LA LETTRE DE R

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.  N°8         AOÛT 2001

 

Sommaire

 

q       Un débat sur les notions de cultures est-il possible ?

q       Une réaction du Docteur Guy VERMEIL

q       2 ouvrages récents :

q       Innover au cœur de l'établissement scolaire (2000)

q       La Machine-Ecole (à paraître)

 

q       Et toujours :

 

·       Si vous voulez soutenir notre action…

·       Ou si vous souhaitez ne plus recevoir cette lettre…

·       Cette lettre se voudrait plus interactive…

·       Dernières nouvelles du site Internet de R.E.V.E.I.L.

 

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Un débat sur les notions de cultures est-il possible ?

 

Plusieurs références à une “ culture commune ” que l’École se devrait “ d’apporter ” à tous les jeunes, récemment relevées sous différentes plumes, me renforcent dans l’idée qu’un certain consensus pourrait n’être qu’apparent et masquer de réelles divergences entre des personnes sincèrement attachées à une rénovation en profondeur de notre système scolaire. Les multiples connotations du mot “ culture ” reflètent en effet les particularités de nos cultures personnelles et risquent d’échapper à toute analyse critique de notre part, tant elles s’imposent à chacun de nous comme des “évidences ”. Seul un débat collectif fait d’échanges multiples permettra de dépasser ces “ évidences ” dans lesquelles nous pourrions être enfermés et de préciser les différentes sortes de cultures à prendre en considération : car la notion même de “ culture commune ” - sauf à en faire une culture unique, hégémonique, celle qui s’écrit avec une majuscule – n’implique-t-elle pas l’existence d’une multiplicité de formes de “ cultures particulières ” ? Ce débat me paraît donc plus que jamais nécessaire. Le texte suivant, comme le précédent[1], voudrait avant tout suggérer quelques pistes de réflexion et surtout ne pas clore le débat avant qu’il ne soit amorcé.

 

Sous l’expression “ culture commune ”, j’ai cru retrouver, à plusieurs reprises, l’idée classique[2] de “ culture générale ”. La plupart d’entre nous sommes encore marqués par nos années de Lycée, même si elles sont parfois lointaines aujourd’hui. Ces années au cours desquelles nous avons intégré ( ?) un ensemble de savoirs et de savoir-faire dans des domaines variés, “ instruction générale ” destinée à nous conférer la qualité de femmes et d’hommes “ cultivés ” avant que nous ne nous spécialisions professionnellement. N’était-ce pas la mission première de l’enseignement secondaire que de “ former ” des “ honnêtes hommes ” (au sens du 18ième siècle, époque où nos Lycées plongent leurs racines) ? C’est à dire de “ donner ” une “ culture commune ” entendue comme un ensemble de “ savoirs communs ”, qui allaient ensuite être complétés par des “ savoirs spécialisées ” nécessaires à l’exercice professionnel. Le caractère général de cette culture commune imposait à tous les Lycéens, quelle que soit la filière (littéraire ou scientifique[3]),  de se frotter, que cela leur plût ou non, à toutes les disciplines jugées “ fondamentales[4] ” : le baccalauréat, premier grade universitaire, devait vérifier les connaissances acquises dans chacune de ces disciplines[5]. Sans illusions excessives quant à la durabilité de ces savoirs, d’ailleurs, si l’on en croit la fameuse définition de “ La Culture ” attribuée à Edouard Herriot[6], l’essentiel résidant plus dans une sorte d’empreinte laissée dans les esprits par les savoirs appris que dans ces savoirs eux-mêmes. C’est ainsi que l’on pouvait parler de “ culture intellectuelle ”, commune à tous les Lycéens, comprenant principalement trois volets : une culture littéraire, une culture scientifique, et, (très) accessoirement, une culture artistique.

Avons-nous fondamentalement changé de point de vue aujourd’hui ? Le fait d’envisager d’ajouter un volet supplémentaire, celui d’une “ culture technologique ” pour former l’“ honnête homme du 21ième siècle ” inclinerait à penser que non.

