Projet de création du
Collège Méditerranéen Innovant
du Pays d’Orange (Vaucluse)




Association  Méd’inn Orange 
version au 19 / 01 / 2001



Synthèse et perspectives  ……………………………………………………        2

Introduction ……………………………………………………………………        3

Pourquoi un tel projet 
Une situation locale nécessitant des investissements
Orange  ville euro-méditerranéenne

I Comment définir la réussite scolaire  ……………………………………        5

II Comment stimuler le goût de la communication  ………………………        6

Aborder les langues vivantes dans leur pluralité et leur unité
Clés pour s’ouvrir au plurilinguisme
Un large éventail de langues
Former à la prise de parole
Initier aux médias

III Comment développer les capacités de synthèse  ………………………10

L’éveil à l’intelligence générale
Méditerranée, berceau des sciences et des civilisations
Mise en œuvre d’un suivi individualisé


IV Comment éveiller les potentialités créatrices  ………………………         12

Créer le lien entre vie de la cité, éducation et culture
Inciter aux initiatives et parcourir les champs de l’expérimentation
Reconnaître l’élève en tant que personne
Donner l’accès à la culture

V Principes d’organisation ………………………………………………...        16





Synthèse et perspectives

Je rêve d’un monde où le goût de la parole, de l’étude et de l’art, le respect des autres soient
ce qui anime inlassablement les hommes et leurs quêtes
 
(M. Jack Lang, le 21/07/2000)

L’association Méd’inn Orangela création, au sein du service public, d’un collège pionnier dans l’agglomération orangeoise (Vaucluse). Cet établissement aura pour but de former les adultes de demain à une véritable citoyenneté européenne et méditerranéenne, porteuse de paix et de tolérance pour le XXI e siècle. Il cherchera notamment à stimuler le plaisir de la communication, à développer les capacités de synthèse et à éveiller les potentialités créatrices des élèves. Pour cela, des innovations concernant les méthodes d’enseignement, les structures de fonctionnement, les contenus pédagogiques et les liens avec la vie de la cité seront mises en place. Ces innovations peuvent se résumer à 10 points fondamentaux :

1 des programmes prenant en compte la globalité des problèmes contemporains, la dimension européenne de la société et les caractéristiques propres au terroir régional,

2 un effort sur l’apprentissage des langues dans leur unité et leur pluralité, en privilégiant des méthodes comme l’immersion linguistique ou l’approche par familles de langues, conduisant à un véritable plurilinguisme,

3 l’accent mis sur l’interdisciplinarité en donnant une large place à la conduite de projets de recherche avec des équipes décloisonnées, et dont les sujets porteront préférentiellement sur les multiples aspects du monde méditerranéen,

4 le renforcement du lien entre éducation et culture, notamment en créant un partenariat avec un centre du patrimoine d’Europe et de Méditerranée et en initiant un événement culturel annuel au cœur de la ville,

5 l’exigence de démocratie et de responsabilisation grâce à un travail en équipes constant et à un pilotage collégial où parents, enseignants, personnel ATOS et élèves ont force de proposition,

6 une pédagogie active pour laquelle le vécu et l’environnement de l’adolescent sont partie prenante de l’enseignement,

7 un enseignement plus différencié en instaurant un large choix d’options dès la 6e tout au long de l’année,

8 le suivi individualisé des élèves grâce au tutorat et des cessions d’approfondissement au sein d’une structure à taille humaine,

9 une volonté d’ouverture en établissant d’étroits contacts avec les différentes composantes de la société civile et en encourageant des relations solidaires et fraternelles entre les élèves,

10 l’utilisation de nouveaux médias afin d’établir des échanges en réseau et de stimuler la créativité et le goût de communiquer de chaque élève.


Ce projet semble être porteur de perspectives car il apparaît être en bonne adéquation avec un certain nombre de considérations locales, nationales et internationales. En particulier 
·        il contribuera à donner à l’agglomération orangeoise un statut de carrefour euro-méditerranéen et à renforcer son rayonnement culturel,
·        il s’inscrira pleinement dans une démarche innovante visant à favoriser la réussite éducative que le Ministre de l’Education Nationale est désireux d’encourager,
·        il prendra naturellement une place symbolique parmi les initiatives françaises marquant l’année 2001, année européenne des langues,
·        il pourra constituer un axe de travail pour le développement des domaines culturel et éducatif dans le cadre du projet international de partenariat Euro-Méditerranée.
Introduction

Pourquoi un tel projet 

Il faut absolument trouver l’équilibre qui convient entre l’innovation
pour le plus grand nombre et les démarches d’accompagnement, de soutien,
d’encouragement qui s’adressent aux plus dynamiques ou aux plus audacieux pour inventer.
(Conseil national de l’innovation 20/11/2000)

A l’heure où le Ministère de l’Education Nationale crée le  Conseil national de l’innovation pour la réussite scolaire  afin d’identifier, évaluer et soutenir les pratiques innovantes (JO du 17-10-2000), l’association  Méd’inn Orange  propose l’ouverture dans l’agglomération orangeoise (Vaucluse) d’un établissement pionnier, au sein du service public, qui serait porteur d’une approche comportant des éléments innovants sur 
·        les méthodes d’enseignement,
·        les structures de fonctionnement,
·        les contenus pédagogiques,
·        les liens avec la vie de la cité.
L’objectif qui nous a animé n’a pas été de rechercher coûte que coûte l’originalité, mais de prospecter les besoins qui nous paraissent fondamentaux pour les futurs adultes des années 2010 et de concevoir un collège pionnier qui pourrait y répondre de façon réactive. Ces besoins ont été partiellement pris en compte dans les propositions faites pour les dernières réformes concernant les collèges (B.O.E.N. du 10/06/1999) et les lycées (B.O.E.N. du 31/08/2000). Il nous paraît cependant possible d’aller plus loin et plus vite dans un établissement, qui ne viendrait pas concurrencer les structures existantes, mais simplement explorer des pistes qui seraient évaluées et qui pourraient ensuite être suivies plus ou moins largement sur le plan local ou national.
Le projet proposé ici s’inscrit dans une démarche de
construction de sa propre identité afin de comprendre et d’accepter toutes les cultures et les différences qui deviennent alors sources de d’enrichissement mutuel. Il s’agit donc d’être résolument ouvert, y compris sur soi-même.
Les souhaits et les orientations développés ces derniers mois par M. le Ministre de l’Education Nationale ainsi que les perspectives internationales à court et moyen terme ont été pour nous sources d’encouragement à aller au bout de notre réflexion, car il nous semble que notre projet y trouve pleinement sa raison d’exister.

Une situation locale nécessitant des investissements

Un beau collège bien conçu, bien agencé et bien équipé, c’est un atout pédagogique.
C’est aussi un signe de respect, pour les collégiens et pour les professeurs, qui favorise le respect en retour.
Nous comptons favoriser la construction des collèges par les conseils généraux
grâce au versement par l’Etat de subventions.
(Bulletin Officiel de l’Education Nationale du 10/06/1999)

Les statistiques publiées dans   Géographie de l’Ecole, les années 1990  (sources Ministère de l’Education Nationale) montrent des disparités très significatives dans les différentes académies en matière de réussite scolaire. Sur ce point, les taux de réussite concernant l’académie d’Aix-Marseille sont nettement inférieurs à la moyenne nationale et révèlent des déficiences importantes en matière de qualité de l’enseignement. Par exemple, elle présente le deuxième plus fort taux de France de retards scolaires en classe de 3e ainsi qu’une proportion de bacheliers de 3 % inférieure à la moyenne nationale et de 12 % inférieure à celle de l’académie de Rennes.
Au niveau départemental, le Vaucluse compte actuellement 36 collèges publics, soit en moyenne sur l’ensemble du département 1 collège pour 13900 habitants. La moyenne françaisesitue aux environs de 1 collège pour 10500 habitants. Ce déficit en établissements se traduit par des effectifs au sein des collèges vauclusiens environ 35 % supérieur à la moyenne nationale. Localement, on observe de grandes disparités  le taux est de 1 collège pour 13800 à Valréas, 1 pour 12700 à Bédarrides, 1 pour 12000 à Avignon et à Bollène, et 1 pour 8800 à Sorgues. Avec 3 collèges publics, Orange et ses environs sont nettement moins pourvus car le taux est de 1 collège pour 16700 habitants  les collèges Jean Giono et Arausio accueillent chacun plus de 900 enfants de la 6e à la 3e et le collège Barbara Heindricks, classé en Zone d’Enseignement Prioritaire, accueille 650 enfants (moyenne nationale environ 450 enfants par collège).
Ainsi, la
création d’un nouveau collège dans le Grand Orange permettrait de réduire les effectifs par établissement et ainsi d’améliorer le suivi des élèves et l’utilisation des espaces disponibles.

