LA LETTRE DE R

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.  N°5/6      MAI-JUIN 2001

 

Sommaire

·        Université d'été 2001 des réseaux

·        Un appel de Défense des enfants international (DEI – France)

·        Journée d'étude organisée par DEI-France le 17 novembre 2001.

 

 

Un mot d'excuses…

Cette livraison de la Lettre de R.E.V.E.I.L. est double – essentiellement du fait du retard accumulé dans sa rédaction. Sauf imprévu, la prochaine lettre devrait être diffusée aux alentours du 20 juillet prochain.

 

Pour contribuer à donner un contenu au concept de "culture commune".

Dans un article paru le 22 mars dernier dans Libération, le sociologue François Dubet souligne par trois fois l'importance pour l'école de promouvoir une culture commune à tous les élèves durant leur scolarité obligatoire[1], défendant ainsi l'idée d'un collège unique face aux attaques de ceux qui voudraient rétablir des filières pour, disent certains d'entre eux, "sauver l'école".

 

L'idée de F.Dubet semble généreuse et propre à séduire, sinon ceux qui ne voient dans l'École qu'un hyper-marché des savoirs où chacun peut venir acquérir, en fonction des "dons" qui lui sont propres, savoirs, savoir-faire et compétences en vue d'une insertion professionnelle aussi gratifiante que possible, du moins ceux qui, sans négliger cette promotion individuelle, souhaitent que l'École soit aussi le creuset d'une société plus humaine : une "École créatrice d'humanité". Mais est-il sûr que chacun donne le même sens à l'expression "culture commune" ? Deux indices semblent indiquer qu'il peut y avoir d'assez larges divergences : certains ne parlent-ils pas de vaste culture commune, tandis que d'autres laissent entendre qu'il pourrait s'agir simplement d'une culture commune minimale ?

 

Remarquons déjà que, parmi les acceptions du mot culture, on peut distinguer deux grandes catégories de définitions :

celles qui mettent l'accent sur un contenu, un ensemble de savoirs (culture classique, culture générale[2], culture technologique, etc.).

celles qui mettent l'accent sur une forme, une formation de l'esprit, une imprégnation, une façon de voir, de penser, de vivre… (culture chrétienne, culture ouvrière, culture syndicale, etc.)

Dans le premier cas, la culture est directement liée à l'instruction ; dans le second elle est plutôt le produit d'une éducation. Dans la réalité, rares sont ceux qui considèrent la culture exclusivement sous l'un de ces deux aspects, mais chaque courant de pensée privilégie plutôt l'un d'entre eux, sans toujours le préciser, ce qui entraîne des affrontements qui rappellent des dialogues de sourds.

 

Un détour historique permettra de mieux préciser les choses.

 

L'une des missions de l'école primaire républicaine de Jules Ferry était déjà de transmettre une certaine culture, commune à tous les enfants du peuple ; une culture marquée par un certain positivisme comtien et un ensemble de valeurs de probité, d'obéissance, de respect de l'ordre établi, un fervent patriotisme[3]. Il est bon aussi de se souvenir également qu'à la fin du 19ième siècle, la langue française était encore loin d'être pratiquée quotidiennement dans toutes les provinces françaises : l'un des rôles de l'Ecole était d'en renforcer l'usage pour que la République soit appuyée sur un fort sentiment national[4]. Quant aux savoirs enseignés par l'Ecole primaire, ils étaient moins considérés sous leur aspect culturel que comme des outils nécessaires dans la vie professionnelle et sociale. On peut donc considérer que la culture dispensée par l'Ecole primaire relevait plus de l'éducation que de l'instruction[5], de la formation (forme) que du contenu (savoirs). Ce n'est sans doute pas un hasard si, avant la seconde guerre mondiale, la journée de classe commençait en général par la leçon de morale.

