LA LETTRE DE R

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.  N° 4 - 4         – avril 2004

 

Sommaire

La déscolarisation de l'espace de l'école, comme élément d'autonomisation et de responsabilisation sociale

« Dis moi quel est ton collège, je te dirai quelle société tu prépares »

Le lycée expérimental de St Nazaire recherche 5 professeurs…

La parole au terrain.

Avant-programme Université d’été de PRISME : 7, 8 et 9 juillet 2004 à La Ferté sous Jouarre

« Conseil et/ou évaluation »

La revue de Psychologie de la Motivation (rappel)

La Lettre d’Éducation & Devenir

Quelques rappels…

***

Voici une première réponse à notre appel à témoignages montrant en quoi des transformations même modestes dans l’organisation d’une classe, d’une école, d’une entreprise… (appel lancé dans la lettre 3bis-4) ont entraîné des transformations positives chez les personnes (élèves, maîtres, parents, employés…) qui, à leur tour ont entraîné de nouvelles transformations dans l’organisation du groupe … A suivre !

La déscolarisation de l'espace de l'école, comme élément d'autonomisation et de responsabilisation sociale

Il n'est pas rare, à l'école, de rencontrer des collègues porteurs d'un discours pédagogique novateur qui se trouvent en butte avec une équipe, des parents ou même une partie de leur public.

Il n'est pas rare non plus de remarquer que d'autres enseignants qui affichent de toutes autres opinions adoptent des modes de fonctionnement qui, de fait, créent du changement dans les relations et les rapports éducatifs adultes/enfants alors qu'ils ne seraient d'accord entre eux sur aucune théorie.

C'est que la recherche de l'école et de l'équipe idéale égare et fait perdre un temps infini tant qu'on n'a pas compris qu'un changement réel, même minime est certainement plus productif que les batailles d'idées et de méthodes, du moins quand celles ci se cantonnent dans les salles des maîtres.

J'ai pu expérimenter au fil des années, comment des actes posés, sans revendication idéologique particulière étaient mieux à même d'être admis, voire d'être adoptés ou intégrés par des collègues qu'on aurait pu croire très éloignés des nouvelles pédagogies dans un premier temps.

Il y a en effet des petits changements, que l'on peut réaliser dans les écoles telles qu'elles sont et en dehors de sa classe, qui ne nécessitent ni l'adhésion de chacun (la réforme des mentalités), ni la transformation des structures institutionnelles (le « grand soir »).

Il en est ainsi de toutes les actions qui tendent à déscolariser l'espace de l'école. Dans ce domaine figurent tous les changements dans la manière de présenter, interdire ou autoriser les espaces en dehors de la classe, que ce soit à destination des enfants, des parents ou des collègues.

Ces changements ne sont jamais neutres et on rencontre souvent encore, peut être de plus en plus dans le contexte sécuritaire que nous vivons, des oppositions farouches de certains collègues. Il en est ainsi quand un enseignant décrète à lui seul « la fin du rang », et qu'il autorise ses élèves à monter ou sortir seuls de classe. Il y a même des écoles où ce genre de décision remet en cause tout le système de croyance de certains, enseignants ou directeurs qui sont persuadés que ce type de libération va entraîner automatiquement de la violence ou des accidents.

Bien entendu, il n'en est rien, du moins si l'enseignant donne vie à cette nouvelle liberté et prend le parti de restituer le temps libéré pour lui, dans l'attention portée à ses élèves ; de sorte que ce genre de libération des élèves du rang est une bataille en général assez facile à gagner dans une école ; l'enjeu pourrait ne pas paraître assez pédagogique ; il est pourtant essentiel ; le regard porté sur l'enfant en est profondément bouleversé : c'est de lui même qu'il vient travailler et, du coup, la distance s'amenuise avec le moment où il viendra travailler pour lui. L' école sort de son folklore, elle « déritualise » son entrée, elle devient lieu de travail, c'est ce que je nomme « déscolarisation ».

