LA LETTRE DE R

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.  N°9-2                septembre 2002

 

Sommaire

 

Pour sortir des fausses oppositions…

…et de la clandestinité : un outil, le film ?

Appel à coopération…

Le parlement des enfants.

Autre appel à coopération pratique.

Faire la classe au quotidien

Un nouveau site Internet animé par des Collégiens

Sur le site Internet de REVEIL…

Quelques rappels…

 

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Pour sortir des fausses oppositions…

Les pamphlets contre la pédagogie et les pédagogues fleurissent (?)  de plus belle, le dernier en date[1] étant celui d’un ex-professeur de philosophie reconverti en journaliste au Monde diplomatique (!), Maurice T. Maschino. Non content de s’en prendre au « pédagogisme », il dresse également un réquisitoire contre les parents d’élèves en général et leurs deux principales fédérations, la FCPE et la PEEP qui, « même si elles ne représentent que 20% des parents, ont une grande capacité de nuisance. » La bête à abattre, c’est la co-éducation ! « A partir du moment où la loi introduit les parents dans toutes les instances de l’Éducation nationale, un certain nombre d’entre eux s’imaginent qu’ils ont tous les droits. Je pense au contraire que les enseignants doivent être seuls à l’école. L’école n’est pas un « lieu de vie » comme l’ont prétendu Lang et Jospin ; elle doit être un lieu d’étude, où se transmet un savoir, des connaissances…. Coéduquer, susciter le « désir d’apprendre », « permettre de s’approprier les savoirs » ! Ce sont toutes ces idées , issues du pédagogisme de Philippe Meirieu et de son école , qui ont démoli l’Éducation nationale. »[2]

 

Tous le contempteurs actuels de la pédagogie, de quelque bord qu’ils se réclament, de Darcos à Maschino en passant par tous ceux qui veulent « sauver l’École, la littérature, les mathématiques, ou autre chose… », se rejoignent pour faire de Philippe Meirieu leur bouc émissaire. A croire qu’avant lui, la pédagogie n’existait pas et que notre École vivait des temps idylliques ! (de leur point de vue, évidemment.) Célestin Freinet, mort l’année où Philippe Meirieu entrait dans l’enseignement, et dont on sait – sauf M.Maschino, apparemment – que, sa vie durant, il a toujours cherché à faire de l’école « un lieu de vie », avait-il d’ailleurs inventé ce concept ? Rien n’est moins sûr : il devait bien lui-même avoir un précurseur en la matière, ne serait-ce que Pestalozzi. Quant à susciter le désir d’apprendre chez l’enfant, lui permettre de s’approprier les savoirs, ce sont là des objectifs que l’on trouve déjà chez Rousseau et qui sont au moins sous-jacents chez Montaigne.  

 

Maurice Maschino n’est d’ailleurs pas à une contradiction près, lorsqu’il  déclare qu’ « On a largement ouvert les portes des écoles, tout en conservant des méthodes qui ne valaient que pour une minorité. Après, on s’étonne qu’il y ait de l’échec scolaire. »  Il reconnaît par là que les idées des « pédagogues » qui justement voulaient faire évoluer l’école pour qu’elle adapte ses pratiques quotidiennes à tous les jeunes, n’ont pas été appliquées – et semble presque le regretter ! A moins qu’il ne regrette cette ouverture des portes de l’école à tous ?

 

Et quand il « croit… qu’un élève travaille bien quand il éprouve quelque chose comme de l’admiration pour son professeur » on est fondé à penser que ses élèves de St Germain en Laye qui « ne faisaient pas grand-chose mais … étaient sympathiques » n’éprouvaient pas grande admiration pour le professeur de philosophie qu’il rappelle avoir été jusqu’à la fin des années 1980.

