LA LETTRE DE R

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.  N°6-3 Juin 2003

 

Sommaire

Projet d’éducation et projet de société :

Apprendre, dans quel environnement ?

La pédagogie actualisante : suite et fin.

9° Un, deux, trois, nous irons au bois… L’apprentissage expérientiel et ses applications en éducation relative à l’environnement.

10° Pédagogie de l’inclusion : fondements, définition, défis et perspectives.

11° L’équité en éducation et en pédagogie actualisante

Profs. Parents : démission impossible.

« Des idées qui ont la vie dure »

Le Lycée Professionnel : Un lycée entièrement à part ou à part entière ?

Existe-t-il une vie scolaire ?

Créer : Université d’Eté

L’enseignement du fait religieux à l’école.

Sur le site de Jacques NIMIER, en juin :

Pour prolonger la conférence de presse du 4 juin 2003 :

Quelques rappels…

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Projet d’éducation et projet de société :

… Refonder l’École, repenser ses finalités, redéfinir ses missions ne peut se faire en dehors d’un projet de société qui réponde aux aspirations du plus grand nombre. Si ces aspirations se limitent à augmenter sans cesse ses capacités de consommations en tous genres, la refondation de l’École est inutile : une telle société n’a aucun avenir ; l’augmentation sans limite de la consommation, présentée comme le moteur d’une croissance économique, elle aussi sans limite, est un non-sens sur une planète aux ressources forcément limitées. Du seul point de vue de la consommation en énergie, en matières premières et en production de déchets, la généralisation de notre niveau de consommation est impossible à concevoir : les pays occidentaux qui représentent à peine 25% de la population mondiale consomment dès à présent 80% des ressources de la planète. L’émergence économique sur le modèle occidental de sous-continents comme l’Inde, la Chine, le Brésil, ne peut qu’entraîner, à moyen terme, l’épuisement de toutes les ressources de la planète et des conséquences catastrophiques pour la survie même de l’humanité.

Deux scénarios sont possibles pour ne pas courir à une catastrophe sans précédent qui pourrait entraîner la disparition de l’humanité ou du moins l’augmentation exponentielle des conflits et de la violence qui rendra la planète invivable :

  1. l’instauration d’un pouvoir mondial fort qui maintiendrait et même augmenterait l’écart entre
    1.  une fraction de plus en plus réduite d’humains dont le « niveau matériel de vie » continuerait de croître et
    2. le reste de l’humanité qui s’enfoncerait dans un dénuement qui en limiterait efficacement la croissance démographique.

N’est-ce pas le chemin sur lequel nous nous sommes engagés ?

2.      une transformation radicale de nos modes de vie – ce qui ne signifie pas un retour à une vie rudimentaire – fondée sur une transformation non moins radicale de nos relations aux autres et à la planète, de nos modes de pensée et d’analyse de la réalité, une prise de conscience de nos responsabilités individuelles et collectives ; tout cela pour élaborer ensemble des projets de société plus équitables, plus démocratiques, plus fraternels qui puissent inverser le cours des événements : il n’est peut-être pas encore trop tard.

G.H. juin 2003                      

 

Ce texte reprend une partie de la conclusion de l’introduction à un débat sur les finalités de l’aducation et les missions de l’école qui est programmé pour le 5 juillet prochain, durant la rencontre-expo de Bordeaux. Le texte complet est présenté sur le site Internet et peut être envoyé par courrier postal dans les conditions habituelles aux personnes ne disposant pas d’Internet. Le site Internet de REVEIL propose différents nouveaux textes pour alimenter réflexion et débat : http://assoreveil.org Visitez-le ! Merci de le signaler à vos amis… Et réagissez !!!

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Apprendre, dans quel environnement ?

