D.E.C.L.I.C.
ETUDE DE FAISABILITÉ : Martine Bideau,
Détachée auprès du
Recteur de l’Académie de Créteil,
et le Conseil d’Administration de
l’Association DECLIC :
-Corine Alric, parent
d’élève,
-Sofia Ben Yahmed, professeur,
-Nicole Chosson,
documentaliste,
-Maryvonne Hallez, professeur,
-Lucio Morello, parent d’élève.
SOMMAIRE
Développement Expérimental d’un Collège -Lycée d’Initiative Citoyenne
Mise en oeuvre institutionnelle
3. Les élèves : Observation des besoins
d.
Les personnels assurant le travail administratif et les services.
e.
Les personnels assurant l’encadrement.
3.Les Réseaux d’Echanges de Savoirs.
4.Dispositif « écoute
/Conseil »
1) Les avantages d’une pédagogie
citoyenne.
b.
La philosophie dès la sixième.
c.
Valoriser les compétences personnelles.
d.
Réguler les conflits dans le respect mutuel et par des médiations.
A.
Le Conseil de l’équipe éducative. (CEE)
B.
Le conseil du Groupe Référent. (CGR)
c.
Participation des élèves à la gestion de la structure.
1.les principes d’insertion dans
l’environnement local.
2.Principes d’une pédagogie active.
a.
le regroupement pédagogique. Les cycles.
b.
Emploi du temps général : les différents
« temps « .
1. Organisation générale annuelle.
2)Organisation générale hebdomadaire.
A.
Auto-évaluation, par chaque apprenant :
Un
texte qui a la volonté de rassembler, dans un même mouvement vers le
changement, toutes les équipes innovantes a été rédigé pour être signé par les
mouvements pédagogiques, syndicats, parents d’élèves, politiques…Nous le
joignons comme signe de l’affirmation de cette volonté.
APPEL A UNE ACTION COMMUNE POUR UNE TRANSFORMATION
DU SERVICE PUBLIC D’EDUCATION
Nous, citoyens,
parents et personnels du service public laïc d’éducation, engagés dans des
équipes ou dans des projets innovants, appelons à la mise en œuvre des
propositions suivantes.
L’éducation constitue un moyen essentiel d’émancipation des personnes, quelle que soit leur distance culturelle avec l’école.
Une société de justice, de fraternité, de liberté a besoin de personnes responsables, autonomes, capables d’esprit critique pour faire évoluer le monde dans lequel elles vivent.
Sur la base de ces principes et de pratiques éprouvées,
instituant la coopération et rendant l’enfant auteur de sa formation, ce texte
commun se veut un appel et une contribution à un nécessaire débat national.
Nos pratiques éducatives se heurtent à la rigidité actuelle du système éducatif qui ne prend pas en compte la diversité de ses forces vives : enfants, parents, enseignants…
Nous sommes attachés à une école valorisant chacun comme une personne autonome et responsable, auteur de son devenir par :
- la construction d’une vie collective et sociale comme lieu d’apprentissages
- l’appropriation personnalisée des savoirs dans un cadre coopératif
Cela signifie une pédagogie active mettant en œuvre :
- une éducation globale polytechnique valorisant tous les langages (artistique, mathématique, scientifique, philosophique…) dans une perspective transversale.
- la construction des connaissances dans le cadre de projets collectifs et individuels
- le tâtonnement expérimental
- une construction de la « citoyenneté » par une vie coopérative instituée et instituante
- l’évaluation formative, la co-formation, l’auto-évaluation
Cela suppose :
- la notion de cycles d’apprentissage permettant de distinguer classes d’âge et classes d’apprentissage et de personnaliser les parcours des élèves dans le cadre des exigences institutionnelles.
- la constitution d’équipes d’enseignants, éducateurs, chercheurs réunis autour d’un projet cohérent au sein d’une école, d’un établissement.
- l’ancrage de l’Ecole dans son environnement social et culturel et son ouverture au monde.
Pour être au mieux en cohérence avec un service public de
qualité, pour la réussite de nos projets coopératifs, certaines conditions sont
nécessaires :
§ Regroupement des enseignants sur des postes à contraintes particulières
§ Membres de l’équipe coresponsables du fonctionnement global de la structure
§ Un lieu spécifique par structure, à taille humaine et dans un cadre architectural adapté
§ Des équipes en réseau
Nous revendiquons le droit d’exister et d’être considérés comme constituants du Service public d’éducation, au même titre que tous les projets d’école ou d’établissement.
