MANIFESTE POUR UN DEBAT PUBLIC SUR L’ECOLE
Note n°4
Avril
2004
PARENTS ET ENSEIGNANTS : UNE TENSION NECESSAIRE
Le débat continue avec cette 4ème
note qui prolonge le “Manifeste” pour un débat
public sur l’école (éditions La Découverte).
Comme la précédente, cette note n’en reprend
qu’un seul point, et nous renvoyons à notre petit l i v r e pour une réflexion
d’ensemble. Nous souhaitons que les lecteurs de ce texte le diffusent le plus
largement possible, et nous serons heureux de recevoir leurs remarques.
Les parents ont souvent été peu nombreux dans les réunions du
grand débat sur l’école organisé par le Ministère. Mais ce n’est pas une
surprise : si l’institution réserve une place aux parents, du niveau de la
classe à celui de l’établissement et jusqu’au Conseil supérieur de l’Education,
il n’y a pas toujours harmonie entre leur représentation dans ces instances,
parlant au nom de tous les parents, et la prise en compte des aspirations des
parents de chaque enfant.
Sans se limiter à l’aspect institutionnel, il faut l’avoir à
l’esprit pour parler de la coopération entre parents et enseignants, qui sont en
situation objective de co-éducation. Mais gardons-nous de l’angélisme : il
y a forcément des tensions, des intérêts divergents. Pour les dépasser, il
faudrait que l’institution se pose quelques questions essentielles :
Ø Les parents
ont-ils tous la même attitude par rapport à l’école ?
Ø Comprennent-ils
tous ce que l’école demande, aux élèves aussi bien qu’à eux-mêmes ?
Ø Sinon, s’agit-il
d’un problème d’explication, ou d’une incompréhension des enjeux de l’école ?
Ø La relation
qu’entretient l’école avec les parents correspond-elle à leur attente ?
Ø En quoi les
attentes respectives des parents et des enseignants font-elles partie des
conditions de la réussite de chaque enfant ?
Pour répondre à ces questions, il faut prendre en compte les
profondes évolutions du système éducatif.
«Il n’existe pas d’autre pays que la France qui ait construit
son système scolaire, à ce point, contre le système familial …”1. L’Ecole
d’aujourd’hui a gardé quelques traits de celle de la Troisième République.
Jules Ferry voulait soustraire l’enfant aux superstitions, à la soumission au
curé du village, au patois, à l’absence d’hygiène, et à l’hérédité des
privilèges, du moins de certains. L’école de Jules Ferry, c’était le culte de
la raison, la morale publique, l’union autour de la langue nationale, bref la
formation du citoyen à travers quelques apprentissages élémentaires. Mais
depuis 1945, puis avec la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans (et bien au-delà
en fait), l’école a changé de public. Jusque dans les années 1960,
l’Ecole républicaine va fonctionner en laissant jouer implicitement le principe
de sélection sociale ; l’élitisme républicain, en permettant à quelques
rares élus d’accéder à de hautes fonctions par leur mérite, contribuait
à masquer le jeu de la reproduction dans la plupart des cas. Le collège unique
bouleverse le cadre, mais c’est au moment où les «trente glorieuses» s’achèvent
et où la modernisation requiert un niveau de formation de plus en plus élevé.
Après les grandes espérances, les grandes illusions : tous les élèves, quels
qu’ils soient et d’où qu’ils viennent,
auront accès aux mêmes études, aux mêmes établissements, avec les mêmes
professeurs. En réalité seuls les meilleurs, lisons ceux que leur
origine socio-culturelle a préparés à un enseignement qui est la propédeutique
à la voie d’excellence du lycée d’enseignement général, pourront vraiment
atteindre le plus haut niveau. Les parents comprendront peu à peu que l’égalité
affichée pour le collège n’était qu’un leurre. Parfois, même les élèves
éprouveront dans un même collège que toutes les classes ne sont pas
équivalentes. D’où ce paradoxe : c’est dans une période où la législation
précise les conditions de participation des parents à la vie scolaire et où
leur intérêt pour ce qui se fait à l’école ne cesse de croître que le
rapport de confiance - qui se traduisait souvent par une absence de
rapports - qu’entretenaient les familles avec l’école se délite.