Bien entendu, cette transformation modeste de l'attitude enseignante va pouvoir évoluer ; le gain de temps, d'énergie disciplinaire perdue ne tarde pas à convaincre les collègues que d'autres choses tenues pour immuables peuvent être changées et répondent à la fois à la demande des enfants et à l'amélioration du climat de la classe : l'obligation de sortir en récréation, alors que certains enfants préfèrent travailler pour leur compte ou pour la classe est une étape essentielle.

En ne sortant pas en récréation, c'est l'espace même de la classe qui se déscolarise un petit peu ; les enfants qui demandent à travailler pour eux, pour le collectif, parfois même pour le maître démontrent une vérité qui choque toujours et dont Freinet a fait un invariant (le plus important selon moi), à savoir que ce n'est pas le jeu mais le travail qui est naturel à l'enfant !

A partir d'une toute petite réforme,  l'enseignant peut expérimenter en laissant ses élèves demeurer dans la classe que de nombreuses certitudes véhiculées par l'école ont la tête vide : les enfants travaillent vraiment s'ils comprennent leur travail et lui donnent du sens ; l'enseignant lui même ne voit plus la récréation de la même façon : si les enfants ne sont pas des fauves qu'il faut tenir le temps d'un cours, la récré ne peut plus être pour l'enseignant la pause dont il a tellement besoin ! Il découvre que cette récréation est inutile pour lui même et qu'il peut s'en servir lui aussi pour dialoguer, aider, écrire, discuter. avec ses élèves s'il le souhaite. En changeant les récréations, on peut ainsi insidieusement et sans le proclamer changer la vision par les  enseignants et les enfants de ce qui entoure les récréations, les cours eux mêmes. Ils ne sont plus des  exercices de force qui nécessitent des pauses ; ils peuvent être un temps de travail individuel et collectif absolument accepté et sans souffrance par les élèves ; le dolorisme scolaire en est ébranlé.

Bref l'enseignant qui en est à ce stade de la déscolarisation de l'espace et du temps scolaire, sans avoir touché à ses méthodes, est déjà sur la « mauvaise pente » ; il risque fort de prendre goût à ce que la situation scolaire lui masquait : le plaisir de travailler non pour mais avec des enfants comme on travaillerait au milieu de collègues.

Cette déscolarisation de l'espace pourrait paraître bien limitée, dans ses effets, mais également dans ses possibilités d'évolution ; car, enfin, après avoir « banalisé » les récrés, les montées et les descentes, on ne pourra plus changer grand chose sur ce mode…Justement si ! le champ est immense, et il nécessite certainement du temps pour convaincre, car il y a là certaines responsabilités à prendre collectivement entre adultes et aussi avec les enfants ; mais, de la même façon, le travail en école ouverte peut se développer tout doucement ; on ne ferme plus les grilles car on se rend compte qu'elles sont plus dangereuses fermées qu'ouvertes ; on permet aux parents qui ont du temps de remonter la BCD, de venir voir comment ça se passe à la cantine, de venir donner des coups de mains pour l'informatique, etc.

Le temps même de la cantine pourra être questionné ; petit à petit, dans cette école « qui devient industrieuse», les projets des enfants comme des adultes foisonnent ; on court après le temps et on finit par trouver pratique de permettre aux enfants qui restent à la cantine de remonter en classe sitôt terminé leur repas ; les autres enseignants ont tendance à rester aussi dans leurs classes pendant ce temps de déjeuner et à faire de même ; l'école est ainsi pleine d'adultes et d'enfants qui poursuivent leurs projets de travail.

Que peut on dire de l'effet de ces petits changements ? Il ne s'agit certainement pas de la solution de l'échec scolaire, mais il s'agit indéniablement de transformations significatives des représentations des uns et des autres, d'évolution du statut de l'enfant, ne serait ce que dans le regard porté sur lui ou dans le fait qu'il peut se découvrir acteur de sa propre éducation.

Ce type de transformation s'opère dans l'espace « interpersonnel » dans le sens où il n'est le fait ni d'un individu isolé, ni d'une collectivité organisée ; ces changements s'opèrent par influence directe et progressive des individus entre eux.

