible ?

Quand les élèves se mettent en danger

Le harcèlement moral : l’école, lieu de l’apprentissage des limites ?

L’éducation, Élément fondamental du lien social.

L’actualité

Un colloque à l’école Vitruve :

Le réseau attitude éducative (R.A.E.)

Pour une citoyenneté éducative

Pour préparer le forum social européen de St Denis

Sur le site Internet de Jacques Nimier

Divers

Participer à une éducation pour la paix :

Guerre ou paix ?

R.E.V.E.I.L. pour quoi faire ?

Quelques rappels…

 

Une école « sur-mesure » pour tous ?

La presse vient de rapporter une information qui n’a sans doute guère retenu l’attention du grand public (et donc des parents…) ni surpris les responsables de notre système scolaire[1] et encore moins de nombreux praticiens de terrain (pédiatres, psychologues scolaires, enseignants …) qui tentent de tirer la sonnette d’alarme depuis des dizaines d’années : les risques d’échec scolaire sont significativement plus nombreux chez les enfants nés en fin d’année civile que chez ceux nés dans les premiers mois de la même année[2].

 

Quelles réflexions, quelles mesures cette constatation va-t-elle entraîner ? Aucune, bien sûr, comme toujours !

 

Bien sûr, l’âge chronologique des enfants à l’entrée en CP n’est que l’un des nombreux facteurs qui vont se combiner, se neutraliser ou se renforcer mutuellement pour favoriser le succès ou entraîner l’échec scolaire. Chaque enfant est unique, tous les enfants sont différents, mais si la Constitution leur reconnaît, comme à chaque être humain, le droit d’être égaux en dignité, il devrait en résulter qu’ils ont un droit égal à être considéré dans leur singularité. S’agissant de l’École, celle-ci ne devrait faire que du « sur mesure » alors qu’actuellement elle ne propose qu’une « taille unique ». Et, puisque l’École a pour mission de faire « progresser » les jeunes, c’est à dire de les faire avancer, remarquons qu’une taille unique de chaussures ne conviendra au mieux qu’à un nombre limité d’enfants[3] mais qu’elle gênera la marche de ceux dont le pied n’entre pas exactement dans le « moule » proposé (imposé ?).

 

Périodiquement, certains responsables ont cherché des solutions du côté de la « confection », c’est à dire en classant les jeunes en catégories différentes. C’est ainsi que, dès le début du 20ième siècle, les « arriérés » ont été regroupés dans des « classes spéciales[4] ». Il y a un peu plus de 30 ans, l’idée de tenir compte de la maturité (ou plutôt de l’immaturité) de certains enfants au moment de leur entrée à l’école primaire, a conduit à la création de « classes d’attente », structures intermédiaires entre l’école maternelle et l’école élémentaire. Comme cela ne résolvait pas tous les problèmes, se sont ajoutées des « classes d’adaptation », intermédiaires entre le CP et le CE1. A la même époque, l’admission au Collège de tous les enfants, avait entraîné la mise en place de trois « filières » :

-          la filière de type « lycée » (qui n’existait pratiquement que dans les Lycées de ville)

-          la filière de type C.E.G. (nouvelle appellation des cours complémentaires secondarisés depuis 1942)

-          la filière de « transition » destinée aux enfants dont le niveau scolaire était jugé insuffisant pour suivre un enseignement de type secondaire.

Or ce « traitement par groupes » a été abandonné. S’est on demandé pourquoi ? Pourquoi les classes d’attente ont-elles disparu très rapidement ? Pourquoi les classes d’adaptation ont-elles été détournées de leur vocation première ? Pourquoi les classes de transition ont-elles été fermées par René Haby, ministre pourtant non suspect « d’idéologie égalitariste » ? Les classes de « perfectionnement » et leurs prolongement dans les SEGPA (ex-SES), répondent-elles bien aux finalités qui leur avaient été attribuées par leurs fondateurs ? Quelles leçons ont été tirées de ces tentatives de traiter la diversité individuelle par des traitements de groupes ? Qui connaît les autres voies qui ont été explorées ?

