Projet pour un collège pionnier innovant

Projet pour un collège pionnier innovant

au sein de l'Education Nationale en Isère

 

 

Table des Matières


 

Préambule                                                                                                                              3

            Pourquoi un collège innovant ?  Avec qui ? Avec quelle organisation ?

 Avec quelles évaluations ?   Avec quels moyens ?  Conclusion

 

Finalités et objectifs                                                                                                                      5

Identifier les facteurs d’une éducation durable.

Définir les conditions d'une éducation émancipatrice.

Viser la promotion collective     Préciser nos objectifs

 

Ethique                                                                                                                                    6

            Respect     Convivialité    Communication sans jugement des personnes.

Coopération     Solidarité   Formation des esprits à la liberté de conscience et de penser

Formation à la connaissance sans endoctrinement, sans exclusion      Coéducation

 

Pédagogie et didactique                                                                                                       7

Pratiquer ce que l'on enseigne et apprend.

La sociabilité est à la base de tout système social, y compris l'école, et elle est fondée

             sur un contrat.

Promotion collective (ou fraternité) et développement individuel.

Prise en compte des spécificités des élèves et de leurs besoins au centre d'une

véritable équipe.

Respect des rythmes et des modes d'apprentissage de chacun. 

Participation des élèves aux décisions, débats, et  discussions.

L'importance de l’exemple, de la communication, et de la discipline.

La pédagogie des projets et la transdisciplinarité.

Méthode scientifique, expérimentation, tâtonnement, analyse d’erreurs, auto-évaluation 

Entraînement à la recherche documentaire (Structurer l'apprentissage pour que les

élèves développent la capacité de réfléchir, de rechercher, et d'apprendre de

manière autonome.)

Pratique et développement de l'usage de l'écrit.

Fonctionnalité des apprentissages. Prise en compte du  milieu et des savoirs antérieurs.

Cultiver l'émulation, la curiosité, le plaisir, le jeu, et la reconnaissance comme motivations. 

Ouverture aux autres, à l'environnement physique et humain et à soi même.   

Systématisation des savoirs par mémorisation, répétitions en utilisant

des techniques modernes.

Analyse des raisons de dérives.

Conditions de mise en œuvre.

            Articulation entre cette structure et le programme. 

 

Fonctionnement et gestion                                                                                                    11

Fonctionnement coopératif : structures de décision  (conseil d'administration,

conseil d’élèves, cogestion)

Responsabilisation des élèves dans la mise en place des activités

Communication interne

            Communication externe : parents, partenaires

 

Organisation de la journée scolaire                                                                                               13

Accueil des élèves : (expression orale, rencontres individuelles, expression collective).

Projet interdisciplinaire.

Groupes de besoin.

Repas suivi d’un temps de repos.

Travail personnel.

Ateliers.

Moments particuliers. 

Concertation de l’équipe éducative. 

Résumé de l'organisation.      Observations diverses.

Evaluation                                                                                                                               16            
Evaluation des élèves       
Evaluation des professeurs   
Evaluation de l'établissement

 

Classes et postes à pourvoir                                                                                                          17

Analyse des besoins en professeurs    Equipe éducative       Equipe administrative

 

Recrutement du personnel,  statut et engagement                                                                18

Le personnel enseignant       Engagement      Statut et contrat pédagogique

Emploi du temps    Le Chef d'Etablissement     Autre personnel

 

Formation                                                                                                                               20

Une formation  à l'éducation, à la pédagogie, et à l'instruction.

Formation continue par la RECHERCHE-ACTION

Autres aspects de la formation : stages individuel et d’équipe (approfondissement des

disciplines,  didactique et pédagogique)

 

Installations matérielles

Architecture  Locaux   Outils et matériel pédagogiques                                                   21

 

Projet d'établissement dans son environnement                                                                        23

            Relations avec le quartier, les associations d’éducation populaire, la municipalité,

 le conseil général

 

Finances                                                                                                                                 23

 

Démarches                                                                                                                              23

Etapes     Contacts utiles et Rencontres nécessaires

Etudes préalables    Conventions diverses                                                                       

 

Annexe 1: Commentaires sur la manière d'aborder certaines disciplines                               24

 

Annexe 2:  sur les Ateliers                                                                                                      26

 

Annexe 3:  Sur les Recherches                                                                                                28

 

Annexe 4:  Sur la Lecture                                                                                                        29                                                       

Annexe 5:  Sur les Innovations                                                                                                30

 


Préambule

 

            Chaque élève doit être considéré comme une personne, dans sa complexité et sa globalité et trouver sa place dans une société scolaire pour tous.

 

Pourquoi un collège innovant ?

 

Nous adhérons aux objectifs de l’enseignement tels qu’ils sont définis par les textes officiels émanant du ministère de l’Education nationale. Nous pensons que le fonctionnement actuel de la majorité des collèges de France ne permet pas la réalisation de ces objectifs. Nous avons la conviction qu’une éducation fondée sur des productions collectives socialement utiles (offres des services d’une bibliothèque de quartier, contributions à des manifestations culturelles comme les festivals, fêtes de la science, etc.)  et sur l’éducation mutuelle permet d’approcher de plus près les objectifs de l’Education Nationale et offre les conditions d’une vie plus épanouissante de tous les usagers du collège.

 

Nous savons que chaque élève a une personnalité et une façon d’aborder les savoirs qui lui est propre.  Nous voulons que les méthodes d’enseignement s’adaptent davantage à ces différences entre les élèves.

 

            En sortant du collège, après dix ans d’études obligatoires, les élèves doivent maîtriser la lecture, l’écriture, le calcul et les apprentissages essentiels. Nous voulons bien sûr que chaque élève puisse maîtriser ces savoirs, mais nous voulons également qu’il se sente valorisé, prêt à développer son potentiel intellectuel toute sa vie. Chaque élève doit sortir du collège plein d’énergie, confiant dans ses capacités, capable de trouver une orientation et plus tard un emploi en rapport avec les savoirs et les savoir-faire acquis. Nous voulons orienter vers la vie d’adulte des élèves motivés, prêts à exercer leur rôle de citoyen. Il nous semble normal qu’on veuille donner à tous les élèves cette chance...

 

Pour parvenir à ce but, nous voulons que les élèves soient investis dans des projets de production Ces productions ont des destinataires et/ou une intention de transformer l'état des choses dans et hors  l'établissement, dans l'écosystème physique et social, c'est ainsi que s'opère la promotion collective et l'apprentissage de la citoyenneté.  Nous voulons qu'ils soient aussi acteurs de leur formation, qu’ils donnent du sens à leurs apprentissages, qu’ils soient curieux du monde qui les entoure. Nous voulons qu’ils pratiquent la recherche et l'analyse des informations, la solidarité au quotidien, la démocratie, le respect des différences, la responsabilité, le travail d'équipe, la coopération, l’expression, la créativité.

 

            Nous voulons que le travail scolaire ait un sens et nous croyons que chaque élève peut y trouver plaisir et intérêt. Nous voulons une école qui reconnaisse et permette le développement de toutes les formes d’intelligence.

           

Nous souhaitons que le terme “ Éducation Nationale ” retrouve son sens plein et que le temps du collège soit celui du développement physique, intellectuel, social donc citoyen.  Nous voulons que l’orientation soit positive : l’éducation doit être source d’émancipation.

 

            Si les collégiens sont investis dans des projets socialement utiles, s’ils sont acteurs de leur propre formation, s’ils pratiquent la solidarité au quotidien par le travail en équipe et le tutorat, s’ils sont invités à s’exprimer et à être sensibles à l’expression d’autrui au cours de leur scolarité, on réunit les conditions de l’émergence d’adultes responsables, respectueux des différences, créatifs, à même de pratiquer la démocratie.

 

Avec qui ?

 

On ne peut créer un collège pour tous qu’en consultant tous les acteurs : les élèves, les parents, l’équipe enseignante et éducative..

 

Nous voulons que les collégiens soient impliqués dans toutes les décisions concernant la vie collective. Un fonctionnement coopératif permettra aux élèves, aux parents et à l’équipe enseignante d’élaborer ensemble les règles de vie, les pratiques : chacun pourra participer et discuter des différentes approches possibles dans un respect mutuel.

 

 

 

 

Avec quelle organisation ?

 

Notre philosophie de l’école mêle étroitement éducation et instruction dans un lieu de culture où l’on construit, transmet et produit des savoirs et des savoir-faire.

 

Pour que chaque acteur s’implique dans la démarche qui concerne sa propre formation, celle de son enfant ou de son élève, une atmosphère de bienveillance, d’écoute et de compréhension doit être mise en œuvre  par les enseignants. Ceux-ci devront donc posséder un haut niveau didactique et pédagogique, des connaissances en psychologie (pour la communication inter-relationnelle), et se montrer aptes au travail en équipe.

 

Or, ces exigences ne peuvent être assumées que par une équipe enseignante et éducative motivée et prête à s’impliquer pour la réussite du projet et le bénéfice apporté aux élèves. Une attention particulière sera donc portée aux nominations des personnes dans un tel établissement. Les premiers participants devraient être ceux qui auront joué un rôle dans l’élaboration du projet. Il est nécessaire d’introduire une certaine souplesse dans le système de nomination. Des dispositifs comme les "postes à besoins spécifiques” peuvent répondre à cette nécessité.

 

            Tous les savoirs des programmes officiels sont des outils qui doivent permettre à l’élève de mieux appréhender  le monde moderne. Les élèves qui ne perçoivent pas le rapport entre ces savoirs et le monde qui les entoure sont exposés au découragement et à l’échec.  Nous voulons que chaque élève s’engage dans des productions qui le concernent et qui vont lui permettre de faire le lien entre le savoir qui lui est enseigné et son utilité réelle par rapport à ses projets. Ainsi l’élève n’est plus un vase que l’on tente de remplir avec des savoirs, mais devient acteur et va lui-même puiser à la source du savoir par nécessité.

 

            Le développement optimum des potentiels de chacun et la mixité sociale sont possibles. Préserver l'hétérogénéité, atout important dans une pédagogie de projet, nous amène aussi à créer des groupes pour répondre aux besoins spécifiques de chaque élève.  L’interdisciplinarité et le travail en équipe révéleront le sens des apprentissages.

 

            Mener  de tels projets nous paraît être de la responsabilité des établissement publics qui sont les seuls à être accessibles à tous.

 

Avec quelles évaluations ?

 

Nous mettrons en place un système d’évaluation qui rendra compte des résultats de ce projet. Nous tenons à ce que les compétences évaluées à l’école soient effectivement exercées et entraînées à l’école et pas seulement hors de l’école comme c’est trop souvent le cas actuellement.   

 

            Ces évaluations doivent aider à faire comprendre les effets de pratiques mises en œuvre à partir de réalisations concrètes que nous voudrons valoriser et faire connaître.

 

            Nous évaluerons les effets d’une éducation à court, moyen et long terme non seulement en termes de connaissances et de savoir-faire scolaires, mais également en termes de comportements et d’attitudes citoyennes, sociales et professionnelles. Tous les acteurs de ce projet participeront aux évaluations, mais il y aura également un regard extérieur plus objectif.

 

Avec quels moyens ?

 

            Nous ne demandons ni plus ni moins de moyens qu’un collège classique. Nous ne cherchons ni à être privilégiés ni à  bouleverser tout le système : nous voulons, dès lors que le projet expérimental a été avalisé, qu’on nous laisse le mener avec l’assurance de ne pas devoir tout abandonner brutalement au nom de la conformité administrative ou de l’exigence soudaine d’un respect pointilleux du programme.

 

            En contrepartie, nous établirons un système d’évaluation et de suivi des élèves qui permettra de rendre compte régulièrement des résultats, système en cohérence avec le projet en particulier eu égard au court, moyen et long terme. : les résultats d’une telle action s’évaluent dans la durée. Nous souhaitons consacrer notre énergie à notre objectif d’éducation et d’enseignement, pas à des luttes administratives en vue de la pérennisation du projet.

 


Conclusion

 

Depuis longtemps des pratiques différentes sont en place de façon partielle dans beaucoup d’établissements (comme à  Mulsanne, la Bouture - collège/lycée élitaire pour tous, les lycées cogérés de St.-Nazaire et de Paris, etc. : voir Annexe 5 " les innovations" pour plus de détail),  mais elles sont jugulées par des considérations d’ordre administratif ou bureaucratique trop contraignantes  (horaires, répartition des locaux...) pour qu’elles puissent faire figure d’expériences concluantes dans des conditions normales. Nous voulons montrer qu’en Isère, une innovation pédagogique moderne qui respecte la personnalité et l’intelligence de l’enfant et l’accompagne vers une vie de citoyen épanoui peut exister, sans entrave et sans moyen supplémentaire, à la dimension de tout un collège.

 

Finalités et objectifs

 

La construction du savoir n'est pas un préalable, mais une réponse à un besoin existant ou suscité.  Il est nécessaire de pratiquer ce que nous voulons transmettre comme comportements à nos élèves.  Les élèves apprennent en faisant et en s’inspirant d’exemples.  Il est important de viser la promotion collective (l'épanouissement de chaque enfant) comme alternative à l'individualisme et la compétition.

 

Nous voulons réunir les conditions préalables à la réussite de tous. Cet objectif implique la mobilisation des compétences individuelles, le partage du savoir et l'entraide, la recherche d'informations et de méthodes, la construction et la production de savoir en vue de la réalisation de projets culturels, sociaux, environnementaux. Il bénéfice à tous et à chacun, développe le sentiment de solidarité, et permet la construction d'une culture commune qui intègre les différences culturelles. Puisque chaque enfant a sa propre histoire et culture, les mêmes solutions ne s'imposent pas pour tous. 

 

Nous pensons que la sélection n'est légitime qu'à partir du moment où une génération a reçu une culture commune de base.  Le problème réside dans la définition de cette culture de base et dans la façon de la transmettre. Il nous faut au minimum répéter que la maîtrise de la langue écrite devrait être la priorité des priorités dès l'école maternelle et tout au long de la scolarité obligatoire.

 

Nos objectifs : aider les élèves à :

·       savoir s'organiser collectivement, prendre des initiatives et des responsabilités.

·       savoir échanger et communiquer, s'exprimer et s'écouter, écrire et lire.

·       comprendre ce qu’ils vivent, penser et juger, élaborer une représentation du monde personnelle, ouverte, et globale.

·       s'émanciper en apprenant à s'informer, argumenter, réfléchir, prendre des décisions motivées et étayées.

·       être acteurs et coauteurs de leur propre développement et de leur formation.

·       pouvoir analyser et transformer leurs difficultés de manière positive ; savoir apprendre à apprendre, et ainsi  développer les capacités nécessaires à une formation personnelle tout au long de leur vie.

·       se former à l’auto-évaluation.

·       se connaître,  se respecter et respecter leurs différences ainsi que l'identité de chacun.

·       avoir confiance en eux pour se construire une identité en toute originalité et aller à la rencontre des autres et du monde, à travers tous ses cercles d’appartenance.

·       savoir coopérer  et s'entraider.

·       acquérir l'esprit scientifique avec ce qu'il comporte de doute méthodique, d'observation, de rigueur et d'humilité intellectuelle, de refus du dogmatisme, de remise en question des préjugés, et de prise de conscience de la complexité.

·       confronter son point de vue avec ceux des autres pour construire une culture commune, développer une ouverture dans la compréhension et le respect pour les autres cultures, jauger la complexité des réalités humaines et sociales, se plonger dans les autres approches de la vie et du savoir comme les arts, la sensibilité, l'intuition, l'imagination, la découverte, etc.

·       créer eux-mêmes à partir de leurs compétences et de leur imaginaire acquis en art, littérature, musique ou activités manuelles.

·       savoir bien vivre dans leur corps et s'en servir.

·       vivre d'autres rapports que ceux de la domination des hommes entre eux et des hommes sur la nature.

·       chercher comment vivre de manière à trouver du plaisir dans le travail.

           


Éthique

 

L’école est l’affaire de tous. Tout citoyen a droit à une éducation de qualité quels que soient son lieu de résidence et son niveau de connaissance. Tout enseignant qui se respecte se doit de porter le savoir plus haut et de permettre à chacun de le reconstituer et de le développer par lui-même. Il s'attache à prévenir l'échec dans l'acquisition des connaissances au lieu de le sanctionner. Il s'engage à solliciter auprès de ses pairs l'étude de la validité de ses méthodes et considère comme une obligation de montrer en ce domaine le plus grand esprit d'initiative possible. Il s'efforce de relier le savoir à une pratique sociale, non seulement pour la réussite aux examens ouvrant droit à l'insertion professionnelle, mais aussi pour l'exercice quotidien de la citoyenneté.

 

            Ces principes  fondent notre  pratique éducative :

 

A. Le respect de l'enfant et du jeune, mais aussi de l'adulte.  Les adultes ne seront vraiment autonomes et responsables que s'ils ont été, enfants, les coauteurs actifs de leur formation.  Ils ne seront respectueux des autres qu'à la condition d'avoir été eux-mêmes respectés dans leurs droits, c'est à dire d'avoir pu choisir leur propre voie. 

 

B. La convivialité.  Le travail et le plaisir peuvent aller de pair.  La relation sociale est essentielle. Chacun a le droit d'être lui-même dans le respect d'autrui.

 

C. La communication sans jugement des personnes..  Un dialogue et une autorité partagés entre tous au lieu d'être concentrés dans les seules mains du maître.  Un jeune n'apprendra le respect que si l'adulte l'écoute sans le juger, pose ses propres limites et exprime ses exigences.

 

D. La coopération et la solidarité.  C'est leur apprentissage actif qui sera la meilleure préparation à une vie démocratique par laquelle les citoyens désirent maîtriser leur destin collectif.

 

E. La formation des esprits à la liberté de conscience et de penser, à la diversité des cultures et des approches de la vie et du savoir où l'image et la place de la femme sont autant valorisées que celle de l'homme.

 

F. La formation à la connaissance de son corps, de ses sentiments, de son imaginaire...

 

G. Une approche où l'élève est actif et met en pratique ses connaissances.

 

H. Aucun endoctrinement politique, religieux, sectaire ou idéologique : nous avons chacun nos valeurs et chacun s'exprime librement.

 

I. Aucune exclusion, on enseigne à tous. Le collège que nous proposons est un établissement à part entière  :

1.  qui accueille les élèves définis par  les collectivités concernées.

2.  où les enseignants s’engagent à faire progresser chacun des élèves en prenant en compte de façon fine ses acquis à l’arrivée au collège dans des groupes formés en fonction des besoins,

3. où les enseignants conduisent les élèves aux objectifs de fin de collège (brevet d'études fondamentales) et les inscrit dans les procédures habituelles d’orientation vers le second cycle.

