LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L. N° 8-9 - 6 – août-septembre 2006
Sommaire
Pour le Cours Préparatoire, le grand dilemme !
VOIE DIRECTE : des outils pour le cycle 3
Ecole : demandez le programme !
Alcyon, bulletin périodique de la Fondation pour le
progrès en éducation
La culture à l’école, c’est pas du luxe !
Invitation aux Rencontres MIRERS/FRESC des 1 et 2
décembre 2006 :
Graffite "Créer, penser l'acte de
création"
L’urgence d’une éducation à la non-violence et à la
paix à l’école
Génération Médiateurs diffuse un DVD :
***
Une société
qui a peur de l’avenir se tourne en général vers son passé, non pour mieux
comprendre le présent et préparer le futur, mais pour regretter ce passé
qu’elle pare de toutes les vertus et pour vouloir y revenir. Une telle société
perd peu à peu son dynamisme à l’instar des vieilles personnes qui ressassent à
longueur de temps « de mon temps… ». Elle subit un avenir qu’elle n’a
ni choisi, ni préparé. Des civilisations décadentes ont ainsi été balayées par
l’histoire…
L’Ecole est,
institutionnellement, le creuset où se forme la société de demain : elle
devrait donc s’attacher à décrypter le présent, mais aussi être un lieu de
projet, tourné vers l’avenir ; s’appuyer sur la connaissance et la
compréhension du passé, sur les leçons à en tirer, pour participer à
l’invention de l’avenir. Or il est symptomatique, me semble-t-il, que les
courants rétrogrades – au sens où ils regardent le futur dans un rétroviseur –
soient écoutés par une large partie des Français, notamment des classes
moyennes. Celles-ci découvrent en effet que ce « progrès » qu’elles
croyaient naturellement lié au développement exponentiel de la technologie et à
une croissance économique sans limite n’est qu’un leurre. Que l’ascenseur
social dont elles ont souvent profité au cours du dernier demi-siècle – ou en
qui elles ont cru pour leurs enfants – n’était, lui aussi, que le produit d’une
époque révolue. Déboussolées, anxieuses, de nombreuses familles sont prêtes à
écouter ceux qui leur disent que jadis, c’était la « belle époque »,
un jadis qu’elles n’ont pas connu – pas plus d’ailleurs que ceux qui veulent
rétablir « l’école de jules Ferry », revenir à l’enseignement le plus
traditionnel qui soit[1]. Certains ne
réclament-ils pas le retour aux programmes et Instructions de 1923 ?
Certes, nous
ne sommes que trop bien placés pour savoir qu’histoire et progrès ne sont pas
liés, loin de là. Et que tout ce qui est nouveau ne constitue pas en soi, parce
que c’est nouveau, un progrès par rapport à l’ancien. Mais quand même !
Préconiser l’application de pratiques qui furent adaptées – peut-être – à une
société encore largement agricole et rurale, à évolution lente, à deux écoles
étanches l’une à l’autre, la primaire pour 95% des jeunes et le lycée pour les
5% représentant pour l’essentiel les enfants des classes dirigeantes ou
assimilées, vouloir appliquer ces pratiques à une société fortement urbanisée,
en passe de sortir de l’ère industrielle – du moins dans nos contrées
occidentales –, une société qui se heurte à des problèmes qu’aucune autre
société n’a jamais connus jusqu’ici, témoigne pour le moins d’une carence de
réflexion dans le domaine des finalités assignées à l’Ecole d’aujourd’hui.
C’est s’attacher exclusivement aux moyens – le comment – sans s’être
interrogé au préalable sur les finalités et les objectifs que l’on poursuit –
le pourquoi et le pour quoi. C’est faire la preuve que l’on n’a
aucun projet véritable – hormis de prétendre reproduire un passé depuis
longtemps révolu. Ou, souvent, défendre des intérêts particuliers totalement
étrangers à ce qui est affirmé publiquement.
Est-ce
l’ignorance ou la démagogie qui amène un Ministre à abonder dans ce sens ?