Nos équipes coopératives se donnent, entre autres buts, la diffusion et la transférabilité de leurs pratiques et fonctionnements.
A cet effet, elles s’inscrivent dans les règles de sectorisation et ont besoin de moyens financiers équivalents à tous les autres établissements.
Elles sont par essence en situation de recherche action et, de ce fait, constituent des lieux permanents de co-formation pour chacun de leurs membres.
Par ailleurs ces équipes doivent pouvoir être des lieux d’accueil négocié pour la recherche et pour la formation initiale ou continue dans le cadre des plans de formation. Pour cela elles doivent bénéficier du statut de «formateur collectif associé».
L’évaluation du projet, inscrite dans le temps, est nécessaire et doit faire l’objet d’un contrat entre les acteurs du projet et l’institution..
Cette évaluation concertée intègre les productions écrites de l’équipe, ses recherches, ses travaux avec les partenaires, mouvements pédagogiques, universitaires… Ses résultats sont diffusés.
Nous souhaitons que les instances paritaires de l’Education Nationale (Ministère, Rectorats, Inspections académiques et syndicats) se penchent :
- sur la résolution de la contradiction actuelle entre les modalités du mouvement des enseignants centré sur une problématique de gestion interne et la constitution d’équipes centré sur une problématique de coopération.
- sur la pérennisation des projets sur des bases contractuelles.
- sur la liaison effective entre tous les niveaux de la
hiérarchie scolaire et les collectivités territoriales concernées.
Ceci permettra de formaliser des procédures communes, officielles, connues et reconnues de tous.
Nous
postulons que ces pratiques éducatives participent effectivement à la lutte
contre les violences et les exclusions.
***
Les principes généraux d’implantation :
La ville de Bagnolet dispose d’un local à réaménager dans le quartier de La Noue.Le bâtiment est donc situé à la
limite de Bagnolet et de Montreuil. Il donne sur une grande esplanade piétonne,
et sur le parc de La Noue qui dispose d’un stade. Il est éloigné des
établissements scolaires du secteur.
Pour les transports, un bus passe à proximité.
Ce local a été visité en mai
2001 par l’architecte du PACT-ARIM, monsieur Bernard Boullier, en présence de
monsieur Andry, du Rectorat de Créteil et de deux conseillers municipaux (
urbanisme et développement économique ) de la ville de Bagnolet.
La ville est très
intéressée par ce projet qui pourrait s’inscrire dans un projet de réhabilitation de ce quartier et du bâtiment en
particulier ( 9000 m2 de surface totale ) que la mairie envisage pour l’instant
de louer à des associations avec lesquelles le collège - lycée pourrait nouer
des liens de façon à créer un réseau d’insertion dans l’environnement :
associations de quartier, Centre Toffoletti ( centre socio-culturel de
quartier, avec écrivain public ), ateliers d’artistes, pépinières
d’entreprises, projets du "Centre des Ballets pour demain". Le projet
de création du collège – lycée s’insère donc dans une dominante associative,
culturelle, éducative.
La faisabilité de l’installation de DECLIC dans ces locaux a été
approuvée. Des plans provisoires ont été étudiés pour la disposition des salles
de travail, CDI, sanitaires et réfectoire sur une surface qui pourrait être de
700m2 au Rez - de Chaussée du bâtiment. Actuellement, c’est un plateau sans cloisons,
disposant de sanitaires. Chauffage en fonctionnement. Les travaux
(cloisonnement, sols, et électricité) seraient réalisés par l’organisme en
charge de la gestion de ce local, le PACT-ARIM.
La surface variable des
salles de travail serait sur la base de modules de 25 m 2 (groupes de 10
à 20 élèves), soit environs 160m2, le CDI de 130m2, les sanitaires de 40 m 2,
La salle des professeurs, ( salle de réunion ) de 100m2, le réfectoire et les
offices de 150 m 2, le secrétariat de 25 m 2, la salle de travaux pratiques
avec point d’eau de 25m2. Normes scolaires étudiées et possibles. Ces locaux
pourraient accueillir 150 élèves, pour la première tranche, 300 à terme avec
extension aux étages supérieurs.