 

Il semble que nous ayons quelques difficultés à sortir de cette conception d’une Ecole qui ne peut être unique que dans la mesure où tous les élèves s’y voient transmettre les mêmes savoirs disciplinaires. Ensemble de savoirs traditionnellement considérés comme “ fondamentaux ”, ou élargi à de nouvelles disciplines comme la technologie, l’informatique, l’économie… Elargissement qui pose un sérieux problème d’ailleurs : comment ajouter de nouveaux champs de savoirs sans rogner sur les horaires et les programmes de ceux qui sont déjà enseignés ? Claude Allègre et Philippe Meirieu s’y sont heurtés lorsqu’ils ont tenté de réformer les Lycées[7]

Prenant en compte l’extrême hétérogénéité des collégiens, le rapport Fauroux avait avancé l’idée d’une “ culture minimale commune ”[8], immédiatement caricaturé comme un “ SMIC culturel ”. Pourtant, ne pourrait-on envisager cette hypothèse en considérant que la culture commune n’est que l’intersection de cultures particulières diverses ?

 

Dans sa critique du rapport Fauroux[9], Philippe Meirieu pose la vraie question “ vers quel projet d’homme et de société ” voulons-nous aller ? L’expression “ honnête homme du 21ième siècle ” peut servir de fil conducteur dans la mesure où elle contient à la fois l’idée de projet et celle de contraintes du réel.

 

Est-il nécessaire de rappeler que si, au siècle de l’Encyclopédie, il était possible qu’une personne ait “ des lumières dans tous les domaines du savoir ”, l’accroissement exponentiel de la masse des connaissances qui a caractérisé le siècle passé et qui ne devrait pas fléchir dans les décennies à venir, ruine toute conception encyclopédique de la culture générale. L’honnête homme du 21ième siècle est condamné à une ignorance encyclopédique ! ! !

Mais, dans le même temps, il est condamné à ne jamais s’arrêter d’apprendre ne serait-ce que pour ne pas perdre pied dans son époque. Tel est le paradoxe auquel nous devons faire face aujourd’hui.

 

La mission première de l’Ecole d’hier était de transmettre un ensemble jugé nécessaire et suffisant de “ connaissances de base ” ;  l’Ecole d’aujourd’hui et de demain devra d’abord donner aux jeunes l’envie et les moyens de poursuivre indéfiniment l’étude. Rivons le clou : on ne peut penser l’Ecole aujourd’hui que dans le cadre d’une Education permanente.

L’envie, le goût d’apprendre, il faut reconnaître que notre époque – à l’école ou hors de l’école – ne les favorisent pas. Faut-il en rester à ce constat ? L’envie d’apprendre n’est-elle pas normalement présente chez tous les très jeunes enfants ? Quels sont les facteurs qui la font décroître plus ou moins rapidement chez nombre d’enfants scolarisés ? Quels sont ceux qui la maintiennent ou même la développent chez certains ?

Quant aux “ outils ” (savoirs et savoir-faire) qui permettront de continuer de s’instruire au-delà de la phase première que constitue l’Ecole, peut-il ne s’agir que d’une somme de connaissances apprises durant les 10 ou 12 ans de scolarité obligatoire ? Quels sont les savoirs et savoir-faire – et sans doute savoir-être -  vraiment indispensables ? A quelles conditions seront-ils opérationnels ?

 

Autre piste de réflexion : la démarche actuelle encore généralement admise est qu’il faut d’abord apprendre de tout un peu avant de se spécialiser dans une voie, une discipline – ce qui éloigne ensuite de toutes les autres[10]. Par principe, la spécialisation est conçue comme devant être définitive et irréversible, d’où la nécessité de la retarder le plus possible.

