LA LETTRE DE R

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.  N°3-2     Mars 2002

 

Sommaire

 

PORTO ALEGRE et l'éducation

Cinq scénarios pour l'école de demain ?

A propos de quelques "innovations" pédagogiques :

Des grandes œuvres pour tous

Participez au forum ouvert sur le site de l'O.C.C.E.  !

QUELQUES RAPPELS…

 

Rappel : pour la version de cette LETTRE transmise par Internet, vous pouvez, normalement, accéder directement à un "article" en cliquant sur son titre présenté dans le sommaire ci-dessus.

 PORTO ALEGRE et l'éducation

 

 LE FORUM MONDIAL POUR L’ÉDUCATION   qui s’est tenu  à PORTO ALEGRE  en  octobre  2001 a réuni 15 000 personnes venant de 60 pays. Ses principales propositions ont été présentées au FORUM SOCIAL MONDIAL de février 2002.

 

Une idée unit les participants de ces forums :

“ UN AUTRE MONDE EST POSSIBLE ”

Elle se développe aussi en France dans des associations, des partis, des syndicats, dans les têtes de toutes celles et ceux que le monde actuel désespère. Cet “ autre monde ” est à la fois une utopie qui redonne du sens à la vie, et une nécessité vitale pour des milliards d’humains.

 

Le laboratoire d’idées que devient le rendez-vous mondial de Porto Alegre met très logiquement l’éducation dans les priorités de ses préoccupations.

Les propositions du FORUM MONDIAL pour l’ÉDUCATION ont valeur universelle.

 

Il s’agit de “ construire  un réseau mondial de luttes et de propositions sur la question de l’éducation ” et de se donner pour objectifs :

·         Une éducation démocratique pour un monde solidaire

·         Une éducation solidaire pour un monde démocratique

 

En France, plus facilement qu’ailleurs, il est possible d’adopter ces objectifs, depuis longtemps poursuivis par des petites minorités, et de s’attaquer à leur mise en œuvre sur une large échelle…

Concilier les convictions partagées à Porto Alegre et  les conceptions et pratiques professionnelles qui ont cours en France est une question de cohérence. C’est aussi le moyen de faire face aux difficultés croissantes rencontrées dans notre système éducatif.

 

A cet effet, il est temps de quitter les querelles et impasses hexagonales, de dépasser les replis dans des chapelles pédagogiques ou des réalisations isolées, de redonner aux syndicalistes enseignants des perspectives politiques propres à leur engagement professionnel, de mobiliser les mouvements d’éducation populaire, d’inviter les syndicats “ ouvriers ” à renouer avec l’idée de promotion collective et d’émancipation qui traverse les propositions du FME.

 

Ces objectifs pourrait faire l’objet d’un large débat et constituer un sujet mobilisateur pour un FORUM  NATIONAL  préparé par des FORUMS RÉGIONAUX.

Raymond MILLOT – mars 2002                         

 

Vous trouverez sur les sites http://www.changeonslecole.org et  http://membres.lycos.fr/assoreveil/   le texte d’où est tiré cet appel, le nom des premiers signataires, et en temps voulu les informations concernant les forums.

La synthèse des travaux du FME  rédigée par Bernard CHARLOT figure aussi sur le second site.

Envoyez vos réactions à cette proposition et/ou votre signature (et votre  e.mail si possible)  à :

federation.ece@changeonslecole.org

ou à Fédération ECE, Phare, 6 rue Arnold Géraux           93450 L'ILE ST DENIS

ou encore à : rr.millot@wanadoo.fr

 

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Cinq scénarios pour l'école de demain ?

 

(Article publié dans la revue "Sciences humaines" n°123 – janvier 2002)

 

" La crise de l'école touche la plupart des pays industrialisés. Contestations tous azimuts, dénonciations des inégalités, développement de la violence… Comment développer l'écheveau des accusations et des convictions au cœur des débats sur l'école ? Peut-être comme vient de le faire un rapport de l'OCDE[1], en imaginant une liste de cinq scénarios contrastés pour l'avenir, destinés à nous faire réfléchir…

 

 

Les deux scénarios suivants sont axés sur une revalorisation et un renforcement du rôle de l'école dans les sociétés.