Le loyer serait globalement de 46 000. à 61000 Euros (non encore précisé ) à redéfinir selon la surface réellement nécessaire (entre 500 et 700 m 2 ). A plus long terme, l’association propose de réfléchir à un projet d’internat - externat, puisque les locaux le permettraient.
Ce projet était confirmé et
engagé dans son principe lors d’une réunion dans les locaux de l’Inspection
académique le vendredi 23 novembre 2001
Etablissement de tutelle proposé :
Collège Politzer
52 rue Jules Ferry 93170 Bagnolet.
Principal
: monsieur Sadoun.
Fonctionnement à définir ultérieurement :
Par exemple :
- Le principal de l'établissement de tutelle signe tous les ordres de mission, la notation des enseignants, etc. Il transmet les circulaires. De façon générale, tous les documents administratifs passent par le principal de tutelle par la voie hiérarchique.
- Le principal de l'établissement de tutelle est invité à participer au Conseil d’Equipe de la structure expérimentale.
- Le budget prévisionnel est voté chaque année par le C.A. de l'établissement de tutelle. L’intendant de l'établissement de tutelle est l’agent comptable de la structure expérimentale.
-Plusieurs établissements peuvent prendre part à la tutelle.
Partant du constat :
-de l'augmentation de la violence dans les
établissements scolaires,
-du fait que les établissements scolaires du secteur
sont surchargés,
-du fait qu’élèves et professeurs se sentent seuls
dans la relation duelle professeur -élèves classique,
-du fait que les élèves abordent les savoirs dans une
attitude passive et consumériste,
-du fait de la difficulté constante de leur expression
orale,
-du fait que les élèves avancent plus vite dans
certaines disciplines, et ne s'intéressent plus aux disciplines dans lesquelles
ils ont des difficultés, handicapant parfois gravement leurs études,
-du fait que certains parents en désespoir de cause et
sans motivation religieuse particulière les inscrivent dans des établissements
privés,
nous proposons l'ouverture d'un
établissement dont le fonctionnement coopératif s’adresse à tous les
élèves : à ceux issus des classes primaires du quartier, aux " élèves
en difficulté», comme aux élèves plus simplement concernés par "l’ennui
scolaire ", voire même "surdoués"...
Il
pourrait accueillir à terme entre 250 à 300 élèves car seules de petites unités
permettent un réel suivi individuel et un travail d’équipe.
L’accueil d’élèves issus
des établissements primaires dans lesquels les élèves ont déjà acquis une
expérience du travail autonome et de la prise de responsabilités facilitera la
mise en place des pratiques citoyennes.
Les élèves adhèrent au
contrat pédagogique : basé sur l'apprentissage de la citoyenneté, la pédagogie
active et institutionnelle, la prise de responsabilité dans la vie quotidienne
de l'établissement et les projets, l'apprentissage progressif de l'autonomie.
Nous demandons à être sectorisés, de façon à ce que ce type
de structure soit transférable. Cette sectorisation, avec l'accord sur le
principe de monsieur l'Inspecteur d'Académie, concerne en premier lieu les
élèves du quartier de La Noue à Bagnolet, obligés pour le moment de se répartir
sur les autres établissements de Bagnolet, voire de Montreuil.
Recrutement des élèves :
Une information rédigée en commun entre le référent de la
structure et l’Inspecteur d'Académie sera transmis à tous les chefs
d'établissement et directeurs d'école du département pour informer les parents.
Les parents font parvenir à l’IA leurs demandes
d’inscription.
L’inspecteur d’Académie affectera les élèves.
Pour l’ouverture 2002-2003, DECLIC se propose d’organiser des
réunions d’information.
Effectif rentrée 2002 : 60 à 80 élèves.
A terme : 300élèves.
Parents, enseignants, adultes travaillant régulièrement
dans la structure, constituent l’équipe éducative. L’équipe éducative est
garante du projet spécifique de l’établissement et de sa mise en œuvre.
L’équipe élargie aux autres personnes(enfants et adultes)
partageant la vie de la structure se réunit régulièrement, tous les quinze
jours.
