<font size="4"><b>L'Enfant et ses rythmes : pourquoi il faut changer l'école</b></font>

L'Enfant et ses rythmes : pourquoi il faut changer l'école.

François Testu[1] et Roger Fontaine

Calmann-Lévy septembre 2001.

 

"Des journées de dix heures[2], des vacances trop courtes ou trop longues, une semaine de quatre jours déstabilisante, un premier trimestre qui n'en finit pas, les devoirs après la classe, la télévision pour seul loisir… Telles sont les cadences que subit une majorité d'enfants, telle est la vie que leur a imposée une société plus souvent soucieuse de la satisfaction des intérêts des adultes que du respect du développement de l'enfant."

La chronobiologie et la chronopsychologie sont des sciences très jeunes, qui peuvent cependant déjà donner quelques indications sérieuses sur les rythmes de vie des enfants. Les auteurs s'attachent à les faire connaître à toutes les personnes concernées, aux parents, aux enseignants, aux décideurs … Ils plaident pour un aménagement du temps scolaire qui respecte ces rythmes, ne serait-ce que pour améliorer le "rendement" de l'école.

Mais un tel aménagement ne peut se résumer à une simple "bricolage" de l'emploi du temps des enfants, au déplacement des heures du samedi matin vers le mercredi matin.  Les deux derniers chapitres abordent quelques problèmes de fond : "Modifier le temps scolaire implique que l'on aménage son contenu" (chapitre 9) et "S'il faut changer ses contenus, faut-il changer l'école pour répondre aux problèmes de violence et d'incivilité ?" (chapitre 10). "…arrêtons-nous et réfléchissons sur ce que devrait être l'école du XXIième siècle, penchons-nous sur la fonction des enseignants, proposons des aménagements temporels et spatiaux, des activités scolaires et extrascolaires qui favorisent le développement et l'éducation de l'enfant, qui conduisent à la réussite et qui éliminent les comportements déviants tels que la violence et l'incivilité".

Ces pages s'appuient sur quelques expériences (à l'école primaire) qui montrent qu'une volonté des enseignants de se comporter en éducateurs et non en simple transmetteurs de connaissances peuvent améliorer sensiblement l'ambiance de l'école et conduire à d'incontestables progrès sur le plan de l'acquisition des connaissances.

"Avec les deux projets "les contrats éducatifs locaux" et la charte "bâtir l'école du XXIième siècle" il nous semblait que cette indispensable complémentarité[3] allait s'instaurer". Les CEL existent encore (pour combien de temps ?), mais l'abandon de la Charte leur enlève ce "supplément d'âme" qui devait en faire un premier pas vers une école adaptée aux besoins de notre temps, où "tous ceux qui ont en charge l'éducation d'enfants et d'adolescents (pourraient) mettre en cohérence leurs actions dans la cadre des temps scolaire, périscolaire et extrascolaire".

Il n'est pas trop tard pour " prendre rapidement des mesures, sans bouleverser tout le système scolaire… Encore faut-il que les adultes le veuillent et que leurs actes soient en accord avec leurs déclarations."

 



[1] Rappelons que des notes prises au cours d'une conférence donnée par le Professeur Testu à Issoire en janvier dernier, notes revues par le conférencier, sont placées sur le site Internet de R.E.V.E.I.L.

[2] Quand ce n'est pas plus : pour bien des enfants, les transports scolaires font qu'ils sont absents de chez eux près de douze heures les jours de classe, et qu'il leur reste les devoirs à faire lorsqu'ils arrivent chez eux.

[3] Entre l'école, les décideurs locaux, les associations culturelles et sportives locales…

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