 

Le dernier scénario envisage un mouvement de déscolarisation :

 

Ces scénarios ne sont pas des prévisions, précise Alain Michel, rapporteur de cette étude. Ils peuvent en outre se combiner entre eux. Ils prétendent simplement éclairer les choix éducatifs qui risquent de s'imposer dans un futur proche, surtout dans certains pays de l'OCDE comme les Etats Unis, la Suède ou la République tchèque, où les conditions de travail et de salaires des enseignants, particulièrement peu attractifs, engendrent dès maintenant une grave crise de recrutement."

 

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Un premier commentaire : apparemment, il manque un des six scénarios annoncés par le titre du rapport. Une combinaison de certains de ceux qui sont présentés ?

 

Les deux premiers semblent bien pouvoir caractériser la situation actuelle : ce que Philippe Meirieu dénonce comme un mélange de caporalisme (la régulation bureaucratique qui tolère – souvent mal – les "ajustements à la marge") et de "libéralisme" (le consumérisme scolaire – marqué par le zapping entre les établissements, les cours particuliers, les dérogations à la carte scolaire…). Et si cette situation se prolonge, n'est-ce pas la porte ouverte au cinquième scénario qui n'est pas qu'une vue de l'esprit comme semblent le croire certains, mais qui repose sur des projets déjà élaborés notamment par l'E.R.T.[2] Ce cinquième scénario qui, en outre, dégagerait l'État – c'est à dire nous, la collectivité – de ses responsabilités en matière d'éducation, d'instruction, de formation et permettrait de réduire de façon notable le poids des impôts : "Tous les services d'intérêt collectif, notamment l'enseignement, la santé, les diverses formes de protection sociale, ainsi que les transports et les communications, entre autres exemples, sont transférés à la sphère marchande du secteur privé. (...) Les secteurs en plein essor de la santé, de l'enseignement et de l'assurance étant aux mains d'entreprises privées, les contraintes budgétaires du secteur public devraient diminuer, d'où une baisse des taux d'intérêt et, de ce fait, des charges financières moindres pour les investisseurs privés."

(extrait de "Les technologies du XXIe siècle," OCDE, novembre 1998 , page 25)

 

Restent les deux scénarios "centraux" : mais peut-on réellement séparer "l'éducation aux valeurs, à la citoyenneté"… " l'ouverture du scolaire sur son environnement local" et le "développement du savoir et des compétences"… "fondé sur l'expérimentation, l'innovation, etc." ?

Et qu'en est-il de l'éducation permanente ? Peut-on encore penser une école pour notre temps en dehors d'une éducation permanente pour tous ?

                                                                                                          G.H. mars 02

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A propos de quelques "innovations" pédagogiques :

 

Dans la lettre de février, nous avons fait état d'un article paru en décembre 2001 dans le Monde transmis par Sylvaine MARANDON, de Bordeaux. Ci-dessous, quelques réflexions personnelles inspirées par cet article : elles gagneraient à être contredites ou étayées par les réflexions et/ou les expériences de nos lecteurs.

 

" annualiser les horaires des élèves comme ceux des enseignants, ce qui permettrait de regrouper, par exemple, des enseignements d'art sur une demi-,journée, voire une journée, au lieu d'un cours d'une heure chaque semaine." Ou encore " organiser des journées complètes d'immersion en langue ou regrouper les cours d'éducation physique et sportive pour leur donner plus de cohérence."

 

-            les regroupements d'heures d'une discipline sur des demi-journées voire des journées : dans l'article, on évoque surtout des apprentissages de savoir-faire (éducation physique, arts, langues). Or des expériences ont été faites dans des disciplines comme les mathématiques : il s'agissait de consacrer des plages d'une demi-journée à des travaux de recherches mathématiques, par exemple. Je l'ai personnellement expérimenté dans ma classe primaire il y a une quarantaine d'années et le résultat a été éloquent : alors que les enfants de 9/10 ans sont réputés ne pouvoir concentrer leur attention pendant plus de 20 à 30 minutes lorsqu'on leur "fait un cours" classique, que nombre d'entre eux décrochent après 10 minutes, tous les élèves de ma classe étaient actifs durant 2 heures lorsqu'ils faisaient des recherches en petits groupes, les présentaient à la classe, en discutaient… Mieux : ce type de démarche pédagogique, très formatrice, bien au-delà des mathématiques, se trouve à l'étroit dans des plages horaires plus courtes (de l'ordre de l'heure).