Samedi 5 juillet de 9h30 à 17h, L’Université Citoyenne pour l’Initiative Ecologique et Solidaire (UCIES) organise une journée de travail collectif au Centre culturel Jean Vilar rue Mechin 93 L’île-Saint-Denis :

 

« “ J’ai appris cela grâce à … ”

Vous avez un jour fait cette remarque, dans une conversation, à propos d’un apprentissage sportif, professionnel, scolaire ou social, d’un apprentissage important et durable, qui compte dans votre vie. La remarque est restée dans votre cercle familial ou votre cercle d’amis.

Il s’agit souvent de confiance, de respect, d’intérêt, de motivation, d’étonnement, d’indignation, d’admiration…

En rapprochant cette remarque d’autres remarques comparables nous nous proposons de mieux comprendre ce qui conditionne les apprentissages, leur réussite ou leur échec.

Nous vous proposons d’engager collectivement cette recherche, à laquelle chacun, chacune, quelle que soit son histoire, quel que soit son niveau d’instruction, peut contribuer. Il sera alors plus facile, individuellement et collectivement, de mieux exprimer, ce qui nous semble indispensable pour que les apprentissages, au cours de la scolarité ou après, soient profitables réellement et durablement à tous. »

Organisation de la journée :

La journée sera organisée de manière à s’écarter du système traditionnel de “transmission du savoir “. Elle sera l’occasion de mettre en place une démarche originale, fondée sur l’échange d’expériences et le témoignage des participants.

Partenaires :

Adome. Planète Ecologie ; Agir Pour l’Environnement ; Dossiers et Débats pour le Développement Durable (4D) ; Ecole des Métiers de l’Information (EMI - CFD) ; Ecoute Nature ; Ensemble Changeons l’Ecole (ECE) ; Environnement 93 : France Nature Environnement ; Les Amis de la Terre ; Points Cardinaux ; Réseau Action Climat-France ; Réseau d’Ecoles de Citoyens (Recit) ; Revue Cosmopolitiques ; Revue Eco Rev ; Revue Mouvements ; Souris Verte

Contacts : L’UCIES c/o Greenpeace : 22, rue des Rasselins - 75020 PARIS - contact@ucies.org

ANS

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La pédagogie actualisante : suite et fin.

(voir lettre de Réveil de février 2003) Le texte intégral des 3 derniers chapitres de cette étude seront présentés sur le site de REVEIL dans les prochains jours. Les propositions d’envoi par courrier postal tiennent toujours pour les personnes qui ne disposent pas d’Internet.

9° Un, deux, trois, nous irons au bois… L’apprentissage expérientiel et ses applications en éducation relative à l’environnement.

Daniel PRUNEAU

Faculté des sciences de l'éducation, Université de Moncton, (Nouveau-Brunswick), Canada.

Claire LAPOINTE

Faculté des sciences de l'éducation, Université de Moncton, (Nouveau-Brunswick), Canada.

 

Cet article décrit les liens qui existent entre certains volets de la pédagogie actualisante et une approche d'éducation relative à l'environnement (ERE) basée sur l'apprentissage expérientiel. Nous y définissons tout d'abord ce qu'est l'apprentissage expérientiel pour ensuite décrire ses liens avec l'ERE. Après avoir expliqué de quelle manière l'apprentissage expérientiel facilite l'acquisition ou le renforcement d'attitudes positives envers l'environnement, nous présentons brièvement différents travaux en ERE réalisés en milieu scolaire et communautaire au Nouveau-Brunswick dans une perspective d'apprentissage expérientiel. Finalement, en reliant les objectifs et les composantes de l'apprentissage expérientiel appliqué à l'ERE à ceux de la pédagogie actualisante, nous expliquons comment de tels travaux traduisent dans le concret les principes de cette pédagogie.

10° Pédagogie de l’inclusion : fondements, définition, défis et perspectives.

Raymond VIENNEAU

Faculté des sciences de l'éducation, Université de Moncton, (Nouveau-Brunswick), Canada.