 

A la même époque, les Lycées, dignes héritiers des Collèges de Jésuites, s'efforçaient, eux aussi, de transmettre une culture commune aux enfants des classes bourgeoises qui y "faisaient leurs humanités".  Plutôt littéraire, classique en ce sens qu'elle reposait sur une certaine exaltation de la civilisation gréco-romaine (la section noble des Lycées était celle où les élèves apprenaient le latin et le grec[6]) et de l'idéal des "l'honnête homme" des 17ième et 18ième  siècles, cette culture souvent dite "générale" permettait d'assurer une certaine cohésion sociale au sein des classes supérieures de la société prétendant au statut d'élites. Marquée d'un certain encyclopédisme (un "honnête homme", qu'il fût médecin, avocat, professeur, industriel ou banquier devait avoir des notions dans tous les domaines[7]). Sans doute s'agissait-il de former des esprits "fins et distingués", mais l'accent était aussi mis sur l'ampleur des savoirs acquis : un homme cultivé était un homme de vaste culture.

 

Vers le milieu du 20ième siècle, l'évolution de la société avait entraîné ce que d'aucuns considérèrent comme un affadissement de ces idéaux : tandis que la leçon de morale tendait à disparaître à l'école primaire, l'enseignement des sciences prenait peu à peu le pas sur celui des langues anciennes dans les Lycées. Le rôle de transmission de cultures des deux ordres d'enseignement s'estompait derrière celui de la transmission "utile" des connaissances en vue de l'obtention d'un diplôme (le certificat d'études d'une part, le baccalauréat de l'autre[8]).

 

Dès avant la seconde guerre mondiale, d'autres institutions s'étaient attachées à promouvoir d'autres formes de culture : il s'agissait principalement des syndicats, des mouvements de jeunesse et des associations d'éducation populaire. Une véritable culture ouvrière, par exemple, se forgeait ainsi, caractérisée notamment par l'appropriation par des hommes (surtout) d'outils leur permettant d'analyser des situations complexes, de prendre la parole devant des groupes parfois importants, de discuter des informations, d'argumenter des répliques, de conduire des réunions[9]… Cette culture militante était aussi marquée par un sens de la solidarité de classe très poussé. Il faut aussi noter l'importance de mouvements catholiques s'adressant à des adolescents comme la J.O.C., la J.A.C. et la J.E.C. qui, bien que s'adressant à des populations différentes (ouvrière, agricole, étudiante) cherchait à diffuser sinon une culture commune, du moins des "idéaux" communs. On sait d'ailleurs l'influence que certains de ces mouvements ont eu dans le développement du syndicalisme français.

 

Qu'en est-il devenu aujourd'hui ?

 

L'Ecole a été unifiée, au moins en théorie. Les anciens Lycées et les Collèges modernes issus des Ecoles Primaires supérieures ont été amputés de leur premier cycle. L'objectif principal qui leur est assigné est de conduire le plus grand nombre possible des élèves qui entrent en seconde à l'une des nombreuses séries de baccalauréat[10]. L'aspect culturel de leur enseignement ne réside plus guère que dans la diversité des savoirs qui y sont diffusés quelles que soient les séries ; savoirs imposés pour une bonne part ; savoirs dont la plupart des élèves ne voient pas l'intérêt et qu'ils s'empresseront d'oublier l'examen passé. Encore heureux lorsqu'ils auront trouvé suffisamment d'intérêt dans un domaine pour leur permettre de choisir leur orientation professionnelle.

 

Les Collèges uniques qui accueillent la quasi totalité des jeunes adolescents (hormis ceux qui restent intégrés dans certains Lycées) dérivent directement du premier cycle des anciens établissements secondaires. Ils n'ont fait l'objet d'aucune réelle refonte en vue de les adapter à leurs nouvelles fonctions d'Ecole moyenne "pour tous". D'aucune réflexion non plus pour redéfinir des objectifs adaptés à la fois aux adolescents accueillis, à leur diversité, à leurs besoins actuels et futurs. Le Collège n'est qu'un lieu de transit vers une des filières lycéennes… ou vers la rue. L'enseignement y est standardisé en fonction des exigences des filières d'enseignement général des Lycées, formant une sorte de parcours d'obstacles qui élimine certains enfants dès le départ et de nombreux autres en cours de route. On cherche vainement trace d'une culture, sauf à réduire celle-ci à une somme de connaissances diverses, aussi périssables au moins que celles inculquées dans les Lycées.

