LA LETTRE DE R

LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L.  N°9-3 Septembre 2003

 

Sommaire

 

La Finlande a développé le système éducatif le plus performant du monde.

L’hétérogénéité et l’homogénéité en débat.

PUB – MARQUES -  CONTRE-OFFENSIVE par Raymond Millot

A quand l'apprentissage de la lecture avec les pieds? Par Pierre Frackowiak

André Brahic, un savant, un humaniste.

« ignorances et questionnements »

Analysons nos pratiques (2)

Eduquer ou punir, il faut choisir !

Octobre sur le site de Jacques Nimier :

D’autres sites à visiter :

Quelques dates en octobre :

Quelques rappels…

***

La Finlande a développé le système éducatif le plus performant du monde.

Extraits d’un article paru dans le journal suisse « LE TEMPS » le 26 mars 2002 (le texte complet est présenté sur le site Internet de Réveil)

 

« La Finlande a obtenu les meilleurs résultats de l'étude PISA comparant les compétences scolaires des élèves âgés de 15 ans dans 32 pays de l'OCDE. Et de loin... Meilleurs élèves en fin de scolarité, numéro un en lecture, médaille de bronze en sciences et quatrième place en mathématiques. Conséquences: les délégations étrangères défilent à Helsinki pour percer les secrets de cette réussite finnoise. Depuis six semaines, des délégations allemandes vont chaque semaine en Finlande visiter écoles et enseignants. Par contre, l'Office central de l'enseignement (OCE) n'a connaissance d'aucune annonce de visite suisse[1]

Le Temps a fait le voyage et livre son regard sur un système scolaire original. Consensus national sur la définition du rôle dévolu à l'école, grande autonomie accordée aux établissements, mise en place de régulières évaluations nationales pour mettre à nu les établissements défaillants qui reçoivent immédiatement appuis, grandes exigences dans la formation des enseignants et le choix des directeurs d'école, une seule filière sur neuf ans, aide ciblée aux élèves en difficulté, autant de caractéristiques qui, ensemble, donnent jour au système éducatif le plus performant du monde riche. Une expérience qui mérite attention... …………….

 

Tous les élèves suivent la même filière de base durant neuf ans. Les élèves en difficulté reçoivent une aide ciblée. L'intégration l'emporte sur la sélection.

Autonomes, les écoles marient fantaisie et souplesse avec un sens aigu des responsabilités. Le professionnalisme des maîtres est une vertu cardinale. L'évaluation généralisée des résultats poursuit deux buts : corriger les faiblesses et élever la qualité moyenne du système éducatif national………………

 

L'enseignement est d'abord dispensé par un «maître de classe» polyvalent (niveaux 1 à 6) puis par des maîtres spécialisés (niveaux 7 à 9). Les notes apparaissent en 7e [2]. En principe, il n'y a pas de redoublement. Durant la deuxième partie de l'«école de base», l'élève compose une part de son programme en choisissant des options: 2 périodes sur 30 en 7e ; 10 périodes sur 30 en 8e et 8 périodes sur 30 en 9e. Cette individualisation du plan d'études anticipe l'orientation après la 9e, soit vers la filière professionnelle, soit vers le lycée (gymnase).

L'ambition de concilier des exigences élevées avec l'égalité des chances est poursuivie de façon conséquente: les effectifs des classes sont modestes (jusqu'à 20 élèves); deux maîtres se partagent la classe grâce à la présence fréquente d'assistants; le travail par petits groupes respectant les différents rythmes d'apprentissage des enfants est la règle. Et surtout, les écoles finlandaises organisent un appui individualisé pour tous les élèves en difficulté. Une gageure surtout que la part des enfants recourant à ces soutiens (en moyenne 17% l'an dernier à Helsinki) augmente. Même les cas «impossibles», comme dit un recteur, sont pris en charge à l'intérieur de l'école par des maîtres spécialisés. »

                                   Article communiqué par Henri Charpentier

Sur le site de Réveil, l’article est accompagné d’un graphique comparant les résultats de l’enquête PISA dans différents pays occidentaux. Ce graphique montre clairement que les résultats scolaires sont fonction du niveau socio-culturel familial dans les pays séparant très tôt les enfants en filières tandis que les écarts sont les plus faibles en Finlande où l’école est unique pour tous les enfants durant les 9 premières années de scolarité.

