LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L. N° 4/5 - 6 – 2006
Sommaire
Apprentissage
de la lecture (suite)
Avec
la planète des alphas… un bond de 190 ans en arrière!
Après
la lecture, la grammaire… en attendant le calcul !
Les
règles de grammaire : quelles règles et d’où viennent-elles ?
Des
règles de grammaire, pour quoi faire ?
Si
la grammaire était inutile…
Une
école pour éduquer ou pour dresser ? pour éveiller ou pour formater ?
Eduquer
à la non-violence et à la paix
Des
fiches pédagogiques : jeux pour éduquer à la coopération
L'ASSOCIATION
FRANÇAISE JANUSZ KORCZAK
L’association
Etincelle au Salon :
Une
journée d’éducation à l’environnement en Ardèche :
"Histoire,
éducation : pour quelle société demain ?".
Sur
le site de Jacques Nimier, en mai :
Le
dernier livre de Jacques Nimier :
Mai
2006 : le cahier n° 443 du CRAP : La culture scientifique
Nouvelles
de l’association INTERMEDES (Longjumeau) :
***
Ce double numéro de la Lettre de Réveil ne doit pas son existence qu’à l’abondance de la matière : un sérieux accroc de santé suivi d’une longue et difficile convalescence m’ont tenu éloigné de ma table de travail pendant plus de deux mois. J’espère pouvoir revenir à un rythme de travail normal au cours des prochaines semaines. Merci à tous les ami(e)s qui m’ont témoigné leur sympathie et prodigué leurs encouragements. G.H. mai 2006
***
Quand le service public de télévision (FRANCE 2) se prête à une
opération purement commerciale et à une escroquerie intellectuelle : La
planète des alphas pour les petits bêtas?
Les médias ont largement contribué à la manipulation de l'opinion
publique en faveur d'un retour à des méthodes qui auraient fait leurs preuves,
laissant peu de place à la pensée divergente, à l'objectivité de l'information
et à l'analyse historique. On a quasiment réussi à faire oublier que le b-a ba a été mis en cause à la
fin des années 60 en raison de l'insuffisance des performances des élèves au
niveau de la compréhension des textes, que tous les ministères qui se sont
succédé jusqu'en 2002, de droite et de gauche, ont soutenu les efforts de
rénovation pédagogique rendus indispensables par l'évolution de la société, que
le choix du b-a ba est en
fait largement idéologique dans la mesure où il nie la place de l'intelligence
dans l'apprentissage et privilégie les aspects mécaniques, que le b-a ba condamne les enfants qui
n'ont pas chez eux l'environnement de lecteurs, de livres, de dialogues autour
des livres et de l'écrit en général. Personne ne signale non plus que le retour
au b-a ba figure dans le
programme du Front National depuis longtemps…
FRANCE 2 lance une opération sur l'apprentissage de la lecture, à grand
renforts de publicité: "Apprendre à lire en 7 jours", une sorte de télé-réalité pédagogique. C'est le dernier avatar de
l'offensive en faveur du retour du b,a, ba cher à M. de
ROBIEN et il est porté par le service public. Or il s'agit d'une publicité
déguisée pour une entreprise commerciale particulière, avec ses boutiques, son
marketing parfaitement au point, ses produits dérivés, sa stratégie de
communication en direction du grand public:"La planète des alphas". Gageons que la désormais célèbre Mademoiselle
"U", l'un des personnages de la méthode, qui fait "hue" à
son cheval et dont les énormes tresses se dressent pour former un "U"
avec le sommet de son crâne, nécessairement légèrement creux, sera offerte sous
forme de poupée avec les repas d'une grande chaîne de restauration rapide. On
appuiera sur un petit bouton, elle dira "hue" et ses tresses se
dresseront. Ainsi les enfants du peuple sauront que "hue" avec son
"h" et son "e" n'est pas "u" mais que c'est tout
comme, et les familles se précipiteront dans les boutiques de la planète des alphas et sans doute bientôt dans les rayons des supermarchés
pour apprendre à lire elles-mêmes à leurs enfants ébahis. Le libéralisme et la
marchandisation de l'école sont en marche!