 

Quant aux écoles primaires, réduites à 5 années, ce qui leur est d'abord demandé c'est d'inculquer les "connaissances de base" minimales (le lire-écrire-compter) nécessaires pour suivre l'enseignement du Collège.

 

L'action des mouvements d'éducation populaire est de plus en plus difficile dans la société de consommation contemporaine. La plupart d'entre eux tentent de survivre essentiellement en proposant des services. Le syndicalisme lui-même est en perte de vitesse : le taux de syndicalisation ne cesse de diminuer, ce qui n'est pas étranger à l'aggravation des divisions syndicales, à l'exacerbation des rivalités et aux surenchères parfois suicidaires. La seule culture commune contemporaine est celle qui est martelée par la publicité directe ou déguisée dans ses supports médiatiques au premier rang desquels, la télévision : culte de la réussite individuelle, apologie de la consommation présentée comme la source du bonheur, marchandisation des rapports humains, sacralisation de l'argent… Les "valeurs actuelles" ainsi véhiculées sont celles qui se négocient dans les Bourses du monde entier.

 

On trouve pourtant, à l'initiative de certains Instituteurs, plus souvent en milieu rural que dans les grosses écoles primaires de la ville[11], des classes où s'élabore une véritable culture humaniste fondée notamment sur la coopération. Les enfants y apprennent la démocratie par la pratique quotidienne et les conseils périodiques qu'ils y tiennent. L'entraide, les échanges réciproques de savoirs, l'élaboration et la conduite de projets à mener en équipes visent tout autant à les motiver dans leurs apprentissages qu'à les aider à construire et assimiler leurs savoirs, à s'approprier les savoir-faire.

 

L'organisation complexe et rigide des Collèges, le saucissonnage des savoirs, constituent des obstacles souvent infranchissables pour que des pratiques pédagogiques analogues puissent s'y développer. Parfois, quelques professeurs arrivent à travailler en équipe sur des projets interdisciplinaires. Les initiatives visant à résoudre les conflits par la médiation – la parole qui évite la violence – peuvent aussi être considérées comme participant à l'élaboration d'une culture commune. Mais  ces initiatives sont forcément limitées par le contexte global de l'établissement ; encore heureux lorsqu'elles ne se heurtent pas à l'incompréhension et à l'hostilité des autres professeurs ou même des parents. C'est ce qui conduit certains enseignants à tenter de se regrouper pour ouvrir et faire fonctionner, avec des parents informés et souvent enthousiastes, des "établissements pionniers". Les projets ont été nombreux au cours des 40 dernières années : bien peu ont vu le jour. Actuellement, et notamment depuis que Marie-Danielle PIERRELEE a publié le Manifeste pour une Ecole créatrice d'humanité (février 2000), une nouvelle vague de projets, essentiellement des Collèges pionniers, est née. Il n'est pas impossible qu'un petit nombre d'entre eux puisse ouvrir à la rentrée de septembre 2001, premiers pas vers une transformation profonde du système scolaire s'ils contribuent à initier la réflexion et le large débat citoyens autour des finalités de l'Ecole d'aujourd'hui.

 

Ces Collèges qui veulent ouvrir concrètement des voies nouvelles pour que s'élabore une véritable Ecole moyenne assurant à la fois la promotion de chaque individu et la promotion collective de tous, devraient évoluer à partir de projets initiaux souvent centrés – ne serait-ce que pour répondre à l'attente des familles – sur les moyens à mettre en œuvre pour "améliorer le rendement scolaire"[12].  Ce sera l'un des objectifs qui leur incomberont, que donner un contenu au concept de culture commune qui, selon François Dubet justifie la coéducation de tous les jeunes au moins durant la période de scolarité obligatoire.