Orange  ville euro-méditerranéenne

C’est de là que je vous écris, ma porte grande ouverte, au bon soleil.
Un joli bois de pins tout étincelant de lumière dégringole devant moi jusqu’au bas de la côte.
Tout ce beau paysage provençal ne vit que par la lumière.
(Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin)

Géographiquement, la ville d’Orange occupe une position particulière  elle se situe aux portes de la façade méditerranéenne de l’Europe, à l’exact carrefour entre les branches d’autoroutes ralliant Lyon, l’Allemagne et Paris d’une part, le Languedoc et l’Espagne d’autre part et enfin la Provence et l’Italie. Cela lui donne des avantages évidents pour développer des échanges commerciaux, intellectuels et culturels, d’autant plus qu’elle est desservie par le TGV.
Sur le plan historique, après avoir été l’illustre   sous l’Empire Romain, Orange a connu des situations contrastées  siège d’une cathédrale puis d’une université au Moyen-Age, elle fut Principauté autonome, puis dépendante de la dynastie néerlandaise des Orange-Nassau, avant d’être rattachée à la France. Ce n’est aujourd’hui qu’une ville moyenne de 30 000 habitants, mais qui reste cependant le point d’ancrage du Nord Vaucluse et l’actuel lycée public puise son effectif au sein d’un bassin d’environ 100 000 habitants.
La population de l’agglomération orangeoise, comme celle de la plupart des villes de la Région, est plurielle  outre les familles d’origine provençale, elle s’est enrichie par les arrivées successives de migrants venus notamment de nombreux pays du Bassin Méditerranéen. Ces flux de populations se sont prolongés ces dernières décennies par l’installation de garnisons militaires et la venue d’européens du nord, attirés par le soleil et la beauté de la région.
Orange est l’héritière d’un patrimoine exceptionnel, répertorié par l’UNESCO, composé principalement de vestiges romains datant de près de 2000 ans qui rappellent un temps où l’Empire Romain avait unifié l’ensemble de l’Europe et du Bassin Méditerranéen. En effet, son territoire s’étendait alors de la Mauritanie jusqu’à l’Arménie et de l’Angleterre jusqu’au Golfe Persique. Des communautés de cultures, de religions et de races diverses étaient fédérés dans un ensemble de Provinces dotées d’administrations et de réseaux de communication qui sont restés inégalés jusqu’au XIX
e siècle. De ce point de vue, le patrimoine orangeois est porteur d’une dimension profondément méditerranéenne et constitue un symbole d’intégration et d’unité dans le respect des différences
La prise en compte de l’ensemble de ces données placent Orange dans une position apte à l’ouverture sur les peuples et les cultures du monde méditerranéen et de l’Europe. En ce sens, la création d’un collège pionnier, pleinement intégré dans la vie de la cité et désireux d’être à la pointe de l’innovation et de l’ouverture, nous paraît être un outil précieux afin de mobiliser les énergies créatrices et de mieux préparer les intelligences de demain.

I Comment définir la réussite scolaire 

A nous de chercher une pédagogie dans laquelle l’enfant choisit au maximum la direction où il doit aller
et où l’adulte commande le moins possible d’autorité. (Célestin Freinet, in   Œuvres pédagogiques  )

Avant de tenter de répondre à cette question, essayons tout d’abord de relever certaines options qui ne nous semblent pas favorables à la réussite scolaire :
-        l’accumulation de savoirs théoriques et dépourvus de liens entre eux qui conduit à former des êtes bien pleines  plutôt que des êtes bien faites  ,
-        le maintien d’un cloisonnement disciplinaire qui exclut toute coordination et qui réduit la responsabilité des enseignants à leur seule spécialité,
-        le défilé de cours pendant lesquels les élèves sont cantonnés à un rôle passif,
-        l’uniformité dans la transmission du savoir,
-        le morcellement des disciplines qui conduit à une dilution et à un éparpillement des connaissances de l’élève,
-        un fonctionnement des établissements en autarcie qui coupe tout lien avec la société civile,
-        l’absence d’une ambition véritablement européenne et internationale dans les programmes.

En fait, une grande partie des schémas héritées de la première moitié du siècle nous parait aujourd’hui inadaptée aux évolutions qui ont déjà bouleversé la société et qui s’amplifieront probablement lors des prochaines décennies. Il faut dès maintenant préparer les adultes de demain à s’adapter et à s’épanouir au sein d’un environnement dans lequel devraient s’accentuer les tendances qui se dessinent aujourd’hui. On peut citer par exemple 
-        le développement considérable des moyens de communication,
-        la modification profonde de l’accès aux connaissances,
-        une généralisation de la formation permanente et de recyclages tout au long de la vie,
-        l’importance accrue de la créativité dans les nouveaux métiers,
-        l’élargissement de l’Europe communautaire,
-        un accroissement démographique important dans les pays sud-méditerranéens,
-        l’instauration possible d’un libre échange au sein de la zone euro-méditerranéenne.

Ainsi, en cette période charnière de l’Histoire où l’Europe met en place les fondations d’un véritable espace communautaire, il nous semble qu’une grande partie de la réussite scolaire ne doit pas reposer uniquement sur l’acquisition de savoirs disciplinaires, mais pourrait être considérée dans un contexte éducatif global. Il nous semble qu’elle réside avant tout dans le fait de fournir aux jeunes les clés donnant l’accès à une véritable citoyenneté européenne et méditerranéenne, porteuse de paix et de tolérance pour le XXI e siècle.
En effet, les enfants et les adolescents de l’an 2000 doivent être préparés à ne pas craindre leur environnement, mais au contraire à être curieux, à aller vers les autres et à rentrer facilement en communication. Pour ce faire, il apparaît favorable que chaque élève dispose d’une connaissance globale des différentes approches (scientifiques, économiques, démographiques, historiques, sociologiques, artistiques …) et qu’il parvienne à les relier entre elles. Le futur adulte sera plus facilement acteur dans la société qu’il comprendra mieux les processus qui déterminent ses évolutions. Il sera d’autant moins déstabilisé par des événements inattendus qu’il connaîtra mieux ses racines. Il sera d’autant plus ouvert à son voisin qu’il saura apprécier sa culture et sa langue. En résumé, nous retenons trois priorités qui sont déterminantes pour la réussite éducative et que le projet Méd’inn s’attache à prendre en considération :

·        Stimuler le goût de la communication,

·        Développer les capacités de synthèse,

·        Eveiller les potentialités créatrices.

II Comment stimuler le goût de la communication 

Aborder les langues vivantes dans leur pluralité et leur unité

Il conviendra de s’interroger sur la cohérence nécessaire
entre les enseignements de plusieurs langues vivantes. Les programmes devront indiquer
comment ces apprentissages peuvent se renforcer mutuellement, comment l’enseignement
des langues vivantes peut progressivement rendre chaque élève capable d'apprendre ensuite d'autres langues.