Un enseignant coordinateur assume le rôle de référent auprès des autorités hiérarchiques.
Nous souhaitons la création d’un EPLE.
-culturels. En liaison avec les associations de quartier en
priorité, puis les grandes instances culturelles. : Conférenciers,
conteurs, animateurs d’atelier…
-D’éducation. Différents adultes, et notamment les parents peuvent intervenir dans les ateliers suivant des compétences reconnues.
-de santé. Les intervenants habituels à l’Education Nationale, avec un soutien des CMPP.
Ils font partie intégrante de la vie de l’établissement, et s’insèrent en
cohérence dans la réflexion sur l’éducation des enfants, dans un travail
d’équipe. La scolarité de leur enfant doit être transparente et les décisions
expliquées pour éviter les malentendus. Outre le rôle
classique qu’ils occupent par les textes existants ( conseils trimestriels,
rencontres organisées avec les professeurs, participation aux sorties ou
voyages d’élèves…), ils pourront rencontrer tout membre adulte de
l’établissement aux cours de réunions conviviales : tuteur notamment. Ils
pourront parrainer les nouveaux arrivants, partager leurs compétences
professionnelles et extra -professionnelles, notamment dans le cadre du Réseau
d’Echanges des Savoirs et pour la mise en place de la politique d’orientation
et d’insertion professionnelle mise en place dans le cadre de l’établissement.
Il serait intéressant qu’un lieu de rencontre leur soit réservé à l’intérieur
de la structure..
Le principe de collégialité et de partage des taches de l’équipe enseignante assure une organisation permettant à tous les membres du collège-lycée d’assurer la plupart des tâches d’enseignement et de gestion de l’établissement (y compris les tâches habituellement dévolues à l’administration, au personnel ATOSS, etc.)
Participation des enfants pour des raisons pédagogiques à la hauteur de leurs capacités.
L’organisation et le fonctionnement se doivent d’être en
cohérence avec les objectifs annoncés : la gestion coopérative de la
direction offre une alternative performante au mode de direction traditionnel.
Le Conseil des enseignants est un organisme de réflexion et de décisions.
Les enseignants organisent l’encadrement en coordination avec une Conseillère Principale d’Education.
Il a un rôle de référent auprès des instances officielles. Il répercute les décisions prises en Conseil et diffuse à l’équipe les informations nécessaires au bon fonctionnement de la structure.. La responsabilité de chacun est engagée. Une réunion hebdomadaire est nécessaire.
Le tuteur
aide l’élève à organiser son travail et à gérer son temps. Pour cela, ils
élaborent un -ou plusieurs- plan de travail individuel et contractuel, qui
permet à l’élève :
* d’individualiser son parcours
* d’être plus motivé
* de se sentir davantage acteur de sa propre formation.
Le tutorat est prévu à l’emploi du temps hebdomadaire, pour les élèves, comme pour les professeurs.
Plusieurs élèves et un adulte par groupe, se chargent de fonctions
particulières utiles à la gestion de la structure. Un Groupe Référent est formé
de 10 à 14 élèves multi -âges et présentant une certaine diversité, et d’un
adulte tuteur. L’élève est affecté dans un groupe au hasard à son arrivée dans
l’établissement ; à partir de la 2e année, les affinités seront
prises en compte tout en ayant le souci de préserver la diversité des groupes.
Le Groupe Référent se réunit régulièrement, une fois par semaine.
L’évaluation de l’établissement dans son ensemble est un élément
fondamental du projet. Jacques Pain, responsable du secteur « Crise,
Ecole, Terrains sensible » (Sciences de l’Education, Paris X) nous a
proposé d’intervenir. Dans le cadre de la recherche-action, il travaillera
avec Marie-Anne Hugon.
Il serait souhaitable que nous obtenions des crédits d’encadrement
(crédits de suivi, de recherche et d’évaluation).
Afin d’assurer un suivi régulier et approfondi, Jacques Pain a prévu une
rencontre par
semaine.
Projet de Convention avec l'IUFM :
En réponse à l'entrevue de Martine Bideau avec Jean -Louis Auduc, directeur
-adjoint de l'IUFM, 3 jours de stage en mars pourraient être préparés par
DECLIC pour sensibiliser une vingtaine de stagiaires aux pédagogies actives,
institutionnelles, Freinet, etc.. Ensuite, quelques-uns parmi eux pourraient
choisir de nous aider à préparer la rentrée et s'impliquer avec nous dans la
concertation, ce qui constituerait leur formation.
