LA LETTRE DE R.E.V.E.I.L. N° 9 - 8 septembre 2008
Sommaire
Résister,
réagir, transformer.
L’ère
du mépris : lettre ouverte d’une Institutrice au Ministre
Colloque
du 4 octobre 2008 à Boulogne.
Colloque
FERNAND OURY Les 1 et 2 Novembre 2008.
En
quoi la réciprocité construit-elle des solidarités ?
Dialogue
N° 128 « Handicapés ou "autrement capables" ? Histoire
d’intégration »
Pratiques
Freinet en maternelle : des témoignages vivants sur DVD
Formation
à l’animation d’écriture
Pédagogie:
le devoir de résister
Au
secours ! Sauvons notre école !
L’Ecole
des roseaux se présente sur Internet :
***
REVEIL est une association-réseau
apolitique, c'est-à-dire indépendante de tout parti politique, mais qui défend
des valeurs humanistes, démocratiques, de justice et de fraternité, qui sont
celles de tous les mouvements d’éducation nouvelle et de tous les grands
pédagogues dont, avec eux, nous nous réclamons. Nous ne pouvons donc être
indifférents à la marche du monde et tout spécialement aux politiques
d’éducation menée dans notre pays. L’éducation est un acte politique au
sens propre du terme en ce sens que toute conception de l’éducation, toute
action éducative, se réfèrent à un projet de société,
implicite ou explicite.
Les « réformes » entreprises par le gouvernement actuel dans tous les domaines, mais singulièrement en matière d’éducation, forment un tout cohérent qui répond à un projet de société qui n’est pas le nôtre. Nous devons résister par tous les moyens dont nous disposons, sans nous leurrer sur leur efficacité à court terme. Les « réformes » sont imposées par un gouvernement qui tend à verrouiller le système tant par des manœuvres autoritaires (interventions directes dans les médias, occupation quasi permanente des espaces d’information), politiciennes (en jouant sur le carriérisme de certains, sur les divisions de l’opposition…), et souvent démagogiques (primes diverses à certains, amélioration des fins de carrière pour d’autres, « libération » du samedi, etc.).
Nous devons aussi réagir : notamment en mettant en commun nos idées, nos informations et, à chaque fois que nous en aurons la possibilité, coordonner nos actions à travers nos réseaux. Nous ne devons pas nous contenter de dénoncer, de déplorer, de faire des déclarations (nécessaires mais insuffisantes si elles ne débouchent pas sur des actions). En gardant bien à l’esprit qu’informer, rectifier les fausses informations, apporter des éléments de réflexions à nos compatriotes, les inciter à « penser autrement », à prendre conscience des paradigmes qui nous enferment dans des manières de penser paralysantes ou/et obsolètes, sont des actions souvent prioritaires parce qu’elles conduisent à agir, à réagir concrètement.
Mais surtout, nous devons utiliser les marges de manœuvre dont nous disposons pour transformer certaines mesures imposées en opportunités positives pour l’avenir. Utiliser les interstices de liberté dont nous disposons malgré tout (la démocratie est certes relative, mais nous ne sommes tout de même pas dans un régime dictatorial). Nationalement, le gouvernement dispose de tous les pouvoirs, politiques, administratifs et souvent médiatiques, mais « territorialement » il nous reste des espaces d’action.
Je vais m’attacher ici à deux domaines : la semaine des 4 jours à l’école primaire et l’école maternelle.
Xavier Darcos a « libéré » le samedi matin à l’école primaire ! Nombreux sont les parents à s’en réjouir. Idem pour les enseignants, d’ailleurs. C’est une mesure sans doute irréversible. Cela entraîne une diminution globale du nombre d’heures de classes annuelles : faut-il s’en plaindre ? Pas sûr : là, comme ailleurs, la quantité n’est pas garante de la qualité.
Les médias ont aussitôt titré :
généralisation de la semaine de 4 jours ! Il faut nuancer : la
durée de la semaine de classe a été ramenée de 26 à 24 heures (pour les
enfants) – comme elle avait été ramenée de 30 à 27 au début des années 70. Certes,
le décret de mai 2008 indique que ces 24 heures seront réparties en 4 journées
de 6 heures, mais il prévoit aussi la possibilité de dérogations à demander à
l’I.A. si le conseil d’école et les élus les estiment
nécessaires pour le bien des enfants.