(M. Jack Lang, Collège de France, le 29/11/2000)

2001 est l’année européenne des langues, c’est là une occasion de promouvoir les initiatives qui visent à donner une véritable impulsion à l’apprentissage des langues vivantes lors de la scolarité. Or, l’apprentissage aux différentes langues de l’espace euro-méditerranéen constitue la pierre angulaire du projet proposé par l’association Méd’inn Orange. L’accès à ces langues nous paraît fondamental car toutes, qu’elles soient très usitées ou non, sont porteuses d’une authenticité et d’une culture propres qui sont source d’enrichissement intérieur pour celui qui y goûte. Elles permettent de partir réellement à la découverte de l’autre, de faire un pas qui permet une écoute véritable. Sur le plan économique, elles joueront aussi certainement un rôle majeur, en particulier dans le développement des échanges entre les différents pays d’Europe, du Maghreb et du Proche Orient. Et qui donc sait dans quel(s) pays nos enfants seront-ils amenés à travailler au cours de leur carrière 
L’apprentissage de l’anglais est devenu incontournable aujourd’hui, mais il nous paraît insuffisant pour le citoyen européen du 21
e siècle où la barrière des langues devra progressivement se réduire. En effet, un usage très répandu de l’anglais résoudra certaines difficultés de communication sur le plan technique et commercial, mais il ne remplacera jamais une langue maternelle avec laquelle on peut jouer de ses subtilités et qui est porteuse d’identité.
Nous ne pensons pas que l’apprentissage précoce de langues vivantes soit un obstacle à la maîtrise de sa propre langue, mais qu’au contraire il la facilite car il permet de développer chez l’enfant des potentialités qui resteraient sans cela en sommeil. Les résultats obtenus dans certains pays étrangers ou même en France dans les écoles bilingues français/langue régionale montrent en particulier que
le bilinguisme n’est pas un   , mais au contraire un   .
De plus, il ne nous semble pas judicieux d’aborder les langues étrangères de façon séparée, en empilant des savoirs les uns sur les autres. Il nous semble plus habile de
partir des points communs qu’offrent ces différentes langues et de remonter ensuite vers les spécificités de chacune.

¨        Actuellement, dans le sud de la France, 35 écoles primaires pratiquent un enseignement bilingue avec immersion des enfants dans la langue régionale et introduction du français à partir du cours préparatoire. L’expérience se développe depuis 1979 et on n’a jamais constaté chez les enfants entrant en 6e des carences dans la maîtrise du français qui seraient attribuables à cette pratique. Au contraire, les enfants entrent dans le secondaire en étant bilingue et en ayant un atout pour l’apprentissage futur des langues romanes car l’occitan est en quelque sorte intermédiaire entre le français et l’italien, l’espagnol ou le portugais. (adresse internet  www.sudfr.com/calandreta)

¨        Deux linguistes allemands, Horst Klein et Tilbert Stegmann, de l’Université Goethe de Francfort, ont initié la méthode EuroCom qui constitue un complément fort utile pour l’enseignement des langues dans les écoles. En effet, cette méthode vise à réduire les efforts de cet apprentissage qui sont d’autant plus importants que l’on croit être un néophyte absolu. Ces scientifiques affirment qu’aucune langue étrangère n’est un pays vierge absolu car, d’une part, les langues européennes sont parentes entre elles et, d’autre part, les internationalismes jalonnent de plus en plus chacune d’elles. Ainsi, le débutant dans une langue ne commence pas à zéro et peut établir des passerelles avec sa langue maternelle. (adresse internet  www.eurocom-frankfurt.de)

Au sein de l’Europe, on distingue trois grandes familles de languesconstituent la quasi-totalité des langues indo-européennes : la famille des langues romanes, celle des langues germaniques et celle des langues slaves. Toutes les langues d’une même famille constituent les branches d’un même arbre et ont donc des racines communes. C’est à partir de ces racines communes qu’il est important de se focaliser avant de décliner les différences qui caractérisent chaque langue.

Clés pour s’ouvrir au plurilinguisme

Le grand nombre de langues européennes ne doit pas constituer une barrière, mais un atout.
(MM. Lang et Mélenchon in
un vouloir vivre ensemble européen  )

Nous proposons cinq clés qui permettraient d’améliorer l’apprentissage des langues et ainsi de tendre vers un plurilinguisme pour tous. Il n’est pas nécessaire d’être un génie pour apprendre une langue, car tout enfant assimile sa langue maternelle, mais cependant il faut pouvoir réunir à la fois une méthode et la soif d’apprentissage.

Etudier non plus une langue isolée, mais une famille de langues.
Ainsi, une approche     latinités  sera introduite afin de sensibiliser les élèves aux racines communes des langues latines (espagnol, italien, portugais, occitan, catalan, roumain, français) et de jeter des passerelles entre ces langues. Il comprendra une sensibilisation au latin et au grec qui sont dépositaires de la mémoire de l’Europe et du Bassin Méditerranéen. Cette approche dédramatisera la difficulté d’apprentissage et apportera une cohérence dans l’assimilation de nouvelles langues.

        Intégrer des périodes d’immersion dans la scolarité
Lorsque l’on apprend une langue, nous croyons qu’il est plus formateur d’être immergé dans un bain linguistique pendant 30 heures rapprochées, plutôt que de suivre une heure de cours hebdomadaire supplémentaire pendant 30 semaines. C’est d’ailleurs ce fait qui explique tout le bénéfice que peuvent procurer des séjours linguistiques bien encadrés. Nous préconisons sur une année scolaire deux semaines entières dédiées à une immersion linguistiqueune langue choisie par l’élève : une avant les vacances de février et une avant les vacances d’été. Cette immersion pourra être effectuée sur le site même du collège et rendue conviviale en s’appuyant sur des projections de films, des périodes en laboratoire, des extraits de presse, la venue de locuteurs natifs (correspondants, stagiaires, enseignants) ou tout autre support audio-visuel. Cette semaine pourra aussi être utilisée, couplée à une ou deux semaines de vacances, pour l’organisation de séjours linguistiques.

S’appuyer sur les réseaux électroniques
La correspondance avec des établissements situés à l’étranger est fondamentale. Elle devrait être mise en œuvre facilement à l’aide des réseaux internet, et ainsi se développer de façon souple et individualisée. Elle permettra aux élèves de faire leurs armes avec la langue en cours d’acquisition sur des sujets d’intérêt commun avec leurs correspondants.

Prendre en compte les données culturelles
Une langue ne doit pas être dissociée de son contexte culturel, de la géographie et de l’histoire du pays qui la parle, des événements qui touchent les habitants. A travers l’accès à ces données, la langue enseignée devient enseignante et revêt donc pour l’élève un intérêt plus grand, ce qui stimule sa détermination. La langue enseignée peut aussi devenir riche en émotions à travers la pratique d’activités artistiques comme le théâtre ou le chant choral.

Maintenir des effectifs réduits pour favoriser l’oral
Une langue, dans la vie de tous les jours, c’est avant tout expression orale. Nous devrons veiller à ce que chaque élève ose s’exprimer dans cette langue nouvelle, même si la formulation est imparfaite. Pour cela, il nous semble impératif de travailler en demi-groupes de niveau afin que l’enseignant ait une écoute attentive de chacun et puisse encourager à des prises de paroles de plus en plus régulières.