 

Ne pourrait-on imaginer une autre démarche ? Par exemple qu’après avoir acquis des “ outils de base ” (à définir : cf. supra), les jeunes choisiraient progressivement et pourquoi pas dès le Collège, des parcours individualisés dans des voies particulières (où ils pourraient atteindre l’excellence, selon une expression à la mode) tout en situant leur(s) spécialité(s) dans un contexte général élargi (par exemple en participant à l’étude de problèmes concrets, donc complexes, à travers des projets menés au sein de groupes hétérogènes plus ou moins étendus selon le cas ?). A une spécialisation qui sépare, qui éloigne de ceux qui se sont engagés sur d’autres voies, ne pourrait-on substituer une spécialisation qui conduit à élargir le champ de ses intérêts et de ses connaissances et donc à se rapprocher des autres ?

 

Ne peut-on imaginer une “ Ecole unique ” où, à partir d’un certain niveau, alterneraient des parcours individuels largement diversifiés et des moments de recherche en commun qui donneraient du sens à l’étude et permettraient faire émerger une culture commune par la pratique? N’est-ce pas l’idée qui sous-tend les actuels projets de Collèges pionniers ? 

 

                                                                                                            G.H. août 01

 

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En réponse à la Lettre de REVEIL de juillet, le Docteur Guy VERMEIL nous écrit : " Je suis heureux de voir des idées qui me sont chères partagées et propagées……. Je vous envoie … photocopie d'une communication que j'ai faite à l'Académie de Médecine [séance du 10 juin 1986] dans laquelle vous trouverez des chiffres et des graphiques qui complètent votre texte."

Cette communication sera disponible in extenso (notamment avec les graphiques) sur le site de REVEIL dès la mi-septembre. En attendant, en voici quelques extraits :

 

" Le moment où un enfant franchit pour la première fois la porte de la "grande école" est un événement capital de sa vie scolaire. On pourrait croire que ce "grand passage" va être entouré d'un maximum de sollicitude et un constate, malheureusement, que le poids des habitudes, l'ignorance des possibilités réelles des enfants et de leur rythme de vie, se conjuguent pour multiplier les erreurs. Nous allons insister sur trois d'entre elles au sujet desquelles les médecins ont leur mot à dire :

·         la méconnaissance des inégalités des vitesses de développement,

·         le poids du milieu social,

·         le non-respect des rythmes biologiques."

 

"…L'habitude s'est instaurée en France de faire coïncider l'âge du début de la scolarité obligatoire avec celui de l'entrée en cours préparatoire. C'est devenu un acte sacré de la vie sociale ; conseiller à des parents de différer cette entrée au CP est toujours mal accepté ; les parents préfèrent prendre le risque d'un redoublement et la loi leur permet d'imposer leur point de vue.

 

Et c'est là que commencent des erreurs irréparables : les statistiques du ministère de l'Education nationale nous apprennent que, parmi les élèves qui parviennent au 2ième cycle de l'enseignement secondaire long, aucun n'a redoublé le CP : les difficultés ou l'échec à ce stade de la scolarité ont des répercussions particulièrement graves et peuvent mettre en échec la scolarité tout entière."

 

"….. L'école française souffre gravement d'une confusion entre deux notions antinomiques : démocratisation et uniformisation. On ne peut pas mettre en plus grand péril l'égalité des chances qu'en imposant à tous les enfants du même âge le même programme, enseigné de la même façon et progressant à la même vitesse."

 

"… Toutes les études sur les rythmes de vie des enfants de 6 à 8 ans montrent que la majorité d'entre eux ne peut disposer que de 3 heures par jour pour les apprentissages scolaires, lorsqu'on fait en sorte de respecter le temps dont ils ont besoin pour leur sommeil, leur alimentation, leurs déplacements et leurs jeux…. La charge excessive des journées des écoliers français est dénoncée par tous… Or ces journées trop pleines alternent dans notre année scolaire avec un nombre disproportionné de journées de congé : 190 jours de congé pour 175 jours de classe…."