Le rôle des politiques ne serait-il pas plutôt d’aider la société à affronter
les menaces qui pèsent sur elle et à ouvrir de réelles perspectives
d’avenir ?
***
Les
injonctions du Ministre en place troublent nombre d’enseignants de l’école
primaire accusés, une fois de plus, d’être responsables de la faiblesse des
acquis scolaires de 20 ou 25 % des élèves entrant en 6e[2]. Et le
trouble est d’autant plus grand que de nombreux parents, parce qu’ils craignent
pour l’avenir de leurs enfants, sont prêts à croire qu’un retour au passé
résoudrait tous les problèmes. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le
retour obligatoire à la méthode syllabique pour apprendre à lire.
Plusieurs réactions à cette injonction ministérielle (faite au nom de la
liberté pédagogique !) ont été signalées dans les précédentes lettres de
Réveil. J’en signale quelques autres par la suite ci-après. J’ai pensé qu’il
pourrait être utile d’élargir la réflexion sur l’apprentissages de nombreux savoir-faire
(savoir lire, savoir écrire, savoir danser, rouler à vélo, conduire une
voiture, jouer d’un instrument de musique, etc.) : je proposerai donc très
prochainement un texte sur ce thème sur le site Internet de R.E.V.E.I.L.
Ce retour au
passé concerne les apprentissages de la langue française (lecture mais aussi
grammaire avec le retour aux règles apprises par coeur, orthographe avec le
retour de la dictée de textes d’auteurs,[3] etc.) mais il
s’accompagnera, nous a-t-on dit, d’un retour au passé dans toutes les autres
disciplines scolaires, notamment en mathématiques – ou plutôt en calcul - à l’école primaire. Là encore, il est
attristant de voir que les vraies questions ne sont jamais posées, les vrais
problèmes jamais abordés. Qu’un mathématicien ayant obtenu la médaille Fields
concentre ses attaques sur le fait que les enfants de 6e ne savent
plus faire une division posée (avec la potence… sans qu’il soit question du jeu
du pendu) à une époque où tout le monde utilise calculettes et/ou ordinateurs,
à de quoi laisser perplexe. Dans ma pratique quotidienne, j’étais, jadis amené
à « extraire » la racine carrée d’entiers. Pour ce faire, j’avais
appris la « technique de la potence » (car celle-ci n’est pas
réservée à la division), mais rapidement, j’ai eu recours à la règle à calcul
(qui me donnait une approximation largement suffisante), puis à la calculette
lorsque celles-ci se répandirent. Aujourd’hui, j’ai oublié la « technique
de la potence » … que peu de mathématiciens utilisent encore de nos jours,
je suppose ! Et quand ce chercheur dit « il faut réinventer la
division pour en comprendre le sens ! Mais quel est ce sens ?
Moi-même, je n’en sais rien ! »[4], cela me rappelle un prof de math de ma fille qui me disait
jadis « mais il ne faut pas qu’elle cherche à tout comprendre ;
moi-même, je n’avais pas tout compris quand j’ai passé mes
examens ! ». On s’étonnera ensuite d’entendre des adolescents dire
« en math, il n’y a rien à comprendre ! ».
L’enseignement
des mathématiques à tous les niveaux, au moins à ceux de l’école primaire et du
collège, mériterait une réflexion d’une autre portée ! Ne serait-ce que
parce que les échecs que connaissent de nombreux jeunes dans cette discipline
peuvent entraîner des troubles de la personnalité durables et notamment une
perte de confiance en soi.
Georges HERVE,
septembre 2006
***
Tout a été
dit, tout a été fait, il ne reste que l’avenir à inventer. Michel Boiron, CAVILAM
« Qu’est-ce
qu’innover ? Est-ce vraiment nécessaire ? Comment évolue la méthodologie de
l’enseignement du français et au-delà, des langues vivantes ? Quel est le rôle du Cadre européen commun de référence pour
l’apprentissage et l’enseignement des langues ? Quelles en sont les
conséquences sur le terrain, sur les pratiques pédagogiques ? Et demain,
qu’adviendra-t-il ? » …………….