Laurent OTT, enseignant et éducateur à Longjumeau (91)           
***

« Dis moi quel est ton collège, je te dirai quelle société tu prépares »

Jacques Hagopian, qui fut, naguère, l’un des cofondateurs de la fédération « Ensemble, Changeons l’Ecole », dirige et surtout anime depuis 3 ans le Collège Marcel Pagnol à PIERRE BENITE, dans la banlieue de Lyon. Cet établissement, classé « site de prévention violence », présente toutes les caractéristiques d’un établissement classé en REP ( réseau d’éducation prioritaire ). La violence y est pourtant contenue, canalisée, par la variété des activités proposées et surtout par le souci de maintenir toujours présente l'idée que chaque élève a toujours quelque chose à gagner en respectant les règles de la collectivité.

Ce collège travaille en partenariat avec H2VJ, ( service communal de la jeunesse ), la Maison du Peuple, la Maison des Roches ( centre social ), la MJC et les écoles primaires du secteur de recrutement. La liaison avec ces écoles est assurée à travers une réunion de travail entre les maîtres de CM2 et les professeurs en début d’année, une rencontre en fin d’année pour la constitution des classes, l’accueil des CM2 et de leurs familles lors d’une après-midi banalisée en novembre, , mais aussi par des travaux communs menés en cours d’année avec la documentaliste et la médiathèque, une sensibilisation à l’Allemand et à l’Italien par les professeurs du Collège…

Le Collège s’ouvre sur diverses activités culturelles. Ainsi par exemple,

Danse : un spectacle donné par les enfants de 6e E en partenariat avec la compagnie Hallet-Héghayan .

Cinéma : dans la cadre de l’opération « collège au cinéma », les élèves vont au cinéma avec leurs professeurs ; ces séances sont l’occasion de mener des études critiques de films,

Théâtre : une préparation au spectacle avec la troupe locale « le voyageur debout » ; un travail avec le théâtre des Ateliers.

Des visites d’expositions : musée gallo-romain, musée de la résistance, exposition Atofina[1]… en prolongation de recherches commencées en classe ou en Itinéraires de découvertes (IDD).

Notons encore un voyage en Angleterre, un travail à la médiathèque avec les primo-arrivants, des animations organisées au CDI (« lire en fête », en octobre, la semaine des droits de l’enfant en novembre, « si on s’la jouait fraternel », opération contre le racisme, animations autour de la presse, de la venue d’un écrivain…

Ce collège diffuse périodiquement un bulletin de liaison pour « faire part aux parents des informations qui concernent leurs enfants, mais aussi, de façon générale tout le collège ». Dans le bulletin paru récemment, les informations sont présentées selon les quatre axes du projet de l’établissement : développer la capacité

-          à apprendre seul, avec d’autres

-          à prendre en charge son capital santé

-          à construire son projet personnel de la 6e à la 3e

-          à vivre ensemble

Des itinéraires de découverte ont été organisés pour les classes de 5e et 4e avec pour objectif de « développer la capacité à travailler seul ou en équipe, d’acquérir des méthodes de recherche documentaire, d’aborder la complexité, l’incertitude, la globalité des savoirs. ». Outre l’influence non négligeable  de ce type de travaux sur le climat de l’établissement, ces IDD ont entraîné une progression de l’autonomie des élèves, l’acquisition de techniques de présentation qui a été constatée lors de l’exploitation des stages en entreprises des 4e

4 thèmes ont été traités sur deux années par les élèves du cycle central (5e – 4e ) :

-          en 5e : nature et découverte : A comme alligator, âne, aigle, D comme dauphin, C comme cheval, etc. Les déserts subtropicaux, les déserts froids (vie des gens, des animaux…). Les déterminants de la performance en saut en hauteur, en longueur (avec utilisation de la vidéo et de l’informatique).