La présentation du décret est un peu
complexe, puisque de nombreux passages ne sont que des modifications ou
suppressions de dispositions du décret de septembre 90. De ce fait, la lecture
n’en est pas aisée. Il n’en reste pas moins que certaines écoles répartissent
ces 24 heures sur 4 jours et demi : il serait intéressant de prendre
contact avec elles et de connaître les solutions choisies ; merci à nos
lecteurs qui en connaîtraient de bien vouloir nous mettre en relation avec
elles. On pourrait même imaginer 5 jours…
Dans ce cas, la réforme Darcos (du moins cette mesure) permet de réduire quelque peu la durée de la journée de classe ce qui est une mesure très positive pour les enfants ! Un (petit) pas vers une révision complète des rythmes scolaires : rappelons que dès 1946, le plan Langevin Wallon préconisait une modulation du temps de classe selon les âges (cf. http://assoreveil.org/plan_l-w.html )[1]. Il reste du chemin à parcourir, mais ne désespérons pas !
Au passage, remarquons que si les enfants en difficultés scolaires sont astreints à suivre des cours supplémentaires durant les 4 jours de classe, on entre dans l’illégalité puisque la journée de classe est limitée à 6 heures en primaire ! Il est vrai qu’avec les devoirs du soir (pourtant interdit depuis 1956 !) la journée de classe des enfants du primaire dépasse déjà largement les 6 heures.
Mais revenons à l’organisation de la journée et de la semaine à l’école primaire.
Les principales critiques adressées à la semaine des 4 jours « sèche » - en dehors de la longueur des journées de classe, non spécifiques de cette semaine - portent sur les heures ainsi « libérées » -. Si certains parents en profitent pour proposer des activités culturelles et sportives variées à leurs enfants (avec les risques de surdose et d’apprentissages contraignants non choisis par les enfants, parfois…), pour de nombreux enfants, particulièrement pour ceux qui se trouvent en difficultés scolaires, cela signifie passer plus d’heures devant la télévision et/ou être abandonnés à eux-mêmes. S’il est important que les enfants puissent disposer de plages horaires pour jouer – ou même pour ne rien faire, il est aussi important qu’il puisse avoir accès à des activités culturelles et sportives variées en dehors des heures de classe dans des contextes détendus. Ce que l’on regroupe classiquement dans les temps péri et extrascolaires.
Des expériences ont montré tout l’intérêt qu’il y avait à proposer de telles activités surtout lorsqu’elles sont en synergie avec les activités scolaires. En 1996/1999, certaines écoles (ou groupes d’écoles, parfois) ont pu ainsi expérimenter librement un « aménagement du temps de l’enfant » dans le cadre des sites pilotes patronnés par le Ministère de la jeunesse et des sports de l’époque. En 1999, quelques monographies ont été réalisées à la demande de Philippe Meirieu, alors directeur de l’INRP. L’une d’elle, concernant l’école de Perrier et rédigée sous l’égide du rectorat de Clermont Ferrand, est toujours présentée sur le site de cet Institut à l’adresse :
http://www.inrp.fr/primaire/monographies/rythme.htm#contexte . Elle reproduit fidèlement le texte rédigé par un professeur détaché au Rectorat… sauf le sous-titre « Charte pour bâtir l’école du XXIe siècle » qui a disparu…[2]
Il ne s’agit évidemment pas d’un modèle à suivre, mais d’un témoignage datant de près de 10 ans. On devrait pouvoir faire mieux, aujourd’hui, par exemple en intégrant les deux heures de soutien scolaire à ce temps périscolaire, et donc la participation des enseignants à des activités dans un cadre non scolaire – sans que ce soit forcément une répétition pure et simple des exercices traditionnels du temps scolaire. Il y a mille occasions de lire, écrire et compter en dehors des exercices scolaires traditionnels !