4. où les différences (entre élèves, entre adultes, entre élèves et adultes) peuvent s’exprimer comme une complémentarité et une richesse permettant à des groupes de conduire des projets sur la base de l’hétérogénéité,

5. qui offre à chaque élève les conditions optimales pour un travail personnel encadré où la solidarité entre élèves peut s’exercer et où un professeur aide chacun à piloter ses apprentissages,

6. où chaque élève et chaque adulte sont acteurs du projet avec des procédures instituées de concertation, de prise de décision, d’évaluation et de correction possible du dispositif mis en place,

7.qui prépare la possibilité d’une orientation positive vers les voies technologiques et professionnelles…

J. La coéducation. Le collège que nous voulons est un établissement dans lequel tous les adultes se sentent collectivement responsables du devenir scolaire et global de chacun des élèves, en lien avec :

1. les parents,

2. les professionnels travaillant normalement en partenariat avec l'école,

3. tous les citoyens qui veulent participer à l'opération.

Pédagogie et didactique

En général

Si l’instruction a pour but de "former" le jugement, le contrôle de soi, les connaissances, les aptitudes à l'intégration sociale et professionnelle,  l’utilisation d’outils  pour une autonomie critique, ceci ne sera que plus efficace si l’élève est accompagné dans un esprit d’aide pour son développement et son épanouissement. On ne peut pas séparer la transmission des savoirs d'une relation et d'une pratique sans nuire à l’un et à l’autre.

Nous associons l’acquisition des connaissances de base et d’autres qui permettront l’épanouissement de la personnalité : esprit de coopération, de responsabilité, de comportement social, autonomie, sens artistique…  Un élève d’aujourd’hui doit devenir capable de faire face à des situations imprévues grâce à sa curiosité, son aptitude à chercher, à analyser des informations, les comparer et les confronter à ses savoirs antérieurs, et à choisir utilement.  La construction du savoir suppose que l’élève se sente impliqué :  le plus souvent, on n’écrit pas pour soi-même, mais pour quelqu’un.  Le va-et-vient  entre la théorie et l’expérience, un “ tâtonnement expérimental ”, est essentiel pour enraciner le savoir dans le vécu et l’imaginaire d’un élève.  Un projet exige de la recherche, l’élaboration d’hypothèses et leur vérification avec conclusions… mais cette démarche n’a rien à voir avec la non directivité : l’organisation d’un tel travail est exigeante, rigoureuse.  Nous sommes convaincus qu’apprendre demande efforts et entraînements. Nous sommes également convaincus que des apprentissages effectués sous la contrainte ou sans conscience de leur utilité sont infructueux. Chacun apprend selon des procédures qui lui sont propres, selon son histoire, ses rythmes, sa maturité. La prise en compte de l’individu est nécessaire contre l’échec scolaire.

 

A. Pratiquer ce que l'on enseigne et apprend. Si l’on veut promouvoir une culture favorisant l’autonomie, la responsabilité, la solidarité, l’adaptabilité, la mise en œuvre des savoirs, l’honnêteté et la cohérence exigent que l ’équipe éducative les pratiquent en premier lieu. Les élèves apprennent en faisant et en imitant le comportement des adultes.

 

B. La sociabilité est à la base de tout système social, y compris l'école, et elle est fondée sur un contrat.

Les activités coopératives à l’intérieur de l’école sont d’excellentes expériences démocratiques dans la gestion d’un atelier. Mais elles ne prendront que peu de signification pour l’élève si la communauté scolaire  fonctionne de façon contraire.

 

La sociabilité est à créer sur la base d’un contrat par lequel, de manière explicite ou non, chacun des participants règle son action selon l'évolution de la relation dans laquelle il est partie prenante. Il va de soi que, dans l’évolution de cette relation, l’espoir d’atteindre l’objectif de formation joue un rôle.

 

Tant que cette organisation qui lie les êtres entre eux évitera l’échec, lèvera les inhibitions face au savoir, elle se prorogera d’elle-même. Cet objectif requiert l’implication de chacun des membres de la communauté scolaire dans le respect du contrat. C’est pourquoi l’école doit adopter le principe de fonctionnement démocratique.

 

C. Promotion collective (ou fraternité) et développement individuel.

Ceci implique de chercher le bien commun et  “l’émancipation” de l’individu par des pratiques coopératives d'entraide scolaire, de tutorat entre élèves, d'échanges et de partages de savoirs, avec suppression des notes, des classements et des incitations compétitives. Faire partager leurs cultures, goûts et compétences  afin de cultiver le respect et la conscience sociale. C’est l’émulation positive et un rapport intelligent et vivant à des savoirs reliés qui permettent à chacun d'aller jusqu'au bout de son potentiel intellectuel et humain.

   

Dans la pratique de cette pédagogie, l’expérience montre, surtout quand les réalisations issues de projets collectifs sont présentées par les enfants eux-mêmes, que les compétences et la fierté de ceux-ci provoquent un intérêt réel auprès des parents de tous les milieux. La “réussite” de leur propre enfant reste tout naturellement prioritaire, mais le désir se trouve modifié, réorienté. Les "chefs-d’œuvre pédagogiques" les "TPE" (Travaux Personnels Encadrés) réalisés dans ce climat de promotion collective, de fraternité, provoquent les mêmes effets.

 

D. Prise en compte des spécificités des élèves et de leurs besoins au centre d'une véritable équipe.

              Les programmes et le confort des enseignants ont trop souvent la priorité sur les élèves, leurs intérêts, leurs besoins. Il y a moyen de prendre en compte les intérêts et l’expérience des élèves à travers la conduite de projets menés en équipe et marqués par leur caractère inter-disciplinaire et qui les aideront à  développer leur autonomie, leurs goûts, leur créativité, leurs capacités sociales, leur conscience des liaisons entre diverses disciplines. Ceci nécessite la mise en place de groupes d’âges et de compétences hétérogènes et une implication personnelle des enseignants. Cette pratique permet une ouverture sur l’environnement social et naturel, un véritable travail d’équipe avec ce que cela suppose en termes d’ouverture, de tolérance, de solidarité et de qualités de sociabilité.  Le groupe doit expliciter son accord sur les valeurs qui le concernent  et l’enseignant n'est plus seulement représentant d'une discipline, mais il devient également tuteur.

             

            Nous œuvrons pour un climat de sécurité et d'acceptation de la différence, une attitude pédagogique favorable à la curiosité intellectuelle, une évaluation qui ne soit pas sélective, une organisation qui permette à chacun de prendre sa place dans le groupe et de se sentir responsable.

 

E. Respect des rythmes et modes d'apprentissage de chacun.  

En conformité avec le principe précédent, il est souhaitable de proposer plusieurs façons de faire, laisser du temps pour que chacun puisse intégrer les informations et procéder à son rythme par l'aide individualisée, les groupes de niveaux.

 

F. Participation des élèves aux décisions, débats, et  discussions.

 Ceci découle aussi des principes précédents. Les élèves doivent pouvoir discuter et décider ensemble avec l'équipe pédagogique pour ce qui concerne la gestion du quotidien, le montage de projets,  afin de laisser se développer des initiatives, l'expression collective, l’apprentissage de la démocratie... Exercer ses droits, assumer ses devoirs dans des lieux de parole, de gestion, de décision forment l'esprit. Ainsi les conseils d'école, la cogestion, un hall d'information avec affichage, la production d’émissions de radio, des cahiers de vie, et des journaux d'opinion font tous partie des activités scolaires à part entière.

 

G. L'importance de l’exemple, de la communication, et de la discipline.

En tant que personne, il est souhaitable que le professeur soit sincère, épanoui, vivant, et stimulant dans sa façon d'être et de présenter son savoir. Rendre un cours agréable lie le travail au plaisir et donne envie aux élèves de pratiquer l'émulation.  Écouter et respecter l'élève pour établir une véritable relation avec lui est essentiel pour sa motivation.

 

Néanmoins, il est nécessaire d'instaurer une certaine rigueur et intensité de travail pour préparer les élèves au monde extérieur. L'évaluation, discutée plus loin, constitue un repère.

 

Pratiquer et faire pratiquer la communication interpersonnelle et les principes de médiation de vie de groupe sera très utile en cas de conflit  et enrichissant tout au long de l’année.

 

La discipline est le respect des principes nécessaires à la vie en société.  Établir  collectivement les règles en vigueur dans l’établissement et envisager d'un commun accord les sanctions liées à leur transgression devraient favoriser leur acceptation et provoquer une amélioration par rapport aux établissements où le règlement est imposé.   Cet accord facilite la prise de conscience du comment vivre en société. Les professeurs, formés aux techniques de la communication, pratiqueront eux-mêmes et apprendront aux élèves la nécessité en société d'écouter l'autre, d'exprimer ses besoins sans heurter ou juger, de respecter les limites que l'autre pose ou de discuter ensemble du pourquoi de son désaccord.  Le professeur pose les limites qui lui semblent nécessaires.

 

La parole joue un grand rôle pour éviter le passage à l’acte. Le conflit permet une révolte qui reconnaît l’autonomie et l’exercice de la liberté.  Nous privilégions la résolution des conflits dans le respect mutuel avec écoute et médiation sans jugement ou parti pris, mais être en conflit ne justifie pas le non-respect du règlement. 

 

Dans un contexte où l'activité est bien structurée et l'élève est respecté, reconnu, écouté, aidé et peut  s'exprimer, la  discipline risque de poser moins de problèmes.

 

H. Mettre en œuvre la pédagogie des projets et la transdisciplinarité.

Ceci permet aux jeunes d'être acteurs de leur formation, d'en comprendre le sens, de favoriser leur expression, leur créativité et leur propre émancipation, tout en leur apportant une reconnaissance sociale.  Qu’elle soit individuelle, en groupe, ou pour toute l'école, cette démarche est très enrichissante.

 

Le travail sur projet engage tous ceux qui s’y impliquent dans un travail complexe, utile, dénué d’artificialité, qui permet à chacun de donner le meilleur de lui-même et d’éprouver les liens entre des disciplines traditionnellement cloisonnées.. Le Rapport Joutard relève que ces projets peuvent donner le goût permanent d'apprendre et propose des parcours de découverte. Une logique de projets préside à l’intervention des enseignants, imposant l’articulation des différentes disciplines et un travail en équipe,  Du côté de l’élève,  elle implique travail en équipe et  travail autonome. Elle est au centre des activités menées au collège et donc liée aux programmes ; elle conduit à une production évaluée.

 

Créer un chef d'œuvre pédagogique permettra aux élèves d’approfondir leurs propres centres d'intérêt et de compétence et d'obtenir de la reconnaissance.

 

I. Méthode scientifique, expérimentation, tâtonnement, analyse d’erreurs, auto-évaluation  et entraînement à la recherche documentaire:

Ceci facilite la construction de savoirs qui ont alors un sens, et aide les élèves à analyser eux-mêmes leurs erreurs, de faire de l'auto-évaluation et de décortiquer les informations en général : déconstruction des représentations, distanciation, décentration, d’une part, élaboration d’hypothèses, expérimentation d’autre part conduisent, avec l’apport d’informations, à la formulation de règles et de lois.

 

J. Entraînement à la recherche documentaire (Structurer l'apprentissage pour que les élèves développent la capacité de réfléchir, de rechercher, et d'apprendre de manière autonome.)

Travailler en groupe, participer à l’oral, s’auto-évaluer, se relire et se corriger, participer à un débat,  défendre correctement son point de vue, écouter font partie de ce que l’on nomme, en Sciences de l’Éducation, “ l’autonomie ”. Elle s’apprend le plus souvent par le biais des parents, ou de l’entourage. Si l’école offre des occasions, des sollicitations, des aides techniques, des mises en situation, elle peut devenir un lieu où les savoir-faire dans le domaine de l’autonomie feront l’objet d’un réinvestissement constant. Ainsi l'élève deviendra-t-il capable de s’assumer et donc de devenir un citoyen libre.

 

De la même façon, apprendre aux élèves à rechercher eux-mêmes les informations contribue au développement de leur autonomie.  Ces ressources doivent être accessibles à tous (et non pas réservées aux élèves qui peuvent les trouver dans leur environnement familial, social ou culturel). Certaines de ces ressources seront disponibles au sein de l’établissement lui-même : bases de données, livres, CDI, leçons et cours. Bien entendu, l'accès aux ressources  du  milieu familial, de l’environnement social, y compris des élèves-ressources est à faciliter également.

 

Les élèves conduiront des recherches individuelles et en groupe, en feront le compte rendu devant un enseignant, réaliseront des exposés en cercle d’étude avec leurs camarades.  L'écriture y tiendra une place prépondérante.  (Voir annexe 3 pour plus de détails sur la recherche.)

 

K. Pratique et développement de l'usage de l'écrit.

Axé sur le sens, il s'agit d'une production fonctionnelle d'écrits (cahiers de vie, journaux, circuits courts, expositions, mais aussi courriers, construction de sites) et de leur utilisation (informatifs, sociaux, culturels, la littérature jeunesse) Il s'agit de "déscolariser" l’écrit en lui donnant du sens, en lui attribuant sa fonction de communication, d’expression, d’information, de plaisir.

 

Pour les recherches, le travail d’écriture accède au sens fondateur dans une volonté de communication. C’est pourquoi on invite les élèves à la rédaction au propre d’un livre lisible par quiconque et diffusé ne serait-ce qu’auprès de ses camarades.

 

Rien ne vaut la pratique sociale. L’élève aura, en conséquence, tout intérêt à prendre ses responsabilités dans les groupes auxquels il participe, à devenir acteur et, par exemple, à publier.

 

Les publications occupent  une place dans la formation de la communauté ; il serait souhaitable que chaque élève, à l’image des écrivains, devienne formateur par ses écrits en les rendant publics et prenne en charge, par exemple, les plus jeunes.

 

Ces arguments permettent de justifier aussi  des exposés individuels ou vidéos, dans le cadre des travaux en groupes d’étude ou en ateliers, mais aussi pour dispenser la connaissance auprès de la communauté locale, soit dans l’école, soit à l’extérieur de l’école. Il ne doit pas s’agir de culte de la performance mais d’un besoin mutuel de libération. C’est seulement dans une relation généreuse que l’école peut effectivement devenir le lieu d’un savoir plus attractif.

 

Dans l’école, l’atelier de diffusion est prévu pour parvenir à publier, sous la responsabilité d’un comité de lecture, animé d'un esprit d'auto-évaluation et de communication non-violente.  (Voir Annexe 4 pour plus de détails sur la lecture et l'écriture.)

 

L. Fonctionnalité des apprentissages. Prise en compte du  milieu et des savoirs antérieurs de l'élève afin de rendre son apprentissage sensé et durable. 

 Il est important que l’élève sache engranger des connaissances, mais nous voulons d'abord poser la question "pour quoi faire ?"              L’essentiel est que les élèves aient plutôt des têtes bien faites que bien pleines. La priorité ne revient pas tant à l'accumulation de savoirs, mais aux modes de pensée et aux savoir-faire fondamentaux.  La pédagogie de projet et l'interdisciplinarité permettent à tous de se réaliser et d'apprendre à faire face à des situations imprévues grâce à leur créativité.

 

Le Monde de l’Éducation de mai 2000 observe par exemple : "On n'enrichit pas son vocabulaire pour parader aux yeux de ses pairs, mais parce que l'on a compris la nécessité de nommer avec précision les éléments du monde. On ne respecte pas les règles de la grammaire par simple souci de conformisme, mais parce que l'on veut s'assurer que les autres pourront saisir avec exactitude ce que nous leur disons. En d'autres termes, on se donnera la peine de maîtriser la parole, la lecture et l'écriture uniquement si l'on a été invité et incité à sortir d'un cercle étroit de familiarité et de connivence à l'intérieur duquel cette maîtrise n'est pas requise."          

 

Ainsi, on apprend pour vivre et pour agir ici et maintenant.  Ainsi une production socialisée est-elle souvent porteuse de sens pour l'élève.

 

Tenir compte du savoir antérieur est une reconnaissance et un outil de construction du savoir encore à acquérir.

 

M.  Cultiver l'émulation, la curiosité, le plaisir, le jeu, et la reconnaissance comme motivations. 

Ce que l'on apprend doit être  une  réponse à  ses  interrogations.   Donner  une  image  gratifiante  du savoir suppose que l'on l'offre à un public dont l’élève attend une reconnaissance : ses camarades, ses professeurs, les parents et tout environnement humain. Donner des spectacles, organiser des expositions, mettre en place des vitrines, échanger en forum, jouer de façon collective et inviter le public le plus divers.

 

 Donner une image positive du savoir passe aussi par le jeu. Le théâtre, la simulation, des jeux de mots et de concepts activent l'esprit et permettent son déplacement vers l’universalité et  l'acquisition des savoirs.

 

N.  Ouverture aux autres, à l'environnement physique et humain et à soi même.    

Correspondance, projets communs, voyages et sorties, classes transplantées, cahiers de vie sont autant de façons d'explorer le vaste monde.  S’interroger sur les événements, la vie du quartier, produire un journal d’opinion sont autant d’ouvertures qui participent à la construction de la citoyenneté.

 

O. Systématisation des savoirs par mémorisation, répétitions.

 Ceci est facilité par l'utilisation des techniques modernes (logiciels, CD-ROM, internet par exemple, la répétition, des logiciels d'entraînement à la lecture, intégrés au processus de lecture experte (AFL -ELSA -ELMO – IDEOGRAFIX), maîtrise des outils audiovisuels et informatiques (par la production C.A.V.)…

 

P.  Analyse des raisons de dérives.

Dans cette recherche personnelle en lien avec un projet, l’enseignant devra porter attention à cinq dérives possibles : la répétition et la régression, faute d'investissement, l’égarement à cause d'une dispersion, l’embrouillement par défaut à cause d'un investissement resté trop superficiel, et l’embrouillement par excès d'investissement dans l'intellectualité. Ces dérives provoquent aussi bien l’une que l’autre une inhibition face au savoir, qu'il est impératif de ne pas renforcer.

 

Le rôle de l’enseignant est donc d’analyser la difficulté au regard d’un système de savoirs. Il faut qu’il connaisse ce système. Évidemment, une connaissance de la psychologie lui sera du plus grand secours.

 

Q.  Conditions de mise en œuvre.

Ces stratégies éducatives requièrent aussi un certain nombre de conditions : formations adaptées, adaptation des locaux, possibilités de travail avec des effectifs modulables, organisation des services facilitant concertation et travail en équipe afin d'élaborer des projets collectifs avec des évaluations régulières et approfondies, afin de procéder à des ajustements éventuels. Ces évaluations obéissent à un souci de transparence du fonctionnement du système éducatif et requièrent l’hétérogénéité : base pour la coopération, la connaissance et le respect de l'autre, la citoyenneté.

 

R. L'articulation entre cette structure et le programme. 

Toutes les matières traditionnelles seront intégrées dans les projets pédagogiques montés ensemble avec les élèves. L'équipe éducative veille à l'inclusion des thèmes essentiels, au travail sur des objectifs de base, et aux contrôles nécessaires afin de s'assurer que les programmes sont correctement assimilés.   Pour ce faire, la journée, la semaine et l'année sont organisées en blocs de temps plus souples afin de permettre les regroupements pour présenter les bases dans un domaine précis, faire ressortir les liens entre différentes disciplines, traiter les besoins individuels, laisser du temps pour les recherches et les débats nécessaires à la production. 

