LA
LETTRE DE R.E.V.E.I.L. N° 6/7 - 6 - 2006
Sommaire
Le
« socle commun » nouveau est arrivé !
Une
autre façon de concevoir l'école moyenne : le « neie lycee » de
Luxembourg-ville.
Note
de vie scolaire : lettre ouverte d’un CPE au Ministre
Un
projet de loi dangereux et en trompe-l'œil
École
: les champs du possible
Un
dossier sur les pratiques participatives de santé – Soignons la société –
Ainsi
que le journal (cahier 1) : L'ACTUALITE DE LA DEMOCRATIE LOCALE
RENCONTRE
du CRAP du 18 au 26 août 2006 à Saint-Sernin (Aveyron)
Le
21 septembre, journée mondiale de la Non-Violence et de la Paix
***
Le 23 mars
dernier, le Haut Conseil pour l'Education (HCE) a rendu publiques ses
recommandations pour ce qui concerne le «
socle commun » de connaissances et de compétences ainsi défini : « ce qui correspond à ce que nul n'est censé ignorer en fin de
scolarité obligatoire sous peine de se trouver marginalisé ou handicapé. » Le 10 mai, le Ministre présentait le projet de décret d'application de ces
recommandations. Le HCE a publié un communiqué où il approuve sa rédaction. Il est donc acquis que ce décret s'imposera
sans délai à tous les enseignants des cycles concernés dès la rentrée
2006. Les recommandations du HCE et le texte complet du décret sont notamment
présentés sur le site de Jacques Nimier : http://perso.orangefr/jacques.nimier/texte_hce.htm
On pourra trouver une
courte analyse du décret sur : http://www.cafepedagogique.net/disci/actu/73.php.
Outre les réactions rapportées sur le site de Jacques Nimier,
on pourra lire l'éditorial que lui consacre Education et Devenir sur http://education-devenir/free.fr/editorial.htm.
**
*
« Ce
que nul n'est censé ignorer » : ce socle repose sur 7 piliers dont 5
font partie du programme d'harmonisation des systèmes éducatifs européens, à
savoir :
·
maîtrise de la
langue française
·
pratique d'une
langue étrangère
·
compétences de base
en mathématiques et culture scientifique et technologique
·
maîtrise des
techniques de l'informatique et de la communication (TIC)
·
culture humaniste
Le HCE a ajouté
les deux piliers suivants :
·
compétences sociales
et civiques
·
autonomie/initiatives
des élèves
Chacun de ces
piliers est défini sous trois aspects :
·
connaissances
·
capacités
·
attitudes
Le décret détaille principalement les connaissances qui
composent ce socle commun (celles qui concernent les mathématiques sont les plus détaillées). Dans un premier temps, il avait
été question d'une refonte des programmes
du Collège, mais finalement, il semble que rien ne sera changé dans ce domaine.
Pour l'école primaire, il est annoncé de nouvelles instructions annulant
celles diffusées en 2002 : on doit s'attendre à un retour aux « bonnes vieilles
méthodes qui ont fait leurs preuves » telles que, pour assurer la maîtrise de
la langue française, la dictée (présentée comme méthode d'apprentissage et d'évaluation), les leçons de grammaire qui ne se
limiteront pas à « l'observation de la langue », et, bien sûr, la
méthode syllabique d'apprentissage de la lecture !
Rien de révolutionnaire, donc ! La transdisciplinarité
est évoquée à propos de l'acquisition de compétences, mais l'accent reste mis essentiellement sur la
transmission des connaissances disciplinaires traditionnelles. Pas question, évidemment, de rétablir les itinéraires
de découvertes qui ouvraient une porte sur l'interdisciplinarité, sinon sur la transdisciplinarité. Les textes sont
particulièrement discrets sur la manière dont il sera vérifié que chaque
adolescent aura assimilé ce socle commun à la sortie du collège ! Il est bien
précisé qu'une capacité est acquise ou
pas – ce qui ôte tout sens à la note « moyenne » ; mais alors, il faudra sans
doute repenser complètement l'organisation du brevet des collèges... ce
qui n'est pas encore acquis !
En ajoutant les deux « piliers » à caractère
essentiellement éducatif, le HCE a peut-être enfoncé un coin dans la forteresse
des savoirs transmis frontalement : avouons que le collège tel qu'il fonctionne
en général (sauf exceptions locales) ne favorise
pas spécialement l'autonomie et encore moins la prise d'initiatives par les
élèves. Le décret reste très discret sur ces points, également.
Par contre, on peut
s'interroger sur la pérennité du « collège unique » : le « socle commun »
semble bien constituer un « programme minimum » à l'intérieur du
programme « normal ». Comment gérer cette organisation sans repenser la
pédagogie ? En rétablissant (dans les faits, sans les nommer) des filières
séparant les élèves qui se contenteront du programme limité de ceux qui
suivront le cursus « normal » ? La tentation risque d'être forte...