Innover n’est pas
forcément inventer. On peut innover et
réussir en reprenant ou en adaptant des actions qui ont réussi ailleurs. Le
passé n’est en aucun cas exclu, l’expérience non plus. Il y a cependant une
volonté affichée, un effort continu pour apporter des réponses contemporaines
adaptées à l’évolution en cours. Innover, c’est analyser l’ensemble des
paramètres de l’enseignement et de l’apprentissage dans une situation et un
lieu donnés, les remettre en question, identifier les problèmes éventuels et
chercher des solutions concrètes qui permettent une meilleure efficacité et /
ou une meilleure qualité de l’activité pour la satisfaction et / ou le mieux
être de l’ensemble des acteurs.
Innover, c’est
agir sur l’avenir. C’est être convaincu qu’il est toujours possible d’améliorer
les conditions d’exercice d’une activité…………
Les mutations
liées à la diversité croissante des origines culturelles, religieuses et
ethniques des élèves, associées aux bouleversements de la conception de la
famille et aux comportements sociaux et de vie collective, la formidable
évolution technologique et la délocalisation de la plupart des outils de
production, sans oublier l’évolution des savoirs et des connaissances sont
autant de facteurs qui entraînent une nécessaire réflexion sur le rôle et les
missions de l’institution scolaire et sur ses objectifs prioritaires. Ils
conduisent aussi à une redéfinition des supports d’apprentissage et des rôles
des enseignants et des apprenants………..
Un
environnement favorable est indispensable. L’innovation se construit sur une
apparente contradiction : elle remet en cause, dérange, fait changer, mais doit
en même temps s’inscrire dans le respect et la volonté de l’institution où elle
est accomplie. Un professeur isolé, incompris par ses collègues et sa
direction, a très peu de chances de réussir un projet pédagogique novateur. Il
rencontrera rarement l’adhésion de ses élèves car il se trouve en rupture des
pratiques institutionnelles.
Françoise Cros
rappelle que l’innovation se définit toujours en opposition à l’existant, à la
routine, à l’habituel, à l’établi.
Mokhtar Kaddouri définit quant à
lui les caractéristiques communes des établissements où les actions dites
innovantes émergent :
« - La prise
de conscience, par les acteurs, de l’évolution de la nature du public d’élèves
fréquentant l’établissement. (...)
- L’engagement
dans une dynamique globale de changement. (...)
- L’engagement
simultané dans plusieurs... actions dites innovantes. (...)
- La
participation à, ou la mise en place d’un réseau de
partenariat. (...)
-
L’intégration (ou la tentative d’intégration) de l’innovation dans le cadre du
projet d’établissement. (...)
- Une attitude
encourageante et incitante ou du moins bienveillante de la direction à l’égard
de l’innovation. »
Institutionnellement,
l’innovation instituée comme politique, comme mode de gestion, comme pratique,
n’est pas a priori contraire à l’équilibre et à la stabilité, elle devient une
perspective d’avenir, un projet collectif, un outil de valorisation, de
motivation et de « dynamique identitaire. »
Ce ne sont
ici que quelques extraits d’un texte proposé par Michel Boiron,
signalé par Catherine Michel, animatrice d’apolangues, et
qu’on peut lire in extenso sur le site du CAVILAM (16 pages au format pdf) ::
www.leplaisirdapprendre.com/docs/innovation_en_questions.pdf
***
Rentrée
scolaire 2006 :
Par Rachel
Cohen, Docteur d’Etat en Sciences de l’Education
Beaucoup
d’entre nous sont restés pantois devant les nouvelles directives du Ministre de
l’Education Nationale concernant l’apprentissage de la lecture !
Quoi, reviendrons-nous en arrière d’un
siècle ?
Quelle
est donc la profession qui ferait une telle
démarche ?
Cela
sans tenir aucun compte ni des réussites sur le terrain en France et ailleurs,
ni des recherches très sérieuses et si nombreuses menées en Europe et dans le monde, recherches non seulement sur le plan de l’apprentissage
de la lecture mais aussi sur le plan du développement linguistique, cognitif et
neurologique de l’enfant.
