Projet
pour un collège pionnier innovant
au sein de
l'Education Nationale en Isère
Préambule 3
Pourquoi un collège innovant ?
Avec qui ? Avec quelle organisation ?
Avec
quelles évaluations ? Avec quels
moyens ? Conclusion
Finalités et objectifs 5
Identifier les
facteurs d’une éducation durable.
Définir les
conditions d'une éducation émancipatrice.
Viser la promotion
collective Préciser nos objectifs
Ethique 6
Respect
Convivialité Communication
sans jugement des personnes.
Coopération Solidarité Formation des esprits à la liberté de conscience et de penser
Formation à la
connaissance sans endoctrinement, sans exclusion Coéducation
Pédagogie et didactique 7
Pratiquer ce que l'on enseigne et apprend.
La sociabilité est à la base de tout système social, y compris l'école, et elle est fondée
sur un contrat.
Promotion
collective (ou fraternité) et développement individuel.
Prise en compte
des spécificités des élèves et de leurs besoins au centre d'une
véritable équipe.
Respect des
rythmes et des modes d'apprentissage de chacun.
Participation
des élèves aux décisions, débats, et
discussions.
La pédagogie des projets et
la transdisciplinarité.
Méthode scientifique,
expérimentation, tâtonnement, analyse d’erreurs, auto-évaluation
Entraînement à la recherche
documentaire (Structurer l'apprentissage pour que les
élèves
développent la capacité de réfléchir, de rechercher, et d'apprendre de
manière
autonome.)
Pratique et
développement de l'usage de l'écrit.
Fonctionnalité des apprentissages. Prise en compte du milieu et des savoirs antérieurs.
Cultiver l'émulation, la curiosité, le plaisir, le jeu, et la reconnaissance comme motivations.
Ouverture aux
autres, à l'environnement physique et humain et à soi même.
Systématisation des savoirs
par mémorisation, répétitions en utilisant
des
techniques modernes.
Conditions de
mise en œuvre.
Articulation
entre cette structure et le programme.
Fonctionnement et gestion 11
Fonctionnement coopératif : structures de
décision (conseil d'administration,
conseil d’élèves, cogestion)
Responsabilisation
des élèves dans la mise en place des activités
Communication
interne
Communication externe : parents,
partenaires
Organisation de la journée
scolaire 13
Projet interdisciplinaire.
Groupes de besoin.
Repas suivi d’un temps de
repos.
Travail personnel.
Ateliers.
Moments particuliers.
Concertation
de l’équipe éducative.
Résumé de
l'organisation. Observations
diverses.
Evaluation 16
Evaluation des élèves
Evaluation des professeurs
Evaluation de l'établissement
Analyse des besoins en professeurs Equipe éducative Equipe administrative
Recrutement du
personnel, statut et engagement 18
Le personnel
enseignant Engagement Statut et contrat pédagogique
Emploi du temps Le Chef d'Etablissement Autre personnel
Formation 20
Une formation à l'éducation, à la pédagogie, et à
l'instruction.
Formation continue par la
RECHERCHE-ACTION
Autres aspects de la
formation : stages individuel et d’équipe (approfondissement des
disciplines, didactique et pédagogique)
Installations matérielles
Architecture Locaux Outils et matériel pédagogiques 21
Projet d'établissement dans
son environnement 23
Relations avec le quartier, les
associations d’éducation populaire, la municipalité,
le conseil
général
Finances 23
Etapes
Contacts utiles et Rencontres nécessaires
Etudes préalables Conventions diverses
Annexe 1: Commentaires sur
la manière d'aborder certaines disciplines 24
Annexe 2: sur les Ateliers 26
Annexe 3: Sur les Recherches 28
Annexe 4: Sur la Lecture 29
Annexe 5: Sur les Innovations 30
Chaque élève doit être
considéré comme une personne, dans sa complexité et sa globalité et trouver sa
place dans une société scolaire pour tous.
Pourquoi un
collège innovant ?
Nous savons que chaque
élève a une personnalité et une façon d’aborder les savoirs qui lui est
propre. Nous voulons que les méthodes
d’enseignement s’adaptent davantage à ces différences entre les élèves.
En sortant du collège, après dix
ans d’études obligatoires, les élèves doivent maîtriser la lecture, l’écriture,
le calcul et les apprentissages essentiels. Nous voulons bien sûr que chaque
élève puisse maîtriser ces savoirs, mais nous voulons également qu’il se sente
valorisé, prêt à développer son potentiel intellectuel toute sa vie. Chaque
élève doit sortir du collège plein d’énergie, confiant dans ses capacités,
capable de trouver une orientation et plus tard un emploi en rapport avec les
savoirs et les savoir-faire acquis. Nous voulons orienter vers la vie d’adulte
des élèves motivés, prêts à exercer leur rôle de citoyen. Il nous semble normal
qu’on veuille donner à tous les élèves cette chance...
Nous
voulons que le travail scolaire ait un sens et nous croyons que chaque
élève peut y trouver plaisir et intérêt. Nous voulons une école qui
reconnaisse et permette le développement de toutes les formes d’intelligence.
Nous souhaitons que le terme
“ Éducation Nationale ” retrouve son sens plein et que le temps du
collège soit celui du développement physique, intellectuel, social donc
citoyen. Nous voulons que l’orientation
soit positive : l’éducation doit être source d’émancipation.
Si les collégiens sont investis dans des projets socialement utiles, s’ils sont acteurs de leur propre formation, s’ils pratiquent la solidarité au quotidien par le travail en équipe et le tutorat, s’ils sont invités à s’exprimer et à être sensibles à l’expression d’autrui au cours de leur scolarité, on réunit les conditions de l’émergence d’adultes responsables, respectueux des différences, créatifs, à même de pratiquer la démocratie.
On ne peut créer un collège
pour tous qu’en consultant tous les acteurs : les élèves, les parents,
l’équipe enseignante et éducative..
Nous voulons que les collégiens soient impliqués dans toutes les décisions concernant la vie collective. Un fonctionnement coopératif permettra aux élèves, aux parents et à l’équipe enseignante d’élaborer ensemble les règles de vie, les pratiques : chacun pourra participer et discuter des différentes approches possibles dans un respect mutuel.
Avec quelle
organisation ?
Notre philosophie de
l’école mêle étroitement éducation et instruction dans un lieu de culture où
l’on construit, transmet et produit des savoirs et des savoir-faire.
Pour que chaque acteur
s’implique dans la démarche qui concerne sa propre formation, celle de
son enfant ou de son élève, une atmosphère de bienveillance, d’écoute et de
compréhension doit être mise en œuvre
par les enseignants. Ceux-ci devront donc posséder un haut niveau
didactique et pédagogique, des connaissances en psychologie (pour la
communication inter-relationnelle), et se montrer aptes au travail en équipe.
Or, ces exigences ne
peuvent être assumées que par une équipe enseignante et éducative motivée et
prête à s’impliquer pour la réussite du projet et le bénéfice apporté aux
élèves. Une attention particulière sera donc portée aux nominations des
personnes dans un tel établissement. Les premiers participants devraient être
ceux qui auront joué un rôle dans l’élaboration du projet. Il est nécessaire
d’introduire une certaine souplesse dans le système de nomination. Des
dispositifs comme les "postes à besoins spécifiques” peuvent répondre à
cette nécessité.
Tous
les savoirs des programmes officiels sont des outils qui doivent permettre à
l’élève de mieux appréhender le monde
moderne. Les élèves qui ne perçoivent pas le rapport entre ces savoirs et le
monde qui les entoure sont exposés au découragement et à l’échec. Nous voulons que chaque élève s’engage dans
des productions qui le concernent et qui vont lui permettre de faire le lien
entre le savoir qui lui est enseigné et son utilité réelle par rapport à ses
projets. Ainsi l’élève n’est plus un vase que l’on tente de remplir avec des
savoirs, mais devient acteur et va lui-même puiser à la source du savoir par
nécessité.
Le
développement optimum des potentiels de chacun et la mixité sociale sont
possibles. Préserver l'hétérogénéité, atout important dans une pédagogie de
projet, nous amène aussi à créer des groupes pour répondre aux besoins
spécifiques de chaque élève.
L’interdisciplinarité et le travail en équipe révéleront le sens des
apprentissages.
Mener de tels projets nous paraît être de
la responsabilité des établissement publics qui sont les seuls à être
accessibles à tous.
Avec quelles
évaluations ?
Nous mettrons
en place un système d’évaluation qui rendra compte des résultats de ce projet.
Nous tenons à ce que les compétences évaluées à l’école soient effectivement
exercées et entraînées à l’école et pas seulement hors de l’école comme c’est
trop souvent le cas actuellement.
Ces
évaluations doivent aider à faire comprendre les effets de pratiques mises en
œuvre à partir de réalisations concrètes que nous voudrons valoriser et faire
connaître.
Nous
évaluerons les effets d’une éducation à court, moyen et long terme non
seulement en termes de connaissances et de savoir-faire scolaires, mais
également en termes de comportements et d’attitudes citoyennes, sociales et
professionnelles. Tous les acteurs de ce projet participeront aux évaluations,
mais il y aura également un regard extérieur plus objectif.
Avec quels
moyens ?
Nous ne demandons ni plus
ni moins de moyens qu’un collège classique. Nous ne cherchons ni à être
privilégiés ni à bouleverser tout le
système : nous voulons, dès lors que le projet expérimental a été avalisé,
qu’on nous laisse le mener avec l’assurance de ne pas devoir tout abandonner
brutalement au nom de la conformité administrative ou de l’exigence soudaine
d’un respect pointilleux du programme.
En
contrepartie, nous établirons un système d’évaluation et de suivi des élèves
qui permettra de rendre compte régulièrement des résultats, système en
cohérence avec le projet en particulier eu égard au court, moyen et long
terme. : les résultats d’une telle action s’évaluent dans la durée. Nous souhaitons consacrer notre énergie à notre
objectif d’éducation et d’enseignement, pas à des luttes administratives en vue
de la pérennisation du projet.
Depuis longtemps des
pratiques différentes sont en place de façon partielle dans beaucoup
d’établissements (comme à Mulsanne, la
Bouture - collège/lycée élitaire pour tous, les lycées cogérés de St.-Nazaire
et de Paris, etc. : voir Annexe 5 " les innovations" pour plus de
détail), mais elles sont jugulées par
des considérations d’ordre administratif ou bureaucratique trop
contraignantes (horaires, répartition
des locaux...) pour qu’elles puissent faire figure d’expériences concluantes
dans des conditions normales. Nous voulons montrer qu’en Isère, une innovation
pédagogique moderne qui respecte la personnalité et l’intelligence de l’enfant
et l’accompagne vers une vie de citoyen épanoui peut exister, sans entrave et
sans moyen supplémentaire, à la dimension de tout un collège.
La construction
du savoir n'est pas un préalable, mais une réponse à un besoin existant ou
suscité. Il est nécessaire de pratiquer
ce que nous voulons transmettre comme comportements à nos élèves. Les élèves apprennent en faisant et en
s’inspirant d’exemples. Il est
important de viser la promotion collective (l'épanouissement de chaque enfant)
comme alternative à l'individualisme et la compétition.
Nous voulons réunir les
conditions préalables à la réussite de tous. Cet objectif implique la
mobilisation des compétences individuelles, le partage du savoir et l'entraide,
la recherche d'informations et de méthodes, la construction et la production de
savoir en vue de la réalisation de projets culturels, sociaux,
environnementaux. Il bénéfice à tous et à chacun, développe le sentiment de
solidarité, et permet la construction d'une culture commune qui intègre les différences
culturelles. Puisque chaque enfant a sa propre histoire et culture, les mêmes
solutions ne s'imposent pas pour tous.
Nous pensons que la
sélection n'est légitime qu'à partir du moment où une génération a reçu une
culture commune de base. Le problème
réside dans la définition de cette culture de base et dans la façon de la
transmettre. Il nous faut au minimum répéter que la maîtrise de la langue
écrite devrait être la priorité des priorités dès l'école maternelle et tout au
long de la scolarité obligatoire.
Nos objectifs : aider les élèves à :
·
savoir s'organiser collectivement, prendre des initiatives et des
responsabilités.
·
savoir échanger et communiquer, s'exprimer et s'écouter, écrire et lire.
·
comprendre ce qu’ils vivent, penser et juger, élaborer une
représentation du monde personnelle, ouverte, et globale.
·
s'émanciper en apprenant à s'informer, argumenter, réfléchir, prendre
des décisions motivées et étayées.
·
être acteurs et coauteurs de leur propre développement et de leur
formation.
·
pouvoir analyser et transformer leurs difficultés de manière positive ;
savoir apprendre à apprendre, et ainsi
développer les capacités nécessaires à une formation personnelle tout au
long de leur vie.
·
se former à l’auto-évaluation.
·
se connaître, se respecter et
respecter leurs différences ainsi que l'identité de chacun.
·
avoir confiance en eux pour se construire une identité en toute
originalité et aller à la rencontre des autres et du monde, à travers tous ses
cercles d’appartenance.
·
savoir coopérer et s'entraider.
·
acquérir l'esprit scientifique avec ce qu'il comporte de doute
méthodique, d'observation, de rigueur et d'humilité intellectuelle, de refus du
dogmatisme, de remise en question des préjugés, et de prise de conscience de la
complexité.
·
confronter son point de vue avec ceux des autres pour construire une
culture commune, développer une ouverture dans la compréhension et le respect
pour les autres cultures, jauger la complexité des réalités humaines et
sociales, se plonger dans les autres approches de la vie et du savoir comme les
arts, la sensibilité, l'intuition, l'imagination, la découverte, etc.
·
créer eux-mêmes à partir de leurs compétences et de leur imaginaire
acquis en art, littérature, musique ou activités manuelles.
·
savoir bien vivre dans leur corps et s'en servir.
·
vivre d'autres rapports que ceux de la domination des hommes entre eux
et des hommes sur la nature.
· chercher comment vivre de
manière à trouver du plaisir dans le travail.
L’école est l’affaire de tous. Tout citoyen a droit à une éducation de qualité quels que soient son lieu de résidence et son niveau de connaissance. Tout enseignant qui se respecte se doit de porter le savoir plus haut et de permettre à chacun de le reconstituer et de le développer par lui-même. Il s'attache à prévenir l'échec dans l'acquisition des connaissances au lieu de le sanctionner. Il s'engage à solliciter auprès de ses pairs l'étude de la validité de ses méthodes et considère comme une obligation de montrer en ce domaine le plus grand esprit d'initiative possible. Il s'efforce de relier le savoir à une pratique sociale, non seulement pour la réussite aux examens ouvrant droit à l'insertion professionnelle, mais aussi pour l'exercice quotidien de la citoyenneté.
Ces principes fondent notre pratique éducative :
A. Le respect de l'enfant et du jeune, mais aussi de l'adulte. Les adultes ne seront vraiment autonomes et
responsables que s'ils ont été, enfants, les coauteurs actifs de leur
formation. Ils ne seront respectueux
des autres qu'à la condition d'avoir été eux-mêmes respectés dans leurs droits,
c'est à dire d'avoir pu choisir leur propre voie.
B. La convivialité. Le travail et le plaisir peuvent aller de pair. La relation sociale est essentielle. Chacun a le droit d'être lui-même dans le respect d'autrui.
C. La communication sans jugement des personnes.. Un dialogue et une autorité partagés entre tous au lieu d'être
concentrés dans les seules mains du maître.
Un jeune n'apprendra le respect que si l'adulte l'écoute sans le juger, pose
ses propres limites et exprime ses exigences.
D. La coopération et la solidarité. C'est
leur apprentissage actif qui sera la meilleure préparation à une vie
démocratique par laquelle les citoyens désirent maîtriser leur destin
collectif.
E. La formation des esprits à la liberté de conscience et de penser, à la diversité des
cultures et des approches de la vie et du savoir où l'image et la place de la
femme sont autant valorisées que celle de l'homme.
F. La formation à la connaissance de son corps, de ses
sentiments, de son imaginaire...
G.
Une approche où l'élève est actif et met
en pratique
ses connaissances.
H. Aucun endoctrinement politique, religieux, sectaire ou idéologique : nous avons chacun nos
valeurs et chacun s'exprime librement.
I. Aucune exclusion, on enseigne à tous. Le collège que nous proposons est un établissement
à part entière :
1. qui accueille les élèves définis par les collectivités concernées.
2. où les enseignants s’engagent à faire
progresser chacun des élèves en prenant en compte de façon fine ses acquis à
l’arrivée au collège dans des groupes formés en fonction des besoins,
3. où les enseignants
conduisent les élèves aux objectifs de fin de collège (brevet d'études fondamentales) et les inscrit dans les procédures habituelles
d’orientation vers le second cycle.
4. où les différences
(entre élèves, entre adultes, entre élèves et adultes) peuvent s’exprimer comme
une complémentarité et une richesse permettant à des groupes de conduire des
projets sur la base de l’hétérogénéité,
5. qui offre à chaque élève
les conditions optimales pour un travail personnel encadré où la solidarité
entre élèves peut s’exercer et où un professeur aide chacun à piloter ses
apprentissages,
6. où chaque élève et
chaque adulte sont acteurs du projet avec des procédures instituées de
concertation, de prise de décision, d’évaluation et de correction possible du
dispositif mis en place,
7.qui prépare
la possibilité d’une orientation positive vers les voies technologiques et
professionnelles…
J. La coéducation.
Le collège que nous voulons est un
établissement dans lequel tous les adultes se sentent collectivement
responsables du devenir scolaire et global de chacun des élèves, en lien avec :
1. les parents,
2. les
professionnels travaillant normalement en partenariat avec l'école,
3. tous les
citoyens qui veulent participer à l'opération.
Si l’instruction a pour but
de "former" le jugement, le contrôle de soi, les connaissances, les
aptitudes à l'intégration sociale et professionnelle, l’utilisation d’outils
pour une autonomie critique, ceci ne sera que plus efficace si l’élève
est accompagné dans un esprit d’aide pour son développement et son
épanouissement. On ne peut pas séparer la transmission des savoirs d'une
relation et d'une pratique sans nuire à l’un et à l’autre.
Nous associons
l’acquisition des connaissances de base et d’autres qui permettront
l’épanouissement de la personnalité : esprit de coopération, de
responsabilité, de comportement social, autonomie, sens artistique… Un élève d’aujourd’hui doit devenir capable
de faire face à des situations imprévues grâce à sa curiosité, son aptitude à
chercher, à analyser des informations, les comparer et les confronter à ses
savoirs antérieurs, et à choisir utilement.