 

Nous laisserons à Philippe Meirieu et aux fédérations de parents d’élèves[3], s’ils le jugent utile, de répondre pour ce qui les concerne à Maurice Maschino. Pour nous, ce type d’écrit ne mériterait pas une ligne de commentaire, s’il n’égarait le grand public et sans doute aussi de nombreux enseignants dans de fausses oppositions. Par exemple, lorsqu’il écrit que l’école ne doit pas être un lieu de vie mais un lieu d’étude ; un lieu de transmission du savoir, des connaissances, et non d’appropriation du savoir ; un lieu où le désir d’apprendre est remplacé par l’admiration du maître … Or précisément, cette image d’une école fermée, studieuse, où un savant maître déverse sa science dans les esprits d’élèves admiratifs reste celle à laquelle rêvent nombre de professeurs, mais aussi de parents qui en attendent uniquement une préparation efficace aux examens d’abord, aux concours – grands et petits – ensuite, pour leur propre progéniture. Et cela serait tout particulièrement le cas lorsque les parents sont aussi professeurs[4] ! Ce type d’École répond à une société duale où une minorité, « l’élite », issue des Grandes Écoles détient tous les pouvoirs et forme une « aristocratie » plus ou moins héréditaire dans une « république oligarchique ». Une société fondée sur le paradigme de la domination[5]. C’est à dire la reproduction perpétuelle de la situation que nous connaissons.

 

L’imposture éclate lorsque les promoteurs de cette idée de l’École prétendent se draper dans les idéaux de la démocratie. Car la démocratie implique d’abord la participation de tous les citoyens à la « chose publique » en dehors de toute volonté de domination de certains sur les autres, dans un contexte d’échanges réciproques et de coopération fraternelle[6]. Or quel milieu éducatif pourra le mieux éduquer les jeunes générations pour qu’une telle société advienne,  sinon une École pour tous, où tous les enfants, quelles que soient leurs origines sociales, pourront apprendre à se connaître, à vivre ensemble, à réaliser des projets ensemble, à s’instruire ensemble ?

 

A la famille incombe l’éducation, à l’école l’instruction, entend-on souvent dire. Que la famille ait un rôle essentiel dans l’éducation à la civilité est une chose indéniable. Mais par sa nature même, la famille est un lieu hiérarchisé et ne peut donc pas constituer le contexte social où l’enfant rencontrera des pairs. Un lieu où il apprendra à vivre avec des « alter ego » à la fois semblables à lui et différents ; un milieu non hiérarchisé, où les différences n’entraînent ni infériorités ni supériorités ; où il apprendra, par exemple, que ces différences sont une chance qui enrichit le groupe et lui donne des pouvoirs que chacune des personnes qui le constitue n’aurait pas à elle seule. Quel intérêt présenteraient des équipes de clones ?

 

Dans sa famille, le petit d’homme doit apprendre à respecter un certain nombre de règles de vie sans lesquelles aucune vie sociale n’est possible[7]. L’un des rôles des parents est de poser des limites à ses pulsions. Le statut de parents leur confère l’autorité de dire la Loi « première » à laquelle chacun doit obéir, eux les premiers. A l’École, l’enfant doit apprendre les règles de la démocratie, c’est à dire à participer à l’élaboration des lois qui feront de la société un milieu favorable à l’épanouissement de chacun, à instaurer un ordre qui favorise la liberté. Non en apprenant par cœur des règles pré-établies pour les réciter, obtenir une bonne note, et les oublier aussitôt après, mais en intégrant ces règles dont il aura compris le sens, en les vivant quotidiennement, pour « s’élever » au-dessus de son égocentrisme primitif[8].

 

L’école de la démocratie doit donc d’abord être un lieu de vie. Concrètement, des pratiques pédagogiques largement éprouvées comme la coopération scolaire[9] ou les échanges réciproques de savoirs[10], entre autres, sont essentielles dans une école de la démocratie.

 

Mais un tel lieu de vie n’est nullement incompatible avec celui d’un lieu d’apprentissage et d’étude, bien au contraire. C’est une caricature indigne que de présenter ces classes coopératives et actives comme des « écoles de l’ignorance » où le maître cèderait la place à l’animateur (à l’instar d’un G.O. du Club Med) et où les élèves suivent leurs désirs du moment. « L’école en riant » n’a jamais été préconisée par les pédagogues de « l’École nouvelle », mais bien par ceux de l’école « traditionnelle » qui tentaient de rendre plaisantes les activités rébarbatives qu’ils prétendaient imposer à leurs élèves non motivés. Je rappellerai simplement que l’un des ouvrages principaux de C. Freinet a pour titre « l’éducation du travail ».