           

NB. Pour quelques commentaires sur la manière d'aborder certaines disciplines, veuillez vous reporter à l'annexe "Programmes".  Pour plus d'information sur le traitement du programme par rapport à l'organisation de la journée, voir plus loin la section qui porte ce titre.

 

Fonctionnement et Gestion

 

A. Fonctionnement coopératif de l’école.

Place à l’émulation  dans la construction de projets où chacun trouve sa place et où s’opère la promotion de tous ! Chacun – jeune et adulte – doit participer à l’organisation du travail et de la vie de la communauté scolaire. Les pouvoirs sont partagés, dans le respect des droits et des devoirs de chacun.

           

B. Structures de décisions : la coéducation.

Instituer la participation active de tous les partenaires à la gestion de l'école :

 

*Prise de parole, écoute et débats, pour faire émerger une citoyenneté collective et faire reculer les violences à partir des principes de la communication non-violente et démocratique.

 

*Transformer les statuts des enfants et des enseignants par un respect réciproque. Les élèves notamment sont consultés, écoutés, et considérés comme de véritables partenaires.  Leurs réactions aux méthodes d'enseignement, leurs idées sur les projets qu'ils souhaiteraient réaliser, et leur participation à l'organisation matérielle du travail  sont intégrées à notre démarche, ainsi que l'expression de leurs différents besoins, nécessaire pour une école épanouissante. Les élèves se réunissent régulièrement pour débattre (parfois avec et parfois sans l'équipe pédagogique) de la vie dans l'établissement.

           

*Élection d'une équipe collégiale pour instaurer la gestion de l'établissement par les élèves, les parents, les professeurs, les autres personnels, ainsi qu’un représentant des collectivités locales, cela avec une responsabilité collective. Le chef d'établissement anime cette équipe qui a le pouvoir de décision (voir plus loin le paragraphe sur "le recrutement, le statut et l'engagement, partie D, chef d'établissement")

 

*Engagement de chacun sur le contrat de l'établissement et de son projet, élaboré à partir d'un travail collectif avec tous les partenaires de la communauté éducative : élèves, professeurs, et parents.

 

*Participation des parents dans les projets et processus d'apprentissage. La sélection de professeurs sur profil se fait lorsque des projets pédagogiques précis existent et le nécessitent.  Transformation de l'inspection en aide au développement professionnel. 

 

*Un temps de travail est dégagé pour que les équipes de professeurs et les élèves puissent participer aux décisions, à la gestion, et à une vie sociale.

 

*Une évaluation de l'activité pédagogique est conduite par des instances élues par des parents, élèves, et professeurs. Ses membres siègent pour une durée limitée et établissent un rapport sur les équipes, sur le fonctionnement de l'établissement, sur les décisions du C.A.   En plus l'autocontrôle des équipes pédagogiques et les relations directes équipes-usagers complètent ce nécessaire regard social sur l'activité individuelle du personnel.  (voir aussi évaluation ci-dessous)

 

            *Dialogue avec la communauté environnante (voir le paragraphe plus loin à ce sujet).

 

*Conseils d'enfants, conseils d'école, radio interne, journaux en circuit court, journaux d'opinion, hall d'information.

 

*Lien avec les structures de formation : appui pour la formation des enseignants et ouverture à des stagiaires pour alimenter échanges, réflexion, informations, confrontations, et recherches.

 

*Formation d'élèves médiateurs.

 

            Le Conseil d’administration ou une commission déléguée par lui élabore un projet éducatif après consultation de tous les acteurs et élit un directeur pédagogique ; le chef d'établissement reste chef du personnel et de la gestion de l'établissement mais la délégation de ces tâches reste possible.

 

Pour la transparence des consultations, les procédures choisies devront se calquer sur celles de la République.

 

Nul ne peut nier que les parents sont des "co-éducateurs". Si l'école doit rester le lieu où l'enfant échappe à la tutelle parentale, ce n'est pas une raison pour lui faire subir une incohérence éducative ; d'où la nécessité de dialoguer avec les parents sur le bien fondé des objectifs poursuivis. Dialogue d'autant plus fructueux que pourront être présentées concrètement les réalisations, les compétences acquises, les démarches de construction et de production de savoirs. L'effet dialectique est considérable. Les adultes découvrent l'enfant sous un angle nouveau, lui reconnaissant, de fait, un statut de personne à la conquête de son autonomie, ayant des droits et des devoirs. Les enseignants découvrent les parents, leur culture, leurs difficultés et comprennent mieux l'enfant. Mieux compris, le comportement de l'enfant s'en trouve transformé sur le plan scolaire. Le statut social de l'enseignant en bénéficie. Les enfants découvrent aussi d'autres adultes et sous d'autres angles.

 

Le dialogue peut être partiellement collectif (notamment avec les associations)  mais il doit aussi être individuel. L'instauration de rencontres individuelles trimestrielles est indispensable. Que l'instituteur ou le prof "tuteur" passent 20 ou 30 minutes avec chaque famille, c'est un gain de temps pour les apprentissages des enfants. Un temps consacré à ces rencontres doit être dégagé à cet effet.

 

C.  Étapes de mise en place d'activités

            Les étapes suivantes feront partie de l'organisation des activités menées par l'école :

            1.  identification des besoins et formulation des objectifs avec les élèves et leurs parents.

            2. établissement des horaires et préavis des intéressés en cas de changements.

            3.  mise en place d'un programme pédagogique ou d'un projet qui respectent les intéressés.

            4. rédaction d'un contrat qui précisera dates, horaires et lieux.

            5. préparation du matériel, des lieux, des manuels d'instruction...

            6. réalisation des projets ou des activités.

            7. relevé des présences.

            8. évaluation de l'activité, du formateur, de l'animateur et de l'élève.

            9. rédaction d'un rapport de stage pour la cohérence pédagogique.

 

D. Responsabilités des élèves.

1.       Prévenir l'école dès que possible des absences.

2.       S'engager à suivre leur apprentissage dans l'esprit du collège décrit dans la philosophie pédagogique :  démocratie,  convivialité, non-violence, solidarité, respect d'autrui...

3.       Respecter les personnes, les lieux, et le matériel de l'école.

4.       Signaler toute question sur le fonctionnement ou la pédagogie aux responsables d'école et les tenir au courant des changements de situation de l'élève (adresse, état civil...).

5.       Rester avec le groupe dans le lieu du cours ou de l'activité pendant le déroulement de ceux-ci, ne quitter les lieux qu'avec l'accord de l'équipe.

6.   Assumer la responsabilité de leurs biens sur les lieux. Le collège ne peut assumer la

responsabilité pour des vols ou des dégradations dont feraient l'objet ces affaires.

7.  Assumer leur part de responsabilité pour la gestion de la bibliothèque, journal et autres projets

     organisés dans le collège.

 

E. Communication interne

            Outre le conseil d'administration,  les élections, et les réunions prévues (voir organisation de la journée scolaire), il y aura un journal du collège, des rencontres individuelles, des panneaux d'affichage et des notes administratives pour l'équipe enseignante.

 

F. Communication externe : parents, partenaires.

            Voir "Organisation de la journée scolaire" et "Relations de l'établissement avec son environnement".

 

 


Organisation de la journée scolaire

 

A. Accueil des élèves : expression orale   8h30 – 9h.

Groupes avec tuteurs : les lundis et jeudis.  Les élèves retrouvent leurs tuteurs avec 8 à 12 autres élèves pour discuter des problèmes personnels, scolaires, ou tout sujet les intéressant. Le tuteur les écoute, anime la discussion.  Cet adulte sera le référent de l’élève pour l’année ; il sera le principal interlocuteur des parents ; il encadrera le travail individuel de l’élève, l’aidera à faire des choix, encouragera les interactions positives entre les élèves de son groupe, assurera la médiation avec les autres professeurs en cas de besoin.

 

Dans ce groupe multi-âges, l’élève trouvera sécurité et soutien pour sa vie dans les domaines scolaire et péri-scolaire, privilégiant les relations mutuelles.

 

Rencontres individuelles : les mardis et vendredis.  Le tuteur reçoit les élèves de son groupe individuellement selon les besoins afin de mieux suivre leur scolarité et prévenir les difficultés éventuelles, réservant les sujets sensibles pour ces rendez-vous en tête-à-tête.  Il peut aussi proposer des sujets de discussion afin d’explorer les argumentations. Mis à part l'apprentissage des techniques de communication interpersonnelle appliquées ici, prendre, respecter la parole et explorer les situations sans formuler de jugement constituent un échange qui permet en outre d’identifier des problèmes extérieurs en amont de l’école.

 

Dans le souci de maintenir le plus rigoureusement possible une autorégulation, la difficulté la plus complexe à résoudre est celle de l’expression par les élèves de leurs problèmes scolaires. Cette appréciation ne saurait bien se formuler ou s’analyser en vastes groupes, de plus en présence d’un enseignant porteur d’une image d’autorité. C’est pour cette raison que les séances d’entretien sont indispensables, car elles sont l’occasion pour chaque élève dans chaque discipline de pouvoir confier ses difficultés. Il est également intéressant de prévoir que l’élève ne soit pas tout à fait seul au moment de l’entretien s’il ne le souhaite pas, c’est à dire qu’il ait la possibilité de recevoir le soutien des camarades de son choix.

 

 Expression collective : Les mercredis. Tous les élèves se rassemblent en plusieurs groupes d'expression collective avec un professeur et expérimentent des  procédures démocratiques, la tenue d’assemblées générales par exemple. S’exercer à débattre, créer et faire respecter la règle, gérer la vie de l’école, exposer à tous les propositions impliquent les élèves dans les décisions qui les concernent, c’est le but d’une réelle éducation à la citoyenneté.

 

Entraînés et bien préparés à cette gestion coopérative en  groupes plus restreints dans les activités de projet ou d’atelier, les élèves éprouvent le sentiment que leur parcours intellectuel et social leur appartient puisqu’ils en sont les acteurs. Ils peuvent ainsi s’attacher plus solidement à l’école, celle-ci devenant de plus en plus la leur au fur et à mesure des progrès de leur autonomie ; la communauté scolaire prend vie.

 

B.  Projet interdisciplinaire : 9h05-11h, lundi, mardi, jeudi, vendredi, et 13h30-14h55,  lundi et jeudi   avec une pause mobile  de 10 minutes selon l’organisation des projets en cours et à la demande des élèves.

 

Les élèves rejoignent des groupes de 20 à 26 élèves  rassemblés dans une salle. Le projet défini entre élèves et enseignants est de nature interdisciplinaire employant des compétences transversales communes à plusieurs matières. Dans le respect des objectifs généraux des différentes disciplines, il se situe clairement dans les programmes. Son objet est l’acquisition de savoirs et savoir-faire formant le socle commun de connaissances attendues en fin de collège. A travers les différents thèmes étudiés, il propose la mise en valeur du sens général, de notions et de références fondamentales.

 

Chaque élève participe à 2 projets au choix par semestre dans des domaines différents (dominante "culture scientifique et technique" ou "culture des humanités" ou "maîtrise des langages") qui rassemblent diverses disciplines. Plusieurs enseignants participent donc au projet, de manière continue ou ponctuelle, des parents volontaires ou intervenants spécialisés sont sollicités, le directeur de projet, présent de façon permanente, coordonne les travaux

 

Par exemple, si le projet concerne l'architecture, cela permet d'aborder la physique (résistance des matières), les mathématiques (calculs de courbes et de forces), l'histoire et la géographie (textes sur des religions, les civilisations, l'urbanisme…), le dessin (reproduction et invention de formes), la rédaction (argumentation pour défendre ou critiquer le style d'architecture, l'utilisation de l'espace, l'urbanisme), et des textes littéraires (poèmes sur New York, méditation sur un temple Bouddhique…)

Si le thème est l'industrialisation, cela  permet d'aborder l'histoire et la géographie (de la révolution industrielle, de la sociologie des classes ouvrières et dirigeantes),  la physique et la chimie (formes d'énergies, la combustion, évaluation de la pollution, les matériaux), la littérature (textes réalistes de Zola, et en révolte contre la technologie de Wordsworth), la peinture (mouvements du 19ème siècle), les mathématiques (statistiques démographiques, calculs des niveaux de pollution), etc.

 

 A la fin de chaque cycle de deux ans d'études, pendant le dernier, chaque élève consacrera le temps de projet à la création d'un chef-d'œuvre pédagogique selon ses centres d'intérêts, qu'il concevra en accord avec un directeur de projet. La présentation de sa production  fera la démonstration de savoirs et de compétences acquis dans divers domaines pendant sa scolarité.

 

C.  Groupe de besoin : 11h05-12h15.

En fonction de leurs besoins, les élèves se répartissent en petits groupes pour travailler les maths, les sciences, le français, l’histoire/géographie, les langues, ou d'autres domaines nécessaires pour la réalisation du projet. Chaque professeur propose dans sa matière des travaux à partir des objectifs généraux des programmes et liés à la fois aux différents projets menés.

 

D.  Repas suivi d’un temps de repos : 12h15 à 13h30.

Les élèves participent à la mise en place du repas et à l’entretien des locaux. Les adultes présents mangent avec  les élèves dans la convivialité d’un moment d’échanges.  

 

E. Travail personnel : 13h30 à 14h50 les mardis et jeudis.

Chaque élève accomplit des tâches, des exercices, effectue un travail autonome sur des fichiers autocorrectifs , mène des recherches documentaires ; définis par l’élève et son tuteur, ces travaux font l’objet d’un contrat qui individualise son parcours, lui permet d’être plus motivé, de se sentir acteur de sa formation. Avec l’aide du tuteur et en compagnie de son groupe d’accueil du matin, chaque élève se concentre sur la réalisation d’objectifs précisés en groupe de besoin.

 

F. Ateliers : 15h à 16h30 les mardis et vendredis.

Les élèves  s’inscrivent dans un atelier de leur choix qui traite un aspect du thème des projets. Selon les activités proposées par les adultes, professeurs, parents ou intervenants spécialisés, les élèves écrivent des histoires, montent des pièces de théâtre, fabriquent des objets, pratiquent des activités d’arts plastiques, d’art culinaire, de musique, corporelles (danse, arts martiaux, sports), participent au journal du collège, préparent une conférence, une fête, une sortie scolaire etc.   (voir annexe 2).

 

G. Moments particuliers. 

Une fois par semestre, est organisée la présentation publique des projets réalisés, suivie d’un temps d’échange où sont valorisées les connaissances acquises par les élèves devant l’ensemble des professeurs et parents. Des conférences et expositions en rapport avec  les projets les complètent. Des moments de festivité, représentations d’apprentis artistes, d’apprentis chercheurs et d’artistes ou chercheurs professionnels affirment l’expression des membres de la communauté par la reconnaissance du public et  de leurs pairs .

 

Les échanges de savoirs (arbre des connaissances) où un réseau est établi indiquant les connaissances de chaque élève et professeur, ainsi que celles des parents qui le souhaitent, permettent de proposer des  aides à d’autres tout en se valorisant.

 

H. Concertation de l’équipe éducative : 15h-16h30 les jeudis 

Cette réunion de travail des enseignants est un temps indispensable pour affiner les projets, l’évaluation et le suivi pédagogique, la gestion de la vie scolaire. L’appel à des personnes ressources, y compris des parents ou d’autres professionnels, y est discuté.

 

Après 16h30 et pendant la journée scolaire, il y a d’autres moments disponibles pour les professeurs aussi pour ce genre d’activité.

 


I.  Résume de l'organisation :

 

heure

lundi

mardi

mercredi

jeudi

vendredi

8h30-9h

Groupe tuteur

Rencontres individuelles

8h30-10h

Expression collective

Groupe tuteur

Rencontres individuelles

9h05-11h

 Projet n°1

Projet n°1

 

10h05-12h

Projet n°2

Projet n°2

11h05-12h

Groupe

de besoin

Groupe

de besoin

Divers et/ou évaluation

Groupe

de besoin

Groupe

de besoin

12h15-13h30

Repas et temps de repos

repas

 

repas

repas

13h 30-14h55

 Projet n°1

Travail personnel

X

Projet n°2

Travail personnel

15h-16h30

Divers

Atelier

X

Concertation

Atelier

    

En résumé le temps scolaire pour chaque élève est de 5h le lundi,  6h30 les mardi et vendredi, 5h le jeudi, et 3h 30 le mercredi,  soit  26h30 par semaine, dont la ventilation est :

- expression et suivi personnalisé (groupe avec tuteur 1h , rencontre individuelle 1h , expression collective 1h30,  travail individuel 3h)  soit 6h30.

- regroupements pour projet en travail interdisciplinaire 11 h, groupe de besoins 4h, ateliers 5h (ou 3h + 2h d’évaluation ) soit 20h.

 

J.  Observations diverses.

Les professeurs s’organisent pour assurer le suivi personnalisé des élèves et les encouragent à s'entraider lors des différents regroupements. Ils veillent au bon fonctionnement des projets favorisant l'engagement de tous les membres du groupe quelles que soient leurs différences culturelles. Ils structurent les groupes de façon à créer des situations génératrices d'apprentissages, les accompagnent vers une théorisation, une systématisation, et un renforcement des connaissances instrumentales en groupes de besoins . Ceux-ci perdent dans ce contexte leur caractère ségrégatif et sont perçus par les élèves comme des aides efficaces adaptées à leurs besoins et dépourvues de jugements.

 

L'organisation et le fonctionnement de la classe sont pensés pour en faire un lieu de coopération,  où l'équipe pédagogique pourra aider les élèves à faire l'apprentissage de la responsabilité individuelle et de la responsabilité collective.

 

Chaque élève fait partie à la fois :

- d’un groupe de tutorat pour l’année scolaire rassemblant des élèves de tous les niveaux de collège pour l’expression orale ( avec tuteur, en individuel, en collectif ) et le travail personnel  sous la responsabilité d’un tuteur.

- de deux groupes projets par semestre rassemblant des élèves du même cycle ( niveau 6ème –5ème

ou 4ème –3ème ) pour le travail interdisciplinaire sous la responsabilité d’un directeur de projet.

- de deux groupes de besoin disciplinaire pendant un semestre rassemblant des élèves du

même cycle sous la responsabilité d’un professeur à dominante ( sciences, langage, humanité )

- d’un groupe atelier pour l’approfondissement d’un aspect d’un projet pendant un semestre

 sous la responsabilité d’un enseignant ou intervenant spécialisé.

 

            Chaque semaine hormis le  mercredi chaque professeur mène :

- un groupe de tutorat pour l’année scolaire pour l’expression orale et le travail personnel( 5h)

- un groupe de besoin dans sa discipline pendant chaque semestre ( 4h )

 

Il intervient dans : 

- un groupe projet par semestre dont un par année comme directeur de projet selon dominante(5h30)

- un groupe atelier au choix par semestre ( 3h )

 et participe à la concertation (1h30).

 

Le mercredi à tour de rôle : quelques professeurs mènent l’expression collective puis des activités diverses selon les besoins et/ou l’évaluation experte ( 3h30, horaire annualisé ).