La construction du savoir suppose que l’élève se sente
impliqué : le plus souvent, on
n’écrit pas pour soi-même, mais pour quelqu’un. Le va-et-vient entre la
théorie et l’expérience, un “ tâtonnement expérimental ”, est
essentiel pour enraciner le savoir dans le vécu et l’imaginaire d’un
élève. Un projet exige de la recherche,
l’élaboration d’hypothèses et leur vérification avec conclusions… mais cette
démarche n’a rien à voir avec la non directivité : l’organisation d’un tel
travail est exigeante, rigoureuse. Nous
sommes convaincus qu’apprendre demande efforts et entraînements. Nous sommes
également convaincus que des apprentissages effectués sous la contrainte ou
sans conscience de leur utilité sont infructueux. Chacun apprend selon
des procédures qui lui sont propres, selon son histoire, ses rythmes, sa
maturité. La prise en compte de l’individu est nécessaire contre l’échec
scolaire.
A. Pratiquer ce que l'on enseigne et apprend. Si l’on veut promouvoir une
culture favorisant l’autonomie, la responsabilité, la solidarité,
l’adaptabilité, la mise en œuvre des savoirs, l’honnêteté et la cohérence
exigent que l ’équipe éducative les pratiquent en premier lieu. Les élèves
apprennent en faisant et en imitant le comportement des adultes.
B. La sociabilité est
à la base de tout système social, y compris l'école, et elle est fondée sur un
contrat.
Les activités coopératives à l’intérieur de l’école sont d’excellentes expériences démocratiques dans la gestion d’un atelier. Mais elles ne prendront que peu de signification pour l’élève si la communauté scolaire fonctionne de façon contraire.
La sociabilité est à créer sur la base d’un contrat par lequel, de manière explicite ou non, chacun des participants règle son action selon l'évolution de la relation dans laquelle il est partie prenante. Il va de soi que, dans l’évolution de cette relation, l’espoir d’atteindre l’objectif de formation joue un rôle.
Tant que cette organisation qui lie les êtres entre
eux évitera l’échec, lèvera les inhibitions face au savoir, elle se prorogera
d’elle-même. Cet objectif requiert l’implication de chacun des membres de la
communauté scolaire dans le respect du contrat. C’est pourquoi l’école doit
adopter le principe de fonctionnement démocratique.
C. Promotion collective (ou fraternité) et
développement individuel.
Ceci implique
de chercher le bien commun et
“l’émancipation” de l’individu par des pratiques coopératives d'entraide
scolaire, de tutorat entre élèves, d'échanges et de partages de savoirs, avec
suppression des notes, des classements et des incitations compétitives. Faire
partager leurs cultures, goûts et compétences
afin de cultiver le respect et la conscience sociale. C’est l’émulation
positive et un rapport intelligent et vivant à des savoirs reliés qui
permettent à chacun d'aller jusqu'au bout de son potentiel intellectuel et
humain.
Dans la
pratique de cette pédagogie, l’expérience montre, surtout quand les
réalisations issues de projets collectifs sont présentées par les enfants
eux-mêmes, que les compétences et la fierté de ceux-ci provoquent un intérêt
réel auprès des parents de tous les milieux. La “réussite” de leur propre
enfant reste tout naturellement prioritaire, mais le désir se trouve modifié,
réorienté. Les "chefs-d’œuvre pédagogiques" les "TPE"
(Travaux Personnels Encadrés) réalisés dans ce climat de promotion collective,
de fraternité, provoquent les mêmes effets.
D. Prise en compte des spécificités des élèves et de leurs besoins au
centre d'une véritable équipe.
Les programmes et le confort des enseignants ont trop souvent la priorité sur les élèves, leurs intérêts, leurs besoins. Il y a moyen de prendre en compte les intérêts et l’expérience des élèves à travers la conduite de projets menés en équipe et marqués par leur caractère inter-disciplinaire et qui les aideront à développer leur autonomie, leurs goûts, leur créativité, leurs capacités sociales, leur conscience des liaisons entre diverses disciplines. Ceci nécessite la mise en place de groupes d’âges et de compétences hétérogènes et une implication personnelle des enseignants. Cette pratique permet une ouverture sur l’environnement social et naturel, un véritable travail d’équipe avec ce que cela suppose en termes d’ouverture, de tolérance, de solidarité et de qualités de sociabilité. Le groupe doit expliciter son accord sur les valeurs qui le concernent et l’enseignant n'est plus seulement représentant d'une discipline, mais il devient également tuteur.
Nous œuvrons pour un climat
de sécurité et d'acceptation de la différence, une attitude pédagogique
favorable à la curiosité intellectuelle, une évaluation qui ne soit pas
sélective, une organisation qui permette à chacun de prendre sa place dans le
groupe et de se sentir responsable.
E. Respect des rythmes et modes d'apprentissage de chacun.
En conformité
avec le principe précédent, il est souhaitable de proposer plusieurs façons de
faire, laisser du temps pour que chacun puisse intégrer les informations et
procéder à son rythme par l'aide individualisée, les groupes de niveaux.
F. Participation des élèves aux décisions, débats, et discussions.
Ceci découle aussi des principes précédents.
Les élèves doivent pouvoir discuter et décider ensemble avec l'équipe
pédagogique pour ce qui concerne la gestion du quotidien, le montage de
projets, afin de laisser se développer
des initiatives, l'expression collective, l’apprentissage de la démocratie...
Exercer ses droits, assumer ses devoirs dans des lieux de parole, de gestion,
de décision forment l'esprit. Ainsi les conseils d'école, la cogestion, un hall
d'information avec affichage, la production d’émissions de radio, des cahiers
de vie, et des journaux d'opinion font tous partie des activités scolaires à
part entière.
Néanmoins, il est
nécessaire d'instaurer une certaine rigueur et intensité de travail pour
préparer les élèves au monde extérieur. L'évaluation, discutée plus loin,
constitue un repère.
Pratiquer et faire
pratiquer la communication interpersonnelle et les principes de médiation de
vie de groupe sera très utile en cas de conflit et enrichissant tout au long de l’année.
La discipline est le respect des principes nécessaires à la vie en société. Établir collectivement les règles en vigueur dans l’établissement et envisager d'un commun accord les sanctions liées à leur transgression devraient favoriser leur acceptation et provoquer une amélioration par rapport aux établissements où le règlement est imposé. Cet accord facilite la prise de conscience du comment vivre en société. Les professeurs, formés aux techniques de la communication, pratiqueront eux-mêmes et apprendront aux élèves la nécessité en société d'écouter l'autre, d'exprimer ses besoins sans heurter ou juger, de respecter les limites que l'autre pose ou de discuter ensemble du pourquoi de son désaccord. Le professeur pose les limites qui lui semblent nécessaires.
La parole joue un grand
rôle pour éviter le passage à l’acte. Le conflit permet une révolte qui
reconnaît l’autonomie et l’exercice de la liberté. Nous privilégions la résolution des conflits dans le respect
mutuel avec écoute et médiation sans jugement ou parti pris, mais être en
conflit ne justifie pas le non-respect du règlement.
Dans un contexte où
l'activité est bien structurée et l'élève est respecté, reconnu, écouté, aidé
et peut s'exprimer, la discipline risque de poser moins de problèmes.
H. Mettre en œuvre la pédagogie des projets et la transdisciplinarité.
Ceci permet aux jeunes
d'être acteurs de leur formation, d'en comprendre le sens, de favoriser leur
expression, leur créativité et leur propre émancipation, tout en leur apportant
une reconnaissance sociale. Qu’elle
soit individuelle, en groupe, ou pour toute l'école, cette démarche est très
enrichissante.
Le
travail sur projet engage tous ceux qui s’y impliquent dans un travail
complexe, utile, dénué d’artificialité, qui permet à chacun de donner le
meilleur de lui-même et d’éprouver les liens entre des disciplines
traditionnellement cloisonnées.. Le Rapport Joutard relève que ces projets
peuvent donner le goût permanent d'apprendre et propose des parcours de
découverte. Une logique de projets préside à l’intervention des enseignants,
imposant l’articulation des différentes disciplines et un travail en
équipe, Du côté de l’élève, elle implique travail en équipe et travail autonome. Elle est au centre des
activités menées au collège et donc liée aux programmes ; elle conduit à une
production évaluée.
Créer
un chef d'œuvre pédagogique permettra aux élèves d’approfondir leurs propres
centres d'intérêt et de compétence et d'obtenir de la reconnaissance.
I. Méthode
scientifique, expérimentation, tâtonnement, analyse d’erreurs,
auto-évaluation et entraînement à la
recherche documentaire:
Ceci facilite la
construction de savoirs qui ont alors un sens, et aide les élèves à analyser
eux-mêmes leurs erreurs, de faire de l'auto-évaluation et de décortiquer les
informations en général : déconstruction des représentations, distanciation,
décentration, d’une part, élaboration d’hypothèses, expérimentation d’autre
part conduisent, avec l’apport d’informations, à la formulation de règles et de
lois.
J.
Entraînement à la recherche documentaire (Structurer l'apprentissage pour que
les élèves développent la capacité de réfléchir, de rechercher, et d'apprendre
de manière autonome.)
Travailler en groupe,
participer à l’oral, s’auto-évaluer, se relire et se corriger, participer à un
débat, défendre correctement son point
de vue, écouter font partie de ce que l’on nomme, en Sciences de l’Éducation,
“ l’autonomie ”. Elle s’apprend le plus souvent par le biais des
parents, ou de l’entourage. Si l’école offre des occasions, des sollicitations,
des aides techniques, des mises en situation, elle peut devenir un lieu où les
savoir-faire dans le domaine de l’autonomie feront l’objet d’un
réinvestissement constant. Ainsi l'élève deviendra-t-il capable de s’assumer et
donc de devenir un citoyen libre.
De la même façon, apprendre
aux élèves à rechercher eux-mêmes les informations contribue au développement
de leur autonomie. Ces ressources doivent être accessibles à tous (et non pas réservées aux
élèves qui peuvent les trouver dans leur environnement familial, social ou
culturel). Certaines de ces ressources seront disponibles au sein de
l’établissement lui-même : bases de données, livres, CDI, leçons et cours. Bien
entendu, l'accès aux ressources du milieu familial, de l’environnement social,
y compris des élèves-ressources est à faciliter également.
Les élèves conduiront des
recherches individuelles et en groupe, en feront le compte rendu devant un
enseignant, réaliseront des exposés en cercle d’étude avec leurs
camarades. L'écriture y tiendra une
place prépondérante. (Voir annexe 3
pour plus de détails sur la recherche.)
K. Pratique et développement de l'usage de l'écrit.
Axé sur le
sens, il s'agit d'une production fonctionnelle d'écrits (cahiers de vie,
journaux, circuits courts, expositions, mais aussi courriers, construction de
sites) et de leur utilisation (informatifs, sociaux, culturels, la littérature
jeunesse) Il s'agit de "déscolariser" l’écrit en lui donnant du sens,
en lui attribuant sa fonction de communication, d’expression, d’information, de
plaisir.
Pour les recherches, le
travail d’écriture accède au sens fondateur dans une volonté de communication.
C’est pourquoi on invite les élèves à la rédaction au propre d’un livre lisible
par quiconque et diffusé ne serait-ce qu’auprès de ses camarades.
Rien ne vaut la pratique
sociale. L’élève aura, en conséquence, tout intérêt à prendre ses
responsabilités dans les groupes auxquels il participe, à devenir acteur et,
par exemple, à publier.
Les publications
occupent une place dans la formation de
la communauté ; il serait souhaitable que chaque élève, à l’image des
écrivains, devienne formateur par ses écrits en les rendant publics et prenne
en charge, par exemple, les plus jeunes.
Ces arguments permettent de
justifier aussi des exposés individuels
ou vidéos, dans le cadre des travaux en groupes d’étude ou en ateliers, mais
aussi pour dispenser la connaissance auprès de la communauté locale, soit dans l’école,
soit à l’extérieur de l’école. Il ne doit pas s’agir de culte de la performance
mais d’un besoin mutuel de libération. C’est seulement dans une relation
généreuse que l’école peut effectivement devenir le lieu d’un savoir plus
attractif.
Dans l’école, l’atelier de diffusion est prévu pour parvenir à publier, sous la responsabilité d’un comité de lecture, animé d'un esprit d'auto-évaluation et de communication non-violente. (Voir Annexe 4 pour plus de détails sur la lecture et l'écriture.)
L.
Fonctionnalité des apprentissages. Prise en compte du milieu et des savoirs antérieurs de l'élève afin de rendre son
apprentissage sensé et durable.
Il est important que
l’élève sache engranger des connaissances, mais nous voulons d'abord poser la
question "pour quoi faire ?" L’essentiel est que les
élèves aient plutôt des têtes bien faites que bien pleines. La priorité ne
revient pas tant à l'accumulation de savoirs, mais aux modes de pensée et aux
savoir-faire fondamentaux. La pédagogie
de projet et l'interdisciplinarité permettent à tous de se réaliser et
d'apprendre à faire face à des situations imprévues grâce à leur créativité.
Le Monde de l’Éducation de
mai 2000 observe par exemple : "On n'enrichit pas son vocabulaire pour
parader aux yeux de ses pairs, mais parce que l'on a compris la nécessité de
nommer avec précision les éléments du monde. On ne respecte pas les règles de
la grammaire par simple souci de conformisme, mais parce que l'on veut
s'assurer que les autres pourront saisir avec exactitude ce que nous leur
disons. En d'autres termes, on se donnera la peine de maîtriser la parole, la
lecture et l'écriture uniquement si l'on a été invité et incité à sortir d'un
cercle étroit de familiarité et de connivence à l'intérieur duquel cette
maîtrise n'est pas requise."
Ainsi, on apprend pour
vivre et pour agir ici et maintenant.
Ainsi une production socialisée est-elle souvent porteuse de sens pour
l'élève.
Tenir compte du savoir
antérieur est une reconnaissance et un outil de construction du savoir encore à
acquérir.
M. Cultiver l'émulation, la curiosité, le
plaisir, le jeu, et la reconnaissance comme motivations.
Ce que l'on
apprend doit être une réponse à
ses interrogations. Donner
une image gratifiante
du savoir suppose que l'on l'offre à un public dont l’élève attend une
reconnaissance : ses camarades, ses professeurs, les parents et tout
environnement humain. Donner des spectacles, organiser des expositions, mettre
en place des vitrines, échanger en forum, jouer de façon collective et inviter
le public le plus divers.
Donner une image positive du savoir passe aussi par le jeu. Le théâtre, la simulation, des jeux de mots et de concepts activent l'esprit et permettent son déplacement vers l’universalité et l'acquisition des savoirs.
N. Ouverture aux autres, à l'environnement
physique et humain et à soi même.
Correspondance,
projets communs, voyages et sorties, classes transplantées, cahiers de vie sont
autant de façons d'explorer le vaste monde.
S’interroger sur les événements, la vie du quartier, produire un journal
d’opinion sont autant d’ouvertures qui participent à la construction de la
citoyenneté.
O.
Systématisation des savoirs par mémorisation, répétitions.
Ceci est facilité par
l'utilisation des techniques modernes (logiciels, CD-ROM, internet par exemple,
la répétition, des logiciels d'entraînement à la lecture, intégrés au processus
de lecture experte (AFL -ELSA -ELMO – IDEOGRAFIX), maîtrise des outils
audiovisuels et informatiques (par la production C.A.V.)…
Le rôle de l’enseignant est donc d’analyser la difficulté au regard d’un système de savoirs. Il faut qu’il connaisse ce système. Évidemment, une connaissance de la psychologie lui sera du plus grand secours.
Q. Conditions de mise en œuvre.
Ces stratégies
éducatives requièrent aussi un certain nombre de conditions : formations
adaptées, adaptation des locaux, possibilités de travail avec des effectifs
modulables, organisation des services facilitant concertation et travail en
équipe afin d'élaborer des projets collectifs avec des évaluations régulières
et approfondies, afin de procéder à des ajustements éventuels. Ces évaluations
obéissent à un souci de transparence du fonctionnement du système éducatif et
requièrent l’hétérogénéité : base pour la coopération, la connaissance et le
respect de l'autre, la citoyenneté.
R.
L'articulation entre cette structure et le programme.
Toutes les matières
traditionnelles seront intégrées dans les projets pédagogiques montés ensemble
avec les élèves. L'équipe éducative veille à l'inclusion des thèmes essentiels,
au travail sur des objectifs de base, et aux contrôles nécessaires afin de
s'assurer que les programmes sont correctement assimilés. Pour ce faire, la journée, la semaine et
l'année sont organisées en blocs de temps plus souples afin de permettre les
regroupements pour présenter les bases dans un domaine précis, faire ressortir
les liens entre différentes disciplines, traiter les besoins individuels,
laisser du temps pour les recherches et les débats nécessaires à la production.
NB. Pour quelques commentaires
sur la manière d'aborder certaines disciplines, veuillez vous reporter à
l'annexe "Programmes". Pour plus d'information sur le traitement du programme par rapport à
l'organisation de la journée, voir plus loin la section qui porte ce titre.
A. Fonctionnement coopératif de l’école.
Place à l’émulation dans la construction de projets où chacun
trouve sa place et où s’opère la promotion de tous ! Chacun – jeune et
adulte – doit participer à l’organisation du travail et de la vie de la
communauté scolaire. Les pouvoirs sont partagés, dans le respect des droits et
des devoirs de chacun.
B. Structures de décisions : la coéducation.
Instituer la
participation active de tous les partenaires à la gestion de l'école :
*Prise de
parole, écoute et débats, pour faire émerger une citoyenneté collective et
faire reculer les violences à partir des principes de la communication
non-violente et démocratique.
*Transformer les statuts des enfants et des enseignants par un respect réciproque. Les élèves notamment sont consultés, écoutés, et considérés comme de véritables partenaires. Leurs réactions aux méthodes d'enseignement, leurs idées sur les projets qu'ils souhaiteraient réaliser, et leur participation à l'organisation matérielle du travail sont intégrées à notre démarche, ainsi que l'expression de leurs différents besoins, nécessaire pour une école épanouissante. Les élèves se réunissent régulièrement pour débattre (parfois avec et parfois sans l'équipe pédagogique) de la vie dans l'établissement.
*Élection d'une équipe collégiale pour instaurer la gestion de l'établissement par les élèves, les parents, les professeurs, les autres personnels, ainsi qu’un représentant des collectivités locales, cela avec une responsabilité collective. Le chef d'établissement anime cette équipe qui a le pouvoir de décision (voir plus loin le paragraphe sur "le recrutement, le statut et l'engagement, partie D, chef d'établissement")
*Engagement de
chacun sur le contrat de l'établissement et de son projet, élaboré à partir
d'un travail collectif avec tous les partenaires de la communauté éducative :
élèves, professeurs, et parents.