 

Malheureusement, dans l’esprit de beaucoup, la notion de travail ne peut que s’accompagner de celle de pénibilité et d’ennui. Travailler traîne toujours, comme un lointain écho, son sens étymologique de « tourmenter, torturer avec le tripalium ». S’activer avec plaisir à une tâche, est plus ou moins suspect : le plaisir conserve un arrière-goût de péché dans notre culture judéo-chrétienne. Les détracteurs des pédagogies dites nouvelles trouvent d’autant plus aisément une audience dans un large public que celui-ci n’a que rarement pu voir les enfants travailler dans ces classes « nouvelles ». Et si l’on disposait aujourd’hui d’un moyen de sortir de la clandestinité dans laquelle ont vécu des milliers de classes tout au long du 20ième siècle ?

…et de la clandestinité : un outil, le film ?

Après le succès incontestable de la série télévisée « l’Instit »[11], le film « ETRE ET AVOIR » semble attirer un certain public, en nombre sinon en foules, bien qu’il ne s’agisse que d’un documentaire présentant la vie quotidienne dans une classe unique très ordinaire. On se rappelle le succès que connut, en son temps, « l’école buissonnière » qui racontait de façon romancée les débuts de l’Instituteur de campagne, Célestin Freinet. Mais aussi le film plus « social » de Tavernier, « ça commence aujourd’hui ». L’école émeut ; les images de ces films nous rappellent notre enfance : c’est d’ailleurs sans doute la principale vertu d’Être et Avoir[12], celle qui fait son succès auprès d’un large public.

 

On peut aussi y voir une défense des petites écoles en voie de disparition, comme toutes les petites structures accusées de coûter trop cher à une époque où la seule logique qui compte pour les décideurs politiques et administratifs est une logique à court terme, tatchérienne et comptable. On regrette, dans ce cas, que le réalisateur n’ait pas tourné son film dans des classes plus « actives » ; car, au-delà de la chaleur humaine que dégage l’Instituteur, de l’atmosphère familiale de sa classe, on a quand-même le sentiment d’un certain ennui. Les enfants parlent beaucoup moins que le maître – ce qui est habituel, d’ailleurs, dans la plupart des classes, quelle que soit leur taille ; les petits semblent passer de longues heures à colorier des dessins polycopiés à l’aide de gros feutres, - ce qui n’est guère épanouissant : que font les grands pendant ce temps ? Le film ne le montre guère… L’impression générale qui se dégage est celle d’enfants très dépendants du maître et qui sont un peu désemparés lorsque celui-ci ne s’occupe pas d’eux presque individuellement. Impression encore amplifiée vers la fin du film, lorsque est évoqué le passage au Collège pour 3 ou 4 des « grands », passage qui semble vécu comme une déchirure… de part et d’autre, l’entrée dans un milieu hostile et dangereux où il importe de se soutenir, au besoin « musculairement » (cf. les recommandations du maître).

 

Et l’on ne peut s’empêcher d’imaginer ce qu’aurait été un tel film tourné dans une « classe Freinet[13] » où les enfants sont habitués très tôt à organiser leur travail, tant au niveau de la classe que seuls ou en petits groupes selon le type d’activité, à présenter leurs recherches ou leurs expériences à leurs camarades… Une de ces classes où règne une atmosphère de ruche et où l’adulte joue, selon le moment, le rôle d’incitateur, de chef d’orchestre, de guide, d’enseignant aussi, mais oui !… bref, un rôle d’adulte éducateur responsable, dans une ambiance bienveillante mais pas fusionnelle.

 

La leçon de morale administrée aux deux garçons qui s’étaient battus – et notamment à celui qui s’était retourné vers les plus petits qui n’apparaissent pas dans la séquence filmée – partait sans doute d’une intention louable, celle de faire réfléchir à ses actes et de faire verbaliser les causes du conflit… mais là encore, c’est surtout le « maître » que l’on a entendu, l’élève principalement admonesté restant sans voix, au bord des larmes et comme pétrifié (sans que l’on comprenne bien le rôle joué par le second, qui lui semblait plutôt à l’aise, bien qu’il ait participé à la bagarre). Une séquence identique tournée au cours de la réunion hebdomadaire de la classe-coopérative au cours de laquelle chaque élève peut exprimer ses sentiments (par exemple en partant du journal mural « je critique, je félicite, je demande… ») et où l’ensemble du groupe est appelé à s’exprimer sur tel conflit, aurait donné un tout autre aperçu de ce que peut être une « leçon de morale » véritablement éducative.