 

Cet article est consacré à l'un des huit volets complémentaires du concept de « pédagogie actualisante » proposé par la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Moncton. Héritière des mouvements d'intégration scolaire et de normalisation, la pédagogie de l'inclusion propose aujourd'hui rien de moins que l'intégration pédagogique à temps plein de tous les élèves d'une communauté donnée. Après un rappel des fondements historiques de l'inclusion scolaire, l'auteur présente ses fondements empiriques, philosophiques et éthiques. La conception de la pédagogie de l'inclusion qui est proposée est basée sur cinq composantes auxquelles sont associées diverses implications éducatives. L'article se conclut en dressant un esquisse des défis soulevés et des perspectives d'avenir de cette pédagogie.

11° L’équité en éducation et en pédagogie actualisante

Jeanne d’Arc GAUDET

Faculté des sciences de l'éducation, Université de Moncton, (Nouveau-Brunswick), Canada.

Claire LAPOINTE

Faculté des sciences de l'éducation, Université de Moncton, (Nouveau-Brunswick), Canada.

 

La mission de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Moncton s'insère dans une vision de l'éducation fondée sur l'épanouissement personnel, la justice sociale et la paix. Afin de concrétiser cette vision, la Faculté a adopté comme philosophie sous-jacente à ses activités de formation initiale à l'enseignement, une approche globale de la pédagogie qu'elle appelle la pédagogie actualisante. Or, pour qu'il y ait une pédagogie actualisante, elle doit être ancrée dans des valeurs d'équité.

En s'appuyant sur des recherches antérieures qu'elles ont réalisées auprès de formatrices et de formateurs, les auteures ont démontré l'influence positive d'une démarche de sensibilisation à l'équité en pédagogie, tant au niveau des pratiques qu'à celui des représentations. Dans le présent article, les concepts d'équité et d'égalité seront d'abord définis et ensuite, nous verrons comment le concept d'équité sous-tend chacun des volets menant à la pédagogie actualisante. En terminant, une grille d'équité appliquée à cette pédagogie sera présentée suivie d'un guide d'analyse réflexive portant sur l'examen de ses propres pratiques en enseignement.

 

Profs. Parents : démission impossible.

Aux éditions Ramsay.

Jean François, instituteur puis professeur de français en lycée et en collège en banlieue parisienne, fait partie aujourd’hui du groupe de pilotage du département Enseignement des Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active (CEMEA) pour lesquels il assure des sessions de formation initiale et continue à destination des enseignants. Il a publié « À moi ! » Pour une écoute des adolescents (Éditions du Scarabée, 1984), encore en usage dans les universités de Psychologie, et « T’aimes mieux ta mère ou ton prof ? » (Éditions Ramsay, 1990).

 

En un temps où les enseignants manifestent de manière vigoureuse ou diffuse un malaise profond, où les revendications catégorielles se confondent avec de véritables inquiétudes pour l’avenir de l’école, où parents et profs se heurtent comme des adversaires sur des difficultés communes, il semble nécessaire de se demander quelles sont les vocations fondamentales de l’enseignement. Si elles sont encore pertinentes, peuvent-elles pour autant être tenues ? Oui, les conditions éducatives sont aujourd’hui difficiles, ingrates, affligeantes parfois. Oui, l’école doit affronter la violence, l’incivisme, l’ignorance générés par le milieu environnemental ou les relations familiales. En effet, « La société a l’école qu’elle mérite ». Il est donc illusoire et injuste d’attendre des enseignants qu’ils prennent en charge et réforment à eux seuls les déficiences de tous. Cependant, pour les adultes, si la tentation est grande de se défausser ou de désespérer, les enjeux éducatifs restent prioritaires. Rapports de l’autorité et de la démocratie, risques à assumer pour les adultes et gestion des conflits, respect à mettre en place de part et d’autre, valeurs de la République et corollaires de la laïcité, missions pédagogiques sont à réaffirmer. Aux questionnements qui agitent profs et parents, l’auteur répond par des conseils pratiques pris sur « le terrain » et une vision éthique, recadrant ainsi, hors de la polémique, les vrais débats et les conduites à tenir. Démission impossible !