 

"Aucune des critiques que nous formulons ne suppose de révolution dans les habitudes scolaires ; quelques mesures de bon sens n'exigeant ni locaux, ni personnel supplémentaire, permettraient de réparer les erreurs les plus flagrantes…"

 

Rappelons que le docteur Guy Vermeil est ancien Chef de Clinique Médicale Infantile de l'Université de Paris, ancien Chef de service de pédiatrie au Centre Hospitalier d'Orsay. Il a publié de nombreux articles et livres dont le plus récent est Lièvres et Tortues, écrit en collaboration avec sa femme, Catherine Vermeil, publié aux éditions…..

 

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INNOVER AU CŒUR DE L'ETABLISSEMENT SCOLAIRE

Monica Gather Thurler

ESF 2000 collection Pédagogies-Recherche

 

L'auteur est maître d'enseignement et de recherche à l'Université de Genève. Avec Philippe Perrenoud, elle a fondé le Laboratoire Innovation-Formation-Enseignement (LIFE) dont elle assume la coordination.

 

"Faire évoluer les systèmes éducatifs pour qu'ils deviennent de véritables services publics, permettant la réussite de tous les élèves, est aujourd'hui une nécessité et un défi. Mais le changement, en éducation, dépend de ce que les acteurs de l'école en pensent et en font, individuellement et collectivement.

C'est pourquoi l'établissement, comme lieu de vie et de travail, peut être un catalyseur de l'innovation ou, au contraire, un frein ; il peut être un relais pour des réformes constructives ou un "ventre mou" qui reçoit passivement toutes les injonctions sans évoluer le moins du monde. C'est pourquoi il importe de cerner les conditions grâce auxquelles chaque établissement peut devenir un nœud stratégique du changement."

 

S'appuyant sur vingt années de travail de terrain comme chercheur et formatrice, et plus particulièrement sur son expérience de coordinatrice de la rénovation de l'enseignement primaire genevois de 1994 à 1999, l'auteur souligne l'importance de la coopération professionnelle dans toutes les  innovations. Le tableau ci-dessous, extrait de son ouvrage, présente de façon synthétique les relations entre le type de relations professionnelles les cultures professionnelles et le changement.

 

Relations professionnelles entre enseignants

 

Style de direction

Forme de consensus par rapport aux objectifs

Style de fonctionnement

Incidences sur le changement

Individualisme

Autoritaire libéral

Consensus faible

Anomie/mosaïque ; absence/précarité des liens

Changements ponctuels dans des domaines d'action spécifiques

Balkanisation

Décentralisation et séparation des dossiers

Accords partiels, projets juxtaposés

Coexistence pacifique

Richesse et dispersion, cohérence limitée

Grande famille

Pastoral, grand-père

Souci fédérateur ; valorisation des valeurs locales et de la continuité

Conservateur, fortement centré sur "l'image" ; évitement des conflits sociocognitifs

Réactivité plutôt qu'initiative

Collégialité contrainte

Chef d'orchestre

Consensus "guidé", imposé

Forte centration sur la tâche ; alternance entre pics d'activités et routines

Progressions collectives importantes selon la conjoncture, limitées dans la durée

Coopération professionnelle

Leadership coopératif

Concertation et régulation permanentes

Centration sur le développement professionnel et organisationnel dans la durée

Le changement comme composante organique de la vie de l'établissement

 

 

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LA MACHINE-ECOLE

Entretiens de Philippe MEIRIEU avec Stéphanie LE BARS

A paraître le 5 septembre aux éditions GALLIMARD - Folio

 

Il s'agit d'abord d'une ardente défense de la pédagogie, qui après avoir longtemps été considérée, selon un mot de Jean Vial, comme "une maladie honteuse"  est souvent moquée ou méprisée quand elle n'est pas accusée des pires maux. "Et c’est ce qui explique pourquoi, si la République a réussi, à force de réformes institutionnelles, à démocratiser l’accès à l’école, elle a échoué à démocratiser la réussite dans l’école. Car la pédagogie n’est pas seulement une “ utopie de référence ”, elle est aussi – et indissociablement – un formidable réservoir d’outils, de méthodes, de dispositifs pour permettre la construction d’un espace social où la transmission soit possible ; elle cherche inlassablement à aider les enseignants à mobiliser les élèves sur la culture et à accompagner chacun d’eux dans son accès aux savoirs. En se privant de toute cette réflexion, l’École de la République s’est condamnée à une démocratisation purement formelle."