***

L’hétérogénéité et l’homogénéité en débat.

 

L’association DECLIC 38 a été amenée à animer un groupe de réflexion d’étudiants en IUFM sur ce thème.

En synthèse de ce débat, nos amis Millot ont rédigé un document s’efforçant de survoler le problème dans les champs les plus divers. Ce document est présenté sur le site de REVEIL.

Il s’ouvre sur une réflexion générale :

« L’hétérogénéité est un fait de nature qui a sans doute été bénéfique au développement des civilisations et de la diversité humaine. Elle règne dans de nombreuses situations.

L’homogénéité est un fait de culture. Elle est recherchée spontanément (“ qui se ressemble s’assemble ”). Elle peut être, sur certains plans, utile, inévitable, indispensable (quand des élèves arrivés à un certain niveau de développement global doivent s’engager vers des savoirs de plus en plus pointus). Elle peut aussi être humainement destructrice, et c’est alors un fait de culture, un fait de civilisation, que de la récuser.

Dans le domaine scolaire la pensée dominante penche toujours en faveur de l’homogénéité …et accentue actuellement la pression. Cependant, beaucoup estiment que l’école , dans toute sa période obligatoire, devrait permettre la construction d’une culture commune fondée sur l’hétérogénéité des élèves , ce qui impliquerait une révision  des objectifs visés aussi bien en termes d’équipement intellectuel que du vivre ensemble…. »

Puis, ils examinent la question sous dix angles différents : hétérogénéité et familles, homogénéité et organisation du travail, homogénéité et pathologies sociales, hétérogénéité dans le champ artistique, hétérogénéité obligée (classes uniques), hétérogénéité choisie (cycles multi-âges), hétérogénéité et « handicaps » individuels, homogénéité ou hétérogénéité à la crèche, hétérogénéité sociale des publics scolaires, homogénéité du public scolaire : une chimère ?

***

PUB – MARQUES -  CONTRE-OFFENSIVE par Raymond Millot

Tout le monde n’a pas la chance d’être disponible pour écouter la remarquable émission de Ruth Stégassi “ TERRE A TERRE ” le samedi matin de 7H05 à 8H sur FRANCE-CULTURE... Celle du 13 septembre a été consacrée à la lutte contre les conditionnements publicitaires. Deux invités dans le studio de Lyon : l’animateur de CASSEURS DE PUB (revue bi-annuelle en kiosque),  et le sociologue Paul Ariès auteur de PUTAIN DE TA MARQUE édition Golias.

 

Le premier, parent d’élève actif, a remarqué que les professeurs tiennent les parents d’élèves  soigneusement à l’écart de la pédagogie, mais qu’ils utilisent sans problème des “ outils ” pédagogiques, comme la mallette sur l’eau, se faisant les vecteurs publicitaires des entreprises . Il a rappelé qu’une loi sur la protection de l’enfance datant de 1936 et toujours en vigueur interdit la publicité à l’école (les plus vieux d’entre-nous se souviennent des instituteurs qui confisquaient les buvards -au temps des encriers- quand ils portaient des informations publicitaires. Loi qu’une circulaire de 2001 vient de contourner s’inclinant sans doute complaisamment devant l’inévitable.

 

Cette aliénation insidieuse qui va jusqu’à conduire les adolescents à se faire tatouer sur la nuque la marque de NIKE (et même un code barre) peut-elle être combattue ?

Paul ARIES en est convaincu. S’il a choisi ce titre pour son livre - qui aurait pu être “ NIQUE LA PUB ”, c’est qu’il en a été en quelque sorte autorisé par les adolescents qui s’engagent dans une résistance active en recouvrant ou découpant les marques qui sont sur leurs vêtements et lancent des slogans  du genre “ DEMARQUE-TOI ! ” “ SORS DU TROUPEAU! ”.

 

Il a organisé une réunion pour une “ RENTREE SANS MARQUE ” dans la banlieue de Lyon , avec 600 personnes dont, souligne-t-il beaucoup de jeunes.

