Le
sens du concept de l’interdisciplinarité
Figure
1 (tirée de Boyer (1983, p. 439)
Les
avantages de l’interdisciplinarité scolaire
Caractéristiques
de divers modèles d’interdisciplinarité
Approches
curriculaires interdisciplinaires
L’approche
pédagogique interdisciplinaire
Conditions
de réalisation d’un projet interdisciplinaire
Conditions
reliées aux participants
Conditions
rattachées aux disciplines
Intégration
des apprentissages :
Intégration
des enseignements :
Le
présent article traite de la pédagogie intégrative et réflexive en mettant
l'accent sur la dimension de la pédagogie de l'intégration.
La
pédagogie actualisante est fondamentalement une pédagogie du vécu et de la
découverte qui encourage les activités pédagogiques favorisant « les
expériences concrètes, réelles et en contexte qui apportent sens et
signification à l'apprentissage » (Vers une pédagogie
actualisante : Mission de la Faculté des sciences de l'éducation et
formation initiale à l'enseignement. Cet apprentissage signifiant qui se
fait à partir d'expériences concrètes n'est pas toujours facile à réaliser car
les systèmes d'éducation, que ce soit aux ordres de l'enseignement primaire ou
secondaire, ou à celui de l'enseignement postsecondaire, font actuellement face
à un problème majeur de fragmentation des connaissances. L'apprenant, assujetti
à de tels systèmes, se heurte à une longue liste de notions à apprendre et
d'habiletés à acquérir dans chaque matière. Ces notions et ces habiletés sont
souvent isolées les unes des autres, sans contexte où les liens entre les
apprentissages et leur application concrète pourraient se faire. L'apprenant
aborde donc les activités d'apprentissage avec beaucoup de confusion et surtout
d'incompréhension quant à leur raison d'être.
L'enseignement
interdisciplinaire, l'un des moyens de résoudre ce problème, a fait l'objet de
débats tant en Europe qu'en Amérique du Nord depuis au moins une trentaine
d'années. L'interdisciplinarité, selon Wood, 1997, facilite le processus
d'apprentissage grâce auquel l'apprenant fait l'expérience des liens entre sa
réalité et celle du monde, au moyen d'activités d'apprentissage concrètes
nécessitant un acte d'engagement personnel et social. L'intégration d'activités
pédagogiques interdisciplinaires stimule les élèves à trouver un sens concret à
l'apprentissage. Comme le soulignent Marrin et Lowe, les élèves apprennent à
établir des liens entre les concepts et les habiletés qui visent les matières
connexes et, ultérieurement, avec la vie de tous les jours.
Le
présent article présentera la question de l'interdisciplinarité en quatre
grandes sections : le sens du concept ; les avantages particuliers de
son application ; les caractéristiques de divers modèles; et la
présentation de quelques conditions pédagogiques qui assurent les bénéfices de
l'approche interdisciplinaire tout en conservant l'identité de chaque matière.
Le tout se terminera par une annexe qui comprendra un glossaire de définitions
de certains termes utilisés autour du concept de l'interdisciplinarité
scolaire.
Le
concept d'interdisciplinarité, dans le sens qu'on lui donne aujourd'hui, est un
concept contemporain. Même si, dans le domaine de la philosophie, certains
éléments de ce concept remontent très loin dans le temps, l'interdisciplinarité,
sur le plan éducationnel, n'est apparue en Amérique du Nord qu'au XXe
siècle comme principe central dans la réforme curriculaire au primaire et au
secondaire. De fait, il apparaît tôt au XXe siècle avec
l'influence de Decroly, 1929, et Dewey, 1943. Selon Klein, 1998, les premiers
modèles furent l'intégration, le « core curriculum » (programme
cadre) et la corrélation des matières. Klein affirme que l'interdisciplinarité
était une orientation importante dans les nombreuses tentatives expérimentales
des années 1960 et 1970 aux États-Unis. (Lenoir et Sauvé (1998)).
Au
Canada, l'approche interdisciplinaire fait partie des nouvelles pédagogies
actives nommées « progressistes », « ouvertes » ou
« non directives » qui sont apparues au cours des années 1970. Au
Québec, elle est d'abord apparue sous le couvert de l'intégration des matières
(Lenoir et Sauvé (1998)). Lenoir et Sauvé ajoutent qu'au début des années 1980,
les programmes d'études du Québec, tout en privilégiant le caractère intradisciplinaire,
offrent des orientations interdisciplinaires. En 1996, le ministère de
l’Éducation du Québec encourage les intervenants en éducation à offrir des
possibilités d'interdisciplinarité et d'intégration des matières. Toutefois, le
Rapport du gouvernement du Québec, 1997, décrit le côté restrictif de
l'interdisciplinarité et privilégie plutôt l'intégration des savoirs en
soulignant que celle-ci est au cœur de l'acte d'apprentissage. En Ontario, le
ministère de l'Éducation propose, en 1995, un Programme d'études commun
pour l'enseignement de la première à la neuvième année axé sur les résultats
d'apprentissage transdisciplinaire. De plus, les résultats d'apprentissage
spécifiques sont regroupés en champs d'étude : les arts, la langue, la
formation personnelle, les études sociales, la mathématique, la science et la
technologie. Cette organisation préconise un enseignement basé sur
l'intégration des matières. Au Nouveau-Brunswick, les nouveaux programmes
d'études depuis les années 90 encouragent une orientation interdisciplinaire
favorisant l'établissement de liens entres les apprentissages.