**
*
Critiques et interrogations « techniques »
sur ces textes et leur application ne manqueront pas, souvent mais pas toujours
légitimes. Mais, une fois encore, ne s’est-on pas posé les questions du quoi et
du comment, c'est-à-dire des contenus et, dans une moindre mesure d’ailleurs,
des moyens avant de s’être interrogé sur le pourquoi et le pour quoi, autrement
dit les finalités et les objectifs ?
A ce sujet, l’actualité peut nous fournir un point de
départ à la réflexion sans doute nécessaire. On sait qu’aux évaluations
internationales menées en 2000 et 2003 par l’OCDE, connues sous le nom de PISA[1], l’Allemagne
avait été particulièrement mal classée, tant du point de vue de la moyenne des
résultats obtenus par ses élèves que de la dispersion des résultats (écarts
importants selon l’origine sociale des élèves). La première réaction des
enseignants regroupés au sein du GEW, Gewerkschaft Erziehung und Wissenschaft,
principal syndicat des enseignants allemands, connu jusqu’ici pour son conservatisme,
avait été d’en faire porter la responsabilité aux écoles refusant la sélection
précoce (regroupées dans la Gemeinnützige
Gesellschaft Gesamtschule (GGG). Or
après que les responsables du PISA aient séparé les résultats des deux systèmes
scolaires existant en Allemagne, il est apparu que c’était bien
l’inverse : les résultats des élèves scolarisés dans des écoles refusant
la sélection précoce étaient meilleurs que ceux scolarisés dans le système le
plus courant qui fonctionnait par filières séparées dès la sortie de
l’enseignement primaire !
Rappelons que les meilleurs résultats à tous points de
vue ont été obtenus par la Finlande qui reporte la sélection après la 16e
année d’âge et fonde sa pédagogie sur l’hétérogénéité des classes.
Or voici que le GEW vient de publier un communiqué
adressé à la Ministre de l’Education, où il est écrit que la réforme du système
scolaire ne doit plus être un sujet tabou. Les sondages effectués au sein du
corps enseignant allemand montrent une nette évolution des idées depuis 1998, et la prise de conscience
de l’inefficacité du système éducatif majoritaire en Allemagne, fondé sur
l’orientation précoce, l’école seulement le matin et le redoublement (ce pays
étant champion du monde dans ce dernier domaine).
Dans ses recommandations, le HCE évoque aussi les
évaluations PISA, lorsqu’il déclare « … selon les évaluations
internationales des systèmes éducatifs, (la France) se situe seulement dans une
position moyenne. De nombreux jeunes sont exclus des savoirs de base… Cette situation
a des conséquences graves sur l’avenir de notre pays… » Il ajoute que « en
outre, les enfants des milieux défavorisés connaissent l’échec plus que les
autres, et l’Ecole n’assure pas non plus la promotion des meilleurs d’entre
eux : l’égalité des chances n’est pas réalisée. ». Ce qui n’est
pas sans rapport avec la montée de « la violence à l’école et au
collège… L’Ecole (devant être), plus encore que par le passé, un lieu essentiel
de l’apprentissage de la vie en société… »
Les objectifs visés par le HCE semblent donc
être :
Les finalités implicites qui sous-tendent ces
objectifs sont donc d’abord d’assurer le meilleur fonctionnement possible de
l’économie nationale et d’assurer la paix sociale dans la perspective
républicaine de la délégation du pouvoir à des représentants élus et du respect
de la loi majoritaire.
On peut s’interroger sur la validité de ces finalités
en ce début de 21e siècle, alors que le paradigme du progrès lié à
la croissance techno-industrielle illimitée censée apporter bonheur, prospérité
et démocratie à toute l’humanité est remis en question par les graves menaces
que ce « progrès » fait peser sur la survie même de l’humanité
(catastrophes écologiques annoncées, mais aussi explosion des nouvelles formes
de violences de toutes natures).
A l’illusion de la possibilité d’une croissance
économique illimitée dans une planète aux dimensions et aux ressources
forcément limitées, certains opposent la nécessité d’amorcer une décroissance
volontaire qui ne peut, évidemment prendre la forme d’un retour au transport
hippomobile et à la lampe à huile !
La société post-industrielle annoncée depuis 50 ans
par les prospectivistes demande encore à être inventée. Il ne peut s’agir de
mettre en place un nouvel ordre mondial sorti d’un cerveau aussi génial fût-il,
de suivre un modèle proposé « clés en mains » par une idéologie,
quelle qu’elle soit. Les changements de cap radicaux nécessaires pour sortir de
la spirale mortifère actuelle ne peuvent résulter que des prises de conscience
individuelles et collectives, de l’imagination créatrice élaborée
collectivement et contradictoirement par l’ensemble des citoyens et par les
actions concrètes décidées et menées d’un commun accord et en pleine lucidité.