Philippe Meirieu retrace son itinéraire de pédagogue : professeur de Français et de Philosophie en 1969, il croit "fermement, comme beaucoup d’autres, que l’on devait “ changer le monde ” et substituer à l’arrivisme individualiste de la “ société bourgeoise ”, la fraternité, la solidarité, la création collective qui nous permettraient de bâtir un “ monde nouveau ”. Il fait partie de ces "quelques hurluberlus… qui cherchent à faire passer dans l'école "le souffle de 68."…. je pratiquais une pédagogie que je voulais “ non-directive ”, inventant, au jour le jour, des activités nouvelles : travaux de groupes, exposés, improvisations théâtrales, ateliers d’écriture, élaboration d’un journal, enquêtes, réalisation de films, etc

Au début des années 70, il va profiter avec quelques collègues de la possibilité donnée par Fontanet de consacrer 10% du temps scolaire à des activités socio-éducatives, culturelles, pluridisciplinaires, avant d'effectuer un virage à 180°, à la fin de la décennie, en se lançant dans la "pédagogie par objectifs". Il entre alors dans un Lycée expérimental où il pourra valider son hypothèse privilégiée : celle de la pédagogie différenciée. "Je pus observer que la diversité des méthodes, des approches, des modes de regroupement des élèves multipliait leurs chances de réussite."

Devenu professeur d'Université, il va rapidement acquérir une réputation d'expert, ce qui amènera Claude Allègre à lui confier l'organisation de la consultation des Lycéens et de leurs professeurs en 1998. A ce sujet, il écrit, sous le titre " Redéfinir démocratiquement les finalités de l’école de la République", " Il est absolument incompatible avec la fonction de l’école d’en subordonner l’organisation à des sondages d’opinion et d’en juger l’efficacité à la seule satisfaction de ses usagers. Sa référence doit rester extérieure à l’ordre du marché social et économique ; c’est la condition même de son existence et de sa pérennité. (…) La consultation sur les lycées n’est nullement une opération visant à détruire l’école de la République, elle est le moyen de remobiliser tous les acteurs pour qu’ils se redonnent ensemble des finalités scolaires claires qui contribuent précisément à faire barrage aux exigences du marché. Certes, et c’est le lot de toutes les démocraties, il faut commencer par faire remonter toutes les demandes et pas seulement celles des élèves mais aussi celles des enseignants, des parents d’élèves, des partenaires économiques, des associations de spécialistes et des chercheurs. Mais il n’a jamais été question de s’arrêter là : nous savons bien que la somme de toutes ces demandes ne fera pas un projet cohérent, qu’il y aura nécessairement un saut qualitatif entre les opinions personnelles et collectives, les intérêts de tel ou tel groupe et la définition d’une finalité qui les transcende et leur donne sens en même temps. La chose n’est pas facile. Elle est engagée actuellement (…). Elle se poursuivra à travers les consultations que le ministre engagera avant le débat au Parlement qu’il a annoncé. C’est une véritable démarche politique qui est engagée : partir des personnes telles qu’elles sont, tenaillées par leurs inquiétudes et cherchant naturellement à obtenir satisfaction sur leurs intérêts spécifiques, les confronter, les accompagner, les faire travailler ensemble pour qu’elles découvrent les contradictions inévitables, apprennent à sortir du calcul à court terme et accèdent à une pensée cohérente de finalités communes. ”

Cette indispensable refondation de l'Ecole, prélude d'une réforme en profondeur de notre système scolaire, exige que tous les acteurs de l'Ecole jouent effectivement leur rôle : les syndicats d'enseignants, les fédérations de parents d'élèves, les mouvements d'éducation populaire, les universitaires, l'administration, les partis politiques qui, tous, actuellement semblent surtout "à la recherche de leur rôle".