Même
si un glossaire complet de mots reliés à l'interdisciplinarité scolaire se
trouve en Annexe, il importe quand même de clarifier le
sens de quelques mots et notions fréquemment utilisés dans le domaine de
l'éducation. Pour les propos de cet article, la Figure 1,
ci-dessous, résume le modèle sous-jacent à l'intégration des matières dont une
des formes est l'interdisciplinarité. Les éléments de cette figure sont
discutés dans les paragraphes qui suivent.
D'abord,
que signifie le mot « intégration » ? D'après Boyer (1983), l'intégration, dans son sens le
plus général, implique « la mise en relation de parties de façon à former
un tout » (p. 439). Selon lui, dans le domaine scolaire,
l'intégration revêt deux significations selon qu'on la considère du point de
vue de l'élève (Figure 1, A) ou de celui de la matière (Figure 1,
B). Pour désigner le point de vue de l'élève, Legendre, 1993, utilise
le terme intégration des savoirs tel qu'il est employé par le Conseil supérieur
de l’éducation du Québec (1991) :
« le
processus par lequel un élève greffe un nouveau savoir à ses savoirs
antérieurs, restructure en conséquence son univers intérieur et applique à de
nouvelles situations concrètes les savoirs acquis ». (Legendre (1993,
p. 739))
« L'intégration
des savoirs est donc un processus : c'est un mouvement qui se déploie à la
manière d'une spirale exigeant continuellement des répétitions de gestes et des
retours réflexifs » (Conseil supérieur de l'éducation du Québec, cité dans
Legendre (1993, p. 739)).
L'intégration
des enseignements et l'intégration des matières supposent un engagement de la
part de l'enseignant (Figure 1, B) pour favoriser
l'intégration des savoirs de l'élève (Figure 1, A).
L'éducateur doit donc aménager l'environnement scolaire, c'est-à-dire le
programme scolaire, son plan d'enseignement et ses stratégies d'apprentissage,
(Figure 1, B) pour favoriser l'intégration des savoirs (Figure,
A).
L'enseignant
peut aménager son programme scolaire, son plan d'enseignement et ses stratégies
pédagogiques selon plusieurs modèles d'intégration soit, le modèle centré
autour de plusieurs discipline (pluridisciplinarité, interdisciplinarité,
transdisciplinarité, Figure 1, B1), d'une discipline
(intradisciplinaire, Figure 1, B2), ou de la discipline
et la vie (intégration fonctionnelle ; intra ou interdisciplinaire, Figure 1,
B3). Le modèle qui sera discuté ici est celui de l'interdisciplinarité.
Angers
et Bouchard (1992) et Legendre (1993) affirment que l'on parle
d'interdisciplinarité lorsqu'il y a interrelation entre deux ou plusieurs
disciplines, par exemple : histoire et formation de la personne; éducation
musicale et français. Lenoir et Sauvé (1998) donnent une définition plus
complète de l'interdisciplinarité scolaire. Selon eux, c'est
« une
mise en relation de deux ou plusieurs disciplines scolaires qui s'exerce à la
fois sur les plans curriculaire, didactique et pédagogique et qui conduit à
l'établissement de liens de complémentarité ou de coopération, d'interprétation
ou d'actions réciproques entre elles sous divers aspects (finalités, objets
d'étude, concepts et notions, démarches d'apprentissage, habiletés techniques,
etc.) en vue de favoriser l'intégration des processus d'apprentissage et des
savoirs chez les élèves. » (p. 12).
Les projets
interdisciplinaires de musique/langue de Lowe sont des exemples de cette
dernière définition. Ils ont été conçus en tenant compte de liens établis sur
le plan des objets d'études ou des concepts à développer (similitudes établies
entre les contenus d'apprentissage en langue et en musique), des démarches
d'apprentissages (basées sur les théories de Bruner, Gardner et des styles et
modes d'apprentissage) et des habiletés techniques (interprétation, composition
et improvisation musicales et linguistiques).
Certains
auteurs perçoivent l'interdisciplinarité comme un but en soi, celui de
permettre l'intégration des apprentissages et des savoirs chez les apprenants
(Lenoir et Sauvé (1998)). D'autres auteurs voient plutôt l'interdisciplinarité
scolaire comme moyen pédagogique pour faciliter le processus d'intégration. Les
paragraphes qui suivent présentent quelques-uns des avantages de
l'interdisciplinarité scolaire.