Et sans tenir compte, non plus,
des conditions nouvelles créées par l’apparition et l’intégration des
technologies de l’information et de la communication qui modifient radicalement
nos pratiques quotidiennes et nos stratégies pédagogiques !!!
Les nombreux courriers et démarches de
personnalités éminentes telles que celle en date du 14 décembre 2005 de
Monsieur le Professeur Gaston Mialaret, mondialement
connu, Professeur Honoraire de l’Université de Caen, Docteur Honoris Causa de 16 universités étrangères, ni celle d’enseignants
le 17 mars 2006 ( parmi tant d’autres), qui invitaient Monsieur le Ministre à
venir dans leurs classes pour constater que leur enseignement
« marche » et « qu’il existe d’autres méthodes que le
B.A-BA », ni les suggestions ( car, certes il y en a eu !) de
certains conseillers du Ministre, n’y
ont rien fait !
Eh
bien, nous y voilà ! « l’apprentissage de la lecture passe par le
décodage et l’identification des mots et par l’acquisition progressive des
démarches, des compétences et connaissances nécessaires à la compréhension »…
« Le cours préparatoire est le temps essentiel de cet
apprentissage »… « Les maîtres s’attacheront particulièrement
à un apprentissage du décodage et de l’identification des mots… » (Programmes
d’enseignement de l’école primaire, B.O N° 13, du 31 Mars 2006) !
Ce qui suppose que :
·
l’âge de la
lecture est 6 ans, alors que l’on sait (bien des études l’ont montré, même
celles menées dans des ZEP) que bien des enfants, mis dans des conditions
favorables sont capables d’acquérir ce nouveau langage bien avant cet âge
fatidique ;
·
sont méconnues
les potentialités fabuleuses de jeunes enfants (Cf. Jacquard, Bruner…)
·
sont bafouées les
lois, quand même si connues de l’apprentissage, (Cf. Piaget, Vygotsky et tant d’autres);
·
les acquis des grands pédagogues (Freinet,
Decroly ….) sont rangés dans un tiroir ;
·
que les études
sur le développement cognitif des enfants et les conditions optimales produites
par les interactions avec l’environnement, en particulier éducatif (Changeux,
Bloom,…) ne sont en aucun cas respectées ;
·
le langage écrit n’est pas considéré avant
tout comme un langage, donc de la communication dont la compréhension est, dès le début, l’élément
fondamental ;
·
tous les maîtres doivent s’y prendre de la même
façon, quelle que soit leur classe, le milieu social, le niveau linguistique,
les acquis antérieurs de leurs élèves ;
·
tous les enfants ont la même approche
psychologique ;
·
le contexte pour aider à la découverte d’un
mot, ou d’un son nouveau du texte ne
compte pas ;
·
la motivation,
l’envie de découvrir un nouveau texte signifiant, fonctionnel, répondant aux
intérêts de l’enfant, sont ignorées….
Qu’il nous
soit permis de donner un autre exemple
d’approche pédagogique qui lui, intègre tous les éléments
cités plus haut.
Il s’agit d’échanges par internet
d’enfants de l’école maternelle et élémentaire, organisés par un ensemble
d’enseignants et chercheurs au sein d’une Association, Loi 1901: « Mini
Web, Multilingue, Maxi apprentissages »,.dite
MMM.
…………..
L’auteure expose le projet (et les réalisations) de
l’association MMM et conclut :
Il
serait trop facile d’incriminer UNIQUEMENT les méthodes de lecture pour
expliquer le taux toujours si élevé des « non-lecteurs »
dans notre pays (dont le taux reste inchangé depuis les statistiques de
1975 !!) : il faudrait aller bien plus loin …
Et
le travail fructueux et positif de MMM,
comme celui de tant d’équipes sur le terrain, montrent qu’il y a bien d’autres
solutions que le retour au B.A_BA et bien d’autres chemins qui mènent
plus sûrement à l’égalité des chances, car, ne l’oublions surtout pas, « tous les enfants sont des surhommes en
potentiel », comme le dit si bien A. Jacquard!