       Certaines expériences ont aussi été menées à l'époque dans des classes secondaires, consistant à regrouper toutes les heures annuelles d'une discipline comme les mathématiques sur une période donnée. Il faudrait retrouver ces relations d'expériences : parmi nos lecteurs, y en a-t-il qui pourraient nous signaler des références d'articles à ce sujet ? ou mieux encore, des expériences vécues ?

       Toujours dans le même esprit, il est évident que pour travailler des activités comme le théâtre, et, d'une manière générale les projets, les découpages de l'emploi du temps – le saucissonnage habituel -  représente un handicap.

-            le regroupement des heures de plusieurs professeurs travaillant en interdisciplinarité sur des thèmes précis est l'une des pratiques qui ont aussi été expérimentées avec succès. Bien sûr, il ne s'agit pas d'un simple découpage de la classe en deux ou trois groupes, chacun "recevant" le cours (magistral ou non) de l'un des professeurs, mais bien d'un travail d'équipe de 2 ou 3 professeurs apportant leurs compétences respectives à des travaux de recherche ou d'élaboration menés par les élèves (en commun ou en groupes séparés).

       C'est bien ce que suggèrent les "itinéraires de découvertes" préconisés par le Ministère pour les classes de 5ième et de 4ième.

 

" systématiser le tutorat effectué par les enseignants "

-            concernant le tutorat, c'est ce que Louis Legrand avait préconisé dans la réforme des collèges proposée par Alain Savary (en 82 ou 83 je crois). Cela avait été expérimenté avec succès dans un nombre conséquent de collèges sous la houlette de l'INP (où L.Legrand était directeur de la recherche pédagogique). C'est une pratique pédagogique qui est reprise dans tous les projets d'établissements expérimentaux (ou pionniers) qui gravitent autour de la fédération ECE. C'est même l'un des axes forts de ces projets.

 

" développer le monitorat où un élève vient aider un camarade."

-            S'agissant du monitorat, il peut revêtir plusieurs formes :

o      D'une part, un élève plus avancé (en âge ou en "force") dans une discipline aide un camarade dans une tâche scolaire donnée. Cela se fait tout naturellement dans les classes à plusieurs cours. Je l'ai expérimenté très largement dans ma classe primaire, jadis, et j'ai pu en apprécier les résultats positifs même pour les enfants qui expliquaient : il est évident que pour expliquer, il faut clarifier ses propres idées. Dans une classe très nombreuses (largement plus de 30 enfants) à un seul cours, il y avait des enfants d'âges très variés (de 8 à 12/13 ans). Évidemment, les enfants les plus âgés étaient les plus "faibles" (ils avaient redoublé souvent plusieurs classes). Chaque enfant qui le souhaitait pouvait s'adresser à un camarade de son choix pour lui demander de l'aide. Au début, je me demandais comment cela allait se passer : si des enfants plus âgés ne seraient pas gênés de demander l'aide de plus jeunes. Eh bien, non. Cela n'a jamais posé de problèmes. Je me rappelle en particulier la plus jeunes de mes élèves qui avait à peine huit ans et qui expliquait un problème de mathématiques à une grande fille de 12 ans ; elles étaient venues au tableau, près de mon bureau où j'étais occupé avec d'autres enfants. J'entendais ses explications et j'étais ébahi par leur clarté. Je n'aurais pas su, moi, adulte, me mettre ainsi à la portée d'un enfant.

o      Il peut aussi s'agir de l'enseignement mutuel, qui était la règle au début du 19ième siècle. Il se pratiquait encore souvent dans les classes à effectifs parfois gigantesques des "colonies" (cela pouvait atteindre 400 élèves à Madagascar après la seconde guerre mondiale !) Un "grand" servait de répétiteur auprès d'un groupe de plus jeunes.