Comme
nous l'avons vu dans l'introduction, les études intégrées semblent répondre au
problème de la fragmentation des apprentissages (Miller, Cassie et Drake
(1990)). Tout en considérant comme nécessaire l'apprentissage du contenu et des
concepts propres à chaque matière scolaire, il faut encourager l'élève à
intégrer ses savoirs afin de pouvoir faire face aux situations et aux problèmes
de tous les jours qui sont résolus d'une manière intégrative plutôt que
fragmentée. Selon Marrin (1995) et Miller, Cassie et Drake,
l'interdisciplinarité risque moins de conduire à la surinformation ou à la
fragmentation des apprentissages.
Les
études interdisciplinaires facilitent aussi la création de liens et le
transfert de connaissances et d'habiletés entre les disciplines, ce qui
rapproche celles-ci de la réalité de la vie de tous les jours. Mais, pour
assurer ce rapprochement, on doit bâtir un pont entre les disciplines à partir
des similitudes établies entre elles sur le plan des contenus d'apprentissage,
des concepts et des habiletés techniques et cognitives.
La
méthode intégrative ou interdisciplinaire donne également aux apprenants les
outils nécessaires pour interpréter le sens de leurs réalités et de leurs
apprentissages. L'enseignement interdisciplinaire encourage, en effet,
l'application d'habiletés développées dans un contexte significatif pour
l'apprenant. Prenons l'exemple d'un élève qui prépare un exposé oral sur une
recherche effectuée autour d'un concept comme « la violence
scolaire ». En utilisant les notions apprises dans toutes les matières
scolaires pour élaborer son sujet d'enquête, il explore, analyse et présente
l'information sans les contraintes imposées par les barrières de l'approche traditionnelle
d'enseignement/apprentissage fragmenté. Une fois que l'apprenant est totalement
engagé dans l'exploration et l'expression d'idées, l'apprentissage devient
pertinent et acquiert une raison d'être. De plus, dans une telle situation
d'apprentissage, le contenu et les modes de traitement de l'information sont
reliés. Marrin (1995) souligne que l'intégration des matières permet aux
enseignants de dépasser les manuels scolaires afin de rendre l'apprentissage
plus significatif et satisfaisant pour le jeune apprenant. Les projets
interdisciplinaires offrent aussi une connaissance plus enrichie du sujet à
l'étude, une ouverture à ce que les autres disciplines peuvent offrir et une
meilleure perception du rôle des disciplines (Klein (1998)).
Il
est important de noter que toute approche intégrative est axée sur
l'apprenant plutôt que sur les matières (Marrin (1995)). Le but ultime
de l'enseignement est l'intégration des savoirs que fait l'apprenant, et non
l'accumulation de notions et d'habiletés isolées. L'accent est donc mis autant
sur le « processus d'apprentissage » que sur le « contenu de la
matière », (Pigdon et Woolly (1993)). Par exemple, dans le projet
interdisciplinaire de musique/langue (Lowe (1998c)), la place qu'occupe le
processus d'apprentissage selon les théories de Bruner, 1990, de même que celle des modes et des
styles d'apprentissage, est aussi importante dans la réalisation des plans de
cours que le contenu lui-même. Donc, un apprenant qui prépare un projet
interdisciplinaire se concentre autant sur « comment il apprend »,
c'est-à-dire, sur le développement de sa méthode personnelle de collecte de
données et son processus de résolution de problèmes ainsi que sur l'établissement
de liens qu'il fait entre les matières que sur les notions apprises pour chaque
matière isolée.
Tout
comme la pédagogie actualisante favorise la coopération pour développer
« des habiletés sociales nécessaires au travail d'équipe et à la résolution
de problèmes en groupe » (Vers une pédagogie actualisante, FSE,
1997) l'interdisciplinarité contribue au développement d'une meilleure
interaction sociale et culturelle (Bruner (1990); Erickson (1996); Richards
(1996) et Vygotsky, 1978, et à celui de la capacité de résoudre les problèmes
de tous les jours. Selon Erickson (1996), Klein (1998) et Spady, 1994,
l'interdisciplinarité favorise aussi le développement d'habiletés cognitives
supérieures comme la pensée critique, l'esprit de synthèse et d'intégration,
les compétences réflexives, la compréhension des concepts difficiles et la
mémoire conceptuelle.
L'interdisciplinarité
semble avoir pour résultat un meilleur apprentissage, de meilleures attitudes
chez les élèves et un meilleur rapport entre enseignants et élèves. En plus de
contribuer à la construction des apprentissages, l'interdisciplinarité favorise
l'intégration et l'actualisation de la personne.