 

« Des idées qui ont la vie dure »

N° 108 de Dialogue est sorti !

Les idées reçues sont la chose la mieux partagée du monde. L'ambition de ce numéro est d'aborder ces réalités dérangeantes sans accuser et sans se cantonner au catalogue de tout ce qui, en matière d'enseignement, d'éducation et de formation, d'action transformatrice nous semble être des conceptions rétrogrades, fatalistes et finalement aliénantes.

Ici, chaque auteur, en entrant dans son champ de compétence par la porte des idées reçues, formalise tactiques et stratégies pour agir malgré tout, dans une réflexion qui entend articuler action et transformation des mentalités.

 

L'enjeu de ce numéro est de nous donner des outils pour travailler mieux avec ceux qui, parce qu'ils portent des idées reçues en sont les premières victimes. Il est de problématiser la question des ruptures : comment passer des idées reçues à des idées "conçues" ? Comment sortir du face à face stérile : une idée contre une autre idée ? Comment en finir avec le simplisme, les pensées mécanistes et linéaires ? Comment agir en profondeur et non sur les symptômes ?

Prix (frais de port compris) : 7,53 euros

A commander au siège du GFEN, 14 avenue Spinoza – 94200 IVRY SUR SEINE

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Le Lycée Professionnel : Un lycée entièrement à part ou à part entière ?

Les cahiers d’Éducation & Devenir N° 1 (nouvelle série) juin 2003

« Ou bien le Lycée Professionnel poursuit son évolution amorcée en 1985 et s’intègre toujours plus dans le second cycle, et le lycée des métiers peut y contribuer, ou bien il conserve sa distance... et son originalité. » Telle est l’interrogation que pose ce cahier, dirigé par Serge Patural, qui commence par un article de G. Solaux de l’IREDU sur les spécificités du LP notamment dans son histoire, dans son recrutement. Une des spécificités est la relation étroite avec l’entreprise mais aussi le territoire, ce qu’expliquent l’équipe Lyonnaise d’E&D et B. Lacroix du MEDEF Rhône-Alpes. L’élève de LP est un peu au cœur de la réflexion sur l’orientation étudiée par R. Simon, COP et formateur IUFM et P. Mellon, chef du SAIO de Nantes. Mais ce cahier laisse la place au terrain avec des témoignages de Proviseurs de LP – M. Tauszig, S. Patural, J. P. Voisin - ou de Professeur (X. Papillon). Un autre Proviseur de LP, G. Giraud scrute le futur en examinant des Scénarios pour l’avenir de l’enseignement professionnel ; pour M. Valadas, IGEN, cet avenir c’est mettre le Cap sur le lycée des métiers qui fera du LP « l’orchestre symphonique de l’enseignement professionnel ».

 

Ce cahier ne devrait pas concerner que les praticiens de l’enseignement professionnel mais tous ceux qui s’intéressent au système scolaire et il apporte un éclairage parfois cru sur des questions qui agitent le collège (traitement des difficultés des élèves, orientation...).

Ce cahier est à commander au Secrétariat général « Éducation & Devenir » Lycée Saint-Charles 5, rue Guy Fabre 13001 MARSEILLE 12,50 €  education.devenir@free.fr  http://education.devenir.free.fr

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Existe-t-il une vie scolaire ?

La « vie scolaire » ? Dans les établissements du second degré, c’est ainsi qu’on appelle tout ce qui n’est pas les heures de cours.

L’actualité la met au premier plan : ne risque-t-on pas de la démanteler, de mettre à mal ce qui reste un atout pour la réussite des élèves et le bon climat des collèges et des lycées ?

Le dossier de juin des Cahiers pédagogiques cherche à mieux faire connaître cette fameuse « vie scolaire » vue du dedans, à travers de nombreux témoignages d’acteurs, et en particulier de conseillers d’éducation.

 

-          Comment mettre en cohérence et en synergie ce qui se passe dans et hors de la classe ?