Les conséquences de cette nouvelle donne sont à l’origine de bien
des malentendus ; et
d’abord de ce que nous avons appelé dans le Manifeste pour un
débat public pour l’école l’injonction paradoxale : «Tout le monde
est pour le rapprochement avec les familles, à condition que celles-ci sachent
tenir le discours qu’on attend d’elles dans l’institution. On parle beaucoup du
nécessaire partenariat avec les parents, de l’aide qu’ils peuvent apporter aux
enseignants en étant leur allié inconditionnel, en veillant au travail scolaire
de leur(s) enfant(s)”, sans pour autant se prononcer sur l’intérêt qu’il
présente pour l’élève. Mais, quand certains élèves posent problème aux
enseignants, “on déplore la faible présence des parents, surtout en milieu
populaire, lors de réunions où ils sont invités (il arrive que, fâcheux lapsus,
on dise parfois “convoqués”). On connaît aussi le thème récurrent de la
“démission parentale”, lorsque ceux-ci semblent absents et paraissent avoir
failli à leur tâche éducative”2. De récentes études démentent cette vision
simpliste.
“Comme on demande aux familles tout et son contraire, si elles se
mêlent trop de ce qui bien souvent les regarde, on se plaint de leur intrusion,
de leur interventionnisme inopiné et intempestif. Et on brandit une autre
menace, celle du “consumérisme”».
“L’inconséquence ici, c’est de ne reconnaître leur action que
lorsqu’elle arrange l’école. On l’apprécie quand il faut faire pression auprès
de l’inspection académique pour obtenir des postes, mais ensuite, chacun doit
rentrer chez soi ». Les parents comme variable d’ajustement, en quelque sorte.
En fait, les parents d’élèves ne constituent pas une classe homogène.
Ils sont divers dans leur rapport à l’école.
Certains parents sont dépassés ; d’autres sont submergés par des
problèmes familiaux et peinent à survivre. Au-delà, il y a tous ceux qui
“pensent bien faire en ne se mêlant pas des affaires de l’Ecole tandis que les
enseignants interprètent leur non-intervention comme la preuve de leur
désintérêt”3. Parmi eux, tout simplement des familles modestes, qui courent
après le temps et peinent à accompagner la scolarité de leurs enfants. Les
familles en grande pauvreté, qui cachent leur misère, et dont, dit Claude Pair,
“la seule richesse qui leur reste est l’avenir de leurs enfants”. Les parents
d’origine
immigrée, qui ont très généralement un profond respect pour
l’école et pour ses maîtres mais qui estiment que le respect se marque par la
distance ; pour eux, la réussite scolaire de leur enfant est l’expression de
leur propre intégration sociale et culturelle. Plus largement, beaucoup de
parents de familles populaires ne viennent pas à l’école parce qu’ils pensent
qu’ils n’ont rien à y faire, qu’ils ne peuvent lui être d’aucune utilité, ou
qu’en fin de compte ils n’en sont pas dignes.
A l’opposé, les parents encombrants, ceux qui surinvestissent
l’espace scolaire, ceux qui “pédagogisent” le moindre moment de loisir de leur
enfant, et qui pensent compenser par une hyperactivité péri-pédagogique un
déficit d’écoute et de parole, voire de simple présence parce qu’ils sont trop
investis dans leur travail.
Faut-il mettre à part les parents-enseignants ? Ils sont nombreux,
depuis que l’enseignement est devenu une profession de masse ; ils ont été
nombreux dans les débats sur l’école. A certains, qui font partie des
encombrants, on aurait envie de demander si, dans leur profession, ils sont
exempts des reproches qu’ils adressent à leurs collègues, et quelle
considération ils accordent aux parents de leurs propres élèves. Certains ne se
préoccupent pas de relations avec les professeurs de leurs enfants. D’autres -
le plus grand nombre ? - sont attentifs mais discrets, y compris quand ils
parlent avec leurs enfants de leurs professeurs ; certains comprennent mieux
les difficultés des élèves quand ils voient celles que rencontrent leurs
propres enfants.