Un large éventail de langues

Les langues vivantes sont multiples, et le système éducatif français se caractérise par la richesse
de l’offre de formation. Cette richesse doit être maintenue.
(M. Jack Lang, le 29/11/2000)

Au niveau du collège 
En tronc commun, nous pensons à 
·        l’anglais et l’approche é.
Pour les langues optionnelles, nous pensons à 
·        l’espagnol et l’italien, qui sont les deux langues latines parlées chez nos voisins les plus proches,
·        l’occitan, dans son dialecte provençal, qui est porteur de la culture du terroir,
·        l’arabe, qui est la langue la plus parlée dans le Bassin méditerranéen et qui permet une ouverture à un autre alphabet.
Parmi les langues optionnelles, chaque élève entrant en 6e choisit une langue en tant que débutant et en choisit une seconde à l’entrée en 4e. Les élèves qui, à l’entrée en 6e, ont déjà des notions dans une de ces langues (initiation en primaire ou langue maternelle des parents) peuvent la perfectionner en supplément de la langue choisie en tant que débutant.

En projet au sein d’un lycée à créer qui prolongerait la filière 
On pourrait envisager les options suivantes 
·        initiation à la famille de langues slaves (russe, polonais, tchèque  …) et à la famille de langues germaniques (allemand, néerlandais, suédois …)
·        portugais et catalan
·        grec, arabe dialectal, turc et hébreu

En projet au niveau de l’enseignement supérieur 
La concentration en compétences et en documentation dans le domaine des langues et des cultures pourrait, de façon naturelle, permettre à moyen terme d’ouvrir à proximité une filière universitaire, rattachée à l’université d’Avignon, portant sur les langues et cultures d’Europe et du Bassin méditerranéen.

Former à la prise de parole

Nous continuerons à prôner les échanges et à favoriser massivement les métissages et les brassages d’idées.
(MM. Lang et Mélenchon in un vouloir vivre ensemble européen  )

Nous préconisons les méthodes de pédagogie active pour lequel le vécu et l’environnement de l’adolescent sont partie prenante de l’enseignement. Cette considération permet la prise en compte de la parole de l’élève dans la vie et la gestion de la classe. Il faut ainsi parvenir à ce que chaque élève n’ait plus peur de s’exprimer et prenne conscience que ses prises de parole ont un intérêt pour les autres au même titre que lui-même éprouve un intérêt à ce qu’évoquent ses camarades.
Dans cet esprit, quelques pistes pédagogiques sont à développer 

Exposés fréquents  en particulier dans le cadre de deux projets annuels, les élèves sont amenés progressivement à exposer leurs travaux devant une grande assemblée de façon à vaincre la timidité et à travailler sur la meilleure façon de transmettre des informations à un public.

Conseils de classe hebdomadaires  chaque classe aura un rendez-vous hebdomadaire, en présence des enseignants, au cours duquel seront évoqués tous les points importants de la semaine, seront traités les conflits et seront discutées les remarques et les propositions.

Tutorat  chaque élève appartient à un groupe de tutorat, regroupant des enfants de niveaux différents, piloté par le même enseignant tout au long de l’année. Cette institution permet à chaque élève de s’exprimer dans un cadre intime et pérenne, et ainsi de prendre confiance en ses moyens. Les élèves plus âgés pourraient parrainer les plus jeunes afin de faciliter leur intégration dans l’établissement.

Echanges et correspondances  les rencontres et les échanges avec des élèves du même âge fréquentant d’autres établissements (français ou étrangers) permettent d’activer le désir de faire partager son savoir, ses émotions, ses coups de cœur ou ses colères.

Contacts avec la société civile  il est important de rechercher les conditions qui rendent le monde des adultes plus abordable pour les jeunes, en particulier en favorisant les visites au sein d’associations, de collectivités territoriales, de sites industriels ou scientifiques et en suscitant le témoignage d’adultes sur leur propre métier. Ces situations permettent à l’enfant de jouer le rôle de journaliste et d’enquêteur. En prolongement, on pourra envisager de créer une sorte de forum des métiers qui permettrait à tout élève de recueillir des informations sur un vaste panel de métiers et de contacter pour chacun d’eux un professionnel compétent. Ce forum serait ainsi une aide à l’orientation professionnelle.

Travail en équipe  les relations lors des travaux en équipe sont riches car elles font apparaître des synergies, des complémentarités, mais aussi des divergences et des contradictions. Les échanges sont alors fructueux car chacun se retrouve, à un moment donné, dans une position où il exprime un point de vue qui doit, en dernier lieu, trouver sa place parmi toutes les opinions défendues.

Initier aux médias

Il faut qu’à court terme, les élèves sachent naviguer sur Internet comme ils savent nager.
(M. Jack Lang, le 23/11/2000)

Les supports de communication sont désormais d’une grande variété et permettent à tout type de sensibilité de pouvoir s’exprimer. En effet, ce large éventail de possibilités ne doit pas être perçu comme superflu ou excédentaire, mais au contraire comme une opportunité à saisir afin de provoquer un déclic chez l’élève et de faire naître en lui un désir de communiquer. Il est important que, dès le collège, les élèves puissent goûter à ces diverses formes et ainsi trouver au moins un canal par lequel ils aiment à faire partager leurs idées, et cela avec le plus de justesse et de nuance possible.
Dans cette optique, l’accès à internet doit être considéré comme un outil pédagogique supplémentaire. Sa convivialité et le large spectre d’utilisations possibles qu’il offre sont particulièrement appréciables et ouvrent le champ à un vaste ensemble d’expérimentations.

¨        A titre d’exemple d’initiative pouvant contribuer à faciliter les échanges entre les établissements, depuis 1997, dans le cadre des TICE et du projet Coménius, les écoles et les collèges de la ZEP de Bollène (Vaucluse) développent un réseau d’échanges par courrier électronique ainsi qu’un site Web alimenté des productions des écoles. Trois établissements scolaires européens (Espagne, Italie, Belgique) sont associés à ce projet. Ce projet a obtenu le premier prix régional à l’édition 2000 du concours d’or @ l’école  .(adresse internet  : members.aol.com/zepbollene/index)

La réalisation de films vidéo, la rédaction de journaux thématiques et la prise en compte de l’actualité sont des supports à privilégier et pourront en particulier être mis en œuvre afin de traiter le sujet proposé lors des projets interdisciplinaires.
Les médias jouent un rôle de plus en plus important dans notre société et il est parfois difficile de faire le tri parmi toutes les informations qu’ils véhiculent. Il y a sur ce point un travail d’éducation à la citoyenneté à accomplir afin de donner les moyens aux futurs adultes d’acquérir du discernement par rapport à ces flots d’images, de paroles et d’écrits qui circulent. Il faut qu’ils soient préparés à pouvoir librement faire le choix de croire ou de ne pas croire ce qui est dit ou montré et d’ainsi exercer leur esprit critique.

¨        Au lycée professionnel Jean Moulin des Andelys (Eure), des professeurs et des journalistes ont mis en œuvre un projet dont le but était d’aider des élèves de 2e à prendre du recul par rapport aux images diffusées par la télévision. Des séances ont sensibilisé à la manipulation des images que ce soit dans un but de falsification ou dans l’intention de provoquer chez le spectateur des réactions agressives ou craintives. Une analyse filmique détaillée a été menée sur des reportages afin de sensibiliser les élèves à la maîtrise de l’information. (adresse internet  www.ac-rouen.fr/pedagogie/equipes/valoinno/Eikon)       
III Comment développer les capacités de synthèse 

L’éveil à l’intelligence générale

Il ne s’agit pas d’abandonner la connaissance des parties pour la connaissance des totalités,
ni l’analyse pour la synthèse  ; il faut les conjuguer.