Il faudra des volontaires dans plusieurs disciplines pour mener cette
formation.
Initié par Claire Hébert - Suffrin dans ses classes de primaire puis
étendu aux adultes, le RES est devenu un outil simple et efficace d’intégration.
Les réseaux fonctionnent selon une règle simple : il faut à la fois
« offrir » un savoir et « demander » un savoir. En bref,
avoir le souci d’échanger. Intervient alors un personnage très important pour
le fonctionnement du Réseau : le médiateur, qui non seulement va écouter
le nouvel arrivant, l’aider à préciser son offre (tout le monde sait quelque
chose, mais la plupart des gens n’ont pas conscience de la richesse qu’ils
représentent dans un groupe), affiner ses demandes et bien sûr le mettre en
contact avec la ou les personnes intéressées.
Au sein d’un établissement de type Déclic, afin d’initier correctement le
RES, la présence de professeurs formés par des praticiens du RES sera
déterminante pour la bonne poursuite du projet : la médiation et la
formation de médiateurs élèves placeront le Réseau sur des bases solides.
D’autre part, nous utiliserons un « arbre de connaissance »
(selon la terminologie de Michel Serres). Les savoirs échangés dans
l’établissement y apparaîtront, via un logiciel à acquérir ou à fabriquer.
Avec une équipe du CMPP (Centres
Médico - Psycho -Pédagogiques), les éducateurs P.J.J.(Protection Judiciaire de
la Jeunesse et La D.A.S.
Une pédagogie coopérative, une citoyenneté active : pour responsabiliser les élèves et faire face à la violence.
Nous voulons donner une part très importante à « la parole ».
Le conseil, et de façon plus générale le dispositif coopératif, assurent le
primat de la parole sur le passage à l’acte. Pour réduire la violence, il faut
aider les adolescents à réfléchir avant de passer à l’acte, leur faire prendre
du recul sur les causes et les conséquences de leurs agressions, installer le
sursis à l’acte au centre de la vie quotidienne.
« La
philosophie n’est pas une discipline à part. Elle ne vise pas l’établissement
d’un système de pensée. Elle est une attitude, un comportement à la fois
interrogatif et, avant tout, exclamatif. Le moment même de l’exclamation, c’est
l’étonnement. »
Henry Maldiney (
Chimères n°44. automne 2000 ).
Toute pédagogie
est solidaire d’une philosophie comportant en particulier une représentation de
l’être humain et, singulièrement, du sujet apprenant. Mais la philosophie du
projet ne se construira véritablement que par une édification pragmatique dans
le pas à pas de l’expérience.
L’équipe
enseignante a à s’interroger sur la philosophie implicite ou explicite qu’elle
met en œuvre dans le projet. Elle a à édifier une analyse précise de ce que
c’est qu’apprendre et, corrélativement, de ce que c’est qu’enseigner. Elle a à
élaborer en début d’année un questionnaire précis sur les modalités
individuelles d’apprentissage.
Pour nous, s’impliquer dans une
interrogation philosophique engage l’acte d’apprendre qui, dès la sixième
permet à l’élève :
- d’unifier les multiples démarches d’apprentissages
dans un projet global,
-de se comprendre lui-même et la place qu’il occupe
dans la communauté,
- de construire des sens en interrogeant
continuellement la réalité et en cherchant des
clefs pour la compréhension du
monde,
-de rendre possible l’édification d’un projet
personnel pourvu de sens.
Valoriser les compétences personnelles, les réussites et faire retomber les tensions.
Nous proposerons des situations dans lesquelles l’élève peut réussir, même s’il s’agit au début de réussites dans des domaines péri- para- scolaires (qu’il faudra valoriser).
Admettre l’existence des conflits : le conflit est une chance qui permet au moins la révolte, qui reconnaît l’autonomie de la conscience et la possibilité de l’exercice de la liberté.