-          Comment un conseiller d’éducation peut-il travailler avec les professeurs et comment les professeurs peuvent-ils vivre au quotidien cette coopération ?

-          Comment œuvrer avec les parents, les personnels non enseignants et les partenaires extérieurs ?

-          Comment le conseiller d’éducation peut-il échapper aux étiquettes caricaturales : sherif, psy de service …ou agent de l’administration ?

-          Quelles peuvent être les conséquences de la décentralisation sur la vie scolaire ?

 

À travers des témoignages, des fragments de vécu, des instantanés et des articles de fond (notamment la conclusion de Robert Ballion, ce dossier tente de délimiter les nouveaux contours de la vie scolaire pour comprendre la nature et l’étendue de ses missions.

Dossier coordonné par Anouk Pantanella et Richard Etienne

Dans le même numéro :

- Une interview de Michel Develay « Quelle formation initiale des enseignants ? »

- Les actes du colloque « Apprendre et vivre la démocratie à l’école »

Nos prochains numéros :

Analysons nos pratiques (2) (septembre 2003)

Poésie poésies (octobre 2003)

Possibilité de consulter notre site Internet : www.cahiers-pedagogiques.com

Pour commander ce numéro, adresser votre demande à notre service de vente au n° :

Cahiers pédagogiques, BP 72402, 44324 Nantes cedex 3. Tél. : 02 40 52 36 93

Le numéro 8,80 € port compris.

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Créer : Université d’Eté

 Organisée par le Secteur National Poésie Ecriture, le Secteur National Pratiques Sociales

et le GFEN Rhône-Alpes à Bourgoin-Jallieu (Isère) du 27 au 30 août 2003

contact : GFEN Rhône Alpes : Marie-Pierre Canard :  04 74 94 49 87

Yves Béal : 04 74 92 36 47 gfen38@wanadoo.fr

 

Changer son monde, changer le monde - Se créer ensemble les pouvoirs de sa propre humanité

Les processus de création comme chemins pour penser

La place de la prise de conscience dans une démarche de création

 

Plusieurs démarches de création ou ateliers d’écriture en parallèle chaque demi-journée.

En journée, travail sur les problématiques par démarches de création, ateliers d'écriture, chantiers d'exploration.

En soirée, rencontres avec des créateurs sur des champs artistiques, humains, sociaux  : rencontrer poètes, écrivains, musiciens, plasticiens, metteurs en scène, mais aussi paysans, militants associatifs… tous créateurs et interroger les problématiques à l’œuvre dans leur travail pour mieux appréhender les nôtres.

 

Les démarches de création et les ateliers d’écriture du GFEN comportent toujours une phase de production facilitée par une animation attentive et un retour sur le travail accompli afin que les participants puissent prendre distance et comprendre les éléments mis en jeu. Ces ateliers ne sont ni thérapeutiques ni analytiques. Ils sont résolument tournés vers les processus de création. Ils sont dans le prolongement de la longue expérience du GFEN dans tous les domaines de la création pour adulte et enfant.

 

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L’enseignement du fait religieux à l’école.

Compte rendu de la rencontre du 20 mai 2003 organisée par le réseau Éthique et pédagogie.

Mireille Estivalèzes, historienne et sociologue des religions, avait accepté d’intervenir au cours de la rencontre que nous avons organisée en partenariat avec le groupe Education de l’association « Démocratie & Spiritualité », voici l’essentiel de son exposé.

« Ce sujet pose des questions qui sont à la fois complexes et sensibles car elles touchent à la place des religions dans la société, à la laïcité et à l’École. C’est une question qui agite la société française depuis une vingtaine d’années.

Il faut dans un premier temps préciser certains termes et notamment l’expression « fait religieux ». On disait autrefois histoire des religions, on parle aujourd’hui d’enseignement du fait religieux. Ce qu’il faut entendre par là, c’est d’abord un fait social, une réalité humaine insérée dans un contexte historique et géographique, mais c’est aussi un objet scientifique, observable grâce à différentes approches, historique, géographique, sociologique, ethnologique, anthropologique, etc.