(Edgar Morin,
sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur  )
       

La synthèse se définit comme l’opération intellectuelle par laquelle on réunit en un tout cohérent, structuré et homogène divers éléments de connaissance concernant un domaine particulier. Elle est donc complémentaire de l’analyse qui consiste à décomposer les différentes parties d’un tout. L’enseignement en collège et en lycée a toujours privilégié une approche parcellaire et analytique du savoir, même si des inflexions sont progressivement apportées depuis quelques années. Ceci a pour conséquence de préparer à former des compétences qui toucheront à une spécialisation, mais qui recouvrirent rarement plusieurs domaines. Ces compétences ont permis d’accomplir des progrès considérables sur le plan technologique et d’accroître les connaissances scientifiques dans des domaines de plus en plus pointus. Cependant, cette approche du savoir rend difficile une compréhension globale des phénomènes qui parviendrait à relier entre eux différents domaines de science exacte ou même à relier sciences exactes et sciences humaines. Or, il nous semble qu’il faut rééquilibrer ce rapport à la connaissance dans le sens d’une compréhension plus synthétique de tout ce qui touche à l’homme, son environnement et ses activités.
En effet, on s’aperçoit que dorénavant la plupart des questions économiques, technologiques, éthiques, environnementales auxquelles il faudra répondre lors les prochaines décennies sont d’une grande complexité et nécessitent des réflexions transversales qui doivent conjuguer des informations provenant de différents domaines. La
  de la planète a besoin d’être accompagnée d’une éducation qui forme à une générale  , dans l’esprit et en prolongement de ce qu’on nomme générale  . Cette formation à l’intelligence générale doit être abordée lors de la scolarité par l’introduction de projets de recherche ambitieux dont la thématique permet de relier entre elles les diverses disciplines enseignées. Cette approche du savoir permet d’établir des passerelles interdisciplinaires et de préparer l’adolescent à une perception plus globalisante et plus cohérente de ce qui l’entoure.
Notre projet de collège met au cœur de son enseignement cette
approche interdisciplinaire et pour cela offre une large place à la conduite de projets dès la 6e.

Méditerranée, berceau des sciences et des civilisations

La Méditerranée est notre jardin. (M. Jack Lang , le 21/07/2000)

Il n’est pas exagéré de dire que l’Europe est fille de la Méditerranée. En effet, son commerce, sa culture, les sciences qu’elle a développées, les trois religions monothéistes, la démocratie, tout cela est né sur les rivages de cette mer entre les terres. Carrefour de trois continents, Nostrum  a de tout temps été le lieu privilégié d’un brassage humain exceptionnel qui a favorisé la transmission d’un héritage d’une richesse inouïe. Le monde méditerranéen est comme une fenêtre par laquelle on peut contempler l’histoire du monde et par laquelle on accède à nos propres racines. Il est ainsi la synthèse vivante d’un monde en mouvement. A ce titre, il se révèle être un support pédagogique de premier choix et certains projets menés en collèges et en lycées ont ouvert la voie 

¨        En Vaucluse, le collège Vignarès  de Vedène a mené en 1997 une initiative dans le cadre du Projet Educatif Européen Coménius de l’agence Socrates et intitulée à le Mer Echanges autour de la Méditerranée  . Ce projet retraçait l’histoire de la Méditerranée au travers des correspondances de collégiens et d’écoliers de 11 pays (dont l’Espagne, l’Italie, l’Egypte et l’Algérie) et visait à tisser un lien méditerranéen autour d’un même message d’écoute et de tolérance. Il a donné lieu à la conception et à la réalisation d’un CD Rom et d’une mise en forme sur Internet. (adresse internet  www.ac-aix-marseille.fr/JOURNAL/VEDENE/index.htm)

¨        En Seine Maritime, une classe de 6e du collège Jacques Brel de Cléon a abordé le programme d’histoire à travers le thème de Méditerranée dans l’Antiquité  . Ce projet a donné lieu à un véritable travail de recherche en équipe, en liaison avec le CDI et avec un écrivain documentaire qui a supervisé le travail des enfants. En décembre 1998, le livre documentaire réalisé par les enfants a été présenté lors du festival du livre jeunesse de Rouen. (adresse internet  www.ac-rouen.fr/pedagogie/equipes/valoinno/mediterr)

¨        Dans l’académie de Aix-Marseille, depuis 1999, un projet de réseau scolaire méditerranéen a vu le jour. Il a pour objectif l’émergence d’un espace méditerranéen fondé sur la connaissance mutuelle des langues et des cultures, la constitution de réseaux d’informations et la mise en œuvre de projets multilatéraux. Des établissements situés dans 10 pays d’Europe et d’Afrique du Nord sont impliqués dans ces échanges. (adresse internet  www.ac-aix-marseille.fr/Mediter)

¨        Plusieurs lycées de l’académie de Aix-Marseille (lycée Daumier à Marseille, lycée Adam de Craponne à Salon, lycée Val de Durance à Pertuis, lycée Lumière à La Ciotat, lycée Briand à Gap) ont uni leurs efforts depuis 1997, en collaboration avec des établissements étrangers, pour diffuser un cyberjournal, baptisé Méditerranéen  , qui se définit comme le trait d’union entre les jeunes intéressés par les civilisations méditerranéennes. Il constitue un tremplin grandeur nature pour l’apprentissage et le développement de la créativité en matière de technologies de l'information et de la communication. Les thèmes traités ont été  eau dans l’espace euroméditerranéen  , instruments et la musique sur le pourtour méditerranéen  , et modernité dans les pays méditerranéens  , aventure des langues en Méditerranée  . Cette initiative fait partie des projets retenus lors de la conférence des Ministres de l’Education des pays de la Méditerranée occidentale en 1999. (adresse internet  www.ac-aix-marseille.fr/journal)

Ces quatre exemples exploitent une toute petite partie de la richesse qu’offre cette thématique et montrent l’intérêt que peut représenter un projet parvenant à prolonger, approfondir et rendre pérenne l’esprit qui anime ces initiatives.
Il nous semble particulièrement fondateur que les sujets relatifs aux projets de recherche proposés dans le collège innovant d’Orange soient majoritairement en résonance avec la
thématique méditerranéenne qui pourrait être déclinée sous de multiples aspects (historique, géographique, scientifique, artistique, environnemental, philosophique, linguistique …). On pourrait envisager des sujets transverses et d’intérêt général comme jeux olympiques  ou pyramides  et des sujets partant d’une région, d’une période de l’histoire ou d’une civilisation. Ainsi, les élèves pourront progressivement établir des repères spatiaux-temporels de façon concrète et retrouver les liens qui unissent langue, science, culture et peuple.

        Mise en œuvre d’un suivi individualisé

        Types d’évaluations
        Nous prévoyons tout au long de l’année de privilégier l’auto-évaluation et le travail autocorrectif sous le contrôle de l’enseignant responsable de la matière concernée ou sous le contrôle de l’enseignant tuteur de l’élève. Ce mode d’évaluation favorise l’autonomisation des élèves.
        Trois semaines au cours de l’année sont réservées à des
évaluations globales qui comportent des épreuves synthétisant les notions apprises sur environ un trimestre. Ce choix aurait l’avantage de travailler sur une mémorisation plus approfondie des notions et préparerait dès la 6e à mieux gérer le stress inhérent à tout examen ou tout concours regroupant plusieurs épreuves en un minimum de temps.
        Les projets de recherche se concluent par la concrétisation d’œuvres variées (CD Rom, film vidéo, fresque, art plastique, plats cuisinés, article journalistique, mini-conférence, reconstitution historique, expression corporelle, création d’un site internet …) soit individuelles, soit collectives. La présentation de ces œuvres à l’ensemble des élèves donne lieu à une
appréciation générale de la qualité du travail fourni.

Séances d’approfondissement
        Au cours des semaines réservées aux évaluations globales, des séances d’approfondissement sont effectuées en groupes de tutorat. Au cours de ces séances, il peut y avoir roulement des enseignants tuteurs afin que chaque élève soit tour à tour encadré par l’enseignant responsable de chaque matière. Ces séances visent à préparer les évaluations en revenant sur des notions vues auparavant et, selon les capacités d’assimilation de l’élève, en organisant des travaux dirigés qui permettent d’effectuer un travail plus approfondi.