Rien n'arrête FRANCE 2, même pas le cahier des charges du service
public. En Belgique, l'opération a été bloquée. En France, elle nécessiterait
une intervention du CSA, encore faudrait-il qu'il soit saisi et que ses membres
disposent d'un minimum d'information objective sur l'apprentissage de la
lecture.
Sur le plan intellectuel, le document publié par FRANCE 2 dans ses
programmes est aussi niais que Mademoiselle U. On annonce qu'il s'agira d'un
"film scientifique", comme s'il suffisait de le dire pour qu'il le
soit. On précise "qu'un huissier s'assurera auprès des enfants cobayes
–sic- que ces derniers ne savent pas lire". Bigre, il faudra au moins un
huissier scientifique pour être sûr qu'il ignorera soigneusement que les
enfants savent des choses, des mots, des lettres, qu'ils ne sont pas des tables
rases, qu'ils ont aussi des représentations de ce qu'est l'apprentissage de la lecture.
Cet huissier spécialiste des apprentissages "s'assurera que les enfants ne
connaissent pas les alphas". Mais est-ce
possible compte tenu du battage médiatique autour de ces personnages? Ne
vaudrait-il pas mieux un policier qu'un huissier? A la fin de l'expérience,
"une équipe de chercheurs indépendants et l'huissier attesteront du taux
de réussite" qui devrait sans aucun doute être voisin de 100% conformément
aux résultats des tests pour les produits de lessive qui lavent plus blanc que
blanc. Mais au fait, les chercheurs ne sont-ils pas indépendants comme les
consensus sont mous? On explique sommairement la méthode: on évoque "le
plaisir de lire" en confondant le rire provoqué par ce qui dresse en
réponse à un cri et le plaisir de comprendre un texte ayant du sens. On affiche
une découverte qui est de nature à bouleverser les neuros
sciences elles-mêmes: "b+a ne fait pas béa mais ba".
On précise que l'objectif est que les élèves sachent "déchiffrer un texte
simple". Il est vrai que s'il ne s'agit que de déchiffrer… Avec une
critique acerbe sur les compétences des enseignants non alphabêtaïsés,
on déclare que "20 000 professionnels ont déjà adopté la méthode en
France", ce qui nous paraît finalement assez peu par rapport au succès
d'autres produits sur le marché de la publicité. Enfin, preuve de sérieux, l'un
des convertis à la planète des alphas, un philosophe,
évidemment compétent dans le domaine des apprentissages, affirme, avec
l'assurance d'un scientifique, que Mademoiselle Hue ferait "baisser de 50
à 70 % le taux d'illettrisme et pourrait déceler la dyslexie à l'âge de 5 ans
au lieu de 8". A l'évidence, cet ami de "hue" n'a jamais mis les
pieds dans une classe!
La "planète des alphas" sera donc
lancée par la fusée du service public. Opération commerciale. Escroquerie
intellectuelle… Reste à espérer que les auteurs de l'autre méthode b-a ba, "Léo et Léa",
et ses supporteurs des GRIP, des SLECC, des institutrices clandestines brimées
par de méchants inspecteurs, des pourfendeurs de fabriques de crétins se
mettent à hurler à la concurrence déloyale. Le ministre, très à l'écoute de ces
groupuscules, pourrait alors…prendre la défense des maîtres insultés par les
marchands, encourager ceux qui se battent au quotidien pour apprendre à
comprendre et faire progresser la démocratie qualitative, remettre les
groupuscules rétrogrades à leur place, leur expliquer que si le TGV ne
fonctionne pas parfaitement, on cherche à l'améliorer plutôt que de remettre
une machine à vapeur sur les rails qui ne peuvent plus les recevoir.. Mais il ne faut pas rêver. M. de ROBIEN serait plutôt
enclin à revendiquer une égalité de traitement pour Léo et Léa, ce couple
hilarant, ou suggérer une autre télé réalité dans la ferme de TF1.