 

Les principes qui ont guidé les Instituteurs cités ci-dessus permettent déjà d'esquisser les grandes lignes de ce que pourrait être cette culture commune : plutôt qu'une somme de connaissances, une attitude dans la vie, l'élaboration patiente et continuelle d'une démocratie vivante ; et d'abord peut-être la prise de conscience de l'interdépendance fondamentale qui unit tous les êtres humains, solidarité de fait qui, voulue, devient fraternité. Affirmer ses droits en tant qu'homme et en déduire sa responsabilité, ses devoirs comme citoyen. Créer de l'humanité en vivant la coopération, l'entraide au quotidien. Apprendre chaque jour à travailler, à échanger avec ceux qui sont différents de soi-même dans des projets élaborés en commun. Désirer acquérir des pouvoirs non pour dominer les autres mais pour faire progresser le bien être de tous. Apprendre ensemble à décrypter la complexité d'un monde qui s'est à la fois singulièrement étendu et rétréci ; apprendre à passer de l'analyse d'une situation à la prise en compte des interactions complexes entre ses éléments[13]. Apprendre à s'exprimer mais aussi à écouter : partager un langage qui unit et non s'isoler dans des jargons qui séparent.

 

L'Ecole, dans sa phase obligatoire, a un rôle essentiel à jouer dans l'avenir de la société tout entière. C'est ainsi qu'il importe d'entendre l'expression "une école créatrice d'humanité". Mais cette action doit être prolongée en dehors et au-delà de cette éducation première, par une éducation permanente qu'il ne faut pas réduire à la formation professionnelle ou para-professionnelle continuée comme on a trop tendance à l'entendre aujourd'hui.  La culture commune élaborée au quotidien dans les classes  des écoles et des collèges doit préparer à cette éducation permanente : permettre à chacun de développer aussi loin que possible les potentialités qui lui sont propres, mais aussi élargir ses goûts et ses intérêts ; faire en sorte qu'une orientation prise à un moment de la vie ne soit jamais irréversible. Déjà le Plan Langevin Wallon voulait faire de chaque établissement scolaire un foyer de culture ouverte et vivante, élargi aux associations culturelles[14], aux musées… un lieu de rencontre et d'échanges ouvert à tous. L'insertion de l'Ecole dans un authentique mouvement d'éducation permanente[15] sera le plus sûr moyen d'éviter les dérives mercantiles qui tentent de réduire l'éducation à un ensemble de services financièrement rentables.

                                                                                              G.H.    Juin 2001.

 

Cultures diverses, culture ouverte, culture métissée : une expérience à faire connaître.

Le concept d'une culture commune n'est nullement antinomique de celui de cultures particulières, bien au contraire. L'un des traits marquants de la première est le respect de la diversité et même la valorisation des différences[16]. J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer la riche expérience de métissage culturel menée depuis 1989 par Josette BAÏZ, danseuse et chorégraphe à Aix-en-Provence :

"Éduquer la sensibilité, et, dans le même mouvement, favoriser une intégration culturelle qui ne nie pas les cultures d'origine mais les magnifie en une culture métissée ; une culture riche et originale qui relie les êtres…"

Quelques pages du site Internet de R.E.V.E.I.L., (http://www.multimania.com/assoreveil ) sont consacrées à présenter cette démarche originale qui, d'une certaine manière, rejoint celle qu'avait menée Claire Héber Suffrin dans sa classe d'un quartier HLM d'Orly telle qu'elle la relate dans son livre "l'École éclatée" (1994 éd. Desclee de Brouwer).

 

La fédération "ENSEMBLE CHANGEONS L'ÉCOLE" est officiellement créée.

Les statuts de la fédération "Ensemble, Changeons l'École" ont été déposés à la Préfecture de la Seine Saint Denis. Le bureau exécutif restreint est composé de :

Elisabeth BOURGAIN, coordonnatrice de l'Auto-École, Déléguée Générale,

Corinne NEDELEC, formatrice d'adultes, Secrétaire fédérale,

Marie-José BOCQUET, professeur, Trésorière fédérale.