Mais tous les parents veulent être des parents comme les autres
: ils veulent que l’école assure à la fois la réussite de l’élève,
l’épanouissement de l’enfant, et la formation du futur citoyen, ils veulent
comprendre comment fonctionne l’école, comment fonctionne leur enfant à
l’école, sans qu’ils suspectent la conscience professionnelle des maîtres ni veuillent
empiéter sur leur responsabilité pédagogique.
Il est légitime que l’intérêt des parents pour l’organisation
pédagogique de l’établissement se
traduise par de vraies questions.
Inversement, que l’enseignant veuille savoir ce qui se passe pour
l’élève en dehors de l’école n’est pas a priori un viol de l’intimité
familiale. La bonne mesure, la discrétion, la confiance mutuelle permettent
qu’on prenne en compte l’intérêt de l’enfant dans sa globalité, tout en
respectant sa vie privée et celle de sa famille.
Les parents ne sont pas des partenaires comme les autres !
S’ils sont institutionnellement reconnus comme des partenaires
permanents de la communauté éducative, ce n’est pas pour leur faire plaisir ou
pour contrarier quelques enseignants ; c’est l’esprit de la loi qui place l’élève
au centre du système éducatif. C’est
parce que l’enfant et le jeune sont la préoccupation centrale de
l’ambition éducative des adultes qui ont choisi de coopérer et de fédérer leurs
compétences respectives pour traduire cette ambition en actes. Plus qu’un
simple partenaire : c’est le parent coéducateur qui est concerné.
Et pourtant, la famille n’est pas l’école, ni l’école la famille.
La cellule familiale est le domaine de la filiation, où chacun se construit par
son histoire personnelle. Le monde de l’école est de l’ordre de la construction
de soi, dans un espace social où l’on apprend à se déprendre de la famille pour
s’inscrire dans l’universel. Cette distinction est une condition nécessaire de
la structuration de l’enfant. C’est la (re)connaissance mutuelle, l’accord
entre deux partenaires privilégiés, la complémentarité négociée de leur action
éducative qui doivent être recherchés dès lors qu’il n’est plus guère de
familles qui ne se préoccupent de la scolarité de leur enfant et de son avenir.
Dans la relation parents-enseignants, l’alternative est simple :
au mieux un choix délibéré, au pire une nécessité désormais incontournable.
Mais cette co-éducation entre
parents et enseignants est assumée dans une tension féconde.
Dilemme bien connu : l’équilibre à
trouver entre les intérêts particuliers et la recherche d’une école de qualité pour tous. Qui reprocherait à des
parents de vouloir pour leur enfant la meilleure scolarité possible, dans une
«bonne école», où une équipe pédagogique soudée assure à la fois l’assimilation
des contenus et l’apprentissage de la vie collective, tout en sachant créer les
dispositifs qui permettent l’accompagnement au moment des difficultés
passagères ? Une école à l’abri des soubresauts de la vie extérieure sans être
une forteresse isolée de la “vraie vie” ? Mais ces mêmes parents, militants de
l’école, qui condamnent les établissements ghettoïsés, la ségrégation scolaire,
la forte corrélation entre réussite et inégalités sociales, qui revendiquent
une école de la mixité sociale, on les voit souvent, s’ils sont initiés aux
arcanes du système, déployer les stratégies nécessaires pour éviter les
établissements de mauvaise réputation.
Mais il y a beaucoup d’hypocrisie à condamner des «parents
consommateurs» alors que notre système apparemment égalitaire profite d’abord à
ceux qui savent louvoyer entre établissements d’excellence, options ou langues
rares, sections européennes ou classes bilingues, pour accéder au trésor.
L’intérêt général - la vertu en quelque sorte –ne s’impose véritablement qu’à
ceux qui ne savent pas comment prendre les raccourcis. Mais se résigner à cet
état de choses serait admettre de laisser sur le carreau trop de jeunes
condamnés à l’échec et dont la violence, dirigée vers les autres ou retournée
contre euxmêmes, est la manifestation d’un sentiment profond d’impuissance et
d’abandon. Pour dépasser cette contradiction, il faut que la Nation se
réapproprie le débat éducatif, dise quelle école elle veut et dégage les moyens
nécessaires.