Il
existe de nombreux modèles d'interdisciplinarité. Pour ce qui est du contexte
curriculaire, nous retiendrons ceux que proposent Fogarty, Erickson et Lowe.
Fogarty
(1991) reconnaît que le curriculum intégré est un moyen utilisé pour faciliter
la construction de liens entre les matières d'une part et avec la vie de tous
les jours d'autre part. Selon lui, le curriculum intégré est un regroupement
organisé et voulu d'une variété d'expériences d'apprentissage issus de
différentes disciplines. Il décrit cinq modèles de design du curriculum. Il
s'agit des modèles : fragmenté, en parallèle, interdisciplinaire,
multidisciplinaire et celui de la journée intégrée (integrated day).
Le
modèle « fragmenté » s'apparente au curriculum où il existe des
divisions discrètes et distinctes dans l'organisation des connaissances. Les
notions, les habiletés, les points de vue et les concepts propres à chaque
discipline sont enseignés séparément. D'après Fogarty (1991), un inconvénient
fréquent de ce modèle est que l'enseignement et l'apprentissage se font
rapidement et sans profondeur. Le modèle ne permet pas de mettre l'apprenant en
contact avec les diverses perspectives reliées aux réalités du monde.
Le
modèle « en parallèle » exige que les enseignants posent un regard
global sur le contenu des matières et qu'ils décident du moment propice de
l'enseignement de ce contenu. Par exemple, on enseigne le roman d'Anne Frank
dans le cours de français pendant que l'on étudie les enjeux de la Deuxième
Guerre mondiale en sciences humaines. Le contenu de chaque matière est
encore enseigné d'une façon isolée mais l'élève est appelé à relier l'étude
d'une matière scolaire à une autre. Dans le processus, les enseignants ne sont
pas demandés de faire des liens avec toutes les matières scolaires mais de
repenser la séquence de l'enseignement du contenu de deux matières dans
l'espoir que l'apprenant fasse lui-même les liens appropriés. L'application de
ce modèle ne demande pas beaucoup de réajustements au niveau du curriculum et,
par conséquent, serait un bon point de départ vers l'intégration du curriculum.
Au dire de Fogarty (1995), les enseignants du primaire utilisent déjà ce
modèle.
Le
modèle « interdisciplinaire » comprend le design d'unités pour
démontrer les liens entre deux ou trois disciplines qui ont des points communs.
Il est différent du modèle parallèle car le contenu de chaque matière est
ajusté afin de répondre aux questions se rapportant à un thème prédéterminé.
Les matières qui se rapprochent l'une de l'autre, par exemple, celles se
reliant aux humanités, peuvent bien s'adapter à ce modèle. Les enseignants, en
utilisant ce modèle, encouragent l'établissement de liens d'apprentissage entre
les disciplines scolaires. Puisque les liens entre les matières sont plus
évidents, les enseignants sont plus confortables à travailler en équipe et à
mettre en commun les matériaux pédagogiques qui serviront à alimenter le thème
à l'étude
Le
modèle « multidisciplinaire » comprend l'enseignement autour d'un
thème auquel toutes les disciplines apportent leur contribution. Le
développement d'unités d'une durée de quelques jours, quelques semaines ou d'un
semestre autour de thèmes qui émergent du curriculum scolaire encouragent une
expérience épistémologique complète et globale. Les enseignants dirigent les
apprenants vers la découverte de liens explicites entre les diverses matières
scolaires.
Il
n'est pas nécessaire, d'après Fogarty, de centrer le thème sur toutes les
disciplines mais on doit commencer par celles qui offrent les ressources
humaines et le temps nécessaires pour rendre le projet réalisable.
Dans
le modèle dit de « la journée intégrée », la journée scolaire est
axée sur des questions ou des propos d'actualité significatifs pour l'apprenant
pour lesquels toutes les disciplines scolaires sont mises à contribution.
Erickson
(1996) s'est intéressée à l'interdisciplinarité et elle a développé un modèle
d'intégration du curriculum où le thème basé sur un concept est au centre de
l'apprentissage. Elle fait la distinction entre le curriculum « coordonné »,
situé autour d'un thème, et le curriculum « intégré », axé sur un
concept. Erickson favorise l'interdisciplinarité curriculaire où les matières
scolaires sont centrées autour d'un concept. D'après Erickson, les concepts
structurent le contenu de chaque discipline et c'est l'intériorisation des
concepts qui nous permet de généraliser les apprentissages. Par exemple, les
concepts qui structurent les matières (tels que la liberté, l'immigration ou
les conflits) ne changent pas, tandis que les thèmes (par exemple : le
village, l'Afrique ou les jouets) sont susceptibles de changer. Erickson (1996)
conseille donc aux éducateurs qui travaillent au design du curriculum intégré
d'identifier les concepts et les contenus essentiels à la formation globale de
l'apprenant, de les formuler en thèmes conceptuels et de ne procéder à
l'intégration qu'une fois cette démarche terminée. De plus, elle propose que
l'on enseigne les habiletés et la théorie de chaque matière séparément et par
la suite de faire leurs applications pratiques à l'intérieur du curriculum
intégré.