Autrement dit, la démocratie est devenue une nécessité vitale, une démocratie
qui ne se limitera pas aux apparences mais imprègnera la vie de chacun :
chaque personne, chaque citoyen(ne) doit être en mesure de participer au
dialogue continu que constitue une vraie vie démocratique. Ce qui implique que
tous disposent d’un « langage commun » qui leur permette de
s’exprimer de façon intelligible par leurs pairs, d’être capable de les
écouter, de réfléchir ensemble, de comprendre les conséquences des choix qui
engagent leur avenir, celui de leurs descendants, celui de la planète tout
entière. Ce langage commun ne se résume pas aux mots utilisés, mais comprend
aussi et surtout des habitudes de travailler ensemble, de mener des projets,
collectifs et individuels, des recherches sur des situations réelles[4], de mettre en commun les différentes
approches[5] de chacun
pour en saisir toute la complexité et les réseaux d’implications ?
Ne faudrait-il pas repenser la notion même de socle
commun dans cette perspective plutôt que de conserver la vision d’une
transmission disciplinaire ? Cela conduirait évidemment à inverser l’ordre traditionnel
qui veut que l’on accumule d’abord les éléments de certains savoirs considérés
comme « essentiels » pour, plus tard, peut-être, les utiliser dans la
résolution de problèmes réels et de le remplacer par l’observation collective
et l’analyse de situations réelles dans le cadre de questions globales à
l’origine de projets, travail qui conduit notamment à des questionnements
particuliers et au besoin d’acquérir des savoirs et savoir-faire disciplinaires
particuliers. Dans ce cas, « le cours est une réponse à des questions que
les élèves se sont effectivement posées » comme le préconisait déjà
Edouard Claparède voici près d’un siècle !
Ce qui renouvellerait également le sens de
l’expression « savoir vivre ensemble »…
Georges HERVE, juin/juillet 2006
***
Cet établissement secondaire
innovant, qui compte notamment André Giordan et Albert Jacquard dans son «
comité scientifique », accueille actuellement des adolescents à la sortie de
l'école primaire (11 ans) dans un «cycle d'orientation » de 3 ou 4
ans. Il est prévu qu'il se prolongera par un second cycle secondaire par la
suite. « Un des principes
fondamentaux du lycée est de mettre l'élève en situation de coopération avec ses camarades de classe. Dans la coopération, il n'y a plus de perdants. L'aidant y
apprend autant que l'aidé. Il s'y ajoute qu'un travail qui ouvre sur la discussion, sur l'échange d'idées et sur
la convivialité est le plus souvent plus motivant qu'un travail
solitaire. Finalement, le travail en équipe est une compétence importante, tant
dans la vie professionnelle que dans la vie privée.
Dans les projets à thème, les enfants
ont l'occasion de chercher des réponses à des questions qu'ils se posent
eux-mêmes relativement à un thème. Pour libérer ces recherches du carcan des
disciplines, les branches à projets sont des branches interdisciplinaires : art
et société, science et technique, sport et santé, éducation aux valeurs. Chaque
projet a une durée minimale de six semaines. Les points de départ des projets
sont les connaissances, les expériences, les
questions, bref le vécu des élèves. Les recherches menées à l'occasion des
projets sont régulièrement alimentées
par des interventions spécialisées plus ou moins étendues menées par des
enseignants ou des intervenants externes.
La
coopération et les projets forgent ainsi l'école en tant que lieu de travail et
lieu de vie. Les élèves continuent à travailler ensemble en dehors des cours,
disposant à l'école de tous les moyens utiles de documentation et de
communication. Les enseignants travaillent en équipes pédagogiques, chacune
prenant en charge quatre classes de la même année d'études. Chaque équipe
pédagogique se compose de huit enseignants et de deux éducateurs gradués qui s'occupent collectivement de
l'apprentissage des élèves de quatre classes. Chaque enseignant assure
le tutorat pour
une dizaine d'élèves.
Pour
favoriser respectivement, pour rendre possible ces procédures, le lycée adopte
un régime à plein
temps. La présence des élèves est
obligatoire de 8 heures à 16 heures 30 du lundi au vendredi. Le lycée est
ouvert de 7 heures 30 à 18 heures. La
journée comprend 3 unités de cours entrecoupées par des phases d'étude et de
relaxation. D'une manière générale, des éducateurs seront responsables de ces
phases-là.
Au fil du
temps, le lycée soutient l'élève dans son apprentissage en respectant son rythme personnel : le lycée introduit des unités de « perfectionnement ». Elles
permettront d'une part à l'élève d'approfondir individuellement son savoir et de perfectionner ses savoir-faire dans des
sujets qui lui posent encore des problèmes, d'autre part d'avancer dans
des domaines qui l'intéressent tout particulièrement.
Un autre
principe fondamental du nouveau lycée consiste dans la séparation entre
formation et jugement. Si l'on souhaite que
les enseignants puissent établir des relations de confiance et de complicité
avec les élèves, il est essentiel de
les décharger de la contrainte permanente des devoirs collectifs et des notes
éliminatoires. Au nouveau lycée : l'évaluation de l'élève se
fera à travers les appréciations des travaux de l'élève par l'équipe pédagogique. Le premier but de cette évaluation est
de donner à l'élève et à ses parents un feed-back sur le processus d'apprentissage. Cette évaluation ne
décide pas de la promotion de l'élève, mais recueille les informations nécessaires au conseil de classe pour
émettre à la fin de chaque année scolaire une proposition d'orientation.
