LES “RYTHMES SCOLAIRES” et la décision du Ministre de l’Education Nationale de fermer les écoles le samedi matin sur injonction du Président de la République.

Hubert MONTAGNER, docteur ès Sciences, professeur des universités en retraite, ancien directeur de recherche à l’INSERM.

Je suis très étonné que, à l’exception de quelques associations (par exemple, la Fédération des Conseils de Parents d’Elèves et Défense Enfants International), la plupart des formations politiques, syndicats, associations, organisations non politiques, intellectuels et journalistes de FRANCE, en particulier les plus généreux et altruistes qui militent pour défendre les droits de l’homme et des enfants, n’aient pas vraiment compris les enjeux fondamentaux de l’amé
nagement du temps scolaire. Celui-ci porte en effet en germes les freins et obstacles qui empêchent un enfant de mobiliser ses ressources intellectuelles et ainsi de se réaliser comme élève motivé pour comprendre et apprendre. Mais aussi, comme un être d’émotions et d’affects, de communication et de relations régulées, et comme un “citoyen civique”.

Dans la perspective annoncée de la modification des “rythmes scolaires”, voici pourquoi l’annonce “sèche” de la suppression de l’école le samedi matin est inacceptable et inquiétante.

1. On doit d’abord regretter que le Président de la République et le Ministre de l’Education Nationale fassent preuve de démagogie. Si on se fonde sur la définition donnée par le LAROUSSE, est démagogue le “politicien qui flatte les masses pour gagner et exploiter leurs faveurs”. Il y a en effet démagogie à deux niveaux au moins.
* L’annonce de la suppression du samedi matin scolarisé n’est accompagnée d’aucune proposition claire sur les conséquences qui en résulte
ront dans l’aménagement de la semaine et des journées successives. En fait, elle coïncide avec deux sondages qui font état de l’adhésion de 75 à 80% des parents à une telle mesure. Ce qu’on sait évidemment depuis longtemps. Cette idée et cette volonté (qui peuvent se comprendre ... indépendamment de l’aménagement du temps scolaire) n’ont cessé de faire des adeptes à partir de l’instauration en 1991 de la semaine scolaire dite de 4 jours ... à LYON par son Maire, Monsieur Michel NOIR. Celui-ci avait en effet parfaitement compris l’intérêt électoraliste d’un week-end hors temps scolaire puisque cela flattait le noyau “dur” de sa clientèle électorale ... et des autres électeurs de FRANCE des mêmes catégories sociales (comme chacun le sait, il avait pour ambition d’être candidat à la présidence de la République). Désormais, les familles de ces catégories sociales peuvent partir en week-end dès le vendredi soir ... sans se préoccuper des enfants et familles qui ne peuvent pas, ne savent pas ou ne veulent pas partir en week-end. La matinée scolaire supprimée avec l’avènement de la semaine de quatre jours, a-t-on accueilli le samedi matin les enfants dont les parents travaillent et ceux qui ne peuvent pas supporter le climat délétère d’une famille en proie à des difficultés matérielles, morales, sociales, professionnelles, de discrimination ethnique ... et que l’on retrouve “à la rue” dès 08h.30-09h.00 le samedi matin dans les banlieues qui pratiquent la semaine de 4 jours (à moins qu’ils