*Participation
des parents dans les projets et processus d'apprentissage. La sélection de
professeurs sur profil se fait lorsque des projets pédagogiques précis existent
et le nécessitent. Transformation de
l'inspection en aide au développement professionnel.
*Un temps de
travail est dégagé pour que les équipes de professeurs et les élèves puissent
participer aux décisions, à la gestion, et à une vie sociale.
*Une évaluation de l'activité pédagogique est conduite par des instances élues par des parents, élèves, et professeurs. Ses membres siègent pour une durée limitée et établissent un rapport sur les équipes, sur le fonctionnement de l'établissement, sur les décisions du C.A. En plus l'autocontrôle des équipes pédagogiques et les relations directes équipes-usagers complètent ce nécessaire regard social sur l'activité individuelle du personnel. (voir aussi évaluation ci-dessous)
*Dialogue avec la communauté environnante (voir le paragraphe plus loin à ce sujet).
*Conseils d'enfants,
conseils d'école, radio interne, journaux en circuit court, journaux d'opinion,
hall d'information.
*Lien avec les structures
de formation : appui pour la formation des enseignants et ouverture à des
stagiaires pour alimenter échanges, réflexion, informations, confrontations, et
recherches.
*Formation d'élèves
médiateurs.
Le
Conseil d’administration ou une commission déléguée par lui élabore un projet
éducatif après consultation de tous les acteurs et élit un directeur
pédagogique ; le chef d'établissement reste chef du personnel et de la gestion
de l'établissement mais la délégation de ces tâches reste possible.
Pour la transparence des
consultations, les procédures choisies devront se calquer sur celles de la
République.
Nul ne peut nier que les
parents sont des "co-éducateurs". Si l'école doit rester le lieu où
l'enfant échappe à la tutelle parentale, ce n'est pas une raison pour lui faire
subir une incohérence éducative ; d'où la nécessité de dialoguer avec
les parents sur le bien fondé des objectifs poursuivis. Dialogue d'autant plus
fructueux que pourront être présentées concrètement les réalisations, les
compétences acquises, les démarches de construction et de production de
savoirs. L'effet dialectique est considérable. Les adultes découvrent l'enfant
sous un angle nouveau, lui reconnaissant, de fait, un statut de personne à la
conquête de son autonomie, ayant des droits et des devoirs. Les
enseignants découvrent les parents, leur culture, leurs difficultés et
comprennent mieux l'enfant. Mieux compris, le comportement de l'enfant s'en
trouve transformé sur le plan scolaire. Le statut social de l'enseignant en
bénéficie. Les enfants découvrent aussi d'autres adultes et sous d'autres
angles.
Le dialogue peut être partiellement collectif (notamment avec les associations) mais il doit aussi être individuel. L'instauration de rencontres individuelles trimestrielles est indispensable. Que l'instituteur ou le prof "tuteur" passent 20 ou 30 minutes avec chaque famille, c'est un gain de temps pour les apprentissages des enfants. Un temps consacré à ces rencontres doit être dégagé à cet effet.
C. Étapes de mise en place
d'activités
Les étapes suivantes feront partie de l'organisation des activités menées par l'école :
1. identification des besoins et formulation des objectifs avec les élèves et leurs parents.
2. établissement des horaires et préavis des intéressés en cas de changements.
3. mise en place d'un programme pédagogique ou
d'un projet qui respectent les intéressés.
4. rédaction d'un contrat qui précisera dates, horaires et lieux.
5. préparation du
matériel, des lieux, des manuels d'instruction...
6. réalisation des
projets ou des activités.
7. relevé des
présences.
8. évaluation de
l'activité, du formateur, de l'animateur et de l'élève.
9. rédaction d'un
rapport de stage pour la cohérence pédagogique.
D. Responsabilités des élèves.
1. Prévenir l'école dès que possible des absences.
2. S'engager à suivre leur apprentissage dans l'esprit du collège décrit dans la philosophie pédagogique : démocratie, convivialité, non-violence, solidarité, respect d'autrui...
3. Respecter les personnes, les lieux, et le matériel de l'école.
4.
Signaler toute question sur le
fonctionnement ou la pédagogie aux responsables d'école et les tenir au courant
des changements de situation de l'élève (adresse, état civil...).
5. Rester avec le groupe dans le lieu du cours ou de l'activité pendant le déroulement de ceux-ci, ne quitter les lieux qu'avec l'accord de l'équipe.
6. Assumer la responsabilité de leurs biens sur les lieux. Le collège ne peut assumer la
responsabilité
pour des vols ou des dégradations dont feraient l'objet ces affaires.
7. Assumer leur part de responsabilité pour la
gestion de la bibliothèque, journal et autres projets
organisés dans le collège.
E. Communication interne
Outre le conseil
d'administration, les élections, et les
réunions prévues (voir organisation de la journée scolaire), il y aura un
journal du collège, des rencontres individuelles, des panneaux d'affichage et
des notes administratives pour l'équipe enseignante.
F. Communication externe :
parents, partenaires.
Voir "Organisation de la journée scolaire" et "Relations
de l'établissement avec son environnement".
Dans le souci de maintenir le plus rigoureusement possible une autorégulation, la difficulté la plus complexe à résoudre est celle de l’expression par les élèves de leurs problèmes scolaires. Cette appréciation ne saurait bien se formuler ou s’analyser en vastes groupes, de plus en présence d’un enseignant porteur d’une image d’autorité. C’est pour cette raison que les séances d’entretien sont indispensables, car elles sont l’occasion pour chaque élève dans chaque discipline de pouvoir confier ses difficultés. Il est également intéressant de prévoir que l’élève ne soit pas tout à fait seul au moment de l’entretien s’il ne le souhaite pas, c’est à dire qu’il ait la possibilité de recevoir le soutien des camarades de son choix.
Expression collective : Les
mercredis.
Tous les élèves se rassemblent en plusieurs groupes d'expression
collective avec un professeur et expérimentent des procédures démocratiques, la tenue d’assemblées générales par
exemple. S’exercer à débattre, créer et faire respecter la règle, gérer la vie
de l’école, exposer à tous les propositions impliquent les élèves dans les
décisions qui les concernent, c’est le but d’une réelle éducation à la
citoyenneté.
Entraînés et bien préparés
à cette gestion coopérative en groupes
plus restreints dans les activités de projet ou d’atelier, les élèves éprouvent
le sentiment que leur parcours intellectuel et social leur appartient
puisqu’ils en sont les acteurs. Ils peuvent ainsi s’attacher plus solidement à
l’école, celle-ci devenant de plus en plus la leur au fur et à mesure des
progrès de leur autonomie ; la communauté scolaire prend vie.
B. Projet interdisciplinaire : 9h05-11h,
lundi, mardi, jeudi, vendredi, et 13h30-14h55, lundi et jeudi avec une
pause mobile de 10 minutes selon
l’organisation des projets en cours et à la demande des élèves.
Les élèves rejoignent des
groupes de 20 à 26 élèves rassemblés
dans une salle. Le projet défini entre élèves et enseignants est de nature
interdisciplinaire employant des compétences transversales communes à plusieurs
matières. Dans le respect des objectifs généraux des différentes disciplines,
il se situe clairement dans les programmes. Son objet est l’acquisition de
savoirs et savoir-faire formant le socle commun de connaissances attendues en
fin de collège. A travers les différents thèmes étudiés, il propose la mise en
valeur du sens général, de notions et de références fondamentales.
Chaque élève participe à 2
projets au choix par semestre dans des domaines différents (dominante "culture
scientifique et technique" ou "culture des humanités" ou
"maîtrise des langages") qui rassemblent diverses disciplines.
Plusieurs enseignants participent donc au projet, de manière continue ou
ponctuelle, des parents volontaires ou intervenants spécialisés sont
sollicités, le directeur de projet, présent de façon permanente, coordonne les
travaux
Par
exemple, si le projet concerne l'architecture, cela permet d'aborder la
physique (résistance des matières), les mathématiques (calculs de courbes et de
forces), l'histoire et la géographie (textes sur des religions, les
civilisations, l'urbanisme…), le dessin (reproduction et invention de formes),
la rédaction (argumentation pour défendre ou critiquer le style d'architecture,
l'utilisation de l'espace, l'urbanisme), et des textes littéraires (poèmes sur
New York, méditation sur un temple Bouddhique…)
Si le thème est l'industrialisation, cela permet d'aborder l'histoire et la géographie
(de la révolution industrielle, de la sociologie des classes ouvrières et
dirigeantes), la physique et la chimie
(formes d'énergies, la combustion, évaluation de la pollution, les matériaux),
la littérature (textes réalistes de Zola, et en révolte contre la technologie
de Wordsworth), la peinture (mouvements du 19ème siècle), les
mathématiques (statistiques démographiques, calculs des niveaux de pollution),
etc.
A la fin de chaque cycle de deux ans d'études, pendant le dernier, chaque élève consacrera le temps de projet à la création d'un chef-d'œuvre pédagogique selon ses centres d'intérêts, qu'il concevra en accord avec un directeur de projet. La présentation de sa production fera la démonstration de savoirs et de compétences acquis dans divers domaines pendant sa scolarité.
C. Groupe de besoin : 11h05-12h15.
En fonction de leurs
besoins, les élèves se répartissent en petits groupes pour travailler les
maths, les sciences, le français, l’histoire/géographie, les langues, ou
d'autres domaines nécessaires pour la réalisation du projet. Chaque professeur
propose dans sa matière des travaux à partir des objectifs généraux des
programmes et liés à la fois aux différents projets menés.
D. Repas suivi d’un temps de repos : 12h15 à 13h30.
Les élèves participent à la
mise en place du repas et à l’entretien des locaux. Les adultes présents
mangent avec les élèves dans la
convivialité d’un moment d’échanges.
E. Travail
personnel : 13h30 à 14h50 les mardis et jeudis.
Chaque élève accomplit des tâches, des exercices, effectue un travail autonome sur des fichiers autocorrectifs , mène des recherches documentaires ; définis par l’élève et son tuteur, ces travaux font l’objet d’un contrat qui individualise son parcours, lui permet d’être plus motivé, de se sentir acteur de sa formation. Avec l’aide du tuteur et en compagnie de son groupe d’accueil du matin, chaque élève se concentre sur la réalisation d’objectifs précisés en groupe de besoin.
F. Ateliers : 15h à 16h30 les mardis et vendredis.
Les élèves s’inscrivent dans un atelier de leur choix qui traite un aspect du thème des projets. Selon les activités proposées par les adultes, professeurs, parents ou intervenants spécialisés, les élèves écrivent des histoires, montent des pièces de théâtre, fabriquent des objets, pratiquent des activités d’arts plastiques, d’art culinaire, de musique, corporelles (danse, arts martiaux, sports), participent au journal du collège, préparent une conférence, une fête, une sortie scolaire etc. (voir annexe 2).
G. Moments
particuliers.
Une fois par semestre, est
organisée la présentation publique des projets réalisés, suivie d’un temps
d’échange où sont valorisées les connaissances acquises par les élèves devant
l’ensemble des professeurs et parents. Des conférences et expositions en
rapport avec les projets les
complètent. Des moments de festivité, représentations d’apprentis artistes,
d’apprentis chercheurs et d’artistes ou chercheurs professionnels affirment
l’expression des membres de la communauté par la reconnaissance du public
et de leurs pairs .
Les échanges de savoirs (arbre des connaissances) où un réseau est établi indiquant les connaissances de chaque élève et professeur, ainsi que celles des parents qui le souhaitent, permettent de proposer des aides à d’autres tout en se valorisant.
H. Concertation de l’équipe éducative : 15h-16h30 les jeudis
Cette réunion
de travail des enseignants est un temps indispensable pour affiner les projets,
l’évaluation et le suivi pédagogique, la gestion de la vie scolaire. L’appel à
des personnes ressources, y compris des parents ou d’autres professionnels, y
est discuté.
Après 16h30 et pendant la
journée scolaire, il y a d’autres moments disponibles pour les professeurs
aussi pour ce genre d’activité.
I. Résume de l'organisation :
|
heure |
lundi |
mardi |
mercredi |
jeudi |
vendredi |
|
|
8h30-9h |
Groupe tuteur |
Rencontres individuelles |
8h30-10h Expression collective |
Groupe tuteur |
Rencontres individuelles |
|
|
9h05-11h |
Projet
n°1 |
Projet n°1 |
10h05-12h |
Projet n°2 |
Projet n°2 |
|
|
11h05-12h |
Groupe de besoin |
Groupe de besoin |
Divers et/ou évaluation |
Groupe de besoin |
Groupe de besoin |
|
|
12h15-13h30 |
Repas et temps de repos |
repas |
|
repas |
repas |
|
|
13h 30-14h55 |
Projet
n°1 |
Travail personnel |
X |
Projet n°2 |
Travail personnel |
|
|
15h-16h30 |
Divers |
Atelier |
X |
Concertation |
Atelier |
|
En résumé le temps scolaire
pour chaque élève est de 5h le lundi,
6h30 les mardi et vendredi, 5h le jeudi, et 3h 30 le mercredi, soit
26h30 par semaine, dont la ventilation est :
- expression et suivi personnalisé (groupe
avec tuteur 1h , rencontre individuelle 1h , expression collective 1h30, travail individuel 3h) soit 6h30.
- regroupements pour projet en travail interdisciplinaire 11 h, groupe de besoins 4h, ateliers 5h (ou 3h + 2h d’évaluation ) soit 20h.
J. Observations diverses.
Les professeurs
s’organisent pour assurer le suivi personnalisé des élèves et les encouragent à
s'entraider lors des différents regroupements. Ils veillent au bon
fonctionnement des projets favorisant l'engagement de tous les membres du
groupe quelles que soient leurs différences culturelles. Ils structurent les
groupes de façon à créer des situations génératrices d'apprentissages, les
accompagnent vers une théorisation, une systématisation, et un renforcement des
connaissances instrumentales en groupes de besoins . Ceux-ci perdent dans ce
contexte leur caractère ségrégatif et sont perçus par les élèves comme des
aides efficaces adaptées à leurs besoins et dépourvues de jugements.
L'organisation
et le fonctionnement de la classe sont pensés pour en faire un lieu de
coopération, où l'équipe pédagogique
pourra aider les élèves à faire l'apprentissage de la responsabilité
individuelle et de la responsabilité collective.
Chaque élève fait partie à la fois :
-
d’un groupe de tutorat pour l’année scolaire rassemblant des élèves de tous les
niveaux de collège pour l’expression orale ( avec tuteur, en individuel, en
collectif ) et le travail personnel
sous la responsabilité d’un tuteur.
-
de deux groupes projets par semestre rassemblant des élèves du même cycle (
niveau 6ème –5ème
ou
4ème –3ème ) pour le travail interdisciplinaire sous la
responsabilité d’un directeur de projet.
-
de deux groupes de besoin disciplinaire pendant un semestre rassemblant des
élèves du
même
cycle sous la responsabilité d’un professeur à dominante ( sciences, langage,
humanité )
-
d’un groupe atelier pour l’approfondissement d’un aspect d’un projet pendant un
semestre
sous la responsabilité d’un enseignant ou
intervenant spécialisé.
Chaque
semaine hormis le mercredi chaque
professeur mène :
-
un groupe de tutorat pour l’année scolaire pour l’expression orale et le
travail personnel( 5h)
-
un groupe de besoin dans sa discipline pendant chaque semestre ( 4h )
Il intervient dans :
-
un groupe projet par semestre dont un par année comme directeur de projet selon
dominante(5h30)
-
un groupe atelier au choix par semestre ( 3h )
et participe à la concertation (1h30).
Le mercredi à tour de rôle : quelques
professeurs mènent l’expression collective puis des activités diverses selon
les besoins et/ou l’évaluation experte ( 3h30, horaire annualisé ).
Lors d’un cycle ( niveau 6ème
–5ème ou 4ème –3ème ), l’élève participe :
-
à l’expression orale ( en groupe tuteur, en individuel, en collectif ) de façon
journalière
-
à 6 projets, 2 dans chacune des 3 dominantes (culture scientifique et
technique, culture des humanités, maîtrise des langages) et réalise 1 chef
d’œuvre pédagogique, en 4 semestres
– à 8 groupes de besoin disciplinaire suivant son niveau et ses aptitudes dans
chaque matière
– à 4 ateliers choisis suivant ses goûts, sa curiosité et ses compétences
– aux évaluations et moments particuliers divers chaque semestre.
L’évaluation
est un volet essentiel du projet de collège. Elle aide à la compréhension des
processus d’apprentissage, à l’analyse et, éventuellement, aux réajustements de
la mise en œuvre du projet. Enfin, elle contribue aux apprentissages
c’est-à-dire à l’acquisition des savoirs et savoir-faire.
Elle concerne
les élèves d’une part, l’établissement d’autre part et s’organise autour de
trois axes :
-l’objet (par ex. apprentissage
scolaire, projet, démarche pédagogique, équipe, formation des enseignants…)
-la méthodologie (choix des
objectifs, des critères- rigueur
scientifique…)
-l’usage social.
A. L'évaluation des élèves.
L’institution
procède à des évaluations sommatives qui permettent de situer les élèves par
rapport aux exigences et aux critères de certification de l’Education
Nationale.
L’évaluation
fait partie intégrante de l’enseignement. Impliqués dans l’énoncé des
objectifs, dans le choix des critères, les élèves participent à l’évaluation
“ formative ” (qui implique les élèves dans la compréhension des
objectifs ) et “ formatrice ”
(qui implique les élèves dans les processus
d’apprentissage , essai/erreur, réflexivité, mesure, auto-évaluation.)
L'évaluation (PAS notation)
favorisera une attitude positive et fournira un outil de FORMATION de l'élève.
Un soin tout particulier sera apporté à l'orientation et aux passerelles vers
d'autres institutions de formation.
L’objectif consiste à
obtenir des élèves un travail personnel, volontaire, autonome et un engagement
motivé dans une dynamique intellectuelle et artistique commune.