IV Comment éveiller les potentialités créatrices 

Créer le lien entre vie de la cité, éducation et culture

S’il est vrai que le genre humain possède en lui des ressources créatrices inépuisées,
alors on peut entrevoir pour le 3
e millénaire la possibilité d’une nouvelle création
dont le XXe siècle a apporté les germes et les embryons  celle d’une citoyenneté terrestre.
Et l’éducation, qui est à la fois transmission de l’ancien et ouverture d’esprit pour accueillir le nouveau,
est au cœur de cette nouvelle mission.

(Edgar Morin, sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur  )

Il nous semble que trop souvent les établissements scolaires constituent une sorte d’univers clos qui n’est que très partiellement intégré à la vie de la ville. Généralement, la politique culturelle d’une agglomération est décidée dans des instances qui n’ont pas de lien direct avec les actions éducatives. Il n’y a donc pas d’interaction possible entre le domaine éducatif et le domaine culturel. Or, il nous semble que c’est au sein des collèges et des lycées que l’on devrait puiser les idées et les énergies qui pourraient être orientées au service du développement culturel de la ville. Les établissements scolaires ont un rôle moteur à jouer dans le rayonnement culturel d’une région parce qu’ils disposent d’un formidable potentiel unissant les compétences pluridisciplinaires des enseignants, l’enthousiasme et la curiosité des élèves et le dévouement des parents. Le projet décrit ci-dessous illustre pleinement la dynamique que peut apporter un collège dans la vie culturelle d’une agglomération 

¨        En 1989, les 250 élèves et les 20 enseignants du petit collège vieilles vignes  à Cozes (Charente Maritime) ont été les initiateurs d’un événement,   le Festival Plein Sud  , qui a permis un véritable développement culturel au sein de ce milieu rural. Ce festival, moment de rencontre entre français et africains (Burkina Faso, Bénin…), a pour devise    mieux nous connaître aujourd’hui pour préparer notre avenir commun dans la tolérance, la liberté et la pluralité de nos cultures  . Au fil des années, il a connu un développement foudroyant et s’est rapidement institutionnalisé  ce sont désormais douze associations du département, les entreprises locales, la municipalité et le Conseil Général qui figurent au sein du comité d’organisation avec le soutien du Ministère de la Coopération. Lors de la dernière édition, une trentaine d’établissements scolaires du département ont participé aux différentes manifestations proposées, 5000 visiteurs ont été accueillis dans les salles d’exposition et 3000 personnes ont payé leur place pour assister aux films, aux concerts et aux pièces de théâtre. Le collège est aujourd’hui toujours au cœur de la programmation du Festival et réserve à cet effet 2 heures par semaine à des d’activités de découverte et de soutien  . L’implication des élèves, de l’équipe pédagogique et des parents est totale, car tous se reconnaissent dans un projet qui permet d’apporter à toute une région une formidable ouverture à la compréhension internationale et à la citoyenneté du monde. Cette participation du collège dans la vie sociale et associative du canton lui donne le statut de principal pôle d’éducation et de culture du canton. La notoriété du Festival Plein Sud a fait de lui un relais d’information, de documentation sur les relations Nord-Sud et un pôle de formation dans le domaine de l’éducation au développement. (adresse internet  : perso.wanadoo.fr/festival.pleinsud )

On voit à travers cette initiative comment les facultés créatrices des enfants et des adolescents peuvent donner naissance à des actions qui dépassent largement le cadre scolaire et qui mobilisent tout un département. A travers leurs témoignages, on perçoit que les anciens élèves de ce collège portent toujours le projet dans leur cœur, car cette expérience d’échanges et de création les a profondément marqués. Parallèlement, les habitants du canton ont été attiré par cette démarche, bien qu’elle soit souvent assez éloignée de leur centres d’intérêts, parce que, au départ, elle les concernait en tant que parents, amis, voisins ou associatifs.
Il ne nous paraît donc pas du tout utopique de vouloir situer le collège méditerranéen au cœur d’une ambition culturelle pour l’ensemble de l’agglomération orangeoise. Nous envisageons à moyen terme deux actions majeures qui viendraient prolonger de façon naturelle le projet éducatif de l’école 

-        La création d’un événement annuel, au sein de la ville, qui serait centré sur le thème des traditions et des cultures de Méditerranée, dans l’esprit du Plein Sud  , et dont un titre réunificateur pourrait être nostrum  , en référence au glorieux passé romain de la ville,

-        Un partenariat étroit avec un Centre du patrimoine d’Europe et de Méditerranée dont la création pourrait être une action pertinente pour la ville d’Orange qui attire chaque année plusieurs dizaines de milliers de visiteurs, majoritairement intéressés par l’art et la culture. Ce Centre pourrait par exemple être édifié à proximité de l’Arc de Triomphe antique qui se situe dans un quartier de la ville actuellement fort peu mis en valeur. Nous pensons que ce Centre ne devrait pas seulement être un musée gardant la mémoire des cultures du passé, mais avant tout un lieu pouvant accueillir régulièrement des artisans, des artistes, des écrivains et des chercheurs qui viendraient témoigner à leur façon de la variété et de l’actualité des expressions culturelles à travers la zone euro-méditerranéenne. Dans cette optique, ce Centre serait avant tout lieu de rencontre, d’échanges et de partage dans lequel les collégiens pourraient exposer leurs travaux dans le cadre des projets semestriels devant un public extérieur à la communauté scolaire, ce qui accroîtrait fortement leur motivation. Il serait aussi un lieu de formation permanente où tout citoyen pourrait venir y consulter des supports pédagogiques destinés à l’apprentissage et au perfectionnement en langues vivantes et à la sensibilisation aux aspects culturels des différents pays de l’espace euro-méditerranéen.

Inciter aux initiatives et parcourir les champs de l’expérimentation

Nous avons l’avantage de présenter une théorie psychologique et pédagogique cohérente,
fondée sur une expérience aujourd’hui concluante  le tâtonnement expérimental.

(Elise Freinet, correspondance du 24/03/69)

       

Participation à la vie de l’établissement
Il nous semble que la créativité doit être recherchée dans tous les aspects de la vie de l’établissement. En effet, le comportement d’un individu constitue un tout et la créativité qui se manifeste durant les heures d’enseignement doit trouver un prolongement avec l’implication effective dans le fonctionnement du collège. L’élève doit aussi être porteur de réflexions et d’idées qui seront prises en considération par les adultes.

        Exposer ses travaux
        Le fait de se mettre en situation face à un auditoire à propos d’un sujet sur lequel on a réfléchi ou le fait d’exposer une œuvre ou un CD Rom que l’on a réalisé valorisent la production de l’élève et donnent un sens au travail accompli. Toute œuvre est destinée à un public et l’élève doit ressentir l’intérêt que porte la communauté scolaire à son travail. Parallèlement, les élèves qui assistent à un exposé ou qui découvre une œuvre d’un camarade se retrouvent dans un processus d’assimilation qui nourrira leurs créations futures.

       
Décloisonnement
        Le décloisonnement lors du tutorat ou des projets de recherche permet à l’élève de s’adapter à un nouveau mode de fonctionnement qui le plonge dans une situation volontairement hétérogène. Dans ce contexte, les élèves les plus âgés occupent un statut qui se rapproche de celui de l’enseignant et ils sont amenés à adapter leur langage et à créer des situations de façon à être compris de tous. Les élèves les plus jeunes cherchent à se hisser au niveau des plus âgés qui constituent pour eux le modèle. Il y a alors un processus dynamisant qui s’opère au cours duquel chaque élève se structure et s’auto-évalue.
       