Mais nous ne sortirons pas de la contradiction si le système est
confisqué par ceux-là même qui ont tous les atouts en main. Ou alors il faut se
résigner à ce qu’à terme le service public paupérisé soit abandonné aux plus
modestes, tandis que les privilégiés profiteront à côté d’un réseau prospère
devenu de fait ségrégationniste.
Tout cela est plus facile à dire qu’à faire, mais il y a rarement
de solution facile à un problème complexe. C’est pourquoi il faut bâtir
collectivement, en commençant par ce que nous pouvons entreprendre en commun.
Le concept de coéducation n’a pas d’autre sens. Pour promouvoir cette école
pour tous au service de tous, quelques initiatives concernant la participation
des parents à la vie scolaire doivent être prises.
Dans les établissements où les familles sont très éloignées de
l’univers culturel du système scolaire, il faut développer les démarches de
médiation à leur intention. La formation initiale et continue des enseignants,
et de tous les personnels, doit inclure une information concernant les
modalités de contact avec les familles, et un entraînement à la connaissance
des milieux. Le rôle et les missions des représentants des parents doivent être
revus, en fonction des évolutions actuelles de notre système.
Il faut d’abord défendre l’école publique, de façon qu’elle ne
cède pas à cette privatisation rampante
qui s’exprime notamment par le maintien ou la reconstitution des filières
ségrégatives, ou par les atteintes répétées à la gratuité, qui pèsent toujours
sur les plus démunis. Cela, parents et enseignants peuvent le faire ensemble,
dans chaque école, collège, ou lycée, en réintroduisant de la justice sociale
partout où elle est oubliée. Il s’agit ensuite de redonner du sens à la
concertation organisée, en faisant des projets d’école et d’établissement le
point d’ancrage autour duquel les acteurs - enseignants, parents, élus, mais
aussi élèves- se rassemblent pour édifier, et donc pour mettre chacun devant
ses responsabilités propres. Il faut enfin organiser ensemble, avec discrétion,
la vigilance autour des enfants en difficulté scolaire et des familles en
détresse sociale. On évoque souvent le “malaise” du monde enseignant. On ne
peut alors que se féliciter de voir les citoyens se préoccuper de plus en plus
de leur Ecole et de ses maîtres. Mais les enseignants doivent accepter de leur
côté que cet intérêt se manifeste par un échange à partir d’un objectif partagé
: la promotion et l’amélioration du service public d’éducation rendu aux
“usagers”, qui ne doivent pas être contraints d’aller payer hors de l’Ecole
l’aide et le soutien que celle-ci a le devoir d’offrir.
Au-delà d’un consensus mou, c’est tout l’enjeu de la relation
entre parents et enseignants. Les
professeurs apprécient que les parents soutiennent leurs demandes de postes ou
de crédits, qu’ils soient attentifs aux questions de discipline. Mais cela ne
va pas sans créer des droits en retour : dans l’organisation de
l’établissement, les parents peuvent demander des explications sur la façon
dont celui-ci essaie de régler les problèmes de comportement de leur enfant, et
ils ont leur mot à dire…
Notes cnt. ce texte :
1. Philippe Meirieu, in “Ecoles, familles, le malentendu”,
F. Dubet dir. Ed. Textuel, 1997.
2. Voir Claude Pair, “L’école devant la grande pauvreté”,
Hachette, 1998, et les témoignages recueillis par ATD-Quart Monde qu’il évoque.
3. E. et G. Chauveau, “Les familles et l’école : une relation
difficile”, in Ville, Ecole, Intégration, n°114, 1998, CNDP.
Contacts :
Jean-François Vincent
jf.vincent@occe.net - Tel : 01 44 14 93
30
Maurice Charrier
franck.tornicelli@vaulx.sitiv.fr
Tel : 04 72 04 80 80
Notes précédentes :
n°1 • Ecole, qui décide ?
n°2 • Collège : un socle commun ?
n°3 • L'évaluation au cœur du débat public sur l'Ecole.
• Hors-Série • Débattre OUI ! mais comment ?
La coopération entre parents et
enseignants peut prendre des formes concrètes, dont
voici quelques exemples (voir l’ouvrage
de Jean-Michel Zakhartchouk, “Enseigner, un
métier à réinventer”, Ed. Yves
Michel, 2002)
Les questions que les parents sont en
droit de poser :
Ø
Quelles structures pédagogiques propose l’établissement ?