Voici
les étapes nécessaires, selon Erickson (1996), pour le développement
d'apprentissages intégrés :
1.
Sélectionner un domaine
d'étude (un concept)
2.
Choisir un thème qui se situe
à l'intérieur du concept
3.
Choisir une question qui aide
à définir le thème conceptuel
4.
Donner un titre au projet qui
touche à la question à l'étude
5.
Choisir les thèmes qui aident
à la meilleure compréhension du concept.
Il
est très important, selon Fogarty (1991) et Erickson (1996), que les
enseignants reconnaissent la valeur du curriculum intégré et s'impliquent d'une
façon graduelle en fonction des ressources disponibles. Erickson et Pigdon et
Woolly (1993) affirment que le curriculum intégré axé sur un concept plutôt que
sur un thème particulier permettra de développer chez les apprenants une
meilleure compréhension du contenu et une meilleure maîtrise des habiletés
cognitives de niveaux supérieurs tels que le transfert, l'analyse et la
synthèse.
Lowe
a développé un autre modèle de curriculum interdisciplinaire davantage basé sur
des similitudes entre les matières sur le plan des concepts, des processus
d'apprentissage et des habiletés techniques et cognitives. Par exemple, le
modèle interdisciplinaire de musique/langue a été conçu non pas pour remplacer
l'enseignement séparé de la langue et de la musique, mais comme méthode
d'enseignement complémentaire à ce qui se fait déjà dans ces deux matières. Le
but ultime des cours de musique/langue est de faciliter la création de liens
entre ces matières connexes pour assurer un apprentissage plus réel, concret et
global qui, à long terme, contribuera à l'actualisation du plein potentiel de
chaque élève.
L'application
d'une approche interdisciplinaire peut susciter certains conflits
philosophiques et politiques en raison des changements à apporter au curriculum
et aux méthodes pédagogiques (Klein (1995)). Selon cette auteure, au départ,
les enseignants vont choisir la construction de ponts entre les matières plutôt
que la restructuration complète du curriculum, car la première option leur
permet de garder l'identité disciplinaire tout en utilisant certaines pratiques
interdisciplinaires (p. ex. projet interdisciplinaire de musique/langue,
Lowe (1998c)). Il est important pour les enseignants de procéder à des
changements, d'abord sur une petite échelle, et en tenant compte des diverses
possibilités et des ressources disponibles.
De la
même manière qu'il existe plus d'un modèle de curriculum intégré, on trouve
plus d'une forme de pédagogie interdisciplinaire. Certaines méthodes
pédagogiques encouragent ce que Fazenda, 1995, appelle une « attitude
interdisciplinaire » et Newel, 1994, et Klein (1998), une « habitude
mentale qui tend à l'intégration ». Il s'agit de toutes les méthodes
pédagogiques qui favorisent le dialogue, la découverte, le jeu de rôle, le
regroupement d'idées, l'aptitude à énoncer et à résoudre des problèmes, et de
celles qui sont axées sur les élèves et centrées sur un mode d'enquête.
De
plus, l'apprentissage en grand groupe et le travail en petit groupe dans un
contexte d'enquête en collaboration créent un sentiment d'appartenance
inter-pairs qui s'avère indispensable pour le travail axé sur un thème ou sur
un concept particulier. Le travail d'équipe qui met particulièrement en valeur
la pédagogie de la coopération, tout comme le sentiment d'appartenance que
préconise la pédagogie de l'accueil et de l'appartenance, contribue au
processus interactif de socialisation-autonomisation fondamental à la pédagogie
actualisante.
L'utilisation
du portfolio favorise aussi l'intégration des contenus d'apprentissage et la
synthèse personnelle (Klein (1998)). C'est pourquoi le portfolio a été utilisé
à l'intérieur de quelques cours à la Faculté des sciences de l'éducation de
l'Université de Moncton (p. ex. pédagogie du jeu, séminaire en éducation,
didactique de la musique) pour permettre à l'apprenant de faire certains liens
entre la théorie et la pratique. On a constaté que la préparation du portfolio
engageait l'apprenant dans une réflexion personnelle et sociale qui favorisait
la capacité de faire la synthèse des cours de la formation et une meilleure
compréhension de la valeur de ces cours dans la profession de l'enseignement.
Ces
résultats s'inscrivent dans les recommandations de Klein (1998), qui insiste
sur l'équilibre entre l'ampleur, la profondeur et la synthèse des travaux dans
le processus d'intégration. Elle affirme qu'il est important d'assurer
« une bonne base de connaissances et d'informations » (ampleur) et
« l'usage pratique des connaissances et des informations disciplinaires
professionnelles et interdisciplinaires » (profondeur) (p. 63). La
synthèse, d'après Klein, assure le processus intégrateur.