L'école de la République est bien mal traitée dans les médias. Les
pièges à bêtas se multiplient. Il faudra aux démocrates, aux progressistes, aux
pédagogues beaucoup de courage et de détermination pour sauver l'Ecole. Mais il
est grand temps de se mobiliser, de faire preuve de courage politique au sens le
plus noble du terme, car le mal est
presque fait. Le libéralisme et la marchandisation ont commencé à occuper les
lieux. Avec le soutien de FRANCE 2…
Pierre FRACKOWIAK, Inspecteur de l'Education Nationale, le 22/04/2006
***
Bonjour, je
suis le président de l’Association belge pour la lecture (francophone) et
Jacques Fijalkow me tient au courant de votre
combat anti-alphas, dont nous avons à souffrir aussi
des assauts commerciaux.
Mademoiselle
Hue ne vous revient guère, semble-t-il. Mais savez-vous que son idée provient
d’un des premiers abécédaires du 19ème siècle... qui en a connu plus de 500
semblables, remplis de figurines comme celles des alphas.
Je vous suggère un beau slogan (copié sur celui des Monty
Pythons), pas exagéré du tout, preuve à l’appui: “Les alphas,
la méthode qui fait revenir la pédagogie de la lecture 190 ans en arrière...”
Bon combat,
Serge TERWAGNE

Cours de
lecture (1817)
de P.-A. Lemare
***
Pour clore (provisoirement) ce chapitre, citons encore un texte de Dominique Vachelard (AFL-Haute Loire), Apprendre à lire en 7 jours, le scandale ! présenté sur le site Internet de Réveil (http://assoreveil.org/ )
Extrait de la communication faite en
Conseil des Ministres le 12 avril 2006 par Gilles de Robien :
« La formation des enseignants,
qui va être rénovée, prendra en compte la mise en œuvre du socle. Elle tiendra
compte du fait que la maîtrise de la langue française relève de la
responsabilité de chaque enseignant. Les programmes de l’école primaire ont
été révisés afin d’éliminer les méthodes d’apprentissage de la lecture
génératrices d’échec. Le chantier de la rénovation de l’enseignement de la
grammaire sera très prochainement ouvert, avec le retour à des leçons
d’apprentissage des règles. Il en sera de même pour le calcul. »
– Extrait d’une mise au
point faite par Eveline CHARMEUX : voir l’article complet sur http://education.devenir.free.fr/grammaire.htm
« La grammaire,
c’est écrit dans toutes les préfaces des manuels, a pour objectif d’enseigner
comment il faut parler ou écrire, en respectant les règles du français
correct[i]. C’est pourquoi elle se
propose d’enseigner ces règles aux enfants, pour qu’ils les mémorisent
afin de pouvoir les appliquer quand ils utiliseront le français.
Ces règles, d’où
viennent-elles ? En général, on se garde bien de le dire aux élèves — les
enseignants n’en savent, sur ce point, pas beaucoup plus, et monsieur le Ministre
ne se pose même pas la question !!
Une telle approche
pourrait se justifier si la langue était le résultat de règles préétablies ;
si, à l’instar de ce que disent les religions à propos des commandements
moraux, un être supérieur avait dicté les règles du français à un Élu, afin
qu’elles fussent ensuite diffusées et suivies ; il serait alors légitime de les
enseigner.
Mais — et il n’est point
nécessaire d’être un grand linguiste pour le savoir — les choses ne se sont pas
passé du tout comme cela : la langue, que ce soit le français ou n’importe
quelle autre langue parlée dans le monde, s’est construite petit à petit, au
gré des événements historiques, économiques et politiques vécus par ceux qui
l’utilisent, et les règles qui la dirigent sont des règles de fonctionnement,
et non des règles de prescription. Elles sont internes au système
qui la constitue et, même si elles sont soumises à des normes sociales (dont
l’étude doit faire partie de l’enseignement de la grammaire), elles n’ont rien à
voir avec des ordres venus d’en haut ou d’ailleurs .
En fait les choses sont
à l’inverse de l’image habituelle : les règles sont un résultat
du fonctionnement social de la langue et ne sont point leur origine. Leur
enseignement ne peut donc être un préalable à la pratique, mais bien se dégager
de l’observation de cette pratique. Inverser les choses ne peut conduire
qu’à des incohérences, responsables des résultats négatifs fréquemment
constatés.