« (…) Est-ce qu’il est vraiment
logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits
de l’Etat, que nous fassions passer des concours à bac+5 à des personnes dont
la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou
de leur changer les couches ? Je me pose la question, ces personnes ayant la
même compétence que si elles étaient par exemple institutrice en CM2. Donc la
question du préélémentaire me paraît devoir être posée, mais elle est très
difficile à soulever sans immédiatement amener avec elle une tempête de
polémiques et de préoccupations municipales… » Cet extrait d’un
discours de Xavier Darcos devant la commission des
finances du Sénat[3], signalé par une lectrice du réseau, est
particulièrement édifiant à plusieurs points de vue. On trouvera plus bas la
réaction indignée d’une Institutrice de CM2 qui a fait une partie de sa
carrière en maternelle.
Il y
aurait beaucoup à dire, chaque membre de phrase étant lourd de significations.
Je ne m’arrêterai que sur le souci exprimé par le Ministre du bon usage des
crédits de l’Etat : en clair, cela signifie que l’école maternelle coûte
plus cher à l’Etat qu’une simple garderie qui, selon lui, serait amplement
suffisante pour les jeunes enfants. Le hic étant que ces garderies relèvent des
municipalités et que, pour l’instant au moins, il est difficile de charger
celles-ci de ce fardeau financier, ce qui, pourtant arrangerait bien
l’Etat ! Le Ministre ne fait donc que (se) poser la question… pour
l’instant. Mais l’intention est claire : là encore, l’Etat doit se
désengager, se décharger de tout ce qui ne touche pas la sécurité (l’armée et
la police[4],
les deux piliers du pouvoir) sur les collectivités locales quand cela coûte de
l’argent, sur le privé quand ça peut en rapporter.
Face
à ce qui, là encore, s’inscrit dans un projet de société qui n’est pas le
nôtre, il faut résister, réagir, mais aussi tenter de transformer
les mesures néfastes en utilisant, comme dans les arts martiaux, la force de
l’adversaire.
Défendre
les services publics, certes, et même plus vigoureusement que ce qui se fait
actuellement. Mais aussi s’approprier ces services publics lorsque cela est
possible et utile. Et pour cela nous dégager des paradigmes étroits du
centralisme mis en place par des monarques qui entendaient avant tout s’assurer
un pouvoir absolu sur l’ensemble du pays (de Philippe Auguste à Napoléon 1er
en passant par Louis XIV[5]).
Ce centralisme est à l’origine du culte de l’élitisme qui empêche la
construction d’une démocratie vivante et favorise l’oligarchie ; il
déresponsabilise les citoyens en les transformant en clients dépendants de
l’Etat, qui n’ont pour seule arme que la revendication – souvent vaine devant
des pouvoirs déterminés lorsque l’Etat se désengage (l’actualité fourmille
d’exemples, hélas).
La
marge est parfois étroite, mais elle existe et s’il faut prendre garde aux
dérives, déformations, exploitations dont nos projets peuvent être l’objet de
la part des tenants du néolibéralisme économique actuel et du « moins
d’Etat », ce n’est pas une raison pour y renoncer. Je rappellerai
simplement que lorsque Marie-Danielle Pierrelée lança son « manifeste pour une école
créatrice d’humanité » dont l’un des volets demandait la création d’au
moins un établissement scolaire pionnier par département, Alain Madelin bondit
sur l’idée et en réclama des milliers pour la France : c’était, dans son
esprit, un moyen d’affaiblir l’éducation nationale en la divisant et d’ouvrir
ainsi la porte à son démantèlement. Plusieurs syndicats d’enseignants tombèrent
dans le panneau et combattirent violemment les porteurs de projets qui se
situaient dans la ligne du Manifeste de Marie Danielle Pierrelée.
Finalement, le conservatisme l’emporta et étouffa les initiatives innovantes
qui auraient pu être les germes d’un changement de cap salutaire de notre
Ecole.
Que
le gouvernement actuel ait le projet de détruire l’école maternelle telle
qu’elle fut pensée par de grandes pédagogues comme Pauline Kergomar
et Maria Montessori doit nous conduire à réagir, mais pas à nous contenter de
conserver l’existant (qui a déjà subi de graves dérives avec la primarisation
dont l’école maternelle a été l’objet au cours des trente dernières années.)