Régis Debray en a aussi donné une définition dans la revue Études de septembre 2002, indiquant que c’était une expression neutre, correspondant à un fait de société, un fait de mentalité se situant dans une perspective anthropologique.

De même, la laïcité est une notion polysémique, ainsi la laïcité scolaire a été définie par des lois au dix-neuvième siècle sous Jules Ferry, par exemple la suppression des cours d’instruction religieuse à l’école et des signes religieux dans les locaux scolaires. Ces cours sont remplacés de facto par la leçon de morale et d’éducation civique. Une journée de la semaine est laissée libre pour que les familles qui le désirent puissent donner à leurs enfants une éducation religieuse.

Le personnel enseignant ne peut plus désormais être que laïc et les enseignants sont tenus à la neutralité religieuse, philosophique aussi bien que politique, d’où critique systématique des religions ou prosélytisme sont bannis.

Seule la région d’Alsace Moselle échappe à ce changement important puisqu’elle est toujours soumise au régime concordataire, encore que l’enseignement religieux y devienne de plus en plus facultatif. Les élèves eux, ont le droit d’exprimer leurs convictions religieuses, la difficulté est de savoir jusqu’où ?

Les lieux fermés tels les hôpitaux, les prisons ou les internats, peuvent bénéficier d’aumôneries. Depuis 1988 celles-ci peuvent être ouvertes dans des lieux scolaires à la demande des parents.

C’est la Ligue de l’Enseignement qui, la première en 1982 évoque l’idée d’un enseignement de l’histoire des religions dans le cadre du service public, répondant ainsi au constat souvent exprimé par les enseignants d’une inculture religieuse manifeste chez leurs élèves tant au plan littéraire que philosophique ou artistique, cette lacune concerne aussi les adultes, dont certains enseignants, ce qui pose un problème car les professeurs n’aiment pas parler de ce qu’ils ne connaissent pas.

L’inspection générale note cette inculture des jeunes qui rejaillit sur de nombreuses disciplines enseignées à l’école, l’histoire, la littérature mais aussi la philosophie, et affecte le vocabulaire, d’autant que par ailleurs, la « crise des humanités » apparue à partir des années 70 et manifestée par une baisse sensible de l’étude du grec et du latin, contribue à la perte de certains repères mythologiques ou religieux.

En 1989 Lionel Jospin confie à Philippe Joutard le soin d’effectuer un état des lieux de l’enseignement de l’histoire, de la géographie et des sciences sociales, et de proposer des solutions.

En 1991 un colloque réunit tous les acteurs concernés pour réfléchir aux modalités pratiques de mise en place d’un enseignement qui prenne davantage en compte le fait religieux, sans créer pour autant un enseignement spécifique d’histoire des religions, à charge pour chaque enseignant de traiter ces questions à l’intérieur de son programme, d’où aussi une réforme de ces programmes à partir de 1996.

La question passe ensuite au second plan jusqu’au 11 septembre 2001. Dès le lendemain les élèves assaillent leurs professeurs de questions sur les religions et ces derniers se trouvent parfois démunis.

Le ministre de l’éducation nationale, Jack Lang, confie alors une mission à Régis Debray.

Dans son rapport, ce dernier insiste sur la nécessité de donner aux élèves des clefs pour la compréhension du monde contemporain et donc de « former et outiller scientifiquement, intellectuellement et pédagogiquement les professeurs».

Régis Debray est un philosophe connu par son parcours ; il se présente comme non croyant, c’est une caution  qui rassure les tenants de la laïcité et il pose d’emblée l’idée qu’il faut distinguer le « religieux objet de culte, du religieux, objet de culture ».

Il s’agit de passer d’une laïcité d’incompétence à une laïcité d’intelligence.

Les objectifs sont pluriels : accéder au patrimoine culturel en établissant des liens entre la religion et la musique, ou la peinture par exemple.