 

Bien sûr, à l’école primaire, on parle depuis longtemps de la nécessité d’«individualiser l’enseignement » : mais que recouvre cette expression dans la réalité quotidienne des classes ? Au collège, on parle de « pédagogie différenciée » : mêmes questions. Quelle frontière sépare la pédagogie différenciée des filières ?

 

Peut-on répondre à ces questions avant d’avoir redéfini les finalités de l’École et les objectifs de chacun des niveaux successifs du système scolaire en fonction des réalités aussi bien individuelles que sociales, mais aussi bien des « valeurs » morales qu’intellectuelles que l’on veut promouvoir, du « modèle » d’homme aussi bien que de société que l’on entend faire émerger ? Et ON désigne, dans ce cas, tous les citoyens, notamment les parents, les enseignants, voire les élèves eux-mêmes, du moins à partir d’un certain âge.

                                                                                                                      G.H. février 2003

Dénominateurs communs…

Dans cette période de crise de l’éducation et cette année qui va connaître diverses rencontres, locales et nationales visant à décloisonner les problèmes, il peut être utile de ressortir ce document élaboré en 96 à Grenoble. ( il se trouve aussi en annexe de la brochure “ EMANCIPATION, AVENIR D’UNE UTOPIE ” édition Voies Livres  13 quai Jaÿr 69 009 Lyon)

Des militants de diverses professions éducatives et culturelles (enseignants, formateurs d’adultes, éducateurs, bibliothécaires) s’adressant à des publics de nature et d’âges très différents, et pensant concourir au projet d’émancipation individuelle et collective, ont pu se reconnaître dans cette liste de “ DENOMINATEURS COMMUNS ” .

1 – L’IDENTITE- Nous nous efforçons de favoriser la constitution, l’existence, la préservation de l’identité de chaque individu (dans le cadre de la vie du groupe et de sa loi). Ce qui implique respect, attente positive, et pratique d’une pédagogie de la réussite qui valorise ce qui est acquis, qui sait éventuellement différer un apprentissage et faire les détours nécessaires.

2 - LES STATUTS - Nous pensons qu’une prise de conscience par chacun de la nature de son statut, de la possibilité ou la nécessité de son évolution, que la volonté d’affirmer son droit au respect, de s’émanciper des aliénations, des préjugés, constituent un moteur puissant pour la réussite des actions entreprises.

3 – LES DIFFERENCES - Nous prenons en compte, sans les figer, les différences individuelles en terme de développement, de rythmes, et considérons simultanément que l’hétérogénéité des groupes est un facteur indispensable à la stimulation, l’évolution, l’échange et l’entraide, la résolution collective des conflits.

4 – LES CULTURES - Nous reconnaissons et respectons les différences culturelles tout en donnant la priorité à la construction d’une culture commune par l’autogestion de la vie collective du groupe, l’élaboration, la conduite, et l’analyse de projets communs générateurs de promotion collective.

5 – LA CITOYENNETE - Nous fondons sur l’autogestion de la vie collective - dans ses différents aspects - et des projets - dans leur élaboration et leur réalisation - l’apprentissage de la démocratie participative, base d’une authentique citoyenneté.

6 – L’EXPERIENCE INDIVIDUELLE - Nous nous efforçons de prendre appui sur les savoirs, les compétences, l’expérience, que possède chaque apprenant, quel que soit son âge et son état, pour développer les apprentissages souhaités.

7 – LA COOPERATION ET LA COMPETITION - Nous fondons la satisfaction du besoin de se valoriser, (ambivalent généralement réduit à la compétition), de se mesurer aux autres, sur les pratiques coopératives, l’entraide, l’enseignement mutuel, les échanges de savoirs, la contribution aux projets collectifs.

8 – LES PROJETS - Nous constatons que les enfants et les jeunes issus de milieux populaires ont, plus que les autres, du mal à concevoir le bien fondé d’enseignements dont l’effet est à la fois opaque et différé. D’où des attitudes de rejet conduisant à l’échec scolaire, à la stérilité des formations.