Reste, de toute manière,
la question du comment : on sait qu’un cours et des explications ne
permettent pas d’apprendre : seules des recherches, des manipulations, des
observations comparées permettent de mettre en mouvement ce que l’on savait ou
croyait savoir, et ainsi de construire de nouveaux savoirs, ce qu’expliquent
fort bien les programmes officiels de 2002. »
Reste à démontrer que la
connaissance « par cœur » des règles de grammaire entraîne ipso facto
le « bien parler », le « bien écrire » ! Ou encore,
comme avait osé l’écrire au début des années 60, dans une circulaire
ministérielle, un certain Lebettre, alors Directeur
des enseignements scolaires, que « le par cœur est sans doute la forme
la plus sûre du savoir »…
Au temps de ma jeunesse, on
racontait qu’un élève qui venait de copier cent fois la règle selon
laquelle : « la conjonction si se construit avec l’indicatif
présent au lieu du futur et l’indicatif imparfait ou plus-que-parfait au lieu
du conditionnel [1]» rentrait chez lui en grommelant « si j’aurais su,
j’aurais pas venu ! »
Plus sérieusement, la règle veut
que « le pronom relatif (ait) le genre, le nombre et la personne de son
antécédent » (1) Tout le monde le sait ! Or, écoutez
un peu l’usage que font nos « élites » des pronoms lequel,
laquelle, lesquels, lesquelles lorsqu’ils parlent à la radio (par
exemple) : près de 9 fois sur 10, la règle n’est pas respectée. Et
pourtant, ils l’ont apprises jadis…
Terminons par un extrait d’un
texte de Célestin Freinet[2] :
« L'enfant apprend
à parler parfaitement, sans connaître aucune règle et sans leçon
systématique. Il suffit qu'il puisse se livrer à d'intéressantes expériences vivantes
dans un milieu éducatif qui lui apporte les modèles indispensables3. Sans règles ni
leçon, par la même méthode naturelle, nos enfants dessinent et peignent
d'une façon étonnante. Parce que nos élèves, par les motivations nouvelles que
nous leur apportons, éprouvent le besoin de s'exprimer par la rédaction, ils parviennent de même à une
perfection qui nous surprend : ils écrivent
des phrases correctes bien avant de connaître
les lois de l'assemblage des verbes et
des sujets ; ils emploient correctement
les diverses formes d'adjectifs bien
avant de connaître seulement la nature,
le sens et la fonction de ces adjectifs.
Tout comme ils sont maîtres de leur langue
bien longtemps avant de penser qu'il
puisse y avoir des lois savantes pour la linguistique. »
Dans
cette brochure, Freinet s’appuie sur son expérience de pédagogue-praticien
et celle de centaines de ses amis de l’Institut coopératif de l’Ecole moderne
(ICEM). Il cite aussi quelques avis extérieurs à l’Ecole, comme ceux-ci :
« Je tiens pour un malheur public qu'il y ait des
grammaires françaises. Apprendre dans un livre, aux
écoliers français, leur langue natale, est quelque chose de monstrueux quand on y pense.
Etudier comme une langue morte la
langue vivante, quel contresens ![3]
Notre langue, c'est notre mère et notre nourrice ; il
faut boire à même ; les grammaires sont des biberons. Et Virgile a
dit que les enfants nourris au biberon sont indignes de la table des
Dieux et du lit des Déesses. » Anatole
FRANCE (Pierre Nozière).
« Il faut avouer loyalement que la connaissance minutieuse
des règles actuelles ou périmées de la grammaire ne confère pas
nécessairement l'art de bien parler ou de bien écrire en français.
Déclarons donc sans réticence, ni timidité, que la
meilleure méthode d'enseignement, c'est la
pratique de la langue courante dans un milieu cultivé3, l'habitude
d'un vocabulaire, d'une syntaxe, d'un langage, simples, clairs, corrects,
faciles et spontanés. Quiconque aura reçu cette
éducation que rien ne remplacera complètement, ignorera peut-être ce que c'est que le passé
antérieur ou l'imparfait du subjonctif, mais se servira de ces formes dangereuses
avec l'heureuse sécurité de l'inconscience. » — FONTAINE
(Pour qu'on sache le
Français, p. 1).
« Je crois être en droit de dire qu'on fait de la grammaire une plus grande affaire qu'il est besoin ». — LOCKE (de « L'Education des Enfants », 1695).