 

La situation n’est donc pas désespérée !

Reste à prendre le relais, dans les familles conscientes du problème, inciter les enfants à la résistance, dans les milieux pédagogiques, les associations d’éducation populaire,  organiser celle-ci.

                                                                     SITE INTERNET :   http://www.antipub.net

Texte de Raymond Millot

***

Grande découverte:

des savants affirment que l'on apprend plus facilement à lire avec les mains

A quand l'apprentissage de la lecture avec les pieds? Par Pierre Frackowiak

On lit dans la très sérieuse revue "Pour la science" (avril 2003, pages 14 et 15) qu'un groupe de chercheurs, des vrais, du "laboratoire cognition et développement" de l'université René DESCARTES et du CNRS et de l'université de Savoie "vient de montrer que l'exploration tactile des lettres en relief facilite le début de l'apprentissage de la lecture". Partant du principe admis sans contestation par ces brillants chercheurs que "apprendre à lire consiste à développer d'abord des représentations mentales des lettres et des sons puis à associer l'image d'une lettre et le son correspondant", ce qui est déjà édifiant, ils ont travaillé sur des échantillons considérables pour comparer deux types d'apprentissage: 26, oui 26, enfants de 5 ans "qui ne savaient pas lire". "Pour le premier, classique, on n'a sollicité que la vision et l'ouie". Chacun sait que la lecture n'est qu'une affaire d'œil et d'oreille et que l'intelligence, l'affectivité, n'ont rien à y voir ni à y entendre, mais,  ce n'est qu'un détail… Passons. On a quand même affaire à des savants! Pour le second, on a fait appel, tenez-vous bien, « au sens haptique ». Les enfants doivent explorer la lettre en relief  d'abord en la regardant, puis dissimulée sous un cache. Seuls des savants peuvent inventer des expériences comme celle-là. On a découvert que "les enfants lisent deux fois plus de pseudos mots (ti, ia, ari…) après l'apprentissage visuohaptique qu'après l'apprentissage classique"… A l'évidence, le sens n'a aucune importance sauf pour les enfants qui lisent et relisent des dizaines de livres avec leurs parents depuis le berceau et qui ont déjà construit eux-mêmes des systèmes pour la compréhension et pour le plaisir. On ignore d'ailleurs tout des enfants cobayes : milieu socioculturel, rapport au livre et à l'écrit avant l'entrée dans la recherche, représentations sur l'apprentissage de la lecture, fréquence des rencontres avec les livres… Mais des savants de deux universités différentes ont vérifié ce qu'ils avaient prévu, cela suffit aujourd'hui pour faire une vérité d'une idiotie et pour alimenter l'opinion publique avide de connaître les raisons de l'échec relatif de l'École dans ce domaine.

 

On avait déjà de grands spécialistes qui pensaient que la langue écrite n'était pas suffisamment complexe pour être apprise sans une autre écriture associée, l'alphabet phonétique, celui-là même qui terrorise les enfants, ou sans des dessins pictogrammes ou hiéroglyphes associés à ranger dans les petits tiroirs de petites armoires.

 

On avait aussi d'autres spécialistes qui avaient découvert que, pour les enfants en difficulté, il fallait nécessairement utiliser des méthodes plus bêtes que pour les enfants normaux. C'est ainsi que l'on a interdit de fait de lire des textes, à des enfants concentrés sur des phonomimiques et des gestes, associés aux sons, impossible à mémoriser par des enfants normaux, détournant sans cesse les élèves de l'objet principal de l'apprentissage, l'écrit porteur de sens.

 

On a encore ceux dont les lobbies sont si puissants qu'ils parviennent à discréditer les enseignants et la pédagogie en recherchant la maladie dans la moindre difficulté sans se préoccuper ni des sciences de l'apprentissage ni des facteurs sociaux et culturels qui déterminent largement l'échec scolaire.