Apprendre à respecter l’autre, c’est apprendre à respecter ses
contradictions, ses défauts, et à les assumer pour les changer. Apprendre à se
respecter, c’est aussi apprendre à respecter les autres. Si la pédagogie
respecte les différences et les besoins des élèves, les règles de l’école sont
précises et chacun s’engage à les observer. Si les conflits peuvent, et même
doivent exister, ils doivent aussi se régler par une écoute mutuelle.
L’équipe privilégie la parole et l’écoute, ainsi que la coopération avec
des intervenants extérieurs, pour gérer les conflits autrement que par
l’affrontement. Le dispositif coopératif
permet de canaliser la violence par la constitution de
« médiations » (et de s’abstraire ainsi des dangers inhérents à la
relation duelle). Un « médiateur » (le tuteur ou une autre personne,
extérieure) peut aussi être un recours possible.
- Mise en place de dispositifs spécifiques pour les enseignants : il s’agira en particulier d’un « Groupe de régulation » : groupe de parole et d’analyse (animation souhaitée par un psychanalyste maîtrisant la Pédagogie et la Psychothérapie Institutionnelles).
- Mise en place de dispositifs spécifiques pour les élèves : « Ecoute /conseil » individuel en partenariat avec une équipe de C.M.P.P. (Centres Médicaux Psycho -Pédagogiques) et le C.O.P. (Conseiller d’Orientation Psychologue). Un suivi individuel et régulier pourra aussi être établi avec les éducateurs P.J.J. (Protection Judiciaire de la Jeunesse) ou D.A.S. (Direction des Affaires Sociales)
- Un Conseil de conciliation siégera toutes les semaines. Il réunira 5 membres autour du CPE qui seront désignés par tirage au sort : 1 professeur, 1 parent, 1 personnel ATOSS et 1 élève.
- D’autre part, notre établissement aura vocation à développer un partenariat, afin de contribuer à retisser, sur les lieux de vie même des jeunes, le « lien social » (sont concernés : associations de quartiers, clubs de jeunes...).
Tous les 15 jours, le Conseil d’Equipe se réunit pour prendre toutes les décisions concernant l’établissement, par vote. Par exemple :
10 membres, soit :
- 8 délégués élèves pour le collège élèves.
- 2 délégués adultes pour le collège adulte.
Chaque collège est élu pour une période et a le même nombre de voix.
Mettre en place une réelle éducation à la citoyenneté.
1. Assurer le suivi des groupes.
2. Créer une loi commune, montrer que le respect des règles de fonctionnement permet de pouvoir apprendre dans les meilleures conditions possibles.
3.Gérer la vie de la structure.
Un Groupe Référent est formé de 10 à 14 élèves multi -âges et présentant une certaine diversité, et d’un adulte tuteur. Le Groupe Référent se réunit plusieurs fois par semaine et au minimum chaque semaine.
Toutes les décisions prises en bilan sont transmises au délégué qui
représente le groupe au Conseil de l’équipe éducative. C’est ainsi un lieu
d’expression et de décision pour les élèves.
Avec les plus jeunes, les tuteurs co-animent les bilans et cherchent à éveiller chez les enfants la capacité à écouter l’autre, à prendre la parole, à justifier leurs interventions. Dès que possible, cette réunion est préparée et organisée, à tour de rôle, par 2 élèves aidés de leur tuteur. Ces élèves animent la séance. Ils apprennent ainsi à respecter un ordre du jour, à distribuer la parole, à prendre la parole et à noter l’essentiel des informations et des débats ainsi que le résultat des votes.
L’objectif du conseil est d’arriver à créer une loi commune, de montrer que le respect des règles de fonctionnement permet de pouvoir apprendre dans les meilleures conditions possibles.
- Pour mettre en place une réelle éducation à la citoyenneté. Pour devenir des « citoyens » de leur établissement, les élèves doivent pouvoir y prendre des décisions, y « faire les lois » ou les « règles du jeu ». Il s’agit de structurer leur relation générale à la loi.
- Pour que les élèves se sentent « impliqués » dans le fonctionnement de l’établissement, ils prennent part aux décisions qui les concernent.
-
En instaurant dans l’établissement une réelle citoyenneté active,
(pouvoir discuter, débattre et pouvoir élaborer ou remettre en question les
décisions concernant le fonctionnement de l’établissement), on permet aux
élèves d’élaborer d’autres rapports aux savoirs et, peut-être,
d’ « apprendre vraiment » : « la construction
vraie des savoirs exige d’une certaine manière une prise de risque et une mise
en question des évidences premières.
