Le
débat continue avec cette 6ème note qui prolonge le “ Manifeste pour un débat
public sur l’école” (éditions La Découverte). Comme la
précédente, cette note n’en reprend qu’un
seul point, et nous renvoyons à notre petit livre pour une réflexion
d’ensemble.
Nous souhaitons que les lecteurs de ce texte le diffusent le plus largement possible, et nous serons heureux de recevoir leurs remarques.
FAUT-IL VRAIMENT S’ENNUYER A L’ÉCOLE ?
Que ce soit dans un colloque récent[1]
qui partait de la question : Comment préserver un élève du sentiment d’un
présent trop vide et d’un avenir trop lointain ? ou dans le Grand débat sur
l’école, où la moitié des réunions ont traité de la question 8 : Comment
motiver et faire travailler efficacement les élèves ? l’ennui scolaire est
d’actualité. En fait, il l’est depuis longtemps, sinon depuis toujours.
Mais, si les élèves s’ennuient, est-ce
l’école qui est décidément ennuyeuse, ou sont-ce les élèves d’aujourd’hui qui
n’acceptent plus une dose d’ennui peut-être inévitable ou qui sont si peu
enclins à l’effort qu’ils mettent en avant l’ennui pour fuir leur propre
responsabilité ? Derrière l’impression d’ennui qu’on relève, surtout à partir
du milieu du collège, il y a des problèmes de fond, l’enjeu de la scolarité
dans une société développée, le statut de l’adolescence. Mais les enquêtes
donnent des résultats très hétérogènes : pour une fédération de parents[2],
les élèves qui s’ennuient seraient 19 % ; pour tel universitaire, entre 60 à 80
%. On peut se demander si parents, enseignants, élèves, chercheurs, pensent à
la même école : si 76 % des enseignants (et 90 % des professeurs de collège et
lycée) pensent que les élèves vont à l’école par contrainte, 50 % des parents
pensent qu‘ils y vont par plaisir, et 75 % des élèves affirment qu’ils iraient
de leur plein gré même si elle n’était pas obligatoire[3]
; beaucoup d’élèves disent aimer l’école et y trouver plus de plaisir et de
profit qu’à regarder la télévision. 44 % des enseignants (mais 53 % chez ceux
du secondaire, 27 % chez ceux du
primaire) pensent que le goût d’apprendre s’est détérioré ces dix dernières
années : « C’est bien cette perception des enseignants qui est à l’origine du
malaise ».
Le colloque évoqué plus haut a relevé
trois grandes tendances à propos de l‘ennui. La plus commune y voit comme la
manifestation connexe d’une souffrance psychologique. La deuxième, une sorte de
maladie nosocomiale dont les germes sont l’absence de sens des programmes et la
persistance de méthodes qui font apprendre des choses aux élèves sans leur
expliquer pourquoi. La plus sympathique
renvoie au syndrome de Guy Degrenne :
l’ennui serait une aubaine, car la mortification en classe permettrait la fermentation d’un immense talent.
Stéphanie Leloup, dans sa thèse, a relevé que, selon une enquête auprès des lycéens, la première cause
d’ennui est l’absence de motivation des enseignants, qui « ne sont pas assez
enthousiastes », « qui ne s’intéressent qu’aux meilleurs » et qui devraient «
arrêter de faire copier pendant des heures »[4].
La réflexion proposée ici repose, entre
autres, sur des entretiens non directifs conduits par Gilbert Longhi avec 475
jeunes de 15 à 21 ans[5],
tous candidats à une reprise de scolarité après une période de dormance, de
décrochage, ou d’exclusion. Leur point commun : ils se sont tous très ennuyés
en classe[6].
Les élèves évoquent trois causes
principales de leur sentiment d’ennui.
D’abord l’égalitarisme discriminant. Leur
dégoût de l’école résulte de la sélection implacable qui s’y joue, et que veut
masquer l’orientation (71 %). Les jeunes reprochent à l’ascenseur scolaire de
limiter l’élévation des élèves aux visées de la machine. Par exemple, aucun
collégien ne voit comme un progrès une affectation en seconde professionnelle,
expliquant qu’un avenir d’ouvrier ou d’employé ne constitue jamais une
success-story. La découverte de la discrimination à l’école est facteur de
démoralisation (54 %).