De toutes façons .." Il est sans doute vain de rêver à un système scolaire qui exonère, une bonne fois pour toutes, ses enseignants et ses cadres de la détermination nécessaire à toute entreprise éducative. Il est illusoire de penser que les réformes de structures – aussi importantes, nécessaires et parfaites soient-elles - dédouaneront un jour les éducateurs de leur engagement pédagogique : parier, inlassablement, sur l’éducabilité des personnes et refuser, pourtant, toute forme de manipulation : multiplier les situations et les ressources qui permettent aux élèves de se mobiliser sur les savoirs ; créer les conditions pour qu’ils prennent le risque d’apprendre sans craindre le tâtonnement ; être attentif aux difficultés qu’ils rencontrent pour leur permettre de les surmonter : reconnaître chacun dans la spécificité de ses talents sans, pour autant, lui fermer la porte vers de nouvelles voies… Rien de tout cela ne peut-être garanti, à coup sûr, par une miraculeuse réforme."

 

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Si vous voulez soutenir notre action.

R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux personnes et  aux associations adhérant à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,  Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN.

La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 50 F, mais elle est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.

Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion pour 2001) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. à PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont déjà renouvelé leurs encouragement et leur soutien.

 

La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association.

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Je vous rappelle l'adresse de notre site Internet :

http://multimania.com/assoreveil

Si vous avez la version électronique de cette lettre, cette adresse vous est présentée en couleur et soulignée : il vous suffit de cliquer dessus lorsque le pointeur de votre souris est une main pour entrer sur le site.

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Dernières nouvelles du site Internet de R.E.V.E.I.L.

 

Visitez-le et donnez-vous votre avis : critiques, suggestions, conseils…

Vous y trouverez notamment :

-          L'intégralité de quelques documents "volumineux", comme le Plan Langevin Wallon et plusieurs projets d'établissements-pionniers ;

-          Des textes soumis à débats sur différents thèmes de l'éducation : le Collège unique ou non, la formation des maîtres, les rythmes scolaires, etc. Parmi ceux-ci, de courts textes (1 page A4) de notre ami Raymond Millot

-          Une courte présentation de quelques unes des associations amies et leurs coordonnées

-          Des relations d'expériences vécues…

-          Etc.

Merci aussi de le faire connaître, par exemple en le signalant sur votre site ou vos pages perso. Signalez-nous vos propres sites ou ceux de vos associations : nous placerons leurs adresses dans la page de "nos amis". Merci enfin de l'enrichir de vos apports.

 

Je souhaiterais aussi pouvoir insérer ne serait-ce qu'un bref compte-rendu des stages, rencontres et colloques que nous annonçons (avec éventuellement des adresses pour obtenir des détails). Idem, je pense qu'il serait bon d'étoffer le dossier "vécus" du site en y présentant des expériences vécues, positives ou négatives et dans les domaines les plus variés (textes et/ou images). Et, si vous vous sentez la plume poétique… ou rêveuse, je vous rappelle qu'il y a un dossier "rêves" – un seul poème y figure actuellement.

 

Le but de cette Lettre est de tenter de susciter des échanges :

 

Alors, n'hésitez pas à m'adresser tous les écrits qui peuvent contribuer à enrichir les débats, sur le site ou dans cette Lettre, qui devraient être des lieux de rencontre et d'échanges permanents … entre deux rencontres réelles qui finiront bien par se produire !

 

Pour les utilisateurs d'Internet, merci d'utiliser le plus possible le format rtf pour les textes joints et le format jpg (ou gif) pour les images. Pour les destinataires de la version papier de la Lettre, un texte dactylographié me permet le scannage avec OCR – à défaut, je me débrouille aussi avec les textes manuscrits.

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TOUS LES TEXTES DE NOS LETTRES, MAIS AUSSI CEUX QUI SE TROUVENT SUR NOTRE SITE SONT DESTINES A LA PLUS LARGE DIFFUSION POSSIBLE. ILS PEUVENT ËTRE REPRODUITS LIBREMENT.