Il
faut à la fois revenir aux sources de cette Ecole maternelle, création
originale qui fut longtemps un modèle pour le monde entier, mais aussi repenser
totalement les structures éducatives concernant les premières années de la vie.
Xavier
Darcos a le plus grand mépris pour les enseignantes
de cette école, mais aussi pour les sciences humaines qu’avec quelques
groupuscules ultraréactionnaires il accuse d’être les fossoyeurs de l’école
française. A nous de faire connaître au contraire les travaux des chercheurs
universitaires et des praticiens chercheurs qui ont fait considérablement
progresser nos connaissances sur le développement des jeunes enfants et des
riches expériences accumulées tout au long du 20e siècle. Saluons à
ce propos les 4 DVD réalisés par l’ICEM dans des
classes maternelles (voir plus bas).
Une fois
encore, je rappellerai le plan de réformes publié en 1946, qui porte le nom de
l’un des grands psychologues de l’enfance, Henri Wallon, A propos de l’Ecole
maternelle, on peut y lire notamment : « École
maternelle de 3 à 7 ans.
Les aptitudes des enfants y sont
développées librement et sans programme, par des méthodes actives.
Remarque. - L’âge actuel d'accueil dans les écoles maternelles est de 2 à 3
ans. Si l’âge d’admission est reporté de 2 à 3 ans, selon ce qui a été proposé
à la Commission, il sera indispensable, pour le bon développement intellectuel
des enfants que les crèches où ils passent souvent toutes leurs journées soient
pourvues de jardinières d'enfants. »
C’est justement cette idée qui est développée par Hubert Montagner, psychophysiologiste de renommée internationale, Professeur des Universités en retraite, ancien Directeur de recherches à l’INSERM, dans son récent ouvrage, l’Arbre-Enfant[6] et dans les textes sur les maisons de la petite enfance[7] et les crèches-écoles enfantines[8] présentés sur le site de REVEIL. Il ne s’agit pas de projets « en l’air » : des contacts sont pris avec les municipalités de plusieurs villes en vue de la création de telles structures.
Je rappelle également, à ce sujet, un article écrit pour la Lettre de Réveil de mars 2006, Les enfants de 0 à 3 ans : vous avez dit « égalité des chances » ? [9]. Ce n’est évidemment pas affaiblir les écoles maternelles que de repousser l’âge d’admission à 3 ou même 4 ans, et de les faire précéder par des structures plus adaptées aux très jeunes enfants et à leurs familles (dès la naissance voire avant, comme celles décrites par Hubert Montagner). Notons que l’âge d’entrée à l’école primaire était reportée à 7 ans dans le Plan Langevin Wallon – ce qui est la règle dans plusieurs pays européens, dont la Finlande qui se classe pourtant en tête des pays industrialisés pour ce qui est des acquis scolaires et où les écarts liés aux inégalités sociales sont les plus faibles.[10]
A la suite de la conférence de presse du 23 juin 2008 et sur une suggestion du Pr. Hubert Montagner, l’organisation de deux groupes de travail a été projetée au sein du réseau REVEIL. Le premier groupe essaiera d’éclaircir toutes les questions liées à la définition des finalités de l’éducation en ce début de 21e siècle compte tenu des connaissances apportées par les sciences humaines, de l’état de nos sociétés, de leur évolution actuelle et prévisibles, mais aussi en fonction des Valeurs que nous entendons promouvoir. Le second groupe travaillera, en liaison avec le Pr. Montagner, sur les questions touchant l’éducation des jeunes et très jeunes enfants : j’assurerai la coordination des échanges au sein de ces groupes et entre eux, dans un premier temps.
Plusieurs personnes ont déjà manifesté leur souhait de faire partie de ces groupes de travail ; merci aux autres personnes qui désirent se joindre à elles de me le faire savoir. Je proposerai, vers la fin du mois de septembre, un canevas de réflexion aux membres de ces deux groupes qui organiseront leurs échanges par courrier électronique. Nous pourrons envisager de nous rencontrer le 4 octobre à Boulogne, à l’occasion du Colloque organisé par le collectif Ecole : changer de cap (voir ci-dessous) pour les personnes qui participeront à cette manifestation.