Ces publics éprouvent le besoin éminemment naturel , de comprendre l’intérêt immédiat, de ressentir la fonctionnalité des actions qui leur sont proposées. Attitude qui persiste chez les adultes en formation. C’est pourquoi, nous estimons qu’il est indispensable de les engager dans des projets  dont les caractéristiques de production (matérielle, sociale, culturelle, etc.…) révèle l’intérêt et la nécessité d’acquérir, ou de mieux maîtriser tel ou tel savoir. L’enseignement de celui-ci cesse alors d’être ressenti arbitraire et l’accès à l’abstraction devient possible.

Cette démarche, qui fonde la “ pédagogie du projet ” est tout naturellement bénéfique à l’ensemble des apprenants, y compris ceux dont le milieu social favorise la capacité d’anticiper.

 R. et R. Millot argument N° 39     janvier 03  

Rappelons que tous les « arguments » de RRM sont présentés sur le site Internet de REVEIL.

Coopération et coopératives…

Rendant compte d’une initiative visant à introduire une éducation à l’hygiène de vie et à la nutrition dans les écoles, une journaliste de France Inter conclut « Oui, mais supprimer les distributeurs de barres chocolatées et de boissons sucrées dans les écoles serait priver les coopératives scolaires de l’une de leurs principales sources de financement ». (Journal de 9 heures, le 26 février 2003)

Cette conception mercantile de la coopérative scolaire est évidemment opposée à celle de coopération scolaire telle que la conçoivent les enseignants-éducateurs ; très éloignée de la conception qu’en donne  Jean François Vincent, Président national de l’Office Central de la Coopération à l’École, lorsqu’il écrit : « Pour éduquer à une citoyenneté solidaire, la coopération, l’entraide, doivent être les valeurs de référence d’une École dans laquelle, la réussite de quelques uns ne s‘effectue pas au détriment des autres, mais contribue à la promotion de tous. »[5]

 

Publications récentes

L’art d’aider (1)

De l’entraide à la psychothérapie.

Le numéro 34 de la revue de psychologie de la MOTIVATION propose un ensemble très riche d’articles sur le thème de « la fraternité en actes » (titre du texte d’introduction d’Armen Tarpinian ). L’aide, tant celle que peut apporter l’enseignant que celle du thérapeute, y est déclinée sous une grande diversité de formes, de la résilience à la coopération, en passant par la « bientraitance », la médiation ou encore les échanges réciproques et l’art « d’aidmer ». Cela conduit Armen Tarpinian à conclure en écrivant « Nous assistons à l’émergence d’un nouvel humanisme qui n’aura pas trop d’un millénaire pour croître et se déployer… Nous en laisserons-nous le temps ? »

Un article de Patrick Viveret, repris du troisième numéro de la revue « Transversales Science Culture », nous rappelle que le monde actuel s’est engagé dans une impasse et souligne l’urgence d’un « retour aux fondamentaux écologiques et anthropologiques », tandis que Bernard Mugnier, partant du film « le peuple migrateur », réfléchit sur la fragilité de toute vie et conclut que tout se passe « comme si la véritable force prenait sa source dans la plus grande des faiblesses. »

Cette revue paraît deux fois par an (en juin et en décembre). Abonnement annuel : 25 €. Tous renseignements à :

Revue de Psychologie de la Motivation, 83 avenue d’Italie, 75013 PARIS.

La Revue Éducation et francophonie

La revue scientifique virtuelle Éducation et francophonie s'intéresse à l'éducation en langue maternelle française au Canada. Elle est diffusée intégralement et exclusivement dans Internet à l'intention des universitaires, des chercheurs et des étudiants. Disponible gratuitement, cette revue compte plus de 3 000 abonnés répartis sur tous les continents.

http://www.acelf.ca/revue/index.html

Cette revue a publié, en automne 2002, une étude dont nous avons fait état dans notre lettre HS de mi-décembre 2002. La présentation qu’en faisait le Café pédagogique se terminait ainsi : « la réflexion pédagogique de l'université de Moncton (Canada) s'éloigne des orientations actuelles du système éducatif. Ce n'est pas le moindre avantage de la pédagogie actualisante que de nous proposer une réflexion pédagogique qui partant des difficultés de nos sociétés aboutit à une réponse humaniste, individualisante et autonomisante. Un peu d'air frais vient du Canada. »