Le 10_08_06
(le texte complet de cet article sera disponible sous peu sur
le site Internet de REVEIL.)
Pour plus d’informations sur MMM : écrire à : mmm.secretariat@wanadoo.fr ou consulter les sites :
http://www.mmm-ec.org et http://perso.wanadoo.fr/rachel.cohen/
***
(texte paru dans
LISERON, n°1,Octobre,novembre,décembre 2006, bulletin de l’AFL43)
Plusieurs
années d'exercice au Centre de Classes-Lecture CIEL et la reprise d'un CM1-CM2 en septembre 2005 me conduisent à me tourner vers les démarches et les
outils de l'AFL pour la conduite pratique et
quotidienne de la classe, ce qui m’offre une occasion d'en éprouver la validité
dans un contexte différent de celui des classes lecture.
La priorité annoncée vis-à-vis des enfants de cycle 3 qui me sont confiés,
en vue de leur future entrée au collège, est essentiellement méthodologique :
les aider dans l'exercice et la consolidation de leurs comportements de
lecture et d'écriture, véritables outils de construction et d'accès aux autres
savoirs.
Moyens
Les textes officiels qui encadrent les
enseignements à l'école primaire prévoient que l'enfant, au sortir de l'école élémentaire, doit être capable d'exercer la « voie
directe » en lecture, c'est-à-dire qu'il doit avoir dépassé les stratégies
liées au déchiffrement. Oui, mais rien sur la
manière d'y parvenir !
La gageure est pourtant d'importance :
il s'agit d'aider les enfants à adopter un comportement différent de celui
qu'ils ont généralement utilisé depuis le cours
préparatoire. Autrement dit, passer
d'une oralisation de la langue écrite à la construction directe du sens (sans
prononcer les mots).
Devant l'absence d'outils appropriés, le
recours au logiciel ELSA[5] me semble s'imposer, mais il paraît inconcevable de prétendre provoquer
de tels changements comportementaux chez des enfants sans la mise en place
d'actions visant à étendre leur capital de culture écrite sur lequel
l'acte de lecture pourra efficacement s'exercer.
Pour réaliser ces objectifs culturels,
est prévue l'utilisation régulière de la littérature jeunesse. La
classe est inscrite à la Médiathèque
de Brioude et s'y rend tous les 15 jours. Des présentations, des
échanges de livres se mettent en place spontanément grâce notamment au support
qu'offre le journal hebdomadaire produit en circuit-court
(les enfants écrivent un journal pour eux-mêmes : outil de partage et de théorisation des expériences, outil de réflexion et de
construction de savoirs nouveaux)
Pour les mêmes
raisons, la classe est inscrite pour participer à la Semaine du Livre et de la
Lecture. Les enfants recevront en classe
un écrivain, un vrai : premier contact direct avec le monde de la
production des écrits ; modeste occasion de ressentir, au-delà de « l'écriture d'une
aventure », ce que peut être, en réalité, « l'aventure d'une écriture »...
Résultats
Ils se sont manifestés sous plusieurs
aspects. Du côté de l'amélioration de l'efficacité de la lecture, la performance générale a été
multipliée par 2, en quelques mois seulement !
A noter : la vitesse
de lecture qui passe de
13000 mots lus à l'heure à 32000 mots/h ! On lit maintenant, en moyenne, 3 fois
plus vite que l'on ne parle : le recours au déchiffrement est impossible, la
voie directe s'impose. Avec, il est très important de le souligner, non seulement un maintien, mais un accroissement
très significatif de la compréhension (+ 30%)
La participation des enfants à la
production du journal est aussi un signe révélateur. Les voici véritables
lecteurs, impliqués dans un réseau d'écrits à l'intérieur duquel chacun est
tour à tour récepteur et producteur. De 6 textes présents dans les colonnes du
journal au début de l'année, on est passé très rapidement à une moyenne de 15
à 20 articles écrits spontanément et débattus par les enfants.