A la fin du cycle d'orientation, un jury composé de 3 professeurs externes et d'un membre
de la direction du nouveau lycée prend
les décisions de promotion et d'orientation, sur base du portfolio ainsi que des avis de l'équipe pédagogique, de l'élève et de ses parents.
Le portfolio est le dossier qui regroupe les productions des élèves, les
commentaires et appréciations des enseignants ainsi que les réflexions
personnelles de l'élève.
Pour
promouvoir une ouverture d'esprit vers des domaines qui ne sont pas typiquement
scolaires, chaque élève participera à une
activité complémentaire. Le
nouveau lycée offre des activités complémentaires dans les domaines
suivants : cirque, théâtre, musique, artisanat, jardinage. »
http://neielycee .web .myschool .1u/Common/ViewWebSpace
.aspx?Web Suace1D= 8 5 &V is ibi lity=2
***
Patrick HUBERT Le 21 juin 2006
Conseiller Principal d’Education
EREA Claude Brosse
71850 CHARNAY LES MACON à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale
s/c de Monsieur le Recteur de l’Académie de Dijon
s/c de Madame et Monsieur les IA-IPR Vie Scolaire
s/c de Monsieur le Chef d’Etablissement de l’EREA
Monsieur le Ministre,
Au JO du 12 mai 2006 sont parus deux textes - Décret N°2006-533 DU 10-5-2006 (Note de vie scolaire) et arrêté du 10-5-2006 (Conditions d'attribution d'une note de vie scolaire) - portant votre signature concernant la mise en place d’une note de Vie Scolaire qui serait attribuée trimestriellement à chaque élève scolarisé de la 6ème à la 3ème, cette note devant de plus entrer dans le décompte des points pour l’obtention du Brevet des Collèges.
Après en avoir débattu avec plusieurs collègues CPE, mais aussi des enseignants et des Chefs d’Etablissement, j’ai pris la décision de faire acte d’objection de conscience en vous annonçant que je ne participerai pas à la procédure d’attribution de cette note dans l’établissement où j’exerce.
Permettez-moi de vous en donner les principales raisons, dont les plus fondamentales concernent le fait que les critères proposés dans les textes susvisés me paraissent éminemment non « chiffrables » :
- Dans les différents domaines disciplinaires (j’ai été personnellement professeur de Sciences Physiques durant vingt années), toutes les études docimologiques montrent qu’une note est toujours entachée d’une subjectivité qui peut parfois être très importante. Comment n’en serait-il pas de même dans ce domaine si particulier ?
- Comment « noter » l’assiduité ? Faudra-t-il comme dans une dictée, démarrer à 20 et retirer un point à chaque journée d’absence ou retard qui nous paraîtra suspect ?
- Plus difficile encore me semble la « notation » du comportement : faudra-t-il attribuer une valeur chiffrée « négative » aux incivilités légères (crachat dans la cour, bousculade involontaire non excusée, non salutation, port de la casquette, etc.), aux insultes (en dressant une typologie de ces dernières ?), aux bagarres, à l’utilisation abusive, voire délictuelle, du téléphone portable, etc. ?
Si on « entre » dans votre demande de mettre une note de Vie Scolaire, il paraît alors logique de ne plus mettre d’autres sanctions par ailleurs. En effet, prenons le cas d’un élève de troisième qui aurait été exclu une ou deux journées pour un fait suffisamment grave pour avoir été sanctionné de la sorte : quelle note lui attribuer ? Difficilement, vous en conviendrez, la sacro sainte « moyenne » ! Mais alors n’y a-t-il pas là mise en échec de notre interdiction juridique dite de la « double peine » ? Comment alors prétendre encore se trouver dans une Ecole à fonction éducative ? Un Chef d’Etablissement à qui j’en parlais se demandait même comment le Conseil d’Etat, ou le Tribunal Administratif, si ils sont saisis par une famille, pourra ne pas « casser » la note en question !
- Vous proposez de « rajouter des points » (du moins ai-je compris ainsi vos décrets) en tenant compte de la réussite éventuelle à l’ASSR ou à l’AFPS (laquelle est davantage une formation « civique » qu’un « examen »). Mais là aussi, il s’agira de pénaliser « par défaut » doublement celui qui aura échoué, puisque ses camarades qui auront réussi auront non seulement ce « diplôme », mais aussi des points supplémentaires !