Klein
(1998) rappelle les habiletés universelles nécessaires chez l'apprenant pour
réaliser cette synthèse et, par conséquent, l'intégration des savoirs :
1.
« Différencier, comparer
et faire ressortir les différentes perspectives interdisciplinaires,
disciplinaires et professionnelles. » (p. 64). Par exemple, dans le
cas de l'intégration de la musique et de la langue, Lowe ((1998a), (1998b), (1998c))
a d'abord choisi l'interdisciplinarité disciplinaire (musique/langue) en milieu
scolaire à un niveau particulier (2e année) et pour un temps
déterminé (6 semaines) au lieu de choisir la perspective d'interdisciplinarité
curriculaire qui pourrait s'étendre à plusieurs niveaux pour la durée de
l'année scolaire. Cela a permis à l'apprenant de reconnaître les différents
concepts qui forment l'identité particulière de chaque matière (musique :
patrons mélodiques rythmiques et la forme ; langue : production orale
et écrite) et les différences professionnelles des enseignants spécialisés en
musique ou en langue avant de procéder au choix des éléments communs entre les
deux matières.
2.
« Identifier les
éléments communs et comprendre comment les différences se rapportent à la
tâche. » (p. 64). Par exemple, toujours en intégrant la musique et la
langue, Lowe (1998c) a déterminé les similitudes entre les deux matières quant
aux processus mentaux qu'elles exigent (mêmes règles pour décoder le message
reçu par les sens), quant à leur structure (structures profonde et de surface)
et quant à leurs moyens de transmission (production/écoute). Par la suite, la
recherche de Lowe a permis de découvrir qu'une méthodologie d'enseignement
interdisciplinaire des concepts présentant des similitudes entre eux pourrait
renforcer l'apprentissage des deux matières.
3.
« Échafauder une
compréhension d'ensemble à partir d'éléments communs tout en tenant compte de
leurs différences. » (p. 64). Par exemple, Lowe ((1998a), (1998b),
(1998c), (2002), (à paraître)) a construit des plans de cours de musique/langue
intégrés, basés sur les concepts similaires en mettant en évidence le lien
entre ces concepts. Elle a conçu les cours de façon à assurer le respect de
l'intégrité de chaque matière ainsi que l'apprentissage des concepts
particuliers à chacune.
Ces
habiletés universelles, qui devraient être retrouvées dans tout projet
interdisciplinaire, sont primordiales pour le développement de la pensée et des
habiletés cognitives de niveaux supérieurs, telles, le transfert, l'analyse et
la synthèse.
Les
spécialistes américains, canadiens et québécois qui ont examiné la mise en
oeuvre de projets interdisciplinaires de toutes sortes précisent les conditions
indispensables à la réalisation de ceux-ci. Cette dernière section offre un
sommaire de ces conditions. Premièrement, nous discuterons des conditions
reliées aux participants et, deuxièmement, de celles qui relèvent de
l'organisation des disciplines.
Fogarty
(1991) et Erickson (1996) soulignent certaines conditions essentiels pour le
développement du curriculum intégré à considérer par les enseignants.
Premièrement, ils affirment l'importance de la formation des enseignants en
fondements et en applications pratiques des différents modèles d'intégration
des matières avant de se lancer dans le développement d'unités
interdisciplinaires. Deuxièmement, ils soulignent que la participation des
enseignants dans le développement et l'enseignement d'unités
interdisciplinaires et le temps nécessaire à la rencontre d'équipe de travail
sont essentiels au succès de l'expérience interdisciplinaire. Ces conditions
permettront d'encourager le partage des stratégies pédagogiques et des
ressources matérielles propices pour le développement du thème ou du concept à
l'étude.
Wood
(1997) affirme l'importance de la participation dans tout le processus
d'intégration non seulement de la part des enseignants, mais aussi des élèves.
Pour leur part, Lataille-Demoré (1998), Erickson (1996) et Jacobs (1995)
indiquent que le dialogue entre tous les participants est primordial à tous les
niveaux de développement de méthodes interdisciplinaires. De plus, pour assurer
la croissance de l'esprit de synthèse chez tous les élèves et enseignants,
Klein (1998) propose le développement d'une attitude interdisciplinaire et
d'une habitude mentale qui tend à l'intégration. Ces habiletés s'acquièrent
d'une façon progressive selon le nombre et la qualité des expériences
interdisciplinaires vécues, donc selon le degré de participation de tous aux
activités interdisciplinaires proposées.
Selon
Wood (1997), l'interdisciplinarité préconise d'abord un retour aux fondements
de chaque discipline. Puisque le temps et les conditions de travail
contraignent l'implantation de l'interdisciplinarité, il faut donc,
premièrement, choisir les connaissances essentielles à enseigner, c'est-à-dire
les connaissances permettant l'actualisation de chaque personne qui participe à
la société actuelle.