     C'était aussi une pratique souvent employée dans des classes uniques à l'époque où on pouvait y trouver couramment des enfants de 5 à 13/14 ans. C'est souvent de telles classes qu'émergeaient des enfants de paysans que leur maître orientait vers les cours complémentaires du canton et qui, souvent devenaient instituteurs – quand ils ne poursuivaient pas leurs études largement plus avant. On a trop tendance à oublier que la promotion sociale a été presque toujours favorisée par de petites écoles rurales et rarement par de grandes écoles des villes.

o      le troisième type de "monitorat" est celui pratiqué puis théorisé par Claire Héber Suffrin. Il s'agit de pratiquer de façon régulière et concertée les échanges de savoirs. C'est une pratique qui trouve sa place dans nos établissements "pionniers" mais qui devrait largement dépasser le cadre purement scolaire.

 

Il souhaite rompre avec le modèle uniforme où tous les élèves effectuent les mêmes parcours scolaires. Suivant une ligne proche de celle défendue par celle de Jean-Luc Mélenchon,… le SGEC plaide pour le maintien des classes de 4ième et 3ième technologique pour les enfants en difficulté. Avec la multiplication des passerelles entre filières, le SGEC veut faciliter les parcours atypiques.

 

-            Pour ce qui est de la solution Mélenchon, elle est en effet tentante a priori. On propose des classes "adaptées" à chaque catégorie d'enfants : ça paraît logique. Le hic, c'est que toutes les expériences faites longuement au cours du 20ième siècle ont montré que la réalité ne répondait pas aux attentes. On pourrait longuement évoquer  ce qu'on a appelé les "classes spéciales" : si certaines apportaient une bouffée d'oxygène à des enfants en perdition, d'autres étaient de véritables "mouroirs". Une fois entrés dans cette filière, toute sortie était exclue, par définition, puisqu'il s'agissait d'enfants jugés inaptes à suivre un enseignement dit normal.

       J'ai vécu l'expérience des classes d'attente et d'adaptation mises en place vers 1966/67. J'ai commencé par en être un chaud partisan. Je passe sur les déviations qui ont perverti le système. Ces classes étaient des classes intermédiaires (entre la maternelle et le CP d'une part, entre le CP et le CE 1 de l'autre) : les enfants ne devaient y passer qu'une année puis rejoindre le "cycle normal". Or dans le meilleur des cas, c'est à dire lorsque les enfants n'y passaient qu'une année (ce qui aurait dû être la règle), ce passage par un enseignement adapté leur "collait à la peau". A la première défaillance, j'entendais "ah oui, évidemment, il (elle) a été en classe d'adaptation !". Aujourd'hui, ces classes sont "éclatées" : les enfants "en difficultés" viennent y passer quelques heures par jour ou par semaine… tout en restant dans leur classe le reste du temps. Les résultats n'ont pas, à ma connaissance, fait l'objet d'une évaluation globale. La grande faiblesse de ces filières est d'intervenir après que l'échec scolaire se soit déclaré.

       Les plus "anciens" ont le souvenir des classes de transition des années 60/70. L'idée semblait bonne. La réalité fut si catastrophique que René Haby fut conduit à fermer ce cycle.

 

En fait, dans tous les systèmes de filières dites parallèles, les passerelles n'ont pratiquement jamais fonctionné que des plus valorisées vers les moins valorisées.

 

Les classes de transition avaient été prévues pour scolariser durant deux ans des enfants sortant du CM2 mais dont le niveau scolaire était jugé insuffisant pour suivre en 6ième "normale". Ensuite, ils devaient, en principe, avoir été remis à niveau pour entrer en 4ième. Pour faciliter cette "réintégration", on a, parfois, ouvert des 4ième d'accueil. Comme le passage en 3ième restait difficile, il y a eu parfois des 3ième d'accueil. Devant le peu de succès de ces classes, le Ministère a créé les 4ième et 3ième dites CPPN ou CPA (selon les endroits) pour scolariser les ados issus des classes de transition, du moins ceux qui, entre temps, n'avaient pas été orientés vers les SES (aujourd'hui SEGPA).