Non, décidément Monsieur le Ministre, je ne vois pas comment je pourrai mettre ne serait-ce que « le petit doigt » dans cet engrenage qui risque fort de conduire à l’inverse de l’effet que vous en escomptez. A savoir que nous (CPE, mais aussi Professeurs Principaux et Chefs d’Etablissement) serons plus encore soumis à la pression de certains élèves, voire de certaines familles, mais surtout que les conséquences de cette mesure, décidée sans réelle concertation (et contre l’avis d’une large majorité du CSE), risquent fort de se traduire par une dégradation des conditions de travail dans les collèges, et une augmentation de la violence que vous souhaitez légitimement, tout autant que nous qui sommes aux « premières loges », combattre ! Permettez moi plutôt de vous inviter, pour atteindre cet objectif d’une diminution des violences scolaires, et pour réellement contribuer à l’éducation des jeunes qui nous sont confiés, à consulter la Coordination Française de la Décennie pour une Education à la Non-violence et à la Paix au profit des enfants du monde (Décennie 2001-2010 adoptée à l’unanimité par l’ONU), dont plusieurs des associations membres (certaines étant d’ailleurs reconnues par votre Ministère depuis quelques années) ont développé des outils et un programme de la maternelle à la troisième, dont il ne manque plus que la volonté politique pour la développer et la généraliser à l’ensembles des écoles et collèges français.
Pour conclure, croyez bien, Monsieur le Ministre, que je suis d’accord pour « évaluer » (je crois déjà, en collaboration avec les enseignants et l’équipe Vie Scolaire, le faire !) le comportement des jeunes qui nous sont confiés. Mais nous le faisons « qualitativement », dans une logique et un objectif éducatifs (et cela n’est déjà pas toujours simple !), par exemple en mentionnant sur les bulletins scolaires telle ou telle aptitude « citoyenne », telle ou telle contribution à la vie de l’établissement, etc., mais aussi, croyez le, en mentionnant tel ou tel comportement dommageable et/ou critiquable, et ceci en cohérence éducative avec nos interventions et sanctions (lesquelles ne doivent pas qu’être « négatives » !) quotidiennes !
Merci donc, Monsieur le Ministre, d’accepter et reconnaître mon acte d’objection de conscience à l’égard des deux textes susvisés.
Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, quelle que puisse être la personne qui occupe votre fonction éminemment respectable, à ma volonté de continuer à exercer ce métier que j’ai choisi, en cohérence avec l’éthique éducative que je me suis efforcé de vous faire connaître dans ce courrier, pour contribuer à « faire grandir » les jeunes de toute origine qui sont accueillis dans mon établissement. J’ai l’intime conviction, ce faisant, de travailler au service de la fraternité dans notre pays !
Patrick HUBERT
***
Communiqué
de presse de DEFENSE DES ENFANTS – INTERNATIONAL.
Pour
DEI-France le texte adopté par le conseil des ministres du 28 juin 2006 sur la
prévention de la délinquance est très préoccupant par les mesures
préconisées, mais également par l'esprit qu'il développe.
Il
est déjà consternant que le gouvernement identifie les enfants, aux côtés des
malades mentaux et des délinquants sexuels, comme principaux fauteurs
d'insécurité, et les familles comme les seules sources des difficultés que les
enfants délinquants ont à connaître. Il est tout aussi consternant qu'il entende
transformer les maires en « shérifs », centralisateurs d'informations
sensibles au mépris des exigences du secret professionnel des travailleurs
sociaux. Les élus de proximité jouissent aujourd'hui de la confiance de la
plupart de leurs administrés. En serait-il encore de même si, à l'encontre de
la majorité d'entre eux toutes tendances confondues, ce projet de loi devait se
concrétiser ? Leurs arbitrages budgétaires ne doivent-ils pas privilégier les
équipements culturels, sportifs et sociaux sur les caméras de
vidéo-surveillance et la police municipale ?
S'il
est exact d'affirmer que le recul de la délinquance « exige aussi la
mise en œuvre d’une politique de prévention globale et cohérente »,
il est faux de prétendre que le texte présenté par le ministre de l'Intérieur
contribue à cette politique globale et cohérente.
En
vérité, DEI-France constate que l'on propose la répression, l’éducation
musclée et la psychiatrisation des enfants comme seules stratégies de
« prévention » ! Toutes les expériences jusque là conduites
montrent qu’aucune des diverses mesures répressives des libertés fondamentales,
couvre-feux pour mineurs, écoles grillagées, sanctions immédiates, détentions
en centres fermés, ou encore injonctions de soins infondés, ne se sont révélées
effectivement préventives de la récidive. À quoi il faut ajouter que la
privation de prestations sociales pour les familles dont un membre se serait
rendu coupable d’une infraction quelconque réintroduit le principe de la
punition collective, formellement interdite par tous les principes qui fondent
le droit républicain. Sans nier qu'il faille faire preuve de réactivité et de
fermeté face à l'engagement d'un enfant dans la délinquance, qui peut ignorer
désormais l'inanité de la stratégie développée par le ministre de
l'Intérieur ?
Au
passage, il porte gravement atteinte au droit pénal des mineurs français, atteintes
dont il faudra rendre compte au plan international, notamment devant le
Comité des experts de l’ONU qui doit entendre le gouvernement français en 2007
sur les applications de la Convention Internationale sur les Droits de
l'Enfant :
1.
il introduit le flagrant délit pour les mineurs en déniant le temps nécessaire
de l'instruction et de l’éducation ;
2.
il permet le recours à la composition pénale dès 13 ans, c'est-à-dire
qu'il donne aux parquets le pouvoir d'injonction sur les mineurs
délinquants ;
Et
l'on sait que le souci du ministre de l'Intérieur est d'abaisser la majorité
pénale à 16 ans pour pouvoir appliquer aux 16-18 ans le droit des majeurs.