Quant à l'usage fait des livres empruntés, leur circulation qu'il a fallu
rapidement organiser, témoigne de l'intérêt suscité. De même, le désir de
savoir et de comprendre, à l'occasion de la rencontre
de l'auteur, doivent être considérés, eux aussi, comme des signes positifs d'enrichissement
culturel.
Et le plus étonnant, au bout du compte,
aura été de constater, (mais sans grande surprise évidemment), que pour
quelques enfants, en grande difficulté au début
de l'année, l'accroissement des performances en lecture qui s'est
manifesté par un saut qualitatif, par un changement de nature de l'activité intérieure, a eu des retentissements
immédiats sur la performance scolaire globale.
Et surtout que
cette évolution de la
performance scolaire s'est systématiquement
accompagnée d'une évolution très significative du comportement social :
ces enfants ont pris confiance en eux,
ont éprouvé un mieux-être général, et établi de meilleures relations avec les
autres...
On ne peut que constater, très
modestement, les effets bénéfiques produits par la simple mise en oeuvre d'une
démarche empruntant une conception de la lecture et quelques-uns des outils développés par l'AFL
et l'INRP au cours de ces dernières années...
Rien de plus.
Dominique
Vachelard
Pour
d’autres informations, voir le site Internet : http://www.afl43.com
***
C’est le titre du dernier ouvrage de Philippe Meirieu, coédité par France Inter, le Café Pédagogique et
ESF. On en lira avec intérêt la présentation qui en est faite sur le site
d’Education et Devenir : http://education.devenir.free.fr/MeirieuProgramme.htm#roux sur lequel on trouvera, entre autres, un texte très
fouillé sur la synergie à trouver entre Education populaire et Ecole, par André
Roux qui, après avoir rappelé les liens étroits qui existaient entre l’éducation
populaire de Jean Macé et l’école… de Jules Ferry, propose « quelques
pistes pour relancer une dynamique nécessaire …
· Regrouper en un seul ministère,
l’Education nationale, la Culture et la Jeunesse et les sports. Au début des
années quatre vingt dix il a eu, avec Jack Lang une tentative avortée. Les
élections n’étaient pas loin et le projet fit long feu.
· Prendre en compte, dans le recrutement
des futurs enseignants, l’implication dans la vie associative et/ou les centres
de vacances et associer les mouvements d’éducation populaire à la formation en
IUFM.
· Permettre des passerelles afin que
les cadres de l’éducation populaire puisse prendre se voir offrir, s’ils le
souhaitent, des responsabilités dans le cadre de l’Education nationale. Ne
serait-il pas plus pertinent d’offrir la direction d’un collège à un directeur
de MJC plutôt qu’à un DRH de France Télécoms ?
· Faire des collèges, ou lycée, des
zones rurales les plus éloignées des centres urbains, des espaces culturels
ressources dans le cadre d’un partenariat avec les fédérations d’éducation
populaire.
· Ouvrir, véritablement, les établissements
scolaires aux parents, non seulement pour mieux les associer à la scolarité de
leurs enfants mais aussi pour les aider à mieux répondre aux questions
d’éducation auxquelles ils sont confrontés. De l’utilisation de la télévision
aux jeux vidéos ou à la nécessité de poser des règles
de vie, les sujets ne manquent pas !
· Associer, non seulement dans le
cadre du C.A. mais aussi des conseils de classes et du conseil pédagogique, les
responsables associatifs qui interviennent auprès des enfants hors du temps
scolaire.
· Penser, dans le cursus scolaire,
l’éducation artistique sous forme de stages plutôt que d’une heure hebdomadaire
en associant les enseignants et les intervenants extérieurs qu’ils soient
artistes ou responsables associatifs. »
Une autre
façon de revenir aux sources de l’école de la république !
***
Le 1er juin
dernier était diffusé le premier numéro de ce nouveau bulletin distribué
jusqu’ici uniquement dans sa forme imprimée. Il était consacré à la
présentation de la Fondation, de ses réalisations, de ses activités actuelles.