« Substituer à l'habileté dans l'art de coller des
étiquettes, une étude sérieuse du langage
modelé sur la pensée, dût la nomenclature en
souffrir, voilà évidemment le but à atteindre. — FONTAINE (Le
problème grammatical).
Attendons
maintenant le 3e volet de la réforme Robien qui portera sur
l’enseignement du calcul à l’école primaire ! Et, dans cette attente,
dédions-lui ces deux citations :
« Cela avait été pour le recteur une joie
profonde de diriger la croissance de cette belle ambition qu’il avait éveillée
chez le garçon. Que l’on ne vienne point prétendre que les maîtres d’école
n’ont pas de cœur ! Que ce sont des pédants fossilisés et sans âme. Oh
non ! Quand un maître voit jaillir chez un enfant un talent qu’il a
longtemps cherché à stimuler sans obtenir de résultat, quand il voit cet enfant
laisser là son sabre de bois, sa fronde, son arc, ses flèches, ou bien d’autres
jeux puérils et commencer à s’efforcer de bien faire ; quand l’austérité
du travail transforme un robuste joufflu en un garçonnet fin, sérieux, presque
ascétique, que son visage vieillit, se spiritualise, que ses yeux s’approfondissent,
prennent conscience du devoir, que sa main blanchit, s’immobilise, alors l’âme
du maître rit de bonheur et de fierté.
Il est de son devoir et du métier
dont il répond devant l’Etat de dompter chez ce jeune garçon les forces
brutales et de déraciner les appétits de la nature pour implanter en leur lieu
et place des idéaux paisibles, modérés, admis par l’Etat.
Combien d’hommes, aujourd’hui
citoyens satisfaits, fonctionnaires zélés, seraient, sans ces efforts de
l’école, devenus des novateurs sans cesse agités, des rêveurs stériles !
Il y avait en eux quelque chose de primitif, de déréglé, d’inculte qui devait
d’abord être brisé ; une flamme dangereuse, qu’il fallait avant tout
éteindre et piétiner. L’homme, tel que le produit la nature, est un être
déconcertant, indéchiffrable, alarmant. Il est un torrent débouchant de
montagnes inconnues ; il est une forêt vierge, qui doit être éclaircie,
nettoyée, contenue dans certaines limites par la violence ; l’homme
naturel doit être, par l’école, vaincu, maintenu par la force ; c’est la
tâche de l’école d’en faire un membre utile de la société, selon des principes
approuvés par les autorités, et d’éveiller en lui les vertus dont le
développement sera complété et couronné par le dressage méticuleux de la
caserne. »
extraits de l’Ornière, Hermann HESSE -(p. 61/62) - livre de poche - biblio
« Vous
vous mettez au turbin ! Et s’il y a des
candidats irréductibles au suicide, y a pas de souci, on va les traiter,
faites-moi confiance !... Vous avez intérêt à prendre mon chemin et pas le
vôtre. Parce que vous n’avez pas le choix. Si vous avez compris, vous dites
« Oui, mon capitaine ! »
Extrait
du discours d’accueil aux petits nouveaux qui arrivent en 6e à
l’école militaire d’Autun. Tiré de la série télévisée « Ecole(s) en France »
– France 2 – 13, 20 et 27 avril 2006.
***
2, 3 et 4 juin 2006
Paris, Cité des Sciences et de l'Industrie
Un Salon pour échanger des
expériences et des idées, pour rencontrer des personnes qui agissent
quotidiennement pour la paix en France et dans le monde, pour approfondir sa
réflexion et découvrir des outils pour agir.
Des stands où 160 organisations
françaises et internationales feront découvrir leurs initiatives en faveur de
la non-violence et de la paix.
Des Rencontres internationales avec
7 tables rondes et 60 carrefours pour favoriser la réflexion commune d’acteurs
du monde entier impliqués dans la promotion de la culture de non-violence et de
paix. Avec la participation d’Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix.
Un espace Jeunesse, des ateliers
avec des animations ludiques, des spectacles, des expositions et des
projections de films.