Deuxième cause : l’expertise aléatoire des
professeurs. Leur pédagogie, leur jugement, leur notation sont déterminants[7],
mais sont-ils fiables ? Aujourd’hui, ils font redoubler 50 % des élèves au
moins une fois durant leur scolarité, mais leurs critères restent flous et
aucune étude n’atteste de l’efficacité du redoublement. 87 % des jeunes
interrogés évoquent des ratés en ce domaine.
Enfin, si les élèves ne contestent pas le
respect dû au corps enseignant, 57 % regrettent que les professeurs ne soient
pas tous justes. Ils ont parfois dû subir des maîtres insuffisants, mais que
l’omerta de leurs collègues et la passivité de l’administration protégeaient.
En même temps, 89 % critiquent l’organisation de l’enseignement : carte
scolaire autoritaire, options imposées, débouchés incertains, hiérarchisation
des filières, concurrence entre établissements.
Les élèves qui s’ennuient évoquent
majoritairement (67 %) un temps béni où « l’école ne les saoulait pas » ; 17 %
mentionnent même un ancien statut de bon élève. Avant de reconnaître qu’ils
s’ennuient, les élèves s’installent dans la dénégation (67 %). L’identification
de la gravité du phénomène intervient au fur et à mesure de l’érosion de
l’appétence scolaire. D’abord, la durée des cours devient interminable (76 %).
Puis la situation devient intenable (95 %) : hostilité des professeurs,
mauvaises notes... Enfin, les relations avec les parents se détériorent (74 %),
sachant que, dans certaines familles (18 %), le mauvais élève est considéré
comme un mauvais fils ou une mauvaise fille. Mais malgré l’ennui, 77 % des
élèves apprécient toujours la collectivité scolaire, pour sa convivialité
irremplaçable (72 %). Et 46 % décrivent même un attrait pour les connaissances
gratuites en dehors de toutes notes.
A partir des témoignages, on peut définir
quatre paliers d’ennui.
Le premier est une résistance. L’élève
tient bon même si le cœur n’y est plus : auto-défense passive. Il dissimule son
inappétence et sauve les apparences. Les enseignants l’accusent de ne pas
travailler assez et de craindre l’effort. Les parents pensent généralement
qu’il suffirait d’un peu de bonne volonté et d’un peu plus d’engagement pour se
sortir d’une mauvaise passe passagère.
Au second palier, on recourt à des
palliatifs : bavardages, jeux de classe, baladeur, graffitis de pupitres, SMS,
etc. permettent de subir sans faillir. Les enseignants allèguent la
démotivation, la paresse, l’incivilité, ou la provocation, ils sanctionnent, en
soulignant le risque de ne jamais pouvoir rattraper le temps perdu. Les parents
blâment, mais ne dramatisent pas encore.
Au troisième palier, l’élève cumule les
absences, et met en scène une tromperie générale, anti-sèches, plagiats,
triches en tous genres,… Le dégoût des études s’enracine. Les professeurs se
déclarent souvent impuissants à traiter de tels comportements autrement que par
des sanctions, parlent de redoublement, de réorientation. Les parents
désavouent l’adolescent, mais ils demandent à l’école de ne pas compromettre
son avenir par une exclusion.
Le quatrième palier est une descente aux enfers. L’élève est ouvertement
absentéiste ; lors de ses rares moments de passage dans l’établissement, les
conflits sont fréquents. Il ne tient plus à justifier son statut d’élève par
des subterfuges. L’évaluation est impossible en raison du faible nombre de
travaux rendus. La démission ou l’exclusion en conseil de discipline sont les
seules issues possibles, mais leur menace n’impressionne pas l’élève. Les
enseignants manifestent à la fois déception, pour n’avoir pas pu retenir l’élève,
et satisfaction, parce que force reste à l’autorité. Les parents, qui
découvrent alors la conduite de leur enfant et la déplorent, regrettent que
l’école ne l’ait pas retenu en mettant en place une prévention efficace.