Si vous connaissez des personnes que ces lettres pourraient intéresser, merci de nous donner leurs coordonnées – électroniques de préférence ! Diffusion gratuite pour la version électronique.

 

Si vous souhaitez ne plus recevoir lettres et infos de R.E.V.E.I.L., un simple message suffira.

 

Pour ceux qui pensent que nous devons continuer notre travail, qu'ils sachent que tout signe d'encouragement sera toujours précieux, même le plus court des messages.

 

Prochaine lettre vers la fin septembre

Entre temps, quelques flash possibles selon l'actualité.

 

Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos questions, vos suggestions…

Contact : reveil.perrier@wanadoo.fr

Georges HERVE, adresse postale :  rue du Château 63500 PERRIER

 



[1] Voir LETTRE de REVEIL n° 5/6 de juin 2001. Cette fois, je m’attacherai essentiellement à l’aspect “ contenu ” de la culture sans rien renier, bien sûr de l’aspect forme suggéré dans le texte précédant. L’essentiel étant d’arriver à une synthèse non contradictoire des deux aspects.

[2] Au sens de “ qui appartient à cet ensemble de savoirs qui se transmettent dans les classes ”.

[3] Lorsque celle-ci fut fondée, ce qui est somme toute assez récent.

[4] Ce caractère fondamental étant souligné par le fait qu’elles faisaient l’objet de “ licences d’enseignement ” à l’Université. Des disciplines comme l’aéronautique, l’astronomie ou l’ethnographie… enseignées dans ces mêmes Université n’entraient dans aucune licence d’enseignement et n’ont jamais acquis le statut de “ discipline fondamentale ”.

[5] Plutôt deux fois qu’une, d’ailleurs, à l’époque où il comportait effectivement deux parties.

[6] Normalien, agrégé et homme d’Etat, il aurait déclaré que “ la culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié ”.

[7] “ …Jadis, pour introduire de nouveaux enseignements, on avait pu rogner sur l’Éducation religieuse et augmenter le nombre d’heures de cours hebdomadaires… Or nous nous trouvions devant une situation totalement différente : la semaine de l’élève était déjà trop chargée et, si tout le monde, globalement, acceptait le bien-fondé de notre entreprise, aucune discipline ne pouvait envisager d’en faire les frais. Les enseignants dans leur ensemble, et les responsables de leurs associations disciplinaires en particulier, ont, en effet, une fâcheuse tendance à mesurer la valeur intrinsèque de leur discipline au nombre d’heures que les programmes lui accordent chaque semaine au lycée. Dans cette logique-là, les juristes, les astronomes ou les médecins, n’ayant aucune place officielle dans l’enseignement secondaire, devraient se considérer comme des parasites inutiles ! ” in “ La Machine Ecole ”, Philippe Meirieu, entretiens avec Stéphanie Le Bars, Gallimard Folio, à paraître le 5 septembre 2001.

[8] sorte de “ kit de survie ” selon l’expression de Roger Fauroux

[9]“ C’est une vision managériale de l’école, sans vrai projet de refondation du service public d’éducation, sans attention aux fonctions politiques et symboliques de l’École dans la société française. Certes, il faut que le système “ marche mieux ”, mais pour aller où ? Vers quel projet d’homme et de société ? ” op.cit.

[10] Un professeur de Lettres enseignant en Lycée s’élevait jadis contre l’une des missions du tuteur instauré par la réforme Savary-Legrand des Collèges, qui était de “ donner le coup de pouce ” à certains élèves du Collège qui se heurtait à une difficulté ponctuelle, en s’écriant “ Nous sommes des spécialistes ! Je ne me vois pas aider un collégien à résoudre un problème de mathématiques, par exemple ! ”. Cette personne, instruite, cultivée, avait suivi les enseignements d’un établissement secondaire – où elle avait sûrement été une élève plus que moyenne. Qu’en restait-il vingt ans plus tard si elle ne s’estimait pas capable d’aider un collégien – au plus jusqu’au niveau de la 3ième, dans une quelconque des disciplines du programme ?

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