       
Tâtonnement
        Les expérimentations, qu’elles soient dans un cadre disciplinaire ou non, obligent à se situer dans un rôle actif par rapport aux événements qu’on vit  j’ai fait cela, il se produit telle chose, comment dois-je m’y prendre pour obtenir un autre résultat  Ce fonctionnement action/constatation/déduction est à l’origine d’acquisitions de savoirs durable car l’élève a lui-même construit sa propre méthode pour parvenir à la compréhension de la notion qui lui échappait au départ. Cette notion se mesure pour lui concrètement, et il pourra l’utiliser et la décliner par la suite au cours de situations nouvelles.

       
Connaissance du terroir
        La sensibilisation aux particularités humaines, environnementales, géographiques, historiques, technologiques de l’espace dans lequel évolue l’élève permet de rendre plus concrètes des notions théoriques et d’ainsi tisser un lien entre le vécu et le savoir. Les sorties éducatives en petits groupes permettent à l’adolescent de découvrir son environnement avec un œil nouveau.
       


        Reconnaître l’élève en tant que personne

Il faut voir toute la vie comme lorsqu’on était enfant, et la perte de cette possibilité
vous enlève celle de vous exprimer d’une façon originale, c’est à dire personnelle.
(Henri Matisse)

       

Valoriser les diverses formes d’intelligence
Chaque être humain a une approche des choses qui lui est propre et manifeste plus volontiers une forme d’intelligence qui peut être conceptuelle, concrète ou sensible. Chacune d’entre elle a un intérêt et il n’y a pas de supériorité de l’une par rapport à l’autre. L’enseignement au sein du collège doit permettre à chacune d’elle de s’exprimer. Ainsi, lorsqu’il établit ses choix d’options, chaque élève pourra privilégier, dans une certaine mesure et selon ses inclinations, soit la maîtrise des langages, soit l’action et l’expérimentation, soit l’expression artistique.

        Etablir la fraternité dans les relations
        La recherche permanente de la compétitivité au sein de notre société encourage des attitudes individualistes qui ruinent les valeurs de fraternité et de solidarité dans les rapports humains. La pédagogie adoptée au sein du collège doit corriger ces tendances et veiller à encourager constamment l’écoute et le respect de l’autre, dans toutes ses différences.

Faire confiance et responsabiliser
L’adolescence est un passage, parfois douloureux, de l’état d’enfance à l’état d’adulte. Il est nécessaire d’accompagner les jeunes dans leur évolution et de les aider à tendre, graduellement et en respectant leur rythme d’assimilation, vers une conscience de responsabilisation, qui caractérise l’état de l’adulte arrivé à maturité.

Un établissement à échelle humaine
Le caractère pionnier de l’établissement conduit à limiter le nombre d’élèves (environ 50 par niveau). Il nous paraît de toute façon préférable pour les élèves d’être dans un environnement au sein duquel ils soient connus de tous, car les grands établissements génèrent l’anonymat qui nous paraît avoir le double désavantage d’être un facteur nuisant à la mise en confiance de l’élève et de rendre plus difficile le pilotage d’un projet éducatif cohérent.

        Tenir compte des biorythmes
        Les facultés intellectuelles des individus ne sont pas constantes tout au long de la journée, aussi il sera préférable de regrouper les cours nécessitant une concentration intellectuelle soutenue entre 9 h et 12 h. Les après-midi sont plus favorables pour les travaux en équipe, les activités sportives et artistiques.

       
Etre exigeant sur l’alimentation
        La qualité de l’alimentation a des conséquences sur la santé des enfants et sur leur potentiel d’assimilation. Nous veillerons à ce que les repas servis soient bien équilibrés en sucres lents, fibres, lipides et protéines et à ce que les élèves se nourrissent suffisamment. Nous rechercherons un traiteur qui propose des légumes frais, des produits du terroir et si possible issus de l’agriculture biologique dont les principes sont garants de la préservation de l’environnement.               














        Donner l’accès à la culture

Dans une éducation qui a des exigences personnelles et sociales,
il doit y avoir prédominance des éléments culturels sur les acquisitions techniques.
(Elise Freinet, correspondance du 24/03/69)

       

Sensibilisation au patrimoine de l’humanité
        Le monde comporte d’innombrables richesses dans des domaines aussi divers que architecture, littérature, sites naturels, traditions, technologie, langues, œuvres d’art, faune, flore … Elles proviennent parfois du génie de peuples dont les cultures peuvent être très éloignées de la nôtre, mais qui ont pourtant leur cohérence et leur légitimité. Le patrimoine culturel de l’humanité est un trésor que la génération future sera en mesure de préserver ou de détruire. Il nous paraît important qu’au sein de l’établissement les jeunes soient sensibilisés et préparés à cette responsabilité collective qui les attend.

        L’art, support pédagogique
        L’art peut servir de vecteur pour débloquer des inhibitions et permet d’aborder des notions en faisant appel à des facultés plus esthétiques, sensitives ou intuitives que cérébrales. Il est alors un moyen d’accès à la connaissance. Il est d’ailleurs largement utilisé à cet effet chez les peuples qui ne maîtrisent pas totalement l’écriture. Des passerelles entre art et savoir pourront être établies dans le cadre des ateliers d’art plastique ou d’expression musicale. Les rencontres avec des artisans, comédiens ou artistes sont à développer car elles sont souvent génératrices de déclics pour les jeunes.

¨        En 1998, le collège Georges Braque à Rouen a créé une classe à thème sur la calligraphie, ce qui a permis d’intégrer l’atelier dans l’enseignement de français. Du matériel spécifique (plumes, encres, papier …) a été mis à disposition. Une sensibilisation à l’histoire de l’écriture et aux rapport entre la calligraphie arabe et la calligraphie latine a été menée afin de caractériser la relation entre l’art et l’écriture. Chaque élève a réalisé un abécédaire en majuscules anglaises. Les élèves ont réagi très positivement à cette initiative et ont fréquemment utilisé leur matériel pour s’exercer en dehors des cours. Les élèves en difficulté sur le plan disciplinaire ont eu un comportement radicalement différent lors de ces ateliers. Cette action a été reconduite en 1999 avec un projet d’exposition.
(adresse internet  )

        Contes, mythes et légendes
        La transmission de récits traditionnels s’est perpétrée depuis la nuit des temps, car ces récits sont soit fondateurs d’une civilisation, soit évocateurs sur un plan personnel d’une dimension symbolique qui est susceptible d’éveiller les potentialités imaginatives et créatrices de chacun. Ils conservent une actualité permanente car ils touchent à ce qui est pérenne en l’homme, au-delà des modes et des époques. Ces récits ont toujours plusieurs degrés de lecture et d’interprétation, ils sont donc source d’intérêt à la fois pour les enfants et pour les plus grands et constituent en cela des outils pédagogiques à ne pas négliger.
V Principes d’organisation

Pour réussir la mutation du collège, certaines rigidités doivent tomber,
le respect des initiatives pédagogiques doit être garanti
et le pouvoir d’impulsion l’emporter sur le pouvoir d’empêchement.

(Bulletin Officiel de l’Education Nationale du 10/06/1999)

Le Conseil d’école, cœur des institutions
Le mode de fonctionnement de ce collège doit tenir compte des évolutions de notre société et du besoin de responsabilisation qui doit animer les différents acteurs de la vie scolaire  élèves, enseignants, personnels ATOS et parents. Tous doivent être étroitement associés à la vie de l’établissement et participer aux grandes décisions qui déterminent l’orientation du projet. La concertation entre tous sera garante du bon fonctionnement de l’établissement.
Nous proposons comme organe décisionnaire le
Conseil d’Ecole, composé d’élèves, d’enseignants (dont un représentant de la Direction), de parents, personnels ATOS et des représentants des collectivités territoriales. Ce Conseil décide des choix, du budget, du calendrier et du projet d’établissement.