Si vous souhaitez accéder au texte intégral (232 pages + la bibliographie), vous pouvez aller sur le site canadien de l’ACELF. Pour en faciliter la diffusion et la lecture, Henri Charpentier nous en a tiré une version papier. Cela va nous permettre d’en présenter progressivement les résumés des différents chapitres dans cette Lettre et dans les prochaines Lettres de REVEIL. Ces différents chapitres seront aussi présentés séparément dans leur intégralité sur le site Internet de REVEIL à partir de la page http://assoreveil.org/peda_actu.html . Dès ce mois-ci vous y trouverez les trois premiers chapitres. Les 9 chapitres suivants seront placés sur ce site dans les mois à venir.

A l’intention de nos adhérents qui ne sont pas sur Internet : si vous souhaitez recevoir ces textes par voie postale, n’hésitez pas à nous le faire savoir. Chaque chapitre représente environ 12 à 13 pages en A4, soit 6 à 7 feuilles en recto-verso.

Voici les résumés des 3 premiers chapitres :

1° Pour une pleine réalisation du potentiel humain : la pédagogie actualisante.

Rodrigue LANDRY Faculté des sciences de l'éducation, Université de Moncton, (Nouveau-Brunswick), Canada.

Résumé

Cet article présente une définition de la pédagogie actualisante, en décrit brièvement les bases conceptuelles et les principales sources d'influence et introduit chacun des huit volets qui sont développés plus amplement par les autres articles de cet ouvrage collectif. Il vise à démontrer que la pédagogie actualisante unit dans un rapport dialectique deux sources de socialisation souvent mises en opposition. Une vise la transmission du capital culturel de la société et l'autre le développement des capacités d'autonomie et de conscience critique des individus et des groupes. La pédagogie actualisante est décrite comme une mise en oeuvre d'un processus de socialisation / autonomisation qui vise la pleine réalisation du potentiel humain.

2° L’unicité de l’apprenant et la pédagogie actualisante

Rodrigue LANDRY Faculté des sciences de l'éducation, Université de Moncton, (Nouveau-Brunswick), Canada.

Résumé

Le but de cet article est de démontrer que le respect de l'unicité de l'apprenant et de l'apprenante est au cœur d'une pédagogie actualisante, c'est-à-dire une pédagogie qui a pour but l'actualisation du plein potentiel humain. Suite à une discussion des facteurs qui sont à la base de l'unicité de chaque personne, l'auteur met l'accent sur les capacités d'autorégulation et d'autonomie des êtres humains. Il propose une pédagogie qui met en valeur l'autodétermination et la prise en charge, par l'élève, de son apprentissage et d'un projet de vie. C'est une pédagogie qui amène l'élève à prendre conscience de son unicité et à réaliser pleinement le sens de son altérité, c'est-à-dire son rapport à l'autre.

3° Pour une pédagogie de l’accueil et de l’appartenance : interprétation des savoirs et des pratiques.

Clémence MICHAUD Faculté des sciences de l'éducation, Université de Moncton, (Nouveau-Brunswick), Canada.

Résumé

Le point de vue que nous adoptons dans le cadre du présent article repose sur le postulat que le climat pédagogique est fonction des diverses conceptions du savoir qui interagissent dans la salle de classe comme dans les institutions. Nous nous appuyons sur la classification que fait Gallagher (1992) des types d'herméneutique qui représentent autant de rapports divers au savoir dans les situations éducatives : herméneutique conservatrice, herméneutique modérée, herméneutique critique, herméneutique radicale. Ces types d'herméneutique sont décrits et diverses pratiques d'accueil et d'appartenance y sont associées. Ces pratiques d'accueil et d'appartenance peuvent avoir leur place, sous des formes diverses, de la maternelle à l'université. L'accueil d'une diversité de pratiques peut contribuer à rendre les éducateurs et les apprenants plus aptes à interagir dans des milieux éducatifs complexes et changeants.