Georges HERVE, septembre 2008.
***
Muriel QUONIAM Rouen,
le 06/09/08
1 bis rue Pierre Curie
76100 ROUEN
A Monsieur Darcos,
Ministre de l’Education Nationale
Monsieur le Ministre,
Je suis très choquée par
les propos méprisants que vous avez tenus lors de l’audition de la commission
publique des finances au Sénat, le trois juillet dernier, vis-à-vis du travail
des enseignants de petite section d’école maternelle, dont la fonction serait
essentiellement de « faire faire des siestes à des enfants ou leur changer
les couches ».
Cette réflexion prouve
votre ignorance totale de l’école maternelle, des enfants qui la fréquentent et
du personnel qui y travaille. Elle n’a pour but que d’amuser la galerie sur le
dos d’une institution publique (et de son personnel) dont votre souci essentiel
est de convaincre l’élu et l’électeur qu’elle doit disparaître car trop
coûteuse.
Comme pour les nouveaux
programmes et le reste des réformes que vous avez jusque là fait passer, vous
n’argumentez pas, mais vous contentez de petites phrases, dignes du Café du
Commerce, qui ont - hélas- beaucoup plus d’impact que les argumentations
étayées.
J’entends d’ici mes
collègues de petite section justifier de leur réel travail (qui n’a, entre nous, jamais consisté à changer les couches puisque la
condition d’accueil en maternelle est la « propreté »…) avec
vingt-cinq à trente enfants par classe. Mais est-ce utile ? Vous la
connaissez, la qualité de notre école
maternelle… mais vous n’avez plus les moyens de l’entretenir : il est là,
le fond du problème !
« Quand on veut se
débarrasser de son chien, on dit qu’il a la rage !» N’est-ce pas votre
maxime concernant l’école maternelle ?
Et puis, pour évoquer cet
odieux parallèle hiérarchique que vous osez faire entre l’enseignante de petite
section et celle de CM2, sachez qu’après trente ans d’enseignement en
maternelle, j’ai intégré l’an dernier… un CM2, ravie que la profession m’offre
cette possibilité de « reconversion », tout comme des collègues l’ont
effectuée en sens inverse avec le même bonheur.
Je peux vous assurer que nous exerçons le même métier, parce que nous
avons affaire à des enfants... qui n’ont pas les mêmes besoins certes, mais ont
tous la même soif d'apprendre et la même jubilation face à chaque pas
franchi !
Entre nous, à mes
yeux : le plus difficile n’est pas l’enseignement en CM2 !
Encore faut-il reconnaître
qu’enseigner n’est pas dispenser une série de connaissances, mais maîtriser un
savoir-faire : c’est un métier, cela s’apprend… et pour cela je suis allée
à l’école normale, mes collègues à l’IUFM… mais -bon sang mais c’est bien
sûr !- cela ne sert plus à rien puisqu’il suffit d’avoir bac + 5 pour
enseigner !
Monsieur le Ministre, je
suis triste et très en colère d’assister au dénigrement par les moyens les plus
vils de cette institution qu’on nous enviait de par le monde : cette école
maternelle qui permettait aux enfants d’être accueillis dès deux ans
gratuitement, partout sur le territoire français, quelles que soient les
conditions socioprofessionnelles des parents, et qui plus est dispensait
éducation et enseignement de qualité.
Du dénigrement au
désengagement, il n’y a qu’un pas… de la
maternelle à l’élémentaire : ce sera le pas suivant ?
Veuillez croire, Monsieur le Ministre, en
mon dévouement pour l'école de la République.
Muriel Quoniam Maîtresse d'école en CM2 ROUEN
***
Colloque
Samedi 4 octobre 2008
à l'Institut de
Psychologie
Université Paris V René Descartes
71 av. Edouard Vaillant - 92 Boulogne
(Métro Marcel Sembat)
REUSSITE
SCOLAIRE
OU
REUSSITE HUMAINE?