DEI-France
s'interroge sur l'opportunité de cette quatrième réforme de l'ordonnance
du 2 février 1945 sous la même législature alors que, dans le même
temps, on se targue d'une baisse de la délinquance ! Les législateurs et
les gouvernants de 2002, 2003, 2004 et 2005 auraient-ils été à ce point
défaillants ou la délinquance juvénile aurait-elle brutalement explosé ? À
en croire les chiffres du ministère de la Justice (Infostat n° 86 de mars
2006), elle s'est stabilisée sur 2005, voire a légèrement diminué.
DEI-France
observe qu'en vérité la stratégie développée est une stratégie de camouflage :
-
on camoufle la défaillance policière (taux d'élucidation très faible des
affaires connues) par une prétendue faiblesse des juridictions ;
-
on camoufle la non-réduction de la fracture sociale par un faux procès fait
aux magistrats de l’enfance ;
-
on camoufle les causes réelles des inégalités et des injustices sociales en
faisant porter la responsabilité de leurs conséquences aux élus locaux, et dans
tous les cas aux familles.
Il
est clair qu'au lendemain des événements de l'automne 2005 un rendez-vous avec
l'Histoire a été raté. Les mesures sociales et institutionnelles qui
s'imposaient n'ont pas été prises et le feu couve toujours tant dans les
banlieues que dans certaines zones rurales, comme peuvent en témoigner tous les
acteurs associatifs et institutionnels, et notamment la police elle-même. Le
projet de loi prétend viser à prévenir de nouveaux accès de violences, mais ne
répond en rien aux problèmes des enfants, des jeunes et des familles de ces
territoires, à l’égard desquels les promesses formulées dans la chaleur du
moment, en matière d’emploi ou de logement notamment, n’ont pas été tenues.
DEI-France
souhaite que l'examen de ce texte au Parlement soit l'occasion de décliner
réellement les éléments d'une politique globale et cohérente de prévention de
la délinquance qui passe notamment :
-
par un soutien, une écoute sincère et un accompagnement respectueux des parents
dans l'exercice de leurs responsabilités, en évitant tous les mécanismes de
stigmatisation et de culpabilisation, en tenant compte de la diversité des
situations familiales notamment pour les familles issues de
l'immigration ;
-
par une aide aux enfants et à leurs familles pour accéder à des conditions de
vie décente, en matière de santé, logement et éducation ;
-
par une aide aux enfants issus de l'immigration à voir s’ouvrir de réelles
perspectives de promotion dans ce pays, en luttant enfin efficacement contre
toutes les discriminations dans les accès à la formation, à la culture et à
l’insertion professionnelle ;
-
enfin, par la promotion des droits des enfants selon les exigences de la
Convention Internationale d'où découlera de leur part une meilleure compréhension
des exigences du vivre ensemble et de la part de tous les citoyens un meilleur
respect de loi.
Paris,
le 30 juin 2006
Contacts :
06 70 14 86 31 ; 01 43 01 93 65
dei@bernard-defrance.net
Défense
des Enfants International – section française : www.dei-france.org
***
5 défis pour les 10 années à venir
24 – 25 novembre 2006 : Colloque organisé par les Editions Chronique sociale 7, rue du Plat – 69288 Lyon cedex 2 et le GFEN
Cette
initiative se veut un lieu :
- de confrontation de constats
effectués et d'analyses réalisées,
- d'échanges d'initiatives prises,
de partis pris,
- d'élaboration de propositions
concrètes pour garantir une école de la réussite pour tous.
Cette
initiative s'adresse :
- aux acteurs du système éducatif et
à leurs organisations : élèves, parents, enseignants, personnels administratifs
et techniques, ...
- aux décideurs politiques et
économiques : élus nationaux et locaux, chargés de missions, organisations
professionnelles, ...
Cette
initiative s'appuiera :
- sur le partenariat préalable avec
des organisations ou institutions intéressées par la démarche et en accord avec
les textes de positionnement élaborés par le GFEN et la Chronique sociale,
- sur l'appui d'intervenants dont la
réflexion et/ou la pratique sont susceptibles d’enrichir les travaux pour
provoquer un réel dialogue lors du colloque,
- sur le soutien matériel et
financier d'organisations ou d'institutions afin de garantir des conditions de
travail et de participation accessibles à tous.
L'école est le reflet des évolutions de notre société. Elle
subit de plein fouet la crise économique,
sociale et morale, la montée de l'individualisme. Elle voit se développer la marchandisation,
l'élitisme, et contribue à accompagner l'exclusion. Critiquée de toutes parts,
elle est le lieu d'enjeux contradictoires entre l'attachement à un idéal
démocratique et émancipateur et la dérive vers un nouveau marché lucratifs.