 

Il existe sans doute des dizaines, peut-être même des centaines de classes, aussi bien en primaire qu’en collège, où des enseignants qui se veulent aussi des éducateurs – comme celui du film, reconnaissons le, qui mettait plus l’accent sur l’être que sur l’avoir – ont mis en place des fonctionnements coopératifs et actifs, pratiquant les techniques Freinet ou inspirées par d’autres courants pédagogiques voisins. J’en ai connu un certain nombre jadis de particulièrement remarquables et je me demande ce qu’il en reste aujourd’hui, en dehors du souvenir qu’en gardent leurs anciens élèves[14]. A l’époque, nous n’avions aucun moyen de conserver des témoignages visuels de ces moments vécus dans nos classes : caméras et films argentiques étaient hors de portée pour nos bourses. Seules nous restent parfois, lointains souvenirs, quelques photos de plus ou moins médiocre qualité… qui nous sont chères, mais qui parlent peu à ceux qui n’ont pas vécu ces moments.

 

Puis arrivèrent les caméscopes : peut-être certains ont-ils la chance d’avoir pu saisir des séquences de leur classe, ou les faire saisir par un ami. Aujourd’hui, avec les caméras numériques, que de possibilités nouvelles !

 

Nous nous sommes souvent interrogés sur les moyens de susciter réflexions et débats sur l’école : que n’avons-nous pensé à utiliser ce moyen aujourd’hui à la portée de (presque) tous, de montrer ce que nous faisons, d’ouvrir nos classes aux parents de nos élèves en premier lieu, d’organiser des « portes ouvertes » sans l’inconvénient du « direct » avec les parents massés dans un coin de la classe… Mais aussi de verser les séquences filmées à un pot coopérativement commun en vue de réaliser des témoignages qui puissent être largement diffusés, par exemple sous la forme de CD-Rom, pour informer, introduire réflexions et débats. Quel moyen plus efficace pour clouer le bec à tous les accusateurs des pédagogues et de la pédagogie qui se répandent abondamment dans les médias et par des livres polémiques et mensongers ? Pour montrer qu’un lieu de vie peut aussi être un lieu d’étude, de travail véritable, de vrais échanges et d’appropriation de savoirs, d’apprentissage de savoir-faire, tout en enrichissant aussi le savoir-être de chacun.

 

Nous savons depuis longtemps qu’il faut œuvrer dans le quotidien des classes, mais aussi faire connaître ce que nous faisons si nous voulons avoir quelque influence sur le système éducatif. Avec le document filmé, nous tenons un outil remarquable qui ne se substitue pas aux contacts directs avec les familles de nos élèves, aux présentations des travaux ou aux portes que nous pouvons ouvrir pour qu’elles puissent voir « en live » leurs enfants en pleine activité, mais qui pourrait permettre d’élargir le cercle des publics touchés.

Appel à coopération…

Certains ont peut-être déjà des « bouts filmés » dans leurs tiroirs. D’autres connaissent sans doute un ou plusieurs techniciens du cinéma ou de la vidéo, disposés à prêter leur concours au montage de courts ou moyens métrages, à leur montage en CD rom. Qui ouvrira cette porte à un travail coopératif utile à tous ? Mais peut-être certains ont-ils déjà commencé ? Il existe, à ma connaissance, deux courts métrages sur des enfants d’âge pré-scolaire : le livre des petits de l’école Freinet, réalisé, il y a environ 40 ans, à Vence par M.E.Bertrand et le superbe film réalisé dans des écoles maternelles d’un quartier de Paris, « les primitifs du XIIIième »[15]. Mais outre qu’ils ne semblent exister qu’en version film 16mm parlant, et sont difficiles à trouver aujourd’hui, ils n’apportent aucune « information » sur ce que des enfants du primaire ou du collège peuvent vivre d’exaltant dans des situations autres que celles qui rappellent leur enfance à la plupart des parents d’aujourd’hui.