Ce Bureau est chargé d'administrer la fédération jusqu'à la tenue du premier Congrès fédéral.

La fédération dispose d'un site Internet (en voie de constitution) à l'adresse suivante : http://www.changeonslecole.org et d'une adresse électronique : federation.ece@changeonslecole.org

 

Quelques "établissements innovants" (primaire, collèges…) ouvriront en septembre 2001.

Le "Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire" a publié un premier bilan de son action, le 15 juin dernier. Ce communiqué est présenté à l'adresse du site du Ministère de l'éducation nationale :
http://www.education.gouv.fr/discours/2001/innovation/proj2000.htm

Il manque un peu de clarté : il semble pourtant bien que nos amis du Cantal pourront ouvrir le premier collège pionnier rural à St Martin Valmeroux dès la prochaine rentrée. De même, Marie-Danielle Pierrelée ouvrira un collège pionnier au Mans. Le projet d'un Collège-Lycée à Montreuil élaboré par DECLIC 93 est annoncé pour la rentrée 2002 alors que dans la fiche descriptive la mise en œuvre (?) est prévue est la rentrée 2001 ! Il en est de même pour le Collège-Lycée de Miramont de Guyenne !

 

Appel à contribution pour un colloque (Bordeaux-Paris)

Comme déjà annoncé, la Fondation pour le Progrès en Education organise un colloque sur "l'indiscipline ambiante à l'école" les 3 (à Bordeaux) et 19 (à Paris) octobre prochains. Le thème général sera "quelques remèdes à l'indiscipline ambiante à l'Ecole". Il y sera question de "la détente corporelle", de "l'acte ou la parole" et d' "éducation à la paix". 

"Le rôle que la Fondation s'est donné est de confronter et populariser des idées et des expériences susceptibles de concourir à un progrès dans le domaine éducatif. C'est pourquoi l'on souhaite que l'accent soit mis sur ce qui est positif. Le colloque présentera des procédés dont la visée globale est l'apaisement."

Sylvaine MARANDON, qui préside la Fondation et organise le colloque aimerait quelques contributions s'ajoutant à celles qu'elle a déjà reçues. Elle souhaite tout particulièrement des relations d'expériences vécues. Si vous pensez pouvoir apporter votre propre témoignage sur un "remède" précis, le mieux sera de la contacter directement à son adresse bordelaise : Madame S. Marandon, 49 rue Dubourdieu, 33800 BORDEAUX. Précisez si vous souhaitez intervenir à Bordeaux ou à Paris.

Les intervenants disposeront de ¾ d'heure (questions/réponses comprises). Ils seront défrayés de leur voyage et de leur hébergement. Un résumé de l'intervention (2 pages A4 maxi) est souhaité pour être reproduit dans les Actes du Colloque. Un texte plus détaillé pourra être publié par la suite dans le Bulletin de la Fondation.

 

Un livre collectif sous la direction de Claire Heber-Suffrin

PARTAGER LES SAVOIRS – Construire le lien – édition Chronique sociale (Lyon)

Auteurs : MRERS sous la direction de Claire Héber-Suffrin

Préface de Michel Serres – postface de Michel Rocard.

352 pages, 72 interventions, 80 auteurs. Prix : 140 F

"Dans cet ouvrage collectif, des acteurs des réseaux d'échanges réciproques de savoirs, des enseignants, des travailleurs sociaux, des chercheurs, des hommes politiques font part de leurs expériences, de leurs réflexions et recherches. Oui, c'est possible de partager les savoirs. Oui, c'est possible de fonder le lien social sur la réciprocité, la dignité de chacun, l'attention à autrui et la reconnaissance mutuelle. Oui, c'est possible de créer des réseaux ouverts, hétérogènes, égalitaires. Voici présentée ici une philosophie de l'action, une dynamique d'émancipation, une pratique renouvelée de l'éducation et de la formation. Cet ouvrage est un outil de réflexion et d'action pour créer et dynamiser des échanges réciproques de savoirs en réseaux ouverts."