Une série de constats
- Le niveau moyen des jeunes s'est
considérablement élevé ces vingt dernières années. En même temps, cet
accroissement a moins profité aux enfants des milieux populaires, creusant
ainsi le fossé des inégalités.
- Des idées neuves foisonnent, des
solutions produites par les mouvements d'éducation nouvelle et d'éducation
populaire, les associations d'enseignants, de parents, recherches
institutionnelles (INRP, Sciences de l'Éducation, ...) sont méconnues, peu
diffusées, ignorées voire combattues.
- L'ambiance est à la nostalgie dans
une société en quête de repères. De vieilles recettes qui sont loin d'avoir
fait leurs preuves sont recyclées et resservies massivement comme réponses aux
inquiétudes du moment.
- Depuis trente ans, de multiples
réformes n'ont jamais abouti et pour certaines n'ont même pas été mises en
œuvre.
C'est ainsi que le possible se réduit : les conceptions
fatalistes gagnent du terrain, les différences scolaires sont «
naturalisées", les filières renaissent, la croyance dans les dons
réapparaît. De la même façon, on assiste à une pathologisation de la difficulté
scolaire.
Dans ce colloque, il s'agit de considérer l'acte éducatif
dans toute sa complexité pour sortir des clivages récurrents entre pédagogie et
centration sur les savoirs.
Nous souhaitons y faire émerger des points nodaux, des
leviers qui peuvent permettre de transformer les pratiques autour de 5 défis
construits sur cinq idées-forces :
§
Lutter contre l'ennui
dans l'école en mobilisant sur les savoirs. Innover, dépoussiérer les
vieilles recettes
·
Construire
une (re)mobilisation des élèves dans
l’activité même et
par la compréhension des processus mis en œuvre.
·
Proposer
les savoirs, non comme des produits finis, mais comme les fruits d’un processus
complexe
·
Permettre
aux apprenants de vivre la conquête de ces savoirs comme une aventure.
·
Développer
la pédagogie du projet au service de l'engagement dans les apprentissages.
§
Penser les savoirs à
la hauteur des enjeux d'aujourd'hui. De l’ambition... pour tous
·
Introduire
les savoirs pour le citoyen d'aujourd'hui
·
Une
autre conception du SMIC : passer du Savoir Minimum Individualisé et Coercitif
au Savoir Maximum Interactif et Coopératif
·
Penser
autrement la formation : créer des situations d'invention, de création et
d'émancipation
·
Inventer
et mettre en oeuvre des pratiques de construction des savoirs.
§
Faire de
l'hétérogénéité un levier pour l'apprentissage
Tous différents, mais avant
tout, capables
·
Passer
de l'individualisation à l'individuation : la place du sujet dans
l'apprentissage
·
Sortir
de la culpabilisation, de la précarisation, du déficit théorique. Renforcer la
capacité à chercher, construire collectivement des savoirs.
·
Poser
un regard exigeant sur l'acte éducatif.
§
Repenser l'évaluation
comme outil et moteur d'apprentissage Sortir de l’obsession de la mesure, de l’étiquetage, de la mise en ordre
·
Considérer
l'évaluation comme une information mutuelle, indispensable à l'enseignement et
à l'apprentissage
·
Avoir
le souci de rendre les élèves conscients et autonomes dans un parcours de
formation.
·
Faire
de l’évaluation, un outil pour apprendre et non pour exclure.
Développer un réel partenariat sur les bases du respect et
de la reconnaissance réciproque du rôle de chacun
Capitaliser les intelligences, les savoirs et les énergies
·
Amener
les partenaires éducatifs à transformer leurs représentations réciproques et
travailler ensemble dans la confiance.
·
Articuler
l'expérience professionnelle, les forces citoyennes et militantes et les
compétences issues de la parentalité.
·
Concevoir
l’École comme espace d'échanges, de création et d'élaboration de savoirs.
·
Interroger
les politiques de décentralisation, de déconcentration à la lumière des enjeux
d’aujourd’hui.
Parce que nous sommes convaincus qu’il est possible d’agir,
nous voulons faire de cet événement un outil qui puisse servir de référence et
de moteur à tous ceux qui travaillent à d’autres changements et souhaitent
diffuser leurs recherches et leurs pratiques.
***
Problématiques, pratiques, enjeux
Ouvrage collectif coordonné
par Serge Ginger, Edmond Marc, Armen Tarpinian
Editions
Dunod - Collection: Psychothérapie
Prix
: 27 euros. En librairie à partir du 06 juillet 2006
Que signifie aujourd’hui : « être
psychothérapeute » ?
La
profession de psychothérapeute existe depuis des décennies. Elle s’est elle-même
donné en France comme en Europe des règles de fonctionnement rigoureuses.
Ce
livre témoigne de la réalité d’un « métier méconnu » : de ses
finalités, de ses pratiques et de leur évolution. Il en montre les enjeux
vitaux, tant individuels que culturels et sociaux.
Il
répond également à des questions essentielles telles que « Quelle aide
peut apporter une psychothérapie ? », « Qu’est ce que la santé
psychique ? », « Comment prévenir et traiter la psychopathologie
sociale ? ».