 

La découverte de cet éminent laboratoire du CNRS, qui va sans doute dépenser de l'argent public pour poursuivre cette recherche fondamentale, va assurément révolutionner les classes et leurs enseignants dont personne ne parle. Quantité négligeable!… Nul doute que les orthophonistes qui, insatisfaits de la définition première de leur métier, se sont appropriés l'apprentissage de la lecture, puis celui des maths (dyscalculie), vont s'emparer de cette nouvelle maladie que sera la dysvisuohaptiquie, à moins que les kinésithérapeutes aux aguets se découvrent à leur tour des compétences dans le domaine de l'apprentissage de la lecture avec les mains.

Mais le pire n'est jamais sûr. On annonce que des chercheurs sont sur le point de faire la preuve sur un échantillon de 10 enfants qu'il est encore plus efficace d'apprendre à lire avec les pieds qu'avec les mains !

 

***

André Brahic, un savant, un humaniste.

Jeudi 18 septembre. A l’occasion de l’écrasement programmé de la sonde Galiléo sur Jupiter, André Brahic, astrophysicien, participait ce matin à l’émission d’information matinale de France Inter. Passionné, passionnant, ce grand scientifique sait communiquer son enthousiasme pour la connaissance. Les trois priorités qu’il souhaiterait voir adoptées par notre pays sont la recherche, la culture et l’éducation. On en est loin !

 

André Brahic est un savant en ce sens qu’il a intégré un très grand nombre de savoirs. Tous ces savoirs lui donnent des pouvoirs à leur mesure : pouvoir de penser , pouvoir de comprendre, pouvoir dagir pour faire grandir l’humanité, pour le bien de tous[3]. Tout savoir même modeste confère un pouvoir d’agir, de faire… à celui qui le possède. André Brahic ne pervertit pas ses pouvoirs en pouvoir sur les autres, en pouvoir de dominer les autres pour un illusoire profit personnel à court terme.

 

En grand scientifique, il reste modeste face à la connaissance. Les savoirs ne s’opposent pas à l’ignorance mais « transforment l’ignorance inconsciente en ignorance qui se connaît »[4]. Albert Jacquard aime à dire que « les progrès de la science sont moins dans les réponses qu’elle apporte à nos questions que dans les meilleures formulations de ces questions qu’ils permettent. » Chaque savoir nouveau ouvre de nouveaux champs à nos interrogations et permet de renouveler les anciens. Plutôt que de répondre à des questions que les élèves ne se sont pas posées en leur apportant des savoirs présentés comme des vérités intangibles, ne faudrait-il pas partir de leurs interrogations et les guider dans la découverte des approximations successives qui ont permis de mieux les formuler au cours de l’histoire ?

                                                                                                                      G.H. 18/09/03

***

« ignorances et questionnements »

 

« L'ignorance n'est que méconnaissance, envers dévalorisé de la connaissance, état regrettable et provisoire que l'éducation et la médiatisation doivent remplacer par le savoir » : cette idée commune est particulièrement admise à propos des sciences et des techniques. Il y a tant d'avantages à savoir !

 

Cependant, jamais le savoir ne recouvre toute l'ignorance, jamais il n'en finit avec elle. Autour de l'ignorance qu'il remplace, il transforme l'ignorance inconsciente en ignorance qui se connaît. Plus paradoxalement. parce que personne ne peut ni ne veut tout savoir, nous développons en même temps nos connaissances et des ignorances délibérées. Nous devons plutôt nous poser la question des transformations et conditionnements réciproques des savoirs et des ignorances, dans leurs multiplicités et leurs fonctionnalités. Savoirs et ignorances s'échangent, « circulent », se discutent et se « cultivent », en s'adaptant aux usages, aux besoins, aux contextes divers qui nous concernent tour à tour.

 

Au cours de ces circulations et transformations, les savoirs scientifiques n'ont pas toujours de privilège décisif : sortis de leurs contextes de production et de leurs champs de validité, ils doivent être traduits, reformulés, et même reproblématisés pour contribuer à l'élaboration de savoirs intelligents pour d'autres domaines de la vie professionnelle, culturelle, civique ou domestique. Changeant de contexte, tout savoir doit être refondé, réarticulé, renégocié dans ses contenus et ses visées, sous peine de n'être qu'un « savoir ignorant ».