Ce livre s'articule sur 5 parties :

des lectures transversales

partager des savoirs à l'école (primaire et secondaire)

partager des savoirs en formation

partager des savoirs et faire société :

des expériences

les réseaux de savoirs, acteurs de citoyenneté

changer les métiers du social

organiser le partage des savoirs

 

Université d'été 2001 des réseaux :

Du 6 juillet à 10 heures au 12 juillet à 14 heures,

Au Centre national pédagogique des Maisons Familiales Rurales, 23 route de Blois – 45380 CHAINGY

Thème : comment l'éducation populaire peut enrichir les dynamiques d'enseignement à l'école ?

Comment les dynamiques d'enseignement peuvent enrichir l'éducation populaire ?

En quoi les RERS s'inscrivent dans l'éducation populaire, l'enrichissent, s'en enrichissent ?

En quoi les systèmes et démarches scolaires enrichissent les RERS et s'en enrichissent ?

Ce thème sera travaillé selon 5 dimensions :

Histoire de l'éducation populaire, des réseaux, des personnes…

Responsabilité et responsabilités : individuelles, collectives…

Métier et métiers : les différents métiers dans un réseau – le métier du réseau…

Les savoirs : quels savoirs ? les savoirs savants qui séparent ou relient ?

La réciprocité : don, parité, dynamique…

Pour tous renseignements (programme détaillé, fiche d'inscription, frais de participation…) s'adresser à MRERS – BP 56 91002 EVRY CEDEX  - tél. 01 60 79 10 11, fax 01 60 79 15 41 – Mrers@wanadoo.fr

 

Un appel de Défense des enfants international (DEI – France)

DELINQUANCE JUVENILE : des dérapages sénatoriaux artificiels et dangereux.

DEI-France appelle solennellement l'attention des Français… sur les dispositions adoptées le 16 mai par la Commission des lois du Sénat, soumises au vote de la Haute assemblée le 22 mai. Il ne s'agit pas moins, pour les mesures les plus spectaculaires que :

de faciliter la retenue des enfants de 10 à 13 ans dans les locaux de polices ;

d'abaisser à 10 ans (au lieu de 13) l'âge auquel un enfant pourra être condamné à une peine ;

de permettre désormais de prononcer à l'égard des enfants de 10 ans des peines d'intérêt général ;

de se donner les moyens d'incarcérer pour 15 jours à la suite d'un incident à contrôle judiciaire, les enfants de 13 à 16 ans pour de simples délits ;

de revenir à la possibilité de placer des enfants de moins de 16 ans en détention provisoire – supprimée en 1987 – pour une durée de 15 jours renouvelable une fois ;

de permettre de citer devant le tribunal pour enfant – rebaptisé tribunal pour mineurs – dans un délai de 10 jours les jeunes déjà connus avec pour souci d'obtenir leur condamnation à une peine de prison ferme ;

de retirer les allocations familiales à la famille comprenant un jeune délinquant (et de sanctionner ainsi tous les enfants de la famille).

Le texte complet de l'appel de DEI-France peut être envoyé par mail sur simple demande adressée à REVEIL ou trouvé sur le site Internet de l'association DEI-France.

Rappelons que DEI-France est une ONG à statut n°1 devant l'UNICEF. Son président est Jean-Pierre ROSENCZVEIG, magistrat. Bernard DEFRANCE est vice-président.

 

Journée d'étude organisée par DEI-France le 17 novembre 2001.

La section Française de DEI (Défense des Enfants International) organise le 17 novembre 2001 une journée d'études sur la question de l'Ecole à l'horizon des trente prochaines années, au regard des exigences de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant. Nous souhaitons rassembler les contributions du plus grand nombre possible d'acteurs concernés, directement ou indirectement, par les trois questions de l'échec scolaire, de l'avenir des services publics d'éducation et des nouvelles formes de citoyennetés rendues nécessaires par les enjeux de civilisation qui attendent les générations futures. Nous serions particulièrement intéressés à pouvoir compter sur votre contribution écrite à cette réflexion : tous renseignements complémentaires sur le site Internet http://www.globenet.org/enfant

 

Exit la rencontre de Perrier…

Compte tenu du nombre infime de réponses reçues à la suite de la proposition d'organiser une rencontre de 3 ou 4 jours à Perrier (Auvergne) au début de juillet 2001, cette idée a été abandonnée, comme vous devez l'avoir compris pour n'avoir pas reçu d'autres informations depuis à ce sujet.