Quand les classes de transition ont été fermées, les 4ième et 3ième CPPN-CPA auraient dû disparaître. Or elles ont subsisté, plus ou moins clandestinement, durant plusieurs années dans de nombreux collèges,.

Psychologues scolaires, ma femme et moi avons été très souvent sollicités pour "débarrasser" des classes de collèges d'éléments "très faibles" en les orientant vers l'enseignement spécial (SES). En fait, un nombre infime des enfants que l'on nous présentaient relevaient d'un tel enseignement. L'orientation en 4ième et 3ième dites ensuite "pratiques" ne relevant que du Collège lui-même, c'était la solution la plus commode pour se débarrasser des gêneurs…

Aujourd'hui, je ne doute pas que certaines classes "techno" font du très bon travail à court terme, du travail d'urgence. Mais ce que je sais aussi c'est que, au sortir de ces classes, l'avenir de ces enfants est plus qu'incertain : l'entrée dans les filières de formation professionnelle (CAP-BEP) est souvent plus difficile que l'admission en seconde générale, du moins dans les filières les plus prometteuses qui font de la sélection, le nombre de places y étant limitées ; quoi qu'on dise, les enfants sortant des classes techno sont "marqués" ; ils passent après ceux qui sortent des 3ième "normale", avec ou même sans le brevet.

Ces filières qui, dans la théorie, devraient permettre d'adapter la scolarité aux besoins et capacités de chacun (et à leurs intérêts), s'avèrent trop souvent être des ghettos dans la pratique.

Une autre constatation fréquente : dans une classe, on retire les 3 ou 4 élèves les plus faibles ; en fait, quelque temps après, ce sont 3 ou 4 des enfants qui sont restés qui vont occuper les places "d'éléments faibles" libérées. L'homogénéité des classes est un mythe, et un mythe qui fait bien des dégâts.

 

Par ailleurs, le Collège unique est évidemment une aberration s'il s'agit d'un "collège uniforme". Voilà plus de 30 ans que nous sommes quelques uns à demander que soit expérimenté une solution plus souple : un "tronc commun" (au sens du plan Langevin Wallon, c'est à dire une part de scolarité commune à tous les enfants) dans ce qui devrait être le 3ième cycle de l'enseignement obligatoire et non le premier cycle de l'enseignement secondaire (les deux premiers recouvrant l'école élémentaire). Ce tronc commun occuperait entre 1/3 et la moitié du temps scolaire. Le reste de ce temps étant consacré à des études optionnelles – avec un très large éventail d'options pouvant aller de l'étude du grec ancien à celle de la menuiserie en passant par l'expression artistique.

 

Proposé pour la première fois par une commission de travail lors d'un colloque académique à Strasbourg en hiver 68/69, ce "système" a été balayé sans discussion par un Inspecteur Général qui a déclaré d'un geste sans appel "ce système ne prendra jamais en France : trop anglo-saxon !".

 

Un dernier point sur lequel il faudrait revenir : le Collège actuel ne crée pas les problèmes. Ceux-ci existent avant, dès l'école primaire, dès l'école maternelle souvent, et encore avant. La rigidité d'un enseignement secondaire dont les objectifs étaient fondamentalement différents de ceux de l' "école pour tous" ne fait que les révéler et les rendre souvent dramatiques Toute recherche de solution qui ne concernerait que le collège ne peut attaquer le mal à ses racines et ne constituerait donc qu'un palliatif, avec toutes ses insuffisances. 

 

Enfin, le SGEC propose d'introduire une initiation à la philosophie dès l'école primaire.

Ce point mériterait à lui seul qu'une Lettre entière (au moins) lui soit consacré. Des expériences existent : espérons qu'elles donneront lieu à des publications. La Lettre de REVEIL ainsi que son site Internet sont ouverts à toutes les personnes ayant eu une expérience dans ce domaine.

 

                                                                                                                      G.H. février 2002

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Cahiers pédagogiques N° 402

 Mars 2002

Des grandes œuvres pour tous

Le numéro de mars des Cahiers pédagogiques aborde la question des « grandes œuvres ».