 

            Lors d’un cycle ( niveau 6ème –5ème ou 4ème –3ème ), l’élève participe :

- à l’expression orale ( en groupe tuteur, en individuel, en collectif ) de façon journalière

- à 6 projets, 2 dans chacune des 3 dominantes (culture scientifique et technique, culture des humanités, maîtrise des langages) et réalise 1 chef d’œuvre pédagogique, en 4 semestres
– à 8 groupes de besoin disciplinaire suivant son niveau et ses aptitudes dans chaque matière
– à 4 ateliers choisis suivant ses goûts, sa curiosité et ses compétences
– aux évaluations et moments particuliers divers chaque semestre.

 

Evaluation

 

L’évaluation est un volet essentiel du projet de collège. Elle aide à la compréhension des processus d’apprentissage, à l’analyse et, éventuellement, aux réajustements de la mise en œuvre du projet. Enfin, elle contribue aux apprentissages c’est-à-dire à l’acquisition des savoirs et savoir-faire.

 

Elle concerne les élèves d’une part, l’établissement d’autre part et s’organise autour de trois axes :

-l’objet (par ex. apprentissage scolaire, projet, démarche pédagogique, équipe, formation des enseignants…)

-la méthodologie (choix des objectifs, des critères-  rigueur scientifique…)

-l’usage social.

 

A.  L'évaluation des élèves.  

L’institution procède à des évaluations sommatives qui permettent de situer les élèves par rapport aux exigences et aux critères de certification de l’Education Nationale.

 

L’évaluation fait partie intégrante de l’enseignement. Impliqués dans l’énoncé des objectifs, dans le choix des critères, les élèves participent à l’évaluation “ formative ” (qui implique les élèves dans la compréhension des objectifs )  et “ formatrice ” (qui implique les élèves dans les processus  d’apprentissage , essai/erreur, réflexivité, mesure, auto-évaluation.)

 

L'évaluation (PAS notation) favorisera une attitude positive et fournira un outil de FORMATION de l'élève. Un soin tout particulier sera apporté à l'orientation et aux passerelles vers d'autres institutions de formation.

 

L’objectif consiste à obtenir des élèves un travail personnel, volontaire, autonome et un engagement motivé dans une dynamique intellectuelle et artistique commune. L'auto-évaluation par rapport à des objectifs précis avec dialogue entre le professeur et l'élève peut accomplir cette tâche. Le professeur donnera aussi ses conseils et observations pour aider les élèves à progresser… que ce soit en groupe ou individuellement.  Mais en même temps, l'élève se prépare pour un avenir dans un monde de compétition et aura besoin de repères comparables.  Pour ceci des notes seront nécessaires, mais à titre indicatif et non pas pour sanctionner, ni pour classer.  L'élève sait très bien qu'en fin d'études il y aura des examens qui représentent la barrière à franchir pour obtenir son passage pour faire quelque chose de sa vie. Ainsi, on voit les examens comme des indices pour conseiller à l'élève une orientation ou une remédiation.  L'orientation sert à aider l'élève à se doter des informations nécessaires pour évaluer lui-même ses capacités afin de se prendre en charge, au lieu de l'aiguiller ou de tuer ses rêves.

 

Dans chaque discipline, par groupe de niveau, seront établis un contrôle continu et un contrôle mensuel avec notes ; l’élève corrigera ou refera des exercices sur les points qui ne sont pas acquis jusqu’à l’assimilation de ces points. Les programmes annuels seront respectés comme dans les autres établissements.

 

Il faut des exercices de mémorisation mais aussi des exercices faisant appel à la créativité et à la recherche.  L’évaluation des deux doit aider (ne pas écraser les élèves) et doit être comprise et gérée par les élèves avec l’équipe enseignante. Nous proposons trois modalités :

 

*auto-évaluation avec des outils proposés par l’équipe éducative et le plan de travail mis en place par les élèves et leurs tuteurs…

*l’évaluation experte proposée et non-imposée, anonyme et organisée par les enseignants.

*évaluation par le groupe d’exposés et réalisations, bilans de séquences didactiques vérifiant l’acquisition des savoirs et savoir-faire.

 

 Pour valider le cursus d’un regroupement il faut :  avoir justifié sa présence aux activités choisies, avoir obtenu le nombre requis de brevets du livret de compétences, avoir présenté un mémoire par trimestre avec présentation d’un projet effectué, soit 6 par regroupement, qui a reçu quitus du groupe et l’équipe éducative.

 

Le suivi de l’évaluation se fait avec un livret pour chaque élève où sont inscrites les unités de valeurs obtenues, les mémoires réalisés, les résultats des évaluations expertes et ses progrès en termes d’acquis/non-acquis à l’aide des tableaux de compétences…

 

À la fin de chaque trimestre, on inscrit les résultats dans ce livret, on expose les réalisations et présente les mémoires devant les élèves, l’équipe et les parents avec une fête des réussites qui remplace le simple bulletin.

 

B. L'évaluation des professeurs

Pour l’évaluation de l’école, les professeurs devront accepter légalement la mesure, par un jury neutre et extérieur, de l’efficacité du dispositif pédagogique sur la base de tests d’entrée et de sortie effectués sur les élèves.  Les tests nationaux sont aussi une indication, mais cela reste insuffisant car ils mesurent une gamme d'éléments trop restreinte pour englober les apprentissages citoyens et sociaux.

 

Nous préconisons une inspection collective et collégiale d'équipe. L'enseignant est une personne,  engagée avec d'autres dans un projet. Un regard extérieur qui tient compte de cette nouvelle réalité est indispensable.   L'inspecteur devient "incitateur pédagogique", mesurant et favorisant l'adéquation des  pratiques éducatives et pédagogiques aux objectifs collectivement poursuivis. Ceux-ci supposent une remise en cause de "l'évaluation" qui doit intégrer le moyen terme et le long terme dans sa globalité, et pas seulement des performances étroitement académiques.

 

Un conseil d’évaluation élu (avec parents, professeurs, élèves et personnel de l’inspection) assure le passage des tests d'évaluation, et en communique les résultats à toute personne intéressée. Son rôle est d'évaluer et non pas de déterminer la pédagogie. Cependant, en cas de plainte relative à la validité d'une méthode ou de l'ensemble du projet, une commission extérieure à l'établissement (voir ci-dessous) est la mieux placée pour en examiner le bien-fondé et c'est sur les éléments de l'enquête de l'Inspection que cette Commission de conciliation doit délibérer ; a fortiori, l'inspection pourra convoquer cette commission après le constat, suite à l'étude des résultats d'examens et des tests, d'une anomalie.

 

C. L'évaluation de  l’établissement

Dans ce cadre, l’évaluation porte aussi bien sur le fonctionnement du collège, sur le projet éducatif et pédagogique que sur les stratégies.

 

La méthodologie ne se différencie pas de celle des élèves et, comme pour eux, la démarche doit être accompagnée.

 

C’est pourquoi il est indispensable de constituer un “ Comité scientifique ” dont la présidence serait confiée à une personne extérieure au collège, reconnue pour ses compétences. Les autres membres sont des personnalités concernés par le fonctionnement du collège et le devenir des élèves (du commissaire de police aux élu(e)s, aux responsables d’association…), des acteurs (professeurs et autres personnels) et d’usagers (parents et, dans certains cas, élèves)

 

Le “ Comité scientifique ” apporte son concours pour le choix des objectifs, l’élaboration des critères mais surtout il valide les résultats et les rend, de ce fait, crédibles. Un éventuel Observatoire National constitué de personnalités scientifiques indépendantes pourrait suivre les travaux des comités scientifiques.

 

Classes et postes à pourvoir

 

Cet établissement sera un collège de secteur. Mais compte tenu de la spécificité de cet établissement, il est normal qu'il soit ouvert pour accueillir les élèves qui habitent ailleurs aussi, mais qui souhaitent participer à cette approche différente.

 

En revanche le détournement qui consisterait à établir une aire de recrutement privilégiant un niveau sera jugé non conforme à l'éthique de l'éducation..

Étant donné une équipe de professeurs représentant toutes les disciplines habituelles (soit onze personnes : une pour le français, l’histoire-géographie, les arts plastiques, la musique, l’éducation physique, les mathématiques, les sciences physiques, les sciences de la vie et de la Terre, deux langues vivantes, les sciences des techniques) et un ensemble d’élèves tel que nous ayons un professeur pour onze élèves – ce qui est un rapport numérique courant dans le système éducatif actuel – le fonctionnement suivant est envisageable sans augmentation a priori des moyens.

 

Analyse des besoins en personnels

Si on fait l'hypothèse d'un collège de 400 élèves avec 4 classes par niveau, soit 16 classes au total, il faudrait approximativement 38 personnes dans l'équipe, tout en sachant qu'il faudrait que tout ce monde apprenne à travailler différemment au lieu de se cantonner dans son rôle "officiel".

 


équipe éducative (27)

en français :  4

en math : 4

en histoire-géographie : 3

en SVT : 1,5

en Physique :  1,5

en langues étrangères LVI:  3

(probablement 2 en anglais et un autre)

en langue étrangères LV2:  1.5

en EPS : 3

en technologie : 1,5

en arts plastiques : 1

en musique : 1

documentaliste :1

assistant : 1

 

équipe administrative (11)

principal :1

secrétaire : 1

intendant : 1

secrétaire : 1

personnel de service (hors cantine) : 4

infirmière :1

psychologue/ assistant social : 1

conseiller éducatif : 1


 

Eventuellement, ce serait aussi intéressant de rajouter un permanent de la langue française au centre d’un dispositif rassemblant matériel de documentation écrit, informatique, vidéo, audio  qui pourrait  cibler les demandes des élèves en matière de langue, qu’elle soit formelle (travail scientifique demandant une expression claire des données et de leur traitement), artistique (utilisation de la langue comme outil de création) ou destinée à l’argumentation (travail de la phrase complexe écrite ou orale, rhétorique...). Cette personne peut par ailleurs tenir un rôle d’enseignant-éducateur... ; elle permettrait de créer un lien entre la question de langue et la recherche intelligente possible d’une réponse personnalisée et rapide.

 

Recrutement, statut,  et engagement

 

A.  Le personnel enseignant.

Les personnels consacrent une partie de leur temps de travail à participer à des formations afin de pouvoir se remettre en question, prendre du recul (dans des domaines aussi variés que les sciences de l'éducation, la psychologie, la sociologie, la pédagogie, la communication...). Nos enseignants reçoivent ou possèdent une double formation lors du recrutement :

·       formation dans leur discipline (avec comme condition du travail en équipes pédagogiques une ouverture nécessaire sur les contenus et les méthodes d'autres disciplines ),

·       formation sur les méthodes pédagogiques (suivi individualisé des élèves, démarche non-violente, méthodes pour apprendre à apprendre, à coopérer, à communiquer) .

Le système de nomination au barème constitue un obstacle à la constitution d’une équipe reposant sur un engagement éthique déterminé. Un système dérogatoire est donc nécessaire... qui apporte des assurances de transparence, de justice, et de sécurité aux enseignants et reconnaît que ce ne sont pas les diplômes ou l'ancienneté qui décident seuls des qualifications, mais aussi l'expérience de la vie, la personnalité des professeurs et leurs compétences. Le recrutement pourrait être facilité si on procédait ainsi : 

- publier le projet d'établissement avant le "mouvement des enseignants" (avec Internet…)

            -  définir les  postes à besoins spécifiques, supposant l'engagement des candidats

            - examiner toutes les candidatures sur besoins spécifiques et prêtes à adhérer au projet (ses objectifs, ses impératifs de travail en équipe, dialogue avec les familles, pédagogie du projet, etc),

            - procéder au recrutement en tenant compte des points au barème pour les candidatures retenues.

 

B. Engagement –Statut et contrat pédagogique. 

Compte tenu des rôles multiples que ce projet contient pour un enseignant  (tuteur, professeur, suivi de projets, participant à des équipes de gestion, d'enseignement, d'évaluation), il est nécessaire de prévoir avec précision le statut qu'il aura.

 

Chaque membre de l'équipe s'engage sur le contrat ci-dessous :

1.  Les professeurs travaillent en équipe pour enrayer la solitude, le doute, le découragement. Si le travail en équipe augmente un peu les contraintes de présence horaire, cette augmentation est compensée par la coopération et les liens amicaux et culturels qu'elle instaure, par l'intelligence collective (qui est plus que "la somme des parties") qui permet de mieux faire face aux problèmes. Il s'agit d'une amélioration des conditions de travail qui sera durable si l'équipe est motivée par un projet ambitieux à long terme et si  les moyens de sa constitution et de sa pérennité sont garantis.

 

L'équipe est collectivement responsable du projet pédagogique, ce qui implique la responsabilité individuelle des membres, le respect du projet, de l'organisation et du fonctionnement établis par l'équipe.  La responsabilité collective entraîne un partage des pouvoirs et des devoirs.  L'équipe rend compte de son travail (en particulier aux parents) et met au point un système d'évaluation du développement et des connaissances des élèves, en cohérence avec ses principes éducatifs. Des entretiens individuels (2/3 fois l'an pour chaque famille), permettent d'établir un bilan et de suivre l'évolution des élèves. Cela sous-entend que les enseignants se doivent d’être présents sur leur lieu de travail pour travailler en équipe, en présence des élèves ou seuls, ainsi que pour participer à la vie de l’établissement.

 

2.  Un dialogue doit être instauré au sein de l'équipe élargie qui comprend les co-éducateurs (parents, intervenants extérieurs), les associations, les élus… au niveau du  quartier, du village…

 

3.  La préparation aux examens nationaux s'effectue par une démarche qui tient compte des processus d'apprentissage et de construction des savoirs.

 

4. Les enseignants reconnaissent, par rapport aux élèves que :

a. L'engagement des élèves dans leurs apprentissages est un objectif essentiel. L'auto-évaluation assistée se substitue aux sanctions positives et/ou négatives utilisées comme  stimulants. 

Émulation, productions évaluées et entraide se substituent à la compétition.                 

b.  Les apprentissages durables s'opèrent dans des situations fonctionnelles qui mobilisent  la  curiosité, la créativité, le goût du jeu et du défi cognitif. 

c.  La pédagogie du projet engendre la promotion collective du groupe et le développement

individuel par l'apport de chacun et l'enrichissement mutuel. Elle s'accompagne obligatoirement

d'activités réflexives, de formalisation et de théorisation.

d.  Pour chaque élève, il importe de prendre en compte les savoirs antérieurs liés à la culture

familiale, ethnique, sociale, de déconstruire les représentations et d'opérer les consolidations et les

entraînements nécessaires. Les groupes d'aide, de soutien et de niveau sont des dispositifs prévus

à cet effet.

e.  L'ouverture sur le monde, sur l'environnement physique et humain est source d'interrogations et de projets collectifs, aboutissant à une production sociale.

 

5. La cogestion (coopérative, conseils d'école, conseils d'enfants, parents…) est le mode d'organisation, de régulation de la vie du groupe (classe, école…). C'est dans ce cadre que les élèves participent à la vie citoyenne et, par là, font l'apprentissage de la citoyenneté.

 

6.  L'enseignant continuera sa formation régulièrement pour développer ses connaissances et sa polyvalence, notion importante dans la pédagogie du projet.

 

C. Emploi du temps.

L'emploi du temps du professeur respecte trois composantes prévues dans les horaires et rémunérées :

1.les interventions auprès des élèves,

2. la concertation pédagogique et les sessions d'analyse du système pour les Conseils,

3. un temps de recherche.

 

La concertation pédagogique porte, parmi d'autres choses, sur la mise en place, la régulation et l'évaluation des projets et  comportements des élèves avec l'aide des psychologues et des éducateurs. Régulièrement, les enseignants mènent des échanges pédagogiques avec parfois même la création de documents destinés à la publication.

 

D. Le chef d’établissement

Ses missions très larges ont été redéfinies dans le protocole d’accord relatif aux personnels de directions paru dans le Bulletin Officiel spécial n°1 du  3 janvier 2002. Il représente l’État et dirige l’établissement. Succinctement, les grandes lignes de ses domaines d’activités sont les suivants :

 

1)       Conduire une politique pédagogique et éducative de l’établissement au service de la réussite des élèves, en y associant l’ensemble des membres de la communauté éducative : Projet d’établissement, présidence et animation du conseil pédagogique, des conseils d’enseignement….

-Réguler et harmoniser les modalités et le rythme d’évaluation des apprentissages des élèves.

-Conduire une politique d’orientation.

-Conduire une politique éducative.

-Établir, organiser,  et maintenir le dialogue.

 

2)  Conduire et animer la gestion de l’ensemble des ressources humaines : gestion prévisionnelle, accompagnement, plan de formation, notation, valorisation…

-Définir les principes d’organisation des services.

-Utiliser au mieux le potentiel de remplacement.

-Organiser la communication interne au sein de l’établissement.

-Organiser et maintenir le dialogue avec les personnels de l’établissement.

 

3)  Assurer les liens avec l’environnement

-Participer à des réseaux d’établissements.

-Assurer avec le gestionnaire les relations indispensables avec la collectivité territoriale de rattachement.

-Organiser et maintenir le dialogue avec tous les partenaires.

 

4)  Administrer l’établissement

-Fixer les objectifs des domaines d’activités.

-Conduire l’élaboration du budget.

-Assurer l’ordre et la sécurité.

-Conduire l’élaboration, la rédaction et l’actualisation du règlement intérieur.

-Organiser les élections aux différents conseils et les présider.

-Utiliser les outils pertinents pour analyser le fonctionnement, préparer le bilan annuel et prévoir l’évolution des effectifs

-Utiliser les outils pertinents pour analyser le fonctionnement, préparer le bilan annuel et prévoir l’évolution des effectifs pour la rentrée suivante.

 

A titre spécifique pour un établissement pilote, le chef d’établissement devra avoir un profond intérêt pour ce qui relève du champ pédagogique, avoir pris part à l’élaboration du projet du collège pionnier ou au moins adhérer sans réserve aux propositions préalables contenues dans ce projet. Il devra avoir une grande capacité d’écoute et d’ouverture  et une aptitude à créer la convivialité indispensable à la réalisation d’un projet de ce type.

 

E. Autre personnel. 

       Les administratifs seront sélectionnés de la même façon que les enseignants : examiner toutes les candidatures exprimées prêtes à adhérer au projet (ses objectifs, ses impératifs de travail en équipe, dialogue avec les familles, pédagogie du projet, etc), puis procéder au recrutement en tenant compte des points au barème pour les candidatures retenues.

 

Psychologues et éducateurs disposent d'un statut similaire à celui du corps professoral : double formation au niveau de la recherche en psychologie clinique et psychopédagogie pour les premiers, en sociologie et psychologie générale pour les seconds. Leur fonction consiste à fournir une analyse constante des comportements de tous les membres de la communauté éducative et d'apporter des propositions régulatrices, d'apprécier la validité des tests au regard des connaissances sur la psychologie de l'intelligence et sur les conditions sociologiques de l'acquisition du savoir. Y parvenir suppose l'écoute constante de tous les partenaires de l'éducation – professeurs, élèves, parents, personnel technique et administratif, travailleurs sociaux de l'extérieur – et d'assurer auprès d'eux un service de conseil. La rémunération est la même que celle des professeurs et ils peuvent participer à l'élaboration des modèles de cours, des manuels et à la critique pédagogique.