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ne passent toute la matinée devant un écran de télévision) ? La réponse est non ... presque partout ! Pourtant, en acceptant ou en voulant la semaine de 4 jours, les communes avaient promis d’accueillir les enfants le samedi matin (l’école primaire est dans leur champ de compétences). C’est resté lettre morte. Jusqu’à ce jour, les propositions du Ministre de l’Education Nationale pour l’accueil des enfants le samedi matin non scolarisé, restent vagues et fumeuses. Concrètement, qui va accueillir les enfants le samedi dès 08h00-08h.30-09h.00 ? Avec quels moyens humains, logistiques et matériels, et dans quels lieux ?
* Le Ministre de l’Education Nationale entretient la confusion entre l’aménagement de la semaine et l’aménagement des journées tout au
long de la semaine, quand il déclare dans une interview au Monde (samedi 29 septembre 2007) “Ce que le gouvernement propose, c’est ce que la plupart des pays font et je n’ai pas l’impression que les enfants soient particulièrement traumatisés”. Là encore, il est démagogue : il confond volontairement la semaine et l’organisation des journées au cours de la semaine. Il “oublie” de dire que si le samedi matin est effectivement “libéré” dans la plupart des pays, la durée et l’aménagement de la journée scolaire (et aussi de l’année scolaire), ainsi que le mode de fonctionnement de l’école, ne sont pas les mêmes. La durée des journées scolaires y est plus courte à l’exception de deux autres pays 0ù elle également de six heures. Par exemple, elle est de trois ou quatre heures en FINLANDE, considérée par l’OCDE comme le meilleur élève de la classe européenne à tous les points de vue ou presque. En outre, l’école finlandaise attache beaucoup d’importance à la qualité de l’accueil des élèves, ainsi qu’à leur épanouissement, et n’enferme pas les enfants dans les apprentissages obligés dits fondamentaux dès l’âge de 5 ans (l’école n’est obligatoire qu’à partir de l’âge de sept ans. Par comparaison, en FRANCE, la grande section de l’école maternelle qui accueille ordinairement les enfants âgés de cinq à six ans, est devenue insidieusement la propédeutique du cours préparatoire). Lorsque de telles conditions sont réunies, les enfants des autres pays européens subissent effectivement moins profondément la pression scolaire qu’en FRANCE, et n’ont pas l’air “traumatisés”. Il faut notamment souligner que la durée de la journée scolaire n’excède pas 4 ou 5 heures, le programme est moins lourd et contraignant, les enseignants ne subissent pas autant la pression des inspecteurs pour le respect du programme (dans plusieurs pays, il n’y a plus d’inspecteurs)., et “l’enfermement à tout prix » dans les apprentissages dits fondamentaux En outre, les enfants et adolescents bénéficient parfois d’un système de clubs comme en Grande Bretagne. Le système scolaire de France est l’un des plus fatigants, stressants et démotivants, pour ne pas dire épuisants et « traumatisants » pour les enfants qui arrivent à l’école avec la peur au ventre, notamment celle de “mal faire” (“l’anxiété de performance”), ceux qui vivent à la maison dans un climat délétère, et ceux qui ne parviennent pas à apprendre (et que l’on dit en échec scolaire). Plus généralement, comment peut-on ignorer que des enfants fatigués, stressés, démotivés, “insécures”, anxieux, angoissés ... ne peuvent pas mobiliser leur vigilance, leurs capacités d’attention globale et sélective, leurs capacités de traitement de l’information et leurs ressources intellectuelles aussi rapidement et pleinement que des pairs reposés, vigilants, attentifs, apaisés, motivés, “sécures”, non anxieux ou angoissés ? En outre, on peut faire l’hypothèse que, dans de nombreux pays européens, la vie sociale dans son ensemble est plus apaisée et apaisante qu’en France, même si la précarité de vie et les inégalités sociales y sont parfois aiguës, par exemple en Grande-Bretagne (faut-il rappeler la “révolte des banlieues” de 2005 ... non observée dans les autres pays européens ?). Cela rejaillit évidemment sur les enfants et les adolescents.

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2. On doit également regretter que le Ministre de l’Education Nationale ne soit pas cohérent quand il envisage l’hypothèse de la semaine scolaire de 4 jours.