-          Arts et humanités : musiques religieuses, les bruits, le Maghreb

-          En 4e : langues et civilisation : Lugdunum (les batailles qui ont marqué son histoire, la vie quotidienne, les monuments, bâtiments, sculptures, objets romains, les divertissements, la religion…)

-          La naissance de la terre, l’apparition de la vie, les drôles de bêtes du Cambrien, la terre des dinosaures, leur disparition, les hommes préhistoriques

-          Création et techniques : historique du groupe ATOFINA, la sécurité (PPI), le traitement de l’eau, le kinar (PVDF), les métiers de la chimie… La lumière (ombres, luminosité, lumière astrale, fluorescence, ultra-violets, photons…)

Ces IDD se sont déroulés sur deux périodes de l’année scolaire 2003/2004. (6 octobre – 8 janvier et 23 février – 21 mai)

L’axe « prendre en charge son capital santé » a donné lieu à des travaux en classe (l’équilibre alimentaire en 6e, la reproduction en 4e, la génétique, les greffes, le sida en 3e), à des recherches en IDD ; il a conduit à l’aménagement d’un espace ressources-santé destiné à proposer des informations, des animations à partir des besoins des élèves. Cinq séances animées par des personnels de l’établissement, des partenaires extérieurs et des parents formés à cet effet ont été consacrées à la prévention des conduites à risques (le corps humain, les drogues, l’influence des amis, de la publicité, les émotions). Le comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC) est chargé de présenter les actions en cours dans le collège et de faire un premier bilan. Un comité d’hygiène et sécurité (CHS) doit arrêter les consignes de confinement à respecter en situation de risques majeurs (L’usine Atrofina présente des risques potentiels évidents).

Un accompagnement individualisé de la 6e à la 3e permet à chaque élève de construire son projet personnel à partir d’une meilleure connaissance de soi (ses acquis, ses goûts…) et une meilleure connaissance de son environnement.

Mieux vivre ensemble : tous les moments sont des moments d’éducation : moments d’apprentissages, de loisirs, de déplacements, de restauration… Cinq moments banalisés dans l’année sont conduits par les professeurs principaux : ils permettent aux délégués de classe de faire part à l’administration du collège et à l’ensemble de la communauté éducative de leurs avis et propositions concernant la vie de leurs classes, le fonctionnement de leur établissement. Ce sont aussi des occasions pour tous les élèves de réfléchir au même moment sur un même thème. Les propositions et les critiques sont traitées dans l’heure qui suit avec l’administration ou mises à l’ordre du jour du conseil d’administration suivant.

Vivre ensemble, c’est aussi faire ensemble, mieux connaître les autres : les élèves de la classe de primo-arrivants ont organisé une exposition sur leurs pays d’origine à travers des objets représentatifs présentés dans le hall du Collège (la maison du monde) ; Le foyer socio-éducatif (FSE) propose diverses activités : astronomie, aïkido, danse, atelier journal (le P’tit Pagnol), jeux de société, club Italien, football et basket, percussion/chorale. Chaque jour, les élèves peuvent travailler en études ; le CDI offre un espace lecture, Internet). L’association sportive UNSS propose de la gymnastique, du tennis de table, de l’escalade, du basket et organise une semaine de Plein Air en Ardèche (24 -28 mai) durant laquelle les participants coucheront sous tentes, prépareront leurs repas, partageront des activités de groupe (escalade, canoë, vtt).

( texte élaboré à partir du Bulletin de liaison du Collège Marcel Pagnol de Pierre Bénite, 2003-2004)

Dans cet établissement, 3 postes sont au mouvement de cette année : mathématiques, espagnol, technologie. Les professeurs qui seraient intéressées peuvent contacter REVEIL qui les mettra en relation avec le Principal, Jacques Hagopian.

 

***

Le lycée expérimental de St Nazaire recherche 5 professeurs…

Cinq postes sont à pourvoir pour la rentrée 2004 au Lycée Expérimental de St Nazaire. C’est un établissement cogéré par les membres de l’équipe éducative (19 personnes) et les élèves (entre 150 et 180 personnes). Le travail dans cet établissement demande intérêt et engagement pour les pédagogies alternatives, l’ouverture des champs d’apprentissage à travers la transdisciplinarité. De plus, chaque membre de l’équipe participe activement à la gestion matérielle de l’établissement, à l’animation et la mise en place des activités institutionnelles et pédagogiques.