L'auto-évaluation par rapport à des objectifs précis avec dialogue entre le
professeur et l'élève peut accomplir cette tâche. Le professeur donnera aussi
ses conseils et observations pour aider les élèves à progresser… que ce soit en
groupe ou individuellement. Mais en
même temps, l'élève se prépare pour un avenir dans un monde de compétition et aura
besoin de repères comparables. Pour ceci
des notes seront nécessaires, mais à titre indicatif et non pas pour
sanctionner, ni pour classer. L'élève
sait très bien qu'en fin d'études il y aura des examens qui représentent la
barrière à franchir pour obtenir son passage pour faire quelque chose de sa
vie. Ainsi, on voit les examens comme des indices pour conseiller à l'élève une
orientation ou une remédiation.
L'orientation sert à aider l'élève à se doter des informations
nécessaires pour évaluer lui-même ses capacités afin de se prendre en charge,
au lieu de l'aiguiller ou de tuer ses rêves.
Dans chaque discipline, par groupe de niveau, seront établis un contrôle continu et un contrôle mensuel avec notes ; l’élève corrigera ou refera des exercices sur les points qui ne sont pas acquis jusqu’à l’assimilation de ces points. Les programmes annuels seront respectés comme dans les autres établissements.
Il faut des exercices de
mémorisation mais aussi des exercices faisant appel à la créativité et à la
recherche. L’évaluation des deux doit
aider (ne pas écraser les élèves) et doit être comprise et gérée par les élèves
avec l’équipe enseignante. Nous proposons trois modalités :
*auto-évaluation avec des
outils proposés par l’équipe éducative et le plan de travail mis en place par
les élèves et leurs tuteurs…
*l’évaluation experte
proposée et non-imposée, anonyme et organisée par les enseignants.
*évaluation par le groupe
d’exposés et réalisations, bilans de séquences didactiques vérifiant
l’acquisition des savoirs et savoir-faire.
Pour
valider le cursus d’un regroupement il faut :
avoir justifié sa présence aux activités choisies, avoir obtenu le
nombre requis de brevets du livret de compétences, avoir présenté un mémoire
par trimestre avec présentation d’un projet effectué, soit 6 par regroupement,
qui a reçu quitus du groupe et l’équipe éducative.
À la fin de chaque
trimestre, on inscrit les résultats dans ce livret, on expose les réalisations
et présente les mémoires devant les élèves, l’équipe et les parents avec une
fête des réussites qui remplace le simple bulletin.
B.
L'évaluation des professeurs
Pour l’évaluation de
l’école, les professeurs devront accepter légalement la mesure, par un jury
neutre et extérieur, de l’efficacité du dispositif pédagogique sur la base de
tests d’entrée et de sortie effectués sur les élèves. Les tests nationaux sont aussi une indication, mais cela reste
insuffisant car ils mesurent une gamme d'éléments trop restreinte pour englober
les apprentissages citoyens et sociaux.
Nous préconisons une
inspection collective et collégiale d'équipe. L'enseignant est une
personne, engagée avec d'autres dans un
projet. Un regard extérieur qui tient compte de cette nouvelle réalité est
indispensable. L'inspecteur devient
"incitateur pédagogique", mesurant et favorisant l'adéquation
des pratiques éducatives et
pédagogiques aux objectifs collectivement poursuivis. Ceux-ci supposent une
remise en cause de "l'évaluation" qui doit intégrer le moyen terme et
le long terme dans sa globalité, et pas seulement des performances étroitement
académiques.
Un conseil d’évaluation élu
(avec parents, professeurs, élèves et personnel de l’inspection) assure le
passage des tests d'évaluation, et en communique les résultats à toute personne
intéressée. Son rôle est d'évaluer et non pas de déterminer la pédagogie.
Cependant, en cas de plainte relative à la validité d'une méthode ou de
l'ensemble du projet, une commission extérieure à l'établissement (voir
ci-dessous) est la mieux placée pour en examiner le bien-fondé et c'est sur les
éléments de l'enquête de l'Inspection que cette Commission de conciliation doit
délibérer ; a fortiori, l'inspection pourra convoquer cette commission
après le constat, suite à l'étude des résultats d'examens et des tests, d'une
anomalie.
C. L'évaluation de
l’établissement
Dans ce cadre,
l’évaluation porte aussi bien sur le fonctionnement du collège, sur le projet
éducatif et pédagogique que sur les stratégies.
La méthodologie
ne se différencie pas de celle des élèves et, comme pour eux, la démarche doit
être accompagnée.
C’est pourquoi
il est indispensable de constituer un “ Comité scientifique ” dont la
présidence serait confiée à une personne extérieure au collège, reconnue pour
ses compétences. Les autres membres sont des personnalités concernés par le
fonctionnement du collège et le devenir des élèves (du commissaire de police
aux élu(e)s, aux responsables d’association…), des acteurs (professeurs et
autres personnels) et d’usagers (parents et, dans certains cas, élèves)
Le
“ Comité scientifique ” apporte son concours pour le choix des
objectifs, l’élaboration des critères mais surtout il valide les résultats et
les rend, de ce fait, crédibles. Un éventuel Observatoire National constitué de
personnalités scientifiques indépendantes pourrait suivre les travaux des
comités scientifiques.
Cet établissement sera un
collège de secteur. Mais compte tenu de la spécificité de cet établissement, il
est normal qu'il soit ouvert pour accueillir les élèves qui habitent ailleurs
aussi, mais qui souhaitent participer à cette approche différente.
En revanche le détournement
qui consisterait à établir une aire de recrutement privilégiant un niveau sera
jugé non conforme à l'éthique de l'éducation..
Étant donné une équipe de
professeurs représentant toutes les disciplines habituelles (soit onze
personnes : une pour le français, l’histoire-géographie, les arts
plastiques, la musique, l’éducation physique, les mathématiques, les sciences
physiques, les sciences de la vie et de la Terre, deux langues vivantes, les
sciences des techniques) et un ensemble d’élèves tel que nous ayons un
professeur pour onze élèves – ce qui est un rapport numérique courant dans le
système éducatif actuel – le fonctionnement suivant est envisageable sans augmentation
a priori des moyens.
Si on fait l'hypothèse d'un collège de 400 élèves
avec 4 classes par niveau, soit 16 classes au total, il faudrait
approximativement 38 personnes dans l'équipe, tout en sachant qu'il faudrait que
tout ce monde apprenne à travailler différemment au lieu de se cantonner dans
son rôle "officiel".
équipe
éducative (27)
en français :
4
en math : 4
en histoire-géographie : 3
en SVT : 1,5
en Physique :
1,5
en langues étrangères LVI: 3
(probablement 2 en anglais
et un autre)
en langue étrangères LV2: 1.5
en EPS : 3
en technologie : 1,5
en arts plastiques : 1
en musique : 1
documentaliste :1
assistant : 1
équipe
administrative (11)
principal :1
secrétaire : 1
intendant : 1
secrétaire : 1
personnel de service (hors cantine) : 4
infirmière :1
psychologue/ assistant social : 1
conseiller éducatif : 1
Eventuellement, ce serait aussi intéressant de rajouter un permanent de la langue française au centre d’un dispositif rassemblant matériel de documentation écrit, informatique, vidéo, audio qui pourrait cibler les demandes des élèves en matière de langue, qu’elle soit formelle (travail scientifique demandant une expression claire des données et de leur traitement), artistique (utilisation de la langue comme outil de création) ou destinée à l’argumentation (travail de la phrase complexe écrite ou orale, rhétorique...). Cette personne peut par ailleurs tenir un rôle d’enseignant-éducateur... ; elle permettrait de créer un lien entre la question de langue et la recherche intelligente possible d’une réponse personnalisée et rapide.
A. Le personnel enseignant.
Les personnels
consacrent une partie de leur temps de travail à participer à des formations
afin de pouvoir se remettre en question, prendre du recul (dans des domaines
aussi variés que les sciences de l'éducation, la psychologie, la sociologie, la
pédagogie, la communication...). Nos enseignants reçoivent ou possèdent une
double formation lors du recrutement :
·
formation dans leur discipline (avec comme condition du travail en
équipes pédagogiques une ouverture nécessaire sur les contenus et les méthodes
d'autres disciplines ),
· formation sur les méthodes pédagogiques (suivi individualisé des élèves, démarche non-violente, méthodes pour apprendre à apprendre, à coopérer, à communiquer) .
Le système de
nomination au barème constitue un obstacle à la constitution d’une équipe
reposant sur un engagement éthique déterminé. Un système dérogatoire est donc
nécessaire... qui apporte des assurances de transparence, de justice, et de
sécurité aux enseignants et reconnaît que ce ne sont pas les diplômes ou
l'ancienneté qui décident seuls des qualifications, mais aussi l'expérience de
la vie, la personnalité des professeurs et leurs compétences. Le recrutement
pourrait être facilité si on procédait ainsi :
- publier le projet d'établissement avant le
"mouvement des enseignants" (avec Internet…)
- définir les postes à besoins spécifiques, supposant l'engagement des candidats
- examiner toutes les candidatures
sur besoins spécifiques et prêtes à adhérer au projet (ses objectifs, ses
impératifs de travail en équipe, dialogue avec les familles, pédagogie du
projet, etc),
- procéder au recrutement
en tenant compte des points au barème pour les candidatures retenues.
B. Engagement
–Statut et contrat pédagogique.
Compte tenu des rôles
multiples que ce projet contient pour un enseignant (tuteur, professeur, suivi de projets, participant à des équipes
de gestion, d'enseignement, d'évaluation), il est nécessaire de prévoir avec
précision le statut qu'il aura.
Chaque
membre de l'équipe s'engage sur le contrat ci-dessous :
1. Les professeurs travaillent en équipe pour enrayer la solitude, le doute, le découragement. Si le travail en équipe augmente un peu les contraintes de présence horaire, cette augmentation est compensée par la coopération et les liens amicaux et culturels qu'elle instaure, par l'intelligence collective (qui est plus que "la somme des parties") qui permet de mieux faire face aux problèmes. Il s'agit d'une amélioration des conditions de travail qui sera durable si l'équipe est motivée par un projet ambitieux à long terme et si les moyens de sa constitution et de sa pérennité sont garantis.
L'équipe est collectivement responsable du projet pédagogique, ce qui implique la responsabilité individuelle des membres, le respect du projet, de l'organisation et du fonctionnement établis par l'équipe. La responsabilité collective entraîne un partage des pouvoirs et des devoirs. L'équipe rend compte de son travail (en particulier aux parents) et met au point un système d'évaluation du développement et des connaissances des élèves, en cohérence avec ses principes éducatifs. Des entretiens individuels (2/3 fois l'an pour chaque famille), permettent d'établir un bilan et de suivre l'évolution des élèves. Cela sous-entend que les enseignants se doivent d’être présents sur leur lieu de travail pour travailler en équipe, en présence des élèves ou seuls, ainsi que pour participer à la vie de l’établissement.
2. Un dialogue doit être instauré au sein de
l'équipe élargie qui comprend les co-éducateurs (parents, intervenants
extérieurs), les associations, les élus… au niveau du quartier, du village…
3. La préparation aux examens nationaux
s'effectue par une démarche qui tient compte des processus d'apprentissage et
de construction des savoirs.
4. Les enseignants
reconnaissent, par rapport aux élèves que :
a.
L'engagement des élèves dans leurs apprentissages est un objectif essentiel.
L'auto-évaluation assistée se substitue aux sanctions positives et/ou négatives
utilisées comme stimulants.
Émulation, productions
évaluées et entraide se substituent à la compétition.
b. Les apprentissages durables s'opèrent dans
des situations fonctionnelles qui mobilisent
la curiosité, la créativité, le
goût du jeu et du défi cognitif.
c. La pédagogie du projet engendre la
promotion collective du groupe et le développement
individuel par l'apport de
chacun et l'enrichissement mutuel. Elle s'accompagne obligatoirement
d'activités réflexives, de
formalisation et de théorisation.
d. Pour chaque élève, il importe de prendre en
compte les savoirs antérieurs liés à la culture
familiale, ethnique,
sociale, de déconstruire les représentations et d'opérer les consolidations et
les
entraînements nécessaires.
Les groupes d'aide, de soutien et de niveau sont des dispositifs prévus
à cet effet.
e. L'ouverture sur le monde, sur
l'environnement physique et humain est source d'interrogations et de projets
collectifs, aboutissant à une production sociale.
5. La cogestion
(coopérative, conseils d'école, conseils d'enfants, parents…) est le mode
d'organisation, de régulation de la vie du groupe (classe, école…). C'est dans
ce cadre que les élèves participent à la vie citoyenne et, par là, font
l'apprentissage de la citoyenneté.
6. L'enseignant continuera sa formation
régulièrement pour développer ses connaissances et sa polyvalence, notion
importante dans la pédagogie du projet.
C. Emploi du
temps.
L'emploi du temps du
professeur respecte trois composantes prévues dans les horaires et rémunérées :
1.les interventions auprès
des élèves,
2. la concertation
pédagogique et les sessions d'analyse du système pour les Conseils,
3. un temps de recherche.
La concertation pédagogique
porte, parmi d'autres choses, sur la mise en place, la régulation et
l'évaluation des projets et
comportements des élèves avec l'aide des psychologues et des éducateurs.
Régulièrement, les enseignants mènent des échanges pédagogiques avec parfois
même la création de documents destinés à la publication.
Ses missions très larges ont été redéfinies dans le protocole d’accord relatif aux personnels de directions paru dans le Bulletin Officiel spécial n°1 du 3 janvier 2002. Il représente l’État et dirige l’établissement. Succinctement, les grandes lignes de ses domaines d’activités sont les suivants :
1)
Conduire une politique pédagogique et éducative de l’établissement au service
de la réussite des élèves, en y associant l’ensemble des membres de la
communauté éducative : Projet d’établissement, présidence et animation du
conseil pédagogique, des conseils d’enseignement….
-Réguler et harmoniser les
modalités et le rythme d’évaluation des apprentissages des élèves.
-Conduire une politique
d’orientation.
-Conduire une politique
éducative.
-Établir, organiser, et maintenir le dialogue.
2) Conduire et animer la gestion de l’ensemble des ressources humaines : gestion prévisionnelle, accompagnement, plan de formation, notation, valorisation…
-Définir les principes d’organisation des services.
-Utiliser au mieux le potentiel de remplacement.
-Organiser la communication interne au sein de
l’établissement.
-Organiser et maintenir le dialogue avec les
personnels de l’établissement.
3) Assurer les liens avec l’environnement
-Participer à des réseaux d’établissements.
-Assurer avec le gestionnaire les relations
indispensables avec la collectivité territoriale de rattachement.
-Organiser et maintenir le dialogue avec tous les
partenaires.
4) Administrer l’établissement
-Fixer les objectifs des domaines d’activités.
-Conduire l’élaboration du budget.
-Assurer l’ordre et la sécurité.
-Conduire l’élaboration, la rédaction et
l’actualisation du règlement intérieur.
-Organiser les élections aux différents conseils et les présider.
-Utiliser les outils
pertinents pour analyser le fonctionnement, préparer le bilan annuel et prévoir
l’évolution des effectifs pour la rentrée suivante.
A titre spécifique pour un établissement pilote, le chef d’établissement devra avoir un profond intérêt pour ce qui relève du champ pédagogique, avoir pris part à l’élaboration du projet du collège pionnier ou au moins adhérer sans réserve aux propositions préalables contenues dans ce projet. Il devra avoir une grande capacité d’écoute et d’ouverture et une aptitude à créer la convivialité indispensable à la réalisation d’un projet de ce type.
E. Autre personnel.
Les administratifs seront
sélectionnés de la même façon que les enseignants : examiner toutes les
candidatures exprimées prêtes à adhérer au projet (ses objectifs, ses
impératifs de travail en équipe, dialogue avec les familles, pédagogie du
projet, etc), puis procéder au recrutement en tenant compte des points au
barème pour les candidatures retenues.
Psychologues et éducateurs
disposent d'un statut similaire à celui du corps professoral : double formation
au niveau de la recherche en psychologie clinique et psychopédagogie pour les
premiers, en sociologie et psychologie générale pour les seconds. Leur fonction
consiste à fournir une analyse constante des comportements de tous les membres
de la communauté éducative et d'apporter des propositions régulatrices,
d'apprécier la validité des tests au regard des connaissances sur la
psychologie de l'intelligence et sur les conditions sociologiques de
l'acquisition du savoir. Y parvenir suppose l'écoute constante de tous les
partenaires de l'éducation – professeurs, élèves, parents, personnel technique
et administratif, travailleurs sociaux de l'extérieur – et d'assurer auprès
d'eux un service de conseil. La rémunération est la même que celle des
professeurs et ils peuvent participer à l'élaboration des modèles de cours, des
manuels et à la critique pédagogique.
A. Une formation à l'éducation,
à la pédagogie, et à l'instruction.
Que tout
professeur soit formé pour : apprendre que la communication se fait dans les
deux sens, maîtriser les outils d'écoute active, identifier des besoins,
organiser l'expression collective, gérer la dynamique de groupes, connaître la
psychologie de l’enfant, mettre l'enfant au centre du processus d’enseignement
au lieu de s'occuper uniquement de la matière, savoir mettre en place une
pédagogie active qui encourage l'autonomie et la responsabilité, qui fait
sentir aux élèves que l'on croit dans leurs capacités. Leur formation doit leur apporter la capacité
de travailler sur des objectifs non seulement cognitifs, mais aussi
relationnels, sociaux, artistiques. Ils
doivent intégrer la nécessité d'une vision globale, d'un travail d'équipe, de
l'interdisciplinarité et savoir pratiquer l'évaluation non-compétitive.
Des
stages dans les écoles de pédagogie et les IUFM facilitent l'élaboration de la
théorie pédagogique et l'analyse des expériences réalisées dans les
établissements qui développent leurs recherches dans le respect de l'éthique de
l'éducation.
B. Une
formation continue de RECHERCHE-ACTION (théorisation accompagnant la
transformation des pratiques) est nécessaire pour que chaque intervenant reste attentif à
l'écart entre ses intentions et les réalisations sur le terrain, mobilisé pour
adapter ses compétences à chaque élève et chaque situation avec un dispositif
d'évaluation à moyen et long terme en relation avec la recherche-action.
La
recherche-action associant l’équipe à des chercheurs ou des professeurs d’IUFM
ou de sciences de l’éducation, constitue un moyen majeur : la formation ne se
transmet pas mais elle se construit et se partage avec d’autres équipes. Elle suppose qu’une équipe décide qu’un des
points importants de son projet doit faire l’objet d’une recherche, qu’elle y
intéresse un chercheur ou un formateur, voire un inspecteur (dans la mesure où
la fonction de ce corps serait redéfinie), avec qui elle formule ses hypothèses
et décide de sa démarche ou du dispositif d’expérimentation. L’équipe se charge
d’adapter cette démarche aux situations concrètes et de relever les différentes
observations utiles en cours d’action. Des rencontres périodiques réunissant
tous les intéressés permettent de reformuler les hypothèses, de procéder aux
réorientations, de tirer les conclusions. La formation qui découle de ce
processus concerne à la fois le mode de pensée, la ou les disciplines
concernées, et la pédagogie. Elle suppose que toutes les parties se considèrent
impliquées dans le projet. De ce fait les compétences sont mises en commun et
réalisent ce que nous nommons la promotion collective.