La fraternité, est-ce possible ?

Telle est la question que pose Bruno Mattéi dans un petit livre de la collection « brins de philo » publiée par les éditions Louis Audibert à l’intention des parents et des enfants à partir de 10/11 ans. L’auteur propose les réponses que pourrait apporter Marianne, notre république, à des questions comme :

·         qu’est-ce que la fraternité ?

·         tous les hommes sont-ils frères ?

·         comment peut-on être fraternel ?

·         la fraternité s’apprend-elle ?…

Le texte est très plaisamment illustré par Véronique Deiss dont on ne doute pas que les enfants qu’elle rencontre dans les écoles et les bibliothèques ne peuvent que l’adorer.

45 pages, 5,95 € dans toutes les librairies.

Quand les élèves se mettent en danger

Dans son numéro de février, les Cahiers pédagogiques consacrent leur dossier aux enfants et aux adolescents qui cherchent, au risque parfois de leur vie, une plus value de sens à leur existence.

-          Que signifient ces flirts avec la mort ?

-          En quoi ces comportements interpellent-ils les adultes que nous sommes ?

-          En quoi interpellent-ils le système scolaire ?

-          De quels moyens disposons-nous pour les prévenir ?

-          Que peut faire un enseignant ?

À une époque où la recherche de solutions répressives semble prendre le pas sur la démarche éducative, on pourra lire des analyses, des regards croisés de chercheurs, de parents, d’enseignants et d’acteurs de prévention dans les établissements scolaires et dans les quartiers. Ce dossier donne aussi largement la parole aux jeunes : témoignages denses, poignants qu’il importe d’entendre.

Dossier coordonné par Thierry Goguel d’Allondans et David Lebreton

Possibilité de consulter le sommaire complet sur le site Internet : www.cahiers-pedagogiques.com

Le harcèlement moral : l’école, lieu de l’apprentissage des limites ?

Une quarantaine de personnes se sont retrouvées à Paris VI Jussieu le 25 janvier dernier, à l’invitation du Réseau Éthique et pédagogie pour débattre de ce thème à partir d’un exposé de Marie-France Hirigoyen. A l’issue de cette conférence, dix sept personnes ont souhaité qu’il y ait des suites et ont fait part de thèmes de travail ainsi que de suggestions qu’ils préconisent. Le groupe de pilotage du Réseau a analysé leurs écrits et présente. la proposition de travail qu’il fait à ces dix sept personnes ainsi que le texte de la conférence dans LE COMPTOIR AUX IDEES

“Une correspondance privée pour échanger, réfléchir, sans lisser les paradoxes, avoir le réflexe Réseau...”. Cette Lettre peut être obtenue auprès de Lydie VILLEMARD 06.81.68.26.88, mél : Lydiev2000@yahoo.fr

L’éducation, Élément fondamental du lien social.

Dans sa livraison de janvier 2003, la revue « le Nouvel Éducateur » consacre son dossier à des réflexions et à des témoignages sur l’éducation à la démocratie à travers l’organisation coopérative et démocratique de la vie scolaire. L’expérience débutée depuis 18 mois en milieu sensible « difficile », à Mons-en-Baroeul, par une équipe d’Instituteurs soutenue par l’I.E.N. de Villeneuve d’Ascq et de l’I.A. de l’Académie du Nord (ce qui vaut d’être souligné) mérite d’être connue.

Ce dossier présente également un exemple de démocratie participative au Sénégal, un témoignage sur la circulation libre et responsable à l’école ouverte Ange Guépin de Nantes, une expérience de formation à la citoyenneté à l’Escola Recanto de Recife (Brésil), etc.

Le sociologue Laurent Mucchielli, évoquant quelques problèmes de la société française, apporte un éclairage édifiant sur les délinquances actuelles, leur réalité, mais aussi sur les phantasmes et les réactions démagogiques qui les accompagnent trop souvent.