 Nous recherchons quatre personnes souhaitant s’investir dans notre type de fonctionnement et enseigner dans au moins l’un des domaines suivants :

l’anglais (y compris la formation bac)
- les sciences physiques (idem)
- l’histoire et la géographie (idem)
- le cinéma et la vidéo

Nous recherchons par ailleurs une personne qui prendra en charge la gestion administrative et comptable de l’établissement.

Les compétences complémentaires sont bienvenues et la diversité d’un parcours professionnel et personnel est pour nous un plus appréciable.

Si vous êtes intéressé-e et si vous êtes personnel de l’Education Nationale (enseignant ou non-enseignant) ou susceptible de l’intégrer, prenez contact avec le Lycée Expérimental de Saint-Nazaire au plus tôt.


Des membres de l’équipe éducative sont chargés de l’organisation de ces recrutements qui s’effectuent par cooptation. Pour tout contact, demander Jean-Michel Bergère, Jean-Paul Closquinet ou Patricia Quinsac.


Lycée Expérimental Etablissement public d’enseignement général

17, bd René Coty  BP 272             44 600 SAINT-NAZAIRE

Tél : 02 40 66 78 52  Fax : 02 40 22 16 11 ce.0442286w@ac-nantes.fr

***

La parole au terrain.

Il est urgent de réactualiser l'école..

En cette période qui a vu l'écroulement d'une droite conservatrice, nous devons réaffirmer notre conception d'une école populaire, coopérative et laïque.

Notre conception ne relève pas d'une démarche abstraite et intentionnelle. Elle doit être traduite dans des comportements et des actes quotidiens autant que dans les textes législatifs.

La citoyenneté, c'est devenu la tarte à la crème au collège et au lycée. Ce qu'on appelle l'éducation à la citoyenneté est souvent devenue « une matière » ou « une discipline » dans les établissements.

On demande à des élèves d'être des potiches dans des instances où ils n’ont aucun véritable pouvoir : conseils de classe, conseil d'administration, foyer .....

Alors, alors....

 

Quels droits le législateur est‑il prêt à apporter dans la réalité ?

-          déplacement autonome des enfants,

-          Auto‑discipline,

-          Responsabilisation,

-          Accès aux instances qui prennent des décisions pour la vie de l'école, les représentativité…

 

Le passage d'une forme d'école à l'autre ne pourra pas être décrété. Il ne pourra être que progressif à partir d'initiatives locales en tenant compte des expériences déjà réalisées.

La situation politique nouvelle issue du scrutin du 28 mars devrait permettre de créer des conditions plus favorables aux initiatives locales. La région est sans doute la mieux placée pour intervenir au niveau des départements et des communes afin de créer les conditions d'une continuité qui seule permettra à l'ensemble du système scolaire d'évoluer dans l'intérêt de tous et de chacun.

Le 8 avril 2004, Pierre YVIN, Compagnon de C.Freinet ,  6, Rue des Tisserands 44600 SAINT NAZAIRE

***

Avant-programme Université d’été de PRISME : 7, 8 et 9 juillet 2004 à La Ferté sous Jouarre

 

Jean ROUCOU, animateur du réseau PRISME, propose de participer à la construction du programme de ces journées sur la base de termes et préoccupations suivants :

-échanger entre acteurs issus d’origines professionnelles, territoriales… différentes pour faire émerger des convergences institutionnelles, professionnelles et surtout sociales

-travailler ouvertement sur les difficultés rencontrées pour mettre en œuvre notamment un projet éducatif « local »,

-favoriser l’élaboration d’une plate-forme de rassemblement de personnes et réseaux partageant des préoccupations et/ou considérations proches dans le champ de l’éducation en une acception large de celle-ci

-formuler ensuite des propositions de travaux et réflexions dont PRISME pourrait assurer la coordination

 

Quelques sujets « communs » que nous pourrions travailler ensemble :

L’Education est globale et ne se résume pas à l’Ecole et son… miroir est bien plus large !