Comment donner
son plein sens à l'école?
Colloque organisé par le Collectif « école
changer de cap »
avec
le parrainage
de l'Association
pour la Pensée Complexe, La Ligue de l'Enseignement, Sciences
humaines,
et le
soutien du site PedagoPsy.eu
Intervention d’Edgar Morin :
Ecole : les voies de l'humanisation
Informations : Cliquer
ci-dessous
COLLECTIF ECOLE CHANGER DE CAP : Laurence
Baranski, Marie Françoise Bonicel,
Isabelle Canouï, Henri Charpentier, Olivier Clerc,
Daniel Favre, Jacques Fortin, André Giordan, Maridjo Graner, Véronique Guérin,
Claire Héber Suffrin, Georges
Hervé, Jacques Lecomte, Brigitte Liatard, Edmond Marc, Bruno Mattéi,
Edgar Morin, Aline Peignault, Brigitte Prot
Charles Rojzman,
Théa Rojzman, Vincent
Roussel, Claire Rueff Escoubès,
Armen Tarpinian, Édith Tartar Goddet.
Programme du
Colloque
9h :
Ouverture des portes et accueil (avec café)
- 10h/10h15 :
Allocution de bienvenue de Mr François Marty, directeur de l’Institut de
Psychologie. Présentation d’InteractionsTP-TS
et du Collectif Ecole changer de cap, Laurence Baranski
- 10h15
à 11h 55: Table ronde, Le développement de l’esprit démocratique
(100mn)
Modératrice : Laurence Baranski
Intervenants :
Charles Rojzman, Jacques Lecomte,
Claire Héber-Suffrin, Claire Rueff-Escoubès
- 11h55/12h45
: Première partie
de la Table-ronde, La formation des élèves
(50 mn)
Introduction et modération :
Edmond Marc
Intervenants :
André Giordan, Maridjo Graner, Brigitte Liatard, Vincent
Roussel
- 12h45 :
déjeuner
- 14h00/14h55 :
Deuxième partie de la Table-ronde,
La formation
des élèves (50mn)
14h55/16h45 : Table-ronde, La formation des enseignants (100mn)
Introduction et modération :
Martine Fournier
Intervenants : Bruno Mattéi,
Marie-Françoise Bonicel, Brigitte Prot,
Véronique Guérin
- 16h45 :
Pause
- 17h/18h :
Intervention d’Edgar Morin. Ecole : les voies de l’humanisation
- 18h :
Conclusion, Armen Tarpinian
Inscriptions avant le 28 septembre : contacter Maridjo Graner
au 01 48 25 90 63
ou écrire à l'adresse suivante :
Fiches d’inscription sur : www.ecolechangerdecap.net
***
Université Paris X- Nanterre, Hall du
bâtiment B, 200 av. de la République
92 001 Nanterre cedex
Gare RER/Métro/ SNCF : Nanterre-
Université
Jacques Pain et l’Ecole Doctorale 139 vous convient à cet événement exceptionnel. Avec la participation et
l’appui des groupes de Pédagogie Institutionnelle, de Pédagogie Freinet, de
Pédagogies différenciées et différentes.
CES
PÉDAGOGIES QUI RÉUSSISSENT.
LA PÉDAGOGIE CONTRE LA SÉLECTION ?
Les 1 et 2 novembre
nous réunirons à Nanterre- Paris X toutes celles et ceux qui sont parties
prenantes pour réfléchir, penser, à l’éducabilité, de la maternelle à
l’université :
Etudiants, enseignants des écoles, des
collèges et lycées, des universités, formateurs des IUFM, cadres de formation,
travailleurs sociaux, parents d’élèves ; la réflexion est
ouverte.
Nous le ferons en hommage à Fernand Oury,
cet instituteur nanterrien, « inventeur »
de la pédagogie institutionnelle, qui nous a quitté il y a dix ans, à La Borde
(Cour Cheverny), dans la clinique dirigée par Jean Oury.
Educabilité à la mesure
du « sujet », à l’accueil « irréfragable » des uns, des
autres, dans le champ complexe et mutant du 21è siècle
« mondialiste ».