 

Formation

 

A. Une formation  à l'éducation, à la pédagogie, et à l'instruction. 

Que tout professeur soit formé pour : apprendre que la communication se fait dans les deux sens, maîtriser les outils d'écoute active, identifier des besoins, organiser l'expression collective, gérer la dynamique de groupes, connaître la psychologie de l’enfant, mettre l'enfant au centre du processus d’enseignement au lieu de s'occuper uniquement de la matière, savoir mettre en place une pédagogie active qui encourage l'autonomie et la responsabilité, qui fait sentir aux élèves que l'on croit dans leurs capacités.  Leur formation doit leur apporter la capacité de travailler sur des objectifs non seulement cognitifs, mais aussi relationnels, sociaux, artistiques.  Ils doivent intégrer la nécessité d'une vision globale, d'un travail d'équipe, de l'interdisciplinarité et savoir pratiquer l'évaluation non-compétitive.

 

            Des stages dans les écoles de pédagogie et les IUFM facilitent l'élaboration de la théorie pédagogique et l'analyse des expériences réalisées dans les établissements qui développent leurs recherches dans le respect de l'éthique de l'éducation.

 

B. Une formation continue de RECHERCHE-ACTION (théorisation accompagnant la transformation des pratiques) est nécessaire pour que chaque intervenant reste attentif à l'écart entre ses intentions et les réalisations sur le terrain, mobilisé pour adapter ses compétences à chaque élève et chaque situation avec un dispositif d'évaluation à moyen et long terme en relation avec la recherche-action.

 

La recherche-action associant l’équipe à des chercheurs ou des professeurs d’IUFM ou de sciences de l’éducation, constitue un moyen majeur : la formation ne se transmet pas mais elle se construit et se partage avec d’autres équipes.  Elle suppose qu’une équipe décide qu’un des points importants de son projet doit faire l’objet d’une recherche, qu’elle y intéresse un chercheur ou un formateur, voire un inspecteur (dans la mesure où la fonction de ce corps serait redéfinie), avec qui elle formule ses hypothèses et décide de sa démarche ou du dispositif d’expérimentation. L’équipe se charge d’adapter cette démarche aux situations concrètes et de relever les différentes observations utiles en cours d’action. Des rencontres périodiques réunissant tous les intéressés permettent de reformuler les hypothèses, de procéder aux réorientations, de tirer les conclusions. La formation qui découle de ce processus concerne à la fois le mode de pensée, la ou les disciplines concernées, et la pédagogie. Elle suppose que toutes les parties se considèrent impliquées dans le projet. De ce fait les compétences sont mises en commun et réalisent ce que nous nommons la promotion collective.

 

Elle peut également nourrir le dialogue entre les différents co-éducateurs, en particulier les parents.

 

C.  D'autres aspects de la formation.

·L'auto-formation (analyse des démarches, théorisation des pratiques) est nécessaire et importante.

·Les résultats d’une inspection collégiale d'équipe basée sur le projet et conçue comme une aide, une évaluation, peuvent être très formateurs.

·L'établissement contribue aussi de son côté à l'innovation et à la formation des maîtres par l'accueil d'étudiants, l'organisation de stages pédagogiques et didactiques.

·Le travail en équipe et la communication interpersonnelle n’étant pas des pratiques répandues, elles s’apprennent aussi en situation. Dans ce cadre, des aides peuvent être recherchées pour améliorer la dynamique de groupe.

 

Installations Matérielles

 

A. L’architecture

Sur le plan de l’architecture et de l’harmonisation des locaux, l’école possède en son noyau central tous les moyens informatifs nécessaires à la transmission du savoir : bibliothèque, médiathèque, laboratoires, ateliers techniques, salles d’entraînement sportif et artistique, greniers ou remises. Autour de ce noyau central est construit un espace modulable prévu pour six fonctions : entretiens en dialogue, entretiens en groupe restreint, forums, conférences, lieu de représentation, lieu de travail ou de retrait réflexif individuel. Il serait souhaitable que cet espace soit largement ouvert, dans la mesure du possible, sur un environnement naturel immédiat du type parc ou campus boisés, l’arbre étant sans doute l’œuvre végétale la plus bienveillante et la plus belle de la nature  et sur la ville ou la campagne selon les contraintes du site et les spécialités étudiées. Cette ouverture répond au principe selon lequel toute la nature, toute personne, toute œuvre de la société peut offrir l’occasion d’un questionnement et donc d’un enseignement.

 

B. Locaux

A n'importe quel moment où il y a cours, il y aurait 16 professeurs de pris, voire plus quand il y a animation en équipe.  Il faudrait alors au moins 16 salles de classe pour 25 élèves,  un CDI, 7 pièces administratives, des vestiaires et locaux pour le personnel de service, probablement une cantine et également 16 petites salles pour travail en demi groupe par niveaux et regroupements avec tuteurs. (Il faudrait en plus voir le nombre de salles supplémentaires nécessaire pour tout mener à bien avec 2 au moins aménagées pour travaux pratiques en laboratoire, une autre pour technologie, et  deux autres pour art et musique, des laboratoires de langue, des salles informatisées, etc.) A  ceci se rajoute le besoin de gymnase et une cour d'exercice, d'une grande salle pour présentations, spectacles, et grandes réunions, une autre salle de réunion, une salle de professeurs avec 4 petites salles pour réunions d'équipe, des locaux de reprographie, et des salles de stockage (pour vidéos, rétroprojecteurs, etc.), quelques salles pour travail individuel et permanences, vestiaires élèves, etc.

 

C. Outils et matériel pédagogique :

            -Soixante-dix d'ordinateurs dont quinze en CDI,  quinze dans une salle informatisée spécialisée pour des recherches et travaux dirigés, tous avec Internet, lecture CD, accès scanner et imprimants. Trente distribués dans les salles de classes pour recherches décentralisées. Tous équipés avec branchement possible Internet et lecture CD, dont 5 équipés aussi avec accès scanner et imprimants.     Plus dix en réseau pour l'équipe pédagogique dans les salles de professeur et autres salles de travail avec accès scanner, lecture CD et imprimants. 

 

            -Un piano, système stéréo avec lecteur-enregistreur cassette, lecteur CD, table de mixage 4 pistes, deux guitares (une sèche et une électrique) avec microphones, deux microphones voix, amplificateur 200 watts minimum avec quatre entrées, batterie avec grosse caisse, caisse claire, cymbale et charleston, pour cours de musique.

 

            -2 photocopieuses noir et blanc standard et un système grand tirage. 

 

            -Quatre ensembles outillage avec perceuse électrique et forêts bois, béton, et métaux, scie circulaire, scie sauteuse, boite à ongle avec scie, pinces, rabots, tournevis manuels de divers formes et tailles, cisailles, ciseaux, marteaux, lunettes de protection, fer à souder, pyrograveur de bois, étau, établi, serres-joints, pinceaux pour peinture et verni, boîte à outil, limes à métaux, agrafeuse, couteaux à sculpter le bois, roue pour tourner la poterie…plus un four pour le cuir et une cuisinière pour faire à manger…

 

            -32 rétroprojecteurs et 16 postes de télévision avec magnétoscope en placard à clé sur châssis roulant.

 

            -Equipement complet de deux laboratoires 24 places SVT/Physique-Chimie avec tables, éviers, systèmes électrique/gaz de chauffage, et budget pour l'achat des produits chimiques, petites mécanismes et appareillage.

 

            -Equipement complet de deux laboratoires de langue avec 26 cabines cassette plus le console du maître, casques, et ordinateur de contrôle.

 

Le projet d’établissement dans son environnement

 

Ce projet dépend d'une collaboration avec tous les partenaires et  trouvera sa forme fonctionnelle seulement après la sélection du site et les discussions avec les résidents du quartier que nous voyons comme des partenaires.

 

A. Relations avec le quartier

Il est souhaitable de prendre contact avec les unions de quartiers, les commerçants, les équipements sportifs et socio-culturels pour discuter de comment mieux servir la communauté, mieux intégrer le collège dans le quartier, résoudre des difficultés,  faire profiter un maximum à tous des opportunités d'apprentissage et d'utilisation des équipements, et d'établir ensemble des règles et des procédures pour la prise de décisions qui concernent tout le monde.

 

B. Relations avec la municipalité

De même avec la ville, nous souhaitons collaborer étroitement quant à l'utilisation des équipements au bénéfice de tous et à l'organisation des transports scolaires.

 

 

C. Relations avec le conseil général

Nous tenons à entretenir des relations régulières afin de prévenir toute difficulté, d'informer et être informé des évolutions pertinentes, et remettre à jour les relations contractuelles qui nous lient les uns aux autres.

 

D. Relations avec le ministère de l'Education Nationale, le rectorat, et l'inspection académique

Nous comptons collaborer étroitement à tous les niveaux avec nos supérieurs hiérarchiques pour permettre le bon fonctionnement de ce projet. Nous comptons aussi sur leur soutien.

 

Finances

 

Budget et gestion

Le budget alloué à l'établissement, doit prévoir les salaires, les dotations par élève, les frais d'équipement et de bâtiment avec leurs amortissements. L'expert comptable vérifie l'emploi des fonds simultanément avec l'Inspection. Les deux services doivent rédiger un rapport commun où l'analyse purement comptable sera accompagnée d'une étude du rendement financier au regard du progrès dans les tests.

 

Seul le Conseil d’administration détient le pouvoir d'orienter les investissements et les amortissements en collaboration avec le Conseil Général et la municipalité concernée.

 

Démarches

A. Etapes

Nous comptons contacter et rencontrer tous les acteurs du terrain, étudier les questions soulevées par notre projet afin de pouvoir répondre de manière satisfaisante rapidement et établir en temps voulu après négociation avec les partenaires appropriés, les conventions diverses nécessaires à la mise en place du projet.  A terme, nous savons que d'autres acteurs géreront dans le quotidien ce projet et nous veillerons simplement à ce que ce projet soit mené à bien. 

 

B. Contacts utiles et rencontres nécessaires

Il nous semble nécessaire de contacter et rencontrer les unions de quartier, les associations de parents-élèves, les syndicats, les équipements socio-culturels, les élus du secteur, les responsables de l'Education Nationale et du rectorat, et diverses associations sportifs ou commerciales afin d'intégrer ce projet dans le quartier et le faire avancer.

 

C. Etudes préalables

Il est important d'identifier le nombre et la nature du public scolaire à qui nous aurons affaire en fonction des décisions prises par les collectivités sur la carte scolaire.  Il est aussi crucial de connaître les profiles des candidats enseignants et administratifs pour faire une sélection appropriée.

 

D. Conventions diverses

Afin d'assurer la pérennité de ce projet, il est important que l'Education Nationale garantisse les conditions de son succès, notamment en approuvant, comme c'est évoqué plus haut, une méthode de recrutement à besoin spécifique avec des candidats motivés par le projet pédagogique en question, une méthode d'évaluation à longue terme, un rôle pour l'inspection d'animation pédagogique, des moyens de recherches et de formation pédagogique, une liberté pour l'équipe d'élaborer son projet et de travailler autrement, et  un engagement à permettre au projet le temps de s'épanouir.

 

Annexe 1: commentaires sur certaines aspects des programmes

 

En français, la possibilité existe pour que chacun devienne l’écrivain de sa propre vie. L'écrit devient un outil fonctionnel au service des projets et permet aussi le passage d’une écriture au plus proche du ressenti à une écriture susceptible d’engager des acteurs et le public.

 

La littérature offre une distanciation aidant aussi bien à préserver la pudeur qu’à faciliter l’analyse. L’humour, le jeu de mots aident beaucoup à libérer l'écriture et à rechercher une correspondance avec soi-même, ses souvenirs, ses sentiments et sensations.

 

Simultanément, la comparaison de ce qui s’écrit sur son propre vécu avec les textes majeurs de la littérature peut  inciter à une méditation sur soi-même et une mise en scène de l'existence.

 

Pour chaque période, plusieurs groupes d’élèves sont responsables du bon fonctionnement d’une bibliothèque littéraire et documentaire ouverte de préférence aux habitants du quartier. Ils gèrent le prêt, sont associés à la politique d’achats, rédigent des notes critiques à l’attention des usagers, reçoivent leurs observations, animent des clubs de lecture, organisent des rencontres avec des auteurs, fournissent des documentations...

 

On imagine mal qu’un tel type d’établissement se passe des services d’une publication régulière : il aura besoin d’échanger des informations, de publier des compte-rendus, des monographies, bibliographies et écrits de toutes sortes. Ces “ services ” seront l’occasion de recherches documentaires, de lectures  et de rédactions qui couvriront de façon toute naturelle et fonctionnelle les principaux aspects du programme de français.

 

Dans les langues, les voyages, les échanges, la correspondance avec des classes de pays non francophones, la nécessité de diffuser les productions du collège devraient fournir la matière à un riche travail dans le domaine des langues vivantes. Le déplacement imaginaire est incontournable ; d’où l’intérêt de la mise en situation où l'on place en avant la communication par le sensible et le fonctionnel. Avec l’ami étranger, c’est la sensibilité aux choses qui motive la conversation. La qualité de la relation à l’autre conduit à l’appropriation du langage, non l’inverse.

 

En histoire, le passage de la question individuelle à celle du collectif implique une interrogation sur  la place et l’utilité sociale de chacun dans le groupe immédiat, et aux possibilités de changer cette place ou de remodeler cette hiérarchie.

 

C’est aborder les problèmes que se posent les adolescents d’aujourd’hui. Cela conduit à saisir le présent, à s’intéresser à l’actualité, à prendre la parole, à avoir foi en la valeur de son existence et de son originalité.

 

En géographie, l'analyse des moyens et la situation de chaque société  amène un débat sur la place que chacun occupe socialement avec ses enjeux,  son système spécifique animé par des lois…

 

Dans les disciplines techniques, le cadre imposé par les machines oblige à produire des objets standards et a priori une culture de masse.

 

L’école concilie les projets techniques personnels et esthétiques avec les contraintes matérielles par le choix de machines les plus souples d’emploi. Il s’agit de fournir de la puissance pour libérer l’imagination, non l’inverse.

 

La machine offre une excellente médiation pour la socialisation. Elle répond, en effet, au souci de l’économie de l’effort personnel, de la productivité collective et rend l’échange nécessaire. Ce serait l’occasion d’une simulation du monde industriel presque réel. Simultanément, elle offre aussi l’opportunité d’une réflexion sur l’ergonomie, les systèmes et leur régulation, les servomécanismes en général, le travail en équipe, l’importance et les méthodes de la conception d’origine, etc. Toute la richesse des liens possibles avec les autres disciplines se perçoit aisément.

 

Dans les sciences – mathématiques, physiques, chimie, biologie, géologie… - jouer avec les concepts reliant ces entités, et traiter, dans ces jeux, les concepts comme une langue étrangère, c’est-à-dire en faisant en sorte que tout le monde s’accorde sur les définitions officielles. Simultanément, le jeu devrait passer sans cesse de la formalisation au système réel et inversement.

 

Privilégier l’expérimentation personnelle avec les choses.

 

 Pour la biologie, insister sur la connaissance des systèmes liés aux comportements fondamentaux pour observer une éthique corporelle comportementale affirmant de façon implicite le besoin pour l’organisme de vivre davantage dans un climat de sérénité et d’absence d’inhibitions graves plutôt que dans un climat de tension continuelle et de frustration.

 

Les principales références à acquérir :

1.  Il existe une unité de constitution physico-chimique de la matière chez les êtres vivants et dans l'Univers. Les atomes forment les "briques" élémentaires du monde matériel.  Ils s'assemblent pour donner des molécules et se redistribuent à l'occasion de réactions chimiques.  Les êtres vivants sont constitués de molécules, assemblées en unités d'organisation de plus grandes dimensions: les cellules.  La cellule est caractérisée principalement par la double aptitude à se nourrir en utilisant l'énergie extérieure disponible et à se reproduire en transmettent un programme génétique.

2.  Le comportement de la nature est régi par un petit nombre de lois universelles et de concepts unificateurs.  Leur mise en œuvre trouve de nombreuses applications.  Certaines d'entre elles ont fortement contribué à l'amélioration de nos conditions de vie au cours de l'histoire. 

3.  L'univers, la Terre et les êtres vivants sont le résultat, sur des milliards d'années, de processus historiques inscrits dans la structure de l'univers, à travers l'évolution des galaxies, des étoiles et du système solaire ; dans la constitution physique et la géographie de la planète ;  dans les multiples formes du vivant qui, à travers leur très large diversité, font apparaître des liens des parenté, identifiables à diverses échelles.

4.  La Terre est façonnée par l'activité des hommes, qui transforment profondément leur environnement par l'exploitation des ressources naturelles, la recherche et la maîtrise des sources d'énergie, la production d'objets et de structures répondant à leurs besoins de confort et de développement.

5.  Les êtres vivants, l'homme compris, ont en commun en ensemble de fonctions coordonnées (nutrition , circulation, reproduction, locomotion, communication, coordination…) adaptées à chaque espèce dans son milieu.

6.  La santé est la manifestation de ces fonctions de notre corps, dont il faut avoir une connaissance élémentaire.  elle est le résultat, pour partie, de notre patrimoine génétique héréditaire et, pour beaucoup, de nos conduites sociales et de nos choix personnels.  Des actions appropriées peuvent l'éduquer.

7.  Les lois des sciences expérimentales s'expriment à l'aide de formules mathématiques.  Leur exploitation fait appel au raisonnement logique et à des données physiques.

 

Dans le domaine scientifique et technologique :   Il regroupe les disciplines suivantes : sciences de la vie et de la terre, physique-chimie, technologie, et mathématiques.

 

Il s'agit de rendre plus intelligible la nature et la technique, aider les élèves à construire une vision objective du monde et de les familiariser avec les démarches expérimentales et technologiques avec le développement de la logique du raisonnement et de la mesure, ainsi que l'élaboration des théories scientifiques et des modèles technologiques.

 

Afin de comprendre le monde, il faudra faire appel à la dimension historique des sciences et des techniques, occasion d'établir des liens avec le français, l'histoire-géographie, les arts plastiques, et l'éducation musicale.

 

Les objectifs sont :

1. répondre aux questionnements centraux des collégiens sur

-l'origine de l'univers de la Terre, du vivant, de l'homme, du savoir,

-sur le fonctionnement de leur corps et des objets de leur environnement

2. Faire découvrir quelques points-clefs de notre connaissance de l'ensemble du monde (atome, cellule, composants…)

3. Apprendre à distinguer entre certitudes et interrogations, entre faits et hypothèses, et justifier certains savoirs.

4. Se familiariser avec une démarche scientifique expérimentale et technologique pour observer, rendre compte et représenter avec rigueur.

 

Pour les disciplines artistiques, passer du jeu avec les sons, de la composition individuelle, au groupe instrumental, à la chorale (dont la grande vertu est son économie de moyens et la proximité avec la parole) et à l’improvisation et/ou la composition collectives et groupes. Dans les arts plastiques, l’œuvre s’étend de la création solitaire à la scénographie des expositions.