Peut-être n'est-ce que partie remise ? si vous le souhaitez…

 

Si vous voulez soutenir notre action.

R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux personnes et  aux associations adhérant à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI,Pierre-Gilles de GENNES,  Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN.

La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 50 F, mais elle est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.

Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion pour 2001) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. à PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont déjà renouvelé leurs encouragement et leur soutien.

 

La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association.

 

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Je vous rappelle l'adresse de notre site Internet :

http://multimania.com/assoreveil

Si vous avez la version électronique de cette lettre, cette adresse vous est présentée en couleur et soulignée : il vous suffit de cliquer dessus lorsque le pointeur de votre souris est une main pour entrer sur le site.

 

 

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Dernières nouvelles du site Internet de R.E.V.E.I.L.

Pris par le temps, un surcroît d'occupations, de gros problèmes avec une administration à propos de notre Centre culturel local (j'ai mesuré hier ce qu'était la lutte du pot de terre contre le pot de fer…) et bien d'autres soucis, je n'ai pas mis notre site à jour depuis mi-mai. Je suis entrain de le faire. Vous y trouverez très bientôt et progressivement des nouveautés comme, par exemple :

-         la nouvelle version du projet de Collège pionnier de l'association ECE69 ;

-         une réflexion sur l'éducation permanente qui date de 18 mois, mais il m'apparaît de plus en plus clairement que c'est un sujet de débats et d'échanges incontournable si l'on veut "changer l'école" ;

-         des textes de Michel Portal, de Raymond Millot, et d'autres…

-         un exemple de "modernisation de l'enseignement scabreux" où il est question de travestis du Bois de Boulogne !!!

-         le journal de l'Ecole des Charmes (la Villeneuve de Grenoble)

-         etc.

Je souhaiterais aussi pouvoir insérer ne serait-ce qu'un bref compte-rendu des rencontres et colloques que nous annonçons (avec éventuellement des adresses pour obtenir des détails). Idem, je pense qu'il serait bon d'étoffer le dossier "vécus" du site en y présentant des expériences vécues, positives ou négatives et dans les domaines les plus variés. Et, si vous vous sentez la plume poétique… ou rêveuse, je vous rappelle qu'il y a un dossier "rêves" – un seul poème y figure actuellement.

 

Alors, n'hésitez pas à m'adresser tous les écrits qui peuvent contribuer à enrichir ce site qui, je vous le redis, devrait être un lieu de rencontre et d'échanges permanents … entre deux rencontres réelles qui finiront bien par se produire !

 

Pour les utilisateurs d'Internet, merci d'utiliser le plus possible le format rtf pour les textes joints et le format jpg (ou gif) pour les images. Pour les destinataires de la version papier de la Lettre, un texte dactylographié me permet le scannage – à défaut, je me débrouille aussi avec les textes manuscrits.

 

***

 

TOUS LES TEXTES DE NOS LETTRES, MAIS AUSSI CEUX QUI SE TROUVENT SUR NOTRE SITE SONT DESTINES A LA PLUS LARGE DIFFUSION POSSIBLE. ILS PEUVENT ËTRE REPRODUITS LIBREMENT.

Si vous connaissez des personnes que ces lettres pourraient intéresser, merci de nous donner leurs coordonnées – électroniques de préférence ! Diffusion gratuite pour la version électronique.

 

Si vous souhaitez ne plus recevoir lettres et infos de R.E.V.E.I.L., un simple message suffira.

 

Pour ceux qui pensent que nous devons continuer notre travail, qu'ils sachent que tout signe d'encouragement sera toujours précieux, même le plus court des messages.