En 2050 en Europe une personne sur deux ne sera pas originaire du pays
où elle demeure. Que penser dès lors pour l’école et pour l’université
européennes ? Comment enseigner en dehors des cultures, ou n’en pas tenir
compte ?
La France a un
problème d’école ! De l’hexagone « sensible » jusque dans les
DOM-TOM, elle est scolairement et sélectivement « échouée » !
Des milliers
d’intelligences sont maltraitées, négligées, laissées pour compte. L’avenir de
la France est aussi, plus que jamais, dans ses banlieues.
Accueillir la difficulté ?
Ou choisir la réussite standard ?
Cette question
anthropologique mal posée qui occupe bien des champs sociaux est une question
de Pédagogie et de Sciences de l’Education. C’est une question
d’ « Educateurs » et d’Education, de responsables.
L’échec scolaire et universitaire affiche le
problème. L’évaluation des résultats, souvent liée à des jugements de valeur,
des constats impersonnels, ne pense
jamais l’histoire et la culture des populations et leur évolution. A Nanterre,
dans les banlieues des « quatre coins » de France, et dans leur
prolongement et source Outre Mer, de jeunes populations émergentes prétendent
avec compétence à l’école et à l’université.
Or on confond
évaluation et audit, la pédagogie et ses
objectifs. L’évaluation est une partie intégrante et conscientisée de la
pédagogie. Elle est de l’ordre du collectif, un collectif où le respect des
personnes prime sur le classement et la note.
L’évaluation, nous enseignent les pédagogues, est d’abord la réussite
de la pédagogie. Le résultat en qualité humaine dès lors l’accompagne.
Célestin Freinet et Fernand Oury le disaient
simplement : les méthodes actives, intégrant les Sciences Humaines et la Psychologie, la Psychanalyse, ne font
pas moins bien à l’école, ou aussi bien, mais : mieux !
Mieux que les
méthodes traditionnelles que l’on nous ressert aujourd’hui, malgré leur
défaillance « massive » en France, en Afrique, en Amérique Latine ou
même au Japon !
Quelle école, quelle
université, nous préparent les élites installées de la République libérale,
dans la grande marche en avant des quartiers
défavorisés, des décrocheurs de tous milieux, des écoles, collèges et
lycées, de nos universités ?
Les
« doctorants » de l’université d’aujourd’hui et de demain viennent de
tous les milieux, en particulier à Paris X. Et tant mieux ! Ils viennent
de nos écoles de quartier. Ils pensent et discutent, dans de nombreux forums de
la pensée, métissant le savoir. Notre école doctorale, ses UFR, et les Sciences
de l’Education leur sont attentifs. Il nous faut beaucoup de
« doctorants », de tous les âges de la vie.
L’Europe c’est la
pensée « européenne », les cultures multiples et la mixité sociale,
les transversalités humaines. Dans un monde plus serré, plus proche, plus
« universitaire », l’Education et l’Ecole se feront tout au long de
la vie.
Nous avons des
réponses ! Parfois depuis deux cents ans ! Beaucoup d’entre ces
pédagogues, d’entre nous, ont pensé la « difficulté », et répondu aux
échecs du « système ». Depuis longtemps ! La preuve est faite.
Les deux défis du 21è siècle :
Transmettre, sans pré-juger ?
Eduquer, quoi qu’il arrive ?
Projet indicatif d’organisation : (ouvert et amendable)
Samedi
1è Novembre 2008
Le matin :
Actualité de la pensée de Fernand OURY, 1è
table ronde :
Mireille CIFALI ,
Francis IMBERT, René LAFFITTE, Lucien MARTIN, Philippe MEIRIEU, Jean OURY,
Jacques PAIN…..
L’après midi :
Ateliers multiples de pédagogies
« institutionnelles différentes »,
De la maternelle à l’université.
L’autre
école.
( De 30 à 40 groupes de pédagogies actives sont attendus.
Nous envisageons des Ateliers de Pratiques, des Ateliers de Films sur les
écoles et les classes, des Ateliers sur thèmes)
Dimanche
2 Novembre 2008
Le matin :
De la maternelle à l’université.