Avant d’être nommé au gouvernement, le Ministre était inspecteur général de l’Education Nationale. A ce titre, il ne peut ignorer le rapport sur les «scolaires » élaboré en 2001 par le corps des inspecteurs généraux du premier degré, et remis au ministre de l’époque. Ce rapport était particulièrement sévère pour la semaine de 4 jours. Ce qui était vrai en 2001 ne le serait-il plus aujourd’hui ? En outre, Maire de PERIGUEUX, le Ministre a instauré dans sa ville la semaine de 4 jours et demi avec le mercredi matin scolarisé. Ce qui est vrai à PERIGUEUX ne le serait-il pas au plan national ? Le Ministre de l’Education fait ainsi la «émonstration implicite » que la décision (non argumentée) du Président de la République est plus importante que l’intérêt des enfants ... et des familles. Quand on évoque la facilitation de la vie de famille qui résulterait d’un samedi matin hors temps scolaire, faut-il attendre le week-end pour “faire vivre” l’écoute, le partage, l’affection et la tendresse réciproques au sein de la famille ? C’est évidemment à tout moment et tous les jours, quelles que soient les contraintes et les exigences des jours travaillés. Je connais des parents qui travaillent le samedi et qui se réjouissent de retrouver leur(s)enfant(s) tous les jours de la semaine en fin d’après-midi pour passer ensemble une soirée d’écoute, de partage, d’affection et de tendresse réciproques, quels que soient les stress et fatigues de la journée. Ce qui compte, c’est la qualité des interactions et de la communication au sein de la famille. Ce qui compte, ce sont les relations accordées, c’est-à-dire l’ajustement réciproque des émotions, des états affectifs et des rythmes d’action (la complicité affective), et pas seulement l’ajustement des comportements.


3. On doit surtout regretter que le Président de la République et le Ministre de l’Education Nationale soient irresponsables.

N’importe quel observateur peut constater que la trop longue durée de la journée scolaire (6 heures de «contraint » dont 5h.30 de temps pédagogique et 30 minutes de récréation dans une cour de récréation non aménagée et ainsi non récréative pour tous) est génératrice de fatigue et de fatigabilité (les enfants sont de plus en plus fatigués et «égoûtés » de l’école à mesure que le trimestre se déroule, par exemple en novembre au cours du “trimestre”- “quadrimestre” - le plus long de l’année). Le plus souvent, il faut ajouter une heure de devoirs à la maison ou davantage, alors qu’une dizaine de circulaires ministérielles les interdisent. Je connais des enfants qui mettent deux heures à effectuer les devoirs à la maison parce qu’il leur faut plus de temps qu’aux autres pour mobiliser leur attention et leurs ressources intellectuelles, parce qu’ils s’occupent en même temps de leur petit frère ou de leur petite soeur, parce qu’ils subissent de multiples sollicitations qui les détournent de leurs devoirs, parce qu’ils vivent dans une ambiance bruyante ou délétère, parce qu’ils préparent le repas du soir, etc. C’est particulièrement évident

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dans les banlieues. Il faut ajouter le temps de la cantine, fréquentée par un nombre croissant d’enfants dans une ambiance de bruits, de bousculades, de conflits, « d’incommunicabilité » ... C’est une source supplémentaire de fatigue, de fatigabilité et de stress pour de nombreux enfants (que fait-on pour réduire dans les cantines les bruit, les énervements, les bousculades ... et pour les rendre plus conviviales ?). Il faut enfin ajouter dans certains cas la durée trop longue du trajet pour se rendre à l’école et au retour à la maison. Elle peut être supérieure à une heure (la caricature est constituée par l’île de La Réunion).