Deuxièmement,
on doit considérer sérieusement les diverses disciplines afin de déterminer
celles qui se prêtent le mieux à l'intégration. Pour ce, il faut examiner les
liens intimes profonds entre les disciplines. Par exemple, le projet
interdisciplinaire de musique/langue a été choisi parce que les liens entre la
langue et la musique sont bien documentés (Lowe (1998c)). Wood (1997), Boyer
(1983) et Jacobs (1995) recommandent fortement de ne procéder à l'intégration
que si les liens entre les matières sont clairs et naturels. Boyer (1983) voit
aussi la nécessité de valoriser la particularité des méthodes propres à chaque
discipline et de fonder le processus d'intégration sur cet élément unique. Par
exemple, dans le projet interdisciplinaire de musique/langue, on a favorisé les
activités pédagogiques d'interprétation, d'improvisation et de compositions qui
sont fondamentales en musique, mais importantes aussi en langue.
Troisièmement,
dans tout effort interdisciplinaire, il faut toujours respecter l'intégrité de
chaque matière en sauvegardant son contenu d'apprentissage et sa contribution
particulière au développement global de chacun (Jacobs (1995); Sill (1996); Tardif (1992); Erickson (1996)). Pour ce faire,
Erickson (1996) propose que l'intégration à l'intérieur du curriculum se fasse
au moyen de l'application concrète des contenus d'apprentissage et des
habiletés techniques et cognitives.
Finalement,
l'intégration des matières doit couvrir tous les résultats d'apprentissage des
programmes d'études (Tardif (1992) et Jacobs (1995)). De plus, l'enseignement,
selon Lataille-Démoré (1998) et Erickson (1996), doit être axé sur la pratique
et le développement des processus de pensée tels que la résolution de problèmes
et l'établissement de liens conceptuels entre les matières. L'enseignant doit
donc orienter et guider les élèves vers l'information pertinente à la
généralisation et s'assurer que l'activité scolaire propose des sujets et des
tâches étroitement reliés à la vie (Boyer (1983)). Cela suppose que l'on
planifie l'acte pédagogique en déterminant les habiletés, les attitudes et les
connaissances nécessaires au développement global de l'élève.
Ces
conditions particulières que l'on doit retrouver chez les participants ou dans
l'organisation des disciplines sont primordiales. Elles constituent la base
permettant à accéder à la pensée intégrative et créatrice, qui elle-même
permettra à l'apprenant de faire la synthèse de ses apprentissages.
L'interdisciplinarité
scolaire, dans son sens le plus complet, offre une solution au problème de la
fragmentation des matières en éducation en proposant un enseignement et un
apprentissage qui facilitent la création de liens, d'une part entre les
disciplines et, d'autre part, avec la vie de tous les jours. Le processus
d'intégration que vit l'apprenant lui permet de donner une signification a son
apprentissage ou de lui trouver un sens. Par le biais d'activités pédagogiques
interdisciplinaires, l'apprenant fait le transfert de ses connaissances et de
ses habiletés d'une discipline à l'autre, et, par conséquent, développe une
« habitude mentale qui tend à l'intégration », une habileté
nécessaire pour faire face aux problèmes à résoudre dans la vie quotidienne.
Les
propos de l'article démontrent que l'approche pédagogique interdisciplinaire,
axée sur l'apprenant, se concrétise par une pédagogie qui part du vécu des apprenants.
Il met l'accent à la fois sur le processus d'apprentissage et sur le contenu
des matières enseignées. Les différents modèles d'intégration du curriculum et
de pédagogie interdisciplinaire facilitent donc autant le développement
d'habiletés sociales, cognitives, métacognitives et personnels tels que la
communication, la pensée critique et l'esprit de synthèse que l'apprentissage
des concepts particuliers de chaque matière à l'étude. C'est une approche qui
encourage le dialogue entre les intervenants qui participent à l'acte
pédagogique ainsi que le travail d'équipe. De fait, avant de procéder à
l'implantation de projets interdisciplinaires dans les écoles, les enseignants
décident ensemble du choix de connaissances essentielles à enseigner et de matières
propices à l'intégration tout en respectant l'intégrité et les résultats
d'apprentissage de chaque matière.
Bref,
l'interdisciplinarité scolaire, favorisant une pédagogie du vécu et de la
découverte, éléments fondamentaux de la pédagogie actualisante, permet
l'intégration des apprentissages. De plus, cette pédagogie intégrative
contribuera à l'actualisation globale et intégrée de la personne.
Le
Conseil supérieur d'éducation du Québec (1982) précise le sens du terme décloisonnement :
« On décloisonne lorsqu'on supprime les barrières édifiées entre les
matières par l'horaire, le bulletin, certains matériels pédagogiques, certaines
pratiques éducatives. On intègre ensuite » (1982, p. 19). Donc, le
décloisonnement est un préalable à l'intégration.
