Projet d’Etablissement Pionnier

Projet d’Etablissement Pionnier

 

Préambule : quelques éléments de réflexion

 

1)      Tout individu, toute structure est le produit d’une histoire collective.                     Il ou elle ne peut se réaliser qu’en appartenance à un groupe, à une microsociété dans laquelle il ou elle va recevoir, donner, rendre et échanger.                               

2)      Les contraintes insurmontables que rencontre l’élève dans les apprentissages et les entraves au développement de sa personnalité et de sa socialisation, mettent les énergies sous pression et les font s’évacuer en pure perte et de façon violente.    

3)      Le jeune d’âge scolaire ne peut compter sur l’expérience acquise pour orienter ses conduites et optimiser ses comportements : il a besoin d’un tuteur qui l’aidera, dans des situations appropriées, à prendre les décisions qui conviennent le mieux à son développement et à son insertion sociale.

 

Fondements du projet d’établissements pionniers

 

(cf. charte de l’association “ Pour une école créatrice d’humanité ”)

 

La transformation de l’école publique est une question résolument politique au sens de “ vie commune dans la cité ” et de “ bien commun ” appréhendée à travers les principes et les valeurs de la République et de la Démocratie. Elle ne peut être séparée du projet de société qui inspire ces valeurs.

 

Cette transformation n’est pas l’affaire des seuls spécialistes ou professionnels de l’éducation mais de l’ensemble des citoyens ; elle est un enjeu du débat public.

 

La mise en place d’établissements pionniers ne peut avoir une chance de se réaliser sans une forte volonté politique pour les impulser et les soutenir.

 

L’humanité est une notion éthique fondamentale et fondatrice de tout projet éducatif scolaire. Elle renvoie à la prise en compte de la dimension homme et citoyen chez l’élève. Ce fil conducteur suppose une transformation radicale de la relation de l’individu à son environnement.

 

L’établissement pionnier est guidé par :

 

1)      La recherche de l’épanouissement de chaque élève dans la globalité des dimensions de sa personnalité, unique et singulière, sans créer, comme le fait actuellement l’école, de hiérarchies prématurées et artificielles.            

2)      La formation de l’élève au jugement critique. En apprenant à penser par eux-mêmes, ils se libèrent des conditionnements éducatifs et sociaux qui les condamnaient à n’être que des “ adaptés ” perpétuels.                            

3)      La laïcité comme principe fondamental d’ouverture et de reconnaissance de l’autre, de respect des individus et des cultures d’origine, de refus de toute exclusion ou de soumission à tout dogme quel qu’il soit.                       

4)      La formation à la citoyenneté à travers la connaissance et surtout la pratique des valeurs de coopération, de solidarité, de fraternité. Ces valeurs, et notamment la fraternité, devraient introduire chaque enfant dans sa dignité de “ Personne ” et de “ Citoyen ” qu’il est maintenant et qu’il sera demain.

 

L’établissement pionnier n’est pas un sanctuaire ; il est partie prenante de la vie démocratique et du territoire sur lequel il se situe.

 

Le Projet du Lycée Lavoisier

 

Comme établissement pionnier, le Lycée Professionnel Lavoisier s’engage dans un projet d’innovation global et évolutif en mettant en place, tant pour les élèves que pour les adultes, des formes adaptées d’organisation du travail et de la vie scolaire.

 

Il s’attachera au fil des années à réorienter, si besoin, son projet initial pour lui permettre de demeurer un établissement réellement ouvert à tous.

 

Tous les adultes engagés dans la mise en œuvre de ce projet doivent pouvoir se sentir acteurs à part entière de l’histoire collective de l’établissement et en particulier de l’évolution du projet pédagogique initial.

 

Ceci implique la mise en place, au même titre que l’organisation pédagogique du cursus des élèves, de modes différents d’organisation du travail des adultes au sein de l’établissement.