                                                                                                G.H. septembre 02

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A propos d’éducation à la démocratie…

Le parlement des enfants.

Document relevé sur le site : http://www.assemblee‑nationale.fr/juniors/parlement‑enfants.asp

 

« L'opération « Parlement des enfants » s'étend sur toute la durée de l'année scolaire.

 

Elle débute, à la rentrée de septembre, par la publication au Bulletin Officiel du ministère de l'Éducation nationale d'une circulaire qui fixe l'organisation générale de la manifestation ainsi que les conditions de participation. Les classes intéressées font acte de candidature auprès des services de l'inspection d'académie dont elles relèvent. Il appartient ensuite aux inspecteurs d'académie de choisir les classes qui participeront au Parlement des enfants, choix discrétionnaire qui a toujours été laissé à leur entière et exclusive appréciation.

 

Une fois les classes sélectionnées, le service de la communication de l'Assemblée nationale leur adresse, en décembre, un « colis pédagogique » comprenant une documentation sur l'organisation et le fonctionnement de l'Assemblée nationale, sur le statut et le rôle du député, ainsi que sur l'opération « Parlement des enfants ». Les élèves doivent alors engager, avec l'aide de leurs enseignants, un travail de réflexion et d'expression aboutissant à la rédaction d'une proposition de loi sur le sujet de leur choix, comprenant au maximum trois articles, et de deux questions adressées, l'une au président de l'Assemblée nationale, l'autre au ministre en charge de l'enseignement.

 

Ces travaux sont transmis début mars aux rectorats qui les soumettront à des jurys académiques. Ceux‑ci, composés d'enseignants choisis par les inspecteurs d'académie, ont pour tâche de sélectionner parmi les travaux remis par les classes, les deux propositions de loi qu'ils jugent les meilleures, ainsi qu'une question au ­Président de l'Assemblée nationale et une au ministre chargé de l'enseignement.

 

Entre temps, chaque classe aura procédé à la désignation en son sein de l'élève qui la représentera le jour du Parlement des enfants: il sera le député junior de la circonscription dans laquelle est située sa classe. Mais s'il est le seul à se rendre à l’Assemblée nationale « le jour J », tous ses camarades auront eu la possibilité de venir, avec lui, dans les semaines qui précèdent (entre janvier et fin mai), visiter le Palais‑Bourbon, accompagnés de leur instituteur : des créneaux leur sont en effet réservés certains jours, afin de les accueillir dans les meilleures conditions. C'est également tous ensemble qu'ils auront reçu dans leur école le député de leur circonscription, venu à leur rencontre pour leur présenter sa fonction.

 

Une fois la sélection des jurys académiques transmise au ministère de l'Éducation nationale, un jury national comptant des personnalités désignées, à parité, par le Président de l'Assemblée nationale et par le ministre chargé de l'enseignement, se réunit courant avril pour examiner les propositions de Loi retenues par les jurys académiques. Il en sélectionne à son tour dix, mais sans les classer, le classement étant effectué par les députes juniors le jour du Parlement des enfants.

 

Imprimées sous la forme de « vrais » documents parlementaires, les dix propositions de loi sont alors envoyées dans les 577 classes participantes pour y être discutées par les élèves, guidés dans leurs débats par leurs instituteurs. Chaque classe choisit la proposition de loi qui a sa préférence et que le député junior sera chargé de défendre devant ses « collègues » le jour du Parlement des enfants.

 

Quant aux quatre questions qui leur seront posées dans l'hémicycle, le Président de l'Assemblée nationale et le ministre chargé de l'enseignement les choisissent (chacun deux) parmi celles retenues par les jurys académiques.

 

Nous avons mis en relief les passages qui justifient tout particulièrement l’appréciation émise par un journaliste de France Inter, au cours du 7-9 du 25 septembre 2002 : «  le parlement des enfants n’est en réalité qu’une mascarade, une escroquerie intellectuelle. » Qu’ajouter de plus sinon qu’il illustre à la fois la conception qu’ont de la démocratie les « princes qui nous gouvernent » et l’organisation féodale de l’éducation nationale (où les décisions relèvent le plus souvent du « choix discrétionnaire » des autorités académiques…). En précisant peut-être que tout système autoritaire s’appuie, pour durer, sur une « clientèle » qui en tire des avantages particuliers.