*Assurer le suivi de chaque élève au sein du groupe.
*Transmettre un bilan au Conseil de l’équipe éducative.
A tour de rôle, pendant 2 semaines et toutes les 8 semaines, 2 groupes de base (soit 20 élèves et 2 professeurs) assurent la gestion au quotidien de l’établissement :
A travers ces différents apprentissages, il s’agit notamment de mettre en œuvre l’apprentissage de la citoyenneté républicaine et des discussions qui y sont liées, c’est-à-dire un nouvel enseignement civique, juridique et social :
-pour responsabiliser les élèves,
-pour permettre des apprentissages méthodologiques et cognitifs en partant du « réel », cette démarche étant au cœur de la pédagogie Freinet.
L’équilibre entre éducation générale et formation. La gestion permettra effectivement aux élèves « d’acquérir la maîtrise d’exercices fondamentaux de la vie pratique : rédaction d’une lettre ou d’un rapport, lecture d’un tableau de chiffres, repérage sur un plan (…), usage d’un traitement de textes » et de « Mettre en contact les élèves avec les métiers de la vie réelle « .
Remarque : le travail de gestion se fera en fonction des désirs et des capacités de chacun. Néanmoins, comme lors de tout travail en groupe, il faudra éviter de donner à chacun ce qu’il sait déjà faire, ce qui ne permettrait pas de véritables apprentissages.
Ils arrivent plus tôt le matin (dès 8 h) et repartent plus tard en fin de journée, après le ménage. Leur « temps de projet » est également consacré à la gestion.
Ils préparent le petit déjeuner et assurent l’accueil. A partir de 8h30, ils assurent le relevé et le suivi des présents et des absents.
Ils organisent, préparent et servent le déjeuner.
Ils assurent les permanences du CDI, du secrétariat et de tous les locaux collectifs qui nécessiteraient leur présence.
Ils font le ménage.
Les relations avec le tissu associatif local seront recherchées, que ce
soit dans le domaine culturel,
social ou sportif. Des conventions seront élaborées pour contractualiser ces
relations, mais le recours ponctuel sera aussi possible. Le collège -lycée
pourra nouer des liens avec les associations de façon à créer un réseau
d’insertion dans l’environnement : associations de quartier, Centre
Toffoletti ( centre socioculturel de quartier, avec écrivain public ), ateliers
d’artistes, pépinières d’entreprises, projets du "Centre des Ballets pour
demain". Le projet de création du collège – lycée s’insère donc dans une
dominante associative, culturelle, éducative.
Tout est éducatif : tous les
moments de la vie scolaire participent à la mise en œuvre d’une éducation
globale de l’apprenant : formation du futur professionnel, du citoyen, de
la personne. Nous ne dissocions pas l’acquisition des connaissances de base
dites fondamentales des autres acquisitions qui vont permettre l’épanouissement
de la personnalité de l’élève : esprit de coopération, sens des
responsabilités, comportement dans le groupe, capacité à devenir autonome,
développement du sens artistique, du sens critique.
Un enfant ou un adolescent d’aujourd’hui à l’issu de sa scolarité, aura à faire face à de multiples contraintes, imprévus et opportunités. En relation avec un monde en mouvement, la curiosité, le goût du savoir, la confiance en soi, et l’énergie nécessaire pour sans cesse s’approprier des connaissances nouvelles, seront des atouts. Dans un monde de surenchères d’informations, il devra aussi être doté de l’aptitude à chercher, trier, comparer, exploiter les informations. Ces savoirs divers lui permettront l’exercice de l’analyse et de la synthèse, autorisant des choix et prises de décision.
« Apprendre », c’est tout cela.
Etre actif en découverte signifie que :
* le professeur n’est plus le seul détenteur du savoir.
* des situations concrètes et des interrogations d’élèves seront
exploitées.
* action et réflexion alterneront tout au long des réalisations.
