Ecole & Territoire

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Montjay, le 02 novembre 2003

 

Participation au débat sur l'école

 

Alors que s'est ouvert le débat sur l'école qui doit aboutir à l'automne 2004 à la modification de la loi d'orientation de 1989, les rapports de l'administration centrale fusent :

 

Rapport de Jean David (conseiller chez Darcos) sur le statut des écoles et les réseaux de mars 2003:

Sous prétexte de modernité, il demande que l'on renforce les regroupements et voudrait qu'on les dotent si possible d'un statut d'Etablissement Public de Coopération Intercommunale.

Il envisage des "réseaux" de 20 à 40 classes, dotés d'un seul directeur et d'une secrétaire (si possible payée par la communauté de communes).

Souhaite que les financements passent par un pot commun (la caisse des écoles qui serait réactivée pour l'occasion).

Les problèmes liés aux transports ne sont pas évoqués (fatigue, dangers, pollution, coûts).



 

Rapport de l'IGEN et de l'IGAENR sur l'évolution des réseaux des écoles primaires de juin 2003 :

"le statut des écoles date des lois de 1886 et 1889 et n'a pas été modifié malgré les évolutions survenues, concernant notamment les regroupements pédagogiques intercommunaux".

Le rapport réaffirme du bout des lèvres que les petites écoles ont de meilleurs résultats que les regroupements, mais c'est juste pour préconiser que l'administration ne s'appuie pas sur la qualité pédagogique pour obtenir l'accord des partenaires avant d'accélérer les regroupements, mais sur le fait que la mission de l'école a évolué et qu'il faut qu'elle s'occupe de l'ensemble du temps de l'enfant et notamment qu'elle propose : bibliothèque centre de documentation, Internet, sorties et activités culturelles, sports, périscolaire, etc.

C'est clairement parce qu'ils pensent que ces activités ou offres sont  difficiles à mettre en œuvre dans les petites écoles, qu'ils proposent de s'appuyer sur ces arguments pour continuer de mettre en place et de renforcer les regroupements.

 

A l'opposé du rapport du HCEE du 10 octobre, ce rapport explique que l'Etat remplit bien son rôle en ce qui concerne le domaine pédagogique. Par contre, il regrette que l'État ne le remplisse pas en ce qui concerne l'établissement scolaire et voudrait qu'il soit copié sur l'établissement secondaire, pour lequel l'article L.211-2 du code de l'éducation prévoit que : "chaque année les autorités compétentes de l'État arrêtent la structure pédagogique générale des établissements d'enseignement du second degré en tenant compte du schéma prévisionnel des formations…établi par le Conseil Régional"

 

On apprend aussi à cette lecture que les taux d'encadrement dans les regroupements sont meilleurs que pour la moyenne nationale des écoles (et plus encore pour le écoles hors regroupement, mais on ne nous donne pas les chiffres), ce qui montre bien la volonté du ministère et semble illégal :

24 élèves par classe en maternelle contre 25,5 en moyenne nationale.

20,2 élèves par classe en élémentaire contre 22,3 en moyenne nationale.

.

Sans doute pour accélérer la mise en œuvre des regroupements, il est proposé que ce soit l'État qui paye la construction des nouvelles écoles intercommunales baptisées : "sites scolaires".

Comme pour le rapport de Jean David, on apprend que les deux ministres mélangent allègrement les appellations de "réseaux" et de "regroupements". 

De même, les inspecteurs généraux souhaitent s'appuyer sur l'évolution des communes vers de syndicats ou des communautés pour promouvoir des "sites scolaires" intercommunaux.

 

 

Rapport du Haut Conseil de l'Evaluation de l'Ecole : "éléments pour un diagnostic de l'école" du 10 octobre 2003 :

"l'école n'a pas réussi à corriger les égalités, mais les a amplifiées".

"A l'entrée en CE2, 10% des élèves ne maîtrisent pas les compétences les plus élémentaires à la compréhension de l'écrit. A l'entrée en sixième, 3% des élèves présentent des lacunes quasi générales dans tous les domaines de l'écrit. et 12% éprouvent des difficultés graves" 

A l'opposé, les indicateurs de la réussite scolaire, fournies par l'administration montrent qu'il y a 30% d'élèves en retard de moins en CM2 aujourd'hui qu'il y a 40 ans. Il en reste quand même 20%.

Ils constatent que la direction d'école actuelle n'est pas satisfaisante (surtout depuis la grève administrative) et qu'il faudra la modifier vers plus de professionnalisme.

 

 

Conclusion : ces différents rapports ont pour caractéristique principale de tous faire le constat que l'école ne remplit pas bien son rôle et qu'il faut en modifier le fonctionnement et les statuts. Cela passera par une concentration accrue et bien que cela ne soit pas clairement précisé, on peut craindre que cela aboutira à un désengagement de l'état.

De plus, on peut constater que malgré un encadrement renforcé (10% de mieux), les regroupements obtiennent de moins bons résultats que les petites écoles, mais l'administration ne rêve que de les multiplier et d'en augmenter la taille.

A suivre…

 

 

Lionel Paillardin

Président d’École & territoire

 

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