L’éducation est une responsabilité partagée et l’Ecole est un des outils de sa mise en œuvre.

L’éducation et la formation tout au long de la vie constituent les leviers de la transformation sociale, de la réduction des inégalités et donc de l’accès au droit à la promotion collective

Les rapports aux territoires, au temps, aux mobilités constituent les fondements d’un développement local à caractère éducatif au bénéfice des enfants, jeunes et leurs parents.

Les convergences des pratiques professionnelles entre les acteurs sont plus fortes que les divergences ou les représentations véhiculées.

Les agents et dispositifs éducatifs ne peuvent trouver leur utilité collective que par leur immersion dans un projet territorialisé dont les élus sont les porteurs légitimes.

L’Ecole, est certes un espace laïque et de citoyenneté mais l’éducation par et pour la démocratie mériterait d’y être approfondie.

La segmentation de l’action publique renforce les inégalités d’accès au droit à l’éducation et la notion « d’égalités des chances » ne peut constituer une visée de justice et de transformation sociale équitable.

Les équipements et structures ne s’inscrivent pas suffisamment dans une approche culturelle et sociale des savoirs dont l’image devient un vecteur essentiel.

 

Quelques questions et/ou pistes de réponses ?

En quoi, les dispositions prises ou en cours, en régions, relatives à la gratuité des livres nous interrogent-elles par rapport aux inégalités?

Ne faut-il pas appréhender la carte scolaire dans un contexte culturel, cultuel et social différent?

Comment les ateliers santé-ville par exemple appréhendent-ils les problèmes de santé des enfants ? En quoi la démarche permet-elle de réinvestir la dynamique dans l’espace social ? Même question si l’on regarde l’éducation par et pour les enfants du voyage ?

Comment la démarche de veille éducative interroge-t-elle les pratiques professionnelles et sociales des acteurs ?

En quoi, l’économie solidaire et coopérative interroge t-elle différemment les éditeurs/producteurs/utilisateurs de supports pédagogiques ?

Comment et pour quoi, le collège unique peut-il devenir (ou redevenir), l’espace culturel local porteur d’éducation citoyenne, de démocratie participative ?

Est-ce qu’il est envisageable, sur le fond et la forme, que la formation initiale des « éducateurs » comporte une année initiale commune ?

Et pour mettre en œuvre les projets territoriaux d’actions, de développement, de formation, d’insertion…ne faudrait-il pas envisager des maisons de l’éducation, espace démocratique commun ?

 

Si ces sujets vous interrogent PRISME vous propose de les discuter soit en participant directement à nos travaux, en nous faisant part de vos préoccupations, en envoyant une contribution, en proposant un intervenant, en indiquant une initiative sociale en milieux éducatifs éclairante, un ouvrage, etc

Le choix des sujets à traiter se portera sur ceux qui retiendront l’attention du plus grand nombre sachant que les participants seront aussi animateurs[2] !

Le déroulement se présentera sous la forme d’ateliers autour de deux ou trois interventions d’une personnalité reconnue sans oublier quelques séquences culturelles et sociales !

Pour ce faire, PRISME souhaite que vous puissiez nous répondre au plus tard le 1er juin par couriel mailto:prisme.asso@wanadoo.fr

Au plan matériel, une participation forfaitaire modeste sera demandée et des possibilités d’hébergement proposées.

Jean ROUCOU 45 rue de Condé 77260 La Ferté sous Jouarre

tél 01 60 09 23 74 et 06 86 26 21 12

 

***

  « Conseil et/ou évaluation »

Conseiller, évaluer, voilà deux fonctions attribuées aux Inspecteurs.

Deux fonctions souvent entremêlées: "l'inspecteur vient-il pour me conseiller ou pour m'évaluer?".

Deux fonctions souvent mal définies et dont l'ambiguïté soulève bien des questions.