Répétées toute la semaine et d’une semaine à l’autre, de telles journées sont insupportables pour de nombreux enfants, en particulier ceux qui cumulent au quotidien les déficits de sommeil et/ou qui vivent dans l’insécurité affective à la maison (paupérisation, maltraitance, maladie, parents au chômage ou redoutant d’être au chômage, rythmes de travail épuisants pour les parents et la fratrie, conflits récurrents entre les parents, etc.). Comment réagissent-ils ? Le matin, il leur faut plus de temps qu’aux autres pour s’apaiser, dépasser leurs peurs et leurs culpabilités, redevenir vigilants puis attentifs, réceptifs et disponibles face aux messages du maître. L’après-midi, ils sont éteints, inattentifs, non réceptifs et/ou non disponibles, agités et désordonnés ... dès 14h.30, parfois à 13h.30 ou 14h.00, en particulier dans les écoles des banlieues. Il faut qu’ils « » encore une heure trente à deux heures de classe, ou davantage, avant d’être “libérés” à 16h.30 ... quand ils le sont réellement. Croit-on que ces enfants en souffrance peuvent réellement bien comprendre et apprendre, et donc se réaliser comme élève au cours de l’après-midi ... alors que, pourtant, lorsque les rythmes biopsychologiques sont respectés, le créneau de 14h.30 à 16h.30 peut être un bon moment de vigilance, d’attention sélective, de communication et d’apprentissage  Avec les journées actuelles, on pénalise surtout les enfants qui cumulent les difficultés personnelles, familiales et sociales. Et on voudrait organiser un soutien scolaire entre 16h30 et 18h00-19h00  Ce qui, bien évidemment, augmenterait leur fatigue et leur fatigabilité, leur démotivation et leur «ésamour » pour l’école. En revanche, il serait nécessaire d’organiser après la classe l’accueil de ces enfants dans des lieux 0ù ils puissent se détendre, jouer, s’apaiser, se rassurer, (re)prendre confiance en eux et dans autrui, développer l’estime de soi, révéler des compétences cachées et en acquérir de nouvelles. Ceci, dans une ambiance d’écoute réciproque, et en tenant compte de leurs aspirations et motivations (sports, activités de cirque, danses, artisanats ...). Par comparaison, les “bons élèves” qui peuvent rester vigilants, attentifs, réceptifs et disponibles au cours de la journée scolaire ont encore des ressources suffisantes pour la prolonger et se rendre entre 16h.30 et 18h.00 à un cours de musique, d’arts plastiques ... ou simplement pour jouer. Le Président de la République et le Ministre de l’Education Nationale savent-ils que tous les enfants ont besoin de se détendre au cours des journées scolaires (les enseignants aussi) ? Savent-il qu’ils ont également besoin de jouer, même quand il s’agit d’un jour

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scolaire, et que le jeu est un élément essentiel du développement de l’enfant ? Est-ce possible dans une cour de récréation surpeuplée et non aménagée, notamment pour les élèves timides, craintifs, anxieux, angoissés ...? Le Ministre de l’Education Nationale peut-il envisager d’augmenter encore la durée de la journée scolaire avec un enseignement entre 13h.00 et 13h.30 ? En outre, est-il aveugle, sourd ou autiste pour ne pas comprendre que, le matin, la préoccupation majeure de l’école devrait être d’accueillir les enfants et leur famille de façon sécurisée et sécurisante, et ainsi les aider à dépasser leurs peurs, inquiétudes ou angoisses, tout en aidant les enfants à dépasser leurs déficits de sommeil ? Il faut pour cela aménager des espaces d’accueil «écifiques ». Enfin, faut-il rappeler que, formulés par les parents, “la fatigue scolaire”, les difficultés d’endormissement, les réveils provoqués par des cauchemars récurrents et les “problèmes” de comportement (replis sur soi, isolements, «é », agressions …) sont les motifs les plus répandus de consultation médicale ... avec pour conséquence fréquente une demande de “béquilles chimiques” aux cliniciens ? Faut-il alors s’étonner que, déjà “imprégnés” par ces molécules tout au long de leur parcours scolaire, les Français soient les plus gros consommateurs de sédatifs, somnifères et psychotropes (calmants, stimulants ...) ?

La semaine des 4 jours accroît les difficultés pour plusieurs raisons :
* Le plus souvent consciencieux et responsables, mais talonnés par les exigences du programme et l’obligation de performances sous la pression des inspecteurs (“les apprentissages”, “les apprentissages” ...), les enseignants essaient consciemment ou inconsciemment de faire en 4 jours ce qu’ils faisaient en 4 jours et demi. En clair, cela se traduit dans la journée par un poids augmenté et une pression accrue au bénéfice des apprentissages dits fondamentaux mais au détriment de la musique, des arts plastiques, de l’activité physique et sportive, de la «étente pour la détente » ... par manque de temps au quotidien. La journée est « étouffante », elle ne “respire” pas ;
* il n’est pas rare que, dans les écoles pratiquant la semaine de 4 jours, et faute de temps pour assurer le programme prévu, les maîtres gardent les enfants jusqu’à 16h.40, 16h.50 ... un jour, deux jours, tous les jours, selon les classes et les écoles. Ce qui augmente encore la durée des journées scolaires
les plus longues du monde;
* la programmation d’un soutien scolaire entre 16h.30 et 18h.00, ou au delà, aggrave la fatigue, la fatigabilité, la démotivation et le “désamour” pour l’école de
la plupart des élèves en difficulté. Croit-on que l’accroissement de la pression scolaire au cours de la journée peut permettre aux élèves de dépasser leurs difficultés, lacunes et souffrances, surtout quand ils vivent dans l’insécurité affective que génère un milieu familial lui aussi en difficulté ? Pourquoi le soutien scolaire ne pourrait-il être organisé pendant le temps scolaire, non pas un jour par ci et un jour par là  comme le RASED essaie de le pratiquer (souvent très bien), mais de façon régulière plusieurs fois par quinzaine, en particulier le mercredi matin, redevenu temps scolaire … comme à PERIGUEUX  Ceci, dans des locaux spécialement aménagés pour que chaque élève puisse apprendre avec plaisir et dépasser ses difficultés  Le respect du programme serait-il plus important que l’intérêt et la réussite réelle des enfants ... de tous les enfants ? Ce qui est essentiel, c’est la réceptivité, la disponibilité et la motivation des élèves, l’acquisition des mécanismes qui permettent de réfléchir, de comprendre et d’apprendre, le développement du cerveau en alliance avec celui du corps, et non la quantité de temps passé en situation d’apprentissage ;