Le numéro 2 vient de paraître : on y trouvera une présentation des projets
de Vade-mecum et de Boîte à idées et une proposition de classement des thèmes
qui y seront traités. Ces deux bulletins seront placés incessamment sur le site
de Réveil en attendant que le site de la Fondation soit en fonction.
Ils peuvent être demandés
sous leur forme imprimée à ACDI, 246 cours de l’Argonne, 33000 BORDEAUX – argonne246@wanadoo.fr
Colloque du CRAP-Cahiers pédagogiques les 27 et 28 octobre à Montreuil.
Tous renseignements sur le
site rénové des Cahiers Pédagogiques : http://www.cahiers-pedagogiques.com/
Les Cahiers pédagogiques qui
diffusent par ailleurs leur Cahier n° 445, Les ZEP :
continuités et ruptures, septembre 2006,
Dossier coordonné par Claude Volkringer
et François-Régis Guillaume (OZP) et Jean-Michel Zakhartchouk
Un texte courageux de l'Inspecteur Général Roger-François GAUTHIER:
"Évaluation des acquis des élèves, évaluation de
système, où en est-on en France en 2006 ? "
Des livres.
Sur le site rénové: "Les
facteurs humains dans l'enseignement et la formation d'adultes" de Jacques
Nimier
http://perso.orange.fr/jacques.nimier/
Le
Mouvement International Réciprocité Et Réseaux de Savoirs et Formation
Réciproque et Solidaire entre Collectifs organisent une rencontre à la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette.
Dès à présent, les personnes intéressées peuvent demander à
R.E.V.E.I.L. l’envoi de l’invitation qui précise le programme de cette
rencontre.
est disponible sur le site http://www.prisme-asso.org/article.php3?id_article=370&recalcul=oui
Le
n° 23 de Graffite "Créer, penser l'acte de création" est une
invitation à penser l'acte créatif autrement. La place du sujet, le rôle du
groupe, des contraintes et des modèles, les enjeux proposés dans chaque
démarche s'articule au postulat d'une infinie capacité humaine à créer.
Vous
pourrez lire une pratique de fresque collective lors d'un festival, une
démarche "Frontières Lisières" sur la prise en compte de la
différence, "l'entre-deux", où il s'agit de lier plastiquement deux
créations. Le "Petit théâtre d'objet" s'attache à permettre une
théâtralisation à des participants éventuellement vierges de théâtre. Vous
pourrez vous saisir aussi d’une démarche sur le "Corps et la peinture",
ainsi que d’une autre de Land Art dans "Tentatives de fouilles
archéologiques marines". Au travers de "Journal du regard" la
démarche en arts plastiques est analysée, ainsi que les conditions du tous
capables.
Ces
démarches sont des entrées dans les arts plastiques adaptables à tous publics.
Prix
(port compris) : 7 euros
Commande
:GFEN - 14 avenue Spinoza - 94200 Ivry-sur-Seine
Un
communiqué de la Coordination française pour la Décennie
« Selon
les données de l’Education Nationale publiées ce mois-ci par Le Point,
82 000 actes de violence ont été recensés durant l'année scolaire 2005-2006
dans les établissements scolaires. Ces chiffres, s’ils ne permettent pas à eux
seuls d’appréhender la complexité du phénomène des violences scolaires,
indiquent une situation préoccupante.
Dans ce contexte, la
sanction des actes de violence à l’école, bien que nécessaire, est loin d’être
suffisante. Elle doit s’accompagner de la mise en œuvre d’une formation
concrète des élèves à la non-violence et à la paix, permettant de
développer leurs compétences sociales et civiques, car la violence n’est pas
une fatalité et l’éducation a un rôle central dans l’acquisition de
comportements non-violents (on ne naît pas non-violent, on le devient).
La
Coordination française pour la Décennie de la culture de non-violence et de
paix appelle le gouvernement à mettre en place au plus vite une telle éducation
à l’école, qui permettrait de concrétiser l’apprentissage des
« compétences sociales et civiques » récemment définies dans le Socle
commun de connaissances et de compétences par le Ministre de l’éducation
nationale (décret du 11 juillet 2006).