                       

Autre appel à coopération pratique.

Dans le film ETRE ET AVOIR, une séquence montre de jeunes enfants qui reproduisent le chiffre 7 au tableau et répètent que « 7 vient après 6 ». Les instructions de l’enseignement préscolaire conseillent d’entraîner les enfants à « réciter la comptine » des nombres… On peut douter de l’efficacité de ces approches pour que les enfants parviennent à un véritable sens du nombre. On peut aussi s’interroger sur les raisons qui font que tant de jeunes (même Collégiens) mais aussi d’adultes même « cultivés » mélangent allègrement les notions de chiffres et de nombres, d’ordinaux et de cardinaux, et sont incapables d’effectuer le moindre calcul mental sans se servir de quelques « trucs » appris (au mieux).

 

Un Instituteur belge, Cuisenaire, avait inventé, jadis, un matériel, les nombres en couleurs, fort utile pour introduire la notion de nombre. Ce matériel présente bien des avantages sur d’autres : pourtant, il semble qu’il ne soit que peu connu dans les classes maternelles et élémentaires actuelles. Il pourrait être utile que des personnes l’ayant employé – ou l’employant – dans leur classe, fasse part de leurs expériences : leurs témoignages pourraient alimenter coopérativement la « boîte à outils » du site de R.E.V.E.I.L. qui ne s’emplit guère depuis sa création…

En sachant que ce matériel permet d’aborder très efficacement, même avec des grands élèves, certaines notions comme celle de « bases » de numération.

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Faire la classe au quotidien

Cahiers pédagogiques N° 406 septembre 2002

 

Le plus difficile, dans le métier d'enseignant, est moins de produire et de mettre en forme de savants discours que de "faire, vivre et construire l'école au quotidien".

 

Comment être un pédagogue au long cours et tenir la distance d’une vie entière d’enseignement ?

Comment naviguer ainsi de classe en classe, de jour en jour et d’année en année sans craquer, en restant motivé et créatif jusqu’au bout ?

Mais aussi comment surmonter les difficultés d’une si longue traversée : le stress, la fatigue, les conditions de travail pas toujours idéales, les conflits, les tentations d’emprunter des lignes de fuites, d’abandonner pour faire autre chose, ailleurs ?

-          Un historique de cette structure pédagogique qu’est la classe

-          Un détour par les instances de travail  visibles ou cachées qui constituent l’environnement  de la classe 

-          Des réflexions et des outils pour, à tout instant, mettre les élèves en activité 

 

Un dossier composé essentiellement de témoignages pour poser les questions de pratiques pédagogiques et interpeller le sens de l’école.

Dossier coordonné par Florence Lenoble et Raoul Pantanella. 

 

Cahiers pédagogiques, BP 72402, 44324 Nantes cedex 3. Tél : 02 40 52 36 93

 

Pour avoir le sommaire complet et l’image de la couverture, consulter notre site : www.cahiers-pedagogiques.com

 

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Un nouveau site Internet animé par des Collégiens

Dans le cadre des projets, un groupe d'élèves du Collège Anne Franck (animé par Marie Danielle Pierrelée) va faire vivre un site Internet.

 

Il est en ligne à l'adresse : www.college-anne-frank.org


Marie-Danielle va attacher beaucoup d'importance à ce qu'il s'actualise chaque semaine pour que ceux que cela intéresse puissent voir la progression du travail des élèves.

 

Si vous allez y « surfer », profitez-en pour laisser un petit message à ces jeunes internautes ! ça les encouragera à continuer.

 

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Sur le site Internet de REVEIL…

Le compte-rendu des journées de PERRIER (juillet 2002), continue de s’enrichir de documents plus détaillés concernant certains thèmes abordés durant cette rencontre. Accès direct à ce dossier en cliquant sur http://assoreveil.org/perrier_2002.html

 

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Quelques rappels…

à cotisation (non obligatoire) et autres !!!

Si vous voulez soutenir notre action.

R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux personnes et  aux associations adhérant à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,  Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN.

La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 10 €, mais elle est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.

Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion pour 2002) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. à PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont renouvelé leurs encouragements et leur soutien en 2002.

 

La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de signaler votre adresse électronique à assoreveil@wanadoo.fr

Si vous n'êtes plus intéressé par cette LETTRE, il suffit de nous en informer par mail ou courrier postal.

 

LA BOÏTE A OUTILS.

est ouverte sur le site de R.E.V.E.I.L.

Y figurent pour l'instant quelques fiches de travail individuel pour entraîner les enfants à mesurer des longueurs, quelques fiches pouvant orienter des expérimentations scientifiques et un 'truc' pour aider aux bons réflexes orthographiques.

Cette boîte à outils s'enrichira des apports de tous : elle sera une manifestation concrète et tangible de l'esprit de coopération et d'entraide qui nous anime.

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Prochaine lettre vers la fin octobre 2002.

Entre temps, quelques flash possibles selon l'actualité.

Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos questions, vos suggestions…

Contact : assoreveil@wanadoo.fr

Georges HERVE, adresse postale :  rue du Château 63500 PERRIER



[1] « Parents contre profs »

[2] Les extraits cités sont ceux d’une interview de l’auteur publiée par le Nouvel Observateur du 5 septembre 2002., auquel nous ferons allusion plus bas (cf. note 4)

[3] Y compris sur les moyens de piéger certaines d’entre elles : invité par ATTAC63 à présenter son ouvrage le 7 octobre prochain, à Clermont Ferrand, il a réussi à faire patronner cette « rencontre-débat » par la FCPE63 (entre autres).

[4] Hasard ou clin d’œil ? l’interview de Maschino citée plus haut était accompagné d’un article sur « les enfants de profs, vrais héritiers à notre époque, » qui peuplent des « classes-camif » dans certains établissements « renommés ».

[5] Voir les lettres de Réveil de juillet et août 2002.

[6] La République n’a-t-elle pas placé la fraternité dans ses valeurs fondamentales ?

[7] Qu’à l’heure actuelle, un nombre croissant de familles n’assument plus ce rôle est indéniable. Plutôt que se contenter de le répéter, ne faudrait-il pas rechercher les causes de cette démission, toutes les causes ; rechercher ensuite les moyens de redresser la situation – ce qui demandera du temps et sans doute une remise en cause profonde du « way of life » qui s’est installé depuis quelques décennies dans nos pays occidentaux ; et, parce qu’il y a urgence, mobiliser tous les éducateurs (professionnels notamment, et au premier rang les enseignants), pour pallier autant que faire se peu aux carences familiales lorsqu’elles existent ?

[8] Dans lequel trop d’adultes restent englués !

[9] La vraie coopération entre élèves, celle qui se vit au quotidien dans la conduite même de la classe, à ne pas confondre avec la déviation trop fréquente qui réduit la coopérative scolaire à n’être qu’une caisse de l’école gérée par les adultes.

[10] Et non pas seulement l’aide apportée par les « grands » aux plus jeunes – encore que l’intérêt éducatif de celle-ci ne soit pas négligeable. Mais dans les échanges réciproques, il y a parité de statut entre celui qui donne et celui qui reçoit, ce qui leur confère une toute autre portée.

[11] Dont on peut contester l’idéologie sous-jacente, c’est un autre problème.

[12] En dehors de très belles photos qui en font un film esthétiquement réussi.

[13] Je ne cite ici que ce que j’ai personnellement connu, mais il existe des pratiques pédagogiques coopératives et actives qui se réclament d’autres courants pédagogiques de « l’école nouvelle » (Decroly, Cousinet, Glotton, Oury, Claire Héber Suffrin, etc.) et qui sont tout aussi concernées par les propositions qui vont suivre.

[14] J’ai rencontré l’un d’eux, aujourd’hui quinquagénaire, qui, après avoir été médecin anesthésiste durant une quinzaine d’années a effectué un retour à la terre et participé à la création de la confédération paysanne. A chacune de nos rencontres, il répète que l’essentiel de ce qu’il a appris pour sa vie d’homme, il le doit à un Instituteur-Freinet d’une classe rurale de la région bordelaise où il avait passé son enfance.

[15] Sauf erreur, sous l’impulsion de Germaine TORTEL.

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