Elle peut également nourrir
le dialogue entre les différents co-éducateurs, en particulier les parents.
C. D'autres aspects de la formation.
·L'auto-formation (analyse des démarches, théorisation des pratiques) est nécessaire et importante.
·Les résultats d’une inspection collégiale d'équipe basée sur le projet
et conçue comme une aide, une évaluation, peuvent être très formateurs.
·L'établissement contribue aussi de son côté à l'innovation et à la
formation des maîtres par l'accueil d'étudiants, l'organisation de stages
pédagogiques et didactiques.
·Le travail en équipe et la
communication interpersonnelle n’étant pas des pratiques répandues, elles
s’apprennent aussi en situation. Dans ce cadre, des aides peuvent être
recherchées pour améliorer la dynamique de groupe.
A. L’architecture
Sur le plan de l’architecture et de l’harmonisation des locaux, l’école possède en son noyau central tous les moyens informatifs nécessaires à la transmission du savoir : bibliothèque, médiathèque, laboratoires, ateliers techniques, salles d’entraînement sportif et artistique, greniers ou remises. Autour de ce noyau central est construit un espace modulable prévu pour six fonctions : entretiens en dialogue, entretiens en groupe restreint, forums, conférences, lieu de représentation, lieu de travail ou de retrait réflexif individuel. Il serait souhaitable que cet espace soit largement ouvert, dans la mesure du possible, sur un environnement naturel immédiat du type parc ou campus boisés, l’arbre étant sans doute l’œuvre végétale la plus bienveillante et la plus belle de la nature et sur la ville ou la campagne selon les contraintes du site et les spécialités étudiées. Cette ouverture répond au principe selon lequel toute la nature, toute personne, toute œuvre de la société peut offrir l’occasion d’un questionnement et donc d’un enseignement.
B. Locaux
A n'importe quel moment où il y a cours, il y aurait 16 professeurs de pris, voire plus quand il y a animation en équipe. Il faudrait alors au moins 16 salles de classe pour 25 élèves, un CDI, 7 pièces administratives, des vestiaires et locaux pour le personnel de service, probablement une cantine et également 16 petites salles pour travail en demi groupe par niveaux et regroupements avec tuteurs. (Il faudrait en plus voir le nombre de salles supplémentaires nécessaire pour tout mener à bien avec 2 au moins aménagées pour travaux pratiques en laboratoire, une autre pour technologie, et deux autres pour art et musique, des laboratoires de langue, des salles informatisées, etc.) A ceci se rajoute le besoin de gymnase et une cour d'exercice, d'une grande salle pour présentations, spectacles, et grandes réunions, une autre salle de réunion, une salle de professeurs avec 4 petites salles pour réunions d'équipe, des locaux de reprographie, et des salles de stockage (pour vidéos, rétroprojecteurs, etc.), quelques salles pour travail individuel et permanences, vestiaires élèves, etc.
C. Outils et matériel pédagogique :
-Soixante-dix d'ordinateurs dont quinze en
CDI, quinze dans une salle informatisée
spécialisée pour des recherches et travaux dirigés, tous avec Internet, lecture
CD, accès scanner et imprimants. Trente distribués dans les salles de classes
pour recherches décentralisées. Tous équipés avec branchement possible Internet
et lecture CD, dont 5 équipés aussi avec accès scanner et imprimants. Plus dix en réseau pour l'équipe
pédagogique dans les salles de professeur et autres salles de travail avec
accès scanner, lecture CD et imprimants.
-Un
piano, système stéréo avec lecteur-enregistreur cassette, lecteur CD, table de
mixage 4 pistes, deux guitares (une sèche et une électrique) avec microphones,
deux microphones voix, amplificateur 200 watts minimum avec quatre entrées,
batterie avec grosse caisse, caisse claire, cymbale et charleston, pour cours
de musique.
-2
photocopieuses noir et blanc standard et un système grand tirage.
-Quatre
ensembles outillage avec perceuse électrique et forêts bois, béton, et métaux,
scie circulaire, scie sauteuse, boite à ongle avec scie, pinces, rabots,
tournevis manuels de divers formes et tailles, cisailles, ciseaux, marteaux,
lunettes de protection, fer à souder, pyrograveur de bois, étau, établi,
serres-joints, pinceaux pour peinture et verni, boîte à outil, limes à métaux,
agrafeuse, couteaux à sculpter le bois, roue pour tourner la poterie…plus un
four pour le cuir et une cuisinière pour faire à manger…
-32
rétroprojecteurs et 16 postes de télévision avec magnétoscope en placard à clé
sur châssis roulant.
-Equipement
complet de deux laboratoires 24 places SVT/Physique-Chimie avec tables, éviers,
systèmes électrique/gaz de chauffage, et budget pour l'achat des produits
chimiques, petites mécanismes et appareillage.
Ce projet dépend d'une
collaboration avec tous les partenaires et
trouvera sa forme fonctionnelle seulement après la sélection du site et
les discussions avec les résidents du quartier que nous voyons comme des
partenaires.
A. Relations avec le
quartier
Il est souhaitable de
prendre contact avec les unions de quartiers, les commerçants, les équipements
sportifs et socio-culturels pour discuter de comment mieux servir la
communauté, mieux intégrer le collège dans le quartier, résoudre des
difficultés, faire profiter un maximum
à tous des opportunités d'apprentissage et d'utilisation des équipements, et
d'établir ensemble des règles et des procédures pour la prise de décisions qui
concernent tout le monde.
B. Relations
avec la municipalité
De même avec la ville, nous
souhaitons collaborer étroitement quant à l'utilisation des équipements au
bénéfice de tous et à l'organisation des transports scolaires.
C. Relations
avec le conseil général
Nous tenons à entretenir des relations régulières afin de prévenir toute difficulté, d'informer et être informé des évolutions pertinentes, et remettre à jour les relations contractuelles qui nous lient les uns aux autres.
D. Relations avec le
ministère de l'Education Nationale, le rectorat, et l'inspection académique
Nous comptons collaborer étroitement à tous les niveaux avec nos supérieurs hiérarchiques pour permettre le bon fonctionnement de ce projet. Nous comptons aussi sur leur soutien.
Budget et
gestion
Le budget alloué à
l'établissement, doit prévoir les salaires, les dotations par élève, les frais
d'équipement et de bâtiment avec leurs amortissements. L'expert comptable
vérifie l'emploi des fonds simultanément avec l'Inspection. Les deux services
doivent rédiger un rapport commun où l'analyse purement comptable sera
accompagnée d'une étude du rendement financier au regard du progrès dans les
tests.
Seul
le Conseil d’administration détient le pouvoir d'orienter les investissements
et les amortissements en collaboration avec le Conseil Général et la
municipalité concernée.
A. Etapes
Nous comptons contacter et
rencontrer tous les acteurs du terrain, étudier les questions soulevées par
notre projet afin de pouvoir répondre de manière satisfaisante rapidement et
établir en temps voulu après négociation avec les partenaires appropriés, les
conventions diverses nécessaires à la mise en place du projet. A terme, nous savons que d'autres acteurs
géreront dans le quotidien ce projet et nous veillerons simplement à ce que ce
projet soit mené à bien.
B. Contacts utiles et
rencontres nécessaires
Il nous semble nécessaire de contacter et
rencontrer les unions de quartier, les associations de parents-élèves, les
syndicats, les équipements socio-culturels, les élus du secteur, les
responsables de l'Education Nationale et du rectorat, et diverses associations
sportifs ou commerciales afin d'intégrer ce projet dans le quartier et le faire
avancer.
Il est important d'identifier le nombre et la
nature du public scolaire à qui nous aurons affaire en fonction des décisions
prises par les collectivités sur la carte scolaire. Il est aussi crucial de connaître les profiles des candidats
enseignants et administratifs pour faire une sélection appropriée.
Afin d'assurer la pérennité de ce projet, il est important que l'Education Nationale garantisse les conditions de son succès, notamment en approuvant, comme c'est évoqué plus haut, une méthode de recrutement à besoin spécifique avec des candidats motivés par le projet pédagogique en question, une méthode d'évaluation à longue terme, un rôle pour l'inspection d'animation pédagogique, des moyens de recherches et de formation pédagogique, une liberté pour l'équipe d'élaborer son projet et de travailler autrement, et un engagement à permettre au projet le temps de s'épanouir.
En français, la possibilité existe pour que chacun devienne l’écrivain de sa propre vie. L'écrit devient un outil fonctionnel au service des projets et permet aussi le passage d’une écriture au plus proche du ressenti à une écriture susceptible d’engager des acteurs et le public.
La littérature offre une distanciation aidant aussi bien à préserver la pudeur qu’à faciliter l’analyse. L’humour, le jeu de mots aident beaucoup à libérer l'écriture et à rechercher une correspondance avec soi-même, ses souvenirs, ses sentiments et sensations.
Simultanément,
la comparaison de ce qui s’écrit sur son propre vécu avec les textes majeurs de
la littérature peut inciter à une
méditation sur soi-même et une mise en scène de l'existence.
Pour chaque période, plusieurs groupes d’élèves sont responsables du bon fonctionnement d’une bibliothèque littéraire et documentaire ouverte de préférence aux habitants du quartier. Ils gèrent le prêt, sont associés à la politique d’achats, rédigent des notes critiques à l’attention des usagers, reçoivent leurs observations, animent des clubs de lecture, organisent des rencontres avec des auteurs, fournissent des documentations...
On imagine mal qu’un tel type d’établissement se passe des services d’une publication régulière : il aura besoin d’échanger des informations, de publier des compte-rendus, des monographies, bibliographies et écrits de toutes sortes. Ces “ services ” seront l’occasion de recherches documentaires, de lectures et de rédactions qui couvriront de façon toute naturelle et fonctionnelle les principaux aspects du programme de français.
Dans les langues, les voyages, les échanges, la correspondance avec des classes de pays non francophones, la nécessité de diffuser les productions du collège devraient fournir la matière à un riche travail dans le domaine des langues vivantes. Le déplacement imaginaire est incontournable ; d’où l’intérêt de la mise en situation où l'on place en avant la communication par le sensible et le fonctionnel. Avec l’ami étranger, c’est la sensibilité aux choses qui motive la conversation. La qualité de la relation à l’autre conduit à l’appropriation du langage, non l’inverse.
En histoire, le passage de la question individuelle à celle du collectif implique une interrogation sur la place et l’utilité sociale de chacun dans le groupe immédiat, et aux possibilités de changer cette place ou de remodeler cette hiérarchie.
C’est aborder les problèmes que se posent les adolescents d’aujourd’hui. Cela conduit à saisir le présent, à s’intéresser à l’actualité, à prendre la parole, à avoir foi en la valeur de son existence et de son originalité.
En géographie, l'analyse des moyens et la situation de chaque société amène un débat sur la place que chacun occupe socialement avec ses enjeux, son système spécifique animé par des lois…
Dans les disciplines techniques, le cadre imposé par les machines oblige à
produire des objets standards et a priori une culture de masse.
L’école concilie les
projets techniques personnels et esthétiques avec les contraintes matérielles
par le choix de machines les plus souples d’emploi. Il s’agit de fournir de la
puissance pour libérer l’imagination, non l’inverse.
La machine offre une
excellente médiation pour la socialisation. Elle répond, en effet, au souci de
l’économie de l’effort personnel, de la productivité collective et rend
l’échange nécessaire. Ce serait l’occasion d’une simulation du monde industriel
presque réel. Simultanément, elle offre aussi l’opportunité d’une réflexion sur
l’ergonomie, les systèmes et leur régulation, les servomécanismes en général,
le travail en équipe, l’importance et les méthodes de la conception d’origine,
etc. Toute la richesse des liens possibles avec les autres disciplines se
perçoit aisément.
Dans les sciences – mathématiques, physiques, chimie, biologie, géologie… - jouer avec les concepts reliant ces entités, et traiter, dans ces jeux, les concepts comme une langue étrangère, c’est-à-dire en faisant en sorte que tout le monde s’accorde sur les définitions officielles. Simultanément, le jeu devrait passer sans cesse de la formalisation au système réel et inversement.
Privilégier
l’expérimentation personnelle avec les choses.
Pour la biologie, insister sur la connaissance des systèmes liés
aux comportements fondamentaux pour observer une éthique corporelle
comportementale affirmant de façon implicite le besoin pour l’organisme de
vivre davantage dans un climat de sérénité et d’absence d’inhibitions graves
plutôt que dans un climat de tension continuelle et de frustration.
Les principales références
à acquérir :
1. Il existe une unité de constitution
physico-chimique de la matière chez les êtres vivants et dans l'Univers. Les
atomes forment les "briques" élémentaires du monde matériel. Ils s'assemblent pour donner des molécules
et se redistribuent à l'occasion de réactions chimiques. Les êtres vivants sont constitués de
molécules, assemblées en unités d'organisation de plus grandes dimensions: les
cellules. La cellule est caractérisée
principalement par la double aptitude à se nourrir en utilisant l'énergie
extérieure disponible et à se reproduire en transmettent un programme génétique.
2. Le comportement de la nature est régi par un
petit nombre de lois universelles et de concepts unificateurs. Leur mise en œuvre trouve de nombreuses
applications. Certaines d'entre elles
ont fortement contribué à l'amélioration de nos conditions de vie au cours de
l'histoire.
3. L'univers, la Terre et les êtres vivants
sont le résultat, sur des milliards d'années, de processus historiques inscrits
dans la structure de l'univers, à travers l'évolution des galaxies, des étoiles
et du système solaire ; dans la constitution physique et la géographie de la
planète ; dans les multiples formes du
vivant qui, à travers leur très large diversité, font apparaître des liens des
parenté, identifiables à diverses échelles.
4. La Terre est façonnée par l'activité des
hommes, qui transforment profondément leur environnement par l'exploitation des
ressources naturelles, la recherche et la maîtrise des sources d'énergie, la
production d'objets et de structures répondant à leurs besoins de confort et de
développement.
5. Les êtres vivants, l'homme compris, ont en
commun en ensemble de fonctions coordonnées (nutrition , circulation,
reproduction, locomotion, communication, coordination…) adaptées à chaque
espèce dans son milieu.
6. La santé est la manifestation de ces
fonctions de notre corps, dont il faut avoir une connaissance élémentaire. elle est le résultat, pour partie, de notre
patrimoine génétique héréditaire et, pour beaucoup, de nos conduites sociales
et de nos choix personnels. Des actions
appropriées peuvent l'éduquer.
7. Les lois des sciences expérimentales
s'expriment à l'aide de formules mathématiques. Leur exploitation fait appel au raisonnement logique et à des
données physiques.
Dans le domaine scientifique et technologique : Il regroupe les disciplines suivantes : sciences de la vie et de
la terre, physique-chimie, technologie, et mathématiques.
Il s'agit de rendre plus
intelligible la nature et la technique, aider les élèves à construire une
vision objective du monde et de les familiariser avec les démarches
expérimentales et technologiques avec le développement de la logique du
raisonnement et de la mesure, ainsi que l'élaboration des théories
scientifiques et des modèles technologiques.
Afin de comprendre le
monde, il faudra faire appel à la dimension historique des sciences et des
techniques, occasion d'établir des liens avec le français,
l'histoire-géographie, les arts plastiques, et l'éducation musicale.
Les objectifs sont :
1. répondre aux
questionnements centraux des collégiens sur
-l'origine de l'univers de
la Terre, du vivant, de l'homme, du savoir,
-sur le fonctionnement de
leur corps et des objets de leur environnement
2. Faire découvrir quelques
points-clefs de notre connaissance de l'ensemble du monde (atome, cellule,
composants…)
3. Apprendre à distinguer
entre certitudes et interrogations, entre faits et hypothèses, et justifier
certains savoirs.
4. Se familiariser avec une
démarche scientifique expérimentale et technologique pour observer, rendre
compte et représenter avec rigueur.
Pour les disciplines artistiques, passer du jeu avec les sons, de la composition
individuelle, au groupe instrumental, à la chorale (dont la grande vertu est
son économie de moyens et la proximité avec la parole) et à l’improvisation
et/ou la composition collectives et groupes. Dans les arts plastiques, l’œuvre
s’étend de la création solitaire à la scénographie des expositions.
Dans le domaine corporel, passer de l’expression de soi-même à l’expression
collective ou au sport d’équipe qui apportent les mêmes avantages. Et souligner les activités qui font prendre
conscience du corps et de sa santé dans toutes ses dimensions.
Dans
toutes les disciplines et tous les enseignements, nous veillerons à ce que la
place et l’image de la femme soit valorisée autant que celle de l’homme.
Quelques exemples
d'ateliers qui pourraient faire avancer le programme :
*danse (création de
spectacles)
*théâtre (mise en scène, en
parole, en espace de pièces, poésie, sketchs)
*bricolage (fabrication
d'objet, réalisation de meubles…)
*cuisine (apprentissage de
recettes, montage de repas)
*musique (organisation
d'ensembles, de groupes, création de compositions…)
*peinture et arts plastique
(réalisation d'œuvres et d'expositions)
*sports (organisation de
tournois et de rencontres)
*informatique
(apprentissage de la programmation, conception de jeux, mise en place de sites,
entraînement
dactylographique)
*tournage de vidéo ;
photo (avec organisation de séances
pour visionner…)
*ciné club (regarder et
discuter des films)
*journalisme (reportages,
enquêtes, entretiens, débats, sur la vie scolaire et citadine…)
*débats (réflexions sur des
sujets de société, d'actualité)
*découverte des métiers
(avec invités, visites, etc.)