 

Ceci implique également, en dérogation au cadre légal actuel, de redéfinir partiellement, le cas échéant, le rôle, les attributions et la composition du conseil d’administration. Cette nouvelle organisation devra assurer une réelle collégialité des prises de décision au sein de l’établissement et devra assurer aux parents et aux élèves la participation réelle à la vie de l’établissement ainsi qu’à la gestion et à l’évaluation de son projet pédagogique.

 

Actuellement, le Lycée Professionnel Lavoisier se singularise par une pratique fondée :

 

1)      sur la mise en valeur de ce qui contribue au développement de la personnalité de l’élève en l’aidant à acquérir des repères essentiels au plan social et culturel,          

2)      sur des modes d’action conduisant à l’enrichissement de la relation pédagogique,  

3)      sur l’ouverture du lycée sur son environnement en participant à la vie du quartier et en aidant à sa structuration au plan éducatif, social, culturel et économique.

 

Le travail en direction des personnes est concomitant à la transmission et à l’intériorisation des connaissances. Il postule des temps de réflexion communs élèves-professeurs, des vécus pédagogiques et des outils d’analyse nécessitant la participation d’éléments extérieurs.

 

A l’interne :

 

·        Depuis 1993, la vie scolaire a institué une heure de vie de classe, appelée temps d’échange et de réflexion, animée par un adulte volontaire. La notion de volontariat est importante. Le professeur est face aux élèves dans un cadre différent. Il n’y a pas de cours, de programme déterminé. C’est le groupe qui choisit le thème de la séance. L’adulte est un référent qui apporte son expérience, son point de vue et qui contribue à la prise de recul nécessaire.

Le contenu des séances est très varié : discussion sur un problème particulier à la classe, à un élève, sur un sujet d’actualité ou de société.

Les séances ont lieu tous les 15 jours, par groupe de 12 à 15 élèves selon les sections.

Une évaluation et un suivi ont été mis en place. Des réunions ont lieu auxquelles participent des intervenants extérieurs – psychothérapeute et/ou sociologue. Le but est de réfléchir sur l’évolution de la jeunesse, les possibilités de prendre du recul, savoir que faire de ce que l’on entend, etc.

Ce temps d’échange et de réflexion fait partie de la vie du lycée et est inscrit à l’emploi du temps des élèves. Il fonctionne comme un régulateur dans certains cas et toujours comme un temps de dialogue.

L’image réciproque que se portent enseignants et élèves s’en trouve améliorée.

 

·        Egalement géré par la vie scolaire, le point écoute dont l’objectif est de proposer aux élèves une écoute spécialisée pour répondre à la souffrance et à la difficulté d’être adolescent. Cette écoute vient en complément du travail des adultes du lycée (CPE, Proviseur, Assistante Sociale, Infirmière, professeurs).

Deux heures par semaine, un psychanalyste est présent au lycée, à disposition des élèves. Il est très clairement précisé à tous que ce qui est dit lors des entretiens est confidentiel. Les informations transmises ne le sont qu’à la demande expresse des élèves.

Cette écoute peut être aussi considérée comme un relais possible pour les adultes qui recueillent des confidences parfois lourdes à gérer (inceste, maltraitance, problèmes psychologiques).

 

·        Chaque année, une semaine de réflexion est proposée aux élèves. L’objectif est que tous les élèves et adultes réfléchissent ensemble sur un sujet choisi par les élèves. C’est un moyen de répondre aux attentes et aux questions des jeunes sur un thème précis, et de sortir du cadre scolaire.

Le but est aussi de travailler sur la citoyenneté, d’aiguiser la réflexion, le sens critique, d’apporter des connaissances nouvelles hors programmes scolaires.

En pratique, cette semaine s’élabore à partie d’un thème retenu par les élèves. elle est pilotée par les CPE. Les thèmes des années passées sont très divers : la maternité, l’adolescence, l’exclusion, la solidarité, le Nord (patrimoine et fêtes), la santé, etc.

 

A l’externe :

 

·        Le lycée fonctionne en continu, sans violence majeure, 365 jours sur 365, soit sur moyens propres, soit sur moyens spécifiques dans le cadre de l’école ouverte (tous les week-end et pendant 10 semaines durant les petites et grandes vacances scolaires).