En
toile de fond se trouve affirmée la nécessité de ne pas réduire la
psychothérapie à la psychopathologie.
Dissipant
la méconnaissance dont elle pâtit, cet ouvrage éclaire les lecteurs sur les
acquis essentiels d’une profession dont la place et le rôle social ne cessent
de s’étendre, en France comme dans tous les pays démocratiques.
Il est destiné à tous ceux et celles qui veulent comprendre le sens véritable de ce beau métier.
***
A ce sujet, Armen Tarpinian écrit :
« Disons plus : l’aventure psychothérapique ne
se limite pas au bénéfice que chacun peut en tirer individuellement. Les
connaissances qu’elle apporte peuvent inspirer, de façon collective, de
nouvelles pratiques éducatives, sociales et culturelles. Mais les responsables
politiques, notamment de l’éducation
et de la santé, et les citoyens en général n’ont pas encore pris la mesure de
l’immense économie de souffrances, de pathologies individuelles et sociales (et
de coûts financiers exorbitants) qu’une application bien orientée, pondérée, de
ces savoirs intérieurs entraînerait
L’idée n’est pas que les enseignants, les soignants, les
juges, les policiers, les politiques, passent par une psychothérapie. Mais de
souhaiter que dans le concret de leurs
activités, ils soient formés à faire évoluer leurs qualités relationnelles en
portant plus d’attention aux sentiments et jugements de valeur qui les
motivent. Cette transformation personnelle retentirait d’autant plus
positivement sur l’institution d’appartenance que celle-ci s’en ferait
l’instigatrice. Transformation personnelle et transformation sociale
s’appellent l’une l’autre.
En ces temps de très grande difficulté, il n’est pas un luxe d’en rêver pour l’école : en réalité, ce qui paraît de l’ordre de l’utopie dans une France où l’obsession est de s’en tenir à une transmission pure et dure des savoirs, est en voie d’expérimentation et de validation en des pays comme le Canada ou la Finlande, les États-Unis et la Suisse, entre autres. En vérité, dans le système éducatif en général, la connaissance de soi et la relation à autrui demeurent des savoirs non transmis. La « psychique » qui désigne ce continent du savoir, n’a pas dans la cité, dans nos écoles, le centième de la place qui est faite à la physique ou à la biologie ; l’art de vivre est loin d’avoir la place, pourtant pauvre, qui est accordée aux beaux-arts. Cet art est pourtant une condition essentielle pour une bonne appropriation des savoirs et une réussite humainement comprise : la tête et le cœur bien faits… »
***
Parmi les 20 auteurs, on notera certains noms déjà connus des lecteurs de la Lettre de Réveil, comme Maridjo Graner, Charles Rojzman et Armen Tarpinian.
***
Propose,
dans son numéro 468 de juin 2006,
“La
santé communautaire est une approche à la fois globale de la santé, vue comme
un bien être de la personne, et participative : chacun, sur son territoire, est
le principal acteur de sa santé et de celle de ses proches. Il n’y a rien là
que vous ne sachiez déjà : l’amour chasse plus efficacement le mal de crâne que
le paracétamol ! “Et pour le cancer, l’amour, ça marche ?”, lancera, un
brin énervé, le sceptique. Ben oui, les liens sociaux et humains qui unissent
un malade à son entourage l’aident à combattre la maladie. Mais pas seulement :
il y a aussi l’alimentation, le cadre de vie, la prévention au travail,
l’information et le dépistage, etc. Autant de choses qui nécessitent des
professionnels, bien sûr, mais tout autant une mobilisation volontaire des
populations qui doivent créer leur propre dynamique de santé, et ne peuvent
être cantonnées à rester des sujets soignés par des rois en blouse blanche.”
SOMMAIRE du dossier :
Pour comprendre
Santé communautaire : nous sommes tous concernés, par Marc Schoene
élus locaux et santé -> Lire l’article : <http://www.adels.org/territoires/469.htm#a>
Les droits des malades, par Raphaëlle Cadet
Pour débattre
La santé publique séduite, mais pas totalement convaincue, rencontre avec Vincent Baudot
Subversive, la santé communautaire ? Par Philippe Lefebvre
Pour échanger
La santé communautaire de Montréal à Salamanque, par Josette Sagot
Bondy : Cancer du sein, une préoccupation locale
Mulhouse : L’éducation à la santé et le lien social : indissociables, entretien avec Christine Bour Maeder
Le Haut-Nyonsais soigne ses aînés
Lorient parie sur la participation pour sa politique de santé publique, entretien avec Sabrine Evano
Nord-Pas-de-Calais : Le Pari, un lieu d’écoute et de soins
Pour aller plus loin sur le sujet
Sélection de ressources : <http://www.adels.org/territoires/469.htm#p>
Un dossier en coopération avec l’institut Renaudot pour la santé communautaire
<http://renaudot.free.fr>
Hors Dossier
Conférences / Retour aux sources : l’exemple de la remunicipalisation du
service d’eau de Grenoble, par Raymond Avrillier
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