Ø
Comment et sur quels critères sont constituées les classes ?
Ø
Quelles informations les parents peuvent-ils obtenir sur le
fonctionnement de l’établissement ?
Ø
Quels sont les différents personnels, leur rôle, leur
relation avec les familles ?
Ø
Comment les parents peuvent-ils rencontrer les enseignants
ou les cadres éducatifs ? A qui s’adresser en cas d’urgence ?
Ø
Quelles procédures de remédiation et de suivi personnalisé
utiliser lorsque leur enfant se trouve en difficulté passagère ?
Ø
A qui cet enfant peut-il se confier sans craindre de
déranger ou d’être brutalement rabroué ?
Ø
A qui peut-il s’adresser quand il ne comprend pas l’énoncé
d’un problème ou le
Ø
texte d’un exercice ?
Ce que les enseignants peuvent apporter
aux parents :
Ø
Des conseils méthodologiques : comment aider un enfant à
apprendre efficacement une leçon, comment le guider pour bien lire, notamment
les consignes, comment organiser son planning de travail.
Ø
Des recommandations pour travailler dans le même sens qu’eux
à motiver les enfants : insister sur le positif, ne pas considérer l’aide à la
maison sous le seul angle du contrôle, mais aussi de la discussion sur ce qui a
été fait à l’école, sur ce qu’on a appris, inciter les parents à mettre en
relation les savoirs scolaires et les savoirs d’expérience quotidienne dans la famille.
Ø
Une réflexion sur ce qui peut permettre à l’enfant de
travailler dans de bonnes conditions : des limites à la consommation
télévisuelle, une alimentation et un sommeil favorables à l’efficacité dans le
travail, cela présenté sous un angle professionnel et non moralisant.
Ø
Une ouverture qui donne aussi une image positive de l’école.
Les parents apprécient quand les enseignants présentent l’action de l’école ou
de l’établissement, quand ils informent sur les programmes, les exigences, les
critères d’évaluation.
Ø Une volonté de
transparence : les enseignants aident à décoder l’école, et cela va dans le
sens de l’égalité (procédures d’orientation, sens de la constitution des
classes). Ils organisent systématiquement des réunions d’information, par
exemple sur les nouveaux dispositifs (TPE, IDD…) ou le travail à la maison, des
réunions où les enseignants ne monopolisent pas la parole.
Ce que les parents peuvent apporter aux
enseignants :
Ø
Des informations sur l’enfant, qui convergent avec des
observations des professeurs ou au contraire en divergent, informations parfois
explicites, parfois implicites derrière telle demande maladroite ou mal
formulée.
Ø
Un soutien de leur action, ce qui est bien plus fréquent
qu’on ne le croit. Les enseignants croient souvent être mal aimés, alors que la
plupart des parents, surtout ceux d’origine populaire, savent bien la
difficulté de leur travail et apprécient leur action.
Ø
Des demandes qui interpellent l’enseignant, mais donnent du
sens à son travail. Quel professeur n’a pas été gratifié d’apprendre combien il
comptait pour l’enfant, ou n’a été sensible au fait que telle parole, telle
note, tel sujet d’études ont été au centre des conversations familiales ?
***
Sans doute, tout n’est pas idyllique.
Certains parents ne croient pas devoir soutenir l’action de l’école. D’autres
proclament trop vite que l’enfant doit compter sur lui-même. D’autres enfin,
peut-être parce qu’ils sont eux-mêmes démunis face aux problèmes de leur
enfant, attendent que l’enseignant fasse des miracles. Aux enseignants d’être
patients, d’engager le dialogue, en ne cédant jamais à la généralisation
abusive.
Mais, à côté des incidents provoqués par
une infime minorité de parents ou des mises en accusation réciproques qu’on
voit dans certains établissements, on met en place de véritables chartes
d’obligations communes, on réfléchit à de vrais dispositifs d’accueil (une
journée de rentrée à caractère convivial, où les parents des nouveaux élèves
pourraient assister au premier cours, la remise des bulletins trimestriels en
mains
propres, des journées portes ouvertes,
salles de classe comprises, etc.…).