*entraide pour les devoirs
(avec des élèves volontaires pour aider d'autres demandeurs…)
*communication
interpersonnelle (avec mises en situation, apport théorique…)
*analyse
télévisuelle ” telle que pratiquée par l’émission “ Arrêt sur
image ”
Quelques
exemples de sujets à partir desquels des projets interdisciplinaires pourraient
naître :
"les guerres
civiles", "la crise écologique", "la mondialisation",
"Révolution et changement de la société", "décortiquer la
presse", "l'action citoyenne", "Les pays en voie de
développement", "urbanisme", "écriture poétique" (ou
de nouvelles, ou de sketchs théâtraux) , "recherches individuelles sur un
auteur ou période littéraire choisi", "cultures
comparatives","applications trigonométrique à l'architecture",
"l'informatique et le langage binaire", "statistiques,
probabilité et sociologie", "inventions et recherches guidées en
laboratoire", "la création
d'une activité économique", "l'éducation des enfants à la lumière de
la recherche psychologique", "le financement de projets par les
collectivités locales", "la vie d'ethnies particulières…"
Exemples d'ateliers
L’atelier de diffusion : Les élèves qui en font
partie élisent à intervalles réguliers un Comité de lecture chargé, comme dans
toutes les maisons d’édition, de décider si le travail proposé à la diffusion
est recevable. Il va de soi qu’il doit travailler en tenant compte de l’avis de
l’enseignant du jour en charge de son animation. Ce travail n’est cependant pas
seulement formel. Le Comité devra donc effectuer un tri, ce qui conduit
implicitement à une analyse intellectuelle. Sa fonction consistera également à
planifier le travail de mise en reprographie. Il peut s’agir aussi bien,
rappelons-le, de livres, de vidéos d’exposés ou d’expériences, ou de supports
informatiques. L’atelier pourrait, à cet égard, recourir aux professionnels
pour la mise en page ou la qualité de l’image, par exemple.
Cependant, la tâche majeure y consiste à prendre en charge la diffusion. Celle-ci concerne toute l’école et peut s’adresser à la communauté locale au titre de la formation permanente et ainsi qu’aux autres écoles. C’est pour cette raison que cet atelier doit rechercher la perfection sur les plans du contenu et de la forme de ce qui est diffusé. Ce sont à la fois cette perfection et la diffusion qui seront gratifiantes pour les auteurs. Ils y percevront une contribution personnelle aux progrès du groupe.
Le pôle littéraire : Il ne sera pas étonnant d’admettre que le théâtre doive détenir une place privilégiée dans cet atelier. On voudrait faire en sorte que l’élève vive le savoir de l’intérieur. Or, le théâtre permet de connaître cette expérience ; un texte peut proposer une vision de la réalité humaine. Il offre un microcosme analysable par la représentation d’un vécu qui, sinon, demeure opaque.
L'écriture ou la réécriture peuvent jouer aussi un rôle
majeur. Les spectacles seront destinés aux élèves, aux parents et au public
extérieur à l’école.
Autour
du théâtre gravite d'autres activités, comme la lecture vivante des textes
fondamentaux dans les classes de français. C’est également cette vie restituée
des textes qui devrait faciliter la levée des inhibitions dans les groupes de
recherche en écriture. Même au collège on peut aussi aborder ainsi la
philosophie.
Le
théâtre inciterait à l’introduction dans les activités sportives d’une formation
physique destinée au métier d’acteur et aux métiers du cirque. Réciproquement,
l’atelier d’expression corporelle apporterait son aide pour l’entraînement des
acteurs à l’expression, au chant, à la danse, à la mise en scène, à l’animation
d’une troupe. Il serait l’opportunité pour le pôle des arts de penser
l’esthétique de l’espace scénographique, de comprendre le happening ou
"l’actionnisme," de concevoir une animation musicale et sonore, de
comprendre la mise en scène d’opéra ou d’aborder le théâtre musical. Pour la
base documentaire de l’école, il serait intéressant de développer une
médiathèque de théâtre et dont le fond devrait pouvoir s’ouvrir aux
professionnels et amateurs de la communauté locale.
Le pôle scientifique : Il serait le lieu privilégié d’activités très
intégratives comme l’astronomie, par exemple, où interfèrent les mathématiques,
la physique, l’instrumentation, la chimie, les Sciences de la Vie et de la
Terre.
Les
ateliers techniques pourraient fabriquer le matériel instrumental adéquat ou
bien à caractère didactique permettant de faciliter la pratique. Ainsi, un
cylindre et un cube peuvent donner une image concrète analysable d’une fonction
affine par intervalles : c’est celle que décrit l’évolution du niveau
d’eau dans le cylindre si l’on y plonge un cube.
De
nombreuses possibilités existent pour montrer que toutes les sciences se
rejoignent et qu’il s’agit de systèmes emboîtés : la réalisation d’une
station météo, la pratique de la navigation, etc.
L’atelier expression corporelle :
Bien entendu, tous les sports
y ont logiquement leur place. Il ne saurait être question, en effet, de
refouler des aspirations à pratiquer telle ou telle discipline ce, d’autant
plus qu’elles sont prévues aux examens. Cependant, il va de soi, pour toutes
les raisons déjà évoquées, que l’expression corporelle et l’entraînement aux
métiers du cirque doivent y avoir également leur place. Mais les activités
sportives traditionnelles peuvent également s’enrichir des apports
pluridisciplinaires : il existe un contenu hautement moral du sport dont
l’analyse nourrit la réflexion aussi bien en philosophie qu’en histoire. En
outre, le caractère pervers de certains sports antagonistes peut se
gommer s’il est enseigné que l’exploit sportif est accessible à condition de
considérer l’adversaire non comme un ennemi mais comme l’opportunité d’un
dépassement de soi.
Le pôle artistique : La pratique artistique est l’activité qui exige
l’ascèse et l’investissement en temps le plus considérable. Les élèves devront
avoir le choix entre plusieurs façons d’accéder à la création artistique :
travail par analyse des oeuvres d’arts marquantes de différents courants,
travail par imitation, travail par introspection permettant la représentation
artistique du vécu intériorisé de chacun. Un aller retour permanent entre
l’envie (ou le besoin) de créer et la maîtrise des techniques nécessaires à la
création est souhaitable : les élèves acquièrent ainsi le respect de l’art
en général car ils comprennent que toute oeuvre est la résultante d’un
caractère qui cherche à s’exprimer et d’une technique maîtrisée. L’art doit
être l’occasion de faire la différence entre ce qu’on aime (ou non), ce qu’on
trouve beau (ou non) et ce qui est appréciable, voire utile.
Le pôle forum de société : Les élèves y débattent dans le respect des
différences. Lieu privilégié de l’histoire, de l’éducation juridique, civique
et sociale, de la géographie et de l’économie, ses animateurs ne doivent pas
hésiter à inviter des intervenants de toutes tendances philosophiques,
politiques et religieuses. Mais en respectant toujours les droits et la
déontologie.
L’espace conférence : C’est le lieu où les professeurs - ou bien quelque
intervenant extérieur soigneusement choisi - viennent y représenter le savoir
qui les passionne sous la forme qui leur convient le mieux. Son but est de
mobiliser les élèves mais aussi tout public local autour de thèmes de la
connaissance.
Suite
à la lecture de la description des ateliers, le lecteur aura bien compris
qu’ils sont libres, mouvants, qu’ils doivent être gérés démocratiquement,
fondés après débats autour d’un projet commun et non pas un mode de
fonctionnement a priori. Certains ateliers pourront se prolonger dans la
soirée avec l'aide de bénévoles.
En projet:
L’élève s’engage à procéder
à des recherches sur un programme de son choix, l’enseignant à le guider dans
ses recherches et les parents à le soutenir. Le programme de recherche initial
est orienté en fonction des problématiques rencontrées par l’élève et en
concertation avec lui. L’élève rédige un cahier de notes où il inscrit ses
recherches et les questions de l’enseignant l’incitant à nuancer, préciser,
compléter, relier ses travaux d’une étape donnée et l’amenant à aborder une
étape ultérieure. Il serait souhaitable que ce cahier prenne la forme d’un
manuscrit de livre, l’élève devant se percevoir comme l’écrivain de sa propre
aventure intellectuelle.
Si l’enseignant tient son
propre cahier des comptes rendus de l’élève où il rédige ses questions et ses
difficultés à ouvrir ou consolider les recherches de l’élève, ces deux cahiers
pourraient devenir en eux-mêmes un objet d’étude pour les sciences
pédagogiques.
Il faut que l’élève puisse
rencontrer l’enseignant à intervalles réguliers afin d’exposer le résultat de
sa recherche du moment et recevoir les remarques pour le guider.
La quête de l’originalité des recherches présente toujours, à un moment ou à un autre, quelque chose d’angoissant, car elle est susceptible d’être vécue comme un repli sur soi, comme une dérive solitaire. C’est alors dans la communication du projet individuel que la recherche sera évaluée par la communauté scolaire comme œuvre sociale utile ou non.
Une question est à soulever
sur l’apparent contraste entre la situation de recherche individuelle et la
présence constante du professeur lors de ces séances. La réponse est
simple : le professeur est présent tant que l’autonomie est progressive
avec présence du professeur de plus en plus lointain.
En cas de recherche sur un projet
de groupe ou pluridisciplinaire, tous les professeurs enseignant en même temps,
il est important de veiller à une composition compatible du groupe et une bonne
coordination entre les groupes.
Ces groupes de recherche
devront se partager la présence dans les locaux, notamment dans les
laboratoires dont le coût est aujourd’hui tel qu’il est impossible de
multiplier les postes de travail à la hauteur du besoin de travailler en petit
nombre.
Le groupe d’étude est censé instaurer un entraînement à la recherche où la personnalité se retrouve intégralement respectée. Les séances d’étude n’abordent que les questions intéressant ses participants. Ce choix est garanti par le vote. L’art de la “ représentation ” fait partie de ce respect, sinon, tous les participants risquent de sombrer dans l’ennui d’exposés mal maîtrisés, avec donc une tendance à rechercher la facilité et non le dépassement constant de soi. Le professeur veillera au respect en évoquant des exigences formelles et de niveau, y compris que tous puissent saisir et comprendre les concepts(popularisation) et que l’esprit de jeu servent de guide.
Pour que les résultats de
recherches soient transférables, il est souhaitable que les élèves travaillent
dans des milieux divers et que la méthode comparative soit encouragée comme
exercice fondamental.
L’auditoire non initié
présente pose des questions qui sont éclairantes et permettent une réitération,
un retour aux bases qui apparaissant
soudainement sous un jour nouveau.
En cours: Recherches et mathématiques: un exemple de l'application de
cette pédagogie.
Créer des situations où les
élèves se mettent en recherche, en confrontation avec de véritables
problématiques ouvertes. On connaît assez bien la "Main à la pâte"
(où l'aspect expérimental est très présent), un peu moins "MATH en
JEANS" pourtant plus ancien (où l'aspect "recherche" est plus
développé).
Ces "actions"
visent bien sûr l'apprentissage et (/par) la production. Mais aussi (et
surtout) le développement du sens critique - rapport à la vérité, au doute -,
la coopération, l'émulation plutôt que la compétition, l'auto évaluation, le
plaisir de la création ... Ceci par :
-la nature du travail
(avoir un regard scientifique sur des objets et non un regard sur des objets
scientifiques, expérimenter, modéliser, construire ses "outils"...)
-la forme d'organisation de
ce travail (travail en groupe, communication, débat).
En corrélation avec MATH en
JEANS, des réflexions plus théoriques existent :
- A Grenoble, une équipe de recherche à cheval sur
les maths et la didactique s'intéresse aux savoirs transversaux (preuve,
définition, implication, induction,...) en s'appuyant principalement sur les
"Maths Discrètes" qui ont l'avantage d'offrir à travers des problèmes
immédiatement compréhensibles (ex : problèmes de pavage, d'empilement, de
coloration...) l'accès à des questions réellement ouvertes.
On constate que les principales
difficultés qu'ont les professeurs - en l'absence de chercheur - à conduire
avec leurs élèves des situations-recherches vient de leur rapport quasi nul
avec la production scientifique.
Il faudrait sans doute
créer des "lieux" et des "temps" où les professeurs
puissent se confronter avec de vrais problèmes de recherche, éprouver le
plaisir de la création et de la production scientifique (mais sans doute aussi
littéraire, etc...). Ces lieux pourraient être des revues de recherche
"amateur" où ils puissent publier, des relations avec des
laboratoires.…
La Lecture : Le problème ne se pose pas en termes binaires : savoir lire ou
non. A côté des "illettrés" (qui ont pourtant passé 12 ou 14 ans à
l'école), il existe de nombreux lycéens et étudiants qui ne se servent de
l'écrit que pour leurs études. En conséquence, la grande majorité des citoyens
ne fait qu'un usage utilitaire d'un instrument essentiel permettant de prendre
de la distance avec les évènements, de les mettre en mémoire et en perspective,
d'analyser les contradictions, toutes choses indispensables au plein exercice
de la citoyenneté. Essentiel également pour s'interroger sur la vie, sur
soi-même. Nous désignons ainsi "la lecture experte".
1er OBJECTIF
: "déscolariser" l'écrit. Il
s'agit de faire découvrir aux enfants qu'ils peuvent trouver dans la
littérature jeunesse, dans les documentaires des réponses aux questions qu'ils
se posent (et non pas que l'école leur pose à propos d'une lecture en manuel).
L'objectif est loin d'être atteint faute d'être bien compris ( fixation sur les
"programmes").
2ème OBJECTIF :
considérer l'apprentissage comme celui d'une langue spécifique dans laquelle on
entre progressivement par hypothèses sur le sens, vérification, mémorisation
des mots dans leurs occurrences successives, découvertes des règles
spécifiques.…Le parallèle avec l'apprentissage du langage par le petit enfant
conduit à considérer que le rapport à l'écrit se construit , dès qu'il y a
constat de son usage dans l'environnement, et qu'il s'étale sur une très longue
période. Il ne s'agit donc pas de la transmission en quelques mois d'une
technique (le déchiffrage) sans aucune fonctionnalité autre que l'exigence
sociale. L'échec conduit à une première exclusion...(à l'âge de 7 ans !). La
mauvaise qualité du rapport établi avec l'écrit au long de la scolarité
élémentaire conduit à ces résultats
(évalués en 6ème par la
DEP en 1994) : 14, 4% ne maîtrisent pas
les compétences de base, 34,1% maîtrisent uniquement ces compétences de base,
seuls 20 % des enfants possèdent les compétences dites "remarquables"
permettant l'accès à cette "lecture experte".
3ème OBJECTIF :
faire précisément de la "lecture experte" l'objectif visé dès les
premiers rapports à l'écrit. Ceci
implique qu'on construise une didactique qui s'appuie sur ce que fait le
lecteur expert et non sur l'étude des correspondances entre les lettres et les
sons (déchiffrement). Les travaux des psycho-linguistes (centrés sur le lecteur
et non sur la langue) fournissent les
éléments nécessaires à cette construction, ainsi que des logiciels
d'entraînement adéquats (usage familial y compris). Il s'agit donc d'un
apprentissage complexe qui doit nécessairement s'étaler dans le temps , qui
devrait se poursuivre, professeurs de math
de géographie, de sciences devraient y contribuer, vu la spécificité de
leurs écrits.
4ème OBJECTIF :
considérer le problème avec une "pensée systémique". Le fait que les
20% qui accèdent aux "compétences remarquables" en 6ème
appartiennent massivement à des milieux qui utilisent l'écrit d'une manière
"experte" amène à s'interroger sur le lien existant entre statut
social et statut de lecteur. Il conduit à la fois à compenser, en enrichissant
le rapport à l'écrit dès la maternelle, en déscolarisant la lecture, en faisant
de l'écrit un outil fonctionnel (permettant notamment aux enfants de prendre
du pouvoir sur leur vie scolaire : conseils d'enfants, etc.), et à informer les
parents sur les enjeux de l'écrit, son fonctionnement, leur propre rôle.
L'idée qui découle de ces
différentes observations est que la lecture "c'est l'affaire de
tous", idée qui rejoint notre attitude vis-à-vis du système éducatif. Idée
qui exige une mise en synergie de tous les acteurs concernés : parents,
enseignants de tous degré, bibliothécaires, libraires, producteurs d'écrits.
Cet objectif s'exprime dans le projet de "ville-lecture".
Ainsi on déscolarise la
lecture grâce à un travail intense sur la littérature jeunesse, à la production
quotidienne d'un journal "écrit en circuit court" invitant les
enfants à une activité réflexive sur leur vécu de la veille, grâce à un entraînement
intensif sur micro-ordinateur, à un travail de théorisation des pratiques,
formation majeure des enseignants abandonnée …Des enfants en difficulté
participant aux "vacances-lecture" connaissent le même traitement en
un temps réduit et en sortent transformés. Les parents, par contrat,
participent à une journée du séjour et découvrent les activités et les
productions de leurs enfants. Différentes actions sont conduites visant à
transformer leurs attentes.
Points en commun entre
différents projets de collège ou de lycée pionnier.
Textes de référence : Projets de DECLIC 93, Grenoble, Le Mans, Lille,
Miremont de
Guyène, Nantes, Orange
Tous les projets mettent
l'accent
sur :
-développer
chez les élèves la curiosité, l'appétence culturelle, le plaisir de la
connaissance et de la création, la confiance en soi, le goût de la
communication.
-développer
les capacités d'expression sous toutes ses formes et l'usage des différents
médias - développer le
bilinguisme.
-développer
la capacité de distanciation, l'esprit critique, les capacités de synthèse,
l'esprit scientifique
-prendre
en compte leurs savoirs antérieurs, leur questionnement.
-faire
des élèves les acteurs de leur formation.
-faire
de l'école un lieu ouvert sur la vie, le monde, la ville, et lui conférer un rôle de rayonnement
culturel…
Tous les projets optent pour :
-des
groupes multiâges qu'ils soient de référence,d'apprentissage ou de projets.
-une
pédagogie du projet impliquant la transdisciplinarité.
-le
tutorat et les entretiens individuels permettant l'intégration, la médiation,
l'accompagnement personnalisé.
Tous les projets accordent une
grande importance à la "vie citoyenne" et prévoient :
-des
conseils à divers niveaux où sont représentés élèves, parents, enseignants,
autres professionnels ou intervenants.
-érigent
en principe la coopération, la solidarité, l'égalité et la fraternité.
Tous les projets affirment la
nécessité
de :
-de
la co-éducation (équipe éducative).
-d'une
équipe pédagogique collectivement responsable du projet et de sa mise en œuvre.
-de
la concertation régulière (hebdomadaire) et de la recherche-action.
Les principales
caractéristiques de ces projets :
A. Les groupes, structures de base…
I. Groupe d'ancrage, d'appartenance, de référence
-
constitué de 10 à 14 élèves pour 1 an au minimum.
-
hétérogène : multiâge, brassage social et culturel, différents niveaux
de scolarité.