Le Nouvel Educateur est édité par Presse Edition du Mouvement Freinet,06376 Mouans Sartoux Cédex – site Internet : http://www.pemf.fr

L’actualité

Un colloque à l’école Vitruve :

Samedi 8 mars à l'école Vitruve : 3,7 Passage Josseaume 75020

Programme
Matin
9 heures : Accueil des participants dans l'amphithéâtre Robert-Gloton. 9h30 : Ouverture de la journée. Rappel du
programme et présentation des thèmes de débat. Table ronde n°1 : construction, appropriation, transmission des savoirs. Les contenus. Mutualisation et projet. Deux ou trois participants feront de courtes interventions autour de ces thèmes. Débat avec la salle. 

11h : deux ateliers permettront en nombre plus réduit de poursuivre le débat et de l'affiner.  Atelier 1 : la mutualisation, expériences, perspectives. Atelier 2 : le projet, pédagogie de projet, apprentissages et construction de savoirs  12h30 Pause déjeuner. Le repas sous forme d'un buffet sera assuré par un groupe adulte-enfant de l'école. Avec une participation aux frais.

Après-midi
14h : Reprise des activités. Table ronde n°2 : De la classe unique à l'école unique.Thème qui vise à poser la problématique du dépassement de la classe unique pour l'appliquer à l'école, au lieu éducatif en général. Deux ou trois participants feront de courtes interventions autour de ces thèmes. Débat avec la salle.

15h30 : deux ateliers prévus Atelier 3 : Le travail d'équipe et/ou l'équipe au travail Atelier 4 : La cogestion. Les
partenaires.
17h ou 17h30 : clôture des débats. Bilan. Perspectives.  18h : projection en avant-première du film de Richard Hamon « Vitruve »

Le réseau attitude éducative (R.A.E.)

La prochaine réunion du réseau R.A.E. aura lieu à Paris :

Samedi 8 mars 2003 de 14h00 à 17h00

(C.N.A.M., Salle des Conseils).

Ordre du jour :

… Discussion autour des objectifs du Réseau tels qu’ils sont énoncés à ce jour pour établir clairement ce que nous partageons ensemble.

… Envisager et organiser les premières initiatives du réseau (notamment, le projet d’une rencontre-exposition à Bordeaux en juillet 2003 avec la Fondation pour le Progrès en Éducation).

Pour une citoyenneté éducative

Éthique et déontologie dans les métiers de l’éducation : ce sera le thème du colloque national organisé par Éducation et Devenir les 28 29 30 mars 2003 à Lille, au Grand Palais.

« Les obligations professionnelles des enseignants ne sont pas codifiées. Elles découlent des obligations faites à l’Etat : enseigner, assurer la sécurité et protéger ; puis à celles faites à la Fonction publique. S’ajoutent pour l’enseignant la neutralité politique et la laïcité religieuse.

 Faut-il aujourd’hui plus de Droit, donc de contraintes et de risques de sanctions mais aussi d’égalité et de sécurité ?

Faut-il renforcer à l’inverse la dimension éthique liée aux valeurs et donc davantage de possibilités de choix, de liberté, d’appréciation des circonstances et donc de diversité et aussi de contrôle social des citoyens ?

 Cette problématique reflète d’ailleurs une tension plus générale que vit la société entre une demande de plus de règles et celle de plus de choix. Tension entre autorité et liberté, entre égalité et diversité. »

Tous renseignements sur : Education & Devenir http://education.devenir.free.fr

Pour préparer le forum social européen de St Denis

Tandis que RECIT (Réseau d’éducation citoyenne) projette d’organiser un forum sur l’éducation permanente, un collectif se constitue pour préparer le Forum Social Européen  autour de thèmes populaires (bouger, manger, apprendre…) dans une « Université Citoyenne d’initiative écologique et solidaire » et propose à RECIT et ECE d’animer la rencontre d’un samedi à l’Ile St Denis sur le thème « apprendre ». (Ce collectif regroupe entre autres Greenpeace, Les amis de la terre, France Nature Environnement, 4D, diverses revues, et plein d’autres…)

Pour l'instant il n'y en a qu'une de fixée vraiment : le samedi 5 juillet à l'Ile St Denis dans le cadre de l'Université citoyenne d'initiative écologique et solidaire qui traitera le thème "apprendre" dans une dimension large : école, éducation populaire, éducation tout le long de la vie. L'axe d'entrée serait l'écologie de l'apprentissage en général et plus particulièrement l'écologie du développement de l'enfant : . quel milieu « suffisamment bon » permet à un individu de prendre le risque d'apprendre - concurrence/coopération - pacification des écoles / émancipation des apprenants.