 

Préparer les jeunes et aider chacun à « jouer » avec ces mouvements complexes des savoirs et des ignorances, c'est sans doute avant tout développer les capacités de questionnement[5]. D'abord parce qu'un savoir opératoire est un savoir associé à un problème. Ensuite parce que de tous les questionnements possibles, il faut bien en écarter certains par des « décisions d'ignorance ». Enfin parce que le questionnement fécond n'est jamais immédiat ; il exige un savoir préalable et un concept qui permet la formulation de problème en mettant à distance les réponses de sens commun.

 

En quoi et comment nos pratiques didactiques et médiatiques favorisent‑elles la formation des capacités de questionnement de chacun ? Comment suscitent‑elles et maintiennent‑elles l'étonnement[6] face aux mondes naturels, artificiels, humains et face aux patrimoines accumulés de savoirs ? Comment induisent‑elles les allers et retours entre étonnement mobilisateur et questionnement générateur de sens et guide d'enquête, d'appropriation, de critique ? Comment l'éducation scientifique et technologique peut‑elle développer et entraîner les compétences du citoyen, du travailleur, du curieux pour s'interroger sur le monde et les autres, questionner les savoirs, interpeller les experts ? Nos conceptions de l'ignorance et du questionnement, de la science et de la technique, de l'éducation, nos pratiques enseignantes ou médiatrices, sont‑elles vraiment pertinentes ? Favorisent‑elles ces compétences de questionnement que les enjeux environnementaux, économiques, sociaux, des prochaines décennies rendent souhaitables, nécessaires, urgentes ?

 

À partir de vos témoignages, réflexions et propositions de praticiens de la médiation ou de l'enseignement, de formateurs, de muséologues, d'animateurs, de chercheurs…, nous voulons faire de ces Journées une occasion d'échanges et de débats, un moment de confrontation et d'élaboration de faits, d'idées, de projets sur le thème Ignorances et questionnements.

André GIORDAN, Jean‑Louis MARTINAND et Daniel RAICHVARG

 

Toutes ces questions seront débattues aux 25ièmes Journées internationales sur la communication, l’éducation et la culture scientifiques, techniques et industrielles, organisées à Chamonix du 30 novembre au 4 décembre 2003.

Pour tous renseignements, contact : Daniel RAICHWARG, UMR STEF, Bât. Cournot, ENS Cachan, 61, avenue du Président Wilson, F—94235  CACHAN Tél : 0607633301      Fax : 0147402459         International : +33 6 07 63 33 01 Email : daniel.raichvarg@u-bourgogne.fr

***

Analysons nos pratiques (2)

Cahiers pédagogiques N°416 septembre 03

 

À la suite du dossier Analysons nos pratiques professionnelles, paru en 1996 (et aujourd’hui épuisé), voici un nouveau numéro consacré à cette modalité de formation initiale et continue.

L’accompagnement du début de carrière par l'analyse des pratiques est proposé par le ministère, qu'en est-il sur le terrain ? Quels obstacles et quelles ressources pour une intervention située à un moment crucial pour nos collègues débutants ?

 

Une analyse des pratiques contribue-t-elle à l'amélioration des pratiques ? Quelle place pour les enseignants dans cette inflation d'interrogations sur leurs pratiques ? Sont-ils les seuls concernés ? Les proviseurs et principaux, entre autres, ne pourraient-ils pas bénéficier davantage de cette modalité qui permet à une profession de construire ses repères pour l'action ?

 

Quelles méthodes convient-il de mettre à disposition des intéressés pour qu'ils s'en emparent comme d'autant d'outils de leur perfectionnement professionnel ? Que sait-on des savoirs de pratiques ou d'action ? Quelle est la place du formateur, sa posture ? Qu'est-ce qui se fait hors Éducation nationale ?

 

Telles sont, pour l'essentiel, les questions auxquelles ce dossier tente d'apporter des éléments de réponse.

Avec des textes de Philippe Perrenoud, Michel Tozzi, Yveline Fumat, Richard Etienne et de nombreux enseignants et formateurs.

Dossier coordonné par Richard Etienne et Patricia Picques

Cahiers pédagogiques, BP 72402, 44324 Nantes cedex 3. Tél. : 02 40 52 36 93

Le numéro 8,80 € port compris.

***

Eduquer ou punir, il faut choisir !