Retrouvez le programme détaillé sur http://www.decennie.org/documents/Salon2/fr/accueil.html
Pour les classes maternelles, primaires et collèges :
La coordination nationale pour la Décennie met gratuitement des fiches à la disposition des enseignants, sur : http://www.decennie.org/article.php?sid=519 et http://www.decennie.org/categories.php?op=newindex&catid=28
Attention : usage commercial strictement interdit.
***
L'ASSOCIATION FRANÇAISE JANUSZ KORCZAK sera présente pour la première
fois au Salon international des Initiatives de Paix organisé par la
Coordination française pour la Décennie, du vendredi 2 au dimanche 4 juin 2006,
à la Cité des Sciences et de l'Industrie, Paris 19e.
Ce salon s'inscrit dans le cadre de la
"Décennie internationale de la promotion d'une culture de la non-violence
et de la paix au profit des enfants du monde (2001-2010)" proclamée par
l'ONU en 1998, sous le Haut Patronage de l'UNESCO.
L'AFJK accueillera
sur son stand l'association congolaise CHILDREN'S
VOICE présentée dans notre précédente Lettre. Sa représentante, Christine Musaidizi, notre hôte, sera présente sur le stand pendant
les trois jours ! [le vendredi 2 de 11 h à
16 h seulement]. Ce sera l'une des formes de notre soutien pour lui
permettre de se faire connaître et de rencontrer le public et les acteurs du
salon.
Pour sa part, sa présence en ce lieu
permettra à l'AFJK de faire (mieux) connaître à un
public international fortement impliqué dans le développement durable et
l'éducation à la démocratie et à la paix — mais toujours confronté aux
difficultés habituelles, économiques, morales, politiques et culturelles… — une
des grandes figures de l'humanité qui avait choisi de privilégier l'éducation
et le respect des droits de l'enfant. Pour ses membres, ce sera un grand moment
d'échanges et de rencontres.
Le budget consacré par l'association à
cette action est environ de 400 €. Un effort de communication particulier sera
fait pour proposer au public un maximum de plaquettes, dossiers, livres et
documentation.
— Vendredi 2 juin :
10h-22h ; samedi 3 : 10h-21h ; dimanche 4 :
10h- 16h. — Lieu : Cité des Sciences, Porte de la Villette, Paris
19e. — Billets : 5 € une journée, 10 € les 3 jours ; tarif
spécial : 1 €
***
Notre nouveau
spectacle de théâtre-forum
"C'est pas moi c'est l'autre"
le samedi 3 juin de 14 h à 15h et de 15h à 16h
au centre des congrès de la Villette
dans le cadre du deuxième Salon international des Initiatives de Paix.
Créer un conflit, c'est facile : Le dénouer, c'est plus difficile...
Un lieu, une situation, une histoire qui démarre, des tensions qui
s'installent à la maison, dans la rue, au boulot.... Cela va-t-il
se transformer en déclaration de guerre ou en traité de paix ? A vous de
jouer !
A la manière du théâtre-forum, de courtes scènes de
conflits sont présentées au public qui est ensuite invité à remplacer un
personnage pour dénouer le conflit de façon plus heureuse que dans la scène
originale.
L'animatrice s'appuie sur les interventions des participants pour apporter des
éclairages théoriques sur la gestion constructive des conflits.
Un mélange pétillant d'humour et de réflexion à partager sans modération...
Au plaisir de vous y retrouver,
Association Etincelle – Véronique Guérin
24 avenue des Pins - 34570 Montarnaud - 04.67.55.51.80
assoc.etincelle@9online.fr
- Http://asso.etincelle.free.fr
***
Le réseau R.E.N.E., constitué d¹associations oeuvrant dans l¹éducation à l¹environnement, organise un événement «nature et culture» sur la commune de Labeaume (Ardèche) le dimanche 4 juin .
La spécificité de cet événement est
de s¹appuyer sur la richesse du patrimoine naturel de Labeaume
et sur la qualité des acteurs locaux, impliqués bénévolement dans cette action.
Il s¹agit d¹accueillir le grand public sur le terrain, au Récatadou,
et de proposer toute la journée des sorties commentées à thèmes ou des
ateliers. Toutes ces animations seront assurées par des spécialistes,
professionnels de l¹animation.