 

Prochaine lettre vers la fin juillet (probablement…)

Entre temps, quelques flash possibles selon l'actualité.

 

Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos questions, vos suggestions…

Contact : reveil.perrier@wanadoo.fr

Georges HERVE rue du Château 63500 PERRIER

 

 

 

 



[1] "Mieux vaut une culture commune maîtrisée par tous qu'une culture d'élite ignorée par la plupart." – L'Ecole doit "promouvoir une culture commune le temps de la scolarité obligatoire" – "(s')Il importe que la nature des apprentissages soit diversifiée, il faut que le collège vise une culture commune, celle dont chaque citoyen doit être armé quel que soit son avenir scolaire et professionnel."

[2] "La culture est ce qui reste quand on a tout oublié" n'était qu'une boutade d'un agrégé de lettres, ancien élève de l'Ecole Normale Supérieure.

[3] J'ai reçu en dépôt le cahier de récitations d'une fillette qui a passé son certificat d'études en 1900, à l'âge de 12 ans. Je pense en publier, l'été prochain, de larges extraits sur le site Internet de R.E.V.E.I.L.., tant le choix des "poésies" est révélateur de l'idéologie qui sous-tendait l'école primaire de Jules Ferry tant vantée par les "républicains" d'aujourd'hui.

[4] La constitution impose le Français comme seule langue nationale. On a pu voir l'émoi des "républicains" devant la reconnaissance de langues régionales (comme le Corse ou le Breton) qui semblent en voie d'officialisation dans des écoles.

[5] L'instruction elle-même étant souvent valorisée pour sa valeur éducative : ne devait-elle pas libérer des superstitions ?

[6] et non, comme de nos jours, la section scientifique.

[7] En 1946, un professeur d'Université justifiait l'enseignement de la physique en première année de médecine en déclarant qu'il n'était pas pensable qu'un médecin ignorât le fonctionnement de son poste de T.S.F.

[8] Un signe frappant de cette évolution des Lycées : tandis que la pratique des examens "en blanc" (brevet et bac blancs) était impensable dans les Lycées il y a 50 ans et plus (cette pratique étant alors réservée aux écoles privées et aux "boîtes à bac") elle est devenue une pratique courante dans les établissements publics d'aujourd'hui.

[9] La pratique de "l'entraînement mental" développée par l'association PEUPLE ET CULTURE constitue un excellent exemple de cette formation extérieure à l'école.

[10] C'est un fait : aujourd'hui, qu'il s'agisse des lycéens ou de leurs familles, c'est ce que, dans leur immense majorité, ils attendent du Lycée. Ce qui les rend particulièrement perméables aux arguments de ceux qui brandissent sans cesse le manque de moyens donnés aux professeurs pour les préparer au précieux sésame. Ce qui fait aussi que l'Ecole n'est en réalité unifiée qu'en partie : les filières "rares" et les grands lycées où l'admission se fait après examen du livret scolaire (les lycées de Paris intra-muros  scolarisent près d'une fois et demi l'effectif de l'ensemble des adolescents demeurant dans la ville !) sont des moyens largement utilisés par les classes les plus favorisées pour éviter l'école unique à leurs enfants.

[11] Mais il y a des exceptions comme certaines "écoles Freinet", ou encore l'école de la rue Vitruve à Paris et les écoles de la Villeneuve de Grenoble, nées de l'action d'un Inspecteur primaire exceptionnel, Glotton, qui fut Président du GFEN.

[12] Il est à noter qu'aucun de ces projets ne remet en question les examens officiels dont on sait pourtant qu'ils déterminent très largement et les contenus et les méthodes du système scolaire.

[13] La pensée systémique qui dépasse la vision additive et mécaniste du réel.

[14] Et nous ajouterons sportives de loisirs…

[15] cf. "de l'éducation populaire à l'éducation permanente", communication à la Biennale 2000, présente sur le site Internet de R.E.V.E.I.L. http://www.multimania.com/assoreveil.

 

[16] Cf. Éloge de la différence, Albert Jacquard, 1978, éditions du Seuil.

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