C'est l'éditorial de Mai du site: "Les facteurs humains dans l'enseignement"

http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/
avec:

-Une journée d'un prof en Thaïlande
-"La communication enfants-adultes" par Jacques
Salomé
- un livre: "Rapport au savoir et didactique" sous
la direction de  Sylvette Maury et Michel Caillot….

***

La revue de Psychologie de la Motivation (rappel)

Propose numéro entièrement consacré à l’Ecole en chantier, qui devrait intéresser toutes les personnes qui pensent qu’une profonde transformation de l’Ecole est indispensable. Cette revue (n°36) comporte notamment des textes de Claire Héber Suffrin, Aline Peignault, André Giordan, Bruno Mattéi, Jacques Lecomte, Daniel Favre, Vincent Roussel, etc. et un entretien accordé par André de Peretti à Armen Tarpinian, directeur de la revue.

Elle est disponible au siège de l’association, 83 av. d’Italie, 75013 PARIS (15 € + 3 € de frais d’envoi).

 

***

La Lettre d’Éducation & Devenir

Avril-Mai 2004 Sur http://education.devenir.free.fr

Au sommaire :

Journée « Sénat 2004 » : La formation tout au long de la vie : faux consensus et vrais défis

les indéniables progrès accomplis récemment ne réduisent-ils pas de fait la formation permanente à la formation professionnelle ?

Colloque 2004 Nevers : L’école et le Service Public

Le service public d’éducation et d’enseignement, pour rester au service des publics, a besoin de se renouveler. Dans ce  mouvement est-il condamné à perdre son âme, à s’ouvrir sur la marchandisation des compétences et des structures ou à se dissoudre dans l’Europe ?

Débat sur l’Ecole : faire venir la grande absente

Education & Devenir, la FCPE et la Ligue de l’enseignement interviennent, une fois de plus, dans le débat sur l’avenir de l’école.

« Si l’on veut éviter que [la future loi d’orientation] ne tourne à un règlement de comptes des conservateurs avec les sciences de l’éducation et avec les conséquences fantasmées de mai 1968 ou ne se résume  qu’à un texte sans odeur, ni saveur qui évite de faire des choix, il faut faire venir sur le devant de la scène celle qui apparaît , à ce jour, comme la grande absente : l’évaluation de la mise en oeuvre de la loi d’orientation sur l’éducation de juillet 1989 et de son accompagnement par les pouvoirs publics. »

***

Quelques rappels…

à cotisation (non obligatoire) et autres !!!

Si vous voulez soutenir notre action.

R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux personnes et  aux associations adhérant à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,  Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN. Son Président d’Honneur est le Docteur Guy VERMEIL.

La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 10 €, mais elle est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.

Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion pour 2004) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. à PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont renouvelé leurs encouragements et leur soutien en 2003.

 

La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de signaler votre adresse électronique à assoreveil@wanadoo.fr

Si vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en informer par mail ou courrier postal.

 

***

 

LA BOÏTE A OUTILS.

est toujours ouverte sur le site de R.E.V.E.I.L.

Y figurent pour l'instant quelques fiches de travail individuel pour entraîner les enfants à mesurer des longueurs, quelques fiches pouvant orienter des expérimentations scientifiques et un 'truc' pour aider aux bons réflexes orthographiques. Des fiches de travail en explication de textes proposées par Roger Favry sont en passe d’être versées dans la boîte à outils !

Si vous avez mis au point des outils pédagogiques qui vous ont donné satisfaction dans vos classes, pourquoi ne pas les partager avec d’autres collègues ?

***

Prochaine lettre vers fin mai/début juin 2004.

Entre temps, quelques flash possibles selon l'actualité.

Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos questions, vos suggestions…

Contact : assoreveil@wanadoo.fr

Georges HERVE, adresse postale :  rue du Château 63500 PERRIER



[1] Usine de Pierre Bénite appartenant au groupe Total-Elf-Fina.

[2] Dans une démarche d’auto-co-formation

retour à la page précédente

 

Retour à la page d’accueil