D'après
Boyer (1983), l'intégration, dans son sens le plus général, implique « la
mise en relation de parties de façon à former un tout » (p. 439). Legendre
(1993) précise encore davantage le concept d'intégration, qu'il décrit comme
étant « l'action de faire interagir divers éléments en vue d'en constituer
un tout harmonieux et de niveau supérieur » (p. 732).
Legendre
(1993) utilise le terme « intégration des apprentissages » pour le
concept d'intégration interne qu'il définit comme suit :
« l'incorporation par le sujet de nouveaux contenus et, ou de nouvelles
habiletés à sa structure interne » (p. 735). C'est un processus par lequel
l'apprenant fait siens les objets d'apprentissage qui deviennent fiables,
durables et transférables. Il effectue une restructuration continuelle de ses
connaissances grâce à la résolution de problèmes ».
L'intégration
des enseignements et des matières, selon Legendre (1993), suppose un engagement
de la part de l'enseignant pour favoriser l'intégration des apprentissages. Il
y a intégration des enseignements lorsqu'il y a une « opération qui
consiste à assurer la concertation et l'interpénétration des enseignements en
tant que gages complémentaires d'enrichissement et de restructuration
continuels des apprentissage ; » (p. 736).
Legendre
définit l'intégration des matières comme une « approche ou opération qui
consiste à conjuguer deux ou plusieurs contenus indépendants d'apprentissage,
appartenant à la même discipline ou à des disciplines différentes, en vue de
résoudre un problème, d'étudier un thème ou de développer des habiletés »
(p. 736).
Selon
Cassie et Haché (1998), l'intégration des
savoirs se distingue de l'intégration des matières : « par la prise
en compte du contexte de vie, par sa centration sur des relations étroites
entre les éléments de savoir, par ses préoccupations pour les habiletés et
l'affectivité, par son application raisonnée dans le cadre de recherche sur le
terrain ainsi que par l'accent mis sur le développement métacognitif » (p.
80). Selon Legendre (1993), une intégration réussie des contenus facilite
l'intégration des apprentissages et des savoirs.
Anger
et Bouchard (1992) et Legendre (1993) affirment que l'on peut parler
d'interdisciplinarité lorsqu'il y a interrelation entre deux ou plusieurs disciplines.
Cette définition rejoint la définition générique de Klein (1998) :
l'interdisciplinarité « caractérise toute pratique éducative faisant appel
à plus d'une perspective disciplinaire » (p. 52). De Landsheere, 1979, dit
de l'interdisciplinarité qu'elle est « l'intention existant entre deux ou
plusieurs disciplines et qui peut aller de la simple communication des idées
jusqu'à l'intégration mutuelle des concepts directeurs de l'épistémologie, de
la terminologie, de la méthodologie, des procédés, des données et de
l'orientation de la recherche et de l'enseignement s'y rapportant » (dans
Boyer, 1983, p. 440).
Boyer
(1983) définit l'intradisciplinarité comme un effort pour saisir ou manifester
la cohérence interne d'une discipline. Lenoir et Sauvé (1998) ajoutent une
autre dimension. Selon eux, « l'intradisciplinarité consiste en la
structuration curriculaire d'un programme d'études par laquelle ses éléments
constitutifs sont organisés d'un point de vue inter-rationnel et dans une perspective
intégrative » (p. 23).
De
Landsheere (1979) définit la multidisciplinarité comme la juxtaposition de
disciplines diverses parfois sans rapport apparent entre elles.
Selon
De Landsheere (1979, p. 6), la pluridisciplinarité est la juxtaposition de
disciplines plus ou moins voisines dans les domaines de la connaissance. Dans
les approches multi et pluridisciplinaires, on s'attend à ce que les apprenants
eux-mêmes, sans l'aide de l'enseignant, fassent les liens entre les matières.
De Landsheere (1979) choisit une
définition de la transdisciplinarité qui est orientée vers le domaine de la
recherche : c'est la création d'une discipline nouvelle résultant des
contributions de chercheurs de divers horizons théoriques. Par contre, Stengers,
1987, définit la transdisciplinarité comme une « utilisation de notions
qui sont appliquées, 'mutatis mutandis', à plusieurs disciplines, comme celles
de rigueur, de code, de système, de force » (Lenoir et Sauvé, p. 38).
Cette définition rejoint celle de Angers et Bouchard (1992) qui parlent de
transdisciplinarité « lorsqu'il y a mise en oeuvre d'une méthode
fondamentale commune à toutes les disciplines » (p. 69). D'après
Lataille-Démoré (1998), la transdisciplinarité vise d'abord le développement
intégral de l'apprenant et le recours aux matières diverses est subordonné à ce
but.