Pour apprendre, il faut d’abord pouvoir confronter un fait nouveau à ses
connaissances antérieures. La
confrontation oblige l’élève à déconstruire sa représentation antérieure des
faits et de leurs liaisons, puis à reconstruire de nouvelles liaisons entre les
faits. Confrontations entre les idées, positions des personnes, entre des
sources d’informations diverses. Permettre à l’élève d’intégrer personnellement
les faits nouveaux dans une situation de motivation l’autorise aussi à
construire un savoir réutilisable efficacement et durablement. Il s’agit donc
de créer des situations suscitant le désir et l’implication de l’élève.
On apprend à penser en réfléchissant bien sûr, mais aussi en manipulant,
en construisant, en expérimentant. La démarche première, c’est ce
« tâtonnement expérimental », ce va-et-vient entre la théorie et
l’expérience : l’individu apprend si le milieu lui permet de réaliser des
expériences enracinées dans son vécu ou dans son imaginaire.
Un projet d’exposé d’élève, par exemple, nécessite une recherche dans le
milieu, avec élaboration d’hypothèses, vérification de celle-ci, et dans un
deuxième temps, généralisation, entre autres par la consultation de documents
appropriés, puis partage des connaissances avec les autres personnes, élèves ou
adultes.. L’organisation d’un tel travail est exigeante, rigoureuse et suppose,
aussi bien un contrat qu’un planning, avec échéance clairement déterminée.
Chacun apprend selon des procédures qui lui sont propres. Chaque élève
est différent. Cette évidence implique qu’aucun élève ne peut acquérir de la même manière et en même temps les
mêmes savoirs. Les histoires personnelles, la maturation, les rythmes
biologiques, sont différents. Les prendre en compte est une nécessité dans la
lutte contre l’échec scolaire, comme dans la considération du parcours de
l’élève « sur -doué ».
Chaque élève fait partie d’un regroupement pédagogique et non d’une classe.
Par exemple, un élève ne peut pas dire qu’il est en « 5e »
ou « 4e ». En revanche, il peut dire qu’il est en SVT
niveau 5e et en Français niveau 4e, etc.
Un élève de 5e fait partie du regroupement 6-5-4. Il peut
ainsi suivre des cours de son niveau réel (par exemple, un élève pourra suivre
des cours d’Anglais de niveau 6e, 5e ou 4e).
Un élève qui entre en 3e peut suivre des cours 3e ou 2nde.
Le redoublement est possible dans un regroupement pédagogique : un
élève peut ainsi passer 4 ans dans le regroupement pédagogique 6-5-4.
Les élèves sont répartis en groupes de base : 1 groupe = 1 tuteur + environs 10 élèves.
Il existe trois cycles :
( ou de curiosité).. Age où l’on est curieux, on veut savoir ce qui se passe dans le monde, on a le goût de « l’encyclopédique ». En revanche, les élèves ne sont pas encore capables de se projeter dans le futur, de faire des projets à long terme. Ils vivent davantage dans l’immédiat. . Des bases solides doivent être assurées
Années de l’adolescence, de la remise en cause. On est plus tourné vers soi, et moins vers le monde extérieur. Elèves mal dans leur peau, qui peuvent se décourager très vite, être agressifs… Parallèlement à toutes ces interrogations, une envie d’autonomie grandissante, un besoin de repères et de certitudes. Ne les considérer ni comme des petits enfants, comme c’est le cas aujourd’hui, ni comme des adultes qu’ils ne sont pas encore. Axes forts : travail sur l’orientation (stages, enquêtes) avec la conseillère d’orientation et sur la connaissance de soi (génétique, arts & expression corporelle). Le regroupement pédagogique 3-2de dit « cycle de détermination ». Années de l’adolescence, de la remise en cause. On est plus tourné vers soi, et moins vers le monde extérieur. Elèves mal dans leur peau, qui peuvent se décourager très vite, être agressifs… Parallèlement à toutes ces interrogations, une envie d’autonomie grandissante, un besoin de repères et de certitudes.
- informer et responsabiliser les élèves de 3e, les « tirer vers le haut » en quelque sorte en leur permettant de se rendre compte par eux-mêmes, à travers leur vécu scolaire, de ce que sont les exigences, les méthodes de travail, les contenus du second regroupement pédagogique. Une meilleure appréciation de ce qu’est la réalité d’une classe de 2de générale devrait leur permettre de travailler de façon plus motivée et de formuler en t