-
animé par un adulte (enseignant ou non) appelé tuteur ou référent
(accompagnement individualisé-aide personnalisée-aide aux devoirs mais aussi
vie du groupe, projets…).
-
rôle de ce groupe : intégration-vie citoyenne- médiation- orientation,
donner du sens à la formation, construire un projet, découvrir des voies
professionnelles, des cursus scolaires- solidarité et coopération- exercice des
droits, pouvoir de décision et de gestion-coordination de la vie scolaire.
-
périodicité et durée : de 3 à 8 H/semaine - le groupe dispose d'une
salle fixe.
Un des projets associe le regroupement pédagogique
(6ème -5ème 4ème : acquisitions de base et 3ème -2ème :
détermination et 1ère et terminale : préparation aux examens)
d'environ 24 élèves et les groupes de référence (12 élèves).
II. Groupe de projet ou de production
-
effectif et durée variable.
-
transdisciplinarité.
-
destinataires du projet : internes ou externes.
-
partenariat (autres professionnels, parents…)
-
5 à 7 H/semaine (moyenne sur l'année),
avec un temps fort de 20H sur 2 semaines pour un des projets
-
choix des projets : initiative individuelle ou de groupe - thèmes
proposés (liste renouvelée toutes les 6 à 7 semaines).
-
mise en place : collectivement en début d'année pour les projets long
terme (journal, voyage, spectacle, roman, film…) - dossier de présentation pour
accord à l'équipe éducative comprenant la description du sujet, les sources de
documentation, les lieux et les personnes-ressource - obligation à chaque élève
de travailler à n projets (nombre variable) dans l'année.
-
évaluation de la production consignée dans le dossier de l'élève -
constitution d'une Banque avec les réalisations (chef-d'œuvre individuel ou
production collective).
III. Groupe d'apprentissage
-
l'âge n'est pas le critère du regroupement. Les élèves sont testés dans
les différentes disciplines (tests
scolaires, arbre des connaissances…).
-
24 élèves en général.
-
16H/semaine ; parfois découpées en 10H + 6H de travail autonome.
-
ateliers-cours pour la remédiation, le soutien, l'entraînement,
l'approfondissement.
-
le tutorat permet un suivi
individualisé.
-
évaluation du niveau des élèves individuelle et anonyme (tests, brevets,
carnet de bord, arbre des connaissances) chacun connaît son niveau et le niveau
minimum pour intégrer le groupe suivant.
-
entraide entre élèves, éventuellement soutenue par un adulte : réseau
d'aide, d'échange de savoirs - banque de ressources - tutorat entre élèves.
B. Organisation Annuelle
Un
seul projet y consacre un chapitre :
-
5 périodes de 6 à 8 semaines. Les derniers après-midi sont consacrés à
l'évaluation et la préparation de la
période suivante.
-
séquence de 2 semaines (20H) pour les projets à court terme permettant
d'aboutir rapidement.
-
semaines spéciales : - 1 semaine pour l'accueil et l'intégration des
élèves.
- 2
semaines/an, production interdisciplinaire sur un thème commun.
-
toutes les 6 semaines, chaque
élève définit avec son tuteur, un contrat (cours, projet, charges…), élabore
l'emploi du temps de la période qui est communiqué à la famille (donc emploi du
temps variable d'un élève à l'autre et d'une période à l'autre).
C. Evaluation
-
auto-évaluation avec l'aide éventuelle du
tuteur.
-
outils : carnet de bord ou de route
- brevets - mémoires - chefs-d'œuvre - cahier d'évolution - livret de
compétences - réseau d'entraide - réseau d'échange de savoirs - arbre des
connaissances - outils informatiques.
-
co-évaluation et socio-évaluation des
projets et productions (important pour constituer la banque de ressources).
-
évaluation
"experte" donc sommative, organisée et conduite par les enseignants, individuelle
et anonyme, en référence au cahier des charges
et en conformité avec les programmes nationaux.
-
évaluation du projet de
l'équipe éducative : auto-évaluation - regard universitaire dans le cadre de la
recherche-action - échanges de savoirs, d'expérience avec d'autres équipes et
d'autres professionnels – inspection.
D. Gestions démocratique- Vie Citoyenne
En
exergue, la Convention internationale des Droits de l'Enfant.
-
Conseil d'établissement, constitué de représentants des groupes de base (regroupement
pédagogique, groupe d'ancrage ou de
référence), des enseignants, des différents professionnels ou
intervenants, de parents. Le Conseil
gère la vie de l'école.
-
Conseil de coopérative qui peut être propre à un
groupe et qui gère la vie du groupe.
-
Groupe de gestion qui prend en charge, pour
une période donnée (2 semaines ou plus selon la tâche), l'organisation pratique
des tâches (fonctionnement du Foyer coopératif, entretien du local de
restauration sous la responsabilité d'un ATOSS, fonctionnement du CDI…). Le
temps nécessaire à cette gestion n'est pas pris sur l'emploi du temps normal,
il s'y ajoute.
-
Conseil d'arbitrage ou structure de médiation,
constitué d'élèves élus, d'enseignants, de parents, d'autres professionnels. Il
règle les conflits au niveau de l'établissement. Il peut organiser la formation
d'élèves-médiateurs.
E. Equipe Educative
-
L'équipe a la responsabilité du
projet éducatif, de sa mise en œuvre et de son évaluation. Elle rend
compte de son évolution dans le cadre
de recherches-actions en liaison avec les lieux de recherche et
de formation (Universités-INRP-IUFM-CNRS…).
-
Elle rassemble l'ensemble des éducateurs engagés dans le projet et/ou
chargés des mêmes élèves (par
ex. les 96 élèves des 3 cycles ou
"moments", 6-5ème / 4-3-2ème /1-term).
- La réunion de concertation hebdomadaire (en général 3H/semaine)
rassemble l'ensemble de l'équipe.
Dans certains cas, d'autres structures
transversales complètent le travail de la concertation hebdomadaire (réunion de "cycle", par
discipline, par projet…).
Lille
décrit avec précision la constitution et les attributions de l'équipe :
-
1 coordonnateur par discipline chargé d'organiser et d'animer la réunion
de concertation de la discipline.
-
1 référent, enseignant ou non, par groupe de 12 élèves (donc 8
référents).
-
1 coordonnateur des tuteurs (par ex. le CPE).
-
1 responsable de projet par projet, enseignant ou non.
-
1 coordonnateur des projets (par ex. un animateur pédagogique
(compétences de techniques. d'information, rapport avec l'extérieur, pratique
de la recherche-action…). dans certains cas ce peut être le principal ou le proviseur.
-
nombre de professeurs en fonction des effectifs et des disciplines.
-
autres professionnels (principal- intendant- documentaliste- CPE-
infirmière- ATOSS…
il est nécessaire d'avoir un gestionnaire du parc
informatique et quelqu'un compétent dans l'utilisation de l'arbre des
connaissances (par ex. un emploi-jeune).
En tant qu'établissement
pionnier, le Lycée Professionnel Lavoisier s’engage dans un projet d’innovation
global et évolutif en mettant en place, tant pour les élèves que pour les
adultes, des formes adaptées d’organisation du travail et de la vie scolaire.
Il s’attachera au fil des
années à réorienter, si besoin, son projet initial pour lui permettre de
demeurer un établissement réellement ouvert à tous.
Tous les adultes engagés
dans la mise en œuvre de ce projet doivent pouvoir se sentir acteurs à part
entière de l’histoire collective de l’établissement et en particulier de
l’évolution du projet pédagogique initial.
Ceci implique la mise en
place, au même titre que l’organisation pédagogique du cursus des élèves, de
modes différents d’organisation du travail des adultes au sein de l’établissement.
Ceci implique également, en
dérogation au cadre légal actuel, de redéfinir partiellement, le cas échéant,
le rôle, les attributions et la composition du conseil d’administration. Cette
nouvelle organisation devra assurer une réelle collégialité des prises de
décision au sein de l’établissement et devra assurer aux parents et aux élèves
la participation réelle à la vie de l’établissement ainsi qu’à la gestion et à
l’évaluation de son projet pédagogique.
Actuellement, le Lycée
Professionnel Lavoisier se singularise par une pratique fondée :
1)
sur la mise en valeur de ce qui contribue au développement de la
personnalité de l’élève en l’aidant à acquérir des repères essentiels au plan
social et culturel,
2)
sur des modes d’action conduisant à l’enrichissement de la relation
pédagogique,
3)
sur l’ouverture du lycée sur son environnement en participant à la vie
du quartier et en aidant à sa structuration au plan éducatif, social, culturel
et économique.
Le travail en direction des
personnes est concomitant à la transmission et à l’intériorisation des
connaissances. Il postule des temps de réflexion communs élèves-professeurs,
des vécus pédagogiques et des outils d’analyse nécessitant la participation
d’éléments extérieurs.
A
l’interne :
*Depuis 1993, la vie scolaire
a institué une heure de vie de classe,
appelée temps d’échange et de réflexion, animée par un adulte volontaire. La notion de
volontariat est importante. Le professeur est face aux élèves dans un cadre
différent. Il n’y a pas de cours, de programme déterminé. C’est le groupe qui
choisit le thème de la séance. L’adulte est un référent qui apporte son
expérience, son point de vue et qui contribue à la prise de recul nécessaire.
Le contenu des séances est très varié : discussion sur un problème particulier à la classe, à un
élève, sur un sujet d’actualité ou de société.
Les séances ont lieu tous
les 15 jours, par groupe de 12 à 15 élèves selon les sections.
Une évaluation et un suivi ont été mis en
place. Des réunions ont lieu auxquelles participent des
intervenants extérieurs – psychothérapeute et/ou sociologue. Le but est de réfléchir sur l’évolution de la jeunesse, les possibilités de prendre du recul, savoir que faire de ce que l’on entend, etc.
Ce temps d’échange et de
réflexion fait partie de la vie du lycée et est inscrit à l’emploi du temps des
élèves. Il fonctionne comme un régulateur dans certains cas et toujours comme
un temps de dialogue. L’image réciproque que se portent enseignants et élèves
s’en trouve améliorée.
*Egalement géré par la vie
scolaire, le point écoute dont l’objectif est de
proposer aux élèves une écoute spécialisée pour répondre à la souffrance et à
la difficulté d’être adolescent. Cette écoute vient en complément du travail
des adultes du lycée (CPE, Proviseur, Assistante Sociale, Infirmière,
professeurs). Deux heures par semaine, un psychanalyste est présent au lycée, à
disposition des élèves. Il est très clairement précisé à tous que ce qui est
dit lors des entretiens est confidentiel. Les informations transmises ne le
sont qu’à la demande expresse des élèves. Cette écoute peut être aussi
considérée comme un relais possible pour les adultes qui recueillent des
confidences parfois lourdes à gérer (inceste, maltraitance, problèmes
psychologiques).
*Chaque année, une semaine de réflexion est proposée aux élèves. L’objectif est que tous les élèves et adultes
réfléchissent ensemble sur un sujet choisi par les élèves. C’est un moyen de
répondre aux attentes et aux questions des jeunes sur un thème précis, et de
sortir du cadre scolaire.
Le but est aussi de travailler sur la citoyenneté, d’aiguiser la réflexion, le sens critique, d’apporter des connaissances nouvelles hors programmes scolaires.
En pratique, cette semaine
s’élabore à partie d’un thème retenu par les élèves. elle est pilotée par les
CPE. Les thèmes des années passées sont très divers : la maternité,
l’adolescence, l’exclusion, la solidarité, le Nord (patrimoine et fêtes), la
santé, etc.
A
l’externe :
*Le lycée fonctionne en continu, sans violence majeure, 365 jours sur 365, soit sur moyens propres, soit sur moyens spécifiques dans le cadre de
l’école ouverte (tous les week-end et pendant 10 semaines durant les petites et
grandes vacances scolaires).
A partir des vacances de
printemps, le lycée est toujours en situation d’accueillir et d’encadrer
jusqu’à 22 heures un petit groupe de jeunes.
*L’ensemble des activités sont gratuites ; elles sont
fréquentées tant par les élèves du lycée que par les jeunes et les adultes du
quartier (le week-end), quelque soit leur âge et quelque soit leur sexe. Elles
concernent : le soutien et la remise à niveau scolaire, les cours de
langue (arabe), des activités culturelles et artistiques (cinéma,
calligraphie), des activités pédagogiques de loisir (jeux de société, ateliers
de photo-numérique) et des activités sportives (ping-pong, badminton, foot).
*L’ouverture du lycée sur le quartier et son implication au plan éducatif et social nous a
amené à créer des partenariats avec les structures environnantes et à
participer avec les habitants à un porte-à-porte afin de repérer les besoins du
quartier et de déterminer l’aide que l’établissement pouvait apporter au titre
de sa mission de service public de proximité.
*La politique de recrutement de CES ou de CEC, principalement issus du
quartier, dans un contexte de chômage important (37%), nous a conduit à être
“ créateur d’emploi ”, à répondre positivement à des demandes de
personnes qui souhaitaient, même dans le cadre d’un travail précaire et à durée
déterminée, apporter leurs compétences à l’établissement et échapper à l’image
dévalorisante du chômage et de l’assistanat.
Cet
apport de personnel nous a permis de rendre la vie au lycée plus riche et plus
facile, notamment au plan de l’entretien, de l’administration et de la surveillance
à l’intérieur et aux abords du lycée.
*Par ailleurs, et à titre
de solidarité et à chaque fois que cela lui est possible, le lycée effectue ses
achats auprès des commerçants du quartier afin d’aider au
maintien du commerce de proximité.
Une plus grande autonomie
et une réflexion plus ouverte à des compétences extérieures nous permettraient
de poursuivre avec plus de souplesse notre évolution. Nous souhaitons pouvoir
aller plus avant dans notre recherche d’une plus grande humanisation du rapport
au savoir, d’une organisation scolaire plus adaptée à des situations
d’apprentissage différentes : simulation, travail virtuel, sorties
pédagogiques, co-animation…
*Postes à exigences particulières : nous souhaitons que les postes de
direction, d’enseignement et d’éducation apparaissent au mouvement avec des
exigences particulières.
Dans le cadre de leur
mutation, les personnels devront déclarer par écrit :
-être prêt à l’innovation pédagogique,
-manifester leur volonté de connaître les élèves
dans leur dimension sociale et culturelle et de fonder la relation pédagogique
sur l’échange,
-manifester de l’intérêt pour la réflexion de type
sociologique et psychanalytique.
-
*Dérogation à la Dotation Horaire Globale par augmentation de la
dotation (+
165 HSA et 300 HSE)
Des moyens spécifiques sont
demandés :
-afin de permettre les temps d’échange et de
réflexion (anciennement heures de vie de classe) hebdomadaires (passage de 1h
quinzaine à 1h semaine),
-pour dédoubler certains cours au-delà de 18 élèves
notamment en langue, en technologie et dans certaines divisions rassemblant des
élèves à “ lourd passé scolaire ”,
-pour l’autoformation des personnels avec des
intervenants extérieures, experts dans leur domaine et choisis en fonction de
leurs compétences reconnues,
-pour la concertation institutionnelle.
*Augmentation des moyens budgétaires
-pour rémunérer les intervenants extérieurs,
-pour financer les actions pédagogiques hors
établissement.
*Dérogations administratives
Pour faciliter le travail en extérieur et utiliser la richesse environnante : partenariat associatif, exploitation par ½ journée de situations pédagogiques spécifiques hors établissement, etc.
Dès
la rentrée 2001, par départ à la retraite et mutation, nous avons l’opportunité
de pourvoir au poste de chef de travaux et de proviseur adjoint. Il serait
souhaitable que des postes soient pourvus dans le cadre de ces exigences
particulières.
Projet pour Une Ecole
Créatrice d'Humanité
Tout individu, toute
structure est le produit d’une histoire collective. Il ou elle ne peut se réaliser qu’en appartenance à un groupe, à
une microsociété dans laquelle il ou elle va recevoir, donner, rendre et
échanger.
Les contraintes
insurmontables que rencontre l’élève dans les apprentissages et les entraves au
développement de sa personnalité et de sa socialisation, mettent les énergies
sous pression et les font s’évacuer en pure perte et de façon violente.
Le jeune d’âge scolaire ne
peut compter sur l’expérience acquise pour orienter ses conduites et optimiser
ses comportements : il a besoin d’un tuteur qui l’aidera, dans des
situations appropriées, à prendre les décisions qui conviennent le mieux à son
développement et à son insertion sociale.
Ce projet d’établissement pionnier
s’inscrit dans les perspectives tracées par le manifeste de Marie Danielle
Pierrelée “ Pour une école créatrice d’humanité ” lancé en février 2000.
Après
avoir dressé le constat des dysfonctionnements révélateurs de la crise
profonde du système éducatif: non
maîtrise des apprentissages essentiels après dix ans d’école obligatoire pour
un nombre important d’élèves, maintien des inégalités scolaires, refus de
l’école et souvent ennui d’apprendre, extension des situations de violences ces
dix dernières années ….. Marie Danielle Pierrelée demande dans un manifeste :
1 “l’ouverture d’un débat national large et ouvert pour
refonder les objectifs de l’école”
2 “La transformation d’établissements publics ordinaires en
établissements pionniers avec des
équipes d’enseignants volontaires pour travailler autrement”
ces
établissements doivent s’inscrire dans le cadre public de l’Education
Nationale. Ils visent d’emblée à inventer, à mettre à l’épreuve, en grandeur
réelle et en situation ordinaire, des formes organisationnelles et pédagogiques
qui reposent sur un projet éthique fort, qui a vocation à essaimer le système
éducatif.
3 “La création d’un organisme public d’évaluation
indépendant du Ministère de l’Education Nationale, chargé d’obtenir,
d’analyser, de diffuser les résultats obtenus par les établissements scolaires,
qu’ils soient pionniers ou non”.
Les fondements du Projet
Principes généraux
La transformation de l’Ecole est une
question résolument politique, au sens de “ vie commune dans la cité ” visant
au “ Bien Commun ”, appréhendée à travers les principes et les valeurs de la
République et de la Démocratie. Elle ne peut être séparée du projet de société
qu’entendent inspirer ces valeurs et que nous voulons promouvoir..
A ce titre, elle n’est pas l’
affaire des seuls spécialistes ou
professionnels de l’éducation, mais de l’ensemble des citoyens. Elle est un
enjeu du débat public. Et dans ce débat nous voulons être présents pour réfléchir
et infléchir la décision politique, car la mise en place d’établissements
pionniers ne peut avoir une chance de se réaliser sans une forte volonté
politique pour les impulser et les soutenir.