A partir des vacances de printemps, le lycée est toujours en situation d’accueillir et d’encadrer jusqu’à 22 heures un petit groupe de jeunes.

 

·        L’ensemble des activités sont gratuites ; elles sont fréquentées tant par les élèves du lycée que par les jeunes et les adultes du quartier (le week-end), quelque soit leur âge et quelque soit leur sexe. Elles concernent : le soutien et la remise à niveau scolaire, les cours de langue (arabe), des activités culturelles et artistiques (cinéma, calligraphie), des activités pédagogiques de loisir (jeux de société, ateliers de photonumérique) et des activités sportives (ping-pong, badminton, foot).

 

·        L’ouverture du lycée sur le quartier et son implication au plan éducatif et social nous a amené à créer des partenariats avec les structures environnantes et à participer avec les habitants à un porte-à-porte afin de repérer les besoins du quartier et de déterminer l’aide que l’établissement pouvait apporter au titre de sa mission de service public de proximité.

 

·        La politique de recrutement de CES ou de CEC, principalement issus du quartier, dans un contexte de chômage important (37%), nous a conduit à être “ créateur d’emploi ”, à répondre positivement à des demandes de personnes qui souhaitaient, même dans le cadre d’un travail précaire et à durée déterminée, apporter leurs compétences à l’établissement et échapper à l’image dévalorisante du chômage et de l’assistanat.

Cet apport de personnel nous a permis de rendre la vie au lycée plus riche et plus facile, notamment au plan de l’entretien, de l’administration et de la surveillance à l’intérieur et aux abords du lycée.

 

·        Par ailleurs, et à titre de solidarité et à chaque fois que cela lui est possible, le lycée effectue ses achats auprès des commerçants du quartier afin d’aider au maintien du commerce de proximité.

 

Une plus grande autonomie et une réflexion plus ouverte à des compétences extérieures nous permettraient de poursuivre avec plus de souplesse notre évolution. Nous souhaitons pouvoir aller plus avant dans notre recherche d’une plus grande humanisation du rapport au savoir, d’une organisation scolaire plus adaptée à des situations d’apprentissage différentes : simulation, travail virtuel, sorties pédagogiques, co-animation…

 

Dérogations et demandes de moyens spécifiques

 

Ø      Postes à exigences particulières : nous souhaitons que les postes de direction, d’enseignement et d’éducation apparaissent au mouvement avec des exigences particulières.

Dans le cadre de leur mutation, les personnels devront déclarer par écrit :

-         être prêt à l’innovation pédagogique,

-         manifester leur volonté de connaître les élèves dans leur dimension sociale et culturelle et de fonder la relation pédagogique sur l’échange,

-         manifester de l’intérêt pour la réflexion de type sociologique et psychanalytique.  

Ø      Dérogation à la Dotation Horaire Globale par augmentation de la dotation (+ 165 HSA et 300 HSE)        

Des moyens spécifiques sont demandés :

-         afin de permettre les temps d’échange et de réflexion (anciennement heures de vie de classe) hebdomadaires (passage de 1h quinzaine à 1h semaine),

-         pour dédoubler certains cours au-delà de 18 élèves notamment en langue, en technologie et dans certaines divisions rassemblant des élèves à “ lourd passé scolaire ”,

-         pour l’autoformation des personnels avec des intervenants extérieures, experts dans leur domaine et choisis en fonction de leurs compétences reconnues,

-         pour la concertation institutionnelle.                                         

Ø      Augmentation des moyens budgétaires

-         pour rémunérer les intervenants extérieurs,

-         pour financer les actions pédagogiques hors établissement.                       

Ø      Dérogations administratives

Pour faciliter le travail en extérieur et utiliser la richesse environnante : partenariat associatif, exploitation par ½ journée de situations pédagogiques spécifiques hors établissement, etc.

 

Dès la rentrée 2001, par départ à la retraite et mutation, nous avons l’opportunité de pourvoir au poste de chef de travaux et de proviseur adjoint. Il serait souhaitable que des postes soient pourvus dans le cadre de ces exigences particulières.

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