Le deuxième objectif qui devient primordial c’est l’éducation à la tolérance, il faut rappeler que l’islam est la deuxième religion de France et que la communauté juive de France est la plus importante d’Europe. Il s’agit donc d’appréhender l’aspect multiconfessionnel de la société française en promouvant le respect mutuel, en déjouant les attitudes de rejet, en apprenant aussi à respecter ceux qui n’ont aucune croyance religieuse.

Il s’agit aussi de permettre aux élèves de mieux comprendre le monde contemporain, de montrer la multiplicité des pensées. Pour certains, cette ouverture débouche sur la question du sens et sur des questions existentielles comme la vie, la mort, la souffrance, elles peuvent, le cas échéant sensibiliser à la spiritualité, à la notion de transcendance. Mais il faut souligner que ce dernier objectif n’est pas aussi consensuel que les trois premiers.

En 1996 de nouveaux programmes ont insisté sur la place du fait religieux dans les programmes, plus particulièrement d’histoire, mais ils n’apportaient pas de grande nouveauté au collège, un peu plus au lycée cependant, avant de subir un allègement.

Ce que l’on traite essentiellement c’est l’élaboration des religions, non leur évolution, on peut d’ailleurs noter à cet égard l’absence totale de référence aux religions d’Asie : hindouisme et bouddhisme par exemple, comme si elles n’existaient pas.

De même la formation des enseignants reste-t-elle parcellaire et le plus souvent facultative, ainsi, en IUFM, le fait religieux est réduit à la portion congrue.

Il faut dire en conclusion combien il est difficile de parler du fait religieux, parce que les religions sont des phénomènes complexes qui touchent à l’intime et au passionnel. Un malaise pour en parler surgit parfois chez des enseignants qui ont des convictions et craignent de ne pas être assez laïques. Chez les élèves des sensibilités différentes s’expriment. Mais il est nécessaire de parler du fait religieux parce qu’il s’agit d’un enjeu civique aussi bien que culturel, essentiel pour la formation des jeunes.

Ce texte est extrait du Comptoir aux Idées. La suite, et notamment le débat qui a suivi cet exposé, est présentée sur le site Internet http://www.reseau-ethique-pedagogie.org

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Sur le site de Jacques NIMIER, en juin :

-"Le temps des vacances, le temps de la lecture" présentation de 12 livres pour prendre du recul.
- Une journée d'un enseignant d'Uruguay.
 
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/
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Pour prolonger la conférence de presse du 4 juin 2003 :

Notre ami Henri CHARPENTIER s’est chargé de construire et tenir à jour un nouveau site Internet à l’adresse http://www.collegeunique.org sur lequel seront présentées notamment toutes les contributions qui seront reçues par le collectif organisateur de la conférence de presse sur le Collège unique. Rappelons que ces contributions sont destinées à préparer un colloque national qui aura lieu le 13 décembre prochain en un lieu à préciser. Ce site sera opérationnel au cours de la première semaine de juillet ; en attendant, il est hébergé sur le site de la fédération « Ensemble Changeons l’École » (ECE) à l’adresse : http://changeonslecole.org/collectif/

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Quelques rappels…

à cotisation (non obligatoire) et autres !!!

R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux personnes et  aux associations adhérant à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,  Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN. La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 10 €, mais elle est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.

Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion pour 2003) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. à PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont renouvelé leurs encouragements

et leur soutien en 2003.

La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de signaler votre adresse électronique à assoreveil@wanadoo.fr

Toutes les lettres de REVEIL (2001, 2002 et 2003) sont présentées sur ce site : http://assoreveil.org

Si vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en informer par mail ou courrier postal.

Prochaine lettre vers la fin juillet 2003. Entre temps, quelques flash possibles selon l'actualité .Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos questions, vos suggestions…

Contact :

Georges HERVE, adresse postale :  rue du Château 63500 PERRIER

Adresse électronique : assoreveil@wanadoo.fr

 

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