¨        Une organisation de ce type fait depuis plusieurs années ses preuves au collège-lycée expérimental (CLE) de Hérouville (Calvados) . Le Conseil d’Ecole comprend 30 membres (10 enseignants, 9 élèves , 5 parents, 2 pers. ATOS, le gestionnaire, 3 représentants territoriaux). Cette organisation comprend aussi des instances propres à chaque partieen particulier un Bureau des parents, un Bureau des élèves et des délégués des personnels ATOS. Au sein de la communauté éducative, on distingue 
-        l’Instance Collégiale de Direction composée du CPE, du gestionnaire et de responsables élus pour la coordination didactique, la communication et la formation du personnel,
-        3 coordonnateurs élus par l’équipe pédagogique,
-        le groupe de pilotage du projet composés d’enseignants, d’élèves et de parents.
(adresse internet  )

Implication des enseignants
Il nous paraît important que les enseignants ne soient pas seulement responsables de la matière qu’ils enseignent, mais aussi du projet dans sa globalité. Leur service comprend enseignement, concertation, tutorat et gestion de l’école. Ils doivent être volontaires et sont recrutés par cooptation de l’équipe en place. Une double compétence sera particulièrement appréciée car elle correspond à l’approche interdisciplinaire qui est au cœur du projet. Le fonctionnement en équipe est le seul capable de générer un dynamisme et une créativité indispensables au projet.

Tenir compte du choix des familles
Il est nécessaire qu’il y ait au moment de l’inscription une adhésion minimum des élèves et des familles sur le projet. Le système de la carte scolaire ne nous paraît donc pas adapté et il nous semble nettement préférable que les élèves fassent acte de candidature et affichent clairement leurs motivations. Les élèves et les parents sont des partenaires à part entière et le caractère pionnier de l’établissement qu’ils choisissent d’intégrer doit leur être indiqué.

Droits et devoirs des élèves
Il nous semble intéressant d’impliquer raisonnablement les élèves dans des tâches pratiques (nettoyage, rangement, entretien …) afin qu’ils soient bien conscients de tous les aspects inhérents à toute vie de groupe.
Chaque élève est considéré comme une personne à part entière et est encouragé à prendre des initiatives et à éveiller son sens critique dans le respect d’institutions auxquelles il aura préalablement souscrit. La charte de l’établissement comportera les droits et les devoirs de chacun et pourra être réajusté collégialement sous le contrôle des adultes.

Associer les parents
La place des parents au sein du projet doit être réelle  ils doivent se sentir eux aussi porteurs du projet et ne pas se cantonner au simple rôle de consommateur passif. Leurs remarques, leurs propositions et leurs initiatives alimenteront fructueusement la vie du groupe. Il faudra veiller à ce que la communication soit toujours bien réelle au sein de l’établissement et vers l’extérieur afin de dissiper les malentendus et de résoudre efficacement les conflits.

Liberté d’action
Nous souhaitons que cet établissement ait une autonomie tant juridique que organisationnelle afin que le projet puisse être pleinement développé dans l’esprit avec lequel il a été pensé. Plusieurs possibilités sont actuellement à l’étude afin de trouver des locaux qui pourront accueillir la structure dans de bonnes conditions.

        Année type
        L’année scolaire comporte 36 semaines réparties en 5 périodes de 7 ou 8 semaines séparées par des congés de 2 semaines. Les congés d’été sont fixés à 8 semaines.
        30 semaines sont dites
  de référence  avec cours, options, tutorat et soit projet de recherche (24 semaines pour 2 projets), soit ouverture sur la société (6 semaines).
        6 semaines sont dites
  thématiques  au cours desquelles l’emploi du tempscomplètement modifié car seuls subsistent le tutorat et le conseil :
·        semaine 1  la semaine de rentrée comporte une période d’accueil en groupes de tutorat, des évaluations afin de mieux situer les points forts et les points faibles de chaque élève et un rappel des notions de base.
·        semaines 14 et 28  elles comportent les exposés relatifs aux projets de recherche, des séances d’approfondissement en groupes de tutorat et des évaluations.
·        semaines 21 et 36  elles sont réservées à l’immersion linguistique, soit sur le site du collège, soit en séjour à l’étranger.
·        semaine 35  l’avant dernière semaine est consacrée au bilan de l’année écoulée et aux évaluations finales

        Semaine de référence (pour une classe de 5e)
        La semaine est divisée en
36 modules de cours. Chaque module dure 45 minutes. Cette unité de temps offre plus de souplesse pour établir l’emploi du temps.
       
Cours communs 
français : 4 modules/semaine,
mathématiques  4,
EPS  3,
anglais  2,
latinité  2,
Histoire/géo  2, 
SVT, physique/chimie, musique, technologie, arts plastiques  1 par matière
Tutorat  3,
Conseil  1,
Projet  5,
Options en petits groupes  6
2 options sont à choisir toutes les 3 semaines à raison de 3 mod/sem. Les matières sont à choisir entre l’EPS, les langues et les matières à 1 module/sem. Les matières sont abordées sous un aspect concret et vivant, incluant par exemple travaux pratiques, travaux dirigés ou étude de cas. Les langues optionnelles occupent au minimum 45 modules sur l’année (hors immersion).

Les matières à 1 module/sem sont enseignées sur un semestre à raison de 2 mod/sem afin d’éviter le morcellement. On pourrait par exemple regrouper technologie et musique sur le premier semestre, et SVT, physique/chimie et arts plastiques sur le second semestre.
La répartition des modules sur une semaine est donc variable en fonction des choix faits pour les options. On obtient les fourchettes suivantes 
langues  7,5 à 10 mod/sem,
math & sciences 8 à 10,
français & hist/géo 6,
EPS 3 à 4,
ens. artistique 2,5 à 4,5.
On obtient ainsi un enseignement différencié qui prend en compte les goûts de chacun, tout en garantissant l’apprentissage des notions basiques qui permettra aux élèves d’être bien préparés aux examens nationaux  brevet des collèges et baccalauréat.
       
Groupes de travail
·        8 classes  de 24 élèves (2 classes par niveau), soit un total de 192 élèves. Les deux niveaux de chaque classe suivent les cours de mathématiques et de français au même moment, de façon à pouvoir réorganiser au besoin les classes en 2 groupes de niveau d’acquisition  un groupe composé d’élèves ayant le mieux assimilé (28 à 30 élèves) et un groupe d’élèves plus en difficulté (18 à 20 élèves).
·        20 tutorat  (10 élèves de la 6e à la 3e) encadrés par le même enseignant sur toute l’année
·        10 projet  (20 élèves de la 6e à la 3e) encadrés par 2 enseignants
·        4 option  par niveau (10 à 14 élèves d’un même niveau)

Effectifs
        Les besoins à terme sont de 19 enseignants au total se décomposant en 
- anglais, EPS, français, math  2  ;
- espagnol, italien, occitan, arabe, histoire/géo, physique/chimie, arts plastiques, musique, technologie, SVT, latinités  1 
        Chaque enseignant couvre sur une année environ 
-        450 modules de cours,
-        180 modules de projet,
-        200 modules de tutorat,
-        200 modules de concertation,
-        50 modules d’évaluation,
soit l’équivalent de 22,5 heures/semaine de présence au sein de l’établissement, dont 13 h/sem. de cours+projet.
        Les enseignants seront détachés la première année, ils seront intégrés à l’équipe en poste à profil.
        La participation d’un(e) documentaliste, d’un(e) ATOSS, d’une infirmière et d’un(e) conseiller(e) d’orientation est également prévue.
       
       
Ouverture de l’établissement
        La montée en régime de l’établissement doit être progressive, aussi nous souhaiterions dans un premier temps ouvrir à la rentrée 2001 les classes de 6e et de 5e, soit quatre classes au total, ce qui représente la première année une dotation de 10 enseignants.
L’ouverture des classes de 4e s’effectuera en 2002 et de 3e en 2003. A partir de 2003, l’effectif objectif du collège est de 192 élèves.


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