D’autre part, Patrick Viveret et Celina Whitaker nous écrivent : « nous avons lancé l'idée d'un Forum des Enfants. Non pas une garderie, mais un espace des enfants/jeunes, d'expression par les enfants sur "ces autres mondes possibles", sur les grands thèmes qui seront amenés à débat au FSE, sur ce qui "compte" et fait valeur pour construire les mondes de demain.... Tout est à construire, mais l'idée de base est de ne pas seulement parler des "générations futures" mais d'associer ces "jeunes générations" à la démarche.

Une première réunion a eu lieu le 11 février : nous vous tiendrons au courant de la constitution du groupe, si cela se concrétise, et des prochaines dates. »

Sur le site Internet de Jacques Nimier 

Outre le dossier sur « Filles et garçons, que faisons-nous de la différence et des différences en général ? », Jacques Nimier propose notamment des dossiers sur le stress, l’évaluation, les G.A.P.P., le Maghreb, la violence, l’écoute…

Ce site fête actuellement ses 3 années d’existence au cours desquelles il a reçu plus de 200 000 visiteurs du monde entier.

 

Divers

Participer à une éducation pour la paix :

R.E.V.E.I.L. vient d’adhérer à la Coordination française pour la Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde (2001-2010).

Tous renseignements sur cette association 27, boulevard Saint-Michel 75005 PARIS - tél. : 01 46 33 41 56 – fax : 01 40 51 70 02 Courriel : decennie@wanadoo.fr – site : http://www.decennie.org

Guerre ou paix ?

- Grand'père, que penses-tu de la guerre?

- La guerre est ce que les hommes ont presque toujours fait - Relis par exemple l'histoire de la création des États-Unis d'Amérique à l'époque de la première révolution française -. La nouveauté consisterait à ne pas la faire.

- Oui, mais on m'a dit qu'il y avait des guerres justes.

- Les guerres justes? comment les reconnaître? Les belligérants disent toujours que leur guerre est juste, on ne peut pas compter sur eux. Une guerre juste a des caractéristiques reconnaissables. Une guerre ne peut être juste que si on se défend sur son propre territoire. Il y a aussi le cas des "soldats de la paix" quand la guerre consiste, par la force, à empêcher que des camps opposés ne se battent. En dehors de ces deux cas je ne vois pas de guerre juste.

La guerre, à moins d'être juste, est une des formes de la violence. Nous constatons chaque jour que la violence n'est pas une solution dans notre vie personnelle, dans notre vie familiale, en entreprise ou dans nos quartiers. Comment pourrait-elle être une solution au niveau régional, national ou international?

Michel Portal (L’Aéré)

R.E.V.E.I.L. pour quoi faire ?

L’objectif initial de R.E.V.E.I.L. était, comme son nom l’indique, de promouvoir les initiatives citoyennes tendant à « transformer l’école »[6]. Aujourd’hui, les initiatives locales, de plus difficiles à mener à leur terme, se raréfient. REVEIL persiste dans sa conviction que l’École ne pourra être « réformée » en profondeur que par la volonté et l’engagement durable de ceux qui la vivent à la base : parents, enseignants, élèves… Isolées, les initiatives locales peuvent être à l’origine d’actions bénéfiques pour les enfants qui en profitent, mais elles n’auront un impact sur l’ensemble du système que dans la mesure où elles se situent dans une dynamique nationale, voire internationale – car tous les pays européens sont concernés par la nécessité de faire évoluer leur École. Or cette dynamique ne peut naître et se développer que dans la mesure où un nombre toujours croissant de personnes se sentent concernés, qu’elles aient ou non des enfants. Cette dynamique ne naîtra pas spontanément : l’une des grandes causes de la stagnation du système éducatif est l’extrême morcellement qui divise ce qui devrait constituer un grand mouvement ouvert, capable de déclencher cette dynamique. Toutes les formes d’actions tendant à faire évoluer l’École et l’éducation en général vers plus d’humanité, peuvent contribuer à l’initier à condition d’être connues du plus grand nombre ; dans la mesure aussi où chaque personne, chaque groupe regarde les actions des autres avec sympathie, avec le désir de les encourager, de les valoriser, même et surtout si elles se situent dans un autre registre que les siennes.