A l’inverse, on peut décrire comme un
pentagone la façon dont se forge l’intérêt pour les études. A la base, la
préparation d’un débouché conforme à l’image que l’adolescent se fait de
lui-même ; en l’occurrence les grands choix de l’orientation passent pour aussi
déterminants que les petites stratégies optionnelles. Habituellement, un
intérêt authentique pour les études confère le titre de « bon élève », ou, au
moins, celui d’ « élève sans problème ». Le deuxième côté de l’intérêt pour les
études est la conformité ; par contraste, s’ennuyer en classe induit une
originalité, parfois affriolante, mais objectivement porteuse de quelques
périls. Troisième versant, l’envie de faire plaisir aux parents. Les adultes
pincent cette corde sensible en accusant les élèves défaillants d’être des
enfants indignes (et l’école impose une conduite de rachat –coûteux– aux
parents : cours particuliers, stages linguistiques…). La quatrième face se
présente comme une posture psychosociale. Les élèves apprécient la collectivité
scolaire en tant que regroupement de jeunes (parfois d’amis) et vecteur de
convivialité générationnelle. Enfin, le cinquième versant est une motivation
gratuite pour les connaissances. Sur ce point, les jeunes reprochent à l’école
de fournir des réponses inadéquates, beaucoup d’enseignants se contentant d’une
transmission incolore des programmes, à l’opposé de ces quelques maîtres dont
certains élèves soulignent que, par leurs apports intellectuels et
ontologiques, ils ont joué un rôle déterminant dans la construction de leur
personnalité[8].
Dès que l’ennui débouche sur l’abandon
apparaît la question : comment raccrocher les décrocheurs ? Pour les
enseignants qui s’y consacrent, il s’agit d’abord d’aider l’élève à reconnaître
son échec, à en formuler les motifs, tout en évaluant ses acquis. Il faut
ensuite le projeter dans une restauration des apprentissages, mais en écartant
toute idée d’expiation de son passif. Il faut enfin jouer sur toutes les
possibilités institutionnelles pour le ramener dans une scolarité standard.
Cette démarche, en tournant le dos aux
pédagogies doloristes ou élitistes, relativise l’échec : le décrocheur n’est
plus abordé par ses lacunes ou ses fautes antérieures. En agissant contre la
dévalorisation de soi, elle restaure chez l’élève le désir d’apprendre, avec un
calendrier réaliste ; elle l’évalue en termes de progrès et non plus de
carences : au lieu de pointer seulement ses défaillances, elle insiste sur ses
capacités, notamment par une exploitation de ses acquis informels, au-delà des
contenus scolaires.
Il est difficile de voir clair sur les
solutions, car on ne sait pas toujours bien de quoi on parle. Certains évoquent
la nécessité de contenus plus ambitieux et d’activités plus intenses comme
réponse à l’ennui. On a envie d’être d‘accord, s’il s’agit de rendre les élèves
plus actifs, de les faire se confronter à de grandes questions qui se posent
aujourd’hui (des menaces contre l’environnement aux problèmes de bioéthique,
par exemple), de travailler sur des situations complexes, d’aller jusqu’au bout
d’un projet où chacun pourra se montrer créatif, et devra pour cela être
rigoureux. Mais ceux qui avancent cette réponse veulent souvent dire tout autre
chose : pour eux, il faudrait en fait réhabiliter la valeur de l’effort et la
discipline, revenir à l’étude des règles et renforcer les programmes, renoncer
au laxisme et ne pas hésiter à sélectionner. D’autres suggèrent d’alléger le
calendrier, de donner plus d’autonomie aux élèves, de penser un peu moins à «
faire » les programmes[9]
et d’organiser la démocratie en classe. La question est bien de (re)donner de
la saveur aux savoirs, deux mots qui ont la même racine. Là encore, on ne peut
qu’être d’accord si, en même temps, on prône l’exigence intellectuelle, et si
on prépare les élèves à accepter des moments de travail parfois moins
exaltants, au lieu de verser dans un angélisme qui fait croire que le plaisir
peut accompagner constamment l’acte d’apprendre.
Encore une fois, les solutions ne peuvent être
que complexes et naître de tensions fécondes.
« Au cours de ces dernières décennies,
l’institution a invité les enseignants à adapter leurs démarches pédagogiques
aux besoins des élèves », lit-on dans la fiche n°8 préparant au « Grand débat
sur l’école », qui cite la pédagogie différenciée, les travaux en groupes
restreints, les études dirigées, la pédagogie du détour, les modules, l’aide
individualisée. « Ces divers dispositifs visent tous à répondre de manière
différenciée aux besoins évalués de groupes d’élèves ». Mais, « innovants dans
leur conception, ils ont rencontré réserve ou hostilité de la part
d’enseignants peu préparés à changer leurs méthodes et inquiets de constater la
réduction des horaires dédiés à l’enseignement des disciplines stricto-sensu ».
Ajoutons que l’institution n’a adopté ces dispositifs que sous la pression des
innovateurs et que, bien souvent, elle n’a pas su ou voulu résister aux
protestations des conservateurs ; les modules, par exemple, ont fait long feu,
l’ECJS est quasiment abandonnée, les TPE ne sont toujours pas obligatoires au
baccalauréat, les IDD sont marginalisés. Tant pis si beaucoup d’enseignants et
d’élèves ont témoigné de l’intérêt qu’ils ont trouvé à ces dispositifs.