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* le lundi est un jour encore plus perturbé que dans le cadre de la semaine de 4 jours et demi, à cause des empilements d’activités, de contraintes et de fatigues subis pendant le week-end, ainsi que des perturbations du rythme veille-sommeil. En particulier, quand les enfants passent le week-end avec leur père alors que les parents sont séparés. Voulant en effet “profiter pleinement” de leur(s) enfant(s), il est fréquent que les pères additionnent alors les déplacements, les activités, les invitations aux spectacles, les soirées tardives devant la télévision ... On soulignera de nouveau que, dans l’attachement réciproque entre l’enfant et son ou ses parents, ce qui compte c’est la qualité des relations fondées sur les interactions accordées, et non la quantité de temps passé ensemble ;
* la réduction des petites vacances (10 ou 12 jours selon les cas) ne permet pas aux enfants (et aux enseignants) de se reposer des fatigues accumulées pendant les semaines précédentes. Pour cela, il faut au moins deux semaines complètes ;
* les inspecteurs d’académie décrètent arbitrairement que certains mercredis ou samedis matins doivent être des temps scolaires pour rattraper les heures qui manquent à la suite de la suppression de la matinée scolaire du samedi, et maintenir ainsi le nombre annuel de journées scolaires exigé par le Ministère de l’Education Nationale. Ce qui perturbe les rythmes des enfants ... et des familles, notamment lorsque leurs enfants suivent leur cursus dans des écoles dont le «hebdomadaire » est différent ;

On ajoutera qu’on observe une augmentation de l’absentéisme scolaire le vendredi après-midi et « » des petites vacances, alors que les promoteurs de la semaine de 4 jours se sont abrités derrière l’absentéisme du samedi matin (… à l’école maternelle) pour justifier leur lobbying de suppression du samedi matin scolarisé.

L’aménagement du temps au cours de la journée est un facteur majeur parce qu’il façonne les enfants chaque jour. L’aménagement de la semaine est secondaire. C’est dans la journée et au fil des journées que les équilibres se jouent.

Si l’hypothèse de la généralisation de la semaine de 4 jours se confirme, et si la journée scolaire n’est pas réduite et repensée (et aussi l’année), l’école de la République sera encore plus nettement celle des enfants qui n’ont pas de difficulté majeure dans leurs rythmes, dans leurs façons d’être et de faire, dans leurs constructions cognitives et dans la mobilisation de leurs ressources intellectuelles. En revanche, elle aggravera les difficultés des enfants en souffrance qui ne parviennent pas à dépasser leurs difficultés personnelles, familiales et/ou sociales. Elle ne permettra pas de réunir les conditions qui puissent permettre à chaque enfant de se réaliser comme un élève qui se plaît à l’école et réussit, comme un être de communication, comme un acteur social et comme un “citoyen civique”. La semaine de 4 jours est une forme larvée

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de maltraitance qui aggrave la “fracture sociale”. L’histoire de l’éducation retiendra que les acteurs et témoins complaisants de la semaine de quatre jours ont accentué les difficultés et souffrances des enfants-élèves de l’école primaire.


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