Un livre de Marie Raynal, éd. ESF – présentation.

« Hormis quelques déclarations lénifiantes pour endormir ceux qui veillent encore et l'agitation autour des cartables lors des rentrées scolaires, l'éducation n'est pas, et peut-être depuis plus longtemps qu'il n'y paraît, la préoccupation dominante dans notre pays, pas plus qu'elle n'est une priorité du gouvernement. Pourtant, les parents qui voient naître leur premier enfant vivent ce moment comme l'irruption d'un bonheur inouï. Ils aspirent au meilleur absolu pour ce petit être nouveau qui les propulse vigoureusement vers l'avenir. Pourtant, chacun d'entre nous est au fond de lui émerveillé par cette énigme de la vie et ému de la fragilité de l'enfance qu'il nous incombe de protéger et de guider. Nous sommes tous convaincus que rien ne devrait être moins négligé, oublié, différé. Mais nous nous heurtons à des obstacles qui nous empêchent de mettre en cohérence notre intime certitude et nos actes. Nous butons contre la pensée light, à l'édulcorant de synthèse, faux sucre vrai poison, qui prend l'éducation par la fin, par l'échec, pour distribuer des remèdes puis des punitions, et répand de plus en plus ouvertement ses contagieuses toxines. Il est grand temps de sonner la fin de l'épidémie par une contre offensive déterminée, de mettre fin à la démoralisation et de repenser un projet éducatif ambitieux, un projet moderne, imaginatif, souple, dynamique qui respecte chacun et entraîne vers le plaisir d'apprendre dans l'autonomie et vers la réussite….

 

Quelle ambition, quelle générosité, quelle inventivité renaissantes déployer pour penser autrement le futur et fonder une société plus pacifiée et harmonieuse ? Quelles règles, lois, règlements, quelle autorité positive, quelles valeurs leur opposer et leur proposer pour qu'ils grandissent droit ? Est-ce qu'on essaie d'avoir moins peur, d'être moins tétanisés par le nouveau, est-ce qu'on essaie de ne pas avoir toujours à réparer, de ne pas reproduire en boucle nos propres souffrances pour réduire celle des plus jeunes et refuser les inégalités qui brutalisent l'idée que nous nous faisons de la justice ? C'est un programme si enthousiasmant qu'on se demande pourquoi notre propension au pire, quand le meilleur est possible. »

 

***

Octobre sur le site de Jacques Nimier :

"L'enseignant hypermoderne?" par Marie-Françoise Bonicel.

La suite des extraits de la thèse de Stéphanie Leloup sur "L'ennui à l'école".

Le texte (et des commentaires) du livre "censuré" de Philippe Meirieu.

Des livres d'actualité:

-Le redoublement: pour ou contre?

-Que nous apprennent les enfants qui n'apprennent pas ?

-L'art du Contact - Mieux vivre avec les autres.

C'est ce que vous trouverez pour Octobre sur le site: "Les facteurs humains dans l'enseignement et la
formation d'adultes"
http://perso.wanadoo.fr/jacques.nimier/

 

***

D’autres sites à visiter :

- Celui d’André GIORDAN, professeur à l’Université de Genève, auteur notamment de l’ouvrage « Une autre école pour nos enfants ? » paru aux éditions Delagrave en décembre 2002, qui apporte un éclairage original au débat actuel sur l’École : http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/giordan/LDES/index.html

 

- celui de l’association PRISME animée par Jean ROUCOU, qui présente chaque premier mardi du mois une lettre électronique. Ce mois-ci, des articles sur les mots « laïcité et mixité », tous en CEL à Tourcoing, etc. http://www.prisme-asso.org

 

- celui du groupe CLARIS http://www.groupeclaris.com où vous trouverez notamment un point sur les Centres éducatifs fermés…

 

- celui du centre académique de ressources « Actions éducatives en milieu difficile » : http://www.ac-amiens.fr/cr-aeemd/default.php

 

- et, bien entendu les sites http://www.changeonslecole.org (site de la fédération « Ensemble, changeons l’Ecole) et http://www.collegeunique.org sur lequel vous trouverez notamment les contributions au colloque sur l’avenir du collège unique qui se tiendra à Paris le 13 décembre prochain.