Tout au moins, il s’agit de savoir ce que nous faisons avec les œuvres que nous choisissons  quand il s’agit de les porter à la connaissance de nos élèves.

 

Au-delà des discussions sur la définition d’une grande œuvre, sur la délimitation du ou des différents corpus, ce dossier s’intéresse donc avant tout aux modalités d’action :

- Comment faisons nous dans nos classes pour permettre cette rencontre ?

L’expérience quotidienne montre  en effet qu’il ne suffit ni de montrer les œuvres pour les faire aimer ni de les démonter pour les faire comprendre.

Pour dépasser les élitismes et ouvrir les barrières, des enseignants parlent des cheminements possibles : de l’école primaire au collège et au lycée, des sciences à la musique ou aux lettres, ils nous offrent une multitude d’idées à faire exister au quotidien pour la joie de tous.

Un dossier  tonique , introduit par l’inusable Georges Snyders dont les fortes convictions sur la joie à l’école ne contredisent aucunement les préoccupations de ceux qui s’intéressent à la  pédagogie.

Ce dossier propose donc une entrée  par les contenus, que les détracteurs de la pédagogie espéraient sans doute que nous n’oserions pas…

Ce dossier est complété par un supplément utile et réjouissant sur  « le cirque à l’école » .

 

Pour en savoir plus : www.cahiers-pedagogiques.com

 Pour commander, Cahiers pédagogiques, BP 72402, 44324 Nantes CEDEX3

Prix du numéro :8,38 euros, port compris

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Participez au forum ouvert sur le site de l'O.C.C.E.  !

A l'occasion de la publication, aux éditions La Découverte, du "Manifeste pour un débat public sur l'école", les auteurs, enseignants, parents, universitaires, élus, responsables d'organisations syndicales ou d'associations pédagogiques... ont organisé le 11 mars 2002, à l'Assemblée Nationale, un débat public "Quelle école pour quelle société?"

Les personnes présentes à cette manifestation ont eu la possibilité d'échanger sur la problématique générale de l'école et de son évolution mais il est bien évident que la réflexion ne saurait s'arrêter ici. Partant du postulat que l'école est une affaire trop importante pour être confisquée par l'éducation nationale, nous souhaitons poursuivre, élargir et amplifier "le débat public".

C'est la raison d'être du forum de discussion ouvert à l'adresse : http://www.occe.net/manifeste

Voici les dix questions actuellement proposées :

 

·    Quelle culture commune à l'issue de la scolarité ?

·    Quelle école pour quelle société ?

·    Comment faire de l'école une question publique ?

·    Quelle formation pour les enseignants ?

·    Comment l'école peut-elle être l'école de tous ?

·    Une formation durant toute la vie ? Comment ?

·    Le collège : quelles évolutions ?

·    Les parents à l'école : quelle place ?

·    Les élèves partenaires de leur scolarité ?

·    L'école peut-elle prévenir la violence ?

 

Nous comptons sur la participation du plus grand nombre.

Jean-François VINCENT, Président national de l'O.C.C.E.    

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QUELQUES RAPPELS…

 

R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux personnes et  aux associations adhérant à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,  Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN.

Cette lettre peut être diffusée par voie postale à l'intention des personnes ne pratiquant pas Internet. Merci dans ce cas, de participer aux frais de photocopie et d'envois en adhérant à l'association R.E.V.E.I.L. (cotisation annuelle à partir de 7,62 euros – chèque à l'ordre de REVEIL PERRIER)

 

La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de signaler votre adresse électronique à reveil.perrier@wanadoo.fr

Si vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en informer par mail ou courrier postal.

 

Je vous rappelle l'adresse actuelle de notre site Internet :

http://membres.lycos.fr/assoreveil

 

Ce site sera prochainement transféré sur celui de la fédération "ENSEMBLE, CHANGEONS L'ÉCOLE" en voie de réalisation. Sa nouvelle adresse vous sera aussitôt communiquée. Il restera cependant encore consultable durant quelques semaines à son adresse actuelle.

 

Prochaine lettre vers la fin avril 2002.