Les animations proposeront la
découverte de :
- dolmens et petit patrimoine bâti du plateau de Labeaume (Dolmens et Patrimoine) à 10h00
- l¹étoile Soleil : observation et découverte au télescope (Clair
d¹étoiles & Brin d¹jardin)
- les oiseaux de la rivière et des falaises (CORA) à 9h30
- la faune et la flore de la rivière et ses abords (FRAPNA) à 10h30
- falaises calcaires et leur histoire (Clapas) à 14h00
- de pierre en pierre (Savoirs de Terroirs) à 14h30
- une maison écologique à Labeaume (Polénergie) à 16h00
- plantes sauvages comestibles (Pensées sauvages) à 11h00
Des expositions sur les plantes, les rapaces et la migration seront présentées.
Les sorties ou animations durent chacune environ 2 heures ; en cas d¹affluence
elles se transformeraient en deux sorties de une heure.
Partenaires sur cette manifestation :
- les associations du R.E.N.E. Ardèche : C.O.R.A., F.R.A.P.N.A. 07, Clair
d¹étoiles & Brin d¹jardin, Clapas roche nature et paysages, les Pensées
sauvages, Polénergie et Savoirs de terroirs
- la Mairie de Labeaume et l¹association Dolmens et
Patrimoine de Labeaume
***
Le GFEN publie le numéro
119 de sa revue Dialogue,
"Histoire, éducation : pour quelle société demain ?".
Conçu dans un contexte
vif ce numéro se consacre à l'histoire récente, à l'histoire des mentalités et
des idéologies. Il décrit des pratiques visant à développer le regard critique
dans l'enseignement du fait colonial, à extirper nos esprits de l'imaginaire
colonial puis d'analyser les conséquences de ce passé sur nos politiques
actuelles. Il propose une démarche pour redécouvrir Makarenko et réinterroger
nos filiations pédagogiques. L'histoire de la formation des enseignants, nous
mènera également à réfléchir sur son enjeu social et politique. Dans le
contexte des dernières élections présidentielles, un enseignant nous livre son
analyse sur l'engagement dans l'enseignement de la philosophie. L'historien
Gérard Noiriel répond aux questions de la revue sur
le lien entre l'histoire et la mémoire, tandis que Michel Huber interroge la
place de l'histoire, comme outil de compréhension critique du passé, dans les
commémorations. Vous pourrez lire le témoignage de Rubén
Naranjo qui a travaillé avec les enfants des rues en
Argentine, ainsi qu'une analyse du courant des télévisions
« participatives » qui cherche à opérer un changement social profond.
Ce numéro rappelle l'existence de tout le
capital de concepts et de pratiques du GFEN : outils de formalisation créative
des représentations du passé, des jeux de rôles aux ateliers d'écritures et de confrontation
dynamique, des démarches aux débats de preuve pour aider à se situer comme
acteur de ce monde d'aujourd'hui et construire demain, en utilisant ses racines
comme ressources et non comme refuge.
Prix (port compris) : 8
euros
A commander au siège du
GFEN 14 avenue Spinoza - 94200 IVRY SUR SEINE
***
"Les facteurs humains dans l'enseignement et la
formation d'adultes"
-"De l'idéal à la haine" est l'éditorial de
Mai
-Idéal du professeur, réalité du groupe par Catherine Yelnik
-La haine est proche de l'idéal même en mathématique!
(un témoignage d'élève)
Des livres:
-"Camille a la haine et...Léo adore les maths.
L'imaginaire dans l'enseignement" par Jacques Nimier
-"Face au groupe classe" par Catherine Yelnik
-"L'idéal au travail". par
Marie-Anne Dujarier
-"L'idéal du Moi" par Janine Chasseguet-Smirgel
-"L'amour et la haine" de Mélanie Klein
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/
***
"Camille a la haine
et... Léo adore les maths
L'imaginaire dans l'enseignement"
ALÉAS ÉDITEUR (avril 2006)
Pour plus d'informations, voir:
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/livre_imaginaire_nimier.htm
***
Dossier coordonné par André GIORDAN
Partout en Europe, c’est
le même bilan, les élèves du secondaire se détournent des disciplines scientifiques,
le nombre d’étudiants en sciences « dures » est en chute libre. Pourtant, les
jeunes enfants aiment les sciences et sont enthousiastes. Que se passe-t-il
donc à l’école où, si l’on en croit les enquêtes réalisées en Europe, les
sciences font aujourd’hui partie des matières les moins appréciées ?