Dans le domaine corporel, passer de l’expression de soi-même à l’expression collective ou au sport d’équipe qui apportent les mêmes avantages.  Et souligner les activités qui font prendre conscience du corps et de sa santé dans toutes ses dimensions.

 

Dans toutes les disciplines et tous les enseignements, nous veillerons à ce que la place et l’image de la femme soit valorisée autant que celle de l’homme.

 

Quelques exemples d'ateliers qui pourraient faire avancer le programme :

*danse (création de spectacles)

*théâtre (mise en scène, en parole, en espace de pièces, poésie, sketchs)

*bricolage (fabrication d'objet, réalisation de meubles…)

*cuisine (apprentissage de recettes, montage de repas)

*musique (organisation d'ensembles, de groupes, création de compositions…)

*peinture et arts plastique (réalisation d'œuvres et d'expositions)

*sports (organisation de tournois et de rencontres)

*informatique (apprentissage de la programmation, conception de jeux, mise en place de sites,

entraînement dactylographique)

*tournage de vidéo ; photo  (avec organisation de séances pour visionner…)

*ciné club (regarder et discuter des films)

*journalisme (reportages, enquêtes, entretiens, débats, sur la vie scolaire et citadine…)

*débats (réflexions sur des sujets de société, d'actualité)

*découverte des métiers (avec invités, visites, etc.)

*entraide pour les devoirs (avec des élèves volontaires pour aider d'autres demandeurs…)

*communication interpersonnelle (avec mises en situation, apport théorique…)

*analyse télévisuelle ” telle que pratiquée par l’émission “ Arrêt sur image ”

                                                          

Quelques exemples de sujets à partir desquels des projets interdisciplinaires pourraient naître :

"les guerres civiles", "la crise écologique", "la mondialisation", "Révolution et changement de la société", "décortiquer la presse", "l'action citoyenne", "Les pays en voie de développement", "urbanisme", "écriture poétique" (ou de nouvelles, ou de sketchs théâtraux) , "recherches individuelles sur un auteur ou période littéraire choisi", "cultures comparatives","applications trigonométrique à l'architecture", "l'informatique et le langage binaire", "statistiques, probabilité et sociologie", "inventions et recherches guidées en laboratoire",  "la création d'une activité économique", "l'éducation des enfants à la lumière de la recherche psychologique", "le financement de projets par les collectivités locales", "la vie d'ethnies particulières…"

 

Annexe 2: ateliers

 

Exemples d'ateliers

 

L’atelier de diffusion :  Les élèves qui en font partie élisent à intervalles réguliers un Comité de lecture chargé, comme dans toutes les maisons d’édition, de décider si le travail proposé à la diffusion est recevable. Il va de soi qu’il doit travailler en tenant compte de l’avis de l’enseignant du jour en charge de son animation. Ce travail n’est cependant pas seulement formel. Le Comité devra donc effectuer un tri, ce qui conduit implicitement à une analyse intellectuelle. Sa fonction consistera également à planifier le travail de mise en reprographie. Il peut s’agir aussi bien, rappelons-le, de livres, de vidéos d’exposés ou d’expériences, ou de supports informatiques. L’atelier pourrait, à cet égard, recourir aux professionnels pour la mise en page ou la qualité de l’image, par exemple.

 

Cependant, la tâche majeure y consiste à prendre en charge la diffusion. Celle-ci concerne toute l’école et peut s’adresser à la communauté locale au titre de la formation permanente et ainsi qu’aux autres écoles. C’est pour cette raison que cet atelier doit rechercher la perfection sur les plans du contenu et de la forme de ce qui est diffusé. Ce sont à la fois cette perfection et la diffusion qui seront gratifiantes pour les auteurs. Ils y percevront une contribution personnelle aux progrès du groupe.

 

Le pôle littéraire :  Il ne sera pas étonnant d’admettre que le théâtre doive détenir une place privilégiée dans cet atelier. On voudrait faire en sorte que l’élève vive le savoir de l’intérieur. Or, le théâtre permet de connaître cette expérience ; un texte peut proposer une vision de la réalité humaine. Il offre un microcosme analysable par la représentation d’un vécu qui, sinon, demeure opaque.

 

L'écriture  ou la réécriture peuvent jouer aussi un rôle majeur. Les spectacles seront destinés aux élèves, aux parents et au public extérieur à l’école.

 

Autour du théâtre gravite d'autres activités, comme la lecture vivante des textes fondamentaux dans les classes de français. C’est également cette vie restituée des textes qui devrait faciliter la levée des inhibitions dans les groupes de recherche en écriture. Même au collège on peut aussi aborder ainsi la philosophie.

 

Le théâtre inciterait à l’introduction dans les activités sportives d’une formation physique destinée au métier d’acteur et aux métiers du cirque. Réciproquement, l’atelier d’expression corporelle apporterait son aide pour l’entraînement des acteurs à l’expression, au chant, à la danse, à la mise en scène, à l’animation d’une troupe. Il serait l’opportunité pour le pôle des arts de penser l’esthétique de l’espace scénographique, de comprendre le happening ou "l’actionnisme," de concevoir une animation musicale et sonore, de comprendre la mise en scène d’opéra ou d’aborder le théâtre musical. Pour la base documentaire de l’école, il serait intéressant de développer une médiathèque de théâtre et dont le fond devrait pouvoir s’ouvrir aux professionnels et amateurs de la communauté locale.

 

Le pôle scientifique :  Il serait le lieu privilégié d’activités très intégratives comme l’astronomie, par exemple, où interfèrent les mathématiques, la physique, l’instrumentation, la chimie, les Sciences de la Vie et de la Terre.

 

Les ateliers techniques pourraient fabriquer le matériel instrumental adéquat ou bien à caractère didactique permettant de faciliter la pratique. Ainsi, un cylindre et un cube peuvent donner une image concrète analysable d’une fonction affine par intervalles : c’est celle que décrit l’évolution du niveau d’eau dans le cylindre si l’on y plonge un cube.

 

De nombreuses possibilités existent pour montrer que toutes les sciences se rejoignent et qu’il s’agit de systèmes emboîtés : la réalisation d’une station météo, la pratique de la navigation, etc.

 

L’atelier expression corporelle :  Bien entendu, tous les sports y ont logiquement leur place. Il ne saurait être question, en effet, de refouler des aspirations à pratiquer telle ou telle discipline ce, d’autant plus qu’elles sont prévues aux examens. Cependant, il va de soi, pour toutes les raisons déjà évoquées, que l’expression corporelle et l’entraînement aux métiers du cirque doivent y avoir également leur place. Mais les activités sportives traditionnelles peuvent également s’enrichir des apports pluridisciplinaires : il existe un contenu hautement moral du sport dont l’analyse nourrit la réflexion aussi bien en philosophie qu’en histoire. En outre, le caractère pervers de certains sports antagonistes peut se gommer s’il est enseigné que l’exploit sportif est accessible à condition de considérer l’adversaire non comme un ennemi mais comme l’opportunité d’un dépassement de soi.

 

Le pôle artistique :  La pratique artistique est l’activité qui exige l’ascèse et l’investissement en temps le plus considérable. Les élèves devront avoir le choix entre plusieurs façons d’accéder à la création artistique : travail par analyse des oeuvres d’arts marquantes de différents courants, travail par imitation, travail par introspection permettant la représentation artistique du vécu intériorisé de chacun. Un aller retour permanent entre l’envie (ou le besoin) de créer et la maîtrise des techniques nécessaires à la création est souhaitable : les élèves acquièrent ainsi le respect de l’art en général car ils comprennent que toute oeuvre est la résultante d’un caractère qui cherche à s’exprimer et d’une technique maîtrisée. L’art doit être l’occasion de faire la différence entre ce qu’on aime (ou non), ce qu’on trouve beau (ou non) et ce qui est appréciable, voire utile.

 

Le pôle forum de société :  Les élèves y débattent dans le respect des différences. Lieu privilégié de l’histoire, de l’éducation juridique, civique et sociale, de la géographie et de l’économie, ses animateurs ne doivent pas hésiter à inviter des intervenants de toutes tendances philosophiques, politiques et religieuses. Mais en respectant toujours les droits et la déontologie.

 

L’espace conférence :  C’est le lieu où les professeurs - ou bien quelque intervenant extérieur soigneusement choisi - viennent y représenter le savoir qui les passionne sous la forme qui leur convient le mieux. Son but est de mobiliser les élèves mais aussi tout public local autour de thèmes de la connaissance.

 

Suite à la lecture de la description des ateliers, le lecteur aura bien compris qu’ils sont libres, mouvants, qu’ils doivent être gérés démocratiquement, fondés après débats autour d’un projet commun et non pas un mode de fonctionnement a priori. Certains ateliers pourront se prolonger dans la soirée avec l'aide de bénévoles.

 

Annexe 3 : recherches


 

En projet:

L’élève s’engage à procéder à des recherches sur un programme de son choix, l’enseignant à le guider dans ses recherches et les parents à le soutenir. Le programme de recherche initial est orienté en fonction des problématiques rencontrées par l’élève et en concertation avec lui. L’élève rédige un cahier de notes où il inscrit ses recherches et les questions de l’enseignant l’incitant à nuancer, préciser, compléter, relier ses travaux d’une étape donnée et l’amenant à aborder une étape ultérieure. Il serait souhaitable que ce cahier prenne la forme d’un manuscrit de livre, l’élève devant se percevoir comme l’écrivain de sa propre aventure intellectuelle.

 

Si l’enseignant tient son propre cahier des comptes rendus de l’élève où il rédige ses questions et ses difficultés à ouvrir ou consolider les recherches de l’élève, ces deux cahiers pourraient devenir en eux-mêmes un objet d’étude pour les sciences pédagogiques.

 

Il faut que l’élève puisse rencontrer l’enseignant à intervalles réguliers afin d’exposer le résultat de sa recherche du moment et recevoir les remarques pour le guider.

 

La quête de l’originalité des recherches présente toujours, à un moment ou à un autre, quelque chose d’angoissant, car elle est susceptible d’être vécue comme un repli sur soi, comme une dérive solitaire. C’est alors dans la communication du projet individuel que la recherche sera évaluée par la communauté scolaire comme œuvre sociale utile ou non.

 

Une question est à soulever sur l’apparent contraste entre la situation de recherche individuelle et la présence constante du professeur lors de ces séances. La réponse est simple : le professeur est présent tant que l’autonomie est progressive avec présence du professeur de plus en plus lointain.

 

En cas de recherche sur un projet de groupe ou pluridisciplinaire, tous les professeurs enseignant en même temps, il est important de veiller à une composition compatible du groupe et une bonne coordination entre les groupes.

 

Ces groupes de recherche devront se partager la présence dans les locaux, notamment dans les laboratoires dont le coût est aujourd’hui tel qu’il est impossible de multiplier les postes de travail à la hauteur du besoin de travailler en petit nombre.

 

Le groupe d’étude est censé instaurer un entraînement à la recherche où la personnalité se retrouve intégralement respectée. Les séances d’étude n’abordent que les questions intéressant ses participants. Ce choix est garanti par le vote. L’art de la “ représentation ” fait partie de ce respect, sinon, tous les participants risquent de sombrer dans l’ennui d’exposés mal maîtrisés, avec donc une tendance à rechercher la facilité et non le dépassement constant de soi. Le professeur veillera au respect en évoquant des exigences formelles et de niveau, y compris que tous puissent saisir et comprendre les concepts(popularisation) et que  l’esprit de jeu servent  de guide.

 

Pour que les résultats de recherches soient transférables, il est souhaitable que les élèves travaillent dans des milieux divers et que la méthode comparative soit encouragée comme exercice fondamental.

 

L’auditoire non initié présente pose des questions qui sont éclairantes et permettent une réitération, un retour aux bases qui  apparaissant soudainement sous un jour nouveau.

 

            En cours: Recherches et mathématiques: un exemple de l'application de cette pédagogie.    

Créer des situations où les élèves se mettent en recherche, en confrontation avec de véritables problématiques ouvertes. On connaît assez bien la "Main à la pâte" (où l'aspect expérimental est très présent), un peu moins "MATH en JEANS" pourtant plus ancien (où l'aspect "recherche" est plus développé).

 

Ces "actions" visent bien sûr l'apprentissage et (/par) la production. Mais aussi (et surtout) le développement du sens critique - rapport à la vérité, au doute -, la coopération, l'émulation plutôt que la compétition, l'auto évaluation, le plaisir de la création ... Ceci par :

-la nature du travail (avoir un regard scientifique sur des objets et non un regard sur des objets scientifiques, expérimenter, modéliser, construire ses "outils"...)

-la forme d'organisation de ce travail (travail en groupe, communication, débat).

 

En corrélation avec MATH en JEANS, des réflexions plus théoriques existent :

- A Grenoble, une équipe de recherche à cheval sur les maths et la didactique s'intéresse aux savoirs transversaux (preuve, définition, implication, induction,...) en s'appuyant principalement sur les "Maths Discrètes" qui ont l'avantage d'offrir à travers des problèmes immédiatement compréhensibles (ex : problèmes de pavage, d'empilement, de coloration...) l'accès à des questions réellement ouvertes.

 

            On constate que les principales difficultés qu'ont les professeurs - en l'absence de chercheur - à conduire avec leurs élèves des situations-recherches vient de leur rapport quasi nul avec la production scientifique.

 

Il faudrait sans doute créer des "lieux" et des "temps" où les professeurs puissent se confronter avec de vrais problèmes de recherche, éprouver le plaisir de la création et de la production scientifique (mais sans doute aussi littéraire, etc...). Ces lieux pourraient être des revues de recherche "amateur" où ils puissent publier, des relations avec des laboratoires.…

 

Annexe 4 : lecture et écriture

 

La Lecture :    Le problème ne se pose pas en termes binaires : savoir lire ou non. A côté des "illettrés" (qui ont pourtant passé 12 ou 14 ans à l'école), il existe de nombreux lycéens et étudiants qui ne se servent de l'écrit que pour leurs études. En conséquence, la grande majorité des citoyens ne fait qu'un usage utilitaire d'un instrument essentiel permettant de prendre de la distance avec les évènements, de les mettre en mémoire et en perspective, d'analyser les contradictions, toutes choses indispensables au plein exercice de la citoyenneté. Essentiel également pour s'interroger sur la vie, sur soi-même. Nous désignons ainsi "la lecture experte".

 

1er OBJECTIF :  "déscolariser" l'écrit. Il s'agit de faire découvrir aux enfants qu'ils peuvent trouver dans la littérature jeunesse, dans les documentaires des réponses aux questions qu'ils se posent (et non pas que l'école leur pose à propos d'une lecture en manuel). L'objectif est loin d'être atteint faute d'être bien compris ( fixation sur les "programmes"). 

 

2ème OBJECTIF : considérer l'apprentissage comme celui d'une langue spécifique dans laquelle on entre progressivement par hypothèses sur le sens, vérification, mémorisation des mots dans leurs occurrences successives, découvertes des règles spécifiques.…Le parallèle avec l'apprentissage du langage par le petit enfant conduit à considérer que le rapport à l'écrit se construit , dès qu'il y a constat de son usage dans l'environnement, et qu'il s'étale sur une très longue période. Il ne s'agit donc pas de la transmission en quelques mois d'une technique (le déchiffrage) sans aucune fonctionnalité autre que l'exigence sociale. L'échec conduit à une première exclusion...(à l'âge de 7 ans !). La mauvaise qualité du rapport établi avec l'écrit au long de la scolarité élémentaire conduit à  ces résultats (évalués en 6ème  par la DEP  en 1994) : 14, 4% ne maîtrisent pas les compétences de base, 34,1% maîtrisent uniquement ces compétences de base, seuls 20 % des enfants possèdent les compétences dites "remarquables" permettant l'accès à cette "lecture experte".

 

3ème OBJECTIF : faire précisément de la "lecture experte" l'objectif visé dès les premiers rapports à  l'écrit. Ceci implique qu'on construise une didactique qui s'appuie sur ce que fait le lecteur expert et non sur l'étude des correspondances entre les lettres et les sons (déchiffrement). Les travaux des psycho-linguistes (centrés sur le lecteur et non sur la langue) fournissent  les éléments nécessaires à cette construction, ainsi que des logiciels d'entraînement adéquats (usage familial y compris). Il s'agit donc d'un apprentissage complexe qui doit nécessairement s'étaler dans le temps , qui devrait se poursuivre, professeurs de math  de géographie, de sciences devraient y contribuer, vu la spécificité de leurs écrits.

 

4ème OBJECTIF : considérer le problème avec une "pensée systémique". Le fait que les 20% qui accèdent aux "compétences remarquables" en 6ème appartiennent massivement à des milieux qui utilisent l'écrit d'une manière "experte" amène à s'interroger sur le lien existant entre statut social et statut de lecteur. Il conduit à la fois à compenser, en enrichissant le rapport à l'écrit dès la maternelle, en déscolarisant la lecture, en faisant de l'écrit  un outil fonctionnel  (permettant notamment aux enfants de prendre du pouvoir sur leur vie scolaire : conseils d'enfants, etc.), et à informer les parents sur les enjeux de l'écrit, son fonctionnement, leur propre rôle. 

 

L'idée qui découle de ces différentes observations est que la lecture "c'est l'affaire de tous", idée qui rejoint notre attitude vis-à-vis du système éducatif. Idée qui exige une mise en synergie de tous les acteurs concernés : parents, enseignants de tous degré, bibliothécaires, libraires, producteurs d'écrits. Cet objectif s'exprime dans le projet de "ville-lecture".

 

Ainsi on déscolarise la lecture grâce à un travail intense sur la littérature jeunesse, à la production quotidienne d'un journal "écrit en circuit court" invitant les enfants à une activité réflexive sur leur vécu de la veille, grâce à un entraînement intensif sur micro-ordinateur, à un travail de théorisation des pratiques, formation majeure des enseignants abandonnée …Des enfants en difficulté participant aux "vacances-lecture" connaissent le même traitement en un temps réduit et en sortent transformés. Les parents, par contrat, participent à une journée du séjour et découvrent les activités et les productions de leurs enfants. Différentes actions sont conduites visant à transformer leurs attentes.

 

Annexe 5 : les innovations

 

Points en commun entre différents projets de collège ou de lycée pionnier.

Textes de référence : Projets de  DECLIC 93, Grenoble, Le Mans, Lille, Miremont de

Guyène, Nantes, Orange

 

Tous les projets mettent l'accent sur :

-développer chez les élèves la curiosité, l'appétence culturelle, le plaisir de la connaissance et de la création, la confiance en soi, le goût de la communication.

-développer les capacités d'expression sous toutes ses formes et l'usage des différents médias - développer le  bilinguisme. 

-développer la capacité de distanciation, l'esprit critique, les capacités de synthèse, l'esprit scientifique

-prendre en compte leurs savoirs antérieurs, leur questionnement.

-faire des élèves les acteurs de leur formation.

-faire de l'école un lieu ouvert sur la vie, le monde, la ville,  et lui conférer un rôle de rayonnement culturel…

 

Tous les projets optent pour :

-des groupes multiâges qu'ils soient de référence,d'apprentissage ou de projets.