L’institution scolaire n’accepte ces innovations que comme suppléments d’âme.
Dès qu’on veut les généraliser, on décrète soudainement qu’il « ne faut pas
être dogmatique[10] », qu’il
faut compter sur les initiatives et laisser chacun libre. Mais reste à savoir
dans quelle mesure l’ennui ou le manque de motivation des élèves, auxquels ces
dispositifs cherchent à remédier, tiennent à une carence du côté des
enseignants, ou bien aussi à d’autres facteurs.
Sans doute la formation des enseignants à
ces questions (quelle place leur est consacrée dans le temps de formation
initiale et continue ?) et la prise en compte de leur capacité relationnelle
dans les critères de recrutement sont responsables en partie du phénomène. Mais
il y a plus. Certains enseignants vont jusqu’à penser, avec un de ces philosophes
médiatiques qui parlent d’une école qu’ils ne connaissent que de très loin,
qu’il faut « réhabiliter l’ennui », un ennui qui est, dans leur esprit, tout
aristocratique. D’autres, ou les mêmes, relient l’ennui et la démotivation. À
contrario, une minorité prône une empathie avec les élèves en jachère et
suggère une vie scolaire épanouissante ; elle n’est écoutée qu’épisodiquement.
Des enseignants qui se réfugient derrière le manque de formation (il est réel, mais ne doit pas servir d’alibi à l’immobilisme) ou l’insuffisance des moyens (dans la plupart des cas, ces dispositifs peuvent fonctionner avec les moyens existants, si toutefois l’administration y croit et organise en conséquence les dotations horaires, les emplois du temps, etc.), qui se méfient dès qu’on évoque le plaisir d’apprendre ; des politiques et des personnalités médiatiques qui préfèrent prôner une « fin de la récréation » et réhabiliter l’austérité d’une école qui aurait donné trop de place à l’élève[11] : autant de facteurs qui ne permettent pas d’avancer.
Pour sa part, le ministère ne fixe pas de
politique ferme. Car cela obligerait à s’interroger sur le recul ou la
disparition de la connivence sociale et culturelle qui régnait dans
l’enseignement secondaire, au temps où celui-ci était réservé à une minorité
d’élèves : le changement d’ordre de grandeur aurait du entraîner la
reconsidération des contenus enseignés et de la façon de les enseigner, mais
cela aurait heurté nombre de décideurs (qui ont été formés eux-mêmes dans cette
connivence), et les groupes de pression qui combattent pour « sauver » les
lettres, les langues anciennes, ou toute autre discipline.
Le groupe du « Manifeste pour un débat
public sur l’école » peut utilement poser quelques questions stimulantes,
quitte à perturber la quiétude de ces enseignants exemplaires qui font des
cours remarquables pour des élèves théoriques : comment faire pour que les
apprentissages scolaires n’apparaissent pas aux élèves comme des obligations
fastidieuses ? Comment éviter que les élèves, dans le meilleur des cas, ne
fassent semblant de s‘intéresser à ce que disent les adultes, en attendant
d’aller retrouver dehors « la vraie vie », celle des copains et de la
télévision ? Comment articuler les programmes scolaires à la multiplicité des
intérêts individuels ? Comment exercer la liberté d’apprendre à des horaires
fixes et sur des sujets imposés ?
1. Travailler en coopération au sein
de groupes hétérogènes, sur des projets qui donnent une finalité explicite aux
apprentissages, qui sont en partie entre les mains des élèves et permettent de
fixer des échéances précises et atteignables.
2. Mener des activités au cours
desquelles il s’agit de relever des défis et d’effectuer des choix. Ces
activités peuvent être mises en rapport avec des activités sociales qui leur
donnent du sens, et conduire à des réalisations diverses.
3. Faire apprendre en diversifiant
les pratiques, en proposant des enjeux intellectuels, du plus modeste au plus
ambitieux, en introduisant de la différenciation, en prenant en compte la
parole de l’élève, en incluant ses tâtonnements et ses erreurs comme une
composante indispensable de l’apprentissage.
4. Utiliser les évaluations pour
faire retrouver aux élèves un sentiment de compétence, les aider à mesurer des
progrès, leur donner les moyens de s’auto-évaluer, tout en combinant « l’estime
» et « l’estimation », l’encouragement et le constat réaliste.