Ateliers multiples (suite). (Nous préciserons)
Nous aurons en parallèle un travail de
discussion et de mise en situation sur l’ Inspection,
l’Audit, l’ Evaluation des pratiques enseignantes.
Evaluer, oui mais comment ?..
L’après midi :
La pédagogie a de l’avenir, 2e table ronde.
Symposium international. (Les intervenants seront arrêtés en
septembre)
(Enseigner,
Apprendre à enseigner, Apprendre à apprendre… Nous prévoyons des interventions théoriques et des exemples de réussite
« en dépit de… » à l’école)
Sollicité(e )s :Antoine Prost,Claire Héber-suffrin,
André Legrand…….
Les Tables Rondes et les Ateliers et Temps
les plus importants seront mis en ligne, dans la série des Cahiers de l’Ecole
Doctorale : http://www.cahiers-ed.org
Inscriptions : pain.jacques@orange.fr si possible avant le 30 septembre 2008.
***
En
quoi la réciprocité construit-elle des solidarités ?
Rencontres internationales
27 – 28 – 29 – 30 novembre 2008
Génocentre – Evry - France
Ces rencontres seront une construction
collective pour tenter de répondre
ensemble
à cette question (En quoi la réciprocité construit-elle des solidarités ?), en
terme d'analyses à partager et d'actions à envisager.
Les interventions proposées sont des inducteurs
de réflexion commune et de partage d'expériences.
Structuration de
chaque journée
Ø autour de la même question : La réciprocité comme processus de
construction :
- des
personnes (conscience de soi, connaissance de soi, estime de soi, dignité,
rôles et places, mise en mouvement…) ?
- du social
(relations interpersonnelles, relations intergénérationnelles, relations
interculturelles, vivre ensemble, construction des institutions,
instituant/institué, rapports aux institutions…) ?
- des savoirs et de
l’apprendre (point de vue pédagogique, culturel, quels savoirs pour
aujourd’hui…) ?
Ø avec trois perspectives :
- La
réciprocité comme stratégie ?
- La réciprocité
comme chance et recours ? - La réciprocité comme résistance ?
�
Et une même modalité
pédagogique d'animation des ateliers et tables-rondes
:
Convergences et
diversités de nos expériences et de nos analyses ?
Ø Publication
Nous avons l'accord
des Editions Chronique sociale pour qu'un ouvrage soit issu de nos travaux. Ce
qui signifie que nous devrons « récupérer » un maximum d'intervention par écrit
et qu'une prise de note puisse être envisagée dans cette perspective.
Pour tous renseignements et inscriptions , contacter Claire Héber-Suffrin
claire.hebersuffrin@wanadoo.fr
***
Dans le bulletin de la région "Vivre
en Languedoc-Roussillon", j'ai lu le même article (même contenu, même
format) en occitan et en français et ça m'a donné une idée. Pourquoi ne pas
éditer des articles en trois langues: langue régionale, langue nationale
habituelle et langue internationale? Une manière de considérer avec la même
intensité nos racines, notre nation et la planète entière. Une façon de garder
conscience de l'autre, des diverses réalités.
La question des langues s'invite en France (décisions mal placées
et contradictoires des députés et des sénateurs). Elle se pose aussi en Europe
où, à 27, beaucoup de langues maintenant s¹estiment traitées inéquitablement par les institutions européennes. L'anglais
colonise des mentalités et des résistances de plus en plus sérieuses
apparaissent. La question des langues atteint le monde entier; pensez par
exemple à ce que provoquent des frontières tracées en ligne droite au milieu de
différentes contrées, ou quand la langue commune est celle de l¹ancien
colonisateur.
Après deux guerres mondiales dans le cadre des nations, après une première mondialisation ratée par irrespect des libertés dans l'ex-URSS et une seconde étasunienne en perdition, une forte tentation de repli de chaque communauté sur son territoire se comprend. Les risques d'attachements aux ³racines² avec fermeture sur des nationalismes étriqués se multiplient. Comment éviter cela?