-une pédagogie du projet impliquant la transdisciplinarité.

-le tutorat et les entretiens individuels permettant l'intégration, la médiation, l'accompagnement personnalisé.

 

Tous les projets accordent une grande importance à la "vie citoyenne" et prévoient :

-des conseils à divers niveaux où sont représentés élèves, parents, enseignants, autres professionnels ou intervenants.

-érigent en principe la coopération, la solidarité, l'égalité et la fraternité.

 

Tous les projets affirment la nécessité de :

-de la co-éducation (équipe éducative).

-d'une équipe pédagogique collectivement responsable du projet et de sa mise en œuvre.

-de la concertation régulière (hebdomadaire) et de la recherche-action.

 

Les principales caractéristiques de ces projets :

 

A.  Les groupes, structures de base…

 

I.  Groupe d'ancrage, d'appartenance, de référence

-          constitué de 10 à 14 élèves pour 1 an au minimum.

-          hétérogène : multiâge, brassage social et culturel, différents niveaux de scolarité.

-          animé par un adulte (enseignant ou non) appelé tuteur ou référent (accompagnement individualisé-aide personnalisée-aide aux devoirs mais aussi vie du groupe, projets…).

-          rôle de ce groupe : intégration-vie citoyenne- médiation- orientation, donner du sens à la formation, construire un projet, découvrir des voies professionnelles, des cursus scolaires- solidarité et coopération- exercice des droits, pouvoir de décision et de gestion-coordination de la vie scolaire.

-          périodicité et durée : de 3 à 8 H/semaine - le groupe dispose d'une salle fixe.

 

Un des projets associe le regroupement pédagogique (6ème -5ème 4ème  : acquisitions de base et 3ème -2ème : détermination  et 1ère  et terminale : préparation aux examens) d'environ 24 élèves et les groupes de référence (12 élèves).

 

II.  Groupe de projet ou de production

-          effectif et durée variable.

-          transdisciplinarité.

-          destinataires du projet : internes ou externes.

-          partenariat (autres professionnels, parents…)

-          5 à 7 H/semaine (moyenne sur l'année),  avec un temps fort de 20H sur 2 semaines pour un des projets

-          choix des projets : initiative individuelle ou de groupe - thèmes proposés (liste renouvelée toutes les 6 à 7 semaines).

-          mise en place : collectivement en début d'année pour les projets long terme (journal, voyage, spectacle, roman, film…) - dossier de présentation pour accord à l'équipe éducative comprenant la description du sujet, les sources de documentation, les lieux et les personnes-ressource - obligation à chaque élève de travailler à n projets (nombre variable) dans l'année.

-          évaluation de la production consignée dans le dossier de l'élève - constitution d'une Banque avec les réalisations (chef-d'œuvre individuel ou production collective).

 

III. Groupe d'apprentissage

-          l'âge n'est pas le critère du regroupement. Les élèves sont testés dans les différentes disciplines (tests 

       scolaires, arbre des connaissances…).

-          24 élèves en général.

-          16H/semaine ; parfois découpées en 10H + 6H de travail autonome.

-          ateliers-cours pour la remédiation, le soutien, l'entraînement, l'approfondissement.

-          le tutorat  permet un suivi individualisé.

-          évaluation du niveau des élèves individuelle et anonyme (tests, brevets, carnet de bord, arbre des connaissances) chacun connaît son niveau et le niveau minimum pour intégrer le groupe suivant.

-          entraide entre élèves, éventuellement soutenue par un adulte : réseau d'aide, d'échange de savoirs - banque de ressources - tutorat entre élèves.

 

B.  Organisation Annuelle

 

Un seul projet y consacre un chapitre :

-          5 périodes de 6 à 8 semaines. Les derniers après-midi sont consacrés à l'évaluation et la préparation de la  période suivante.

-          séquence de 2 semaines (20H) pour les projets à court terme permettant d'aboutir rapidement.

-          semaines spéciales : - 1 semaine pour l'accueil et l'intégration des élèves.

                                        - 2 semaines/an, production interdisciplinaire sur un thème commun.

-           toutes les 6 semaines, chaque élève définit avec son tuteur, un contrat (cours, projet, charges…), élabore l'emploi du temps de la période qui est communiqué à la famille (donc emploi du temps variable d'un élève à l'autre et d'une période à l'autre).

 

C.  Evaluation

                      

-          auto-évaluation avec l'aide éventuelle du tuteur.

-          outils : carnet de bord ou de route - brevets - mémoires - chefs-d'œuvre - cahier d'évolution - livret de compétences - réseau d'entraide - réseau d'échange de savoirs - arbre des connaissances - outils informatiques.

-          co-évaluation et socio-évaluation des projets et productions (important pour constituer la banque de ressources).

-          évaluation "experte" donc sommative, organisée et conduite par les enseignants, individuelle et anonyme, en référence au cahier des charges  et en conformité avec les programmes nationaux.

-          évaluation du projet de l'équipe éducative : auto-évaluation - regard universitaire dans le cadre de la recherche-action - échanges de savoirs, d'expérience avec d'autres équipes et d'autres professionnels – inspection.

 

D.  Gestions démocratique- Vie Citoyenne

 

En exergue, la Convention internationale des Droits de l'Enfant.

 

-          Conseil d'établissement,  constitué de représentants des groupes de base (regroupement

       pédagogique, groupe d'ancrage ou de référence), des enseignants, des différents professionnels ou  

       intervenants, de parents. Le Conseil gère la vie de l'école.

-          Conseil de coopérative qui peut être propre à un groupe et qui gère la vie du groupe.

-          Groupe de gestion qui prend en charge, pour une période donnée (2 semaines ou plus selon la tâche), l'organisation pratique des tâches (fonctionnement du Foyer coopératif, entretien du local de restauration sous la responsabilité d'un ATOSS, fonctionnement du CDI…). Le temps nécessaire à cette gestion n'est pas pris sur l'emploi du temps normal, il s'y ajoute.

-          Conseil d'arbitrage ou structure de médiation, constitué d'élèves élus, d'enseignants, de parents, d'autres professionnels. Il règle les conflits au niveau de l'établissement. Il peut organiser la formation d'élèves-médiateurs.

 

E.   Equipe Educative             

 

-          L'équipe a la responsabilité du projet  éducatif, de sa mise en œuvre et de son évaluation. Elle rend 

       compte de son évolution dans le cadre de recherches-actions en liaison avec les lieux de recherche et

de formation (Universités-INRP-IUFM-CNRS…).

-          Elle rassemble l'ensemble des éducateurs engagés dans le projet et/ou chargés des mêmes élèves (par

       ex. les 96 élèves des 3 cycles ou "moments", 6-5ème / 4-3-2ème /1-term).

-     La réunion de concertation  hebdomadaire (en général 3H/semaine) rassemble l'ensemble de l'équipe.

Dans certains cas, d'autres structures transversales complètent le travail de la concertation hebdomadaire  (réunion de "cycle", par discipline, par projet…).

 

Lille décrit avec précision la constitution et les attributions de l'équipe :

-          1 coordonnateur par discipline chargé d'organiser et d'animer la réunion de concertation de la discipline.

-          1 référent, enseignant ou non, par groupe de 12 élèves (donc 8 référents).

-          1 coordonnateur des tuteurs (par ex. le CPE).

-          1 responsable de projet par projet, enseignant ou non.

-          1 coordonnateur des projets (par ex. un animateur pédagogique (compétences de techniques. d'information, rapport avec l'extérieur, pratique de la recherche-action…). dans certains cas ce peut être le  principal ou le proviseur.

-          nombre de professeurs en fonction des effectifs et des disciplines.

-          autres professionnels (principal- intendant- documentaliste- CPE- infirmière- ATOSS…

il est nécessaire d'avoir un gestionnaire du parc informatique et quelqu'un compétent dans l'utilisation de l'arbre des connaissances (par ex. un emploi-jeune).

 


Le Projet du Lycée Lavoisier

 

En tant qu'établissement pionnier, le Lycée Professionnel Lavoisier s’engage dans un projet d’innovation global et évolutif en mettant en place, tant pour les élèves que pour les adultes, des formes adaptées d’organisation du travail et de la vie scolaire.

 

Il s’attachera au fil des années à réorienter, si besoin, son projet initial pour lui permettre de demeurer un établissement réellement ouvert à tous.

 

Tous les adultes engagés dans la mise en œuvre de ce projet doivent pouvoir se sentir acteurs à part entière de l’histoire collective de l’établissement et en particulier de l’évolution du projet pédagogique initial.

 

Ceci implique la mise en place, au même titre que l’organisation pédagogique du cursus des élèves, de modes différents d’organisation du travail des adultes au sein de l’établissement.

 

Ceci implique également, en dérogation au cadre légal actuel, de redéfinir partiellement, le cas échéant, le rôle, les attributions et la composition du conseil d’administration. Cette nouvelle organisation devra assurer une réelle collégialité des prises de décision au sein de l’établissement et devra assurer aux parents et aux élèves la participation réelle à la vie de l’établissement ainsi qu’à la gestion et à l’évaluation de son projet pédagogique.

 

Actuellement, le Lycée Professionnel Lavoisier se singularise par une pratique fondée :

 

1)       sur la mise en valeur de ce qui contribue au développement de la personnalité de l’élève en l’aidant à acquérir des repères essentiels au plan social et culturel,                 

2)       sur des modes d’action conduisant à l’enrichissement de la relation pédagogique,     

3)       sur l’ouverture du lycée sur son environnement en participant à la vie du quartier et en aidant à sa structuration au plan éducatif, social, culturel et économique.

 

Le travail en direction des personnes est concomitant à la transmission et à l’intériorisation des connaissances. Il postule des temps de réflexion communs élèves-professeurs, des vécus pédagogiques et des outils d’analyse nécessitant la participation d’éléments extérieurs.

 

A l’interne :

 

*Depuis 1993, la vie scolaire a institué une heure de vie de classe, appelée temps d’échange et de réflexion, animée par un adulte volontaire. La notion de volontariat est importante. Le professeur est face aux élèves dans un cadre différent. Il n’y a pas de cours, de programme déterminé. C’est le groupe qui choisit le thème de la séance. L’adulte est un référent qui apporte son expérience, son point de vue et qui contribue à la prise de recul nécessaire.

 

Le contenu des séances est très varié : discussion sur un problème particulier à la classe, à un

élève, sur un sujet d’actualité ou de société.

 

Les séances ont lieu tous les 15 jours, par groupe de 12 à 15 élèves selon les sections.

 

Une évaluation et un suivi ont été mis en place. Des réunions ont lieu auxquelles participent des

intervenants extérieurs – psychothérapeute et/ou sociologue. Le but est de réfléchir sur l’évolution de la jeunesse, les possibilités de prendre du recul, savoir que faire de ce que l’on entend, etc.

 

Ce temps d’échange et de réflexion fait partie de la vie du lycée et est inscrit à l’emploi du temps des élèves. Il fonctionne comme un régulateur dans certains cas et toujours comme un temps de dialogue. L’image réciproque que se portent enseignants et élèves s’en trouve améliorée.

 

*Egalement géré par la vie scolaire, le point écoute dont l’objectif est de proposer aux élèves une écoute spécialisée pour répondre à la souffrance et à la difficulté d’être adolescent. Cette écoute vient en complément du travail des adultes du lycée (CPE, Proviseur, Assistante Sociale, Infirmière, professeurs). Deux heures par semaine, un psychanalyste est présent au lycée, à disposition des élèves. Il est très clairement précisé à tous que ce qui est dit lors des entretiens est confidentiel. Les informations transmises ne le sont qu’à la demande expresse des élèves. Cette écoute peut être aussi considérée comme un relais possible pour les adultes qui recueillent des confidences parfois lourdes à gérer (inceste, maltraitance, problèmes psychologiques).

 

*Chaque année, une semaine de réflexion est proposée aux élèves. L’objectif est que tous les élèves et adultes réfléchissent ensemble sur un sujet choisi par les élèves. C’est un moyen de répondre aux attentes et aux questions des jeunes sur un thème précis, et de sortir du cadre scolaire.

 

Le but est aussi de travailler sur la citoyenneté, d’aiguiser la réflexion, le sens critique, d’apporter des connaissances nouvelles hors programmes scolaires.

 

En pratique, cette semaine s’élabore à partie d’un thème retenu par les élèves. elle est pilotée par les CPE. Les thèmes des années passées sont très divers : la maternité, l’adolescence, l’exclusion, la solidarité, le Nord (patrimoine et fêtes), la santé, etc.

 

A l’externe :

 

*Le lycée fonctionne en continu, sans violence majeure, 365 jours sur 365, soit sur moyens propres, soit sur moyens spécifiques dans le cadre de l’école ouverte (tous les week-end et pendant 10 semaines durant les petites et grandes vacances scolaires).

 

A partir des vacances de printemps, le lycée est toujours en situation d’accueillir et d’encadrer jusqu’à 22 heures un petit groupe de jeunes.

 

*L’ensemble des activités sont gratuites ; elles sont fréquentées tant par les élèves du lycée que par les jeunes et les adultes du quartier (le week-end), quelque soit leur âge et quelque soit leur sexe. Elles concernent : le soutien et la remise à niveau scolaire, les cours de langue (arabe), des activités culturelles et artistiques (cinéma, calligraphie), des activités pédagogiques de loisir (jeux de société, ateliers de photo-numérique) et des activités sportives (ping-pong, badminton, foot).

 

*L’ouverture du lycée sur le quartier et son implication au plan éducatif et social nous a amené à créer des partenariats avec les structures environnantes et à participer avec les habitants à un porte-à-porte afin de repérer les besoins du quartier et de déterminer l’aide que l’établissement pouvait apporter au titre de sa mission de service public de proximité.

 

*La politique de recrutement de CES ou de CEC, principalement issus du quartier, dans un contexte de chômage important (37%), nous a conduit à être “ créateur d’emploi ”, à répondre positivement à des demandes de personnes qui souhaitaient, même dans le cadre d’un travail précaire et à durée déterminée, apporter leurs compétences à l’établissement et échapper à l’image dévalorisante du chômage et de l’assistanat.

 

Cet apport de personnel nous a permis de rendre la vie au lycée plus riche et plus facile, notamment au plan de l’entretien, de l’administration et de la surveillance à l’intérieur et aux abords du lycée.

 

*Par ailleurs, et à titre de solidarité et à chaque fois que cela lui est possible, le lycée effectue ses achats auprès des commerçants du quartier afin d’aider au maintien du commerce de proximité.

 

Une plus grande autonomie et une réflexion plus ouverte à des compétences extérieures nous permettraient de poursuivre avec plus de souplesse notre évolution. Nous souhaitons pouvoir aller plus avant dans notre recherche d’une plus grande humanisation du rapport au savoir, d’une organisation scolaire plus adaptée à des situations d’apprentissage différentes : simulation, travail virtuel, sorties pédagogiques, co-animation…

 

Dérogations et demandes de moyens spécifiques

 

*Postes à exigences particulières : nous souhaitons que les postes de direction, d’enseignement et d’éducation apparaissent au mouvement avec des exigences particulières.

 

Dans le cadre de leur mutation, les personnels devront déclarer par écrit :

-être prêt à l’innovation pédagogique,

-manifester leur volonté de connaître les élèves dans leur dimension sociale et culturelle et de fonder la relation pédagogique sur l’échange,

-manifester de l’intérêt pour la réflexion de type sociologique et psychanalytique.

-               

*Dérogation à la Dotation Horaire Globale par augmentation de la dotation (+ 165 HSA et 300 HSE)        

Des moyens spécifiques sont demandés :

-afin de permettre les temps d’échange et de réflexion (anciennement heures de vie de classe) hebdomadaires (passage de 1h quinzaine à 1h semaine),

-pour dédoubler certains cours au-delà de 18 élèves notamment en langue, en technologie et dans certaines divisions rassemblant des élèves à “ lourd passé scolaire ”,

-pour l’autoformation des personnels avec des intervenants extérieures, experts dans leur domaine et choisis en fonction de leurs compétences reconnues,

-pour la concertation institutionnelle.      

                                                                      

*Augmentation des moyens budgétaires

-pour rémunérer les intervenants extérieurs,

-pour financer les actions pédagogiques hors établissement.                                          

 

*Dérogations administratives

Pour faciliter le travail en extérieur et utiliser la richesse environnante : partenariat associatif, exploitation par ½ journée de situations pédagogiques spécifiques hors établissement, etc.

 

Dès la rentrée 2001, par départ à la retraite et mutation, nous avons l’opportunité de pourvoir au poste de chef de travaux et de proviseur adjoint. Il serait souhaitable que des postes soient pourvus dans le cadre de ces exigences particulières.

 

Projet pour Une Ecole Créatrice d'Humanité

 

Tout individu, toute structure est le produit d’une histoire collective.  Il ou elle ne peut se réaliser qu’en appartenance à un groupe, à une microsociété dans laquelle il ou elle va recevoir, donner, rendre et échanger.

                                                                      

Les contraintes insurmontables que rencontre l’élève dans les apprentissages et les entraves au développement de sa personnalité et de sa socialisation, mettent les énergies sous pression et les font s’évacuer en pure perte et de façon violente.          

 

Le jeune d’âge scolaire ne peut compter sur l’expérience acquise pour orienter ses conduites et optimiser ses comportements : il a besoin d’un tuteur qui l’aidera, dans des situations appropriées, à prendre les décisions qui conviennent le mieux à son développement et à son insertion sociale.

 

            Ce projet d’établissement pionnier s’inscrit dans les perspectives tracées par le manifeste de Marie Danielle Pierrelée “ Pour une école créatrice d’humanité ” lancé en février 2000.

 

            Après avoir dressé le constat des dysfonctionnements révélateurs de la crise profonde  du système éducatif: non maîtrise des apprentissages essentiels après dix ans d’école obligatoire pour un nombre important d’élèves, maintien des inégalités scolaires, refus de l’école et souvent ennui d’apprendre, extension des situations de violences ces dix dernières années ….. Marie Danielle Pierrelée demande dans un manifeste :

 

1 “l’ouverture d’un débat national large et ouvert pour refonder les objectifs de l’école”

2 “La transformation d’établissements publics ordinaires en établissements pionniers avec des

équipes d’enseignants volontaires pour travailler autrement”

ces établissements doivent s’inscrire dans le cadre public de l’Education Nationale. Ils visent d’emblée à inventer, à mettre à l’épreuve, en grandeur réelle et en situation ordinaire, des formes organisationnelles et pédagogiques qui reposent sur un projet éthique fort, qui a vocation à essaimer le système éducatif.

3 “La création d’un organisme public d’évaluation indépendant du Ministère de l’Education Nationale, chargé d’obtenir, d’analyser, de diffuser les résultats obtenus par les établissements scolaires, qu’ils soient pionniers ou non”.

 

Les fondements du Projet

Principes généraux

            La transformation de l’Ecole est une question résolument politique, au sens de “ vie commune dans la cité ” visant au “ Bien Commun ”, appréhendée à travers les principes et les valeurs de la République et de la Démocratie. Elle ne peut être séparée du projet de société qu’entendent inspirer ces valeurs et que nous voulons promouvoir..