Rien d’évident, certes,
dans l’apprentissage du raisonnement scientifique. Beaucoup reste à faire, en
particulier pour la formation des enseignants. Une voie prometteuse est celle
des liens avec les « lieux de sciences » : médiateurs et chercheurs multiplient
les innovations dans les musées, les expos, les semaines ou Nuits de la
Science, les interventions dans les établissements ou le partenariat autour de
projets. On plaide dans ce dossier pour la nécessité de « mettre la science en
culture » dans un monde déconcertant, remettre en route la pensée face à tout
ce qui s’y oppose, vaincre notre peur de la complexité comme citoyens et comme
enseignants, pour que la force des choses ne l’emporte pas sur les choix des
hommes
http://www.cahiers-pedagogiques.com/numero.php3?id_article=2370
***
« Le projet " Cultures Robinson
" se propose de permettre à des parents isolés, vivant dans un quartier
grand ensemble de pouvoir accéder à une activité économique liée à
l'agriculture qui tienne compte des contraintes éducatives sociales et
culturelles à la charge des personnes concernées.
A la
différence d'un projet de type jardins familiaux ou ouvriers, tels qu'il existe
dans de nombreuses communes, il s'agit tout à la fois de concerner des
personnes et des groupes qui n'auraient a priori pas l'autonomie ou le courage
de se lancer seuls dans ce type d'activité et en même temps de viser des
objectifs plus importants de remise au travail, de diffusion d'une alimentation
de qualité, de suivi durable d'un projet contraignant qui nécessite une forte
phase d'apprentissage.
Redonner du
sens à la notion de travail par une activité qui en regorge
Il s'agit d'un
véritable projet économique, éducatif et technique qui suscite facilement une
motivation importante spontanée mais qui nécessite également un accompagnement
important en termes éducatifs et techniques.
Le projet
" Cultures Robinson " propose aux familles qui s'y lanceront de
rejoindre une entreprise collective d'exploitation agricole, à proximité de la
Ville (en attendant de pouvoir faire jouer un " droit à la terre "
dans la Ville) et un accompagnement complet.
Il s'agit en
particulier :
"
D'accompagner, de former les familles intéressées à une culture coopérative et
maraîchère d'une surface de 2 hectares, ce qui implique un travail sur une
année entière avec une diversité des taches et des cultures sur diverses
saisons.
" D'un
projet coopératif, c'est à dire que le travail et les responsabilités seront
partagés. Cela implique une prise en charge globale du groupe en prenant en
compte les problématiques de chaque famille et d'aider le groupe à résoudre ses
difficultés et conflits inhérents à tout projet collectif
Dans cette
perspective, le bénéfice " du travail sera réparti, comme dans tout projet
coopératif, en fonction de règles établies et révisées collectivement, en lien
avec les objectifs de l'Association.
Il paraît
important pour que ce projet reste attractif, que la participation des familles
reste gratuite c'est à dire que le manque d'argent ne soit pas un frein à son
accès et que ne puissent en bénéficier justement les familles les plus démunies
qui en auraient le plus besoin. Pour cela, il sera nécessaire que les frais de
production, d'accompagnement soient pris en charge par la structure et qu'elle
trouve pour cela les fonds nécessaires
En retour, la
structure est fondée de réclamer de chaque participant un investissement stable
et durable qui aura un impact fort sur la vie quotidienne des familles.
Le choix d'une
activité agricole s'impose car il s'agit de valoriser des compétences très
largement issues des familles, migrantes ou non, généralement datant de moins
de 2 générations et par ailleurs marquées par une forte richesse et variation
culturelle. Seule l'activité agricole peut à la fois valoriser les cultures et
les histoires familiales et pourtant au même moment être en mesure de réunir
des personnalités extrêmement différentes.
Ce choix
favorise également une insertion de ces familles dans la tradition agricole de
l'Essonne, toujours vivante. »
Ce texte est extrait du site http://assoc.intermedes.free.fr qui présente en détail les
activités de cette association.
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Prochaine lettre vers la fin juin
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