 

- Le site de REVEIL enfin qui s’enrichit d’un ensemble de nouveaux textes, notamment deux nouvelles « notes » faisant suite au Manifeste pour un débat public sur l’école, l’une consacrée au débat officiellement lancé par le Ministère de l’Éducation, l’autre sur la place de l’évaluation au cœur de ce débat, d’un article de l’association belge POLLEN sur l’évolution actuelle de l’école en Belgique, la réponse de Jean-François Vincent à un article paru dans Libé le 25 août dernier, déplorant la disparition de la compétition ( !) à l’école, etc. http://assoreveil.org ou http://www.assoreveil.org

Quelques dates en octobre :

Le 11 : le réseau Éthique et pédagogie organise une rencontre avec Jacques LECOMTE, docteur en psychologie sur le thème « les enseignants, tuteurs potentiels de résilience. » LIEU : Collège du Haut-Mesnil, Montrouge. Contact : Lydiev2000@yahoo.fr

Le 15 : Forum « La non-violence à l'école de la maternelle à l'université » organisé par la Coordination Française pour la Décennie. LIEU : AGECA, 177 rue de Charonne, Paris 17e Contact : decennie@wanadoo.fr

Le 15 : Projection-débat organisée par ATD Quart Monde à Rennes dans le cadre de la journée mondiale du refus de la misère (17 octobre) LIEU : Champ de Mars à Rennes Contact : A.T.D.RENNES@wanadoo.fr et http://www.oct17.org

Le 20 : journée d’études sur « la recherche en formation aujourd’hui : des Savoirs pour l’action » organisée à Paris par la revue SAVOIRS, Contact : interface@groupe-interface.fr

Quelques rappels…

à cotisation (non obligatoire) et autres !!!

R.E.V.E.I.L. est une association nationale ouverte aux personnes et  aux associations adhérant à ses statuts (disponibles sur son site Internet – ou sur simple demande à l'association) et notamment à leur article 2. Elle est parrainée par Guy AVANZINI, Pierre-Gilles de GENNES,  Albert JACQUARD, Louis LEGRAND et Jacques PAIN. La cotisation annuelle est modeste, presque symbolique : à partir de 10 €, mais elle est indispensable pour que l'association puisse continuer à fonctionner.

Merci aux personnes souhaitant soutenir notre action et, si possible, agir localement dans leur région, en adhérant à R.E.V.E.I.L. (ou en renouvelant leur adhésion pour 2003) de bien vouloir se signaler (chèques au nom de R.E.V.E.I.L. à PERRIER ). Merci aussi et surtout à celles qui nous ont renouvelé leurs encouragements et leur soutien en 2003.

La version électronique de la LETTRE DE R.E.V.E.I.L. est diffusée gratuitement sans obligation d'adhésion à l'association. Elle peut être librement rediffusée auprès des personnes et des groupes intéressés. Pour la recevoir directement, il suffit de signaler votre adresse électronique à assoreveil@wanadoo.fr

Si vous n'êtes plus intéressé(e) par cette LETTRE, il suffit de nous en informer par mail ou courrier postal.

Prochaine lettre vers la fin octobre 2003. Entre temps, quelques flash possibles selon l'actualité .Enrichissez cette LETTRE par vos apports, vos questions, vos suggestions…

Contact : Georges HERVE, adresse postale :  rue du Château 63500 PERRIER

Adresse électronique : assoreveil@wanadoo.fr

 

 



[1] Et sans doute aucune visite française en vue non plus…

[2] ce qui correspond à la classe de 5ième dans notre enseignement secondaire.

[3] il rappelle notamment que les appareils qui permettent de diagnostiquer de plus en plus tôt les graves maladies sont le résultat de la recherche fondamentale notamment en astrophysique.

[4] Voir ci après l’annonce du colloque « Ignorances et questionnements » organisé à Chamonix du 30 novembre au 4 décembre 2003.

[5] Souligné par Réveil.

[6] Dimension qui devrait être essentielle dans toute pratique pédagogique : Louis Legrand avait écrit jadis un livre titré « pour une pédagogie de l’étonnement ».

retour à la page précédente