 

            A ce titre, elle n’est pas l’ affaire des seuls  spécialistes ou professionnels de l’éducation, mais de l’ensemble des citoyens. Elle est un enjeu du débat public. Et dans ce débat nous voulons être présents pour réfléchir et infléchir la décision politique, car la mise en place d’établissements pionniers ne peut avoir une chance de se réaliser sans une forte volonté politique pour les impulser et les soutenir.

 

            Signataires du manifeste nous nous sommes regroupés dans une association dénommée : “Pour une Ecole Créatrice d’Humanité”. L’humanité est ici promue notion éthique fondamentale et fondatrice de tout projet éducatif scolaire. Elle renvoie à la prise en compte de la dimension Homme et Citoyen chez l’élève. Ce fil conducteur suppose une transformation radicale de la relation de l’individu singulier à son environnement. Il devra nécessairement relier de façon constante, et sans cesse à approfondir: la dimension politique, les modes de fonctionnement et d’organisation, les rapport sociaux à l’école et les pratiques pédagogiques.

 

Redéfinir des missions claires et cohérentes …

            Pour contribuer à accomplir la République et la Démocratie dans l’exigence des principes formulés dans le triptyque: Liberté, Egalité, Fraternité, les établissements pionniers ont à reformuler et à faire vivre les objectifs et missions assignés à l’école. Dans leur formulation et dans leur mise en œuvre actuels, ceux-ci se présentent comme un catalogue général d’intentions juxtaposées, susceptibles d’interprétations diverses :  nous vivons actuellement les incertitudes et les confusions issues de cette situation.

 

            Qui saurait dire quelle idée directrice organise les quatre objectifs assignés à l’école par la loi d’orientation de juillet 1989 (instruire, développer la personnalité, exercer la citoyenneté, former en vue d’une insertion sociale et professionnelle) ?

 

            Quels enseignants pourraient dire avec certitude quel est le minimum commun qu’ils partagent avec leurs collègues pour donner à penser qu’ils travaillent dans la même institution ?

 

            Que veut on apporter comme formation dans une société dominée par “le marché”,  où apprendre ne signifie pas entrer dans une aventure personnelle et intellectuelle fondatrice d’humanité, mais se lancer, dès la maternelle, dans une course après des savoirs le plus souvent extérieurs à l’élève, faute de sens, destinés à le faire accéder à des diplômes dûment hiérarchisés. Cette compétition, avec ses gagnants, ses perdants et ses exclus, est par ailleurs contradictoire avec la “promesse démocratique” de “réussite scolaire pour tous”, au nom de ce qu’on appelle “l’égalité des chances”.

 

            Que signifie “développer la personnalité”, quand la dimension intellectuelle de la personne est quasiment la seule qui soit prise en compte dans les évaluations, examens et concours. Comment, dans ces conditions, prétendre sérieusement développer les dispositions à la sensibilité, à la relation, à la sociabilité et à l’éthique, dès lors que chacun se rend compte qu'elles sont en fait exclues de la notion de “Réussite scolaire” ?

 

            Comment vouloir “éduquer à la citoyenneté” quand les droits des enfants, dûment énoncés dans la Convention Internationale des Droits de l’enfant (ratifiée par la France en 1990), ne sont pas appliqués dans la classe, sinon à la marge ? Ces droits, et les devoirs afférents à ces droits, énoncent pourtant des “pouvoirs” de citoyenneté, véritable formation à un “vivre ensemble”, susceptible d’humaniser tout projet d’enseignement, de la maternelle à l’université.

 

... pour une éducation scolaire humanisante.

            Pour parvenir à cette cohérence des objectifs et à leur réalisation, les établissements pionniers, comme tout établissement qui s’associerait à cette éthique, devraient être guidés par :

 

1- La recherche de l’épanouissement de chaque élève dans la globalité des dimensions de sa personnalité, unique et singulière, sans créer, comme le fait actuellement l’école, des hiérarchies prématurées et artificielles à l’intérieur de chacun (les savoirs intellectuels destinés à faire “ réussir ” à l’école ne sont pas, loin s'en faut, les seules preuves d’intelligence).

 

2 - La formation des élèves au jugement critique. En apprenant à penser par eux-mêmes, ils se libèrent des conditionnements éducatifs et sociaux qui les condamnaient à n’être que des “adaptés” perpétuels.

 

3 - La laïcité, comme principe fondamental d’ouverture aux autres, de refus de tous les regards d’exclusion et de soumission à tous les dogmes, quel qu’ils soient.

 

4 - La formation à la citoyenneté à travers la connaissance, et surtout la pratique, des valeurs de Coopération, de Solidarité et de Fraternité. Ces valeurs et, notamment la Fraternité, devraient introduire chaque enfant dans sa dignité de “Personne” et de “Citoyen” qu’il est et deviendra.

 

Ainsi défini dans ses objectifs, l’établissement pionnier développera des pratiques en rupture avec celles  de la plupart des établissements de l’Education Nationale, et cela dans tous les domaines :

 

-I: Dans la gestion même de l’établissement, où le pouvoir sera effectivement assuré par l’ensemble des acteurs (administration, élèves, enseignants, parents …).

 

-II: Dans la relation de l’établissement à son environnement : l’établissement pionnier n’est pas un sanctuaire, il est partie prenante de la vie démocratique du territoire où il se situe.

 

-III: Dans son fonctionnement pédagogique où le respect mutuel, la reconnaissance de l’autre, les valeurs de coopération et de solidarité, seront mis en avant.

 

Les Principes d'Organisation

Un établissement du secteur public de l'Education Nationale

L'établissement respecte les missions qui lui sont légalement confiées dans le cadre du secteur public de l'Education Nationale. Il s'attache à ce que ses élèves puissent, au terme de leur cursus, poursuivre des études dans un établissement public de niveau supérieur. Il s'attache de la même manière à ce que des élèves qui seraient amenés à intégrer ou quitter l'établissement en cours de cursus puissent poursuivre sans difficultés leurs études.

 

Un établissement ouvert à tous

L'établissement a vocation à accueillir, sans discrimination, ni sélection tous les élèves de son secteur dans le cadre des règles habituelles de la sectorisation. Il s’engage à travailler avec les écoles primaires et les partenaires de son secteur pour faire connaître, expliquer et partager le projet aux parents et aux enfants.

 

Un établissement engagé dans un projet global, évolutif et piloté collégialement

L'établissement s'engage dans un projet d'innovation global et évolutif en mettant en place, tant pour les élèves que pour les adultes, des formes adaptées d'organisation du travail et de la vie scolaire. Il s'attachera au fil des années à réorienter si besoin son projet pédagogique initial pour lui permettre de demeurer un établissement réellement ouvert à tous.

Tous les adultes engagés dans la mise en œuvre de ce projet doivent pouvoir se sentir acteurs à part entière de l'histoire collective de l'établissement et en particulier de l'évolution du projet pédagogique initial.

Ceci implique la mise en place, au même titre que l'organisation pédagogique du cursus des élèves, de modes différents d'organisation du travail des adultes au sein de l'établissement. Ceci implique également, en dérogation au cadre légal actuel, de redéfinir partiellement  le rôle et les attributions du conseil d’administration.

Cette nouvelle organisation devra assurer une réelle collégialité des prises de décision au sein de l'établissement et devra assurer aux parents et aux élèves la possibilité d'une participation réelle à la vie de l'établissement ainsi qu'à la gestion et à l'évolution de son projet pédagogique.

 

Une équipe enseignante volontaire

Les enseignants qui exercent dans l'établissement le font sur la base du volontariat et en adhésion explicite avec les principes généraux définis par le projet. Ils s'engagent dans le projet en tant que membres d'un collectif de travail et non pas en tant que "praticiens libéraux". L'équipe enseignante ainsi constituée devra par ailleurs refléter une certaine diversité en termes de sexe, d'ancienneté et d'orientation pédagogique.

 

Un projet pédagogique

Le projet pédagogique s'appuie sur les principes suivants :

-assurer le respect de la liberté d'expression des élèves ;

-permettre réellement à chaque élève, tout au long de son cursus, de progresser dans les apprentissages scolaires fondamentaux ;

-favoriser à tous niveaux la coopération et l'entraide entre élèves ;

-permettre à chaque élève de participer de manière significative à la définition et à la mise en œuvre de projets dans des domaines variés (scolaires ou extra-scolaires) ; ceux-ci devront favoriser la mise en situation des élèves, en lien avec les apprentissages ;

-associer réellement les élèves à la vie de l'établissement, et en particulier à la vie scolaire et à la régulation du projet pédagogique.

La mise en œuvre de ces principes se fera en rupture avec le système traditionnel de découpage du cursus en classes d'âge.

Le descriptif qui suit n'est qu'une mise en œuvre possible de ces principes . Il appartiendra à chaque équipe pédagogique, en fonction de sa nature, de la taille de l'établissement et du secteur d'implantation, de définir, en relation avec les parents, le type précis d'organisation pédagogique qu'elle souhaite mettre en œuvre.

 

Constat

L'élève entrant au collège est en quête de repères. L'organisation pédagogique actuelle ne répond pas à ce besoin ; elle est fondée sur le passage d'une multitude d'adultes qui virevoltent autour de lui : un professeur principal (qui peut voir l'élève 1 ou 2 heures par semaine) est censé régler les conflits et les situations d'urgence, assurer le lien avec les autres enseignants d'une classe de 25 à 30 élèves, avec les parents et l'administration. Dans certains cas, un élève ou un groupe d'élèves peut s'absenter 3 jours sans que personne ne s'inquiète.

Donc, un suivi éducatif par une personne qui connaît bien l'élève s'impose. Les parents cherchent souvent une personne responsable à qui s'adresser.: un adulte référent qui connaît bien l'élève, à qui celui-ci peut se confier et qui peut être le relais de la famille au sein de l'institution. Les jeunes ont profondément changé et si l'acte d'enseigner est un acte pédagogique, il est aussi un acte relationnel. Il faut vivre l'éducation autrement.

Par ailleurs, le passage CM2 - 6e  est souvent difficile et mal vécu par de nombreux élèves ; ils suivent le cursus de 4 ans et qu'ils aient acquis ou non les apprentissages de base, ils se retrouvent au lycée avec des lacunes difficilement surmontables

 

Rappel

Les professionnels de l'éducation (enseignants, techniciens, personnels administratifs) agissent dans un cadre institutionnel à respecter ; ils reçoivent une délégation de la responsabilité civile des parents sous la responsabilité du chef d'établissement et ils doivent être reconnus et respectés en tant que professionnels ; les parents quant à eux ont un droit de regard sur l'Institution.

 

L'autorité, exercée par les adultes, doit être perçue comme constructive et être acceptée par les élèves.

Dans un établissement "pionnier", les professionnels de l'éducation vivent leur mission comme une richesse à la disposition des jeunes

 

Proposition d'organisation pédagogique de l'établissement pionnier

Le collégien sera intégré dans un groupe de référence pour un an au minimum, il sera affecté de manière temporaire aux groupes d'apprentissages disciplinaires et participera à des projets de courte et/ou de longue durée.

 

Groupe d'ancrage, d'appartenance ou de référence - groupe de 12 élèves - 8 heures/semaine

Ce groupe développera, par la diversité des élèves,

-l'aptitude à vivre ensemble, quels que soient leur milieu, leur religion, leurs capacités, dans un brassage social sans compétition.

-la solidarité et la coopération.

Chaque élève sera intégré dans un groupe de 12 collégiens de tous âges (par exemple 3 élèves de chaque tranche d'âge) un groupe hétérogène de référence ou d'appartenance qui sera placé sous la responsabilité d'un adulte enseignant ou non enseignant. Cet adulte sera le référent de l'élève tout au long de sa scolarité.

Il doit disposer d'une salle de travail propre, équipée de micro-ordinateurs (au moins 4)

L'adulte référent accueillera le groupe en début de journée et l'encadrera l'après-midi. L'adulte référent :

-Est le relais de la famille au sein de l'institution.

-Aide l'élève à trouver un sens à sa formation, à construire son projet personnel, à choisir les projets interdisciplinaires dans lesquels il s'épanouira à l'école, à découvrir les voies professionnelles et les études ultérieures accessibles.

-Apprend l'élève à gérer ses conflits avec les autres élèves, voire avec les autres adultes.

-Aide l'élève à acquérir des méthodes et à faire ses devoirs en utilisant l'outil informatique .

Cet accompagnement tout au long de la scolarité est un facteur de stabilité (possibilité de changer de groupe exceptionnellement en cas de mésentente).

                                                                                                                                                      

Groupe d'apprentissages - - groupe maximum de 24 élèves
16 heures/semaine
en moyenne

Principe : à l'arrivée, l'élève est évalué à partir de tests dans plusieurs matières, par exemple :

-vitesse de lecture pour des textes d'une difficulté donnée.

-manipulation aisée des proportions en maths…

-capacité à commenter une carte de géographie.

-écrire une page minimale sur des événements historiques…

-fonctionnement du corps humain.

-capacité de communiquer dans une langue étrangère.

En début d'année, en période de tests, un travail d'équipe des professeurs s'impose pour :

-la mise au point des systèmes d'évaluation précis et personnalisés.

-la conception des tests.

-la constitution des groupes d'apprentissages avec les objectifs.

Dans cette organisation, il est clair que le verrou à faire sauter est le groupe classe.

Les groupes par niveau d'apprentissage sont déterminés à partir des tests, (de 16 heures en moyenne de cours par semaine) ; l'âge n'est plus le critère déterminant. Chaque élève connaît le niveau minimal à atteindre dans chaque discipline pour intégrer le niveau suivant. Les élèves qui progressent vite réalisent plus d'activités ou approfondissent certaines questions sous le contrôle de l'enseignant.

 

Groupe de projets - groupe à effectif variable
- 7 heures/semaine
(équivalent d'une journée) - durée du projet variable de 1/2 trimestre à un année -

Principe :

Les projets sont de nature et de durée variables ; ils sont collectifs et réalisés pour des destinataires extérieurs au collège ; ils sont concrets et en prise sur le monde actuel. Ils sont culturels, techniques, artistiques, sociaux ou scientifiques.

 

Il faudra planifier les projets dans le temps et répartir les tâches selon les compétences des élèves. Les travaux seront évalués et pris en compte dans le dossier de l'élève.

 

Ils mettront les élèves en situation d'identifier les obstacles et les difficultés concrètes, à les dépasser et à gérer la durée ; ils sont un entraînement à l'action quelle qu'elle soit. Ils développent la créativité, ils tirent parti de leurs aptitudes personnelles, apprennent le travail collectif avec contraintes et exigences et aident à lutter contre l'individualisme.

 

Ces projets sont source de motivation pour les apprentissages et ils leur donnent un sens (apprendre à écrire sans faute, à prendre des mesures exactes par exemple). Ils développent l'esprit d'entreprise au sens noble du terme, en faisant participer les élèves à la "vraie vie" ; ils ne sont plus enfermés dans une classe.

 

Exemples de projets : fabrication d'une machine (avec aide de professionnels, techniciens du collège, parents..) préparation d'un concert (avec école de musique partenaire ou autre association), création et entretien d'un jardin (avec technicien municipal ou parent…), recherche mathématique, présentation vidéo de l'école, installation d'un site, réalisation d'un journal papier, électronique … Dans ces projets, il est fait appel aux partenaires (associatifs, parents, professionnels)

En début d'année, il faut recenser les projets possibles, interroger les élèves sur ce qu'ils veulent réaliser et les encourager dans ce sens ; l'élaboration des projets doit être l'affaire de tous. Les travaux réalisés seront regroupés dans une banque de données consultable et source de nouveaux projets ; se constituera ainsi une mémoire des projets. Les parents pourront s'investir dans la vie de l'établissement. On veillera à l'articulation entre le groupe d'apprentissages et le groupe de projets.

 

Partenariat avec les parents, travailleurs sociaux, professionnels et associations

Au cours de réunions d'informations qui prépareront la mise en place collective du projet d'établissement, on peut demander aux parents de consacrer deux heures/mois pour l'école ; on peut recenser, à cette occasion, les richesses disponibles auprès des familles et du réseau qui peut se construire autour de l'école en termes de temps, compétences professionnelles, artistiques, loisirs, relations…

 

Évaluation des apprentissages réalisés par les élèves

            L'équipe pédagogique mettra en place des modalités et des outils d'évaluation des apprentissages. Il est primordial que l'élève s'approprie son cursus, la gestion de son temps en prenant conscience de ses progrès.

           

Équipe éducative (par groupe de 96 élèves)

1.       Un coordonnateur responsable par discipline est chargé de l'organisation et de l'animation des réunions de concertation. L'équipe pédagogique concernée, avec l'aide du coordonnateur organise les évaluations sommatives pour la discipline.

-Français, un spécialiste des questions d’acquisitions de lecture et écriture, et si possible un autre pour les connaissances littéraires et le latin.

-Mathématiques

-Sciences

-Histoire et géographie

-Langues (autant que de langues étudiées)

-Musique

-Arts Plastiques

-Technologie

-Education physique et sportive

Ce qui fait déjà une douzaine d’enseignants.

2.       Un référent adulte (enseignant ou non enseignant) par groupe de 12 collégiens

3.       Le coordonateur des tuteurs (Le CPE ?)

4.       Un chef de projet par projet (enseignant, professionnel, parent..) et

5.       Un coordonateur des projets

Pour les autres professeurs l’idéal serait qu’ils soient capables d’un peu de polyvalence, à voir au cas par cas. Des personnes qui puissent prendre en charge :

 

-l’utilisation des nouvelles techniques de l'information, dans la pratique professionnelle des enseignants et dans la classe.

-les rapports avec l’extérieur.

-la recherche pédagogique.

-les relations avec les autres établissements innovants.

 

La dotation devra aussi intégrer des moyens pour la vie scolaire, la documentation, les services d'orientation et les personnels ATOS. La nouvelle organisation du temps de travail aura des implications sur l'immobilier par un nouvel agencement de l'espace.

La gestion du parc informatique nécessitera l’emploi d’une personne compétente, à plein temps et stable (pas un emploi-jeune)

La gestion des arbres de connaissances requiert un personnel plus rapidement formé (qui peut être un emploi-jeune).

 

Moyens d'enseignement

Les heures consacrées aux apprentissages et aux projets sont considérées comme équivalent heures/enseignement, soit 12 heures :

La concertation = 4 h soit 2 h équivalent heure-enseignement.

Le tutorat = 8 h soit 4 h équivalent heure-enseignement.

Possibilité d'organiser le travail des enseignants sur 4 jours (4 x 6) = 24 h.

 

Nouvelles technologies de l'information au collège (NTI). L'ordinateur peut servir pour :

-Les activités et devoirs pendant les heures de tutorat

-La recherche documentaire pour un exposé

-La réalisation des projets pour atteindre la qualité professionnelle (logiciels divers utilisables)

-La correspondance avec d'autres établissements

-Le contrôle du parcours de formation des élèves grâce au logiciel de gestion des compétences (arbres de connaissances par exemple).

 

 

 

 

 

retour à la page précédente