Signataires du manifeste nous nous
sommes regroupés dans une association dénommée : “Pour une Ecole Créatrice
d’Humanité”. L’humanité est ici promue notion éthique fondamentale et
fondatrice de tout projet éducatif scolaire. Elle renvoie à la prise en compte
de la dimension Homme et Citoyen chez l’élève. Ce fil conducteur suppose une
transformation radicale de la relation de l’individu singulier à son
environnement. Il devra nécessairement relier de façon constante, et sans cesse
à approfondir: la dimension politique, les modes de fonctionnement et
d’organisation, les rapport sociaux à l’école et les pratiques pédagogiques.
Redéfinir des missions claires et cohérentes …
Pour contribuer à accomplir la
République et la Démocratie dans l’exigence des principes formulés dans le
triptyque: Liberté, Egalité, Fraternité, les établissements pionniers ont à
reformuler et à faire vivre les objectifs et missions assignés à l’école. Dans
leur formulation et dans leur mise en œuvre actuels, ceux-ci se présentent
comme un catalogue général d’intentions juxtaposées, susceptibles
d’interprétations diverses : nous vivons
actuellement les incertitudes et les confusions issues de cette situation.
Qui saurait dire quelle idée
directrice organise les quatre objectifs assignés à l’école par la loi
d’orientation de juillet 1989 (instruire, développer la personnalité, exercer
la citoyenneté, former en vue d’une insertion sociale et professionnelle) ?
Quels enseignants pourraient dire
avec certitude quel est le minimum commun qu’ils partagent avec leurs collègues
pour donner à penser qu’ils travaillent dans la même institution ?
Que veut on apporter comme formation
dans une société dominée par “le marché”,
où apprendre ne signifie pas entrer dans une aventure personnelle et
intellectuelle fondatrice d’humanité, mais se lancer, dès la maternelle, dans
une course après des savoirs le plus souvent extérieurs à l’élève, faute de
sens, destinés à le faire accéder à des diplômes dûment hiérarchisés. Cette
compétition, avec ses gagnants, ses perdants et ses exclus, est par ailleurs
contradictoire avec la “promesse démocratique” de “réussite scolaire pour
tous”, au nom de ce qu’on appelle “l’égalité des chances”.
Que signifie “développer la
personnalité”, quand la dimension intellectuelle de la personne est quasiment
la seule qui soit prise en compte dans les évaluations, examens et concours.
Comment, dans ces conditions, prétendre sérieusement développer les
dispositions à la sensibilité, à la relation, à la sociabilité et à l’éthique,
dès lors que chacun se rend compte qu'elles sont en fait exclues de la notion
de “Réussite scolaire” ?
Comment vouloir “éduquer à la
citoyenneté” quand les droits des enfants, dûment énoncés dans la Convention
Internationale des Droits de l’enfant (ratifiée par la France en 1990), ne sont
pas appliqués dans la classe, sinon à la marge ? Ces droits, et les devoirs
afférents à ces droits, énoncent pourtant des “pouvoirs” de citoyenneté,
véritable formation à un “vivre ensemble”, susceptible d’humaniser tout projet
d’enseignement, de la maternelle à l’université.
... pour une éducation scolaire humanisante.
Pour parvenir à cette cohérence des
objectifs et à leur réalisation, les établissements pionniers, comme tout
établissement qui s’associerait à cette éthique, devraient être guidés par :
1- La recherche de l’épanouissement de chaque élève dans la
globalité des dimensions de sa personnalité, unique et singulière, sans créer,
comme le fait actuellement l’école, des hiérarchies prématurées et
artificielles à l’intérieur de chacun (les savoirs intellectuels destinés à
faire “ réussir ” à l’école ne sont pas, loin s'en faut, les seules preuves
d’intelligence).
2 - La formation des élèves au jugement critique. En apprenant à
penser par eux-mêmes, ils se libèrent des conditionnements éducatifs et sociaux
qui les condamnaient à n’être que des “adaptés” perpétuels.
3 - La laïcité,
comme principe fondamental d’ouverture aux autres, de refus de tous les regards
d’exclusion et de soumission à tous les dogmes, quel qu’ils soient.
4 - La
formation à la citoyenneté à travers la connaissance, et surtout la pratique,
des valeurs de Coopération, de Solidarité et de Fraternité. Ces valeurs et,
notamment la Fraternité, devraient introduire chaque enfant dans sa dignité de
“Personne” et de “Citoyen” qu’il est et deviendra.
Ainsi défini
dans ses objectifs, l’établissement pionnier développera des pratiques en
rupture avec celles de la plupart des
établissements de l’Education Nationale, et cela dans tous les domaines :
-I: Dans la
gestion même de l’établissement, où le pouvoir sera effectivement assuré par
l’ensemble des acteurs (administration, élèves, enseignants, parents …).
-II: Dans la
relation de l’établissement à son environnement : l’établissement pionnier
n’est pas un sanctuaire, il est partie prenante de la vie démocratique du
territoire où il se situe.
-III: Dans son
fonctionnement pédagogique où le respect mutuel, la reconnaissance de l’autre,
les valeurs de coopération et de solidarité, seront mis en avant.
Les Principes d'Organisation
Un établissement du secteur public de l'Education Nationale
L'établissement
respecte les missions qui lui sont légalement confiées dans le cadre du secteur
public de l'Education Nationale. Il s'attache à ce que ses élèves puissent, au
terme de leur cursus, poursuivre des études dans un établissement public de
niveau supérieur. Il s'attache de la même manière à ce que des élèves qui
seraient amenés à intégrer ou quitter l'établissement en cours de cursus
puissent poursuivre sans difficultés leurs études.
Un établissement ouvert à tous
L'établissement
a vocation à accueillir, sans discrimination, ni sélection tous les élèves de
son secteur dans le cadre des règles habituelles de la sectorisation. Il
s’engage à travailler avec les écoles primaires et les partenaires de son
secteur pour faire connaître, expliquer et partager le projet aux parents et
aux enfants.
Un établissement engagé dans un projet global, évolutif et
piloté collégialement
L'établissement
s'engage dans un projet d'innovation global et évolutif en mettant en place,
tant pour les élèves que pour les adultes, des formes adaptées d'organisation
du travail et de la vie scolaire. Il s'attachera au fil des années à réorienter
si besoin son projet pédagogique initial pour lui permettre de demeurer un
établissement réellement ouvert à tous.
Tous les
adultes engagés dans la mise en œuvre de ce projet doivent pouvoir se sentir
acteurs à part entière de l'histoire collective de l'établissement et en
particulier de l'évolution du projet pédagogique initial.
Ceci implique
la mise en place, au même titre que l'organisation pédagogique du cursus des
élèves, de modes différents d'organisation du travail des adultes au sein de
l'établissement. Ceci implique également, en dérogation au cadre légal actuel,
de redéfinir partiellement le rôle et
les attributions du conseil d’administration.
Cette nouvelle
organisation devra assurer une réelle collégialité des prises de décision au
sein de l'établissement et devra assurer aux parents et aux élèves la
possibilité d'une participation réelle à la vie de l'établissement ainsi
qu'à la gestion et à l'évolution de son projet pédagogique.
Une équipe enseignante volontaire
Les enseignants
qui exercent dans l'établissement le font sur la base du volontariat et en
adhésion explicite avec les principes généraux définis par le projet. Ils s'engagent
dans le projet en tant que membres d'un collectif de travail et non pas en tant
que "praticiens libéraux". L'équipe enseignante ainsi constituée
devra par ailleurs refléter une certaine diversité en termes de sexe,
d'ancienneté et d'orientation pédagogique.
Un projet pédagogique
Le projet
pédagogique s'appuie sur les principes suivants :
-assurer le
respect de la liberté d'expression des élèves ;
-permettre
réellement à chaque élève, tout au long de son cursus, de progresser dans les
apprentissages scolaires fondamentaux ;
-favoriser à
tous niveaux la coopération et l'entraide entre élèves ;
-permettre à
chaque élève de participer de manière significative à la définition et à la
mise en œuvre de projets dans des domaines variés (scolaires ou extra-scolaires)
; ceux-ci devront favoriser la mise en situation des élèves, en lien avec les
apprentissages ;
-associer
réellement les élèves à la vie de l'établissement, et en particulier à la vie
scolaire et à la régulation du projet pédagogique.
La mise en
œuvre de ces principes se fera en rupture avec le système traditionnel de
découpage du cursus en classes d'âge.
Le descriptif
qui suit n'est qu'une mise en œuvre possible de ces principes . Il appartiendra
à chaque équipe pédagogique, en fonction de sa nature, de la taille de
l'établissement et du secteur d'implantation, de définir, en relation avec les
parents, le type précis d'organisation pédagogique qu'elle souhaite mettre en
œuvre.
Constat
L'élève entrant au collège
est en quête de repères. L'organisation pédagogique actuelle ne répond pas à ce
besoin ; elle est fondée sur le passage d'une multitude d'adultes qui
virevoltent autour de lui : un professeur principal (qui peut voir l'élève 1 ou
2 heures par semaine) est censé régler les conflits et les situations
d'urgence, assurer le lien avec les autres enseignants d'une classe de 25 à 30
élèves, avec les parents et l'administration. Dans certains cas, un élève ou un
groupe d'élèves peut s'absenter 3 jours sans que personne ne s'inquiète.
Donc, un suivi éducatif par
une personne qui connaît bien l'élève s'impose. Les parents cherchent souvent
une personne responsable à qui s'adresser.: un adulte référent qui connaît bien
l'élève, à qui celui-ci peut se confier et qui peut être le relais de la
famille au sein de l'institution. Les jeunes ont profondément changé et si
l'acte d'enseigner est un acte pédagogique, il est aussi un acte relationnel.
Il faut vivre l'éducation autrement.
Par ailleurs, le passage
CM2 - 6e est souvent
difficile et mal vécu par de nombreux élèves ; ils suivent le cursus de 4 ans
et qu'ils aient acquis ou non les apprentissages de base, ils se retrouvent au
lycée avec des lacunes difficilement surmontables
Rappel
Les professionnels de
l'éducation (enseignants, techniciens, personnels administratifs) agissent dans
un cadre institutionnel à respecter ; ils reçoivent une délégation de la
responsabilité civile des parents sous la responsabilité du chef
d'établissement et ils doivent être reconnus et respectés en tant que
professionnels ; les parents quant à eux ont un droit de regard sur
l'Institution.
L'autorité, exercée par les
adultes, doit être perçue comme constructive et être acceptée par les élèves.
Dans un établissement
"pionnier", les professionnels de l'éducation vivent leur mission
comme une richesse à la disposition des jeunes
Proposition d'organisation pédagogique de l'établissement pionnier
Le collégien sera intégré
dans un groupe de référence pour un an au minimum, il sera affecté de manière
temporaire aux groupes d'apprentissages disciplinaires et participera à des
projets de courte et/ou de longue durée.
Ce groupe développera, par
la diversité des élèves,
-l'aptitude à vivre ensemble,
quels que soient leur milieu, leur religion, leurs capacités, dans un brassage
social sans compétition.
-la solidarité et la
coopération.
Chaque élève sera intégré
dans un groupe de 12 collégiens de tous âges (par exemple
3 élèves de chaque tranche d'âge) un groupe hétérogène de référence ou
d'appartenance qui sera placé sous la responsabilité d'un adulte enseignant ou
non enseignant. Cet adulte sera le référent de l'élève tout au long de sa
scolarité.
Il doit disposer d'une
salle de travail propre, équipée de micro-ordinateurs (au moins 4)
L'adulte référent
accueillera le groupe en début de journée et l'encadrera l'après-midi. L'adulte
référent :
-Est le relais de la
famille au sein de l'institution.
-Aide l'élève à trouver un
sens à sa formation, à construire son projet personnel, à choisir les projets
interdisciplinaires dans lesquels il s'épanouira à l'école, à découvrir les
voies professionnelles et les études ultérieures accessibles.
-Apprend l'élève à gérer
ses conflits avec les autres élèves, voire avec les autres adultes.
-Aide l'élève à acquérir
des méthodes et à faire ses devoirs en utilisant l'outil informatique .
Cet accompagnement tout au
long de la scolarité est un facteur de stabilité (possibilité de changer de
groupe exceptionnellement en cas de mésentente).
Groupe
d'apprentissages - - groupe maximum de 24 élèves
16 heures/semaine en moyenne
Principe : à l'arrivée, l'élève est évalué à partir de tests dans plusieurs matières, par exemple :
-vitesse de lecture pour
des textes d'une difficulté donnée.
-manipulation aisée des
proportions en maths…
-capacité à commenter une
carte de géographie.
-écrire une page minimale
sur des événements historiques…
-fonctionnement du corps
humain.
-capacité de communiquer
dans une langue étrangère.
En début d'année, en
période de tests, un travail d'équipe des professeurs s'impose pour :
-la mise au point des
systèmes d'évaluation précis et personnalisés.
-la conception des tests.
-la constitution des groupes d'apprentissages avec
les objectifs.
Dans cette organisation, il est clair que le verrou à faire sauter est le groupe classe.
Les groupes par niveau
d'apprentissage sont déterminés à partir des tests, (de 16 heures en moyenne de
cours par semaine) ; l'âge n'est plus le critère déterminant. Chaque élève
connaît le niveau minimal à atteindre dans chaque discipline pour intégrer le
niveau suivant. Les élèves qui progressent vite réalisent plus d'activités ou
approfondissent certaines questions sous le contrôle de l'enseignant.
Principe :
Les projets sont de nature
et de durée variables ; ils sont collectifs et réalisés pour des destinataires
extérieurs au collège ; ils sont concrets et en prise sur le monde actuel. Ils
sont culturels, techniques, artistiques, sociaux ou scientifiques.
Il faudra planifier les
projets dans le temps et répartir les tâches selon les compétences des élèves.
Les travaux seront évalués et pris en compte dans le dossier de l'élève.
Ils mettront les élèves en
situation d'identifier les obstacles et les difficultés concrètes, à les
dépasser et à gérer la durée ; ils sont un entraînement à l'action quelle
qu'elle soit. Ils développent la créativité, ils tirent parti de leurs
aptitudes personnelles, apprennent le travail collectif avec contraintes et
exigences et aident à lutter contre l'individualisme.
Ces projets sont source de
motivation pour les apprentissages et ils leur donnent un sens (apprendre à
écrire sans faute, à prendre des mesures exactes par exemple). Ils développent
l'esprit d'entreprise au sens noble du terme, en faisant participer les élèves
à la "vraie vie" ; ils ne sont plus enfermés dans une classe.
Exemples de projets : fabrication d'une machine (avec aide de professionnels,
techniciens du collège, parents..) préparation d'un concert (avec école de
musique partenaire ou autre association), création et entretien d'un jardin
(avec technicien municipal ou parent…), recherche mathématique, présentation
vidéo de l'école, installation d'un site, réalisation d'un journal papier,
électronique … Dans ces projets, il est fait appel aux partenaires
(associatifs, parents, professionnels)
En début d'année, il faut
recenser les projets possibles, interroger les élèves sur ce qu'ils veulent
réaliser et les encourager dans ce sens ; l'élaboration des projets doit être
l'affaire de tous. Les travaux réalisés seront regroupés dans une banque de
données consultable et source de nouveaux projets ; se constituera ainsi une
mémoire des projets. Les parents pourront s'investir dans la vie de
l'établissement. On veillera à l'articulation entre le groupe d'apprentissages
et le groupe de projets.
Partenariat avec les parents, travailleurs sociaux, professionnels et associations
Au cours de réunions
d'informations qui prépareront la mise en place collective du projet
d'établissement, on peut demander aux parents de consacrer deux heures/mois
pour l'école ; on peut recenser, à cette occasion, les richesses disponibles
auprès des familles et du réseau qui peut se construire autour de l'école en
termes de temps, compétences professionnelles, artistiques, loisirs, relations…
L'équipe pédagogique mettra en place des modalités et des outils d'évaluation des apprentissages. Il est primordial que l'élève s'approprie son cursus, la gestion de son temps en prenant conscience de ses progrès.
1.
Un coordonnateur responsable par discipline est chargé de l'organisation
et de l'animation des réunions de concertation. L'équipe pédagogique concernée,
avec l'aide du coordonnateur organise les évaluations sommatives pour la
discipline.
-Français, un spécialiste
des questions d’acquisitions de lecture et écriture, et si possible un autre
pour les connaissances littéraires et le latin.
-Mathématiques
-Sciences
-Histoire et géographie
-Langues (autant que de langues étudiées)
-Musique
-Arts Plastiques
-Technologie
-Education physique et sportive
Ce qui fait déjà une
douzaine d’enseignants.
2.
Un référent adulte (enseignant ou non
enseignant) par groupe de 12 collégiens
3.
Le coordonateur des tuteurs (Le CPE ?)
4.
Un chef de projet par
projet
(enseignant, professionnel, parent..) et
5.
Un coordonateur des projets
Pour les autres professeurs
l’idéal serait qu’ils soient capables d’un peu de polyvalence, à voir au cas
par cas. Des personnes qui puissent prendre en charge :
-l’utilisation des
nouvelles techniques de l'information, dans la pratique professionnelle des
enseignants et dans la classe.
-les rapports avec
l’extérieur.
-la recherche pédagogique.
-les relations avec les
autres établissements innovants.
La dotation devra aussi
intégrer des moyens pour la vie scolaire, la documentation, les services
d'orientation et les personnels ATOS. La nouvelle organisation du temps de
travail aura des implications sur l'immobilier par un nouvel agencement de
l'espace.
La gestion du parc
informatique nécessitera l’emploi d’une personne compétente, à plein temps et
stable (pas un emploi-jeune)
La gestion des arbres de
connaissances requiert un personnel plus rapidement formé (qui peut être un
emploi-jeune).
Les heures consacrées aux
apprentissages et aux projets sont considérées comme équivalent
heures/enseignement, soit 12 heures :
La concertation = 4 h soit
2 h équivalent heure-enseignement.
Le tutorat = 8 h soit 4 h
équivalent heure-enseignement.
Possibilité d'organiser le
travail des enseignants sur 4 jours (4 x 6) = 24 h.
Nouvelles technologies de l'information au collège (NTI).
L'ordinateur peut servir pour :
-Les activités et devoirs pendant les heures de
tutorat
-La recherche documentaire pour un exposé
-La réalisation des projets pour atteindre la
qualité professionnelle (logiciels divers utilisables)
-La correspondance avec d'autres établissements
-Le contrôle du parcours de formation des élèves
grâce au logiciel de gestion des compétences (arbres de connaissances par
exemple).