La mise en
place d’un tel apprentissage à l’école pourrait s’appuyer sur le Programme
pour l’éducation à la non-violence et à la paix, publié en novembre 2005
par la Coordination française. Ce programme, qui a été élaboré par des
professionnels (enseignants, psychologues, etc.), présente les objectifs et le
contenu de cet enseignement spécifique et propose des méthodes pédagogiques et
des modes d’évaluation adaptés aux différents niveaux de la scolarité
obligatoire. »
Le
Programme pour l’éducation à la
non-violence et à la paix (Paris, Coordination française pour la
Décennie, 2005, 52 p., 5€) est disponible au
secrétariat de la Coordination française pour la Décennie.
Contact
presse : Christelle Huré, c.hure@decennie.org
La médiation présentée en 3 fiches :
Fiche
1 : DE LA GESTION DES CONFLITS À LA MÉDIATION PAR LES PAIRS
Fiche 2 : SE DÉCOUVRIR
MÉDIATEUR
Fiche 3 : LE DVD DE GÉNÉRATION MÉDIATEURS, «
MISSION MÉDIATION »
Pour tous renseignements, s’adresser à Brigitte Liatard, brigitteliatard@yahoo.fr ou gemediat@club-internet.fr
***
à cotisation
(non obligatoire) et autres !!!
Si vous voulez
soutenir notre action.
R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux
personnes et aux associations adhérant à
ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à
l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy
AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,
Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN. Son Président d’Honneur
est le Docteur Guy VERMEIL(†).
La
cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 10 €, mais elle est indispensable pour que
l'association puisse continuer à fonctionner.
Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action
et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L.
(ou en renouvelant leur adhésion pour 2006) de bien vouloir se signaler
(chèques au nom de R.E.V.E.I.L. adressé à REVEIL, Centre culturel, 63500 PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont
renouvelé leurs encouragements et leur soutien en 2005.
La version électronique
de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation
d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des
personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de
signaler votre adresse électronique à assoreveil@wanadoo.fr
Si vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en
informer par mail ou courrier postal.
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Prochaine lettre vers la fin octobre 2006.
Entre temps, quelques flash possibles selon
l'actualité.
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questions, vos suggestions…
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Georges HERVE, adresse postale : rue du Château 63500
PERRIER
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P.S. L’état des finances de R.E.V.E.I.L. ne permettra
plus sa distribution par voie postale aux personnes n’ayant pas payé leur
cotisation pour l’année en cours. La
diffusion par Internet reste gratuite. Avec tous nos regrets…
[1] Rassurez-vous, nos « élites » savent trouver, pour leur progéniture, les écoles les plus performantes, souvent privées, dont les équipements et les pratiques pédagogiques sont loin d’être vétustes et qui les prépareront efficacement à entrer dans les « grandes écoles ».
[2] Il devient pesant de devoir constamment rappeler que 25% des garçons (un peu moins de filles) n’accédaient pas à la lecture courante dans l’école de Jules Ferry ; que 50% des enfants scolarisés dans les écoles primaires n’obtenaient pas le certificat d’études primaires ; que l’enseignement secondaire n’existait que dans les lycées (un par département depuis leur création par Napoléon 1er) et que seulement 4 à 5% des enfants de chaque génération y accédaient. Qu’il est donc malhonnête d’affirmer que le niveau d’instruction des élèves est en baisse constante – ce qui n’exclut pas la nécessité d’un examen critique de notre système scolaire et de son fonctionnement, bien au contraire. Encore faut-il ne pas répéter à satiété des clichés éculés par ignorance ou par démagogie.
[3] Pour remédier à la baisse de l’orthographe. En effet, il nous est arrivé de trouver d’énormes « fautes d’orthographe » dans des textes publiés au Bulletin officiel de l’éducation nationale. Le Canard Enchaîné du 6 septembre reproduit le titre d’un rapport récent de la Cour des Comptes : La lutte contre l’illetrisme – programme IRILL- exercice 2002 à 2004….
[4] La Vie, 31 août 2006, p. 24.
[5] Téléchargement, tarif
et commande sur le site www.lecture.org