5. Avoir, en tant qu’enseignant, une
attitude elle-même motivante, tenter de faire partager son intérêt pour le
savoir[13],
être authentique, optimiste et toujours encourageant.
1. Supprimer le redoublement, dont
on sait que, sauf situations particulières, il n’est pas efficace, et organiser
à sa place des modules de renfort tout en accordant le passage en classe
supérieure. Individualiser le cursus des élèves brisés par des déboires
scolaires à répétition (ou des déboires personnels ou familiaux), et les
dispenser partiellement d’assiduité. Leur ouvrir des perspectives
promotionnelles après toutes les étapes pénibles comme une classe-relais, un
BEP impasse, une exclusion, un décrochage...
2. Renoncer à l’orientation forcée.
Peut-on imaginer qu’un adolescent ne s’ennuiera pas s’il est orienté contre son
gré, même si on lui déclare que c’est pour son bien ? Le maintien dans la
filière générale ne devrait-il pas être laissé au choix de la famille ?
3. Spécialiser les lycées
technologiques et professionnels dans la préparation authentique de métiers
réels[14],
et cesser de les utiliser comme palliatifs dans le traitement de l’échec
scolaire ou des troubles du comportement et du mal de vivre de certains
adolescents.
4. Développer la créativité des
professeurs, en favorisant leur travail d‘équipe et les échanges de pratiques,
en favorisant aussi l’invention de classes aux pédagogies optimistes pour des
cursus d’enseignement général, et d’abord en reconnaissant celles qui existent
déjà[15].
En se démarquant à la fois de la simple promotion de technologies futuristes
dans l’enseignement conventionnel, de l’animation plaisante qui renforce
simplement le conservatisme éducatif, et des petites astuces ergonomiques à
l’usage des seuls professeurs. Ce devrait être un des axes de la formation
continue des professeurs, si scandaleusement négligée[16].
5. Organiser les filières générales
autour d’activités centrales : musique, arts, éducation physique, engagement
social, action humanitaire, théâtre, BD, écologie, sur le modèle des classes
sport-études et des chantiers-école.
6. Intégrer les compétences
extrascolaires des élèves aux notes, dans l’esprit d’une validation et d’une
valorisation constante de ce qui est acquis à l’extérieur de l’école. Le rythme
des études des adolescents les plus fragiles ne devrait-il pas être allégé, des
équivalences accordées, leurs talents extrascolaires pris en compte pour le
passage de classe et pour les examens ?
Contact :
Jean-François Vincent
e-mail :
jf.vincent@occe.net
Tel : 01 44 14 93 30
[1] Colloque du 14 janvier 2003, organisé par le Conseil national des
programmes. Les actes sont publiés sous le titre “L’ennui à l’école”, Albin
Michel-Scéren, 2003.
[2] L’UNAPEL
[3] Sondage Sofres-Nathan-La Croix, La Croix 11.11.2003
[4] Article à paraître dans le numéro de décembre 2004 des Cahiers
pédagogiques sur la motivation.
[5] . Entre 1999 et 2003. Filles 47 %, garçons 53 %. Région
parisienne.
[6] Selon un sondage Credoc de 2003, 25 % des élèves de 6° ou 5° ne
s’ennuient jamais et 5 % s’ennuient souvent, contre 10 % et 17 % des élèves de
4° et 3° : évolution inquiétante.
[7] Il n’y a pas si longtemps que les instituteurs métamorphosaient
les gauchers en droitiers, au besoin en leur attachant la main coupable dans le
dos. Aucune repentance n’a eu lieu à ce jour.
[8] On ne saurait trop rappeler que ces maîtres existent, aujourd’hui
comme hier. Dans quelle proportion, c’est la question.
[9] L’important étant ce que s’approprient les élèves.
[10] Disait Luc Ferry alors qu‘il sabotait les IDD.
[11] On croit rêver.
[12] Selon, entre autres, Roland Viau, chercheur québécois, auteur de
“La motivation en contexte scolaire”.
[13] En
reconnaissant d’abord que cet intérêt n’est pas le même pour l’enseignant et
pour l’élève.
[14] Par exemple, il existe un BEP Bois et matériaux associés qui ne
prépare à aucun métier en particulier, alors que parallèlement existe un CAP de
menuisier.
[15] Il y a plus de cent expériences valables, selon les responsables
de la valorisation des innovations au Ministère.
[16] Et pas seulement pour des raisons budgétaires. Quelle est
véritablement l’aspiration des enseignants à la formation continue ?