Depuis deux ans, R.E.V.E.I.L. s’est efforcé de tisser un réseau de plus en plus large, le but étant de mettre en relation des personnes et des groupes qui partagent des idées proches en matière d’éducation et poursuivent des objectifs analogues par des voies diverses, mais qui souvent s’ignorent.

Avec nos moyens encore modestes, nous essayons de suggérer des thèmes de réflexion variés et de faire connaître le plus grand nombre d’initiatives (colloques, publications, etc.) qui nous semblent, dans leur diversité, converger vers cette indispensable transformation de l’École. En ce début de 2003, notre lettre est diffusée directement à plus de 400 personnes, certaines d’entre elles la rediffusant à l’intérieur de leurs propres réseaux. En février 2003, la moyenne journalière des visites enregistrées sur notre site a été de 123. Le nombre de visiteurs du site n’a cessé de croître depuis sa création, et notamment depuis fin avril 2002, date de sa nouvelle adresse (http://assoreveil.org).

De toutes façons, il faut s’habituer à l’idée que, en dehors des actions éducatives concrètes et locales, forcément fragiles et limitées dans le temps, tous les efforts qui sont faits aujourd’hui ne porteront leurs fruits qu’à long ou même à très long terme. La transformation préalable à toutes les autres est la transformation des mentalités individuelles, celle que chaque personne peut d’abord opérer sur elle-même.

Le paradoxe de la situation actuelle est que l’urgence est là et que pourtant rien de décisif ne peut être accompli à court terme. Est-ce une raison valable pour ne pas s’engager ?

Quelques rappels…

à cotisation (non obligatoire) et autres !!!

Si vous voulez soutenir notre action.

R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux personnes et  aux associations adhérant à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,  Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN.

La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 10 €, mais elle est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.

Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion pour 2003) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. à PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont renouvelé leurs encouragements et leur soutien en 2002.

 

La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de signaler votre adresse électronique à assoreveil@wanadoo.fr

Toutes les lettres de REVEIL (2001, 2002 et 2003) sont présentées sur ce site : http://assoreveil.org

Si vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en informer par mail ou courrier postal.

 

Prochaine lettre vers la fin mars 2003.

Entre temps, quelques flash possibles selon l'actualité.

Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos questions, vos suggestions…

Contact : assoreveil@wanadoo.fr

Georges HERVE, adresse postale :  rue du Château 63500 PERRIER

 



[1] Puisqu’elle confirme ce que les services de l’évaluation du Ministère ont constaté depuis fort longtemps !

[2] Quand on sait que l’échec est d’autant plus sévère qu’il est précoce, le simple bon sens devrait suffire pour réaliser que, de deux enfants entrant au Cours préparatoire en septembre, celui qui est né en janvier ou février a de fortes chances, toutes choses égales par ailleurs, d’être physiologiquement plus développé que celui qui est né en novembre ou décembre.

[3] une moyenne ? or on sait ce que vaut cette notion purement statistique dans la réalité !

[4] devenues, par la suite, des classes de perfectionnement (sic) pour « déficients intellectuels légers ou moyens ».

[5] «  De l’éducation compétitive au projet coopératif d’éducation » : http://assoreveil.org/occe_1/html ).

 

[6] Cf. le Manifeste pour la création de sites pilotes de l’Éducation nationale (été 1998) http://assoreveil.org/manifeste.hml

 

retour à la page précédente